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Homélies des messes

Homélie d’Henri Fischer, XIVe dimanche du TO, Matthieu 11, 25-30

Frères et Sœurs bonjour,

Nous allons prendre le temps ce soir de s’approcher de ce court texte de Matthieu sous l’angle de la louange, puis du joug et du compagnonnage.

Commençons par écouter comment Jésus prie « Père, Seigneur du ciel et de la terre je proclame ta louange ». Jésus nous enseigne une manière de prier le Père. Il s’agit de louer Dieu. Parfois des personnes me disent qu’elles ne savent pas comment prier. Alors je leur propose la prière de louange. Et il y a de quoi faire ! Louange pour la vie qui m’est donnée, pour l’été qui commence, pour tout ce dont je suis comblé  : en famille, en relation, en santé. Louange pour qui est Dieu  : Dieu doux et humble de cœur, Dieu qui se montre dépouillé, pauvre à Noël. Dieu qui meurt avec nous, Dieu qui relève Jésus de la mort et par là nous relève de notre mort. Louange pour tous les signes d’amour que Dieu m’a manifesté tout au long de ma vie  : mon baptême, les sacrements de réconciliation, les eucharisties, le sacrement de mariage. Louange pour l’esprit Saint qui emplit toute ma vie ordinaire de son amour. Il y a toujours des motifs de louange. Comme ce matin à l’Oustal où 26 groupes sont venus relire leur année et rendre grâce pour tout ce qu’ils ont reçu pendant l’année qui se termine au service de la mission de notre ensemble paroissial. Je vous invite pour la semaine qui vient à prendre quotidiennement ce temps de louange pour le seigneur, de louer celui dont nous avons tout reçu. Vous pouvez le louer en reprenant les paroles du psaume de ce jour « Je t’exalterai mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais »

Je voudrai m’attarder maintenant sur cette image du joug. Je parle pour moi, mais les travaux physiques de la ferme, le labeur comme on dit, ce n’est pas quelque chose que j’expérimente souvent. Et quand je fais un peu de bricolage ou de jardinage je redécouvre la fatigue de mon corps. Je vous partage cela car cette image du joug, n’est pas une image de carte postale. Pour les auditeurs de Jésus, ils savaient ce qu’il y a de fatigue, d’épuisement, d’efforts derrière ce mot. Et dans notre société où beaucoup de travail physique a été transféré aux machines, il reste toujours beaucoup de personnes qui portent un fardeau épuisant. Je pense à ces trop nombreuses mères qui portent seules la charge d’élever leurs enfants, je pense à ces personnes qui n’ont plus de travail et qui se sentent inutiles, je pense à ces soignants surmenés qui prennent soin de nos proches, je pense à ces professeurs des écoles qui ont accueilli nos enfants lors de la canicule, je pense à ces personnes victime d’un épuisement professionnel écrasées par la charge de travail. Et la liste est longue. Alors aujourd’hui, je vous invite à faire mémoire de situations lourdes, difficiles pour vous-même et  dans votre entourage et de les mettre aux pieds de Jésus. Je vous invite à entendre Jésus vous dire « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos »

Vous le savez sûrement, le joug possède deux emplacements pour les bêtes de somme. Entendons Jésus nous dire « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples car je suis doux et humble de cœur ». Cela veut dire qu’il est avec nous, à côté de nous et qu’il porte la charge de nos vies avec nous. Il est notre compagnon de vie sur lequel nous pouvons compter. Il ne nous dit pas, vous n’avez plus besoin de faire d’efforts, il ne dit pas vous ne souffrirez plus. Comme toute ces publicités qui veulent nous faire croire que tout sera mieux pour nous si nous achetons, nous consommons tel ou tel produit ou voyage. Non Jésus nous dit qu’il est avec nous, tous les jours de nos vies. Et c’est vrai, que de savoir que nous pouvons compter sur Jésus, de l’avoir comme compagnon cela allège notre fardeau. Et ce fardeau il va le porter avec nous jusqu’à la mort. Alors nous qui voulons conformer notre vie au Christ, nous qui voulons être témoin du Christ au monde, montrons à nos frères et sœurs en humanité que nous pouvons être à leurs côtés jusqu’au bout. Comme le font tant d’associations et d’organisations chrétiennes auprès des plus pauvres, auprès de ceux qui portent le poids d’un quotidien difficile dans les pays en guerre, auprès de ceux dont la voix est ignorée. Comme le font certains services de notre ensemble paroissial qui nous ont partagés leurs relectures ce matin à l’Oustal. Je vous invite à demander au Seigneur de vous dire où il vous appelle au service de vos frères et sœurs et peut-être intégrer un service sur notre ensemble paroissial ou s’investir dans un mouvement d’Eglise.

En conclusion, de ce rapide survol de ce texte d’Évangile, je vous invite à vous mettre à l’école de prière de Jésus en sachant tous les jours rendre grâce, louer Dieu pour tous ces dons reçus. Je vous invite à sentir la présence de Jésus à vos côtés qui conjugue ses efforts avec les vôtres pour avancer sur votre chemin de vie. Je vous invite à entendre l’appel du Seigneur à s’associer à lui pour porter le joug trop lourd de nos frères et sœurs en humanité. Ainsi nous pourrons entrer dans le joie du Christ, nous pourrons jubiler avec Lui. Ainsi, à travers nous, sa Parole portera en abondance des fruits qui nous dépassent : fruit de réconciliation, fruit de tendresse, fruit de patience, fruit d’unité, fruit d’amour. Je vous souhaite un bel été en compagnie de Jésus.

Amen

Homélie d’Henri Fischer, XIVe dimanche du TO, Matthieu 11, 25-302026-07-09T12:00:48+02:00

Homélie du P. Clément M. Solennité de St Pierre et St Paul, apôtres

Frères et sœurs, aujourd’hui l’Église nous donne de célébrer deux colonnes de notre foi : saint Pierre et saint Paul. Deux hommes très différents, deux tempéraments, deux histoires, deux chemins ; mais une même rencontre : le Christ vivant. Pierre, le pêcheur de Galilée, homme de cœur, généreux mais fragile. Paul, le persécuteur devenu apôtre, homme de feu, missionnaire infatigable. En eux, l’Église nous rappelle une grande vérité : Dieu ne choisit pas des parfaits ; il choisit des cœurs disponibles, qu’il transforme par sa grâce.

