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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du XXIX° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs

Les disciples n’ont pas encore compris ni ce que veut dire « suivre Jésus » ni le sens du service.  Ils ont encore tellement de mal à renoncé à la soif de pouvoir et leur grand besoin de reconnaissance et de gratification.  Dimanche dernier nous avons contemplé cette page, tellement belle, mais paradoxalement très triste du jeune homme riche : beauté de la vie d’un jeune homme qui essaye de vivre les commandements de Dieu depuis son enfance, assoiffé de la vie éternelle. Mais quelle tristesse d’un rendez-vous d’amour manqué de ce jeune qui ne voulait pas faire le saut de la confiance parce qu’il ne pouvait pas de tout quitter pour suivre Jésus…. Outre le visage sombre de ce jeune homme riche, nous nous rappelons la réclamation de Pierre, parlant au nom des disciples qui avaient tout quitté, et la réponse rassurante de Jésus : « Pierre se mit à dire à Jésus :« Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle ».  Ces belles paroles de Jésus n’ont pas suffi pour rassurer ses disciples.

La suite de l’évangile de Marc nous le montre avec la troisième annonce de la Passion aux disciples. Ils sont sur la route vers Jérusalem où Jésus va mourir et ressusciter. C’est sur ce chemin qui mère à Jérusalem que les disciples vont se disputer en se distribuant les postes ministériels : Marc nous dit que les disciples discutaient entres eux pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Là encore, la réponse de Jésus rappelle le sens du service : « celui parmi vous qui veut être le plus grand, qu’il se fasse le serviteur de tous. Celui qui veut être le premier, qu’il se fasse le dernier de tous », avec l’exemple d’un enfant comme modèle. Mais là encore, cela n’a pas suffi pour que les disciples comprennent que suivre Jésus, c’est renoncer à la logique du monde, celle du pouvoir et de la domination.

L’évangile de ce dimanche nous montre avec tristesse combien les disciples étaient, comme nous tous parfois, obsédés par pouvoir. Cela nous rassure parce que, si cela est arrivé aux apôtres, il est normal que cela se passe dans nos petites communautés paroissiales aussi, où il y a parfois des quelques petites luttes de pouvoir. N’allons pas cherches les exemples, chez les politiques, avec cette période de pré-campagne électorale. N’allons pas non plus chercher dans la hiérarchie de l’Eglise chez les cardinaux et les évêques qui font profil bas actuellement avec les révélations du rapport de la CIASE.

Regardons simplement autour de nous, dans nos petites communautés où, sournoisement, malheureusement, le malin peut injecter le virus de la soif du pouvoir à travers les petits ou grands services que nous rendons à la communauté :  le pouvoir pour faire les lectures à la messe le dimanche, animer les chants, la gestion des fleurs, de l’orgue, de la sacristie, l’animation de tel groupe de prière ou service…pour telle ou telle autre petite responsabilité…. Ce sont des services que nous rendons gratuitement et généreusement mais combien parfois le Malin vient les utiliser en faisant naître en nous une sorte de pouvoir,, de sorte qu’on a du mal à accepter que quelqu’un d’autre que moi puisse lire le dimanche, ou que ces taches soient remplies par d’autres  personnes que nous au sein de la communauté.   Rassurez-vous ! C’est normal, parce qu’il s’agit d’une attitude pleinement humaine. Réalisez que cette même tentation est arrivée à l’apôtre Jean, le mystique, le disciple bien-aimé, l’homme de l’intériorité, l’aigle qui nous a laissé le quatrième évangile. C’est arrivé à son frère Jacques…. Mais plus tard, ces deux apôtres ont donné leur vie pour le Christ. Cela veut dire qu’ils se sont convertis et ont dû abandonner l’obsession du pouvoir pour embrasser la logique du service.

L’évangéliste saint Luc est tendre avec Jacques et Jean, car il attribue cela à leur mère venue faire la requête à Jésus en voulant pistonner ses deux fils. Mais Marc souligne la responsabilité de Jean et Jacques qui vont eux-mêmes faire la demande : « En ce temps-là, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire ». Concrètement, la famille des Zébédée veut mettre la main sur l’Eglise, dominer les autres, les tirer par le bout du nez. Ils veulent occuper, l’un Matignon et l’autre le Quai d’Orsay.

On se serait attendu à une sorte de honte de la part des autres disciples, devant une demande aussi déplacée. Mais non, c’est la jalousie, car ils avaient tous la même envie. Ils manquaient seulement l’occasion pour l’exprimer. Jean et Jacques ont été plus malins que les dix autres qui se mettent en colère. « Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.»  Ils nous ont été roulés dans la farine ! La guerre du pouvoir est ouverte entre les disciples.  La jalousie règne en maître, et va faire ses dégâts. La recherche du pouvoir fait forcement naître de la jalousie, les rivalités. Celles-ci produisent ensuite des querelles, la haine, la rancœur, les divisions… Les disciples sont dans une guerre d’égo, et oublient l’immensité de la mission, la grande multitude de ceux qui ont faim et soif de Bonne nouvelle.

J’accueille comme une grâce pour moi et pour notre communauté les paroles du Christ recadrant les disciples et rappelant la logique de la mission de disciples : « Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.  Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Je rends grâce à Dieu pour tous ces hommes et femmes, discrets, invisible, humbles, prenant jamais le devant, mais toujours disponibles qui, discrètement et généreusement et font vivre nos paroisses, sans rien réclamer, dans un véritable esprit service. Ces petites mains servantes et discrètes, Jésus nous les présente comme modèles à imiter. Que le Seigneur donne à chaque membre de notre communauté la grâce du service pour que dans toute mission, nous soyons toujours dans la logique du service et du don de soi aux autres, à l’Eglise, au monde… en nous libérant de toute tentation de pouvoir et de domination ! Amen.

Homélie du Père Joseph du XXIX° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-10-16T15:47:13+02:00

Homélie du Père Joseph du XXVIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

« Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle ». Voilà ce que nous avons entendu dans la deuxième lecture, tirée de la Lettre aux Hébreux. Ceux parmi vous qui ont un contact fréquent et familier avec la Parole de Dieu se rendent compte de son action dans notre vie personnelle, quand nous la laissons nous toucher et nous interpeler. Plusieurs images illustrent l’action de la Parole de Dieu sur notre vie. Celle qui nous est proposée aujourd’hui, c’est celle d’une épée à double tranchant qui pénètre les secrets du cœur, qui met à nu nos pensées et nos sentiments. Tout ce que nous pensons cacher à tout le monde, le Seigneur le connaît. Il sait tout se qui se passe dans notre cœur.

L’image de l’épée signifie que la Parole nous interpelle, elle blesse notre orgueil. Elle est comme cette vérité du rapport Sauvé sur les abus dans l’Eglise depuis 70 ans, qui met le doigt sur cette vérité qui ouvre des blessures profondes dans les cœurs, surtout ceux des victimes, mais aussi nombreux prêtres et fidèles touchés directement ou indirectement par ces crimes horribles, et qui nous appelle tout à la purification et à une conversion profonde. N’oublions jamais que c’est aussi par sa Parole, une épée à double tranchant que Dieu nous encourage et nous réconforte…dans l’intimité de notre vie, en parlant avec douceur et tendresse à notre cœur blessé et meurtri qui a besoin de consolation comme actuellement. Chaque fois que notre cœur s’ouvre à la Parole de Dieu, celle-ci devient la lumière qui nous permet d’avancer vers plus de vérité, plus de joie.

Retenons que l’épée à deux tranchants dont il est question ici ne fait jamais de mal.  Il ne s’agit pas de l’épée des Talibans et de tous ceux qui utilisent l’épée pour tuer, massacrer comme cela se passe dans beaucoup de régions du monde actuellement. Celui qui tue par l’épée périra par l’épée !  La Parole de Dieu, cette épée à deux tranchants ne nous fera jamais mal. Elle ne blesse jamais notre cœur ! Elle ne s’impose jamais à nous. La Parole s’adresse à notre cœur, le siège de l’amour et nous laisse la liberté de l’accueillir, de nous ouvrir à elle, de nous laisser toucher par elle. Notre liberté est la condition nécessaire pour voir les fruits et bienfaits de la Parole dans notre vie personnelle. Très souvent malheureusement, nous préférons ne pas laisser cette Parole nous toucher parce que nous avons peur qu’elle remette en cause notre façon d’agir et de vivre. Nous préférons ne pas lire la Bible pour ne pas être bousculés par ce qu’elle nous recommande qu’ils ne veulent pas être bousculés dans leur conscience ou mode de vie. Alors nous résistons à l’appel du Seigneur, comme ce jeune homme de l’évangile, parce que nous avons du mal à abandonner ces perles et trésors auxquels nous tenons tellement peur de changer notre façon de vivre et d’agir.

