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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du Jour de Noël (2022)

Mes chers frères et sœurs, chers enfants

En ce jour de Noël, j’aimerais vous partager quelques incompréhensions qui me traversent actuellement, car en effet, il y a beaucoup de choses qui me dépassent et que je ne comprends pas.  Par exemple, je ne comprends pas comment il est devenu compliqué d’avoir des relations en vérité, entre nous et avec la nature. Nous savons que nous avons besoin les uns des autres, mais nous avons du mal d’aller à la rencontre les uns des autres, même au sein de la même famille. Tout est devenu compliqué dans le domaine relationnel ! Je ne comprends pas le fait que nous épuisons et maltraitons la planète, et pourtant nous refusons de changer notre modèle économique de surconsommation. Nous savons au plus profond de nous que nous avons besoin de Dieu, mais nous ne voulons surtout pas le laisser entrer dans nos vies : nous voulons le garder à distance. Des choses qui me dépassent ! Il y a tant de choses que je ne comprends plus.

Depuis que je suis arrivé en Europe, j’ai découvert et appris que Noël se fêtait toujours sous la neige et dans un grand froid.  J’ai donc appris que l’Enfant-Jésus avait tellement froid à Bethléem car il devait neiger au moment de sa naissance. Ce n’est pas dans les évangiles.  Mais, faisait-il vraiment froid à Bethléem quand Jésus est né ? Et du coup, comme vous, j’ai appris progressivement à associer la fête de Noël avec l’arbre de Noël (ca n’existe pas chez moi, une de mes première découvertes occidentale, comme l’existence du père Noël dont je n’avais jamais entendu parler avant mon arrivée en Italie !) et la neige qui tombe, le sol tout blanc !  Alors, après le repas de Noël, on imagine toute la famille, des grands parents aux petits enfants se rouler dans la neige, faisant la guerre des boules de neige, tous joyeux de faire une vraie belle guerre d’amour et de joie qui  ne fait pas de morts  parce qu’elle n’a que des vainqueurs car à la tout le monde est heureux d’avoir passé un bon moment ensemble !

Mais regardez le climat que nous avons !! Il n’y pas de neige ! Je suis allé vendredi célébrer les funérailles d’un ami en Ariège, et même là, un grand soleil. Il faisait 19 degrés. Le climat nous fait penser à Pâques, au printemps ! Cependant la télé continue à nous faire rêver avec des pubs d’un Noël sous la neige, des familles qui vont acheter, font des courses sous la neige… Nous savons que tout cela n’est pas vrai car ce n’est pas ce que nous vivons avec ce beau soleil qui nous accompagne. Tant mieux pour moi et dommage pour ceux qui ne peuvent imaginer Noël sans la neige. Vous voyez, comme les humains, le climat aussi est devenu fou. Mais, si le climat est devenu fou, n’est-ce pas aussi à cause de notre refus de nous convertir et de changer nos modes de vie qui fatiguent la planète ?

Il y a une autre chose que je ne comprends pas : c’est l’histoire des cadeaux de Noël. Quand j’étais petit, au fin fond du Congo, mes parents, comme mes catéchistes me disaient que c’est moi qui devais apporter des cadeaux à l’Enfant Jésus. Quand nous allions à la messe de Noël comme aujourd’hui, chacun devait prendre avec lui un cadeau à apporter à la Crèche pour l’Enfant Jésus. C’est lui, le nouveau-né qui avait besoin de cadeau… pas moi, ni les membres de la famille. Tout était focalisé sur l’Enfant de Marie. Alors, pendant le temps de l’avent, chacun faisait des économies, comme ce qu’on fait faire aux enfants du KT en carême, pour avoir une petite cagnotte à donner à l’Enfant Jésus. Le père Noël n’existait pas dans mon imaginaire d’enfance : c’est moi qui devais faire un cadeau à l’Enfant Jésus.

Et là, en arrivant ici en Occident, je découvre la ruée sur les cadeaux de Noël et tout le stress que cela génère ! Au lieu d’apporter un cadeau à Jésus, c’est chacun s’attend recevoir un cadeau. On s’endette pour les cadeaux, on se met en colère quand l’on n’a reçu le cadeau qu’on voulait, on boude quand les parents n’ont pas donné suite à la liste faite au père Noël, on râle quand le conjoint me donne un cadeau qui ne me plait pas et cela crée des conflits dans les familles…, et le au lendemain de Noël, on retrouve beaucoup de ces cadeaux sur le Boncoin ! Nous avons oublié que le plus beau des cadeaux, c’est cet amour, cette chaleur que nous partageons au sein de la famille, en fêtant simplement…. avec ces embrassade tendres et vraies  autour d’un repas préparé avec amour…..

Je me rappelle qu’à Noël, quand j’étais petit, après la messe, nous faisions le tour du quartier, passant de maison en maison pour partager le repas. Noël était alors la fête du partage, car nous fêtions la naissance de Dieu qui vient partager notre humanité pour nous faire partager sa divinité. Et là aujourd’hui, chaque famille qui va se retrouver dans sa maison, chez soi avec les siens ! On ne va pas partager avec ses voisins, les personnes seules dans nos quartiers resterons bien seules ! On dit que Noël est la fête de la famille, mais je pense à ces gens sans famille qui n’auront même pas un coup de téléphone pour leur souhaiter un joyeux noël…. Je remercie cette paroissienne qui m’a demandé de moi trouver trois personnes seules à inviter chez elle pour le repas de Noël, ceux qui  organisent  ont aidé à préparer le Réveillon Solidaire dans nos paroisses, ces « chefs étoilés » du Périgord qui ont organisé un repas pour 200 personnes seules…

Noël nous appelle à entrer dans la contradiction de Dieu pour donner l’espérance à notre monde. Noël est la naissance d’un Dieu tellement différent de nous, tellement différent de celui que nous attendions. Nous nous attendions et nous voulons un Dieu puissant et Père pour toujours, mais à Noël, Dieu se révèle dans un petit bébé, un nouveau-né fragile et sans défense. On l’espérait vainqueur et libérateur des opprimés, nous le contemplons faible, rejeté et sans abris car il n’a trouvé une place dans l’auberge de Bethléem. Les prophètes l’avaient annoncé comme le prince de la Paix, mais nous le contemplons réfugié en Egypte fuyant la jalousie d’Hérode.

Noël restera pourtant toujours une très belle fête. Par elle, Dieu nous redit l’importance de la famille, cette cellule qui souffre beaucoup, mais qui reste le bien le plus précieux pour chaque être humain. Le premier cadeau que nous pouvons faire aux membres de notre famille aujourd’hui, c’est prier pour eux et leur dire combien ils comptent pour nous. Demandons à Jésus, Marie et Joseph de veiller sur chacune de nos familles et de nous bénir. Prions aussi l’Enfant-Jésus pour que la Paix règne, que cessent les conflits et les divisions dans nos familles et dans le monde. Qu’aucun enfant ne souffre des conflits entre adultes à Noël. Que Noël soit un cadeau de Joie et de Paix pour tous.

Que la fête de Noël soit une libération pour chacun de nous : libération de la rancœur pour embrasser l’Amour, libération de la violence pour entrer dans la Paix, libération des principes rigides pour entrer dans la miséricorde de Dieu, libération de la peur pour entrer et entretenir des relations vraies et confiantes avec les autres, libération de tout ce qui nous empêche d’être heureux. Que l’Enfant Jésus vous comble de ses bénédictions et qu’il remplisse vos familles de sa Tendresse infinie, pour que chacun de nous puisse en témoigner. Joyeux Noël et bonne fête à vous tous !

 

Homélie du Père Joseph du Jour de Noël (2022)2022-12-24T16:05:06+01:00

Homélie du Père Joseph de la Veillée de Noël (2022)

Mes chers frères et sœurs !

En cette veillée de Noël, c’est un bébé qui est au centre de notre contemplation ! Du coup, j’ai décidé de vous parler de ce qu’un nouveau-né apporte dans une famille.  J’aurais cependant préféré qu’une jeune mère, un jeune papa vienne faire le topo à ma place. J’ai une vingtaine de neveux et nièces, je côtoie des familles dans nos paroisses, des amis qui ont des tout-petits enfants que je vois toujours au meilleur moment, en soirée, lors d’une visite, ponctuellement, ils me font souvent de grands sourires ! Bref, je ne suis presque jamais là quand les tout-petits vous tournent en bourrique. ! Alors, oui, je le confesse, je ne suis pas un expert dans cette science bien particulière qu’on appelle « un nouveau-né », « un bébé… »

Je vais cependant me jeter à l’eau en vous parlant, à mes risques et périls, de cette chose que ne je ne connais pas très bien, au risque de choquer ceux qui ont l’expérience….et  conforter  « l’esprit critique » de ceux qui disent que les curés ne devraient pas parler de famille, du mariage, des enfants…parce qu’ils n’en savent rien.…..  Malgré mon manque d’expérience dans cette science des bébés, le nouveau-né de Bethléem dont nous célébrons la naissance ce soir m’autorise à vous parler des grâces qu’un bébé apporte dans une famille, et de ce que l’Enfant Jésus nous apporte ce soir.

Ce soir, « un enfant nous est né, un fils nous est donné, éternelle est sa puissance ». Non seulement Dieu a choisi d’assumer l’identité d’un nouveau-né sans défense, un bébé qui a besoin de tout, incapable de survivre tout seul. Dieu a choisi de devenir notre fils, ou notre frère…. J’aimerais qu’à l’occasion de Noël, aucun de nous ne se sente dispensé de revivre de la belle expérience de Noël : vivons cette fête comme une chance qui nous est donnée pour devenir le papa, la maman ou le grand-frère, la grande sœur d’un petit bébé s’appelant Jésus de Bethléem ou de Nazareth.