            Dans l’Évangile, Jésus pose une question décisive : « Pour vous, qui suis-je ? » Cette question n’est pas seulement posée aux apôtres il y a deux mille ans. Elle est posée à chacun de nous aujourd’hui : dans ma vie concrète, dans mes choix, dans mes épreuves, dans ma manière d’aimer, de servir, de pardonner, qui est Jésus pour moi ? Est-il seulement une belle idée ? Une tradition familiale ? Un nom que l’on invoque quand ça va mal ? Ou bien est-il vraiment le Christ, le Fils du Dieu vivant, celui sur qui je construis ma vie ?

Je retiens trois mots pour cette fête : confesser, se laisser relever, annoncer.

D’abord, confesser. Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Voilà le cœur de la foi chrétienne. Être chrétien, ce n’est pas d’abord suivre une morale, une coutume ou une organisation. C’est reconnaître Jésus comme Seigneur. Aujourd’hui, dans un monde où beaucoup ne savent plus qui écouter, où l’on construit souvent sa vie sur l’opinion du moment, Pierre nous rappelle que le roc solide, c’est le Christ. Celui qui construit sur le Christ ne devient pas invulnérable, mais il n’est pas emporté par toutes les tempêtes.

Ensuite, se laisser relever. Pierre a confessé Jésus, mais Pierre a aussi renié Jésus. Paul a annoncé l’Évangile, mais Paul avait d’abord persécuté l’Église. Quelle consolation pour nous ! Nos chutes ne sont pas forcément la fin de notre histoire. Le Christ ne dit pas à Pierre : « Tu m’as renié, je ne veux plus de toi. » Il lui dira : « M’aimes-tu ? » Et il lui confiera encore son Église. C’est bouleversant : Jésus ne construit pas son Église avec des gens sans blessures, mais avec des blessés relevés par l’amour.. Saint Augustin disait : « Dieu ne choisit pas ceux qui sont capables ; il rend capables ceux qu’il choisit. » La sainteté ne commence pas quand nous sommes parfaits ; elle commence quand nous acceptons de laisser le Christ nous relever.

Pensons aussi à saint Jean-Paul II. Après avoir été gravement blessé par celui qui avait tiré sur lui, il est allé le rencontrer en prison pour lui offrir son pardon. Ce geste a parlé au monde entier. Pourquoi ? Parce qu’il montrait que la foi chrétienne n’est pas seulement une parole du dimanche ; elle devient une force capable de transformer la haine en miséricorde. Voilà ce que fait le Christ : il relève, il guérit, il envoie.

Enfin, annoncer. Pierre reçoit les clés du Royaume ; Paul parcourt le monde pour porter l’Évangile. La foi n’est pas un trésor à garder dans un coffre. Elle est une lumière à transmettre. Aujourd’hui encore, dans nos familles, nos paroisses, nos lieux de travail, nos quartiers, beaucoup attendent peut-être non pas de grands discours, mais des chrétiens debout, simples, vrais, capables de dire par leur vie : le Christ est vivant, il change une existence, il donne espérance.

Frères et sœurs, en cette solennité, demandons la grâce d’avoir la foi de Pierre et le feu de Paul : la foi qui confesse, l’humilité qui se laisse relever, le courage qui annonce. Et puisque notre paroisse est placée sous la protection de saint Pierre, demandons-lui particulièrement de nous aider à bâtir notre communauté non sur nos forces humaines, mais sur le Christ, le seul Roc.

Seigneur Jésus, toi le Christ, le Fils du Dieu vivant, affermis notre foi, relève nos fragilités, embrase nos cœurs, et fais de nous des témoins joyeux de ton Évangile. Amen.

 

Homélie du P. Clément M. Solennité de St Pierre et St Paul, apôtres2026-06-30T10:58:52+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, la Parole de Dieu de ce dimanche nous donne trois images très simples, faciles à retenir, mais très profondes pour notre vie chrétienne : une maison, une croix, un verre d’eau. Une maison à ouvrir, une croix à porter, un verre d’eau à offrir. Voilà peut-être tout l’Évangile de ce dimanche : accueillir Dieu, suivre le Christ, servir les autres.

Première image : une maison à ouvrir. Dans la première lecture, une femme de Sunam accueille le prophète Élisée. Elle reconnaît en lui un homme de Dieu. Et que fait-elle ? Elle ne prononce pas un grand discours. Elle ne se contente pas d’admirer le prophète de loin. Elle ouvre sa maison. Elle dit à son mari : “Faisons-lui une petite chambre.” Et dans cette chambre, elle met un lit, une table, un siège et une lampe. Quatre objets ordinaires, mais qui deviennent les signes d’un accueil extraordinaire.

Cette femme nous apprend que la foi commence souvent par une place offerte. Faire une place à Dieu, ce n’est pas seulement venir à la messe. C’est lui donner une place réelle dans notre maison, dans notre agenda, dans nos décisions, dans nos conversations, dans notre manière de vivre. Beaucoup de maisons aujourd’hui sont remplies de choses, mais parfois vides de silence ; pleines d’écrans, mais pauvres en écoute ; pleines d’activités, mais sans place pour Dieu. La femme de Sunam nous pose une question : y a-t-il encore, dans ma maison et dans mon cœur, une petite chambre pour Dieu ?

Je pense à cette famille qui, chaque dimanche, gardait toujours une place libre à table. Les enfants demandaient : “Pourquoi cette chaise vide ?” Les parents répondaient : “C’est la place de celui que Dieu pourrait nous envoyer.” Un jour, ce fut un étudiant étranger loin de sa famille. Un autre jour, une personne âgée seule. Une autre fois, un voisin traversant une période difficile. Cette chaise vide est devenue une catéchèse vivante : quand une maison garde une place pour l’autre, elle garde une place pour Dieu.

Saint Benoît disait : “Tous les hôtes seront reçus comme le Christ.” Cette parole est très actuelle. Accueillir Dieu, c’est aussi accueillir celui qui vient à moi : le pauvre, l’étranger, la personne seule, le malade, le voisin difficile, le membre de la famille avec qui la relation est compliquée. La maison chrétienne n’est pas seulement un lieu où l’on habite ; elle est appelée à devenir un lieu où Dieu peut passer.

Deuxième image : une croix à porter. Dans l’Évangile, Jésus nous dit une parole forte : “Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.” Il faut bien comprendre : Jésus ne nous demande pas d’aimer la souffrance pour elle-même. La croix n’est pas le goût de la douleur. La croix, c’est l’amour qui reste fidèle quand cela coûte.