C’est cela qui arrive au jeune homme de l’évangile d’aujourd’hui. Il est plein d’enthousiasme, désireux de rencontrer Jésus et assoiffé de la vie éternelle. Il a tellement entendu parler de lui qu’il veut le rencontrer. « En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ». C’est beau de contempler la soif et la joie de cet homme qui parle à Jésus. Aujourd’hui encore, beaucoup d’homme et de femmes ont cette même soif, mais il manque de disciples-missionnaires pour leur annoncer que Jésus est la Source de la Joie parfaite.

Belle et authentique démarche qui nous interpelle.  Jésus, qui connait le cœur de chacun découvre en lui un homme honnête et religieux. Il lui rappelle les commandements négatifs, sauf le dernier, et qui ne concernent que notre relation au prochain : « Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère ». Cet homme lui répond qu’il vit tout cela depuis son enfance. En réalité, ce jeune homme vit ces commandements de Dieu sous le signe du devoir. Il le fait parce que ses parents lui ont dit qu’il faut le faire. C’est comme cet enfant de 4 ans à l’Eveil à la foi, les autres enfants, a récité le Notre Père de manière impeccable, en disant bien que sa grand-mère a déjà précisé que dire sa prière le soir faisait partie des obligations de la maison… Ceci qui permet à cet enfant de prier chaque jour, ce qui est déjà une très bonne chose. Et c’est très beau ! Mais il faut un pas de plus : quand cet enfant fera sa prière par amour pour Jésus, comme ce jeune homme qui est appelé à vivre ces différents commandements par amour pour Jésus. C’est cet amour qui comble notre cœur de joie. Contemplons cet homme : il mène une vie honnête, mais il n’a pas de joie : il a besoin de quelque chose plus pour être dans la joie.

 Il est inquiet malgré cette fidélité à la Loi et aux commandements. Il sait que quelque chose manque à sa vie. Ce jeune homme nous apprend que notre bonheur et notre joie ne peuvent se satisfaire d’une vie moralement correcte et irréprochable. Le philosophe danois S Kierkegaard nous dit que pour être vraiment heureux, nous devons passer de la vie esthétique, celle du plaisir et du don Juan, à la vie éthique du bon mari, bon père de famille, de l’homme et femme du devoir…à la dimension religieuse qui implique une relation personnelle d’amour avec Dieu.

C’est dans l’amour que consiste notre vrai bonheur. Essayez de penser la dernière fois que votre conjoint vous a pris dans ses bras, parce que vous l’aviez demandé ou réclamé, et mais lui ou elle n’en avait pas envie !  Ce que vous avez ressenti à ce moment-là, c’est ce que ressent le Seigneur quand nous vivons les commandements et notre vie de foi sans amour ! L’homme de l’évangile mène une vie morale et religieuse liée exclusivement à une obéissance aux commandements, mais sans amour. Il lui manque la relation personnelle et d’amour avec Dieu. Or, c’est dans l’amour que nous trouvons la vie éternelle. Celui qui aime est déjà passé de la mort à la vie éternelle. Aimer le Seigneur signifie le désirer plus que tout, le prendre pour notre tout, notre seule et unique richesse. C’est cela qui manque au jeune homme riche. Il tient tellement à tous ses biens matériels qu’il se prive du Bien par excellence.

Jésus reconnait la beauté et la bonté de la vie de cet homme. L’évangile nous dit précisément que l’ayant écouté, Jésus l’aima. Le Seigneur appelle cet homme à faire un pas de plus, mais un pas décisif pour combler cette soif profonde qui est dans son cœur : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi» Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens ». Nous sommes là devant un rendez-vous d’amour manqué. Quel dommage ! Ce regard du Christ, plein d’amour devient source de tristesse pour cet homme qui cherche et désire profondément la vie éternelle mais qui ne l’accueille pas parce qu’attaché tellement à sa vie terrestre et à ses biens matériels. Ce jeune homme désire le ciel sans vouloir quitter la terre !

Attention mes chers frères et sœurs ! La richesse dont il s’agit ici n’est pas forcément matérielle. Dans la vie de chacun de nous, nous avons des choses, des liens, des attaches, des biens matériels, des qualités, des défauts qui font que nous devenons lourds, tellement gros comme un chameau devant le trou de l’aiguille. C’est tout ce à quoi nous refusons de renoncer, ce que nous refusons de quitter, parfois de manière raisonnable et responsable, tout ce qui nous empêche d’entrer dans le projet de Dieu et d’accueillir la vie éternelle à travers la Parole de Dieu.

Seigneur rends-nous pauvres et affamés de toi. Donne-nous de désirer chaque jour la vie éternelle. Donne-nous la grâce de te désirer par-dessus tout. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXVIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-10-10T22:52:35+02:00

Homélie de Christopher Jean-Jacques du XXVII° Dimanche du Temps Ordinaire, Année B (2021)

Dieu crée en séparant. Au moment de la naissance, l’enfant est séparé de sa mère et reçoit officiellement son prénom. Dans l’Évangile, alors que les pharisiens tentent de le mettre à l’épreuve, le Seigneur rappelle le projet de Dieu pour l’homme et la femme à l’origine. Après l’avoir modelé avec la poussière tirée du sol et insufflé le souffle de vie (Gn 2, 6) Dieu vient achever la création de l’être humain dans cette distinction du masculin et du féminin. L’homme et la femme qu’il a voulus complémentaires. Cela peut nourrir notre réflexion sur la notion d’égalité entre hommes et femmes.

La différence entre l’homme et la femme n’est pas la source des inégalités et des discriminations. C’est le péché qui en est la cause, il endurcit le cœur de l’homme. Dans l’Église, nous croyons à l’indissolubilité du mariage, cependant, nous sommes conscients du combat qu’il peut y avoir pour être fidèle à cet engagement. Au moment de l’épreuve où nous sommes tentés d’abandonner, cherchons le chemin que le Seigneur nous invite à prendre pour continuer à vivre notre engagement, comptons sur sa fidélité. Tel un GPS qui recalcule l’itinéraire quand on se trompe de chemin, le Seigneur ouvre toujours un chemin pour celui qui se tourne vers lui.  Aussi, nous devons toujours avoir à l’esprit que Dieu nous unit. Il unit l’homme et la femme dans le mariage. Il nous unit aussi les uns aux autres dans le baptême. Demandons-lui la grâce de la fidélité dans nos engagements, demandons-lui la grâce de l’unité afin que ce que Dieu a uni, l’homme ne le sépare pas.

Homélie de Christopher Jean-Jacques du XXVII° Dimanche du Temps Ordinaire, Année B (2021)2021-10-04T22:45:36+02:00

Homélie du Père Joseph du XXVI° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Dans la vie, lorsque nous constatons que les autres sont meilleurs, plus excellents, plus chanceux, plus riches, plus talentueux que nous, nous sommes ou pouvons être victime de ce un grand sentiment d’envie et posséder nous aussi ces qualités et talents que nous découvrons chez les autres. Dans le monde professionnel, nous voyons alors se développer la rivalité et la jalousie entre collègues qui travaillent dans le même domaine, et sur le même projet. Si un collègue atteint son objectif avant nous, et surtout si cela s’accompagne d’une reconnaissance financière ou en responsabilité, nous devenons envieux et jaloux. N’oublions jamais que l’envie et la jalousie sont deux des 7 capitaux…. Pensez à deux jeunes ados, les meilleurs amis qui viennent d’obtenir le BAC. Il veut devenir ingénieur, et tous deux font une prépa. Deux années de boulot acharné où ils se soutiennent et se motivent mutuellement. A la fin, il y un concours, et l’un est bien classé et est admis dans la meilleure école d’ingénieur, l’école de ses rêves. Mais l’autre, à cause du classement au concours, n’as trop le choix doit accepter d’intégrer une école moins côté. Tout d’un coup, jalousie et frustration met un peu de froid dans la relation entre ces deux ados qui étaient pourtant les meilleurs amis du monde. Mais tout cela était en même temps révélateur de cette jalousie et cet orgueil enracinés dans le cœur pour ne pas accepter que l’autre soit meilleur.

Victimes de l’orgueil et de la prétention, nous devrions au contraire nous réjouir que les autres soient meilleurs et atteignent certains sommets, surtout s’ils le méritent bien ! Nous réjouir, au niveau professionnel, que l’entreprise progresse, qu’elle soit plus efficace, plus productive… grâce aux talents des uns et des autres, parce que ce qui compte, c’est que les choses avancent, en remplissant chacun son rôle. En fait, si nous sommes orgueilleux et prétentieux, nous risquons de déchanter cat nous trouverons toujours quelqu’un qui soit plus beau, plus intelligents, plus talentueux que nous. Nous ne sommes pas les seuls à avoir des qualités et des charismes… ! Au contraire, nous devons demander la grâce de reconnaitre humblement et nous réjouis des charismes, des qualités et du potentiel présents chez les autres.