Lorsqu’un nouveau-né arrive dans une famille, l’attention se focalise totalement sur lui. Nous lui offrons des cadeaux dès avant la naissance, nous apportons des fleurs à la jeune mère, au père aussi peut-être, nous faisons une carte de félicitations aux parents. Le bébé devient notre centre d’intérêt. En cette veillée de Noël, demandons-nous si l’Enfant-Jésus attire lui aussi à ce point notre attention. Est-ce que ce bébé de Marie et Joseph est vraiment le centre de notre attention en la période de Noël ? Ou peut-être que nous faisons la fête sans faire attention au bébé qui nous réunit en cette veillée de Noël ? Célébrer Noël sans penser à l’Enfant Jésus, c’est faire comme ce jeune couple. Ils viennent d’être parents, ils  invitent les amis, font tellement la fête, dansent de joie, la musique à fond, au point d’oublier le bébé couché dans la chambre d’à côté, qui pleure toute la soirée : personne n’entend ses cris et se pleurs. Cet enfant meure de froid et de faim pendant que ses parents et leurs amis transpirent de chaleur à force de danser et de faire la fête ! Quand tout le monde sera reparti, les parents découvriront ce bout de chou, auteur de la fête, couché sans vie dans son berceau parce que personne ne s’était occupé de lui dans la soirée ! Ces chers amis, vivons ce noël en prenant soin de l’Enfant Jésus, le fils de Dieu qui est donné à notre attention en cette période de Noël. Jésus a besoin de notre attention lui aussi.

Lorsqu’un bébé arrive dans une famille, nous baissons le volume de la télé et le ton de nos conversations. Les visiteurs sont priés de ne pas appuyer sur la sonnette pour ne pas réveiller le bébé.  Un bébé impose le silence dans la famille.  Demandons-nous ce soir si nous sommes capables, en ce temps de Noël de faire aussi silence pour reconnaitre la voix, les pleurs, les rires de l’Enfant Jésus qui nous parle, qui crie, qui rit de joie à travers la Parole de Dieu, à travers les personnes que nous allons rencontrer, à travers les événements de notre quotidien….

Lorsqu’un nouveau-né arrive dans notre famille, nous lui préparons sa chambre, lui apprêtons son espace personnel, nous améliorons la décoration de sa chambre.  Nous achetons même une voiture plus spacieuse et  son siège-auto. Nous nous organisons pour qu’il ne manque de rien à sa naissance, et surtout qu’il ne manque pas d’amour, surtout celui de l’aîné qui va probablement piquer sa crise de jalousie… Nous nous arrangeons pour que ce bébé se sente vraiment chez lui à sa naissance, avec une place qui lui est propre, une place différente de celle des autres enfants. Nous pouvons nous demander ce soir quelle place, quel espace nous réservons au Seigneur dans nos familles, dans nos cœurs ? Avons-nous libéré nos cœurs de quelques encombrants afin de trouver un peu d’espace pour accueillir l’Enfant-Jésus ? Avons-nous libéré nos esprits de toutes ces affaires, désirs exorbitants et préoccupations encombrantes qui prennent trop de place au point qu’il n’y ait plus en nous aucun petit espace où puisse naître le Seigneur, comme ces hôtels et auberges de Bethléem qui étaient tellement remplis au point de laisser le Fils de Dieu naître dans une étable ?

Lorsqu’un nouveau-né arrive dans une famille, nous faisons en fonction de lui, nous travaillons notre caractère, notre impatience, nous refrénons notre besoin de sommeil et de grasse matinée, nous ajustons notre agenda et nos horaires de travail.  Nous passons à un mi-temps ou à 80% au travail pour être plus disponibles, afin de le voir grandir notre enfant. La naissance d’un bébé invite à la conversion, à des changements importants dans la vie des parents.  Ce soir, regardons en vérité où nous en sommes dans notre relation au Seigneur ?  A quelles conversions suis-je appelé dans ma vie personnelle, professionnelle, familiale, ecclésiale pour que Jésus puisse prendre toute sa place dans notre vie. Si nous ne sommes pas en mesure d’aimer ce tout petit bébé à peine né à Bethléem, qui est encore fragile, qui a besoin de nous, nous ne serons pas en mesure de l’aimer quand il sera adolescent et qu’il sera certainement moins mignon ! Si nous ne nous convertissons pas à Noël avec la contemplation d’un bébé encore fragile, nous ne serons pas capables de nous convertir non plus pendant le temps du carême à voyant cet adulte sur la croix !

Lorsqu’un nouveau-né arrive dans une famille, nous nous rendons compte que la théorie, la belle poésie ne sert pas à grand-chose par rapport à la vie concrète, réelle et pratique. Une chose est de clamer son amour fou pour son bébé tout mignon quand il dort dans son berceau, quand il nous complimente avec ses beaux sourires… et l’autre est de supporter des nuits entières sans dormir parce que le bébé pleure, qu’il est malade, qu’il commence à faire des capricesen vous demandant d’être totalement à lui, sans vous laisser 5 minutes de sommeil. Vous vous levez le matin et il faut aller au boulot avec des traits de fatigue visibles sur votre visage. Tout le maquillage et anti-rides possible n’y feront rien pour cacher les cernes sur votre visage ! Mais vos collègues impitoyables vous demandent d’être aussi efficace comme quand vous avez dormi 10 heures de sommeil, alors que vous êtes en plein baby-blues, comme l’exprime bien Florence Foresti dans un de ses sketchs ! Un bébé nous dit que la vie quotidienne est sérieuse, qu’elle n’est pas toujours cette belle poésie idyllique que nous montrent toutes ces publicités commerciales autour de Noël qui ne tiennent pas compte de l’évangile….

Quand nous regardons Noël à travers les faits de l’évangile, nous nous rendons compte que Noël n’est pas du tout une poésie idyllique, mais bien une histoire éprouvante d’un jeune couple et de leur petit qui va naître… dans un monde qui refuse de l’accueillir. C’est pour cette raison que je finis cette méditation en pensant en particulier à ceux qui vivent ce Noël comme une épreuve :

Joyeux noël aux malades, à ceux qui sont fatigués, ceux qui ne peuvent pas se permettre un repos parce qu’obligés de travailler à Noël. Joyeux Noël à ceux qui ne feront que boire et manger jusqu’au 5 janvier, obligeant leurs estomacs et leur foie à quelques efforts supplémentaires et une cure de détox après les fêtes ! Joyeux Noël aux réfugiés et exilés. Joyeux Noël aux personnes seules, aux célibataires en quête d’amour qui ont la chance d’être en famille ou avec des amis ce soir, mais qui trouveront leur solitude éprouvante après les fêtes.… Joyeux Noël à vous tous qui êtes là ce soir et aux vôtres. Rappelons toujours que c’est le Christ qui est la Source de notre Joie, la raison de notre fête. Joyeux Noël. Amen.

Homélie du Père Joseph de la Veillée de Noël (2022)2022-12-24T16:05:13+01:00

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de l’Avent, année A (2022)

Mes chers frères et sœurs

Ca y est ! Nous sommes à une semaine de Noël : temps de lumière, de sourires, de bon repas et retrouvailles familiales, de grandes gymnastiques entre les parents et les beaux-parents, faire des centaines des kilomètres le dimanche matin parce qu’il faut passer le 24 chez l’un et le 25 cher l’autre, avec tout le stress et la tension….  C’est aussi la semaine des derniers achats et courses pour cadeaux de Noël….  Il nous appartient de témoigner que tout cela est important mais que là n’est pas l’essentiel de Noël. Cette dernière semaine de l’Avent invite chacun de nous à entrer déjà dans l’espérance la venue imminente du Fils de Dieu.

Les prophètes Isaïe et Jean-Baptiste nous ont invités à l’attendre dans la joie, la conversion et la pénitence. La Vierge Marie nous rappelle que notre vie peut devenir la porte d’entrée de Dieu dans le monde si nous l’accueillons.  Si nous laissons le Christ naître en nous, comme Marie, les bienfaits de sa naissance jailliront sur notre vie personnelle et sur notre entourage.  C’est chaque jour que nous sommes invités à laisser Jésus naître en nos vies.

Pendant l’Avent, on parle beaucoup de Marie. L’année A, avec cet évangile de Matthieu, nous rappelle que saint Joseph a aussi été traversé par de sérieux doutes. Quelqu’un a dit de saint Joseph que c’est un pauvre type à qui Dieu a piqué la fiancée ! C’est là sa grandeur et c’est pour cela qu’il nous est présenté comme modèle à suivre à une semaine de Noël. L’évangile nous présente saint Joseph, le Patron de l’Eglise, protecteur des familles et des pères de famille, le père nourricier de Jésus, l’Epoux très chaste de la Vierge Marie… qui a dû radicalement changer sa vie parce que Dieu a voulu faire irruption dans son histoire d’amour et son projet de mariage avec sa fiancée Marie.

On parle souvent de combat spirituel comme étant notre lutte contre le Mal et le Malin. Mais le combat spirituel est aussi notre lutte contre Dieu :  que c’est ardu et difficile parce que refusons que Dieu soit aux commandes de nos vies parce que nous voulons en rester les seuls maîtres. L’entrée de Dieu dans notre vie ne rend pas forcément les choses plus faciles pour nous, surtout quand nous refusons de lâcher prise. Saint Joseph a fait l’expérience d’un Dieu qui, quand il a décidé de mettre son nez dans nos affaires, nous bouscule, nous déprime parfois et provoque en nous quelques nuits d’insomnies… pour nous amener, de manière pédagogique et graduelle, à goûter à la joie et à la sérénité de ceux qui lâchent prise et se laissent faire par lui.

