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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du II° Dimanche de Pâques, Divine Miséricorde, année B (2021)

Les apparitions du Ressuscité posent la grande question de savoir comment pouvons-nous rencontrer le Ressuscité ! Où et de quelle manière ?  Depuis la Vigile Pascale, nous avons suivi Marie Madeleine et les saintes femmes, nous avons peut-être aussi suivi Simon Pierre et le disciple bien-aimé dans leur course au matin de Pâques, ou alors nous avons marché avec les disciples d’Emmaüs sur leur chemin, avec Jésus sans le reconnaître.

Du matin de Pâques, nous passons au soir dans l’évangile de ce II dimanche de Pâques appelé aussi dimanche de la Divine Miséricorde. Seul l’évangéliste saint Jean nous dit que Jésus apparut au milieu des siens : « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux
. » Imaginez un peu la scène ! Les portes sont fermées et bien verrouillées ! Les disciples remplis de remord et de culpabilité pour avoir abandonné Jésus, sont aussi presque morts de peur parce qu’un mandat d’arrêt avait été lancé contre tout le groupe. Si les portes de la maison sont verrouillées, nous pouvons même dire que leurs cœurs aussi sont verrouillés ! Comme il est beau et merveilleux de se rendre compte que les portes fermées n’arrêtent pas le Seigneur, notre incrédulité, le manque de foi n’arrêtent pas le désir de Dieu de nous rencontrer. Nos fermetures de cœur ne sont pas capables d’arrêter le Ressuscité dans son Amour infini qui est plus fort que nos peurs.

Imaginons donc un peu la scène du soir de Pâques ! Tout est fermé, mais les disciples voient Jésus présent au milieu d’eux ! Par où est-il passé ? Il n’y a pas eu de bruit, pas d’effraction, pas de porte cassée…… L’Abandonné mort en croix, le voilà devant ces lâches enfermés que nous sommes, nous qui ne savons qu’abandonner et trahir. Mettons-nous un peu à la place de Jésus ! Si c’est vous qui aviez été abandonné, trahi par vos amis, abandonné dans la gueule du lion, de la mort, et d’un coup, je ne sais par quel miracle, vous vous sauvez, sain et sauf alors que tout le monde vous savait déjà mort ! Alors, vous revenez et rencontrez vos amis traitres ! Que leur auriez-vous dit ? Un peu d’injures, beaucoup de colère, de rancœur, de menaces, quelques paroles bien dures pour rappeler aux autres leur lâcheté et trahison…

En voyant Jésus, les disciples s’attendaient, avec raison, à de vifs reproches !  Mais Jésus n’est pas comme nous. Il nous surprend ! Pas de rancœur, mais beaucoup de douceur et de miséricorde.  Au lieu de nous accabler, il apporte la paix et donne le saint Esprit : « Il leur dit : « La paix soit avec vous ! ». Les premières paroles du Ressuscité sont un don de la paix pour nos cœurs meurtris de culpabilité et de remord si nous le laissons pénétrer dans nos vies parfois verrouillées à sa présence.

Ensuite, il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » Non seulement il nous donne sa paix, mais il donne aussi l’Esprit saint qui nous rend capable de toujours garder cette paix en nous et de la partager autour de nous. De notre accueil de l’Esprit saint dépendra notre capacité d’aimer. Si nous gardons notre cœur étroit, nous recevons tellement peu du saint Esprit. Mais si nous notre cœur est largement ouvert, alors il sera rempli d’une abondance des dons et des grâces de l’Esprit saint. C’est difficile de croire en la résurrection du Christ, le plus grand mystère, le cœur de la foi chrétienne. Pour cela, nous devons ouvrir, non pas nos cerveaux étroits, nos têtes orgueilleuses et prétentieuses… mais plutôt nos cœurs à la présence du saint Esprit qui nous fait comprendre toute chose et nous fait entrer dans la compréhension de ce grand mystère.

C’est pour cela que le temps pascal dure 50 jours : pour réfléchir, nous convertir et ouvrir notre cœur à la présence du Maître spirituel qu’est le saint Esprit que les disciples reçoivent à la Pentecôte. Pendant ces cinquante jours de cheminement, nous sommes accompagnés par un ami qui s’appelle Thomas.  Quel destin étrange, ce Thomas ! Il a fait la plus belle expression de foi dans les évangiles, mais il est passé dans l’histoire comme étant le maître et la référence des incrédules. L’athée le plus virulent, pour réfuter la foi, vous dira qu’il est comme saint Thomas qui ne croit que ce qu’il voit.

Pourtant, dans l’évangile selon saint Jean, le nom de Thomas est répété 7 fois (le chiffre de la totalité), et pour trois fois, il est appelé « Didyme » ce qui veut dire « Jumeau ». De qui est-il le jumeau ?  Spirituellement, on pourrait dire que Thomas est le jumeau de Jésus. Rappelez-vous qu’au moment d’aller ressusciter Lazare, le frère de Marthe et Marie à Béthanie, tous les disciples avaient peur et ne voulaient pas l’accompagner parce que Béthanie se trouve en Judée où Jésus était déjà recherché pour être mis à mort. : « Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Dans la suite, saint Jean nous dit : « Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

La chose qui caractérise le plus l’apôtre Thomas, c’est son courage et qu’il n’a pas peur.  Nous en avons la preuve ce soir ! Pendant que les autres disciples se cachent à cause de la peur dans une maison aux portes verrouillées, Thomas lui est sorti.  C’est sûr que ce n’est pas un bon exemple pour nous en ce temps de confinement pendant lequel nous devons tous rester chez nous par peur de ce virus… ! Beaucoup ont même peur de sortir pour aller à la messe ! Thomas n’avait pas peur de mourir ! Il avait compris qu’il n’y avait pas besoin de mourir pour Jésus. On ne peut mourir pour Jésus ! C’est lui qui meurt à notre place pour nous sauver de la mort éternelle.  Thomas a surtout compris que nous devons accepter de mourir comme Jésus et avec Jésus. C’est dans ce sens que Thomas est appelé « Didyme », le Jumeau de Jésus, celui qui lui ressemble parce qu’il veut mourir avec lui et comme lui. Mais Thomas est aussi le jumeau de chacun et chacune d’entre-nous. Il est l’un des douze, comme Judas d’ailleurs, prototype du disciple. Au fond, si nous sommes tous un peu des Judas dans nos trahisons, des Simon Pierre dans nos reniements, nous sommes aussi tous un peu des Thomas quand, pour croire, nous ne nous contentons pas d’écouter des témoignages mais voulons faire l’expérience de toucher le Seigneur.

Nous sommes proches de Thomas dans notre foi qui doute parfois, en oubliant cependant que le doute est le lubrifiant de la foi : Rappelez-vous que Marie, lors de l’Annonciation de la naissance de Jésus, exprime, elle aussi des doutes : « Comment cela va-t-il se faire parce que je suis vierge ? » demande-t-elle à l’Ange Gabriel. Voyez aussi que, comme nous, Thomas ne croit pas ses amis. Pourquoi ? Parce que ces 10 disciples qui lui annoncent la résurrection de Jésus n’étaient pas crédibles ! Comment pouvait-il croire à ceux qui avaient fui au pied de la croix, qui avaient laissé le maître seul au moment de l’angoisse ?  Pour Thomas, les autres disciples n’étaient tous que des hypocrites ! Comment pouvait-il croire en Simon Pierre qui avait renié Jésus par trois fois ? C’est l’expérience douloureuse que nous faisons aussi tous quand nous voulons évangéliser, des gens ont du mal à adhérer à notre message.  Et savez-vous pourquoi ? Parce que nous somme peu crédibles.

Pourtant, Thomas n’abandonne pas le groupe. Il reste avec les autres, et il fait bien de rester au sein de la communauté. Huit jours plus tard, le Ressuscité revient seulement pour Thomas. La rencontre avec le Ressuscité se passe au sein de la communauté. Jésus n’est pas allé rendre visite à Thomas dans sa maison, en privé. Le lieu ordinaire de la rencontre avec le Ressuscité est la communauté réunie, une communauté médiocre qui doit composer avec les trahisons et les reniements de ses membres. Il est important de graver dans nos cœurs que l’expérience de la rencontre avec le Ressuscité ne se fait pas au sein d’une communauté idéale et parfaite (qui n’existe nulle part sur terre, sauf au ciel). Jésus te rencontre dans la communauté à laquelle tu appartiens, celle où tu vis, dans laquelle tu chemines, avec ces frères et sœurs qui ne sont pas toujours à la hauteur de tes attentes, qui ont des défauts, qui te blessent parfois et que tu blesses aussi parce que nous sommes tous des pauvres pécheurs. Dans toutes les communautés ecclésiales (même dans les monastères et abbayes !), il y a des problèmes parce que nous ne sommes que des humains, et pas des anges tombés du ciel. L’Eglise est pécheresse, parce qu’elle est faite de vous et moi, mais c’est Jésus Ressuscité vient nous rencontrer pour nous sanctifier tous par son Esprit et les sacrements. C’est seulement dans ce sens que nous pouvons qualifier l’Eglise de sainte !

Jésus n’a pas accordé à Thomas le privilège d’une apparition particulière, mais il s’est présenté à lui « huit jours après », c’est-à-dire, quand la communauté se réunit de nouveau pour la célébration de l’eucharistie. Ça veut dire que même si j’ai du mal à ouvrir la porte de mon cœur, du mal à comprendre, du mal avec le prêtre qui célèbre ou l’assemblée qui m’entoure, Jésus revient quand même, me parle à travers la liturgie de la Parole, il est réellement présent, me demande de le toucher dans la communion à son Corps et à son sang, et me demande, comme à Thomas, de mettre son doigt dans les marques des clous et son côté transpercé. Au lieu de toucher les plaies, Thomas fait la plus belle profession de foi de tous les évangiles : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Je suis ému quand, à la communion, le fidèle reçoit le corps du Christ en disant « Mon Seigneur et mon Dieu » pour professer que dans le pain consacré, c’est vraiment Jésus qui est réellement présent.

Grâce à Thomas, Jésus nous donne une béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » C’est la béatitude de celui qui recommence ou qui patine dans la foi, mais qui est là, dans l’Eglise. Jésus parle ici de nous qui, huit jours après sa résurrection, après deux milles ans, continuons à nous réunir en son nom même si nous ne l’avons pas vu, mais nous le voyons dans l’eucharistie, nous l’aimons sans l’avoir vu, mais croyons en lui présent dans l’eucharistie : « Sans te voir nous croyons, sans te voir nous t’aimons, et nous exultons de joie, sûrs que tu nous sauves ! Nous croyons en toi ».  Prions Dieu de nous libérer d’une foi tellement sûre de soi, vaccinée contre toute forme de doute, une foi qui risque de devenir tellement orgueilleuse, prétentieuse, méprisante envers ceux qui ont plus de mal à croire à cause des épreuves de la vie.