Si l’orgueil, les rivalités, la prétention existent dans le monde professionnel, scolaire, politique, elles existent malheureusement aussi dans la vie chrétienne et dans le domaine ecclésial. Ne soyez pas choqués ni naïfs : jalousie et rivalités existent malheureusement entre séminaristes, entre prêtres, évêques, cardinaux, membres de la même communauté religieuses, entre paroissiens, dans nos familles, entre les époux, entre frères et sœurs… ! Savez-vous pourquoi ? Parce que nous sommes d’abord profondément pétris d’humanité, des hommes et femmes, ces êtres de rivalités que nous sommes naturellement…mais appelés à ressembler au Christ humble, pauvre, petit et ouvert à tous.

La Parole de Dieu de ce dimanche met le doigt sur la jalousie de voir que d’autres peuvent accomplir comme nous, ou même mieux que nous, l’œuvre de Dieu. Nous sommes jaloux de voir que ceux qui ne font pas partie de « notre club », « de notre mouvement », « notre équipe de spiritualité », « notre sensibilité religieuse, pastorale » puissent mieux faire que nous certaines choses. Dans la première lecture, il est écrit : « Or, deux hommes étaient restés dans le camp ; l’un s’appelait Eldad, et l’autre Médad. L’esprit reposa sur eux ; eux aussi avaient été choisis, mais ils ne s’étaient pas rendus à la Tente, et c’est dans le camp qu’ils se mirent à prophétiser. Un jeune homme courut annoncer à Moïse : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! » Josué, fils de Noun, auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole : « Moïse, mon maître, arrête-les ! » Mais Moïse lui dit : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !»

Dans la première lecture, Josué, celui-là même qui prendra la suite de Moïse en conduisant le peuple d’Israël dans la Terre Promise est presque mort de jalousie. Cette jalousie est remarquée dans le cœur du plus mystique des apôtres, celui qu’on appelle « le Disciple Bien-Aimé », l’apôtre Jean comme nous pouvons le voir aussi dans l’évangile : « En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. » Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »

Dans les deux cas, la solution peut nous surprendre : il ne faut empêcher à personne d’être l’instrument des bénéfices de la grâce de Dieu. Toute personne qui fait du bien au nom de Jésus, même s’il ne fait pas partie des disciples, accomplit une œuvre qui plait à Dieu. A une certaine époque, et peut-être aujourd’hui encore, dans certains groupes, nous avions une vision exclusive de l’action de Dieu. Nous pensons que le Seigneur n’agit seulement que parmi nous et à travers nous, notre mouvement, notre petit groupe, notre Eglise, notre religion, notre spiritualité… tout cela devient un peu sectaire ! C’est la Communauté de l’Emmanuel ou rie, c’est le Chemin Neuf ou rien, le Equipes Notre-Dame ou rien, Vivre et Aimer ou rien, le CPM ou rien, l’Opus Dei ou rien, Les SGDF ou rien, les Scouts d’Europe ou rien ! Absolutiser son groupe pour exclure les autres.

L’Eglise nous dit que le Seigneur agit certainement dans et à travers l’Eglise, mais nous ne pouvons pas enfermer l’action de Dieu seulement à l’intérieur des murs et l’activité de nos églises. Une œuvre bonne, d’où qu’elle vienne et qui l’accomplit… est toujours un bien venant de Dieu, un signe de la présence de Dieu qui agit dans tous les cœurs qui savent l’écouter. Dans le cadre du dialogue inter-religieux, l’Eglise catholique appelle les chrétiens à reconnaitre que beaucoup de dons, charismes sont présents en dehors de notre religion chrétienne. Emerveillons-nous de constater les qualités éloquentes dans les autres religions et cultures, pour la simple raison que le saint Esprit, auteur de sanctification et dispensateurs des dons et des charismes, agit aussi au-delà des frontières de la religion chrétienne, dans les hommes et femmes de bonne volonté même s’ils ne connaissent pas Dieu de manière explicite. On appelle cela les semences du Verbe !

L’Eglise, tout en réaffirmant d’être l’unique dépositaire de la vérité, tout en soulignant d’être l’unique institution voulue par le Christ pour le salut du monde et tout en revendiquant sa légitime autorité dans le domaine spirituel (Ecclesia Mater et Magistra), reconnait aussi que beaucoup d’éléments d’édification spirituelle peuvent se trouver aussi dans d’autres religions. Le saint Esprit agit en d’autres lieux bien loin de nous et que des éléments de vérité puissent se trouver aussi dans le monde athée et dans les autres religions.

L’autre point souligné dans cet évangile, c’est le soin et l’attention pour nos enfants et nos petits-enfants. Ils sont d’abord enfants de Dieu qui nous les confie pour que nous en prenions soin ! Nos enfants ne sont pas nos propriétés, les objets de nos droits et revendications…A la naissance, nous sommes tous comme les enfants dont parle Jésus dans l’évangile : un petit être fragile, sans expérience, innocent sur tous points de vue et ouvert au bien. Mais cet être fragile est aussi exposé à toute sorte de menace et des tempêtes qui peuvent scandaliser, détruire et abimer sa vie, avec toutes ces horreurs dont on entend parler, les incestes et pédophilies dans les familles, les écoles, et malheureusement aussi dans l’Eglise. Combien les enfants souffrent des querelles et des séparations entre parents, des conflits en familles, des idéologies de PMA, GPA…dans la société.

Tellement sollicités par le travail et nombreuses occupations, nous n’avons plus du temps à passer avec les enfants : on part très tôt u boulot pour rentrer après 20h00 le soir ; tellement fatigué qu’on a qu’une envie : aller dormir. Certaines nounous et maîtresses d’école connaissent parfois mieux les enfants que certains parents. Dans l’évangile, le Seigneur Jésus n’utilise pas de demi-mots pour condamner le scandale et le mal faits aux enfants : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer ».

Prions pour les parents, les pasteurs, catéchistes, animateurs d’aumônerie, les enseignants, les différents acteurs de l’éducation intégrale des enfants. Que tout ce que nous posons comme geste et choix cherchent toujours le bien pour chaque enfant qui nous est confié dans la famille, dans la société et dans l’Eglise. Seigneur donne ta lumière à tous les éducateurs et bénis chacun de nos enfants. Amen.

Homélie du Père Joseph du XXVI° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-09-26T22:12:55+02:00

Homélie du Père Joseph du XXV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Dimanche dernier, lors de notre belle rentrée paroissiale, nous avons médité sur la première annonce de sa Passion par le Christ à ses disciples. Cela se passait dans la ville de Césarée-de Philippe. Une semaine plus tard, Jésus nous fait une deuxième annonce de sa Passion. Mais pourquoi ? Quel besoin avait-il de faire de nouveau une annonce de sa Passion ? Voulait-il déprimer ses disciples en leur parlant de ses souffrance, mort et résurrection à venir ?  En effet, si Jésus fait une nouvelle annonce de sa Passion, cela veut dire que la première annonce, celle de Césarée-de-Philippe n’a pas suffi ! Vous vous rappelez qu’après que Jésus ait annoncé sa Passion dimanche dernier, Simon Pierre,assoiffé de pouvoir et de gloire sans effort, avait reproché à Jésus de prendre un chemin d’humiliation, au lieu de suivre celui du pouvoir et de la gloire. Nous nous rappelons le recadrage, quand Jésus remet Pierre à sa place en le qualifiant de Satan car il refusait le projet de Dieu. Ensuite, Jésus s’adressa à Pierre et à nous tous en nous disant : « Celui que veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus est toujours en route vers Jérusalem. Il traverse la Galilée comme un inconnu, il évite les foules, les scribes et les pharisiens parce qu’il veut se consacrer exclusivement au service du petit groupe d’apôtres, son staff, son conseil de groupe, appelé à partager avec lui toute sa mission. Il veut créer la cohésion dans le groupe. Il veut que dans son équipe, les gens aient des relations fraternelles et confiantes. Quand on travaille en équipe, en groupe, on ne peut pas se contenter d’être simplement des individualités juxtaposées. Il faut qu’il y ait des relations fraternelles, conviviales, de cohésion de groupe, la connaissance mutuelle des qualités et limites des uns et des autres. Une équipe de rugby, de foot, de basket, ou une autre équipe où les joueurs ne se connaissent pas, où chacun ne pense qu’à soit …est vouée à perdre tous ses matchs. Un groupe scout où chacun « se la joue solo » ne peut pas grandir.

C’est pour cette raison que Jésus s’attelle à former une vraie équipe des disciples missionnaires. Il sait qu’après sa mort, c’est cette équipe qui poursuivra la mission d’annoncer sa mort et sa résurrection, en partant de Jérusalem pour atteindre les extrémités du monde. Jésus leur ouvre son cœur et les fait entrer dans son intimité, leur partage le poids de ce qu’il porte en ce moment : « il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera.» Il y a beaucoup de tristessedans les paroles de Jésus, mais il y a aussi beaucoup de confiance.