Contrairement à saint Luc qui nous parle de la naissance de Jésus du point de vue de Marie (on le voit dans la contemplation des mystère joyeux du rosaire), l’Evangile de Matthieu nous raconte l’histoire de la naissance de Jésus du point de vue de Joseph.  Matthieu dont l’évangile s’adresse à une communauté des Juifs devenus chrétiens, insiste, selon la culture juive, sur la place importante de l’homme, le père de famille, qui est le maître de maison Je sais cette conception est mal vue dans notre culture où nous voulons que les pères et époux dans nos familles, quand il en a, soient des « hommes déconstruits », selon la fameuse expression de Sandrine Rousseau. Les prophètes avaient annoncé que le Messie devait être de la descendance de David et c’est saint Joseph qui permet cette entrée généalogique de Dieu dans l’histoire de l’humanité.

Saint Joseph est de cette grande famille de la noblesse mais pour qui ne reste de signe de noblesse que le nom à particule, Joseph fils de David… Il tient sa petite entreprise artisanale comme charpentier et travaille le bois et cela lui suffit pour vivre et envisager de fonder une famille. Depuis quelques mois, à force de se croiser dans la rue et de se côtoyer à la synagogue (les sites de rencontres et les boites de nuits n’existaient pas à cette époque !), Joseph et Marie sont devenus amoureux. Leurs parents se sont déjà rencontrés pour célébrer les fiançailles et ont donné leur accord pour ce projet de mariage.

La jeune et très belle Marie de Nazareth est promise en mariage à Joseph, plus âgé qu’elle. L’évangile ne nous le dit pas, mais la tradition affirme que Joseph probablement beaucoup plus âgé que Marie.  Saint Joseph essaye de faire tout son mieux pour se montrer à la hauteur, ne pas décevoir les attentes de cette jeune fille trop belle, et de surcroit vierge… qui lui est promise en mariage.  Il met tout son cœur à préparer le grand événement. Mais voilà qu’à quelques mois du mariage, un drame survient dans la vie de saint Joseph : sa fiancée est enceinte ! Ils n’ont pourtant jamais couché ensemble car Joseph attendait patiemment le jour du mariage ! C’est un truc improbable aujourd’hui où les amoureux se donnent totalement l’un à l’autre, font même des enfants avant d’envisager le mariage.  Mari est donc enceinte avant le mariage. Elle a beau lui dire qu’elle ne l’a jamais trompé, mais saint Joseph a dû mal à comprendre cette histoire bizarre et vit une crise de confiance profonde.  Pourtant, saint Joseph aime profondément Marie et ne veut lui faire aucun mal car elle risque la lapidation…

Joseph est en dépression. Ça fait des semaines qu’il n’arrive plus à trouver de sommeil. C’est un homme profondément blessé, déshonoré, humilié aux yeux de la société qui déprime et se pose mille questions. Il désespère ! Il est en colère mais contrairement à nous autres, saint Joseph ne veut surtout pas se venger et faire du mal à sa fiancée.

Parce qu’il ne veut faire aucun mal à Marie, Joseph a décidé d’aller voir le rabbin de la synagogue de Nazareth pour lui annoncer qu’il ne voulait plus épouser Marie, sans en donner les raisons véritables.  Il invite un mensonge, genre : « Le mariage est annulé parce que je n’en peux plus d’elle ! Je suis fatigué de cette fille qui est beaucoup trop jeune pour moi » ! Cela au moins sauvera à la fois son honneur d’homme et épargnera Marie de toute humiliation et d’une condamnation publique. Joseph est juste parce qu’il laisse l’amour et la miséricorde prendre la première place, en épargnant sa fiancée, malgré son orgueil qui a pris un bon coup.

Après des semaines de déprime et d’insomnie, Joseph pense avoir pris la bonne décision. Maintenant que la décision difficile est prise, il est soulagé. Il peut à présent dormir et commencer à récupérer de retard de sommeil accumulé depuis des semaines de nuits blanches.   Cette nuit-là, Joseph dort comme quelqu’un qui s’est bourré des somnifères et d’antidépresseurs…. Mais son sommeil est troublé par un songe. Il rêve des anges qui le rassurent, lui donnent des explications mystérieuses, lui parlent d’un fils de Dieu qui sera appelé « fils du charpentier ». L’ange lui dit que Marie a accepté de donner corps à cet enfant par la force sur saint Esprit, et qu’il appartient maintenant à lui, Joseph, d’élever, nourrir, éduquer et prendre soin de cet enfant qui ne lui appartient pas et de sa Mère qui restera vierge.

Saint Joseph est juste parce qu’il obéit à Dieu. Il a rêvé, et il entre dans ce rêve d’un projet décidé par quelqu’un d’autre, par Dieu. Saint Joseph avait des projets personnels : peut-être un magasin plus grand, une maison plus spacieuse, des nombreux fils et filles biologiques avec cette belle jeune Marie… : tout cela est tombé à l’eau parce que Dieu a besoin de lui, de son humilité, de sa force, de sa famille, de son travail, de son cœur, pour être le père d’un enfant qui ne pas le sien, pour être le mari d’une femme qu’il aimera silencieusement et chastement car elle est la Mère de Dieu.  Saint Joseph accepte le plan de Dieu et renonce à ses projets personnels pour réaliser le rêve de Dieu pour toute l’humanité.

Saint Joseph est le patron silencieux de ceux qui ont des projets personnels mais qui acceptent que Dieu vienne tout perturber.  Demandons son soutien pour les familles, et plus particulièrement pour les couples qui traversent unecrise de confiance dans l’amour et la fidélité ; et je vous avoue malheureusement que des couples en crise de confiance et d’amour, il y en a de plus en plus parmi nous et autour de nous, ces couples qui ne savent plus dialoguer et refusent de pardonner.  Prions saint Joseph pour les pères qui adoptent ou élèvent des enfants qui ne sont pas les leurs, pour ceux qui se préparent au mariage.  Comme lui, nous sachions, nous aussi, prendre soin du Fils de Dieu, Jésus qui habite en nous depuis notre baptême, et qui se donne à nous dans chaque eucharistie. Amen

 

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de l’Avent, année A (2022)2022-12-16T19:52:21+01:00

Homélie du Père Joseph du III° dimanche de l’Avent, année A (2022)

Mes chers frères et sœurs !

Le III dimanche de l’Avent s’appelle encore le Gaudete ou dimanche de la joie.  Cet appel à la joie résonne déjà dans la première lecture : « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient » Cette joie est le plus beau cadeau que nous pouvons offrir aux autres en ce temps de Noël.

Pourtant, l’évangile de ce dimanche relate des sentiments bien tristes : doutes, pessimisme et perplexitédominent la vie de Jean le Baptiste, très différent de celui que nous avons contemplé dimanche qui nous appelait, rassuré et déterminé, à nous convertir. Le Jean-Baptiste que nous contemplons aujourd’hui est prisonnier et s’attend l’exécution de mise à mort. Il a mis en colère une femme fatale, Hérodiade et de son mari Hérode. Jean-Baptiste connaît très bien Jésus. C’est son cousin et il a passé toute sa vie à préparer la venue du Messie. Dimanche dernier, il invitait d’ailleurs tout le peuple à rendre droits ses sentiers, à se faire baptiser. Plus tard, il va retrouver Jésus, faisant lui aussi la queue, à son grand étonnement, parmi ceux qui voulaient se faire baptiser. Au cours du baptême dans le Jourdain, Jean-Baptiste voit le saint Esprit descendre sur Jésus, et entend la voix du Père qui disait de Jésus : « celui-ci est mon Fils bien aimé en qui j’ai mis ma joie ! ». Plus tard encore, Jean-Baptiste va laisser partir ses disciples qui vont le quitter pour devenir les premiers disciples de Jésus qu’il désigne devant eux comme étant l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Voilà des signes, des faits et des témoignages qui attestent combien Jean le Baptiste connaissait bien l’identité et la mission de Jésus, le Messie.

Maintenant qu’il est enfermé dans une prison, les nouvelles du messie qui parviennent à Jean-Baptiste ne sont pas encourageantes : le Messie Jésus se révèle sous un profil pas du tout brillant. Il n’est pas violent, n’incite pas à prendre les armes et à se rebeller contre les Romains. Au lieu de proférer la malédiction sur les méchants, annoncer la vengeance de Dieu, Jésus promet le pardon aux pécheurs, il mange et boit avec des gens de mauvaise réputation… Pour Jean-Baptiste, ce Messie est très différent de celui qu’il attendait et qu’il avait annoncé au peuple. Pour couronner le tableau de la déprime, Jean le Baptiste est en prison !  C’est un trop  plein d’événements malheureux. Comme cela arrive parfois dans la vie -,  tous ces événements malheureux plongent Jean-Baptiste dans une crise de foi,  de tristesse, de grande fatigue et de découragement.  Nous appelons cela « une grande dépression ». Toutes ses certitudes acquises se sont écroulées devant la lourdeur de l’épreuve. Il est comme les disciples d’Emmaüs déprimés après la mort de Jésus, et qui étaient incapables d’entendre la bonne nouvelle de la résurrection pour s’en réjouir. La dépression nous fait voir les choses sous un angle tellement sombre que nous nous disons que notre vie, notre mission, notre travail, notre couple, notre foi… n’ont plus de sens. C’est comme ce migrant nigérian que j’ai rencontré au secours catholique qui se bat depuis des années et ne voit pas avancer son dossier au point de penser que tout le monde lui en veut et est contre lui en France ! Même les bénévoles ne savent plus comment faire pour l’aider !