A la fin de son évangile, Jean nous laisse un message important : l’expérience du Ressuscité est personnelle. La foi en Dieu est une expérience, pas une théorie, une doctrine. Il nous faut Le toucher, Le voir, Le rencontrer. Avoir lu beaucoup de choses sur l’amour est une connaissance théorique, mais avoir été amoureux et être aimé, c’est autre chose. C’est l’expérience qui produit la vraie connaissance, parce que l’expérience est la connaissance du cœur. Nos liturgies ne doivent pas nous parler de Dieu, mais doivent nous faire faire l’expérience de Dieu, nous permettre de le rencontrer, le toucher. Les premières communautés chrétiennes nous ont transmis leur expérience de Dieu. Nous sommes appelés à faire la nôtre. Peu importe nos chutes, nos faiblesses, nos trahisons ! Ce qui compte, c’est la présence du Ressuscité au milieu de nous, « mon Seigneur et mon Dieu » qui rencontre chacun de nous, à travers chaque eucharistie célébrée en communauté, en Eglise, avec les autres.
Amen.

Homélie du Père Joseph du II° Dimanche de Pâques, Divine Miséricorde, année B (2021)2021-04-11T19:40:42+02:00

Homélie du Père Joseph du Dimanche de Pâques, année B (2021)

« Ne vous laissez pas voler l’espérance » ! Voilà une phrase que le pape François ne cesse de répéter aux catholiques et aux hommes et femmes de bonne volonté. Certains diront que ce sont « de belles paroles » qui ne collent pas avec la réalité de ce que nous vivons au quotidien ! Depuis plus d’une année, nous ne savons plus où va notre monde : une crise sanitaire dont nous avons du mal à nous débarrasser et qui fait des ravages sur tous les plans ! Presque 100.000 morts en France, des hôpitaux qui saturent, les jeunes déprimés, sans perspective et ne savent plus envisager l’avenir scolaire ou professionnel, des personnes âgées isolées, enfermées chez elles à cause de la peur, des familles, même chez nous, dans cet ouest toulousain qu’on qualifie de « bourgeois » qui n’arrivent plus à nouer les deux bouts du mois. La crise sanitaire a causé une crise professionnelle, financière et économique….Nous avons peur d’attraper ce virus de Covid19, en plus la vaccination qui patine ! Alors, direz-vous, le pape François peut nous inviter à ne pas nous laisser voler notre espérance, mais qu’est-ce qu’il sait de ce que nous vivons ! Ce que vous pouvez qualifier comme étant de « belles paroles » ont pourtant un fondement solide : c’est le mystère que célébrons ce dimanche !

C’est l’espérance de notre foi que nous trouvons dans cette affirmation de saint Paul écrite aux Corinthiens : « Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu » (1 Co12, 11-14). Dans la foi chrétienne, tout tourne autour de la résurrection et la qualité de notre vie dépend de combien et comment nous croyons en elle, de comment elle fonde notre espérance.

Chers amis Ombeline, Luc, Paul-Alexis, Laurent, Gelareh, Béatrice, et la petite Charlotte (qui est baptisée en même temps que sa maman !) attention ! Nous pouvons nous dire chrétien, parce que nous avons reçu le baptême, notre nom inscrit dans un registre à Tournefeuille pendant que nous vivons en ennemi du Ressuscité. Quand on demande aux chrétiens de rendre compte de leur foi, beaucoup répondent souvent spontanément : que nous croyons en un Dieu qui s’occupe de nous, un Dieu qui a tellement aimé le monde au point de donner sa propre vie pour nous, ou encore que nous croyons en un Dieu qui peut tout etc… Des paroles ! Paroles, paroles… là, Dalida avait raison !

La résurrection de Jésus ne nous vient jamais spontanément à l’esprit comme étant l’élément fondateur de notre foi. Malheureusement je vous informe qu’une bonne partie de ceux qui se disent chrétiens, parce que baptisés, ne croient pas en la résurrection ! Deux exemples ! I Un jour, je suis invité par un groupe des paroissiens, d’une paroisse voisine, pour déjeuner un dimanche midi. Très belle ambiance, bon enfant, tout le monde est content, on rigole, on prend l’apéro… Bref un très bon groupe de copains, avec la même sensibilité spirituelle et pastorale

A un certain moment la discussion tourne autour la résurrection. Un monsieur que je connaissais très bien, engagé dans sa paroisse, avoue spontanément qu’il croit plus en la réincarnation mais pas en résurrection ! Imaginez le choc ! J’ai rougi de honte, de colère, d’étonnement ! Oui même les noirs peuvent rougir ! La voisine de droite enchaîne en affirmant qu’elle est d’accord avec ce que venait de dire monsieur X : elle non plus ne croyait pas en la résurrection. La moitié de ceux qui étaient autour de la table croyaient plus en la réincarnation qu’à la résurrection. Il fallait que je reste poli et sage, mais il m’a fallu prendre sur moi et une grâce particulière du Seigneur pour terminer mon plat. Quelques jours plus tard, en écoutant France Info, j’apprends que dans une enquête faite en France, plus de la moitié des Français qui se disent chrétiens ne croyaient pas en la résurrection !

Pour les premiers chrétiens pourtant, l’accès au baptême était fondé sur le Kérygme, c’est-à-dire, la proclamation du message selon lequel Jésus est Seigneur parce qu’il est mort et ressuscité. Nous trouvons cela dans ce message de Pierre dans les Actes des Apôtres : « Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui.  Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.  Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts » (Actes 10, 38-42). Chers baptisés de Pâques, c’est ce message que Jésus vous envoie témoigner et proclamer par votre vie !

Le mystère de la résurrection est le cœur de notre foi. Notre réticence devant ce grand mystère de notre foi est déjà présente chez les disciples. Il est dit : « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » Nous pouvons interpréter ce verset de deux manières. D’abord, que les disciples avaient encore besoin de voir, par eux-mêmes Jésus ressuscité, pour que lui-même, en commençant par Moïse et tous les prophètes, leur explique toute l’Ecriture, comme il l’a fait avec les deux disciples d’Emmaüs, ou que les disciples attendaient la venue du saint Esprit pour être introduits dans la vérité du mystère de la résurrection. Ensuite, cela  peut vouloir dire que nous les disciples sommes toujours incapables de reconnaître le Ressuscité, de comprendre la résurrection, de nous rendre compte de la radicale nouveauté, de l’importance de la résurrection dans notre vie. La preuve en est que tout en ayant vu le ressuscité et mangé avec lui plusieurs fois, les disciples ont du mal à le reconnaître à chaque nouvelle apparition.

Ne soyons pas étonnés de cette difficulté à comprendre, parce que la résurrection de Jésus n’est pas comme celle de Lazare. Il ne s’agit pas d’un simple retour à la vie d’avant. Le mode le plus adéquat de se représenter est d’y voir des cieux nouveaux et une terre nouvelle, d’après la phrase que l’Apocalypse met sur les lèvres du ressuscité : « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5). Comme la première création est tirée du néant au commencement, ainsi la résurrection de Jésus reprend toute la création et la récapitule, lui insuffle un nouveau dynamisme, le remet en mouvement en la transformant et en l’orientant vers la destination dans laquelle elle trouve sa pleine réalisation et accomplissement, c’est-à-dire son retour dans le sein du Père. Le baptisé devient ainsi une nouvelle créature, débarrassé de l’homme ancien, du vieil homme marqué par le péché originel. Le baptême nous fait participer cette nouveauté radicale qui nous fait passer de la mort avec le Christ à la résurrection avec lui.

La mort de Jésus avait traumatisé les disciples, les avait laissés abasourdis, inertes, confus, incapables de prendre aucune initiative. Ils sont assis, silencieux, tétanisés, paralysés, renfermés, les portes verrouillées dans le Cénacle. A un certain moment, quelque chose d’inattendu met fin à cette paralysie et tout se remet de nouveau en mouvement : Marie Madeleine revient du tombeau et va à la rencontre des disciples qui ont peur. Ensuite, Pierre et le disciple bien-aimé sortent en courant tout d’un coup alors qu’ils étaient morts de peur : « Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre ».  Evidemment, « grand-père » Pierre ne peut pas courir aussi vite que le « petit jeune » Jean.

Ce dernier a du respect pour les anciens qu’il attend Pierre à l’arrivée pour le laisser entrer le premier constater le tombeau vide. Tout d’un coup, ils sont plus attentifs, ouvrent les yeux, s’interrogent et reprennent vie. Ce qui les fait bouger n’est pas d’abord une perception claire de la signification de cet événement. L’évangile nous dit qu’ils sont perplexes. Il a seulement suffi à Marie-Madeleine de voir la pierre du tombeau roulée pour qu’elle aille voir en toute vitesse les apôtres. Jean lui, a vu seulement les linges posés à plat. Pierre lui entre et observe la même scène, et seulement à la fin il est dit que Jean vit et crut. Si nous cherchons un signe précis de la résurrection dans cet évangile, nous ne le trouvons ni dans la pierre roulée, ni dans les linges posés à plat, ni dans le suaire bien rangé, ni dans la tombeau vide. La résurrection est quelque chose de mystérieux, d’inattendu qui fait que les cœurs des disciples se sont déverrouillés, un événement inexplicable qui les remet en marche, fait battre leurs cœurs, les fait revivre de nouveau en leur sortant de leur peur…de manière inattendue.

Le mystère de la résurrection caché et croire en elle veut dire accepter en partie que ce qui donne sens à notre vie et à notre foi soit impénétrable. La résurrection, celle du Christ, comme la nôtre à la fin des temps reste très difficile à comprendre. La foi en elle exige cependant que nous discernions sa puissance déjà à l’œuvre de manière mystérieuse déjà aujourd’hui dans notre vie, reconnaissable dans un souffle, une soif, une sorte de tension qui dérive de notre conscience d’avoir été conquis par le Christ, comme dit saint Paul : « Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus » (Phil 3, 12-14)

Baptisés, ressuscités, nous sommes appelés à la même attitude qui fait de nous des disciples authentiques de Jésus : le suivre, même quand nous ne comprenons pas totalement. Nous comprendrons tout un jour, quand nous serons totalement en lui, quand nous le verrons face à face. Mais aujourd’hui déjà, vivons en « ressuscités ». Cherchons les choses d’en-haut ! Cultivons des désirs, des projets qui nous unissent davantage à Jésus ressuscité. Prenons notre responsabilité, dans l’Eglise, dans le monde, dans la société pour les rendre meilleurs ! Vivre en ressuscité ne signifie pas que nous devons profiter moins de la vie présente. Cela signifie que nous devons orienter notre vie présente de telle manière qu’elle se conforme à ce à quoi nous sommes appelés dans le baptême : devenir saint chaque jour en nous unissant davantage au Christ mort et ressuscité dont nous sommes témoins. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du Dimanche de Pâques, année B (2021)2021-04-08T16:25:57+02:00

Homélie du Père Joseph de la Veillée Pascale, année B (2021)

« Ne soyez pas effrayés ! N’ayez pas peur ! » Ce sont là les paroles que l’ange adresse à Marie-Madeleine, Marie, Mère de Jacques et Salomé ! Plus tard, c’est un pape polonais, devenu saint Jean Paul II, fraîchement élu comme successeur de Pierre à Rome qui s’adresse aux catholiques en leur disant : « N’ayez pas peur ! Ouvrez-largement les portes au Seigneur ! » La peur ! Dieu sait quels ravages la peur est capable de faire dans notre vie. La peur est intrinsèque à la vie humaine.  Le philosophe théologien protestant Danois Sören Kierkegaard dit que l’angoisse, la peur est quelque chose d’ontologique, d’existentiel !  Nous vivons de nos peurs. Peur de vivre, de ne pas vivre, peur de combien de temps il nous reste à vivre. Elle est irrationnelle et est l’un des premiers sentiments que nous éprouvons. A la naissance, nous pleurons de peur de ne plus être dans ce sein maternel où nous étions bien en sécurité, bien au chaud ! Bébé, nous avons peur de ne pas avoir la maman à nos côtés, chaque fois qu’elle ne répond pas quand nous la cherchons ou que nous prononçons son nom par des cris, des pleurs…. Pendant l’enfance, nous avons peur d’être trahi par nos copains et copines, peur d’être exclu du groupe de copains qui peuvent nous trouver moins sympathique !