Porter sa croix, c’est continuer à aimer quand l’amour devient exigeant. C’est rester vrai quand le mensonge serait plus facile. C’est pardonner quand notre orgueil voudrait garder rancune. C’est tenir debout dans une maladie, une solitude, une responsabilité lourde, une fatigue familiale, une épreuve intérieure. C’est aussi, parfois, porter discrètement le poids d’un service dans l’Église, d’un engagement paroissial, d’une mission que personne ne voit mais que Dieu connaît.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous rappelle que par le baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Cela signifie que notre vie chrétienne n’est pas seulement une morale ou une tradition. C’est une vie nouvelle. Nous sommes morts au péché pour vivre avec le Christ. Alors, quand la croix arrive, nous ne la portons pas seuls. Le Christ marche avec nous. Il ne supprime pas toujours immédiatement l’épreuve, mais il nous donne une force intérieure pour la traverser. La croix portée avec Jésus n’est jamais un mur fermé ; elle peut devenir un passage vers la vie.

Troisième image : un verre d’eau à offrir. Après ces paroles exigeantes, Jésus termine par une phrase très simple : “Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, ne perdra pas sa récompense.” Voilà la délicatesse de l’Évangile. Jésus nous parle de préférer Dieu à tout, de porter la croix, et il conclut par un petit verre d’eau. Comme pour nous dire : la grande sainteté commence souvent dans les petits gestes.

Un verre d’eau fraîche, aujourd’hui, cela peut être un sourire offert à quelqu’un qui n’en peut plus. Une parole qui relève. Un coup de téléphone à une personne seule. Une visite à un malade. Un pardon donné en famille. Une patience avec un enfant. Une main tendue à quelqu’un qui cherche sa place. Une présence discrète auprès d’une personne endeuillée. Une aide concrète dans la paroisse. Rien de spectaculaire peut-être, mais Dieu voit.

On raconte qu’un jour, une personne mourante, recueillie par les sœurs de Mère Teresa, lui aurait dit : “J’ai vécu comme un animal dans la rue, mais je vais mourir comme un ange, aimé et entouré.” Qu’avaient fait les sœurs ? Elles n’avaient pas changé toute l’histoire de cette personne. Elles lui avaient donné un lit, un bain, une présence, un regard, un verre d’eau, un peu de dignité. Et parfois, c’est cela qui sauve une vie : non pas de grands moyens, mais un petit geste fait avec un grand amour.

Mère Teresa disait : “Nous ne pouvons pas toujours faire de grandes choses, mais nous pouvons faire de petites choses avec un grand amour.” Voilà le verre d’eau de l’Évangile. Ce n’est pas la quantité qui compte d’abord, c’est l’amour déposé dans le geste. Dieu n’oublie rien de ce qui est donné par amour. Même ce qui semble petit aux yeux des hommes peut devenir grand aux yeux de Dieu.

Frères et sœurs, retenons donc ces trois images : une maison, une croix, un verre d’eau. Une maison à ouvrir pour que Dieu ait sa place. Une croix à porter avec le Christ, sans fuir l’amour quand il devient exigeant. Un verre d’eau à offrir, parce que la charité commence souvent par de petits gestes simples et concrets.

En ce dimanche, demandons-nous simplement : dans ma maison, y a-t-il une place pour Dieu ? Dans ma vie, quelle croix suis-je appelé à porter avec Jésus ? Et autour de moi, à qui puis-je offrir aujourd’hui un verre d’eau fraîche ?

Seigneur Jésus, fais de nos maisons des lieux d’accueil, de nos croix des chemins de fidélité, et de nos petits gestes des signes de ton amour. Donne-nous un cœur ouvert comme la femme de Sunam, un cœur courageux pour te suivre, et un cœur simple pour servir. Amen.

 

Homélie du P. Clément M. du XIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-30T10:54:31+02:00

Homélie du Père Justin, XIII Dimanche du TO, année A, Mt 10,37-42

Chers frères et sœurs, les paroles de notre Seigneur dans cet Évangile sont très choquantes, extrêmes, le Seigneur nous demande de l’aimer plus que nos enfants et nos parents…

Mais il faut avant tout rappeler le contexte, pas pour atténuer ses paroles, au contraire, mais pour leur restituer tout leur sens.

L’évangile de Matthieu est proclamé dans un contexte romain où certes l’amour pour les parents et les enfants existe mais il est aussi associé à autre chose. Pour exister dans la société antique, romaine en l’occurrence, il faut être père de famille, avoir des ancêtres et des descendants, être pater familias, être au centre d’une réalité sociale dense.

La famille c’est le socle sur lequel est bâtie la carrière d’un homme, c’est sa visibilité sociale. Sa carrière ensuite se construit sur les relations que procure la famille et le clan et sur les alliances en général qu’il peut contracter. Alors, derrière l’amour à la famille, qui peut être réel ou non, il y a toujours aussi la carrière et les intérêts en tout genre.

Nous ne pensons plus aujourd’hui de la même façon que les romains mais nous devons reconnaitre que toujours nous avons tendance à établir des liens très forts entre le bien-être familial et la réussite sociale, et inversement.

Il est légitime bien entendu d’aimer nos enfants et il est légitime de chercher à améliorer notre situation sociale pour le bien de notre famille. Cependant le Seigneur nous demande de faire attention, de ne pas placer au-dessus de lui des attachements tels que nous risquions de perdre notre liberté et de ne pas la communiquer non plus autour de nous.

Nos enfants ont besoin certes de tout le nécessaire matériel, mais ils ont avant tout besoin que nous vivions dans la vérité et la liberté et que nous leur transmettions cela.

Quand le Seigneur nous demande de ne pas aimer nos enfants plus que lui, il ne nous demande pas de les aimer moins mais de les aimer mieux. De les aimer dans la liberté des fils et des filles de Dieu, en mettant le Seigneur au centre de notre vie.

Nous ne devons pas craindre de mettre le Seigneur au centre.

Souvent nous pensons Si je mets le Seigneur au centre de ma vie, il va prendre toute la place et pousser au-dehors tout ce que j’aime. Le Seigneur ne fait pas cela. Il est au centre d’ores et déjà puisqu’il est Dieu fait homme, il est venu tout restaurer et tout transfigurer, il n’a jamais rien détruit ni ne détruira jamais rien.

