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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du XVI° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Dimanche dernier, nous avons contemplé Jésus nous envoyant en mission deux par deux, en équipe, et nous invitant à vivre toujours des déplacements, à nous bouger, à nous donner de nouveaux objectifs et à ne jamais rester statiques. Cela nous rappelle que ce que Jésus nous demande de faire et de vivre, nous pouvons certes le faire seul, mais si nous voulons produire du fruit, Jésus nous commande de le faire en équipe ! Le hasard fait que nous venons de vivre une Coupe d’Europe de Football. La France a été éliminée très tôt, alors que nous avons des stars (Mbapé, Griezman, Girou, Kpogba, Benzema), des individualités très talentueuses mais qui n’ont pas su vraiment travailler en équipe, en cohésion. L’Italie, championne d’Europe, a su miser, non pas sur des stars – car elle n’en avait pas, mais sur le collectif, en jouant vraiment en cohésion, en équipe compacte comptant sur chacun de joueurs…. Après la leçon de dimanche dernier sur le travail et  la mission portée en équipe, Jésus  aborde aujourd’hui  d’autres thématiques  pour nous inviter à la conversion.

Dans la première lecture, le Seigneur n’emploie pas une méthode douce pour appeler à la conversion. Il le fait à travers des paroles dures que nous n’aimerions peut-être pas entendre comme ces paroles du prophète Jérémie contre les pasteurs d’Israël. Pour Dieu, parlant à travers le prophète Jérémie, les pasteurs sont coupables d’avoir mal conduit le peuple et de l’avoir conduit à sa perte : « Quel malheur pour vous, pasteurs ! Vous laissez périr et vous dispersez les brebis de mon pâturage ». Ce qui est beau dans cette Parole de Dieu, c’est de voir comment l’oracle qui a commencé avec une menace se conclut par la révélation de la tendresse et miséricorde de Dieu pour son peuple : « Je susciterai pour elles des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées ni effrayées, et aucune ne sera perdue – oracle du Seigneur. » Cette promesse va se réaliser plus tard en Jésus Christ, le Bon Berger, le seul Vrai Pasteur.

En écoutant la parole de Dieu de ce dimanche, nous pouvons faire comme tous les bons paroissiens qui écoutent l’évangile et les homélies des prêtres pour les autres d’abord, mais jamais ou alors très rarement pour leur propre conversion. « Chéri, chérie, t’as entendu ce que le prêtre a pendant l’homélie ! On dirait qu’il s’adressait vraiment à toi !  Si mon collègue pouvait entendre ce que le prêtre a dit aujourd’hui » Pour certains chrétiens souvent, c’est comme si l’appel à la conversion n’était pas d’abord adressé à eux.  Il y a toujours cette tentation qui nous guette de penser que ces paroles dures de Dieu, prononcées par le prophète Jérémie ne nous concernent pas parce qu’elles s’adressent aux pasteurs, aux prêtres, aux autorités, à ceux qui gouvernent. Non, la parole de Dieu s’adresse d’abord à chacun de nous, personnellement.

Petits et les grands, nous sommes tous disciples du Christ qui ont, dans notre vie familiale, professionnelle, associative, ecclésiale des rôles, responsabilités et des missions. Le Seigneur nous demande de remplir des rôles avec le cœur. Chacun de nous devrait se poser en conscience la question de l’état d’esprit, la quantité et qualité d’amour avec lesquels il accomplit ses missions et responsabilités.  Dans tout ce que nous faisons, la Parole de Dieu nous invite à regarder Jésus, le seul bon pasteur que nous devons tous imiter si nous voulons remplir nos missions comme disciples.

L’Evangile de ce dimanche rappelle qu’un chrétien, disciple du Christ est d’abord appelé pour « être avec Lui, à part ». C’est ce que Jésus demande à ses disciples qui reviennent d’une mission, tous heureux de leur réussite et succès. « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu ». Se mettre à l’écart pour rendre compte au Seigneur, pour se ressourcer…C’est Jésus qui les avait envoyés pour aller annoncer la Bonne Nouvelle. Au retour, c’est vers Lui qu’ils vont en premier, pour rendre compte et relire avec Lui leur mission.