L’adolescent a peur de ne pas plaire maintenant que son corps se métamorphose.  L’adolescent a peur, non pas tant d’être abandonné, exclu ou de ne pas trouver un amoureux ou une amoureuse, peur d’être la victime des petits durs harceleurs du collège, du lycée, du club et ainsi d’être mis de côté. Les grands-jeunes ont peur pour et de leur futur comme nous pouvons en faire l’expérience actuellement ! Nous parlons beaucoup de la souffrance des personnes âgées ! C’est important de veiller sur nos anciens. N’oublions cependant ces millions des jeunes qui souffrent aujourd’hui et ne savent plus se projeter dans le futur ! Les jeunes ont peur parce qu’ils ne voient rien de consistant, à cause de la culture du zapping, de tel sorte que le concept de « définitif » disparait petit à petit de notre vocabulaire du quotidien. Envisager un amour définitif, « pour toujours » est devenu presque inconcevable pour la jeunesse d’aujourd’hui !

Les adultes ne sont pas vaccinés contre la peur ! Ils ont peur, non pas tant du futur, mais bien et surtout de l’aujourd’hui, de la vie quotidienne : peur de tomber malade, de choper la Covid19, peur de ne pas nouer les deux bouts du mois, peur de perdre son boulot, peur que nos enfants suivent une mauvaise voie, fassent un mauvais choix, aient une mauvaise fréquentation, peur que quelque chose leur arrive le soir quand ils sortent…

Plus tard, si nous avons la chance d’atteindre le grand âge, au soir de notre vie, naissent les peurs de la vieillesse et des anciens : peur de n’avoir pas bien compris ce que le médecin nous a dit, peur de déranger ou d’être un poids pour nos enfants et nos petits-enfants, peur de sortir de la maison à cause de la peur que nous avons de tomber dans la rue, peur de perdre la mémoire, peur de la solitude….

Il s’agit d’une peur permanente, parce qu’elle ne nous abandonne jamais, parce qu’elle est présente sous diverses formes à chaque âge, parce que nous n’arrivons pas à nous en débarrasser définitivement, parce que nous ne connaissons pas toujours très bien l’objet ou la raison profonde de nos peurs. C’est donc cet inconnu qui nous fait peur. Parmi nos inconnus, il y a un qui est très poignant : c’est « l’après nous ! », l’après, ce qui adviendra après nous, ce qui se produira après. Après la mort, la grande inconnue, l’unique grande certitude que nous sommes sûrs de pouvoir affronter un jour, on ne sait quand ni comment, et mais nous ne savons pas ce qui se passera après notre mort.

Le « sabbat terminé », les saintes femmes du matin de Pâques vont au tombeau mais elles ont peur. Le sabbat terminé signifie « après le vendredi » pour lequel il n’y avait pas plus grand-chose à faire que ce qui avait été fait : plus de larmes à verser parce qu’elles avaient tellement pleuré quand elles ont vu mourir Jésus comme un criminel. Tout était fini, accompli, terminé, et il ne restait plus qu’à embaumer le corps, un petit dernier soin pour l’éternité pour que la corruption du corps de Jésus arrive le plus tard possible. Elles ont de l’huile parfumée qu’elles emmènent au tombeau avec la peur de ne pas réussir à rouler la pierre à l’entrée du tombeau : « qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » se demandent-elles.

La peur monte, crescendo lorsqu’elles voient ce jeune homme vêtu de blanc, assis à droite dans le sépulcre. Qui n’aurait pas peur en trouvant, dans une tombe, une personne assise, bien vivante, et qui, plus encore, s’adresse à nous…. Pire encore est la surprise de voir qu’il ne s’agit même pas de la personne décédée que nous avons enterrée dans cette tombe ?  La peur s’est tellement diffuse dans tout le corps et l’âme de Salomé et des deux Marie à tel point qu’elles prennent la fuite, terrorisées, sans rien dire à personne, c’est-à-dire qu’elles ont tellement peur au point d’être incapables d’annoncer la résurrection de Jésus. Ceci, nous ne l’avons pas lu dans l’évangile d’aujourd’hui. C’est le verset suivant qui le dit : « Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. »

L’annonce de la résurrection de Jésus contrairement à ses miracles, ne change pas tout d’un coup l’état d’âme des personnes, ne les fait pas passer sans transition de l’angoisse à la joie. L’annonce de la résurrection doit être assimilée, comprise par l’âme, acceptée, accueillie par le cœur.  Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une réalité inconfortable, parce que la résurrection de Jésus nous invite à reprendre tout à zéro, dès le début, retourner en Galilée où le Ressuscité nous précède et nous attend.

Pourtant, ce jour-là, le sabbat terminé, Jésus ressuscité était déjà dans le cœur de Salomé et des deux Marie. Saint Marc nous dit que ce jour-là, elles arrivèrent au sépulcre « au lever du soleil », au petit matin, comme nous aujourd’hui. La Covid19 pensait nous punir, mais elle nous donne l’occasion de faire l’expérience des saintes femmes du matin de Pâques, au lever du soleil ! Les premiers chrétiens appelaient Jésus « Soleil victorieux d’en haut » Le verbe « lever », en lien avec le soleil, a la même signification que résurrection.

Sans le savoir, sans en être conscientes, ces femmes sont arrivées au tombeau en portant Jésus vivant déjà dans leurs cœurs tristes mais remplis d’amour pour lui. Cela est possible parce qu’à la veille de ce premier sabbat, elles avaient eu le courage de rester au pied de la croix, avec Marie, notre Mère. Le lendemain, elles sont capables de défier la peur pour aller au Sépulcre.  Toi aussi, si tu es au pied de la croix, inondé de douleur, de tristesse et de peur à cause du Mal et de la mort présentes sous différentes formes dans ta vie, si malgré tout tu acceptes d’entrer dans le tombeau de Jésus… alors tu le trouveras vide parce que la mort n’a pas pu retenir la vie prisonnière grâce à la Résurrection de Jésus. N’ayons pas peur d’ouvrir largement notre cœur à Jésus ressuscité. Nous verrons alors que la mort et le mal ne nous feront plus peur.  Nous pourrons alors vivre pleinement, plein de joie, d’espérance parce que nous vivons désormais avec Jésus Ressuscité qui a besoin de nous comme témoins de sa victoire sur le mal, sur la mort dans ce monde qui en a besoin. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la Veillée Pascale, année B (2021)2021-04-08T16:27:34+02:00

Homélie du Père Joseph du Vendredi Saint, année B (2021)

Ce soir, contemplons Jésus élevé de terre ! Il attire à lui l’humanité entière, des hommes et femmes auxquels il ouvre largement ses bras ! Lui ouvrirons-nous nos bras à notre tour pour cette étreinte qui sauve ?  Avec une infinie douceur, Jésus nous regarde et veut croiser notre regard car dans nos yeux, il verra ce que nous avons dans le cœur, les sentiments qui nous animent. Il nous ouvre son cœur mais sommes-nous capables de lui ouvrir le nôtre ? De son cœur transpercé par une lance, il fait jaillir sur nous l’eau et sang, symbole des sacrements, source intarissable à travers laquelle Dieu continue, aujourd’hui encore, à nous donner sa vie en abondance.  Dans le récit de la Passion selon saint Jean médité chaque vendredi saint, il y a quelques détails absents chez les synoptiques.  Autour de la croix, il n’y a pas une foule qui crie mais seulement des soldats romains, des païens, et des femmes qui entourent Marie, avec le Disciple Bien-aimé.

Au jardin des Oliviers, Jésus est arrêté tandis que ses disciples sont plutôt impétueux, agressifs et prêts à faire l’usage d’une épée, comme on le voit chez Pierre : « Or Simon-Pierre
avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite
 » ! Contrairement à ce que nous avons lu dimanche dans le récit de la Passion selon saint Marc, le Jésus de la Passion selon saint Jean n’est pas triste, n’a pas peur et se préoccupe plutôt du sort de ses disciples : « Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez-les partir » dit-il aux soldats qui agressent ses disciples.

Les disciples sont perdus, incapables de soutenir leur Maître dans ce drame. On le voit dans la fuite des apôtres et le reniement de Pierre dans la cour du Grand Prêtre.  Pour Jésus, nos trahisons ne sont pas irréversibles. Ce qui est le plus important, c’est cet Amour qu’il déverse sur ses disciples, sur nous. Son amour pour nous est infiniment plus important, plus déterminant que nos trahisons, nos misères et nos fragilités. Sa volonté de porter sur lui nos pauvretés est infiniment plus forte que nos propres pauvretés. Là où le péché a abondé, la miséricorde et l’amour ont surabondé nous rappelle saint Paul.

C’est Jésus qui prend lui-même la croix pour la porter sans aucune aide ! Pas la peine de chercher Simon de Cyrène pour lui venir en aide. Ce Roi crucifié gouverne l’histoire et les événements à travers le don total de lui-même. Notre vie est dans ses mains clouées, mais qui n’ont rien fait de mal, mais qui ont béni, nourri, purifié, touché nos lèpres, lavé nos pieds sales ! Notre destinée est dans ses bras ouverts sur la croix. En sommes-nous conscients ? Il est le Maître de l’histoire du monde, de notre propre histoire, même quand elle semble nous dépasser. Le laisserons-nous prendre le gouvernail de nos vies déboussolées ? Dans la scène du vendredi saint, la douleur, la souffrance, l’angoisse de chacun de nous sont portées intégralement, sont dépassées, vaincues et transfigurées par la puissance de l’Amour de Celui qui meurt !  Dans cette scène, où sommes-nous ? Où est notre place ? Où se trouve l’Eglise ?

Nous pouvons nous demander où nous nous trouvons dans ce tableau, dans cette période pendant laquelle nous nous sentons fragiles, perdus, angoissés et terrorisés par la peur devant le mal, dont la Covid19 n’est qu’une manifestation ? Nous aimerions que Jésus porte sur nous son regard, que quelques gouttes d’eau et de sang jaillissant de son côté transpercé tombent sur nous pour nous laver, nous purifier, nous guérir, nous sortir de cette crise. La célébration de ce soir nous invite à supplier le Seigneur, à nous approcher davantage de sa croix ! Il verra ainsi, dans nos yeux cette angoisse qui nous terrorise, angoisse née des souffrances familiales, affectives, professionnelles, sanitaires que nous traversons actuellement. Si nous nous approchons de Jésus, sûrement qu’une goutte d’eau, de sang de son côté ouvert jaillira sur nous pour purifier et abreuver nos cœurs assoiffés de vie, de bonheur et d’amour !