Il nous demande de le placer lui au centre de toute notre affection et de notre recherche de bonheur. Du moment qu’il est au centre, il pourra nous inspirer la juste proportion dans la recherche du bien matériel, de manière à ne pas nuire à notre bien relationnel et spirituel.

Et il nous demande de ne pas craindre les revers de notre situation sociale quand nous sommes fidèles à lui. Il appelle cela accepter la croix.

C’est effrayant la mort sociale, la croix, ce n’est pas qu’une question de mort mais de terreur, de terrorisme, de menace d’infamie. Le Seigner veut nous libérer de cette peur. Il nous demande de prendre notre croix, ce qui veut dire principalement accepter le cas échéant de perdre la propre réputation, pour conserver la liberté.

Placer le Seigneur au centre c’est ce que nous faisons avant tout dans la prière, c’est cela prier. Nous remercions, nous demandons pardon, nous disons s’il te plait, mais tout cela, quelle que soit la prière, n’a de sens que si le Seigneur est au cœur de ce que nous faisons…

Par exemple, si nous entreprenons de regarder un match de foot, il faut placer le Seigneur au centre de ce divertissement. Il ne faut pas dire Le Seigneur n’a rien à voir avec cela, avec le foot, donc je ne le prie pas, je regarde le match en catimini loin du Seigneur, j’irai le retrouver après.

Non, il faut au contraire le prier avant le match en disant Seigneur apporte la paix et la prospérité aux pays qui se rencontrent à travers ce match. Les personnes et les peuples ont soif de justice , nous le voyons justement dans l’engouement pour le foot.

Le foot c’est une sorte de mirage de la justice, cela fait du bien, un seul ballon pour tous, bien gonflé, les mêmes règles pour tous, un arbitre, les buts ont la même dimension des deux côtés… Cette soif de justice et de distraction souligne à quel point nous vivons continument dans un monde sans justice, alors on peut prier pour plus de justice…

Mais il manque par exemple la miséricorde dans le monde et dans les sports – alors on peut prier aussi pour demander que les peuples redécouvrent la miséricorde, la charité, la paix, la liberté dans la vérité.

Non, il ne faut pas croire que le Seigneur n’a rien à voir avec ce que nous faisons. Il est venu vivre parmi nous, donc il occupe déjà le centre de chaque réalité, c’est à nous de venir l’y trouver, de restaurer sa place, nous avons tout à y gagner, il n’est jamais hors-jeu.

C’est pareil avec notre travail, qui nous met constamment en face de tant d’injustices et de dureté. Mais nous pouvons prier en demandant au Seigneur de savoir apporter quelque chose de différent dans notre travail, quelque chose qui vient de lui, selon nos moyens et dans le respect de chacun…

En cette fin d’année pastorale, remercions le Seigneur pour ses bienfaits, et durant cet été plaçons-le avec confiance au cœur de notre vie. Il n’est pas là pour nous empêcher de vivre, au contraire. Ce faisant nous dit notre Seigneur Jésus Christ, si nous le plaçons au centre de notre vie, c’est Dieu en personne que nous accueillons.

Et non seulement nous recevrons la récompense du juste et du prophète mais la récompense des disciples du Seigneur, de ceux qu’il appelle les petits, la liberté des fils et des filles de Dieu..

Homélie du Père Justin, XIII Dimanche du TO, année A, Mt 10,37-422026-06-28T16:17:11+02:00

Homélie d’Henri Fischer, XIIe dimanche du TO, Matthieu 10, 26-33

Frères et Sœurs bonjour,

Aujourd’hui, ce texte de Matthieu m’invite à vous proposer trois pistes qui peut-être vous accompagnerons pendant ce temps d’été qui débute. Je vais donc vous parler de murmure, de ce qui ne peut être caché et enfin de dignité de la personne.

Le murmure tout d’abord, car oui, aujourd’hui comme il y a 2 000 ans, Jésus nous murmure à l’oreille comme il murmurait à l’oreille de ses apôtres. Et pourtant qu’il est difficile d’être à l’écoute de ce murmure. Comment l’entendre dans ce brouhaha de nos vies. Entre les chaines d’informations continues, nos alertes Facebook, nos agendas surchargés, comment entendre un murmure ! Tout cela joue avec nos peurs, nos émotions, nos désirs de toute puissance pour toujours plus capter notre attention. Tout cela nous éloigne de notre relation à Jésus. Pour renouer notre relation à Jésus, je vous invite à prendre le temps de nous mettre à l’écoute de la Parole. Je vous invite à prendre des temps de silence, de mise en retrait pour entendre Jésus nous murmurer aux creux de nos oreilles les paroles de vie. Soyez-en sûr, Jésus est là, à nous attendre, sans jamais se lasser de nos errements pour entrer en relation avec nous. Profitons donc ce temps qui s’ouvre devant nous pour découvrir les trésors de l’Evangile.
À l’écoute de ce murmure, nous entendrons ce qui ne peut être caché. De quoi s’agit-il ? Pour l’instant, les apôtres viennent d’entendre l’annonce de l’avènement du Royaume. Cependant, nous le savons, ce n’est que le début de la Révélation. Il faudra qu’il entendent également, que Jésus va donner sa vie pour nous, qu’il va nous révéler que Dieu nous aime comme un père. En cela l’anecdote des oiseaux et des cheveux est déjà une annonce de ce Dieu qui nous redit « Tu as du prix mes yeux et je t’aime ». Ce qui sera dévoilé le jour de la Passion de notre Seigneur quand le rideau du temple se déchire, c’est que Dieu n’est plus exclusivement accessible que via les « Grands Prêtres du Temple ». Ce qui sera révélé c’est que Dieu fait sa demeure en chacun de nous. Comme deuxième piste pour ce temps de vacances, je vous propose de prendre le temps de contempler cette présence de Dieu en nous. Puis de louer Dieu pour cette merveille. Je vous invite à vous sentir aimé absolument par Dieu tel que vous êtes et de goûter comme c’est bon.
Ce qui nous est dévoilé au final, c’est que pour notre Dieu, tout être humain est infiniment digne et que cette dignité absolue est non négociable. C’est ce que nous rappelle notre pape Léon dans sa dernière encyclique « Magnifica Humanitas ». De même que les papes qui l’ont précédé, Léon nous rappelle que la personne humaine doit rester au cœur de toute activité humaine et que les machines sont au service de la personne et non le contraire. Je vous invite à prendre connaissance de ce très beau et fort document pour entrer dans la compréhension de ce qui se joue en ce moment autour de tous ces outils technologiques. C’est un sacré devoir de vacances ! Je peux vous inviter plus concrètement à contempler cette présence de Dieu en chacun de vos prochains. Et de commencer par ceux qui vous sont proches : pour ceux qui vivent en couple, contempler la présence de Dieu dans le cœur de votre conjoint, lui qui est votre premier prochain. Je vous invite à contempler la présence de Dieu dans ce nouveau-né, dans les enfants. Je vous invite à contempler la présence de Dieu dans cette personne âgée ou bien dans cette personne étrangère. Et enfin, une fois bien avancée dans cette contemplation, vous pouvez continuer en contemplant la présence de Dieu dans le cœur de ceux que vous aimez moins : votre collègue de travail qui vous énerve, votre voisin qui vous agace et pour au final avec Jésus être en capacité d’aimer vos ennemis. Sacré chemin à parcourir !
En résumé, après avoir pris le temps d’entendre Jésus vous murmurer à l’oreille les paroles de vie qui nous sont adressées, après avoir entendu que nous sommes tous aimés inconditionnellement par Dieu, après avoir contemplé cette présence de Dieu en chacun de nos prochains, alors nous pourrons sans crainte aller annoncer le mystère du Royaume. Nous allons pouvoir annoncer cette Bonne Nouvelle au monde : nous sommes tous frères et sœurs en Christ, nous sommes tous des pêcheurs pardonnés et nous sommes tous infiniment aimés de Dieu. Alors à la veille de ce temps d’été qui sera fait je l’espère d’activités et de rencontres riches, entendons cet appel à proclamer haut et fort cette Bonne Nouvelle. Et avec les mots du psaume d’aujourd’hui je vous souhaite « Vie et joie à vous qui cherchez Dieu ». Bel été à vous !