Cet évangile voudrait aussi nous fait réfléchir sur la manière dont nous exerçons nos missions et services dans l’Eglise.  Au niveau ecclésial, une responsabilité est toujours est reçue : Je n’ai jamais décidé d’être curé de l’ensemble paroissial de Tournefeuille. Le pape François a été élu par les autres cardinaux. Un évêque est nommé par le pape… comme service à rendre, pas comme un pouvoir. Cela veut qu’être pape, évêque, vicaire épiscopal, formateur de séminaire, simple prêtre ou curé de paroisse, membre l’EAP, de l’équipe liturgique, SEM aumônerie, catéchisme, Secours catholique, préparation aux sacrements… Aucune de ces missions n’est une initiative personnelle, une question d’envie, de besoin d’autoréalisation personnelle : c’est d’abord notre réponse à Dieu qui appelle, confie et envoie en mission. Cela veut dire aussi que, comme les disciples du Christ dans l’évangile de ce dimanche, nous devons rendre compte au Seigneur des missions qu’il nous confie.

Cet évangile me rappelle un beau souvenir de ma vie de séminariste en théologie à Rome.   Il s’agit d’un beau témoignage de l’un des prêtres formateurs que j’ai eu la chance de rencontrer à Rome. Le père Mario Gadda était supérieur de la maison de formation. Mais il était en même temps aumônier de prison. Le matin, quand nous allions à l’université, le père Mario partait aussi à son apostolat dans la grande prison romaine de Regina Caelli. C’est la prison où le pape François est allé parfois laver les pieds des prisonniers, au point de choquer certains catholiques.  Chaque matin, avant son de partir à la prison, le père Mario passait une demi-heure d’adoration eucharistique pour être avec le Seigneur qui l’envoie à la rencontre des prisonniers.  De même, à son retour, il allait directement à la chapelle pour une autre demi-heure devant le Saint Sacrement pour rendre compte au Seigneur de sa mission et lui présenter tous les visages des prisonniers qu’il avait rencontrés.

Cet évangile est un beau cadeau que Dieu au moment où nous sommes déjà ou nous nous apprêtons à partir en vacances d’été.   Heureux de retrouver nos proches et amis après une année éprouvante à cause de cette pandémie, nous sentons le besoin de nous poser, de nous reposer, de couper avec les tralalas professionnels. Nous méritons ce repos et ces retrouvailles pour refaire nos forces, être boosté afin de mieux servir à la rentrée… Alors, nous aussi, comme les disciples revenus de leur mission, mettons-nous un peu à l’écart de temps en temps avec le Seigneur pour faire le point sur notre vie personnelle, professionnelle, spirituelle, familiale, ecclésiale. Si possible, profitez de l’été pour vivre une halte spirituelle, un petite de retraite, tout seul ou en couple, en famille ou avec des amis. Ce repos physique sera ainsi accompagné de beaucoup de grâces spirituelles pour approfondir notre relation avec le Seigneur sans lequel notre vie risque de rester fade et sans saveur. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XVI° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-07-14T20:59:23+02:00

Homélie du Père Joseph du XV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs

Dimanche dernier, Jésus nous rappelait la série des difficultés et les fiascos auxquels s’attend un prophète qui témoigne et prêche dans un milieu trop connu « un prophète n’est méprisé que dans sa maison, sa parenté, sa propre famille ». Pourtant, ce mépris dont nous pouvons être victimes et autres obstacles ne doivent pas nous empêcher d’annoncer la Bonne Nouvelle dans nos familles, villages, villes, et cercles trop familiers. Accueillie ou rejetée, la Parole de Dieu que nous proclamons garde toute sa puissance même si nous ne constatons pas des résultats immédiats, car, comme dit le pape François, le temps est plus important que l’espace. Les fruits arrivent parfois longtemps après, même si ce sont d’autres personnes qui les récolteront : certains sèment, d’autre arrosent, et plus tard, ce sont d’autres qui récoltent les fruits, mais dans tout cela, c’est Dieu qui est à l’œuvre car c’est lui qui donne la croissance !

Pour nous montrer qu’il ne faut jamais baisser les bras ni se décourager, ce même Jésus qui a fait l’expérience de l’échec dimanche dernier dans son propre village, aujourd’hui il nous donne une leçon : quand vous avez fait une expérience et que vous avez trouvé que cela ne marche pas, au lieu de laisser tomber et de vous décourager, il nous faut changer de stratégie, tester une autre méthode et se faire aider.

Aujourd’hui, Jésus appelle les Douze et les envoie en mission deux par deux. Chaque fois que Dieu nous appelle, il nous met sur un chemin, nous fait voyager. Un chrétien ne s’installe jamais dans une vie bien tranquille, mais il doit cheminer, se bousculer, avoir toujours de perspectives, des objectifs nouveaux, ouvrir de nouveaux sentiers parce que la mission ne peut vieillir mais se renouvelle car le Dieu que nous annonçons est une actualité toujours nouvelle. Le pape François nous rappelle sans arrêt que si nous voulons que le Christ soit connu et aimé, nous devons être des disciples-missionnaires qui vivent une conversion à la fois personnelle et pastorale. La mission qui nous est confiée est toujours nouvelle même si son contenu est le même hier, aujourd’hui et demain : le Christ Ressuscité. Penser la vie chrétienne, pastorale et ecclésiale de manière statique, immuable, nostalgique, figée dans le passé risque faire mourir l’Eglise. La mission nous oblige forcément à faire des déplacements, des conversions, et à tenir compte du contexte spatio-temporel en mutation dans lequel le Christ se donne.