Mettons-nous au pied de la croix, avec Marie, les saintes femmes et les Disciples bien-aimés pour pleurer le Seigneur présent dans nos douleurs et nos deuils. Jésus nous confie Marie comme Mère. Au pied de la croix, nous sommes tous devenus ses enfants. Jésus nous demande de prendre soin de Marie, mais en réalité, c’est elle, Marie notre Mère qui prend soin de nous. Quand nous pleurons, Marie pleure avec nous. Nous avons ici une icône de piété filiale. En nous mettant au pied de la croix avec Marie, nous naissons de nouveau pour devenir fils et filles de Marie, frères et sœurs du Seigneur présents au pied de la croix grâce à travers le disciple bien-aimé qui reçoit Marie comme Mère.

L’Eglise naît au pied de la croix avec Marie. Plus tard il y aura la Pentecôte, mais au pied de la croix, Marie, les saintes femmes et le disciple bien-aimé contemplent Jésus qui rend l’Esprit et son côté ouvert d’où jaillissent l’eau et le sang : la source de tous les sacrements, dont le premier est le baptême, à travers lesquels Jésus nous fait naître à la vie divine, la nourrit, en prend soin et lui fait porter des fruits en abondance si nous restons attachés sur lui comme le sarment sur la vigne.  Au pied de la croix, Marie devient la Mère de tous les nouveaux enfants, nés par la foi, nés du baptême, comme ceux qui seront baptisés ce dimanche de Pâques et qui s’entrainent dans l’art de l’écoute du Maître, l’art du lavement des pieds, c’est-à-dire du service dans l’Eglise et dans le monde.

L’Eglise est cette petite communauté de quelques personnes qui sont au pied de la croix, qui pleurent, souffrent avec Marie, Notre-Dame de Douleurs, mais sur qui tombent l’eau et le sang jaillissant du cœur transpercé de Jésus. Ce petit groupe conserve la promesse de la résurrection.   Ce groupe devra ensuite témoigner au monde qu’on ne peut pas tuer l’Amour. Ceux qui avaient condamné Jésus étaient sûrs d’avoir crucifié, mis à mort et enseveli l’Amour, mais ils se sont trompés car au matin de Pâques, l’Amour est sorti victorieux d’une tombe laissée vide.

En ce temps difficile que nous vivons, restons au pied de tout crucifié, de tous les crucifiés dont Jésus a porté la souffrance sur la croix. Faisons-le par des gestes et des paroles simples autour de nous ! Jésus est encore crucifié dans beaucoup de visages autour de nous ! Il suffit d’ouvrir nos yeux, nos oreilles, et surtout, notre cœur pour s’en apercevoir. Faisons-le en accueillant, avec les larmes de Pierre, nos propres blessures et nos cœurs transpercés. Allons-nous nous laisser déshabiller de notre orgueil par lequel nous cachons notre peur, notre angoisse de la mort ? Pourrons-nous permettre à notre Mère Marie, Notre-Dame des Douleurs, qui a recueilli Jésus dans ses bras, de nous prendre nous aussi sur ses genoux, pour pleurer sur nous, verser sur nous ses larmes remplies de tendresse maternelle, pour nous couvrir, comme Jésus, d’un suaire de tendresse et de miséricorde ? Elle nous obtiendra la grâce d’être des enfants nouveaux, ressuscités à la vie nouvelle avec Jésus au matin de Pâques. Restons avec Marie, en silence, pleurant nos misères, dépouillés de nous-mêmes, mais confiants dans l’Amour qui se livre sur la Croix, mais qui sortira vivant et victorieux du tombeau. Amen.

Homélie du Père Joseph du Vendredi Saint, année B (2021)2021-04-08T16:27:04+02:00

Homélie du Père Joseph du Jeudi Saint, année B (2021)

Nous célébrons ce soir les dernières heures d’un condamné à mort. C’est nous qui l’avons condamné à mort, et c’est pour nous qu’il a été condamné. En avons-nous conscience ? Il ne lui reste sa disposition de Jésus qu’une journée ensoleillée. Il est le Soleil d’en haut qui a rempli de la lumière de son cœur la vie de ces 12 lunes pâles et sans éclats que sont ses disciples.  La soirée est toute particulière : Jésus a décidé d’offrir un banquet à ses disciples ! Avant d’être suspendu sur le bois, de souffrir de cette soif insupportable sur la croix, soif pour laquelle on lui a donné à boire de l’eau vinaigrée, lui, Jésus a décidé de donner à boire et d’étancher véritablement la soif de ses amis.  Plus encore ! Avant que son doux visage soit lavé de sueur et des crachats humiliants, Jésus a décidé de laver les pieds de ceux qui, depuis trois ans, l’ont suivi. C’est à eux qu’il appartient ensuite, à partir de dimanche, c’est à dire après sa résurrection, de parcourir le monde entier pour raconter de quelle mort horrible est mort le Maître de la Vie !

Jésus désirait tellement célébrer ce banquet avec ses disciples.  Saint Luc nous décrit le désir de Jésus : « Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui. Il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » (Lc22, 14-15) Ardemment est l’adverbe de la flamme, une bombe prête à exploser ! La bombe qu’il s’agit ici est un Cœur débordant qui explose d’amour pour chacun de nous. Un dernier souper, une dernière Cène, particulière, avec au menu des petits pains ronds sans levain, des herbes amères, de l’eau chaude et du vin rouge ordinaire pas un grand cru ! En réalité, ce vin est le plus extraordinaire des grands crus car il va devenir le sang qui donne la vie éternelle. Tel est le menu ardemment désiré d’un condamné à mort.

Comme tout condamné à mort à la veille de son exécution, Jésus a droit qu’une petite grâce lui soit accordé un dernier plaisir, le dernier jour d’une vie qui n’a été qu’Amour ! Il a demandé quelque chose à ses disciples : « Tout le monde à table ! Tous assis autour d’une table !» Il fallait voir l’ambiance ! Les disciples sont tous muets, les visages graves de ce pressentiment que chacun avait peur de retrouver dans les yeux du voisin d’à côté ou d’en face. Ils savaient que Jésus les aimait, mais aucun parmi eux n’avait conscience à quel point il pouvait les aimer. Ce banquet fut débordant d’amour et d’émotions.

Ce soir-là, Jésus leur a réservé une autre surprise. Il leur a tendu un piège. Il leur fait un défi, pas pour les humilier, mais pour leur laisser un exemple.  Celui qui est venu d’en haut s’abaisse, à genoux aux pieds sales de ceux qui se battaient pour savoir qui parmi eux devait prendre la première place, eux qui étaient réticents au service, Jésus les défia par amour, en posant un geste que seul un esclave posait devant son Maître : « Jésus se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. »  Aucun disciple n’est oublié. Tous les pieds sont comptés ! Deux, quatre, six, huit, dix, dix-huit, vingt, vingt-et-deux… Vingt-quatre ! Non ! Même Judas a les pieds sales, lui aussi a parcouru les routes de la Galilée à la suite de Jésus.

Les yeux des 11 disciples sont fixés sur les pieds de cet ami antipathique ! Judas, le trésorier du groupe, sent le poids de tous ces regards fixés sur lui, sur ses pieds. Dans la vie, il est insupportable le poids de tous ces regards fixés sur toi, quand tu sais que tout le monde te regarde de travers, avec jugement, te rappelant ta propre honte pour cette chose horrible faute dont tu portes la culpabilité, ces regards inquisiteurs qui remuent le couteau dans cette plaie incurable que tu portes pour avoir fauté un jour ! Je ne vous demande pas d’avoir de la sympathie pour Judas. Je n’en ai pas non plus.  Mais imaginons cette culpabilité qui pèse sur sa conscience et dont il est prisonnier pour avoir été voir ceux qui vont condamner à mort son Seigneur.

Jésus observe la scène sans rien dire. Il continue son service en posant les mêmes gestes, avec la même intensité d’amour. D’abord de l’eau sur les pieds, ensuite la serviette pour les essuyer, et enfin, ce baiser sur chaque pied. Ce lavement les pieds avait choqué quelques bons catholiques quand le pape François était allé célébrer le jeudi saint dans la prison de Rome Regina Ceali, et qu’il avait lavé et embrassé les pieds des 12 prisonniers, parmi lesquels il y avait des femmes, et plus encore des quelques musulmans qui étaient aussi prisonniers.

Les 11 disciples pouvaient tolérer que soient lavés les pieds de Judas, mais ne comprennent cette folie de Jésus d’embrasser aussi les pieds du traitre. Mais, c’est là exactement la folie de l’Amour de Jésus. Qui que nous soyons, quoique nous ayons fait dans la vie, même au pire des criminels parmi nous, au lieu de nous jeter en pâture aux autres, au lieu de nous condamner, Jésus désire nous laver les pieds et les embrasser pour nous montrer son amour qui nous sauve et nous appelle à la conversion. Jésus ne désespère jamais de nous. Jusqu’à notre dernier souffle, il espère que nous puissions accueillir son amour qui sauve.

Après le lavement des pieds, Jésus se relève pour servir le repas. La recette de la cène repas n’est pas compliquée parce que l’amour vrai refuse les complications.  Jésus prend la miche de pain et le donne à ses disciples en disant : « Prenez, ceci est mon corps livré pour vous ! » Les disciples s’attendaient à ce que chacun reçoive directement sa petite part, mais ils se rendent compte que non seulement il se donne tout entier dans ce pain, mais aussi, il les invite au partage : « Prenez, mangez-en tous ! ». Ensuite, il leur donne du vin : « Prenez, buvez-en tous, ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ! ». Il est versé pas seulement pour vous, mais pour la multitude aussi !

Dans chaque eucharistie, c’est Jésus qui se donne tout entier à la communauté assemblée en l’invitant au partage. On ne peut recevoir l’eucharistie en ignorant son voisin, car nous formons un même corps, nous qui avons part au même pain. C’est cela la communion. Dans le pain, le corps livré, dans le vin, sang versé, nous contemplons l’abondance de l’amour de Dieu qui nous est donné chaque fois que nous participons à l’eucharistie, comme il nous a demandé de le refaire sans cesse : « Faites ceci en mémoire de moi ! » Dommage que les cœurs des disciples soient tellement petits, tellement étroits, incapables de recevoir une telle quantité, une telle qualité d’amour. Si nous savions ce qui nous est donné dans l’eucharistie, si nous nous rendions compte de ce qui se joue dans chaque messe, aucune raison ne nous empêcherait d’y prendre part.

En cette soirée au cours de laquelle les disciples ont vécu le lavement des pieds et la fraction du pain, nous assistons aussi à la première ordination presbytérale de l’histoire de l’Eglise. Au cours de la dernière Cène, nous recevons les 12 premiers prêtres de la Nouvelle Alliance donnés à l’humanité. Appelez-les abbé, don, père Pierre, Philippe, Jean, Jacques…et même père Judas Iscariote. Oui, lui aussi a été ordonné ce soir-là, et malgré sa trahison, lui aussi célèbre l’eucharistie et les sacrements pour les fidèles. A travers chaque prêtre qui célèbre, malgré ses fragilités, ses faiblesses, ses nombreux péchés, c’est toujours Jésus qui se donne.