C’est la deuxième annonce de la Passion, et comme pour la première, les disciples ne comprennent toujours rien. Ils ne posent pas de question.  On dirait que cela ne les touche pas. Ils sont ailleurs, à l’ouest ! Leur intérêt est ailleurs ! Imaginez que vous vous vivez une grosse épreuve, et que vous vous confiez, presque en larmes à quelqu’un lui disant ce qui vous pèse, et lui, devant toi, tu le vois envoyer des textos sur son portable, comme si ce qui te fait souffrir ne le touchait pas.  Mercredi matin, un fidèle d’une paroisse de Toulouse m’appelle pour me partager ses difficultés à avec son curé qu’il trouvait un peu raciste dans ses attitudes. J’ai longuement écouté la personne, évitant d’alimenter ses ressentiments. A un certain moment, j’ai dû lui dire : « Bon courage vraiment ! » et la personne qui m’interpelle en me disant : « Père Joseph, c’est tout, j’ai besoin que tu me dises quelque chose s’il te plait. Son interpellation a permis à ce que je lui donne quelques conseils, lui suggérant surtout de prendre le téléphone pour prendre rendez-vous avec son curé et pouvoir échanger et lui expliquer son ressenti basé sur des faits.  En terminant, je lui ai dit que nous allions ensemble confier sa douleur à Notre-Dame de Douleur que nous fêtions mercredi. Il parait que cela lui avait fait beaucoup de bien ! Exprimer sa douleur devant quelqu’un qui ne semble pas être touché, cela la douleur plus éprouvante encore !

Les disciples ne comprennent pas, mais ils ne posent aucune question. On dirait qu’ils s’en fichent complétement. Ils pensaient à autre chose : au pouvoir, à leur positionnement. Qui va être le candidat du PS, des verts, des Républicains ? Qui sera le prochain président de la République ? Macron ? Marine Le Pen, Mélanchon ? Xavier Bertrand ? Valérie Pécresse, ect…? Nous y sommes presque actuellement avec les échéances électorales à venir.Pendant qu’il leur parlait de cohésion, d’esprit d’équipe, de don de soi, d’attention à l’autre, de solidarité, de renoncement pour le bien du groupe… Jésus découvre la triste réalité de la soif du pouvoir et des divisions parmi ses disciples. En effet, sur la route, les disciples se disputaient pour les premières places. « Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. » Ils ont essayé de faire leurs petits arrangements, en cherchant comment se partager le pouvoir… en excluant Jésus de leurs négociations… mais ça n’a pas marché. L’amitié et les alliances basées sur le pouvoir et les intérêts ne durent jamais. Vous n’avez qu’à regarder ce qui se passe dans les partis politiques : les alliances se font et se défont selon les intérêts du moment et on peut facilement retourner sa veste, se donner au plus offrant. Aujourd’hui je suis de gauche, demain de droite, après-demain d’extrême droite, selon où souffle le vent et les sondages du moment….

Telle est la douloureuse expérience de Jésus, entouré des gens assoiffés de pouvoir. Ils ont fait leurs arrangements, ont voulu l’exclure, ils se sont disputés et à présent ils boudent, personne ne veut parler à l’autre.  Jésus s’approche d’eux et leur pose la question qui fâche : « Expliquez-moi la cause de votre dispute en chemin, pourquoi vous boudez les uns contre les autres ». Tous sont muets et personne n’ouvre la bouche. Embarrassés, ils ont tellement honte de leur comportement. Certains auraient peut-être que Jésus se fâche à son tour pour leur remonter les bretelles ! Mais, avec docilité et amour, Jésus profite de ce malaise pour apprendre à ses disciples le sens de la mission et de la responsabilité évangélique : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Pour Jésus, l’autorité consiste dans le service. Servir, toujours servir ! Il le montrera plus tard au lavement des pieds ! : « Vous m’appelez maître et Seigneur et vous avez raison car vraiment je le suis. Si moi, maître et Seigneur je vous ai lavé les pieds, c’est pour que vous fassiez de même les uns aux autres ».

Pour Jésus, le vrai pouvoir consiste à ne pas en avoir, comme un enfant qui obéit (il s’agit d’un enfant à l’âge où il ne dit pas non à tout »). Le vrai pouvoir est l’amour parce que l’amour n’a ni pouvoir ni domination sur les autres. Dans le monde, avoir le pouvoir, c’est manipuler les autres, les avoir sous contrôle, les maîtriser autour de soi. Le pouvoir se fait sentir. Le pouvoir, c’est parfois faire du chantage, comme l’enfant qui fait plier les parents à ses désidératas à force de pleurer et de crier. Le pouvoir, c’est parfois faire la victime, « on m’en veut, personne ne m’accueille, personne ne m’aime ! ». Le pouvoir, c’est parfois humilier les autres, les rabaisser en pointant leurs limites et faiblesses : « T’es vraiment un incapable ! Ce travail qui t’a pris une semaine, vois que je l’ai fait en une soirée ! » Tel est le pouvoir du monde !

Aujourd’hui, Jésus nous demande de passer du pouvoir à l’amour, car l’amour vrai n’a pas de pouvoir. L’amour rend service et est sans orgueil. Seigneur donne-nous de mettre du cœur, c’est-à-dire, de l’amour dans les missions et responsabilités qu’il nous a confiées, de servir sans rien attendre en retour, à donner sans compter, comme dit la prière scoute, quel que soit le niveau de notre responsabilité en Eglise, en paroisse, dans le mouvement, en famille, en société. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-09-18T12:34:45+02:00

Homélie du Père Joseph du XXIV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs, chers paroissiens !

L’évangile proposé par l’Eglise en ce dimanche de notre rentrée paroissiale est une invitation à méditer ce lien tellement paradoxal mais ô combien fondamental entre la croix et la gloire.  La providence divine a voulu que cet évangile soit lu et médité ce dimanche, alors que mardi, le 14 sept, nous allons célébrer la fête de la Croix Glorieuse et mercredi 15 sept ( une petite pensée à la communauté de la Croix glorieuse de la paroisse de l’Immaculée conception qui a fêté 40 ans d’existence qui a fêté hier samedi) ; nous célébrerons ensuite la fête de Notre-Dame des Douleurs, occasion pour nous de confier à la Vierge Marie les croix plus ou moins lourdes que nous portons ou devons porter dans nos vie personnelle, professionnelle, familiale et ecclésiale….  Dans la tradition biblique, la croix est l’instrument de l’extrême humiliation. Dans le judaïsme, c’est scandaleux de concevoir un Dieu crucifié.  Pourtant, avec Jésus, la croix devient l’étape nécessaire d’élévation et de glorification pour les chrétiens. « Si nous souffrons avec lui, si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons, avec lui nous régnerons », rappelle saint Paul. Soren Kierkergaard, un philosophe et théologien protestant Danois que j’aime beaucoup, dit dans un de ses ouvrages que l’on ne peut concevoir, envisager, penser une vie « authentiquement chrétienne sans la dimension de la croix »

Pourtant, nous venons de l’entendre de l’évangile, Simon Pierre, le premier des apôtres, a du mal à accepter cette voie que Jésus lui-même a choisie pour nous sauver. En s’adressant aux disciples marchant derrière lui et qui autour de lui à Césarée de Philippe, c’est à nous paroissiens de l’ensemble paroissial de Tournefeuille que Jésus s’adresse et interroge sur la connaissance qu’ont les gens de lui et que nous avons-nous-mêmes de lui. « Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? »

Il ne s’agit pas du tout de cette curiosité, qui trouve sa source dans notre orgueil et qui nous pousse à savoir tout ce que les gens peuvent sur nous, ce qu’ils disent de nous, quelle opinion, quel jugement ils portent sur nous. D’ailleurs, vous remarquerez que Jésus ne demande pas « ce que » les gens disent (quoi). Il s’agit « de qui il est », de son identité profonde.  Voyez bien la différence entre « qu’est-ce que les gens disent de moi » et « qui suis-je aux dire des gens ? ». Dans sa question, Jésus veut rencontrer les gens sur le terrain de leurs convictions, ce qu’ils croient vraiment. C’est sur le terrain de nos convictions profondes que le Seigneur veut nous rencontrer pour nous montrer qu’il s’intéresse à la personne, et non pas à l’idée ou l’opinion que nous pouvons avoir de nous-même ou des autres. Dans la vie de nos paroisses, nous ne pouvons pas annoncer le Christ aux gens que nous rencontrons ou qui frappent aux portes de nos maisons, presbytères et églises si nous ne cherchons pas à savoir qui ils sont réellement, quelles convictions font vivre et fait bouger leur vie.