Heureusement que dans le cœur de Jean le Baptiste, luit encore une petite lumière de l’espérance ! Il veut être rassuré et envoie des messagers auprès des Jésus avec une question importante : «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?»: La réponse de Jésus  n’est pas claire, car il ne dit ni oui ni non.  Il répond aux messagers : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

C’est une réponse qui appelle à être attentifs aux signes, petits soient-ils, pour voir Dieu à l’œuvre et reconnaître son Règne qui se construit et grandit dans notre monde. L’attention aux signes du Royaume de Dieu nourrit notre espérance et nous donne de la joie pour rendre grâce et louer Dieu, au lieu de sombrer dans le découragement et le pessimisme par rapport à notre vie, celle de l’Eglise, celle du monde, de notre famille.

Jésus ne dit pas « oui c’est moi le messie » ou « non ce n’est pas moi le messie ». Mais il renvoie Jean-Baptiste à une prophétie d’Isaïe parlant des signes de l’avènement du Messie.  « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». Jésus invite Jean-Baptiste à faire une relecture spirituelle pour voir, au-delà de tout découragement et avec du recul, les signes de la présence de Dieu dans les événements, même quand ils ne sont pas subjectivement agréables.

Chers amis, il se peut que vous soyez  parfois remplis de doutes à certains moments de votre vie,  que vous doutez de Dieu, de l’Eglise, de vos prêtres, évêques,  de vous-même, de votre conjoint, de vos collègues, de vos frèreset sœurs….qui  vous déçoivent, ne répondant plus à vos attentes, vous mettant en colère, et qui ont perdu votre confiance….Rappelez-vous que Jean-Baptiste, a aussi traversé les mêmes sentiments vis-à-vis de Jésus. Mais, au lieu de s’enferme dans un mutisme et de bouder, il a exprimé ses doutes en osant une communication avec Jésus, par l’intermédiaire de ses messagers.  Grâce à cela, il a quelques ponses.  De grâce, dans nos doutes, ne fermons pas notre cœur aux autres et à Dieu. Osons trouver le moyen de communiquer, de dialoguer pour exprimer ce qui nous pèse.

A une semaine de Noël, l’évangile nous invite à la joie en ouvrant les yeux sur notre vie, sur l’Eglise et le monde pour y voir des signes de Dieu, et de devenir des signes de joie et d’espérance pour ceux qui sont dans la prison de la tristesse et des épreuves, comme Jean le Baptiste, ces gens qui se sentent ou sont de fait seuls et abandonnés à Noël ou abandonnés. Nous avons encore quelques jours pour devenir messagers de joie et d’espérance ! Allons dans nos quartiers, nos familles, nos mouvements, notre communauté,… pour rencontrer et inviter à la joie tous les Jean-Baptiste tristes et prisonniers de différentes épreuves de la vie, de la tristesse, de la maladie, de la solitude, de l’inflation, de la crise énergétique, de la guerre ! Que cette eucharistie fasse de nous des messagers de joie et d’espérance. Amen

 

Homélie du Père Joseph du III° dimanche de l’Avent, année A (2022)2022-12-09T23:35:11+01:00

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de l’Avent, année A (2022)

Mes chers frères et sœurs

Notre marche vers Noël a commencé depuis une semaine. J’espère, comme je le disais aux enfants lors de notre rassemblement à Saint Simon samedi dernier que nous avons commencé chacun et chacune l’Avent avec détermination et volonté de rencontrer Jésus qui vient nous sauver, avant de penser aux cadeaux que nous retrouverons au pieds du sapin de Noël. Nous sommes en chemin, et c’est cela le sens de toute notre la vie à la découverte de ce Dieu qui se révèleprogressivement chaque jour à chacun de nous et qui désire prendre place dans notre cœur, comme il a pris place dans la crèche de Bethléem.

Pour permettre la rencontre avec Dieu, Jésus nous invitait, dès le premier dimanche de l’Avent à ne pas laisser endormir notre cœur, mais à « veiller » !« Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien :si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison ». Rester éveillé, veiller, c’est parfois très difficile surtout quand on a un retard de sommeil, qu’on est réellement et que les yeux sont lourds. Dans ces circonstances, pour ne pas s’endormir,on fait des efforts et on se fait aider par la lumière allumée, un café, de musique… qui nous permettent de tenir bon.

Dans une perspective plus spirituelle, veiller, c’est d’abord aller chercher dans notre vie tout ce qui nous engourdit et nous fatigue, toutes ces ténèbres ou zones d’ombres de nos vies, ces lourdeurs, ces fatigues plus ou moins importances que nous trainons et qui engourdissentnos vies, nous font perdre la légèreté et la joie de vivre. J’ai mercredi soir une réunion avec des gens dont un couple qui n’en plus de cette période. Pendant que nous pensons aux lumières et à la joie de Noël, beaucoup autour de nous sentent une grande lassitude en cette période de l’Avent. Cette lourdeurs et lassitudes nous incitent à dormir au lieu de sortir, de marcher et aller à la rencontre des autres, du Seigneur.

Sur notre chemin vers Noël, Dieu nous donne des amis et des compagnons de route qui nous soutiennent : l’ange Gabriel qui annonce la Bonne Nouvelle à Marie, qui rassure Joseph dans son discernement cornélien, la Sainte Vierge Marie, toute disponible à la volonté de Dieu, joyeuse de partager sa joie avec Elisabeth, saint Joseph qui accepte de porter un projet qu’il n’a pas vraiment choisi en accueillant Marie et l’enfant Jésus, Elisabeth et Zachariequi ont la joie d’accueillir un enfant avec leur âge avancé… et d’autres personnages encore. Je vous invite, pendant ce temps de l’avent, à prendre le temps de méditer sur chacun de ces personnages qui nous accompagnent.

Parmi eux, Jean le Baptiste attitre tout particulièrementnotre attention aujourd’hui : il est un peu bizarre par sa façon de faire, de parler, de s’habiller, de manger « Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins » Tout en étant profondément humble comme l’atteste l’évangile de ce deuxième dimanche à travers ses paroles et attitudes que nous contemplons chezlui : « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales », Jean le Baptiste apparaissait pourtant aussi comme très autoritaire, menaçant et très austère pour ses contemporains et auditeurs 

Tous ceux qui le suivaient n’avaient aucun doute sur sa mission. Il était reconnu comme un grand prophète envoyé parDieu. Qui est Jean le Baptiste ? Le précurseur du Christ était aussi son cousin, fils de Zacharie et d’Elisabeth. Il faisait partie des Esséniens, un groupe particulièrement religieuxdans le Judaïsme qui attendait la venue imminente du Messie Sauveur d’Israël. Le groupe religieux des Esséniens se préparaient dans la foi et invitaient tout le peuple d’Israël à faire de même. Comme l’Eglise nous invite pendant le temps de l’Avent à vivre la Pénitence, de même, les Esséniens appelaient le peuple d’Israël à poser des actes pénitentielsbien particuliers et concrets pour se préparer spirituellement à la venue du Messie.

Parmi les actes pénitentiels qu’ils proposaient, il y avait le baptême de purification des péchés, vivre les œuvres concrètes de justice. Pour eux, il n’est pas possible de vivre la foi à demi-mesure car le messie attendu est quelqu’un d’exigeant avec qui on ne joue pas à cache-cache. Ce n’est pas comme ce Dieu « baba cool, copain, camarade…»comme celui que nous avons peut-être appris au catéchisme à une époque ! Pour les Esséniens, il faut jouer franc-jeuavec Dieu, être à fond avec lui, ne pas faire les choses à moitié.

Jean-Baptiste prêchait un Messie droit et juste qui a pour mission principale de bien poser les choses, en distinguant nettement le bien du mal, qui insistait que le bien estabsolument à faire, et le mal, absolument à dénoncer et à éviter. Vendredi soir, nous échangions avec les confirmés adultes sur cet évangile. Un membre du groupe disait qu’elle trouvait Jean Baptiste très en colère et manquant de douceur ! Oui, dans ses propos, il s’adresse à des gens qui ont du mal à se convertir en vérité.