Amen

Homélie d’Henri Fischer, XIIe dimanche du TO, Matthieu 10, 26-332026-06-24T09:45:58+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

« N’ayez pas peur ! Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux »

Il y a des paroles de Jésus qui reviennent comme un refrain dans l’Évangile. Aujourd’hui, ce refrain est répété trois fois :« Ne craignez pas ! »

Nous vivons pourtant dans un monde où les raisons d’avoir peur ne manquent pas : peur de l’avenir, peur de la maladie, peur de perdre son travail, peur pour ses enfants, peur de vieillir, peur de l’échec, peur du regard des autres, peur de ne plus être aimé, peur de témoigner de sa foi.

Et en cette fête des pères, beaucoup de pères de famille connaissent aussi ces inquiétudes : Serai-je capable de protéger ma famille ? Pourrai-je assurer l’avenir de mes enfants ? Ai-je été un bon père ?

Face à toutes ces peurs, Jésus ne dit pas : « Il n’y a pas de danger », mais : « N’ayez pas peur, car vous n’êtes jamais seuls. » Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à accueillir trois certitudes.

  1. DIEU CONNAÎT NOS COMBATS

Dans la première lecture, le prophète Jérémie traverse une véritable nuit.Il est rejeté, critiqué, espionné.« Tous mes amis guettent mes faux pas. »

Qui parmi nous n’a jamais connu cela ?Une parole déformée…Une trahison…Une mise à l’écart…Une injustice au travail…Des tensions familiales…L’impression d’être incompris même quand on veut faire le bien.Jérémie aurait pu abandonner.Mais il ajoute aussitôt :« Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable. »Voilà le secret des croyants.La foi ne supprime pas les épreuves.Elle nous donne une présence.Elle ne retire pas la croix.Elle nous empêche de la porter seuls.

Un vieux prêtre racontait qu’après cinquante années de ministère, on lui demanda :— « Quel est le plus grand miracle que vous ayez vu ? » Il répondit : — « Ce ne sont pas les guérisons extraordinaires. Le plus grand miracle, c’est d’avoir vu des hommes et des femmes continuer à aimer alors qu’ils avaient toutes les raisons de se décourager. » Oui, Dieu connaît nos combats.Il ne détourne jamais son regard de ses enfants.

  1. DIEU VEILLE SUR CHACUN DE NOUS

L’Évangile d’aujourd’hui est d’une tendresse bouleversante.Jésus parle des moineaux.À son époque, c’étaient les oiseaux les moins chers du marché.Et pourtant Jésus affirme :« Pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »Autrement dit :Tu n’es pas un numéro dans l’univers.Tu n’es pas un dossier parmi des millions.Tu n’es pas un oubli de Dieu.Tu es quelqu’un d’unique.Tu portes un nom.Tu portes une histoire.Tu portes des blessures que Dieu connaît.Il connaît même ce que nous cachons derrière nos sourires.

Un enfant demandait un jour à sa mère :— « Maman, est-ce que Dieu pense à moi ? »Elle répondit :— « Mon fils, si Dieu a pris le temps de dessiner chaque flocon de neige différemment, comment pourrait-il t’oublier ? »

Combien de personnes vivent aujourd’hui avec le sentiment de ne compter pour personne !Des personnes âgées dans les maisons de retraite.Des malades isolés.Des jeunes qui doutent de leur valeur.Des parents épuisés.Des pères qui portent silencieusement le poids des responsabilités.   Jésus leur dit :« Tu as du prix à mes yeux. »

En cette fête des pères, nous rendons grâce pour ces hommes qui ont essayé, parfois maladroitement, d’aimer, de travailler, de se sacrifier, de transmettre des valeurs.Tous les pères n’ont pas été parfaits.Certains ont été absents.D’autres ont été blessants.D’autres encore nous ont quittés trop tôt.

Mais aujourd’hui, Jésus nous révèle qu’au-delà de toutes les images humaines de la paternité, il existe un Père qui ne déçoit jamais.Un Père qui attend.Un Père qui relève.Un Père qui pardonne.Un Père qui veille.

  1. DIEU ATTEND DE NOUS UN COURAGE NOUVEAU

Enfin Jésus déclare :« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père. »

Être chrétien aujourd’hui demande du courage.Pas forcément le courage du martyre sanglant.Mais le courage du témoignage quotidien.Le courage d’affirmer des convictions dans un monde qui préfère souvent le silence.

Le courage de défendre une personne moquée.Le courage de demander pardon.Le courage de prier en famille.Le courage d’accompagner un proche malade.Le courage de continuer à espérer quand tout semble fermé.Le courage de venir à la messe alors que beaucoup considèrent cela comme inutile.

