En ce 2ᵉ dimanche du temps ordinaire, l’Évangile nous place devant une scène d’une grande sobriété : Jean-Baptiste voit Jésus passer et déclare simplement : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »
Sans miracle spectaculaire ni long discours, tout se joue dans un regard et un témoignage humble. Jean-Baptiste ne se met pas en avant : il montre le Christ et s’efface. Cette attitude nous interroge profondément : ma vie parle-t-elle du Christ ou surtout de moi-même ?
La foi chrétienne commence par un regard. Jean-Baptiste affirme : « J’ai vu l’Esprit descendre et demeurer sur lui. » La foi n’est pas d’abord une morale ou une idéologie ; elle naît de la reconnaissance de Dieu déjà à l’œuvre. Comme le rappelait le prophète Isaïe, Dieu agit souvent avant même que nous ayons compris. Le monde d’aujourd’hui n’est pas tant sans Dieu qu’il n’est fatigué de paroles : il attend des signes visibles, des vies qui témoignent.
Jean-Baptiste ne présente pas Jésus comme un juge ou un puissant, mais comme l’Agneau : la force de la douceur, l’amour qui porte sans écraser. Le cœur du christianisme est là : le chrétien révèle le Christ non par la domination, mais par la compassion et le don de soi. De nombreuses conversions sont nées non d’arguments, mais du spectacle bouleversant d’un pardon vécu jusqu’au bout.
Jésus est aussi celui qui « enlève le péché » : il ne nie pas le mal, mais refuse de réduire l’homme à ses fautes. Le chrétien est donc appelé non à condamner, mais à ouvrir des chemins de relèvement et d’espérance. La foi attire lorsqu’elle est vécue avec cohérence, comme en témoigne la conversion de Charles de Foucauld, touché non par des discours, mais par des vies habitées par Dieu.
Enfin, Jean-Baptiste affirme avec humilité : « Moi, je ne le connaissais pas… mais j’ai vu. » Le témoignage le plus fort n’est pas celui de la perfection, mais celui d’une vérité vécue. Le monde n’attend pas des chrétiens irréprochables, mais des chrétiens authentiques, capables de marcher avec les autres sans juger.
En ce début de temps ordinaire, l’Évangile nous confie une mission simple et exigeante : devenir des vies qui montrent le Christ, par une présence fidèle, une douceur courageuse et un amour qui relève.
Que cette prière nous accompagne :
« Seigneur, fais de ma vie un signe qui te montre, même quand je ne parle pas. »