N’oublions jamais qu’il y a un peu ou beaucoup de trahison dans le cœur de chacun d’entre nous, prêtres ou fidèles. Ça me fait bizarre quand un fidèle, veut que je lui donne le planning des célébrants sur notre ensemble paroissial parce qu’il veut éviter tel prêtre, je ne sais pour quelle raison, ou n’aller à la messe de tel autre prêtre seulement. Quand nous venons à la messe, nous ne venons pas à la rencontre de tel prêtre, mais du Christ qui nous invite, se livre et se donne à nous dans les sacrements, indépendamment de la figure du prêtre. L’Eglise nous dit que « quand Pierre baptise, c’est Jésus qui baptise, comme quand Judas baptise, c’est toujours Jésus qui baptise ». Mais tous les deux, Judas et Pierre ont chacun ses failles et ses fragilités.

Nous le voyons au cours de la Dernière Cène. A la fin de la soirée, Jésus est certainement très fatigué, il a mal au dos pour être resté longtemps à genoux laver, essuyer et embrasser les 24 pieds des disciples. Mais, à la fin, aucun parmi eux ne lui propose de lui laver les pieds à son tour !  Aussi, quand les disciples voient Judas Iscariote sortir, aucun parmi eux ne va le retenir pour le faire raisonner en lui disant : « Eh Judas, arrête !  Renonce à cette bêtise que tu comptes faire envie ! » Ils l’ont laissé aller à sa propre perte, comme ils ont abandonné Jésus le lendemain, par peur ou lâcheté.

Oui, nous sommes tous Judas, Pierre, avec nos pieds sales, nos trahisons et nos reniements quotidiens. Accepterons-nous de nous approcher du Seigneur qui nous lave, qui nous nourrit, qui nous conseille, en se servant de nos prêtres, avec leurs fragilités et leurs péchés. Alors, ce soir, en célébrant ensemble la dernière Cène, la messe dont fait mémoire et qu’actualise chaque messe célébrée par un prêtre, prions Dieu de veiller sur nos prêtres, qu’il nous donne de nombreux prêtres, de nombreux et saints prêtres, pasteurs selon le cœur de Jésus, le seul Bon et Grand prêtre qui nous sauve. Amen

Homélie du Père Joseph du Jeudi Saint, année B (2021)2021-04-08T16:26:36+02:00

Homélie du Père Joseph des Rameaux, année B (2021)

Nous sommes finalement arrivés au cœur de la foi chrétienne : la passion et la mort du Dieu toujours vivant ! Pendant 40 jours, nous sommes allés au désert pour y être tentés avec le Seigneur, ensuite sur le Tabor pour admirer la beauté de la transfiguration, le temple de Jérusalem pour rappeler qu’est une maison de prière et pas de trafic ni de commerce ! Nous avons été instruits par le dialogue entre Jésus et Nicodème. Ensuite, dimanche dernier nous nous sommes retrouvés parmi ces Grecs qui, exprimaient à Philippe leur désir de voir Jésus.

Nous entrons aujourd’hui dans cette grande semaine, appelée sainte, parce qu’elle est le coeur de la vie chrétienne. Nous accompagnons Jésus, dans les dernières heures de vie terrestre, pour lui demander la grâce de vivre pleinement et avec passion notre vie ici-bas. Nous suivrons Jésus, chaque jour de cette semaine, en nous plongeant cette ambiance faite de silence, de peur, de douleur et trahison. Il s’agit de jours d’angoisse pour Jésus ! Lui ouvrirons-nous enfin notre cœur ou bien, Jésus, le Fils de Dieu restera-t-il parmi les millions des crucifiés anonymesde l’histoire de l’humanité ? Jésus choisit de mourir et joue sa dernière carte ! On peut parler de la mort de Dieu. Arrêtons-nous cette semaine et admirons ce spectacle de la croix qu’il faut appeler « spectacle de l’Amour Infini ».

Le dimanche des Rameaux nous raconte une contradiction.  Une foule qui accueille Jésus de manière triomphale et enthousiaste. Elle crie « hosanna au fils de David ». Rameaux en mains, habits étendus à son passage, ils acclament le Roi. Mais cette même foule, vendredi soir, va crier « crucifie-le » La Passion du Seigneur est marquée par plusieurs contradictions. Pierre qui se dit être prêt à donner sa vie pour Jésus, mais qui se défile et le reniedevant les questions d’une simple servante.  Où sont les disciples ? Amis de Jésus, ils ont été avec lui nuit et jour pendant trois ans, mais, à ce moment crucial et éprouvant de la vie de Jésus, ils sont soit endormis poings fermés, soit, ils l’ont abandonné en prenant la fuite. Pas la peine de rappeler la trahison de Judas, l’un des douze qui le vend.

Quand nous lisons les récits de la Passion du Seigneur, ne cherchons pas les bons et les méchants. Cherchons plutôt à y trouver notre propre place, avec les côtés lumineux et obscurs de notre vie. Nous sommes ces disciples qui choisissons tantôt de rester à ses côtés, mais qui le trahissons alors qu’il a besoin de notre aide, parfois d’accord avec Pilate pour crucifier Jésus en dehors de Jérusalem, quand nous le jetons en dehors de nos vies par lâcheté ou par convenance personnelle. C’est seulement en accueillant ces contradictions que nous pouvons réellement vivre ces fêtes pascales pendant lesquelles nous célébrons la plus grande défaite, celle de la passion et de m mort de Dieu, mais défaite qui est devenue ensuite la plus grande victoire. Si nous acceptons de vivre ces contradictions, échecs, défaites et chutes avec Jésus, alors nous pouvons aussi célébrer la victoire à ses côtés : « Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons, si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons ! »

Le récit de la Passion selon saint Marc est celui qui conserve pratiquement à la lettre le récit primitif de la Passion tant aimé par les chrétiens de la communauté primitive de Jérusalem. Ce récit était tellement aimé et vénéré par la première génération des chrétiens que ces derniers le lisaient lors des assemblées pour que chaque nouveau chrétien soit mis devant la contemplation du vrai visage de Dieu révélé au Golgotha, un Dieu qui est Amour, qui accepte de souffrir par amour.

Saint Marc, à la différence des autres évangélistes, met en lumière les réactions très humaines de Jésus devant la mort.  Nous pouvons ainsi contempler Jésus qui a peur, qui est terrorisé ! Seul saint Marc mentionne que Jésus, dans le jardin des Oliviers, se rendant compte qu’on le cherchait pour le condamner à la mort, « commença à ressentir frayeur et angoisse, et dit « mon âme est triste à en mourir » Dans ce récit, Jésus ne dit rien quand Judas l’embrasse.

Dans ce récit de la Passion, Jésus est toujours en silence. Aux autorités religieuses qui lui demandent s’il est le messie et à Pilate qui veut savoir s’il est le roi, Jésus répond simplement par un : « oui je le suis », sans rien ajouter d’autre. Bref, un Jésus qui ne se rebelle pas devant les événements qu’il ne peut empêcher mais qui il lâche prise totalement pour permettre que les choses arrivent selon le projet du Père.

Dans ce récit, contemplons un personnage particulier : le centurion romain. Tout l’évangile de Marc cherche à répondre à question : qui est Jésus ? Quel est l’identité de Jésus ? La réponse nous est donnée dans la profession de foi d’un étranger, un païen, et non par la bouche d’un disciple. L’évangile nous dit : « Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » Le centurion nous indique en quoi consiste la foi chrétienne : reconnaitre le Fils de Dieu dans le visage crucifié de Jésus.

Si pendant le carême nous avons été acteurs et protagonistes par nos prières, nos sacrifices, nos pénitences, nos jeûnes….la cette semaine sainte nous rappelle que le seul protagoniste, le seul acteur que nous devons contempler, c’est Jésus. Pendant quarante jours nous nous sommes demandé « quoi faire pour le Seigneur », les célébrations de la semaine sainte nous invitent à contempler ce que Dieu est capable de faire pour nous :  accepter les humiliations et donner sa propre vie sur la croix par amour pour nous.

Peut-être, allons-nous nous retrouver au milieu de tous ces personnages qui entourent Jésus pendant sa passion, dans la diversité de leurs attitudes positives et négatives ? Allez-vous peut-être vous reconnaitre dans la personne de Pierre ou de Judas, le centurion romain ou ces femmes présentes au pied de la croix quand meurt Jésus. Chacun y trouvera sa place, avec ce que nous portons dans nos cœurs, ce que nous faisons autour de nous, de beau, de bon ou de mauvais, au quotidien, souvent ou de temps en temps.

Ce qui est arrivé à Jésus il y a plus de deux mille ans s’actualise encore aujourd’hui à travers chaque sacrifice eucharistique célébré. En effet, au cours de chaque messe, nous célébrons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, de ce Dieu fait homme par amour pour nous, qui souffre et livre son corps sur la croix par amour pour nous, mais qui triomphe de la mort parce qu’il a nous aimé jusqu’au bout. Que le Seigneur nous donne de vivre notre vie avec passion, passion amoureuse comme il nous a aimés, même quand nous traversons des épreuves, quand nous portons des croix en nous unissant chaque jour à Lui. Amen.

Homélie du Père Joseph des Rameaux, année B (2021)2021-03-26T17:21:18+01:00

Homélie du Père Joseph du V° dimanche de Carême, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Quand on regarde le fond du fond des choses, dans la vie, il y a qu’un seul combat à mener : celui entre la vie et la mort, entre vivre pleinement vivants ou alors vivre comme un mourant ou comme si l’on était déjà mort, et cela dès notre existence terrestre. Par notre manière de vivre, nous permettons que la vie soit contagieuse et se répande comme un bon virus positif, non pas comme la Covid19, mais d’une vie toujours victorieuse sur la mort sous toutes ses formes. Nous pouvons aussi permettre malheureusement que la mort se répandre dans chaque dimension de notre vie. On le voit dans ce contexte pandémique : des personnes qui, par leur courage, la foi, leur solidarité, le déploiement de la recherche scientifique, l’attention aux autres, en particulier aux plus démunis, les malades, les isolés, le respect aux mesures barrières…permettent que la vie soit toujours victorieuse. D’autres au contraire, par certaines attitudes et idéologie négatives, entretiennent une culture de la mort et lui donnent raison sur la vie.

Chers catéchumènes, depuis le début du carême, nous avons contemplé les grâces du désert avec les tentations du Seigneur ! Nous pouvons vaincre nos tentations de ce monde ! Comme nous, le Seigneur a été éprouvé mais il s’en est sorti. De même, dans notre vie, quand nous sommes accablés par toute forme d’épreuve, s’en remettre et contempler Jésus victorieux des tentations au désert nous permet de sortir plus vivants et vainqueurs de nos épreuves. Nous avons contemplé aussi la joie d’une vie transfigurée par le Seigneur comme sur le Tabor, avec Pierre, Jacques et Jean : Jésus nous dit qu’il peut changer et transfigurer nos vies si nous le laissons prendre réellement place en nous.  Nous avons vu les bienfaits d’une vie assoiffée de Dieu comme la Samaritaine au bord du puits de Jacob : seul Jésus comble no soifs les plus profondes ! Il est la Source d’Eau Vive qui ne tarit jamais. Dimanche dernier, c’était la contemplation d’une vie lumineuse, libérée des ténèbres comme l’aveugle-né… ! Jésus fait de nous des créatures nouvelles grâce à la lumière de la foi.