Un jeune étudiant racontait :« J’avais honte de faire le signe de croix avant de manger à la cantine. Puis un jour j’ai pensé : si Jésus n’a pas eu honte de mourir pour moi, pourquoi aurais-je honte de montrer que je crois en lui ? »Les saints n’étaient pas des personnes sans peur.Ils étaient des personnes qui avaient décidé que leur confiance en Dieu serait plus grande que leurs peurs.

Conclusion/Frères et sœurs, retenons aujourd’hui ces trois verbes :

Croire : Dieu connaît nos combats.

Espérer : Dieu veille sur chacun de nous.

Témoigner : Dieu attend notre courage.

Alors, même si les vents contraires soufflent sur notre vie, nous pourrons avancer avec cette certitude :Je ne suis pas abandonné.Je ne suis pas oublié.Je suis attendu, aimé et porté par un Père qui connaît même le nombre de mes cheveux.

En cette fête des pères, prions pour tous les papas : ceux qui sont heureux, ceux qui sont inquiets, ceux qui sont malades, ceux qui sont séparés de leurs enfants, ceux qui ont perdu un enfant, ceux qui nous ont précédés auprès du Seigneur.Et demandons la grâce d’entendre au plus profond de notre cœur cette parole que Jésus nous adresse personnellement :« N’aie pas peur. Tu vaux beaucoup à mes yeux, et je serai toujours avec toi. »Amen.

Homélie du P. Clément M. du XIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-23T23:34:51+02:00

Homélie du P.Clément M. pour le 15 juin. Fete de Sainte Germaine.

L’Évangile de ce jour est l’un des plus exigeants de tout le Nouveau Testament. Jésus nous dit :« Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. »

À première vue, cela paraît impossible. Est-ce que Jésus nous demande de nous laisser écraser ? D’accepter l’injustice ? De devenir faibles devant le mal ?

Non. Jésus nous demande quelque chose de beaucoup plus grand : ne pas laisser le mal devenir maître de notre cœur.

Le monde dit : « Rends coup pour coup. » ;Jésus dit : « Réponds au mal par le bien. »

Le monde dit : « Venge-toi. » ;Jésus dit : « Reste libre. »

Le monde dit : « Fais payer. » ;Jésus dit : « Aime davantage. »

La vengeance paraît forte, mais en réalité elle nous enchaîne. Le pardon paraît faible, mais il est la véritable force des enfants de Dieu.

Et aujourd’hui, dans notre diocèse de Toulouse, nous avons devant nous un magnifique témoin de cet Évangile : Sainte Germaine de Pibrac.

Germaine n’était ni une religieuse, ni une savante, ni une grande personnalité. C’était une simple bergère de Pibrac, née dans une famille où elle fut peu aimée. Sa mère mourut alors qu’elle était encore bébé. Sa belle-mère la rejetait. Son père lui témoignait peu d’affection. Elle était malade, handicapée d’une main, mal nourrie, souvent humiliée et reléguée à dormir sous un escalier. Quelle aurait été la réaction de beaucoup d’entre nous ?

La révolte.
L’amertume.
La haine….Mais Germaine a choisi un autre chemin : elle a laissé Dieu remplir son cœur là où les hommes l’avaient blessé.

Elle aurait pu devenir dure. Elle est devenue douce.
Elle aurait pu devenir égoïste. Elle est devenue généreuse.
Elle aurait pu se refermer. Elle est devenue une femme de prière et de charité.

Voilà le véritable miracle de sa vie.Le miracle des roses est célèbre : alors qu’elle portait du pain aux pauvres, les pains se seraient transformés en roses lorsqu’on l’accusa de vol. Mais le plus grand miracle n’est peut-être pas celui-là.Le plus grand miracle est qu’une jeune fille si profondément blessée ait gardé un cœur capable d’aimer.Voilà exactement ce que Jésus enseigne aujourd’hui.Tendre l’autre joue, ce n’est pas aimer la souffrance.C’est refuser que la souffrance nous transforme en personnes amères.

Saint Jean-Paul II disait :« Le pardon est la forme la plus haute de l’amour. »

Combien de familles souffrent aujourd’hui de vieilles blessures jamais guéries !Combien de frères et sœurs ne se parlent plus !Combien de couples vivent enfermés dans le calcul des torts !Jésus nous invite à sortir de cette logique comptable.Le chrétien ne compte pas seulement ce qu’il reçoit.Il regarde d’abord ce qu’il peut donner.

Sainte Germaine l’avait compris. Malgré sa pauvreté, elle partageait son pain. Malgré ses souffrances, elle répandait la paix autour d’elle. Malgré son exclusion, elle demeurait proche de Dieu et des pauvres.

Frères et sœurs, peut-être que certains portent aujourd’hui une blessure ancienne, une parole qui a fait mal, une injustice qui n’est jamais sortie de leur mémoire.

Demandons à Jésus la grâce de ne pas répondre au mal par le mal.Demandons à Sainte Germaine, patronne des pauvres, des malades et de tous ceux que la vie éprouve, d’intercéder pour nous. Qu’elle nous apprenne ce secret des saints :transformer les blessures en amour, les épreuves en confiance, et les humiliations en chemin de sainteté.Amen.

 

Homélie du P.Clément M. pour le 15 juin. Fete de Sainte Germaine.2026-06-16T21:34:37+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, L’Évangile de ce dimanche s’ouvre sur une phrase qui mérite que nous nous y arrêtions longuement :« Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles, parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. »Tout commence par un regard.

Avant de parler, Jésus regarde.
Avant d’enseigner, Jésus regarde.
Avant d’envoyer les apôtres en mission, Jésus regarde.

Et ce regard devient aujourd’hui une question pour chacun de nous :Comment Dieu nous regarde-t-il ? Et comment regardons-nous les autres ?

  1. LE REGARD DE JÉSUS VOIT PLUS LOIN QUE LES APPARENCES

Nous vivons dans une société de l’image.Nous regardons beaucoup de choses, mais nous ne voyons pas toujours vraiment.

Nous voyons les visages, mais pas toujours les blessures.Nous voyons les sourires, mais pas toujours les larmes.Nous voyons les réussites, mais pas toujours les combats intérieurs.

Le regard de Jésus est différent.Quand il regarde la foule, il ne voit pas une masse anonyme.
Il voit des personnes.Il voit des histoires.Il voit des souffrances.Il voit des attentes.