D’où ses paroles qui peuvent nous paraitre très dures parce que radicales, surtout envers les pharisiens : « Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion.  N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »

Je sais que beaucoup parmi nous n’auraient pas aimé rencontrer Jean le Baptiste ni ce Dieu qu’il annonçait. Il Pour beaucoup, un Dieu aussi exigeant n’est pas attirant ! Nous aurions du mal à le faire passer dans la société. Pourtant, il arrive parfois d’invoquer un Dieu Vengeur qui mette un peu d’ordre dans son Eglise actuellement, dans le chaosambiant du monde actuel, dans notre société libertaire qui prend parfois le mal pour le bien, choisit et promeut uneculture de la mort au lieu de promouvoir et défendre la vie fragile avec toutes ces projets pour inscrire l’IVG dans la constitution, une loi pour l’euthanasie et le suicide assisté en ce mois de décembre ( le 8 et le 13 décembre), en supprimant toute objection de conscience aux médecins, mettre de l’ordre dans notre société qui confond le plaisir et le vrai bonheur !Nous aimerions un Dieu tellement fort qui fasse plier VladimirPoutine et d’autres seigneurs de guerre dans le monde, un Dieu qui prenne les gros moyens pour mettre fin à la violence ambiante, pour rétablir l’intégrité de cette planète que nous détruisons, pour mettre de l’ordre dans nos cœurs endurcis, comme il le fit à Sodome et Gomorrhe par le feu ou le déluge au temps de Noé

En tout cas, si tel est le visage du Dieu que nous prions, la période de l’Avent nous invite à une profonde conversiondu cœur et nous appelle à poser des exigences radicalesd’abord pour nous-même personnellement avant de les poser pour les autres. Mettons-nous en tête que le messie vientd’abord nous rencontrer personnellement : dans quel état, dans quelle attitude va-t-il me trouver quand il viendra ? Les saintsnous invitent à prêcher d’abord par le témoignage d’une vie sainte d’abord, et si nécessaire, de compléter cela par la parole et des conseils…Si nous voulons et désirons la conversion des autres, commençons alors d’abord par nous convertir nous-même personnellement. Ne soyons pas comme ceux qui se comportent en donneurs de leçons, mais dont la vie est aux antipodes des conseils qu’ils donnent aux autres. Le pape François nous invite à travailler chaque jour pour cette conversion personnelle, et l’Avent est une période favorable pour cela.

L’Avent est une invitation à la conversion à la conversion personnelle : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » Jésus a tellement envie de naître dans notre cœur. Puissions-nous profiter du temps de l’Avent nous pour lui ouvrir notre cœur. Amen.

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de l’Avent, année A (2022)2022-12-05T20:37:28+01:00

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de l’Avent, année A (2022)

Mes chers frères et sœurs

Avec ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique. Ce temps de la liturgie est un temps de pénitence, comme nous allons le voir dans les appels à la conversion du prophète Jean le Baptiste.  Il s’agit cependant d’une pénitence joyeuse. C’est pour cela que nous continuerons à chanter « alléluia ». L’Avent est caractérisé par trois mots clefs : attente, venue et joie.  C’est clair que matériellement nous préparons déjà Noël matériellement : c’est depuis la Toussaint que tout, sur les affiches publicitaires, nous parle de Noël… Il parait que le Black Friday nous permet déjà (c’est maintenant que ça se passe), sert à faire acheter les cadeaux pour Noël. C’est aussi important de préparer matériellement Noël. Je vous y encourage. Cependant, je nous invite tous à mettre en place une sorte de préparation spirituelle à Noël, tant au niveau personnelle, familiale qu’ecclésiale, pour que le 25 décembrene soit pas un jour de l’année comme n’importe quel autre jour… C’est seulement dans cette perspective que la fête de Noël que nous préparons sera pour nous, pour les nôtre, nos familles, notre communauté une vraie et réelle renaissance dans la joie de l’Amour qui prend corps dans le sein de la Vierge Marie.

L’Avent indique la venue du Messie ! Ainsi, il comporte une attente dynamique et constructive qui nous mobilise.  Pour nous chrétiens, le temps de l’Avent est comparable à une famille qui est dans la joie de l’attente d’un bébé qui va naître : dès la conception, (je pense même dès le projet d’avoir un enfant pour un couple), tout est mis en œuvre pour que le bébé se sente attendu, déjà aimé de ses parents, de toute la famille, même du petit dernier qui passera pourtant par une crise de jalousie à une certain moment ! Tout est mis en œuvre pour qu’à sa naissance, le nouveau-né sente une ambiance accueillante et chaleureuse. Cette attente fait prendre de petites et grandes décisions : on arrête la cigarette, on passe au jus de fruit pour l’apéros au lieu de la bière ou petit verre de whisky ; les parents, et la maman en particulier, fait attention à son hygiène de vie pour commencer à prendre soin du petit être qui se développe dans son corps, on pense à un logement plus spacieux, une voiture familiale…

De même, pendant le temps de l’Avent, les chrétiens vivent dans cette dynamique d’un cœur qui est dans la joie d’attendre l’Amour qui s’incarne, un cœur qui se prépare activement à se laisser remplir par cet Amour d’un Dieu qui se fait l’un de nous et qui marche à la rencontre de notre humanité afin de nous partager sa vie divine. S’il n’y pas cette préparation joyeuse et cette attente dans l’amour, malgré toutes ces lumières dans nos rues, nos magasins et dans nos maisons (lumières auxquelles nous devons faire attention à cause de la crise énergétique et  du souci de prendre soin de notre planète), le jour de Noël se sera qu’une date écrire en rouge sur le calendrier, mais qui n’aura servi qu’à nous permettre de boire quelques coupes de champagne,  un peu de foie gras, et une bûche au dessert, beaucoup de chocolat !

Nos cœurs sont appelés à être joyeux pendant ce temps qui va durer 4 semaines, et dont le point culminantsera le samedi 24 décembre au soir quand nous célébrerons la Veillée de Noël. On le voit déjà, même dans une société qui se veut laïque et sécularisé : toutes ces lumières, guirlandes, décorations dans les rues et sur nos fenêtres, nos magasins qui se remplissent des nouveaux produits, les marchés de Noël qui se multiplient et se développent partout dans le pays……tout cela montre que Noël est une fête qui appelle à la joie. Nous devons cependant éviter le danger de faire la fête tout en oubliant celui qui est l’auteur de la Fête… Soyons donc dans la joie, profitons pleinement de la joie de ce temps de l’Avent.

Ces quatre semaines ne sont le temps de carême. L’avent n’est pas un temps de tristesse, de dolorisme…..! Même si l’évangile de ce dimanche comporte un côté terrifiant quand nous entendons les paroles du Christ à ses disciples : « Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.  En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme », le temps de l’Avent nous annonce et nous prépare à une très bonne nouvelle, celle que les anges annonceront aux bergers pendant la nuit de Noël.

Nous n’attendons pas un coup de fil qui va nous annoncer la mort de Dieu, mais bien le message d’un ange annonce une bonne nouvelle à Marie, et d’une troupe céleste qui annonce la naissance de l’Emmanuel, Dieu parmi nous ! Si c’est la naissance de Dieu que nous attendons, alors, comme une mère enceinte, en contemplant la Vierge Marie pendant ce temps de l’Avent, nous devons, nous aussi, être dans la joie de l’attente de ce Dieu qui veut naître dans notre cœur. Son cœur est débordant d’amour pour chacun de nous, mais il a besoin que notre coeur soit aussi débordant de joie et d’amour afin que le monde croie que les chrétiens croient en un Dieu Vivant et source de Joie.

L’année liturgique nous commençons avec ce premier dimanche de l’Avent nous rappelle le sens de toute la vie chrétienne. Les chrétiens sont chaque jour en marche vers la venue du Sauveur qui nous appelle à nous redresser, à relever la tête, comme nous l’avons entendu dans les textes de l’évangile de toute la semaine dernière. Cela est quelque chose d’extraordinaire que nous ne pouvons comprendre que grâce à la foi. Celui en qui nous croyons, le Sauveur que nous attendons est le Prince de paix, un Dieu qui invite les chrétiens à bâtir des ponts entre les peuples, à devenir des artisans de paix dans la société.  Le prophète Isaïe nous rappelle, dans la première lecture, quelle est la mission du messie attendu : « Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur ».

Telle est la dynamique du temps de l’Avent : construire la paix autour de nous. Je pense déjà aux rencontres familiales que nous vivrons de Noël, plus ou moins joyeuses, plus ou moins contraignantes…avec des parents, des fratries, des familles plus ou moins unies ou divisées, dans lesquelles le climat n’est pas toujours aussi idylliques, paisible et apaisant. Dans ces circonstances, l’avent nous donne pour mission, de préparer ces rencontres dans un esprit de paix, de réconciliation, de cohésion familiale pour que Noël soit vraiment un temps de joie et de paix pour toutes les familles. Prions pour cela dès à présent pour que soient enterrées les haches de guerre, et que nos cœurs libérés de toute rancœur s’apprêtent à accueillir et à aimer tendrement comme ce petit Enfant, tendre et fragile que Marie nous présentera dans ses bras ou dans un berceau dans cette crèche de Bethléem que nous contemplerons ensemble à Noël….

Le temps de l’Avent est donc un temps d’engagement, de conversion, de liberté dans la prise de décision de faire du bien autour de nous. C’est une occasion qui nous est donnée pour nous convertir à l’Amour et à la joie, pour nous-mêmes et pour les autres. Comme ces décorations lumineuses qui illuminent nos rues et nos maisons, l’Avent veut que la vie de chacun de nous soit radieuse et remplie de la lumière de Dieu, afin que le monde découvre, par notre joie, que nous sommes enracinés dans la source intarissable d’amour qu’aucune épreuve de la vie ne peut dessécher.

Toute notre vie est appelée à être une attente joyeuse, et pas seulement pendant les 4 semaines avant Noël.  Notre vocation fondamentale, qui trouve sa racine dans le baptême, s’actualise dans une vocation particulière à travers le sacrement du mariage, la vie consacrée ou le sacrement de l’ordre, est celle de s’unir chaque jour à Dieu qui vient à notre rencontre pour sceller avec nous une alliance nouvelle et éternelle dans laquelle nous trouverons le vrai bonheur. Seigneur, donne-nous de t’attendre dans la Joie. Donne-nous de rayonner de cette joie que nous donnes, toi la source de notre Bonheur. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de l’Avent, année A (2022)2022-11-27T10:20:01+01:00

Homélie du Père Joseph du XXXIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2022)

Mes chers frères et sœurs !