En cette année nouvelle où nous sommes encore appelés à grandir dans la dimension missionnaire, Jésus nous rappelle que c’est lui que nous devons suivre et annoncer, mais en partant des convictions des gens que nous rencontrons. Les apôtres répondent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » La réponse donnée par les apôtres est, dans une certaine mesure, comparable à ce que nous entendons souvent. Pour beaucoup de gens que nous rencontrons, Jésus est parfois considéré comme un grand homme, un prophète, (même les musulmans reconnaissent Jésus est un prophète !) quelqu’un qui sort du lot, presque superman, un grand personnagede l’histoire de l’humanité. J’ai même entendu, de mes propres oreilles, dans un autre ensemble paroissial, une catéchiste qui parlait aux enfants de Jésus comme d’un homme extraordinaire qui a fait beaucoup de bien, porteur de grandes valeurs, des super-pouvoirs pour faire des miracles, qui a fait tellement de bien aux gens, qu’il nous faut imiter… mais cette brave catéchiste avait du mal à leur dire et expliquer que Jésus est Dieu, comme le Père !

Quand vous lisez les Actes des Apôtres, lorsque Pierre et les autres apôtres commencent leur mission, le contenu de leur message, qu’on appelle le Kérygme, « c’est que Jésus, cet homme juste qui n’a fait que du bien, il a été condamné injustement, a été crucifié, est mort en croix, mais il est ressuscité, c’est lui le Christ, le Sauveur, nous en sommes témoins ». Dans tous nos services, groupes et mouvements, c’est cela qui doit être le contenu de notre message et de notre témoignage. Nous pouvons faire des choses tellement gentilles et sympathiques dans toutes les pastorales, catéchèses et préparation sacramentelle, mais si nous n’annonçons pas que Jésus est le Christ, le Sauveur, nous passons à côté du cœur du message chrétien.

« J’ai la foi, j’ai mes croyances, même si je ne vais pas à la messe, je suis croyant, mais pas pratiquant ! » Voilà un refrain que j’entends à longueur des journées ! En cette rentrée pastorale, nous pouvons demander la grâce de passer de cette foi conceptuelle, un peu hasardeuse à une réelle rencontre personnelle avec la personne Jésus. C’est cela que nous sommes appelés à vivre pendant cette année pastorale qui commence : grandir chaque jour dans la rencontre et la connaissance avec Jésus, aller chercher et accueillir nos frères et sœurs qui s’approchent de l’Eglise pour qu’ils grandissent et approfondissent leur propre relation personnelle avec le Christ en le découvrant à vraiment l’œuvre dans leur vie.

C’est facile de mettre des étiquettes sur les autres, de les enfermer dans une boîte parce qu’on entend dire ceci ou cela.  On ne peut pas connaître l’autre et savoir qui il est si l’on n’a pas fait l’effort d’entrer véritablement en relation avec lui. Une communauté paroissiale comme la nôtre, risque toujours de s’appauvrir si nous n’accueillons pas, si n’allons pas vers les autres, à la rencontre de l’autre pour l’accueillir, pour découvrir qui il est vraiment.  Il est vrai que rencontrer et accueillir en vérité est couteux et demande fournir des efforts… Mais celui qui fait le choix de la rencontre vraie et de l’accueil authentique découvre tout le trésor que l’autre peut lui apporter. Nous nous trompons très souvent sur le Seigneur, sur les gens, les membres de la communauté, nos voisins de palier, de l’immeuble, du quartier ou du village, les membres de nos équipes, parce que nous n’avons pas fait le choix de les rencontrer et de les connaître vraiment. Ce qui vaut pour ceux qui nous entourent dans nos communes, communautés et équipes, vaut aussi pour notre relation avec le Seigneur.

Un baptisé qui n’a pas encore tissé une relation personnelle avec Jésus ne peut pas se dire chrétien. C’est pour cela que Jésus vérifie si ses disciples le connaissent, au-delà des sondages d’opinions. C’est pourquoi il les interroge pour avoir une réponse personnelle et engageante : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » C’est beau d’entendre Simon Pierre toujours spontanée dans ses réponses, confesser : « Tu es le Christ ». Il dit la vérité. Jésus est le Christ, le Messie. Mais là encore, les disciples, et Pierre en particulier, doivent grandir dans leur foi. Pour les juifs, le Messie qu’il attendait devait être puissant pour les libérer de la domination des oppresseurs Romains.

Jésus profite donc de la révélation de son identité par Pierre pour parler à ses disciples de sa croix, sa mort et sa Résurrection. Pierre, qui venait de faire une belle profession de foi refuse le projet de Jésus qui passe par la Croix. Lui qui avait abandonné son bateau de pêche et ses filets pour suivre Jésus, le voilà qui veut prendre la place de son maître. Pierre n’accueille pas le projet du Christ parce qu’il veut une gloire sans épreuve, sans souffrance ni douleur ! On ne peut pas réussir sans travailler, obtenir un succès sans faire efforts. Ca vaut pour le travail, les études, les affaires… et sa vaut aussi pour la sainteté, pour la mission dans l’Eglise.   Pierre veut décider à la place de Jésus et se permet même de lui donner des leçons de morale, de recadrer le Messie dont il vient de professer la foi : « Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : non Seigneur, cela ne t’arrivera pas ». Combien cela nous arrive souvent.

La réponse de Jésus à Pierre s’adresse à nous aussi en cette rentrée paroissiale : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Notre place est derrière le Seigneur, et notre mission est de Le suivre, d’emboiter ses pas en non pas de prendre sa place.  Pape, évêque, vicaire épiscopal, curé de paroisse, vicaire, prêtre, diacre, membre de l’EAP, fidèle laïc, responsable de tel service, groupe, mouvement … nous sommes tous disciples, c’est-à-dire, tous derrière le Christ qui nous appelle à le suivre au service de la mission d’annonce de la Bonne Nouvelle.  Méfions-nous car les apôtres de Jésus, dont le premier, Simon Pierre, ont été attiréspar le pouvoir, la gloire facile sans passer par la croix, le simple chrétien comme vous et moi, n’est pas vacciné contre la tentation du pouvoir dans l’Eglise à tout niveau, et même au niveau d’une paroisse.

En ce début d’année pastorale, la remontrance de Jésus à Pierre est un appel à la conversion pour chacun de nous. « Passe derrière-moi Satan ! »  De grâce, chers confrères et chers paroissiens, ne donnons jamais à Satan la possibilité de se glorifier au sein de notre communauté en semant le trouble, en cherchant le pouvoir, en créant des divisions ou des clans, en construisant des murs et barrières entre-nous, en répandant des mensonges, en refusant d’accueillir l’appel et le projet de Dieu comme tente de le faire Pierre dans l’évangile de ce dimanche. Que toute notre communauté dans son ensemble, et chacun de ses membres, nous accueillons ces paroles de Jésus pour en faire notre programme de communauté : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. » Être chrétien, c’est suivre le Crucifié, Serviteur portant sa croix, mais Vainqueur et Victorieux de la Croix et de la Mort par son Amour. Que le Seigneur nous donne la grâce de nous mettre au service les uns des autres, dans la gratuité généreuse de notre présence et de nos engagements pour la mission. Amen

Homélie du Père Joseph du XXIV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-09-11T16:47:24+02:00

Homélie du Père Joseph du XXIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

La surdité, dans l’Ancien Testament, signifie exclusion du salut parce qu’un sourd ne peut pas entendre tous les messages et appel du salut qui lui sont adressés par les prophètes, les prêtres…les messagers de Dieu. Mais très souvent dans l’AT, les prophètes ont accusé le peuple d’Israël d’être sourd, c’est-à-dire, d’être fermé, bloqué, comme une tombe, aux appels de Dieu qui l’appelle à la conversion. Isaïe y fait allusion dans la première lecture : « Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds ». Dans notre pays et à notre époque, nous sommes tellement sollicités et préoccupés par tellement des choses à faire, de bruits qui nous viennent de partout, des bavardages, rumeurs et opinions venant de la rue, des tous les médias, les réseaux sociaux, la musique à fond, bruits de la circulation automobile…. au point d’être devenus presque sourds à nous-même, à la planète, aux autres  et Dieu, incapables d’entendre et d’écouter le désir profond de notre cœur, cette soif profonde qui est en nous et que rien ne peut étancher à part Dieu. Ce n’est pas pour rien que se développe toutes ces méthodes de méditations, Yoga…pour apprendre à s’écouter soi-même, écouter son propre corps, son être profond.