Tous ces passages de l’évangile depuis le début du Carême nous invitent à réfléchir sur nos choix : choisissons-nous de vivre pleinement ou de mourir un peu plus chaque jour ? Un chrétien ne peut vivoter, comme nous le faisons, surtout quand viennent les épreuves, quand nous faisons face à nos fragilités, nos limites, les jugements et le sens de culpabilité imposés de l’extérieur. On l’a vu avec la Samaritaine écrasée par ces regards inquisiteurs qui la condamnaient ou l’aveugle-né vivant enfermé dans son handicap. Jésus nous appelle à prendre en main notre vie et nous libère pour vivre d’une façon plus vivante malgré nos épreuves.

Ce dimanche de votre troisième scrutin, Jésus est confronté à l’épreuve de la mort. Cet événement malheureux devient pour lui l’occasion de manifester son amour pour son ami Lazare, et pour ses sœurs Marthe et Marie ! Oui, l’amitié manifestée à ceux qui sont éprouvés par le deuil est la manifestation que la vie est plus forte, que l’amour sera toujours plus fort que la mort, que l’amour véritable est capable de faire des choses inimaginables, comme redonner la vie à quelqu’un qui est mort, ou redonner envie de vivre à quelqu’un qui pensait, à cause des épreuves, que sa vie n’avait plus de sens. C’est ce que Jésus nous apprend aux côtés de Marthe et Marie, de cette foule dans laquelle il y a des gens sincères et d’autres simplement curieux ou prêts à le dénoncer pour le condamner à mort.

En ressuscitant Lazare, Jésus signe sa condamnation à mort. Cela se passe à Béthanie. Etymologiquement, Béthanie, c’est la maison des « dattes non-mûres », la « maison du pauvre », « maison de l’affligé ». C’est dans ce village que vivent Lazare, Marthe et Marie, amis de Jésus. On lui a annoncé la mort de son ami Lazare. Marthe et Marie, malgré leur foi sont comme désespérées. Quand Jésus arrive, c’est Marthe qui sort la première pour venir à sa rencontre. Marthe est toujours agissante, toujours active, comme lorsque Jésus était venu encore manger dans leur la maison ! Marthe aime se mettre au service et aller à la rencontre des autres.  Lorsqu’elle rencontre Jésus, Marthe fait une profession de foi qui sonne cependant comme un reproche : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! » Ce n’est pas vrai ! Même si Jésus avait été présent, il n’aurait pas empêché la mort de Lazare. Ce n’est pas parce que Jésus est présent dans notre vie, et qu’il est notre ami que nous sommes épargnés et vaccinés contre la mort, la souffrance, les épreuves de la vie. Jésus lui-même n’a pas fui devant les épreuves, la douleur et la mort. Être chrétien n’est pas un vaccin contre les épreuves. Il est donc normal cependant presque instinctif de penser que Jésus doit nous protéger, nous sauver. Evidemment qu’il le fait, mais pas toujours comme nous le pensions, pas comme nous le voulions.

A travers Marthe, Jésus nous invite à croire en lui, même au cœur de nos épreuves.  Croire que sa résurrection comble, remplit et traverse déjà notre vie, qu’elle donne sens et joie à la vie présente. Marthe fait confiance. Elle essaye de comprendre même si elle ne voit pas comment cela peut bien se faire. Malgré qu’elle ne comprenne pas bien, Marthe est déjà missionnaire auprès de sa sœur Marie qu’elle va chercher ! « Marie, le Maître est là et il te cherche ! »  Même si nous ne comprenons pas tout de la foi chrétienne et que nous portons en nous des questions non résolues, Jésus nous envoie en mission comme Marthe qui va annoncer à sa sœur que Jésus est là, présent, dans nos vies éprouvées. Marthe nous encourage aussi à aller, comme elle, à la rencontre de Jésus pour lui présenter nos cœurs parfois blessés par de nombreuses douleurs.

A l’appel de Marthe, Marie se lève, et avec elle, tous les voisins, amis et parents en deuil. La même scène se répète, une profession de foi mêlée à un doux reproche, comme l’avait fait Marthe : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! » Jésus est émue et craque de tristesse !  Jésus fond en larmes. Cet évangile a libéré mon cœur des nœuds de ma culture où on m’avait toujours dit qu’un homme doit encaisser les coups, mais ne pleure jamais. Comment ne pas pleurer, de joie comme de tristesse, alors que notre Seigneur a pleuré lui aussi ? Le Dieu en qui vous serez baptisés n’est pas impassible. Il pleure de nos douleurs et se réjouit de nos joies. Il a un cœur de chair, des tripes, et non un cœur de pierre comme les juifs qui persécutaient l’aveugle-né au lieu de se réjouir avec lui.

Jésus pleure de tristesse devant la mort de son ami Lazare. « Où l’avez-vous déposé ? » « Viens et tu verras », lui disent les gens. Trois ans auparavant, aux deux disciples de Jean-Baptiste qui lui avaient demandé « Maitre où demeures-tu », Jésus avait donné cette même réponse. Venez et vous verrez ! Ils le suivirent et virent qu’il était Dieu. A Béthanie, c’est Dieu qui voit où est la mort, et devant elle, pose un choix : celui pour la vie.

« Lazare, viens dehors ! » Jésus ressuscite la Lazare, mais il sait que ce signe accompli à Béthanie marque sa propre fin. Dans l’assistance, certains iront le dénoncer. Il accepte sa condamnation à mort et donne sa vie pour redonner vie à Lazare. C’est cela la foi chrétienne : accepter que Jésus nous sauve de la mort éternelle en donnant sa vie pour nous sur la croix.

Après avoir ressuscité Lazare, Jésus reprend son chemin vers Jérusalem où il va affronter l’épreuve de la mort par amour nous. Cependant, parce qu’il nous a aimés jusqu’au bout, il triomphera de la mort par sa résurrection. C’est cela le baptême : être plongé dans la mort avec Jésus pour ressusciter avec lui. Après sa résurrection, Lazare est mort de nouveau, je ne sais quand ! Mais pour nous, baptisés dans la mort avec le Christ, la mort n’a plus aucun pouvoir sur nous car nous sommes plongés avec Jésus dans la vie éternelle. C’est pour cela que Jésus nous invite, dès ici-bas, en raison de sa résurrection, à vivre pleinement, et à dépenser et donner notre vie pour les autres, car il n’y pas de plus grand amour que de donner sa vie pour les gens qu’on aime !

Homélie du Père Joseph du V° dimanche de Carême, année B (2021)2021-03-20T22:24:51+01:00

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de Carême, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs, chers amis appelés au baptême.

Il y a des jours ou des périodes de notre vie où nous sommes presque plongés dans la nuit. Je ne parle pas de cette nuit arrive avec le couvre-feu, après une journée de travail, nuit qui peut être intense, douce, reposante avec les anges qui nous bercent ! Je parle ici de la nuit intérieure de l’esprit, celle de l’âme, de la conscience. Un état dans lequel les ténèbres obscurcissent nos choix, nos décisions, notre parcours de vie. C’est la nuit qui arrive à travers une épreuve, une maladie, un deuil, un échec, une erreur…. Nous pouvons alors faire semblant, faire comme si tout allait bien… mais les gens finissent par s’en apercevoir. Dans un monde des ténèbres et d’obscurité, on s’habitue rapidement à l’absence de la lumière. Combien des gens aujourd’hui sont dans la nuit de l’âme sans en avoir conscience, parce qu’ils ne savent plus ce que veut dire voir et vivre dans la lumière.

Ce dimanche et votre scrutin est une étape importante dans ce temps de purification, de conversion, de retour à l’essentiel, de vivification qu’est le carême. Vous êtes sur le chemin qui vous conduit au baptême (c’est bientôt). Pour nous autres baptisés récents ou de depuis très longtemps, votre cheminement nous invite à redécouvrir la grandeur de notre baptême (« France, fille ainée de l’Eglise, qu’as-tu fait de ton baptême ? » est la grande question que Jean Paul II avait posé aux Français !)  L’Evangile d’aujourd’hui nous parle de l’illumination. Nous sommes assoiffés et le Christ est l’Eau vive comme nous l’avons vue dimanche dernier lors du premier scrutin avec la Samaritaine. Aujourd’hui, pour le deuxième scrutin, l’évangile nous rappelle que nous sommes tous un peu, beaucoup des aveugles, aveuglés par les ténèbres de nos péchés, par le monde, mais que le Christ est notre Lumière comme nous le chanterons en allumant le cierge pascal dans quelques jours !

A travers l’épisode de l’aveugle-né, saint Jean tente de nous décrire en quoi consiste la conversion, l’accueil de l’Evangile, la rencontre avec Jésus dans notre vie : c’est une réelle et vraie illumination. C’est comme celui qui est dans une chambre obscure depuis toute une vie, et d’un coup, à l’improviste, quelqu’un défonce la porte de cette chambre ou de la cave où l’on était prisonnier pour laisser entrer la lumière. Pensez à un otage des djihadistes, enfermé dans un bunker, dans une cave, et qui, sans s’y attendre, est libéré par les GIGN ou les Forces Spéciales ! Imaginez-vous le contraste ! L’otage est ébloui par cette lumière qui lui change la vie et lui fait voir les choses différemment.

C’est l’expérience que fait de l’aveugle-né : mendiant, jugé pécheur, lui et ses parents, dans la logique sans pitié de ceux qui le regardaient. Cet homme est habitué à vivre et à composer avec les ténèbres, le jugement et les critiques des autres ! C’est comme nous aussi, quand nous sommes suspendus aux paroles, critiques et remarquesdes autres, en faisant toujours attention à nous à avoir le look, l’image et à nous comporter comme voudraient les autres parce que nous voulons mériter leur attention, leur respect, leur approbation. Chrétiens catholiques, nous n’en sommes pas épargnés.

Heureusement que Jésus passe et remarque cet aveugle-né auquel personne ne prêtait plus attention. Comme avec David pris au milieu de sens frères les plus beaux, Dieu ne regarde pas ce que à quoi nous humains mettons l’accent. Jésus voit le cœur et voit au-delà des apparences.  Ensuite, Jésus commence une liturgie des gestes simples et primitifs : « il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. » Heureusement qu’il n’y avait pas la Covid à ce moment-là ! Imaginez aujourd’hui que je vous touche avec mes doigts dont j’ai mouillé avec ma propre salive ! Vous auriez déjà appelé l’ARS d’Occitanie je crois !