Aves les grands moyens de communication et les réseaux sociaux, nous sommes sans cesse branchés ! Nous sommes, avec nos chaines et le direct, au courant de qui se passe au l’autre bout du monde. Ce côté direct n’est pas toujours bon pour la santé et peut même nous déprimer. Je pense par exemple à ceux qui ont suivi Midterms aux Etats Unis, avec la menace de la vague bleu au Congrès ou au Sénat, la déception de certains qui n’ont pas vu leur victoire éclatante, Donald Trump qui parle des résultats décevants, et Joe Biden qui est un peu soulagé ! J’imagine alors les états d’âme de celui ou celle qui avait fait le choix de suivre le direct des résultats électoraux.

Il y a eu aussi les élections présidentielles au Brésil entre deux candidats que tout oppose : Lula ou Bolsonaro… et le suspens entre le premier tour et le deuxième, se demandant on va continuer à détruire ou pas la forêt de l’Amazonie selon qui est élu. Là aussi, déception et larmes pour ceux qui ont perdu. Je me dis qu’il est parfois préférable de se passer du direct ! Encore, si le direct nous donnait au moins quelques de bonnes nouvelles. On le saurait ! Très souvent et globalement, ce sont les mauvaises nouvelles qui nous sont assenées. Je vous mets au défi de me donner 5 bonnes nouvelles données par les médias ces 24 dernières heures ! La Parole de Dieu de ce dimanche…qui me fait penser à la situation que traverse notre monde d’aujourd’hui où tout semble s’écrouler avec l’actualité médiatique qui plombe le moral et entretient un état d’âme angoissant.

En suivant les médias, on peut dire que notre monde semble très malade d’une maladie incurable et qu’il n’y plus rien à faire : la guerre en Ukraine, dans le Kivu avec des massacres de masse, l’inflation croissante, la crise énergétique, des coups d’Etats dans beaucoup de pays africains, la montée de extrêmes dans beaucoup de pays, l’islamisme qui se développe, une énième vague du Covid….Depuis 3 ans, quand allons-nous en sortir ? La mère-nature en rajoute à nos malheurs le dérèglement climatique et cette sècheresse prolongée après des plus chauds étés des 50 dernières années, la pluie que nous attendons impatiemment depuis des mois, un séisme en Italie mardi dernier….

L’Eglise n’est pas épargnée par la crise : je ne parlerai pas des séminaires qui sont presque vides. Les évêques, réunis à Lourdes la semaine dernière ont vécu en assemblée une plénière plombée par de nouvelles révélations d’abus commis par des évêques encore vivats ou déjà morts, un prêtre mis en examens pour viol aggravé sur un jeune homme….! L’horreur sans san fin ! Quand tout ceci va-t-il s’arrêter ?  La vie des prêtres comme celle des communautés paroissiales ne séduisent plus nos jeunes ! Il y a une crise globale et sur plusieurs plans :  les affaires de pédophilie ou abus, crise de vocation, crise d’engagement, crise du mariage avec de divorces qui augmentent chaque année, crise de la famille …. J’arrête de vous déprimer ! Les sœurs qui viennent d’arriver et que nous accueillons ce dimanche se demandent probablement c’est quoi cette drôle d’Eglise dans laquelle elles débarquent.

Dans tous les cas, c’est au cœur de ce tableau sombre et difficile que saint Luc nous invite à l’espérance chrétienne. Notre Dieu a vaincu la mort et le mal. Vendredi, notre archevêque, s’adressant aux prêtres disait : « Ce que nous vivons est une grande purification qui nous secoue fortement et nous invite à la persévérante fidélité, humblement, au pied de la croix avec Marie. Soyons serviteurs de l’Espérance ». Dans l’Evangile de ce dimanche, Saint Luc n’a pas l’intention de nous parler de la fin, du chaos, de la destruction de notre monde et de l’histoire.  Il nous parle de l’espérance chrétienne, du salut, de la délivrance, de la finalité et destinée de notre monde et de l’histoire.  Il s’adresse à des chrétiens persécutés par Néron, comme ceux d’aujourd’hui dans certains pays. Cette communauté chrétienne primitive voit aussi le temple de Jérusalem détruit par le général romain Titus. La destruction du magnifique temple, fierté de tout le peuple d’Israël, traumatise les premiers chrétiens comme les juifs.

Devant le poids des épreuves, nous sommes naturellement tentés par le découragement mais le Seigneur nous dit que nous devons relever la tête, lever nos yeux vers Lui. « Soyez sereins mes enfants, car j’ai vaincu le mal! » Notre monde ne va pas à sa fin ! N’écoutez pas tous les prophètes des malheurs, mais suivez les témoins d’espérancequi construisent le royaume de Dieu. On le voit germer déjà aujourd’hui dans notre monde, dans nos communautés. Nous avons l’assurance du Seigneur qui est avec nous dans la barque même si notre traversée est tempétueuse, même si le voyage secoué par des turbulences ! Même s’il semble parfois s’endormir, le Seigneur est toujours là. Il nous rassure et nous soutient « nous hommes et femmes de peu de foi ».

Au lieu de nous laisser aller au catastrophisme, il nous faut convertir notre cœur et notre regard sur le monde. Nous devons changer notre manière de vivre, même si nous avons du mal à le faire. On pensait qu’après la crise financière ou la crise du Covid il y aura un monde nouveau, mais voyez combien nous avons rapidement repris nos anciens réflexes, nos anciennes habitudes ! Nous devons nous convertir profondément si nous voulons que notre monde aille mieux, chacun à sa place et selon notre responsabilité. Pour nourrir l’espérance, nous sommes appelés à contempler les germes du Royaume de Dieu aujourd’hui, autour de nous, dans notre vie, nos familles, nos communautés, dans l’Eglise ! Voyons les petites choses positives et merveilleuses qui se vivent, qui se construisent, qui grandissent et qui nous montrent que le Seigneur est à l’œuvre car il ne peut nous abandonner. Même dans les épreuves, la foi est appelée à grandir !

Dans un monde qui va mal, soyons fermes dans la foi et dans l’espérance. Par une charité généreuse, construisons ici et maintenant le Royaume de Dieu, chacun avec ses petits moyens. Faisons confiance dans le Saint Esprit qui agit et que nous avons tous reçu le jour de notre baptême. C’est au moment des épreuves que nous sommes appelés à témoigner de l’espérance qui nous anime, de notre foi qui agit et qui espère. La foi est éprouvée par la vie, mais les épreuves affinent et purifient notre foi comme le feu qui affine et purifie le métal du forgeron.

Dans un contexte très difficile, les chrétiens sont appelés à être témoins d’espérance et d’optimisme, des artisans qui aident à bâtir un monde plus solidaire, plus fraternel, plus accueillant, plus paisible, plus juste….comme nous le rappelle très souvent le pape François. Arrêtons nostalgie du passé et bâtissons l’avenir. Rappeler sans cesse que le passé était meilleur qu’aujourd’hui ne suffit pas ! Au contraire, cela peut nous plomber le moral.  Il se peut que tout ce qui symbolisent le temple de Jérusalem soit entrain de d’écouler dans notre vie ecclésiale.  Au cours de l’assemblée diocésaine, notre archevêque nous a dit qu’il nous faut accepter la mort ou la destruction de certaines habitudes, d’un certain fonctionnement… pour ne pas subir la mort mais pour faire surgir la vie nouvelle, avec de nouvelles manières de faire qui corresponde à notre temps, sans trahir ce qui est essentiel de notre foi.

Nous devons ouvrir nos yeux et nos cœurs à la belle nouveauté qui se construit, qui germe et grandit timidement, au cœur des turbulences que traverse nos sociétés, l’Eglise, le monde, nos familles et nos communautés ecclésiales. Il nous faut nous bouger, Nous devons nous bouger, quitter le canapé, mais mettre les crampons, comme disait le pape aux jeunes, pour aller sur le terrain jouer notre vie et bâtir de notre monde, chacun à sa place, selon sa vocation et sa grâce particulière. Soyons confiants ! Le Christ construit son Royaume de paix et d’amour, mais il a besoin de chacun nous qui sommes membres de son Corps. Demandons-lui de nous faire grandir dans la vertu de l’espérance. Amen

 

Homélie du Père Joseph du XXXIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2022)2022-11-12T18:40:32+01:00

Homélie du Père Joseph du XXXII° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2022)

Mes chers frères et sœurs !

A quoi servirait de naître, vivre, d’aimer quelqu’un… si tout cela devrait s’écrouler et disparaitre avec la mort ? Quel sens aurait la bonté, l’amour, la joie, le courage, le travail, la famille, le mariage, le sacerdoce, toutes les valeurs auxquelles nous tenons, si tout cela se révélait simplement comme étant une très courte expérience de vie seulement ici-bas ?  A quelques jours de la fête de la Toussaint et de la commémoration des fidèles défunts que nous avons célébré en début de semaine, la parole de Dieu de ce dimanche revient sur cette question fondamentale qu’est le sens de la vie et de la mort, et ce qui nous arrivera après la mort.

Cette question est au cœur de la foi chrétienne. Elle est au cœur du mystère de notre foi et donne sens à tous les sacrements que nous célébrons. Sans cette question, on n’irait pas à la messe, on ne demanderait pas le baptême, la confirmation, la confession… Pour nous, seul Jésus donne véritablement réponse à cette question fondamentale ! C’est sa Résurrection, c’est-à-dire, la certitude qu’en vertu de sa victoire sur la mort, nous aussi, depuis notre baptême, nous sommes appelés à ressusciter et partager la vie pour l’éternité.