Le protagoniste de l’évangile est un sourd. On parle, à défaut qu’un c’est un sourd muet mais ce n’est pas exactement ça. Il est sourd parce qu’il n’entend pas, mais il n’est pas totalement muet. Il a juste du mal à articuler, à communiquer correctement, à se faire comprendre. Ne pas entendre et ne pas se faire comprendre, signifie, ne pas être capable d’entrer en relation. Un sourd-muet risque de s’enfermer sur soi-même, sur son handicap et de se couper du monde extérieur. Combien des gens aujourd’hui se coupent des autres pour ne pas s’exposer, surtout quand on porte un handicap, un défaut physique…, aussi parce que les autres peuvent être impitoyable et horrible. Essayez de demander aux collégiens et lycéens ! .Si nous sommes dans ce cas de figure, l’évangile de ce dimanche est un cadeau pour nous car Jésus veut nous toucher pour nous ouvrir les oreilles et nous délier la langue, et nous aider à entrer ou à entretenir une relation vraie et authentique avec Dieu et avec les autres au sein de la communauté et dans le monde. Notre salut, notre vrai bonheur, dépend fondamentalement de la qualité de relation que nous tissons avec Dieu et les autres. Quelqu’un d’isolé, sans ami ni relation ne peut être heureux.

Au temps de Jésus, le salut était conçu par rapport à Jérusalem. Les juifs de Jérusalem étaient naturellement sauvés car ils habitaient la ville sainte. C’est comme Paris et les provinciaux ! Et plus on s’éloignait de Jérusalem, plus on s’éloignait du salut. Au-delà de Jérusalem, tout est perdu ! Rien de bon ! Au-delà du périphérique, rien de bon ! en dehors de Tournefeuille, de Lardenne, de Plaisance, de Saint Simon, de La Salvetat….il n’y plus grand-chose ! Vous ne pouvez pas imaginer combien le curé que je suis doit sans cesse rappeler qu’il ne doit pas y avoir des rivalités entre paroisses. Il parait qu’il y a plusieurs villages en France qui se réclament comme étant le vrai centre de la France.

La ville de Jérusalem était comme le centre du monde. Ceux qui habitaient dans les villes païennes étaient condamnés d’avance car il y avait chez eux un mélange culturel pas du tout orthodoxe, pas du goût de Scribes et Pharisiens. Alors, habiter la Décapole (les10 villes situées au-delà de la Samarie), celle-ci considérée elle-même comme ville hérétique et impure, cela voulait signifier qu’on était complétement perdu. Et pourtant, c’est là que va Jésus pour commencer sa mission. Il va chez les païens, chez ceux qui sont condamnés de prime à bord. Oui, la mission, pour les chrétiens, est une option préférentielle pour ceux qui sont exclus : les pauvres, les malades, les prisonniers, les sourds et les muets, porteurs de handicap, ceux qu’on peut facilement abandonner au cours du chemin parce qu’ils ne se suffisent pas matériellement, humainement, pastoralement… tous ceux qui étaient considérés comme impurs. Jésus est venu d’abord pour les pauvres et les malades, ceux qui reconnaissent avoir besoin de lui.

La guérison du sourd-muet pousse le peuple à faire une action de grâce : « Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. » Jésus les sauve au moment où ils s’y attendaient le moins. Dans la vie, seuls les gens qui n’attendent pas à un cadeau savent rendre grâce et reconnaître la grande valeur de ce qui leur est donné. La foi chrétienne nous redit que nous ne méritons pas le salut ni l’amour de Dieu. C’est donné gratuitement, comme ce sourd-muet sauvé de manière inattendue par le Christ.

Le sourd-muet de cet évangile est conduit par les autres auprès de Jésus… « Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler, et supplient Jésus de poser la main sur lui. » Ceci veut nous rappeler que nous avons toujours besoin des autres pour être conduit au Christ, pour entendre parler du Christ. Ce sont les autres qui nous indiquent le Christ. L’Eglise, est une famille, une grande communauté où nous avons des frères et des sœurs qui nous conduisent au Christ. Un chrétien qui veut se couper des autres, qui veut vivre sa foi sans les autres, dans la solitude (« je suis croyant mais pas pratiquant !!! je n’ai pas besoin de la communauté pour prier, pour croire »…combien de fois je l’entends), ce chrétien  orgueilleux et solitaire est  sur le voie de la  perte de sa foi. Que le Christ nous guérisse de cette arrogance spirituelle et pastorale qui nous fait croire que nous savons tout, pouvons tout faire tout seul, sans avoir besoin des autres. La fermeture aux autres, à la communauté est la grande surdité dont Jésus veut nous guérir en cette rentrée pastorale.

Mes amis, soyons heureux d’être chrétiens. C’est une grande chance pour nous d’appartenir au Christ. La joie chrétienne, nous ne pouvons pas ne pas en témoigner. Un chrétien vit dans l’action de grâce, il témoigne forcément de sa joie d’être sauvé et d’appartenir au Christ.  Pour annoncer la Bonne Nouvelle au monde, Jésus a besoin des chrétiens guéris, apaisés, sereins et heureux, qui rayonnent et qui crient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets » pour que nos contemporains l’entendent et puissent, à leur tour Le suivre et lui ouvrir les cœurs. Si le monde d’aujourd’hui a perdu le Seigneur, s’il a perdu la foi, c’est parce que ce monde a d’abord perdu des chrétiens missionnaires et crédibles qui témoignent vraiment de la Joie de leur foi, cette joie qui est le premier signe d’un disciple missionnaire du Christ. Seigneur, ouvre nos oreilles pour entendre ta parole, pour écouter les cris de joie et de souffrance nos frères et sœurs !  Délie nos langues, pour dire le bien autour de nous, pour dire du bien des autres, pour te bénir et témoigner de la Joie que tu nous donnes.

 

Homélie du Père Joseph du XXIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-09-03T12:18:32+02:00

Homélie du Père Joseph du XXII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs

« Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains ». Avec cette citation du prophète Isaïe, Jésus nous renvoie nous ouvre son cœur et invite chacun de nous à regarder son propre cœur pour vérifier, si mon cœur est petit ou grand, large ou étroit, fait de chair, sensible ou dur comme une pierre.  Jésus me demande de regarder objectivement et en vérité ce qui sort de mon propre cœur, quels sont mes désirs les plus profonds, quelles questions sont fondamentales pour moi car elles sont au cœur de ma vie.

 Tout est parti du comportement des disciples, un agir qui scandalise et choque les scribes et les pharisiens car il est contraire à la tradition. La polémique tourne autour de l’halakah, c’est-à-dire la pratique des préceptes et prescriptions reçus de la tradition, et en l’occurrence, le fait que les disciples prennent leur repas (littéralement manger des pains) sans se laver les mains, c’est-à-dire avec des mains impures. Il s’agit ici d’hygiène. Imaginez un peu si nous étions en période Covid19 avec les gels et le lavement de mains à répétition ! Les disciples de Jésus auraient eu beaucoup de problèmes avec les défenseurs du respect des mesures barrières que sont les scribes et pharisiens ! Là, je fais de l’anachronisme qui ne veut pas dire que ceux qui respectent ou appellent à respecter les mesure barrières sont des scribes et pharisiens, car dans ce cas, j’en fais partie.

En réalité, dans la Torah, la Loi de Moïse exigeait de faire des ablutions rituelles des mains seulement aux prêtres, surtout lorsqu’ils offraient le sacrifice. Mais au temps de Jésus, il y avait quelques mouvements des radicaux. Des radicaux, il y en a à toutes les époques, comme aujourd’hui et dans tous les domaines : nous avons des radicaux politiques de gauche comme de droite, des radicaux écolo, des radicaux économiques, des radicaux en morale, des radicaux religieux, comme les talibans… et il y a même des talibans dans le christianisme ! Ces radicaux du légalisme religieux multipliaient les prescriptions de la Loi, avec une particulière obsession autour du thème de la pureté.

Jésus lui était totalement libre et laissait ses disciples libres de ces observances qui n’avaient pas été demandées par Dieu. Jésus fait une distinction entre ce qui est une volonté de Dieu de ce qui est une coutume humaine, forgée par des hommes qui se déclarent fidèles au Dieu d’Israël. En réalité, ces radicaux religieux, ces puritains appellent « tradition » tout ce qu’ils ont eux-mêmes réfléchi, inventé et mis en place au cours de l’histoire. Jésus dénonce cette hypocrisie de la distance entre cette adhésion des lèvres à Dieu et le cœur qui restent totalement éloignés de lui.  Ces scribes et pharisiens allaient certainement très fréquemment au culte, ils célébraient chaque semaine le Shabbat, étaient assidus à la liturgie, bref, des gens qui extérieurement étaient très croyants. Cependant il leur manquait une authentique adhésion du cœur, celle qui exige que l’on vive et agisse en cohérence avec ce que nous disons en parole. Jésus nous disait de nous méfier d’eux car ils disent mais ils ne font pas.

Croire et adhérer au Seigneur, c’est l’aimer vraiment et aimer son prochain. Saint Paul nous dit dans son « l’hymne à l’Amour », dans sa première lettre aux Corinthiens que j’ai beaucoup entendu lors des mariages célébrés cet été que c’est la Charité, c’est-à-dire l’Amour théologale qui est le critère ultime de vérification de ce qui est dans notre cœur, et non pas ces prescriptions que les scribes et pharisiens objectent à Jésus et à ses disciples en parlant de nourriture impure, des mains impures et des personnes impures avec lesquelles nous pouvons entrer en contact. Nous parlons très souvent actuellement cas-contact pour lutter contre la pandémie de la Covid19. De même, toute personne qui étaient cas-contact avec un lépreux à cette époque était considéré comme impure.