Ces gestes sont signes du baptême qui purifie. L’illumination, la conversion advient progressivement, mais elle a commencé d’abord par une rencontre. L’être humain est aveugle, mais Dieu nous voit, où que nous soyons, qui que nous soyons et il veut nous rencontrer. Quand Dieu nous voit, comme quand Jésus a vu Zachée caché dans un arbre, comme il a vu le publicain Mathieu penché à son bureau de collecteur d’impôts, comme quand il vu Saul, devenu Paul sur le chemin de Damas… cela provoque un changement radical dans notre vie, une inexorable et puissante conversion, tellement puissante que les gens autour risquent de ne plus nous reconnaitre, comme ces gens qui ne reconnaissent plus cet homme qui était pourtant à cet endroit chaque jour pour mendier. Lorsque nous devenons disciples et amis de Jésus, inexorablement, nous ne sommes plus le même qu’avant, méconnaissable pour certains, parfois même pour les plus proches. Parfois nous-mêmes ne nous reconnaissons plus, tellement notre vie a pris une autre signification ! J’ai déjà entendu des gens dire : « je m’étonne moi-même de celui ou celle que je suis devenu depuis le jour de ma conversion ! »

Et pourtant, au lieu de danser, de rendre grâce, de se réjouir pour ce qui est arrivé à l’aveugle-né, les purs ou puritains de la Loi ont des objections.  Devenus insensibles aux émotions et sentiments positifs, leurs cœurs sont devenus durs comme des pierres. Ils se sont octroyé le rôle des défenseurs de Dieu, comme si Dieu avait besoin qu’on le défende. Alors ils enquêtent, interrogent, demandent et menacent ! Pour avoir fait ce miracle le jour du sabbat, Jésus est un imposteur, un pécheur qui transgresse la Loi de Moïse qui interdit travailler le jour du sabbat. Or, il est impossible qu’un imposteur, un pécheur fasse un miracle. Conclusion logique, ce miracle n’a pas eu lieu et cette guérison est bien un coup monté, un mensonge.

Ces juifs, pharisiens et docteurs de la Loi ont enfermé Dieu dans une logique absurde et sans cœur.  Ne sommes-nous pas parfois comme eux quand nous refusons que Dieu ait de la fantaisie, quand Dieu agit avec humour et pas toujours selon nos normes ? Autour de l’aveugle-né, la guerre est dure, et au milieu, il y a la plus terrible des armes de destruction massive : le sens de culpabilité.  Un aveugle-né, un handicap de naissance, est pour eux la conséquence pour eux de la faute quelqu’un. Si ce n’est pas lui, cela doit être la faute des parents qui, dévorés et nourris de sens de culpabilité depuis des décennies, sont terrorisés au point de ne pas prendre la défense de leur propre fils ! Imaginez un enfant abandonné même par ses propres parents à cause de la peur.  La querelle est dure, les questions fusent, toutes philosophico-théologiques et compliquées les unes que les autres sur l’origine du mal. Dieu n’entre pas dans ce jeu ! Il n’est pas l’auteur du mal et ne veut trouver aucun responsable coupable ! Le seul désir de Dieu est seulement faire une création nouvelle, faire de l’aveugle-né une nouvelle création !

Entre-temps, Jésus a disparu. Il laisse grandir l’aveugle-né qui maintenant y voit très bien et est déjà personne nouvelle. Non plus la victime du sens de culpabilité, mais un homme nouveau, libre, vivant, debout, et capable de se défendre, d’argumenter. Lisez la Bible, lisez la Loi de Moïse, je vous prie ! Il argumente et se met au même niveau que les docteurs de la Loi, répond, presque en se moquant d’ailleurs ! « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » Eux qui croient de tout savoir ne savent même pas expliquer comment un pécheur peut guérir un aveugle ! Alors, qui est vraiment aveugle dans cet épisode ? Ce sont bien ceux qui ne veulent pas quitter leur logique absurde malgré toutes les explications et les faits. Dans la vie parfois, devant les résistances de quelqu’un qui est aveuglé qui ne veut pas comprendre, tellement bourré par une idéologie, il vaut mieux ne pas discuter pour ne pas se torturer la tête et le coeur !

A la fin, on voit bien que c’est l’aveugle qui est libre et dans la lumière pendant que les autres restent fermés dans les ténèbres de leur logique. A présent, ayant retrouvé la vue, l’aveugle guéri a tous les éléments pour comprendre. Il est libre, il y voit, n’est plus opprimé par le jugement des autres, surtout ce ceux qui se considéraient pieux et gardiens d’une religion pure. Le Seigneur nous rejoint toujours. Il prend l’initiative, nous suit…si nous le désirons vraiment. Il nous donne sa lumière et nous libère de nos aveuglements. Mon frère, ma sœur qui te prépares au baptême, toi qui es baptisé depuis bien longtemps, de quels aveuglements veux-tu être libéré par Jésus ? Il est notre Lumière qui brise les ténèbres du mal et de la Mort au matin de Pâques ? Présente-lui ta vie avec tes handicaps, tes aveuglements pour qu’il te libère et te donne sa lumière. Amen.

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de Carême, année B (2021)2021-03-14T13:57:10+01:00

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de Carême, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

La Parole de Dieu, l’Eglise et la liturgie nous rappellent que le Carême est un temps de désert et de solitude. Cette année, cela tombe très mal car nous en avons tous un peu marre de la solitude, de cette solitude imposée par la Covid19 depuis plus et d’autres solitudes négatives. La solitude de nos personnes âgées dans leurs maisons de retraite ou leur appartement, des malades dans leurs lits d’hôpital, solitude d’être coupé de ses collègues de boulot à cause du confinement ou du télétravail, solitude pesante de tous ces jeunes étudiants qui dépriment parce que coupés socialement, obligés à suivre les cours derrière un écran… et toute cette solitude qui était déjà, avant le Covid19 la grande pauvreté de nos sociétés occidentales. Cette solitude-là est négative, pesante et mortifère. Nous aimerions tellement en être libérés.

Cependant, il y a un autre désert, une solitude positive. Quand nous nous retrouvons, pour l’avoir choisi, voulu et désiré, tout seul, en silence, loin de la foule, des bruits, de nos portables et tablettes. Ce désert intérieur positif nous permet de nous poser et méditer, prier et réfléchir, dans un monastère, une église, dans la nature ou dans notre maison. Cette solitude-là est une occasion favorable pour regarder notre vie en vérité, nous interroger sur qui nous sommes, sur le sens de notre vie, de notre profession, sur notre vocation dans le monde et dans l’histoire de l’humanité. Elle nous permet aussi d’écouter Dieu, de lui poser des questions, de le laisser se révéler à nous, de découvrir quelle place Dieu a réellement dans notre vie.

J’espère que pendant ce temps de Carême, chacun de nous prendra un peu de temps de solitude, de désert pour se poser certaines questions essentielles. Quelle est place dans l’histoire ? Suis-je un petit détail de rien du tout, une présence inutile, perdu au milieu de plus de plus 7 milliards d’individus « hyperconnectés », mais parfois déconnectés des uns des autres sur notre planète…? Quelle valeur peut avoir ma petite vie personnelle quand je me rends compte qu’elle dépend des décisions politiques et économiques qui me dépassent. J’ai pris personnellement conscience que je ne suis pas indispensable, que je peux disparaitre à tout moment, tomber malade, choper ce fichu virus, sans que cela affecte la marche normale du monde et de l’histoire….

Dans sa solitude et son désert, Abraham a trouvé sa vocation en découvrant, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, que Dieu est l’Absolu à qui il doit tout sacrifier, fut-ce notre enfant unique Isaac. Pour nous aujourd’hui, l’idée même de sacrifier notre enfant à Dieu est abominable, mais tous les peuples voisins d’Israël, païens et polythéistes, faisaient des sacrifices humains pour faire plaisir à leurs dieux. Abraham pense aussi la même chose de son Dieu mais il se trompe car notre Dieu n’est semblable aux dieux païens.  Dieu nous dit dans la première lecture qu’il n’a pas besoin de sacrifier notre vie, qu’il a horreur des sacrifices humains. Au lieu de sacrifier notre vie, Dieu sacrifie sa propre vie pour sauver la nôtre. C’est un sévère avertissement pour nous : le Dieu d’Abraham déteste ceux qui tuent, et plus encore ceux qui tuent en son nom. Aujourd’hui encore, il y en a qui pensent que Dieu nous demande des sacrifices insupportables. Nous nous trompons. C’est important de le souligner au cœur du carême : le Seigneur Jésus n’a pas plaisir et n’a pas besoin de nos sacrifices !  Comme nous le dit le psalmiste, le sacrifice qui plait à Dieu est un esprit brisé, un cœur contrit, conscient de ses péchés pour accepter d’être sauvé par Dieu.

Comme Abraham qui se trompait sur l’identité de Dieu, les apôtres prétendaient aussi connaître Jésus, mais ils se trompaient sur qui il était vraiment ! Pour eux, avant la transfiguration, Jésus était celui qui faisait des miracles, nourrissait les foules, enseignait avec autorité, faisait marcher les boiteux, purifiait les lépreux…. bref, un Jésus que nous aimons bien parce qu’il répond présent à nos appels, il comble nos désirs et nos demandes, mais un Jésus dont on peut facilement se passer quand on a rien à lui demander, comme on oublie un ballet dans un placard jusqu’à ce que vienne le jour du ménage….Nous pouvons être disciples depuis toujours, suivre Jésus comme, prêtres, religieuses, laïcs engagés dans l’Eglise…sans connaitre le vraiment. Ce dimanche, Jésus nous invite à monter avec lui sur le Tabor, pour entendre son Père nous révéler son identité profonde.

Sur le mont Tabor, les disciples contemplent la beauté de Jésus, entouré de Moïse et Elie, c’est-à-dire, la Loi et les prophètes autour de lui, et la voix du Père révélant son identité : il est le Messie : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Pierre veut construire trois tentes mais, Elie et Moïse ont disparu. Jésus demande à ses disciples de quitter la montagne de la transfiguration car il doit monter sur une autre montagne qui se présenter devant Lui.

Cette nouvelle montagne s’appelle le Calvaire ou Golgota, couverte des pierres que les Romains utilisaient pour crucifier les condamnés à mort. Avec Pierre, Jacques et Jean, nous réalisons que dans la vie chrétienne, il n’y a pas de Tabor sans le Golgota, et inversement, il n’y a pas de Golgota sans Tabor. Dans la vie, la joie, la beauté, le bonheur demandent à un peu de travail, des efforts, des sacrifices. De même, toute douleur, toute souffrance portée avec amour comme Jésus au Calvaire conduit à la vraie lumière de la Résurrection, car le récit de la transfiguration anticipe la gloire de la résurrection ! Jésus transfigure et donne sens à nos vies, Il les rend belles et éclatantes même quand elles paraissent comme des petits détails inutiles aux yeux du monde. Pour cela, nous devons choisir parfois la solitude et le silence du Tabor avec Jésus pour voir ces transfigurations quotidiennes, (parfois tellement simples) qu’il nous donne de contempler, de gouter dans nos vies, tellement petites mais combien merveilleuses et belles aux ses yeux de Dieu, même si parfois nos vies sont lourdes, douloureuses et éprouvantes comme au Calvaire.

Seul le Fils Bien-Aimé du Père nous redit que chacun de nous est un enfant bien-aimé du Père quand nous nous s’enracinons dans son Cœur transpercé, quand nous écoutons sa Parole, comme nous y invite le Père : « celui-ci est min fils bien-aimé, écoutez-le !). Jésus nous révèle notre vocation et notre identité profonde, nous indique ce à quoi le Père nous appelle personnellement au milieu de ces milliards d’êtres humains vivant sur cette planète qui a besoin d’être sauvegardée. Pour Jésus, ma petite vie n’est pas un détail, un point perdu de l’histoire du monde. Grâce et par son Fils Unique Jésus, le Père appelle chacun de nous par son prénom et me dit que je suis unique à ses yeux, que j’ai une valeur infinie pour lui ! Dans et par le baptême, chacun de nous devient le préféré, l’enfant bien-aimé du Père.