Il voit surtout des hommes et des femmes qui ont perdu leur boussole intérieure.« Ils étaient désemparés et abattus comme des brebis sans berger. »Cette parole pourrait décrire beaucoup de nos contemporains.

Des jeunes qui ont tout pour communiquer mais qui se sentent seuls.Des familles qui vivent sous le même toit mais qui ne savent plus se parler.Des personnes âgées qui ont parfois l’impression de ne plus compter pour personne.
Des croyants qui ont perdu le goût de la prière.Des hommes et des femmes qui cherchent le bonheur mais ne savent plus où le trouver.Le Christ voit tout cela.Et il ne détourne pas les yeux.

  1. LE REGARD DE JÉSUS EST UN REGARD DE COMPASSION

L’Évangile dit :« Il eut pitié d’elles. »Le mot est faible dans notre langue.Le texte original évoque une émotion profonde qui prend aux entrailles.Jésus n’est pas un observateur extérieur.Il n’analyse pas la souffrance humaine comme un spécialiste.Il la porte dans son cœur.La compassion chrétienne n’est pas la pitié qui regarde de haut.C’est l’amour qui descend jusqu’à l’autre.

Pensons à la manière dont Jésus regarde Zachée perché sur son arbre.La manière dont il regarde la Samaritaine blessée par ses échecs.La manière dont il regarde Pierre après son reniement.La manière dont il regarde le bon larron sur la croix.

Jamais un regard qui humilie.Toujours un regard qui relève.Saint Paul nous le rappelle dans la deuxième lecture :« Alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. »

Dieu ne nous aime pas lorsque nous sommes parfaits.Il nous aime lorsque nous sommes fragiles.Il nous aime lorsque nous tombons.Il nous aime lorsque nous doutons.Voilà la grande différence entre le regard de Dieu et celui des hommes.Les hommes aiment souvent ce qui est réussi.Dieu aime aussi ce qui est blessé pour le guérir.

  1. LE REGARD DE JÉSUS DEVIENT UN APPEL À LA MISSION

Après avoir regardé les foules avec compassion, Jésus ne reste pas les bras croisés.Il appelle les Douze.C’est comme si la souffrance du monde faisait naître des vocations.Il ne dit pas :« Regardez ces pauvres gens. »Il dit :« La moisson est abondante. »Autrement dit :« Il y a tant de cœurs à rejoindre. »Et la première réponse qu’il demande est surprenante :« Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. »

La mission commence toujours dans la prière.Avant d’être des ouvriers, nous sommes des contemplatifs.Avant d’agir, nous devons apprendre à regarder comme le Christ.Car on ne peut évangéliser que ce que l’on aime.Et on n’aime vraiment que ce que l’on prend le temps de regarder.Saint François d’Assise disait :« Là où il y a la charité et la sagesse, il n’y a ni crainte ni ignorance. »Les saints ont changé le monde parce qu’ils ont appris à regarder les hommes avec les yeux de Dieu.Mère Teresa voyait dans chaque pauvre le visage du Christ.L’abbé Pierre voyait dans chaque sans-abri un frère.Le Père Marie-Antoine voyait dans chaque pèlerin une âme aimée de Dieu.

CONCLUSION : TROIS REGARDS À DEMANDER AUJOURD’HUI

D’abord, accueillir le regard de Jésus sur nous-mêmes.Ne plus nous définir par nos échecs, nos péchés ou nos limites, mais par l’amour que Dieu nous porte.

Ensuite, apprendre à regarder les autres comme Jésus.Moins juger, moins critiquer, davantage comprendre et aimer.

Enfin, regarder notre monde avec espérance.Non pas comme un champ perdu, mais comme une moisson immense que Dieu continue de préparer.

Frères et sœurs, retenons cette phrase :

Le regard de Jésus ne condamne pas ; il relève.
Le regard de Jésus ne repousse pas ; il appelle.
Le regard de Jésus ne désespère jamais ; il espère toujours.

Que cette Eucharistie nous apprenne à voir le monde avec les yeux du Christ et à aimer avec son cœur.Amen.

Homélie du P. Clément M. du XIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-16T21:27:53+02:00

Homélie du P. Clément M. du dimanche de la SAINTE TRINITÉ, année A (2026)

« Dieu n’est pas une solitude, Dieu est une communion d’amour ».

Quand on évoque la fête de la Sainte Trinité, beaucoup pensent immédiatement à un mystère compliqué : un seul Dieu en trois Personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Pourtant, la Trinité n’est pas d’abord un problème à résoudre ; elle est un mystère à accueillir. Plus qu’une définition théologique, elle nous révèle le vrai visage de Dieu.

Dans la première lecture, Moïse découvre un Dieu « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Mais avec Jésus, la révélation va encore plus loin : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Dieu n’est pas avant tout une puissance ou une force impersonnelle ; Dieu est Amour. Au cœur même de Dieu, il y a une relation vivante : le Père aime le Fils, le Fils répond à cet amour, et l’Esprit Saint est le lien d’amour qui les unit. La Trinité nous révèle ainsi que la communion est au cœur de Dieu lui-même.

Cette vérité éclaire aussi notre existence. Nous vivons à une époque où les moyens de communication n’ont jamais été aussi nombreux, et pourtant beaucoup souffrent d’isolement. Nous avons parfois des centaines de contacts, mais peu de relations profondes. La fête de la Trinité nous rappelle que nous sommes créés à l’image d’un Dieu qui est communion. C’est pourquoi personne ne peut être pleinement heureux seul. Le bonheur véritable naît de l’amour partagé, de l’amitié, de la fraternité, du pardon et de la confiance mutuelle. Comme le soulignait le psychiatre Viktor Frankl après son expérience des camps de concentration, ce qui permet souvent à l’homme de tenir dans les épreuves les plus terribles, c’est de continuer à aimer ou à se savoir aimé.

La Trinité n’est pas seulement une vérité à croire ; elle habite déjà notre quotidien. Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, nous nous plaçons dans la vie même de Dieu. Depuis notre baptême jusqu’au dernier jour de notre vie chrétienne, nous vivons sous le regard du Père, accompagnés par le Fils et guidés par l’Esprit Saint. Comme le rappelait sainte Élisabeth de la Trinité, Dieu demeure au plus profond de notre cœur. Nous le cherchons parfois très loin alors qu’il habite déjà en nous.