Chacun de nous devrait se demander s’il ne lui arrive pas de considérer certaines personnes comme impures, à mettre à part, avec qui il ne faut pas se mélanger parce que gens ne font pas les choses comme on le voudrait, parce que nous n’avons pas la même sensibilité politique, idéologique, ou pour des raisons sociales, philosophiques, sanitaires, religieuses ? Jésus nous invite à ne jamais traiter un frère ou une sœur d’impur, et cela interroge ma manière de regarder et de traiter ceux qui m’entourent. Dans ma vie, il y a un « toucher les autres » qui craint et fait mal, comme celui des scribes et des pharisiens, et un toucher qui aime et qui sauve, comme celui de Jésus. Comment touchons-nous les autres, comment regardons-nous les autres ? En ayant peur d’eux, en les écartant, en les traitant d’impurs comme les scribes et les pharisiens, ou en les accueillant, en les aimant comme le Seigneur ?

Jésus nous laisse libre ! La liberté est bien le grand thème qui est au cœur de l’évangile. En cette période rentrée, je pense à la communauté que nous formons. La paroisse, la communauté, c’est ce lieu dans lequel rien et personne ne peut nous rendre impur, lieu où rien et personne ne peut être considéré comme impur, car tout le monde doit trouver sa place au sein de la communauté.  N’oublions jamais qu’un scribe et un pharisien peut se cache en chacun de nous, avec leur hypocrisie qui sépare la foi en Dieu de l’Amour du prochain.  Les lois de la tradition humaine avec ses les lois ajoutées disaient qu’il fallait séparer l’amour de Dieu de l’amour du prochain. Jésus nous dit au contraire que le premier et le plus grand des commandements, inséparable, c’est aimer Dieu de tout son cœur, de toutes ses forces, de toute son âme, et d’aimer son prochain comme soi-même.

Jésus nous rappelle l’importance du cœur ! C’est du fond de notre cœur que sortent les intentions mauvaises. Le cœur est le centre des décisions et des sentiments.  Le cœur est le centre des intentions, pensées, sentiments et Jésus nous dit que peuvent être mauvais. Jésus dit dans l’évangile :« C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses :  inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.  Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Il nous arrive tous de pécher par intention, en pensées. Mes intentions mauvaises, je peux certes les cacher à tout le monde, mais Dieu sait et voit tout ce qui se passe dans mon coeur, tout ce qui pollue mon âme appelée pourtant à être sa demeure. Imaginez que quand on laisse ces intentions et pensée mauvaises s’entasser dans notre cœur, c’est comme quelqu’un qui laisse le désordre et la poussière, la saleté s’entasser dans sa maison au point que nos amis n’ont plus envie de se faire inviter chez nous à cause de cette poussière et mauvaises odeurs que dégage notre maison !

De la même manière, Dieu n’a plus envie d’habiter dans mon âme polluée par mes pensées et intentions mauvaises, cette rancœur que je laisse grandir, cette jalousie que je nourrie envers les autres. Le Seigneur nous connait plus intimement que nous même. Il sait de quoi nous sommes pétris. Il nous aime, non pas parce que nous sommes des gens bien, vertueux, pour nos qualités, mais bien parce qu’il est Amour et veut nous sanctifier si nous lui ouvrons notre cœur en lui demandant de le purifier par sa présence.

Puisse l’eucharistie que nous célébrons aujourd’hui nous donner la grâce d’un cœur pur et d’une âme purifiée de tous ses sentiments, pensées et intentions qui risquent de nous polluer. Amen.

Homélie du Père Joseph du XXII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-09-03T11:59:43+02:00

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Depuis quelques dimanches, nous avons été nourris par le chapitre 6 de l’évangile selon saint Jean, dans lequel Jésus nous livre son grand enseignement eucharistique sur le pain vivant descendu du ciel. Ce chapitre commence par le grand récit du miracle de la multiplication des pains. Il y a une grande pause dans cet enseignement avec la fête de l’assomption qui tombais un dimanche cette année.  Aujourd’hui, Jésus nous rappelle la radicalité de la foi car il nous demande de prendre position pour ou contre lui, décider de rester avec lui ou de partir comme les disciples dans l’évangile de ce dimanche.

Face à la gratuité du don infini de Dieu présent dans le Pain de Vie qu’est Jésus en personne, nous ne pouvons pas rester passifs et ne pas prendre position, se décider de l’accueillir par la foi ou alors ne pas donner son adhésion et s’en aller. Nous pouvons faire des discours sur Jésus, faire de thèses de théologie dans ses différentes disciplines, dogmatique, spirituelle, morale, pratique… sans réellement être disciple de Jésus…Un chrétien est celui qui a décidé et décide chaque jour de renouveler son oui à Jésus, de Le choisir chaque matin dans l’obéissance de la foi malgré les péripéties éprouvantes de notre existence, de Le suivre même quand nous avons du mal à certains de ses exigences et propos qui sont très durs et difficiles dans les Evangiles, dans la Doctrine disciplinaire ou même dans la vie de l’Eglise.

La foi est cette ouverture, cette décision inconditionnelle, à première vue irrationnelle, mais libre pour le Seigneur. Il n’est pas rationnellement possible de concevoir qu’un bout de pain, (que les petits-enfants non-catéchisés peuvent abusivement comparer à une chips, je parle ici de la sainte hostie), puisse contenir le Fils de Dieu, Verbe Incarné, Vrai Dieu et vrai homme, qui a fait des miracles, qui est mort et ressuscité à Jérusalem. Il est difficile d’accepter une telle proposition contraire au bon sens de la raison humaine ! Ceci ne peut être possible que dans et par la Foi, si nous ouvrons notre cœur librement et spontanément au don que Jésus fait de lui-même, si nous ouvrons notre cœur et levons les yeux de notre cœur à ce mystère extraordinaire qui s’opère dans chaque eucharistie célébrée.

Cependant, la foi ne s’oppose pas à la raison humaine… D’ailleurs la foi chrétienne est même très rationnelle. C’est la science la plus étudié de l’histoire de l’humanité. Je me rappelle mon premier cours d’introduction à la théologie avec l’affirmation « Fides quaerens intellectum » soulignant que la foi précède la raison comme vertu théologale, mais qu’ensuite notre foi cherche et interroge la raison humaine pour être comprise et en rendre compte. La foi n’est pas une attitude passive, non critique et soumise, mais notre foi a besoin d’être nourrie et affermie par la raison. Sinon, à quoi servent toutes les études de théologie, la catéchèse…. N’oublions cependant pas que toute étude, tout discours théologique doit se faire à genou devant ce Mystère du Totalement-Autre et infiniment grand qu’est notre Dieu !

Soulignons cependant que la foi est toujours un acte de courage, une aventure décisionnelle parce qu’elle comporte dans tous les cas un saut qualitatif comme celui d’Abraham, de Marie, de Simon Pierre dans l’évangile d’aujourd’hui. Oui, se livrer totalement, faire confiance à Dieu peut être comparé à un saut dans le vide, mais en même temps, c’est à travers ce saut dans le vide, cette confiance dans les bras du Seigneur que nous faisons l’expérience de la certitude de son Amour. C’est un cercle vertueux paradoxal ! Comme on ne peut réaliser et bénéficierpleinement des bienfaits d’une piscine pendant la chaleur estivale qu’en décidant de s’y jeter, de même, on ne pourra réaliser et bénéficier de l’Amour Infini que si on fait ce saut dans les bras de Dieu par la décision de la foi. En lui ouvrant notre cœur, Dieu se révèle à nous de manière progressive, simple, et parfois même foudroyante !

Le saut de la foi et de la confiance, voilà ce qui manque aux disciples qui abandonnent Jésus dans l’évangile de ce dimanche. Ils L’abandonnent après avoir entendu de sa bouche un discours trop dur qui irrite ces bons juifs qui condamnent l’anthropophagie ou le cannibalisme : « Ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson… Si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous… ! »  Une des raisons de la persécutions des chrétiens des premiers siècles, c’est qu’on les accusait d’être de cannibales parce qu’ils disaient manger la chair de Jésus et boire son sang lors de leurs célébrations eucharistiques dans les maisons et la catacombe ! Ce difficile discours sur le pain de vie se conclut donc par une fracture. Beaucoup n’y croient pas et s’en vont. « À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.  Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Encore une fois, nous nous appuyons sur la Profession de Foi de Pierre, comme à Césarée de Philippe quand Pierre professe la foi au nom de tous les autres apôtres que Jésus est le Christ. Il est comme le porte-parole des Douze. Pierre répondit à Jésus « Seigneur, à qui irions-nous ?  Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » En professant sa foi, Pierre se sauve lui-même et sauve les autres qui ont choisi de rester avec Jésus, et il sauve aussi le choix de l’Eglise, de tous les disciples de Jésus. Un chrétien est celui qui a l’humilité de reconnaitre qu’il est capable de trahir le Seigneur, qu’il le trahit souvent en abandonnant de vivre des nourritures et moyens de salut qui nous sont donnés dans et par l’Eglise pour rester uni à Jésus. Car si nous ne sommes pas unis au Christ, sans manger son Corps et boire son sang à travers les sacrements et l’eucharistie, nous risquons de dépérir et de mourir à petit feu.