Cette conscience d’être infiniment aimé de Dieu, quoiqu’il arrive, nous guérit de l’angoisse existentielle et de la tentation de penser que notre vie ne vaut rien ! Pour le Seigneur, personne ne pourra prendre ma place, car je suis irremplaçable et unique à ses yeux. Cela veut dire que je dois prendre ma vie au sérieux et l’enraciner dans le Cœur Sacré de Jésus. Lorsque Jésus est au centre de notre vie, quand nous sommes présents à Lui, parce que Lui est toujours présent à nous, alors nous découvrirons que nos vies, sont belles ont de la valeur et que la vie est tellement belle malgré nos fragilités, nos failles et nos calvaires.

Disciples du Christ transfiguré sur le Tabor, à la suite de Pierre, Jacques et Jean, le temps du carême nous invite à vivre en beauté les relations qui nous unissent en nous appuyant sur Jésus qui veut nous transfigurer chaque jour. Témoignons, en toute simplicité mais en vérité que Jésus comble et donne sens à notre vie. Alors, comme le dit Emmanuel Mounier, ce grand philosophe chrétien et Français, nous vivrons un tragique optimisme : tragique parce que le temps sont difficiles et que notre vie est parfois éprouvante ( c’est le cas de le dire avec ce que nous vivons depuis un an !), mais toujours optimistes parce que nous savons fermement que Jésus est la beauté, le Visage du Père et qu’Il rend belle chacune de nos vies, parce qu’Il nous a aimés jusqu’au bout, en donnant totalement sa vie afin qu’elle transfigure et resplendisse dans celle de chacun de nous. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de Carême, année B (2021)2021-03-01T20:14:52+01:00

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de Carême, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

En ce premier dimanche de Carême où la liturgie de la Parole, et plus particulièrement l’Evangile nous parle des tentations, je voudrais vous faire une confidence en vous parlant de certaines de mes propres tentations. Oui, dans ma vie quotidienne, je me bats sans cesse contre certaines tentations. Attention, je ne vais pas vus déballer toutes mes tentations ! La litanie serait très longue, comme ces amis qui me disent que pour les confesser, je dois prendre toute une journée, tellement ils ont péché et ça fait tellement longtemps qu’ils ne se sont pas confessés ! Pour faire court, je vous parlerai seulement d’une seule de ces tentations contre lesquelles je dois me battre très régulièrement. Si vous êtes honnêtes, vous savez que vous avez tous une grande tentation que vous devez trainer comme un boulet dans votre vie quotidienne :« Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » avait dit Jésus aux bourreaux de la femme adultère ! Et vous, que celui qui n’a jamais eu ou n’a pas de tentation soit le premier à me jeter la première pierre…!

Certains parmi vous s’attendent déjà à la bombe de l’année ! Quel va être le scoop de Carême ! Qu’est-ce que le père Joseph va nous sortir !!! Quel scandale qui risque de nous éclabousser et blesser une Eglise déjà défigurée par les péchés de ses enfants, de ses ministres ?  En effet, cette tentation dont je souffre va vous éclabousser vous aussi ! La grande tentation, dont je souffre régulièrement, prêtre de mon état, c’est celle vouloir choisir dans la Parole de Dieu seulement ce qui me convient. C’est tellement gros que j’en ai fait l’amère expérience ce weekend quand j’ai commencé à préparer l’homélie de ce dimanche.

En effet, en prenant mon Missel de dimanche, pour la préparation, je savais déjà, par expérience de quelques années de ministère, que chaque année, le premier dimanche du Carême nous donne de contempler les tentations de Jésus au désert. Mais quand j’ai ouvert la Parole de Dieu, j’ai remarqué que certains détails importants que je connaissais par cœur et auxquels je tiens beaucoup ne se trouvaient pas dans l’évangile de Marc qui nous accompagne pendant cette année B, cet évangile tellement bref qu’il ne donne pas beaucoup de détails. Et pourtant, j’aime les détails dans la Parole de Dieu, et ne pas retrouver ces détails auxquels je tiens m’a un peu déstabilisé…. Le Seigneur me rappelle là qu’il faut que je lâche prise pour le laisser parler Lui, car dans la Bible, c’est Dieu qui nous parle, comme il veut, comme cela lui convient, pour notre bien, même si nous sommes parfois tentés de faire le tri dans la Bible pour ne retenir que ce qui nous convient et va dans notre sens.

Les trois évangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc) nous parlent tous des tentations de Jésus dans le désert, quand il y est emporté par l’Esprit après son baptême. Nous connaissons par cœur les détails donnés par saints Luc et Matthieu. Mais saint Marc a oublié de donner ces détails ! Certains ont accusé Marc d’être paresseux ou de vouloir aller trop vite ! Au lieu de nous expliquer les choses, il nous donne un résumé minimal : dans son évangile, toutes les tentations de Jésus au désert sont résumées en un seul verset « Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan ! »   Rien sur le contenu des tentations !

Quel contraste avec Luc et Matthieu ! Ceux-ci nous font une véritable mise en scène.  On dirait même qu’ils voudraient nous faire vivre le film sur les tentations, avec une mise en scène comme la comédie musicale de Pascal Obispo « Jésus, de Nazareth à Jérusalem » à laquelle j’ai eu la joie, invité par des paroissiens, il y a quelques années, au Zénith de Toulouse. Chez saints Luc et Matthieu, nous trouvons de très beaux détails qui nourrissent notre imaginaire, détails qui nous émeuvent et nous parlent. Le dialogue entre Jésus et Satan, ce Diable convaincant, pertinent, fin connaisseur des Ecritures, meilleur que tous ces prêtres et ces cathos qui ne retiennent rien de la Parole de Dieu seulement parce que nous ne la lisons pas suffisamment !

Eh oui, c’est dramatique et triste, mais c’est la réalité : les enquêtes prouvent que par rapport aux autres confessions chrétiennes, et les protestants en particuliers, les fidèles catholiques sont ceux qui lisent le moins la Parole de Dieu. Bref, saints Luc et Matthieu nous présentent une scène dramatique, des éléments et détails scénographiques spatio-temporels qui ne laissent pas indifférents : d’abord le désert, puis le haut du temple de Jérusalem, puis au sommet d’une montagne, avec toute leur symbolique dans la Bible. Et puis, la défaite de Satan, avec la promesse de revenir encore le moment venu, plus armé et plus convaincant pour faire sa revanche… au Jardin de Gethsémani.

Dans la discussion entre Jésus et Satan, Luc et Matthieu nous soulignent cette connaissance impressionnante de la Parole de Dieu par cœur, par Satan, et la résistance de Jésus qui puise ses réponses lui aussi dans la Parole de Dieu. Ces deux textes nous laissent des versets qui sont restés comme des slogans, de devises, tels quel, « l’homme de vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu », « Jette toi car il est écrit que Dieu enverra ses anges qui te porteront sur leurs mains de peur que ton pied ne heurte une pierre » « Tu ne mettras pas à l’épreuve le seigneur ton Dieu. » Tout ceci est absent de l’évangile selon saint Marc que nous venons d’écouter en ce premier dimanche de Carême de l’année B. D’où la tentation très forte de penser, comme il m’est souvent arrivé, que le récit raconté par saint Marc nous dit et nous apprend très peu de choses sur Jésus et les tentations qu’il a affrontées au désert et dans sa vie, tentations que nous devons affronter, nous aussi, dans notre quotidien.

Telle est la grande tentation que je dois combattre avec vous : celle de penser que certains passages de la Bible sont peu utiles, très peu intéressants et moins incisifs. Du coup, nous sommes parfois tentés d’aller chercher des récits à notre image et à notre ressemblance, ceux qui nous conviennent et qui nous font plaisir. Je me rappelle encore en automne d’une réunion que nous avions entre Cléophas, aumôniers et responsables des Scouts et Guides de France de plusieurs Territoires de France, en Visio sur Zoom pour parler de conversion écologique ou d’écologie intégrale dans le mouvement. Au cours de la réunion quelqu’un, de Haut de France, prend la parole (Dieu merci je ne connais pas) dit qu’il fallait bruler la Bible, et en particulier l’Ancien Testament car la Bible est contre l’écologie, d’après lui. Imaginez-vous le choc ! Il fallait se maîtriser pour ne pas montrer ma colère ! Nous étions tous choqués ! Ou bien ce monsieur ne lisait pas bien la Bible, ou bien pour lui l’écologie est simplement une idéologie. Il s’est rendu compte de l’énormité de ses propos qu’il a quitté la réunion sans dire au revoir. C’est tellement facile derrière un écran !

Bref, quand on prend la Parole de Dieu, on s’adresse parfois à Dieu comme à sa secrétaire en lui demandant un texte à relire, à valider, à corriger avant de l’expédier… mais avec la forme et le fond que nous avons presque décidés au préalable… Je me rappelle d’une préparation de la veillée pascale dans une paroisse où une dame de l’équipe liturgique voulait enlever la lecture du livre de l’Exode relatant la « traversée de la Mer Rouge » parce que ce texte lui paraissait trop violent, aux antipodes de l’image qu’il se faisait de Dieu !

Cette tentation de faire le tri dans la Parole de Dieu est l’une que nous sommes appelés à combattre pendant ce temps de Carême où l’Eglise nous appelle à accueillir la Parole de Dieu telle qu’elle nous est donnée chaque jour ! Ce n’est pas nous qui la choisissons. Elle n’est pas à notre mesure, ni à notre image. Par et à travers elle, c’est Dieu lui-même qui nous parle et qui nous appelle à la conversion. Je vous propose, par exemple, en ce temps de Carême, comme le fait déjà un paroissien qui s’en est ouverte à moi, à prendre les 4 évangiles pour en faire une lecture continue, en nous arrêtant un peu plus sur les pages les plus ardues, les plus difficiles, celles qui nous semblent les plus déplaisantes et plus dures à méditer…. Le Carême nous invite à écouter ce que Dieu nous dit, même si cela ne nous fait pas plaisir et ne nous convient pas. Luttons contre la tentation de « nous faire un Dieu à notre image et à notre ressemblance », un Dieu que nous maîtrisons et que nous arrivons à contrôler, à mettre à notre service.

En ce temps de Carême où nous sommes appelés à lutter contre toutes les formes des tentations, luttons contre celles qui nous poussent à utiliser Dieu à nos fins humaines et égoïstes pour lui imposer notre domination. Luttons contre celle de nous approprier la Parole de Dieu et de ne l’écouter que quand elle nous convient sans nous heurter, quand elle ne nous trouble pas, quand elle ne nous appelle pas à la conversion, quand elle ne brime pas nos penchants mauvais, quand elle ne recadre pas notre orgueil, notre toute-puissance et notre besoin d’indépendance vis-à-vis de Dieu et des autres. En ce temps de Carême, je recommande à prière de toute la communauté paroissiale pour les 90 catéchumènes du diocèse de Toulouse, dont 6 de notre ensemble paroissial (Béatrice, Gelareh, Laurent, Luc, Paux-Alexis et Ombeline) qui vont vivre l’Appel Décisif cet après-midi à la Basilique Sainte Germaine de Pibrac, afin que la Parole de Dieu puisse les transfigurer, les convertir vraiment, pour qu’ils ressuscitent avec Jésus, le soir de Pâques, à travers le sacrement du baptême ! Amen

 

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de Carême, année B (2021)2021-02-22T19:01:57+01:00
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