Enfin, la meilleure manière de célébrer la Trinité n’est pas de chercher à tout expliquer, mais de la refléter. Dans une famille où l’on s’écoute, dans un couple où l’on se pardonne, dans une paroisse où chacun trouve sa place, dans une société où l’on construit des ponts plutôt que des murs, quelque chose du mystère de Dieu devient visible. Chaque geste de communion, de réconciliation et de fraternité révèle le visage du Dieu Trinité.

Aujourd’hui, nous célébrons donc une merveilleuse bonne nouvelle : Dieu est une communion infinie d’amour et il nous invite à entrer dans sa propre vie. Aimés par le Père, sauvés par le Fils et habités par l’Esprit Saint, nous sommes appelés à apprendre chaque jour à aimer comme Dieu aime.

Homélie du P. Clément M. du dimanche de la SAINTE TRINITÉ, année A (2026)2026-06-02T20:10:39+02:00

Homélie du Père Justin, Marie Mère de l’Église, lundi de Pentecôte

Chers Frères et sœurs, aujourd’hui nous fêtons Marie, Mère de l’Église. Marie dans le baptême est véritablement notre mère et nous sommes ses fils.

Notre foi catholique est basée sur l’Écriture et sur la Tradition. Et l’Écriture comme la Tradition nous disent que dans le baptême nous sommes fils de Dieu.

L’’évangile de Jean dans son Prologue nous dit Il leur a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu. Et la première lettre de Jean aussi nous le rappelle expressément Nous sommes fils de Dieu, nous le sommes réellement. Et la Tradition nous le dit aussi.

La Tradition c’est-à-dire ce qui nous a été transmis et qui remonte à Jésus et aux premiers disciples, aux apôtres. C’est cela qui représente la Tradition proprement dite – beaucoup de choses ensuite sont appelées Tradition d’une façon abusive parce qu’elles ne remontent pas aux premiers temps de l’Église.

La Tradition nous enseigne que nous sommes fils de Dieu, et elle nous enseigne aussi que nous sommes fils de Marie dans le baptême.

C’est une réalité, une réalité spirituelle mais une réalité, pas moins et même davantage que ce que nous voyons – ce qui est spirituel est plus réel, même si notre nature ne nous permet pas de l’apprécier suffisamment.

La Tradition nous l’enseigne et à sa suite les théologiens, par a + b + c, comme font toujours les théologiens, mais ils nous le confirment à partir de raisonnements saintement inspirés.

Par la grâce du baptême nous devenons fils de Dieu mais aussi fils de Marie. Cependant beaucoup de confessions chrétiennes non catholiques le nient parce que cela n’apparait pas dans l’Écriture, dans l’Évangile.

Quand le Seigneur dit à Marie Voici ton fils, ces confessions chrétiennes considèrent que Jésus a confié sa mère au disciple et que cela concerne seulement ce disciple et aucun autre. Il voulait la confier avant son départ, et il l’a confiée au disciple qu’il aimait tout particulièrement…

Mais est-il bien vrai que cela n’apparait pas dans l’Évangile, que Marie est la Mère de tous les disciples et ainsi la Mère de l’Église ?…

Déjà le Seigneur le dit avec une grande solennité, c’est le moment le plus solennel de tout l’Évangile. Jésus avant de mourir en croix dit à sa mère Voici ton fils. Et il ajoute en parlant au disciple Voici ta mère. C’est très fort…

Mais il y a plus important que cela. Nous lisons au début de cette page de l’Évangile que se tenaient au pied de la croix sa mère et deux autres femmes. Et puis aussitôt après l’Évangile nous dit que Jésus voit à côté de sa mère le disciple qu’il aimait…

Mais pourquoi l’Évangile nous dit-il ensuite seulement que Jésus voit le disciple à côté de sa mère ? C’est étrange, dans un premier temps le disciple n’apparait pas, alors qu’il était là…

Quand est-ce que nous voyons des femmes, avec la mère au milieu, et ensuite non plus seulement trois femmes mais aussi un homme à côté de la mère ? C’est au moment d’une naissance.

Quand il y a un accouchement, il y a la mère avec des femmes à ses côtés, et ensuite on revient et à côté de la mère il y a le nouveau-né.

C’est ce que nous dit l’Évangile à sa façon, il nous dit qu’il s’agit d’une véritable naissance, que le disciple est réellement né de nouveau à ce moment-là. Il nous dit que ce n’est pas une adoption…

C’est formidable une adoption, qu’une femme accueille un enfant et l’aime comme son propre enfant, c’est merveilleux, en vertu de l’amour elle devient vraiment sa mère et lui son fils.

Mais là le disciple n’est pas adopté, nous dit l’Évangile, il nait de nouveau. Et si lui nait de nouveau alors tous les disciples aussi naissent de nouveau au pied de la croix – ce serait étrange si un seul disciple renaissait, ce serait un évangile gnostique.

Et d’ailleurs c’est la façon habituelle de procéder de l’Évangile de Jean. Il nous donne à voir des cas particuliers à travers lesquels nous sommes tous concernés – par exemple il parle d’une seule guérison sur tout un chapitre, celle d’un aveugle de naissance, mais cette guérison nous rejoint tous.

Dans le baptême nous devenons vraiment fils de Dieu mais aussi fils de Marie. C’est ce que la Tradition déjà nous enseigne, mais c’est aussi ce que nous dit l’Évangile.

Qu’est-ce que cela change que l’Évangile aussi nous le dise expressément ?

C’est plus fort que quand quelqu’un nous le dit après qu’un autre le lui a dit etc… Là, c’est la parole même de Dieu qui nous le révèle et à travers un évènement concret. Nous pouvons l’accueillir plus en profondeur dans notre cœur.

Marie est notre Mère, elle nous a transmis son patrimoine génétique spirituel, si je peux dire, il est en nous, il fait un avec nous, comme l’Esprit Saint depuis notre baptême.

Il ne s’agit pas d’une parole extérieure qui appellerait de nous une imitation superficielle ou convenue de Marie. Il s’agit d’être nous-mêmes avec ce qui nous a été donné, et qui continue de nous être donné, pour grandir en âge, en sagesse et en grâce.

Nous pouvons accueillir Marie chez nous, comme le dit l’Évangile à propos de ce premier disciple, nous pouvons nous laisser accompagner et éduquer par elle tous les jours de notre vie, prier avec elle et en elle.

Homélie du Père Justin, Marie Mère de l’Église, lundi de Pentecôte2026-05-25T21:39:09+02:00
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