L’amour de Dieu, comme tout vrai amour ne s’impose pas. Il se donne, se reçoit et se construit progressivement comme le jardinage. Jésus nous a offert sa vie dans le baptême et il continue à nous nourrir aujourd’hui encore à travers l’eucharistie. C’est dramatique que beaucoup de baptisés soient privés ou se privent eux-mêmes de l’eucharistie. Il est important de se nourrir en grignotant par la prière, faire oraison, lire la Bible, réciter le chapelet, comme on fait dans une journée. Cependant, nous ne pouvons pas nous contenter de ça : cela devrait nous conduire au repas eucharistique sans lequel nous risquons de dépérir.

Dans l’eucharistie, c’est-à-dire la messe, nous avons la présence même de Jésus, nous y trouvons toutes les vitamines nécessaires pour vivre, la force, la conversion, la sanctification, l’amour, la joie. Pensons à ces hommes et femmes qui témoignent de la force extraordinaire de l’eucharistie, comme Mgr Nguyen Van Thuan qui pendant 13 ans de détention communiste au Vietnam a  trouvé sa force en célébrant l’eucharistie avec un bout de pain et une goutte de vin, comme la  sœur  Elvire, la Mère des Drogués et toxicodépendants, fondatrice de la Communauté du Cenacolo, qui a sauvé et sauve encore aujourd’hui tant de jeunes perdus  dans la drogue en mettant l’eucharistie au centre de leur vie, ou saint Jean-Paul II qui a puisé sa force et construit toute sa vie sur l’eucharistie.

Ces disciples qui abandonnent Jésus sont ceux qui, aujourd’hui encore, malheureusement, s’éloignent de lui Christ à cause des péchés et de la fragilité de l’Eglise pécheresse dans ses prêtres et fidèles laïcs, dans certaines de ses positions morales ou doctrinales ! Aucune raison néanmoins ne devrait nous couper de la grâce extraordinaire que Jésus nous donne dans l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Seigneur Jésus, toi qui t’offre à nous dans l’eucharistie, donne-nous la grâce de ne jamais nous couper de toi, la Vigne dont nous sommes les sarments, car sans toi, nous risquons sûrement nous dessécher en nous privant de ton Corps et de son Sang qui sont la vraie nourriture et la vraie boisson qui nous donnent la vraie vie qui ne finit pas. Amen

 

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-09-03T11:59:34+02:00

Homélie du Père Joseph de l’Assomption, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Dieu élève Marie dans la gloire du ciel ! Telle est la signification la grande fête de l’Assomption que nous célébrons un dimanche cette année. Il y a certes un parallèle théologique de l’Assomption, qui nous invite à faire lien avec le mystère de la résurrection du Christ. C’est cela que nous contemplons dans la récitation et la méditation des mystères glorieux du Rosaire : Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption et le Couronnement de Marie.  Aujourd’hui cependant, je voudrais souligner la signification que Marie elle-même donne à cette fête dans le chant du Magnificat, quand elle crie : « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.  Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. ».

L’élévation, la glorification des humbles et des petits, voilà ce que le Seigneur a accompli pour Marie, son humble servante. Cette fille pieuse de Nazareth, humblement et dans la foi, a toujours été à l’écoute de la Parole de Dieu pour laisser le Verbe de Dieu prendre chair, s’incarner, prendre corps en elle, malgré sa petitesse. Dieu voulu la Vierge Marie à ses côtés, dans la gloire du ciel, parce que Marie l’a d’abord accueilli dans son cœur, un cœur qui croit. Ensuite Marie accueilli le Fils Unique du Père dans son sein maternel, avec toutes les douleurs de l’enfantement et de la maternité. Après la naissance à Bethléem, Marie a pris soin, nourri, élevé Jésus dans son humble et pauvre maison de Nazareth. Elle l’a fait sans orgueil mais avec un amour maternel infini et dans la foi. L’élévation de la Vierge Marie, la fille de Sion qui a cru en la Parole qui lui fut dite par l’ange de la part de Dieu, c’est aussi l’élévation des faibles, des humbles, de tous ceux qui vivent la foi profondément, mais dans la simplicité de leur cœur, les saints du voisinage, de la porte d’à côté comme aime le souligner le pape François.

Marie nous est donné comme le modèle et l’exemple d’une foi humble. Notre société nous fait parfois oublier que la vertu de l’humilité est une grâce qui n’est pas donnée à tout le monde. D’ailleurs, à partir d’Adam et Eve qui ont manifesté leur orgueil contre Dieu, nous nous constatons que nous les humains, nous ne sommes pas « naturellement humbles ». Un philosophe qualifie les humains comme étant naturellement des êtres en « compétition ». Nous désirons naturellement faire mieux et être meilleurs que les autres. Heureusement que l’histoire nous donne l’exemple de quelques grands hommes et femmes qui l’ont marqué grâce à l’humilité et la simplicité de leur vie. En cette fête de l’Assomption, nous pouvons demander une grâce particulière pour nous-même et pour les autres : devenir humble comme Marie.

Pourtant, même si nous désirons et prions pour devenir humbles, pour grandir dans la vertu de l’humilité comme Marie, Mère de Dieu et notre Mère, curieusement personne parmi nous ne désire être humilié ni méprisé… L’humiliation est une chose négative qui nous vient de l’extérieur, une sorte d’agression de la vie, de l’histoire, des situations difficiles que nous sommes appelés à affronter, par la force des choses, sans le vouloir. Le chômage, la séparation, la maladie, la violence, la guerre, le mépris des autres… voilà différentes choses qui peuvent nous humilier, nous écraser sans pourtant nous faire grandir en humilité !

Marie, l’humble Servante du Seigneur, fille de Nazareth était aussi humiliée pour avoir dit oui au Seigneur. Nous pouvons imaginer tous les racontars dans le village, toutes les histoires et commérages ce qui se racontaient sur elle derrière son dos, tous ces doigts méchants et menaçants pointés sur elle, la probable condamnation à mort par lapidation qu’elle encourait pour avoir été enceinte avant le mariage…. parce que tout le monde croyait qu’elle avait trompé Joseph, alors qu’elle n’avait dit que oui à la Parole du Seigneur. Marie, humble servante du Seigneur, humiliée par les hommes, n’a pas gardé de rancœur, son cœur n’était que pureté et amour. En fait, nous pouvons demander la grâce de la pureté du cœur aussi en cette fête de l’assomption pour que le Seigneur nous libère des rancœurs et des pensées méchantes qui peuvent polluer notre cœur, en réaction des humiliations que nous pouvons subir dans la vie. Le cœur du baptisé est appelé à être ce lieu pur et purifié où Jésus veut être accueilli comme le fit dans le sein de la Vierge Marie.

Contrairement à Marie, quand nous sommes humiliés, quand notre moi et notre orgueil sont atteints et blessés, nous cherchons à nous défendre, à nous venger, à rendre coup pour coup. C’est cela qui qui fait naitre la haine et la guerre dans les cœurs, dans les familles, les communautés et dans le monde. Quand j’étais séminariste, l’un des formateurs le père Constantino Frisia (d’heureuse mémoire !) nous répétait quand on était frustré ou fâché parce que blessé injustement, que tous les grands saints nous enseignent que ce sont les humiliations qui nous apprennent à être humbles et à grandir en humilité. Celui qui refuse toujours d’être humilié aura du mal à être humble. Nous sommes serviteurs et disciples de Jésus Crucifié, du Fils de Dieu et de Marie, humilié et mort en croix. Suivre Jésus, c’est porter la croix pour le suivre, c’est accepter les humiliations, comme il nous le montre en mourant pour nous sur une croix comme un criminel.

Vierge Marie, humble et sainte Mère de Dieu, humiliée par les hommes sur la Terre mais glorifiée par Dieu au ciel, en cette fête de l’Assomption, intercède pour que tes enfants que nous sommes obtiennent toutes les grâces dont nous avons besoin pour partager un jour ta gloire, au Ciel, auprès de ton Fils Jésus notre Seigneur. Amen.

 

 

Homélie du Père Joseph de l’Assomption, année B (2021)2021-08-14T12:57:46+02:00
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