La résurrection est le grand mystère que nous proclamons dans l’anamnèse : « Proclamons le Mystère de notre foi ! Nous proclamons ta mort Seigneur, nous célébrons ta résurrection et nous attendons ta venue dans la gloire ! » C’est est au cœur de la foi chrétienne. C’est le cœur même de la foi chrétienne et c’est cela qui fait qu’aujourd’hui encore, il y a une bonne catégorie des baptisés qui sont comme de Saducéens, c’est-à-dire, qui ne croient pas en la résurrection des morts. Les statistiques disent qu’aujourd’hui, presque la moitié des baptisés catholiques en France ne croient pas en la résurrection des morts. Ils croient en la réincarnation qu’ils confondent et résurrection. On voit là l’influence et la grande mode des religions orientale dans nos pays d’ancienne chrétienté.

Si nous vivons aujourd’hui avec la certitude que, même avec la mort, la vie ne finira jamais mais connaîtra sa plénitude… alors, cela nous pousse à vivre pleinement la vie présente avec sérieux et responsabilité. Notre vie n’est pas une comédie, un jeu des rôles qu’on peut échanger avec les autres. Au théâtre, plusieurs acteurs peuvent jouer le même rôle !  Mais personne ne peut jouer le jeu de ma vie à ma place !  Personne ne peut vivre ni mourir de ma vie ou de ma propre mort. Quelqu’un peut donner sa vie pour moi, comme le père Maximilien Kolbe dans un camp de concentration. Mais, ma vie comme ma mort seront toujours miennes personnellement. C’est personnellement que j’en rendrai compte au Seigneur, dans les petites et grandes décisions que je pose chaque jour. Mais les Saducéens ne croyaient pas en la résurrection. Qui sont-ils ?

C’est une secte, parmi tant d’autres, dans le judaïsme du temps de Jésus. Ils faisaient partie de la très puissante classe d’aristocrate des descendants du prêtre Sadoq qui avait sacré le roi Salomon. C’est groupe religieux traditionnellement lié au pouvoir politique, influençant les élections et les nominations des gouverneurs, avec un fort pouvoir économique. Leur pouvoir politique me fait penser à tous ces patriarche et prêtre de l’Eglise Orthodoxe qui sont au service et aux ordres de Poutine actuellement.  Pour les Saducéens, la Bible se limitait au Pentateuque, c’est-à-dire aux 5 premiers livres de la Bible, c’est-à-dire, le Pentateuque ou la Loi de Moïse. Ils ignoraient le reste. Or, le Pentateuque n’aborde nulle part ma question de la résurrection.

Nous comprenons pourquoi les Saducéens se moquent de l’espérance quand ils s’approchent de Jésus avec leur histoire montée de toute pièce d’une femme qui reste veuve, après avoir épousé sept frères, sans avoir d’enfants !!!!! « Alors…Jésus, toi qui nous parles de la résurrection, de qui sera-t-elle l’épouse quand tous les 7 frères vont se retrouver là devant elle à la résurrection dont tu nous parles tellement ?»  Le problème, c’est que les Saducéens ont la conception qu’avaient les pharisiens de la résurrection comme étant le prolongement de la vie terrestre.

Réfléchissons un moment à la résurrection comme prolongement de la vie présente. Ainsi, si j’ai beaucoup souffert sur la terre, avec une maladie, un handicap, à un enfant qui souffert de famine…. Ca veut dire que la vie éternelle sera le prolongement et la reproduction éternelle de toutes ces misères dont j’ai souffert ici-bas. Jésus invite ses interlocuteurs à réfléchir, en prenant conscience que la vie éternelle n’est pas le prolongement de la vie terrestre avec ses joies et ses peines, mais elle est une nouveauté radicale dans laquelle nous nous reconnaîtrons véritablement en Dieu. Il ne s’agit pas de réincarnation bouddhiste dans laquelle nous sommes continuellement recyclés !

Notre foi nous rappelle que nous sommes créés pour la Vie, une vie qui ne finit pas. Notre Dieu est le Dieu des vivants, non pas des morts.  Demande-toi si ta vie actuelle est réellement enracinée dans ce Dieu des vivants ? Croire en un Dieu des vivants nous invite à vivre pleinement, sérieusement, passionnément.

Croire en un Dieu des vivants invite à vivre sa foi comme étant un élan d’amour à la rencontre de Dieu et de mes frères et sœurs ! Oui, Dieu est vivant en moi si je cherche à le voir comme Zachée de dimanche dernier, comme cette foule saints, témoins de la foi, que nous avons célébré ensemble mardi, comme cette mère de la première lecture qui encourage ses enfants au martyre plutôt que de renier leur foi.

Être chrétien, c’est vivre en refusant de se laisser berner par toutes ces sirènes publicitaires et idéologiques qui nous promettent le bonheur seulement si nous possédons, produisons, gagnons, séduisons… Le chrétien est vivant et heureux véritablement quand il cherche Dieu, quand il pardonne, quand il aime, quand il voit Dieu dans chaque frère et sœur en humanité… car l’amour véritable nous fait passer de la mort à la vie. Que le Dieu des vivants affermisse dans l’espérance et nous donne de vivre pleinement aujourd’hui en préparant l’éternité bienheureuse que seul Jésus ressuscité peut nous donner si nous lui ouvrons noter cœur. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXXII° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2022)2022-11-07T23:16:50+01:00

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année C (2022)

La foi dans le Ressuscité nous sauve de la mort.

La mort est forte et puissante, mais rappelons-nous que Dieu est plus fort et puissant que la mort. C’est cette évidence qui nous permet d’avancer quand nous traversons la dure épreuve du deuil. En mourant sur la croix et ressuscitant le troisième jour, Jésus nous montre qu’il est plus fort que la mort qu’il a vaincu par ce mystère de notre foi qui nous réunit aujourd’hui. En pensant ces derniers temps aux membres de ma propre famille et à mes amis qui sont morts cette année, à ces nombreuses personnes pour qui nous prions aujourd’hui en cette Commémoration des Fidèles défunts, nous réalisons combien la foi est une force, un grand soutien. C’est la plus grande richesse qui nous permet d’affronter « l’angoissante question du mystère » de la mort.

Toutes les sociétés au monde, à travers toute l’histoire de l’humanité, expriment chacune à sa manière, sa propre culture et croyance de la mort et de l’au-delà. A chaque époque de l’histoire de l’humanité, se pose la question du mystère de la mort, même si chaque société et culture en donnent une réponse différente. Quelle serait la meilleure réponse à ce grand mystère de la mort ? La réponse que nous donnons à la question du mystère de la mort est toujours en lien avec le sens que nous donnons à notre vie.  Notre vision de la vie conditionne forcément notre vision de la mort. « Dis-moi comment tu vis, je te dirais comment tu conçois la mort ! ». Plus nous donnons du sens à notre vie présente, moins la question de la mort est plus problématique.

Dans notre société avec ses multiples progrès qui nous permettent d’améliorer notre « qualité de la vie », prolonge de manière étonnante l’espérance de vie, la mort n’est plus considérée comme l’accomplissement d’une vie, aussi brève soit-elle.  Au contraire, dans nos sociétés développées, dans lesquelles tout nous promet une immortalité terrestre, la mort a perdu toute signification, mais elle est devenue aussi plus dramatique qu’à n’importe quelle époque de l’histoire. Plus que jamais, l’homme de notre temps, croyant ou non, cherche le sens de la vie d’ici-bas, et celle à venir.   C’est cela que nous rappelle le Concile Vatican II, dans Gaudium et Spes 10 : « Il en est d’autres qui, désespérant du sens de la vie, exaltent les audacieux qui, jugeant l’existence humaine dénuée par elle-même de toute signification, tentent de lui donner, par leur seule inspiration, toute sa signification. Néanmoins, le nombre croît de ceux qui, face à l’évolution présente du monde, se posent les questions les plus fondamentales ou les perçoivent avec une acuité nouvelle. Qu’est-ce que l’homme ? Que signifient la souffrance, le mal, la mort, qui subsistent malgré tant de progrès ? À quoi bon ces victoires payées d’un si grand prix ? Que peut apporter l’homme à la société ? Que peut-il en attendre ? Qu’adviendra-t-il après cette vie ? »

La culture actuelle nous pousse en considérer la mort comme un échec, le plus dramatique des échecs, l’échec total. Cependant, en regardant les sociétés dans nos villages il y a un peu plus de cinquante ans, chez les paysans dans les sociétés agricoles, celles dans lesquelles ont grandi la plupart des personnes du troisième âge d’aujourd’hui, ou celles où sont nées la plupart des défunts pour qui nous prions, nous nous rendons compte qu’il y avait une certaine familiarité avec la mort. Nous vivons cela aussi dans les sociétés qualifiées de « traditionnelles », en Afrique.

Ces anciens n’avaient pas toute la richesse et les progrès dont nous jouissons actuellement.  Leur mode de vie simple et empli de foi les aidait à ne pas considérer la mort comme un échec, même si elle a toujours été, même pour eux un drame, la cause de beaucoup de tristesse. Pour les anciens, la mort était, comme elle est pour nous aussi aujourd’hui, l’expression du caractère précaire et finie de l’existence humaine. Cependant, la mort était aussi perçue comme la porte, la condition nécessaire, l’opportunité pour aller dans cet au-delà de la vie présente, cette vie infiniment meilleure que celle à laquelle nous nous attachons ici-bas tellement, une vie dans laquelle, comme dit une oraison des funérailles, il n’y a plus ni deuil, ni larmes, ni douleur, mais seulement la paix et la joie avec le Christ et le saint Esprit. Nos grands-parents n’avaient pas nos canons actuels d’efficacité, de performance, de perfection, d’esthétique exaspérée, du plaisir immédiat et disponible à tout moment, du tout est possible ici et maintenant…et c’est pour cela qu’ils avaient moins peur de la mort que nous autres aujourd’hui.

Nos anciens avaient aussi un autre plus, celui de la foi chrétienne qui venait donner un sens nouveau et éclairer cette culture déjà très riche. C’est cela que nous demandons au Seigneur aujourd’hui « pour nous les vivants ». C’est seulement dans la foi personnelle en Jésus Christ Ressuscité que nous pouvons trouver une réponse à l’énigme de la mort. Loin de nous présenter une réponse conceptuelle, la foi chrétienne nous présente un Visage, celui du Crucifié, qui a aimé jusqu’au bout, et qui est Ressuscité. C’est le Christ Ressuscité qui nous rassure devant la mort, nous rappelant que devant la mort, il est avec nous et qu’avec lui, la mort qui était signe et manifestation de l’échec total, devient une porte ouverte à l’éternité.

Jésus Ressuscité nous dit que devant les échecs et les chutes de la vie, il y a toujours l’espérance en Dieu qui n’est pas Juge-justicier, mais Dieu Père plein d’amour et de miséricorde qui ne veut la perte d’aucun de ses enfants.

C’est vers ce Père plein d’Amour que nous nous tournons aujourd’hui, en lui demandant de prendre soin des défunts que nous pleurons. Lui qui est puissant dans son Amour, qu’Il leur donne de vivre ce que nos yeux de chair ne peuvent voir et que notre intelligence n’arrive pas encore à comprendre. Qu’Il nous donne la grâce de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour, qui nous permettra de contempler son Visage, pour l’éternité, avec tous ceux qui nous ont précédés auprès de lui et pour qui nous prions aujourd’hui. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année C (2022)2022-10-31T19:37:46+01:00

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année C (2022)

Mes frères et sœurs ! Les saints sont de gens comme vous et moi !

Alors que dans nos sociétés actuellement, on veut de plus en plus de séparatisme, refusant le mélange entre peuples et culture, personnes des origines différentes, où il y la tentation du repli identitaire, tentés de rester avec les gens qui nous ressemblent, pensent comme nous, ont la même couleur de peau que nous, partageant la même sensibilité politique spirituelle et religieuse, la fête de la Toussaint nous présente un tableau différent. Il est difficile d’imaginer un monde plus coloré, plus varié, à la fois uni et différent que le Ciel qui accueille cette foule immense qu’on ne peut dénombrer.

Et je rêve du moment où il en sera de même dans nos communautés ecclésiales, c’est-à-dire, quand dans l’Eglise et dans nos communautés locales, il y aura vraiment un peu de tout, comme cette foule des saints que nous célébrons aujourd’hui. L’Eglise sera alors cette famille-de Dieu que notre archevêque appelle de tous ses vœux, une famille où il y a un peu de tout : de la personne manuelle à l’intellectuel-universitaire, de l’ingénieur au bricoleur, du grand patron ou le cadre sup au simple ouvrier en bâtiment, de bébé baptisé dimanche dernier à la personne âgée malade en soin palliatifs ou en fin de vie dans sa maison de retraite, laïcs et prêtres, des SGDF au Scouts d’Europe, du châtelain ou baron au « sans-domicile fixe », du petit blond  au petit noir d’origine sénégalaise….

Ce mélange serait une belle manifestation de ce que le Christ veut réaliser : faire de tous les peuples une seule famille des saints. Jésus ne veut pas que son Eglise soit une caste privilégiée, de quelques d’élus dont seraient exclues certaines personnes qui n’entrent pas dans les cases et ne répondent pas aux normes et conditions fixées.

Jésus a voulu que tous, sans exclusion ni discrimination, puissent trouver leur place dans l’Eglise, car tous sont appelés la sainteté par le baptême, tous appelés à entrer en communion avec Lui pour partager sa divinité parce qu’il a lui-même partagé notre humanité. Jésus nous montre la beauté de la diversité à partir du choix de ses disciples. Il est parti d’un groupe de quatre pêcheurs qui sont André, Pierre, Jacques et Jean, très différents les uns des autres mais proches Jean-Baptiste.  Ensuite, il se lance dans l’enseignement avec Nathanaël, un fils d’Israël en qui il n’y avait pas d’artifice, puis appelle Matthieu, un publicain, subalterne de Zachée que nous avons contemplé dimanche dernier. Il y ajoute quelques Zélotes (résistants contre les Romains) tel que Simon que nous avons fêté vendredi dernier et Judas Iscariote. Il a pris des juifs et grecs…et chose surprenante pour son époque et sa culture, il a aussi pris dans ce groupe des femmes-disciples dont des pécheresses, comme Marie Madeleine, la Samaritaine…. ! La Bible et toute l’histoire de salut sont remplies de ces visages d’hommes et de femmes, témoins de foi, d’amour et d’espérance. Chacun d’eux avait sa propre histoire, son propre tempérament, mais ils ont rendu témoignage à Dieu par leur vie.

Réjouissons-nous dans l’Eglise d’avoir tous ces saints, tous différents comme nous tous aujourd’hui, mais vivant de la même Bonne Nouvelle dont ils se sont nourris et dont ils ont témoigné, chacun à sa manière. Ils sont tellement différents qu’il nous semble même paradoxal de les savoir membres de la même grande famille. Les saints de Dieu sont comme nous parce que tous différents, mais, comme nous et avec nous, ils boivent tous à la même source.

A la profondeur de la pensée théologique de Saint Augustin fait écho la vie monastique de saint Benoît. Au tempérament fougueux du prédicateur saint Dominique correspond l’âme séraphique et humble de Saint François, le « Poverello d’Assise » et sainte Claire d’Assise. L’esprit bagarreur et rigoureux de saint Ignace de Loyola est atténué par la vie rebelle de saint Philippe Néri, l’infatigable zèle missionnaire de saint François Xavier trouve une âme dans le Carmel de Thérèse à Lisieux. A une sainte Mère Teresa vivant parmi les pauvres de Calcutta correspond Maximilien Kolbe dans les camps de concentration nazie. A la rigueur morale et à l’esprit d’affrontement d’un Padre Pion de Pietralcina fait écho l’humble figure d’un paysan plein d’humour qu’est saint Jean XXIII. La jeunesse du bienheureux Carlo Acutis mort à 15 ans, ou de sainte Germaine de Pibrac, de sainte Bernadette, des jeunes saints-martyrs jeunes d’Afrique Noir comme Kizito, Sebyera, Anuarite renvoie à d’autres saints et saintes morts très âgés après une longue vie de fidélité au Seigneur.

A travers ces quelques contrastes, nous sommes pleinement dans la variété de l’Eglise d’hier et d’aujourd’hui, une variété d’hommes et de femmes témoins du même Evangile du Christ, mais chacun avec son caractère, ses talents, ses limites et faiblesses comme chacun de nous. Cependant tous ces saints ont cherché une chose : aimer et à faire la volonté de Dieu.

Nous ne célébrons pas que les saints connus, et mentionnés sur le calendrier liturgique de l’Eglise.  Il y a beaucoup d’anonymes parmi eux. C’est cette foule immense d’inconnus que nous célébrons aujourd’hui. Ils ne sont connus de personne, mais dans le silence et cachés dans leur quotidien, ils ont dit oui au Seigneur, parfois même sans le savoir ni même s’en apercevoir.

La fête de la Toussaint me fait penser aux nombreuses grands-mères dont le pape François, comme la sienne qui lui disait que dans la vie, il faut chercher à progresser chaque jour ! Le pape aime rappeler leur importance dans la vie des enfants, les amoureux de la vie, les mères courageuses dans certains pays en guerre comme l’Ukraine ou le Kivu et même celles qui sont nos voisines de quartiers et dans nos propres familles… Pensons à tous les défenseurs de la vraie liberté, la vraie justice,  ceux qui luttent  pour l’unité et le développement humain et social, à tous ces pères de famille totalement donnés pour leurs enfants, à ces prêtres, simples et humbles curés de campagnes, parfois seul, dans la solitude dans ces territoires déserts, oubliés parfois de la hiérarchie mais qui, avec beaucoup de zèle missionnaire ont gardé et gardent et transmettent la lumière de la Foi. Je pense à toutes ces religieuses au service des enfants, des personnes âgées, des malades….

Nous célébrons tous ces saints d’aujourd’hui qui ne font rien d’extraordinaire que leur devoir de père, de mère, de fils ou fille, de religieux, de professionnel de santé… mais qui le font avec beaucoup d’amour, de simplicité et une grande joie.

Attention cependant ! Les saints ne sont pas des héros. Les héros n’ont pas de place dans l’Eglise ni dans le Ciel. Nous voulons des saints, hommes et femmes comme vous et moi, gens ordinaires qui auraient rougi s’ils se savaient célébrés solennellement dans cette grande fête de tous les Saints. Laissons-les rougir aujourd’hui au moins en leur faisant ce tort. Mais n’oublions pas que leur grand désir, c’est de nous aider à cheminer nous aussi, pour être en communion avec eux. Cherchons à les imiter, dans notre quotidien, en vivant simplement les chose, non pas par devoir mais par amour. Seigneur, donne-nous de nombreux saints ! Donne-nous de devenir des saints. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année C (2022)2022-10-31T19:37:39+01:00
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