Jésus envoie ses disciples deux à deux, et non pas seul, un à un ! La première mission est sans parole. C’est d’abord le témoignage d’être, de marcher et de travailler ensemble, l’un à côté de l’autre en unissant les forces.  Quand nous étions séminaristes, lors de nos sorties de dimanche après-midi, on nous disait de respecter ce principe : ne jamais sortir seul, mais toujours en groupe, au moins à deux. C’est pour cette raison que les congrégations n’envoient jamais un seul membre quelque part, dans une paroisse, mais toujours à deux ou trois.  Un scoop !  Il se peut qu’il y ait une communauté de trois religieuses qui s’installe à Saint Simon, sur notre ensemble paroissial dans les prochains mois. Priez pour cela. Les démarches sont en cours par le diocèse.

La première chose qui donne envie de se joindre à une équipe en pastorale, quelle qu’elle soit, c’est la qualité des relations fraternelles entre les membres. Voyez comme ils s’aiment, disaient les gens quand ils voyaient les premiers chrétiens à Jérusalem. Une mission vraiment chrétienne et ecclésiale ne peut se vivre dans la solitude, seul dans son coin. Jésus envoie ses apôtres deux par deux parce qu’il sait qu’ils sont différents et qu’ils doivent mettre leurs différences au service du même projet, se soutenir pour pallier aux fragilités mutuelles et profiter des charismes et dons les uns des autres. Saint Paul nous rappelle que nous sommes tous membres du même corps et que chaque membre est appelé à travailler pour le bien du corps entier, et c’est l’harmonie entre les différents membres qui permet au corps d’être en bonne santé.

Travailler seul, c’est courir le risque de faire mourir la mission et faire obstacle à la croissance de Parole de Dieu et de l’Eglise. Le père François Chaubet, curé de Cugnaux et Villeneuve parle souvent des chrétiens engagés qui font la pastorale du Pin parasol : seul, efficace, qui fait de l’ombre surtout quand il fait chaud… mais qui ne laisse rien pousser à côté de lui. J’entends parfois des paroissiens pleurer et se plaindre du manque de nouveaux membres, de la pauvreté des équipes et services… mais en même temps, ces mêmes gens sont incapables de laisser une petite place à un nouveau qui arrive pour aider. Nous faisons ainsi fuir tous ceux qui voudraient s’engager.

Un autre point important dans cette pédagogie missionnaire est celui-ci : « il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton » ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Non seulement il y a l’ami qui nous soutient, mais Jésus nous conseille aussi de nous appuyer sur le bâton du pèlerin et du missionnaire, un bâton pour s’y appuyer quand nous sommes fatigués. Ces disciples partent sans rien, dépouillés. La semaine dernière, je discutais avec le père Joseph Dao qui fait les cartons actuellement. Il me disait : « C’est difficile et compliqué de faire les cartons quand on a fait 13 ans quelque part : on accumule ! » Et pourtant, nous savons tous combien il vit simplement et de très peu. Il nous faut faire le tri, jeter… Même les prêtres ne sont pas vaccinés contre la tentation d’amasser habits, livres, meubles… J’ai fait la même expérience il y a deux ans, après avoir passé 9 ans dans une paroisse : on amasse sans le savoir et on se rend compte que nous avons des choses qui encombrent et que nous n’avons pas touchées depuis des années. Cela reflète notre manque de confiance. Pensez à toutes les assurances et garanties que nous souscrivons : assurance vie, assurance voyage, annulation, panne, garantie pour tel appareil… Le Seigneur nous appelle à lui faire confiance et faire confiance en la générosité des gens qui nous entourent. Je sais par expérience que qui fait confiance au Seigneur ne manque de rien : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ». Même pendant ces vacances d’été, essayons d’être légers.

Très souvent, par orgueil sûrement, nous pensons que la mission dépend principalement de nos grands moyens au point d’oublier que c’est le Seigneur qui nous envoie qui est le premier protagoniste de la mission qu’il nous confie. C’est d’abord son œuvre. La pauvreté, même en pastorale, est une belle la grâce ! Quand on sait qu’on est pauvre, on est modeste et humble, on cherche de l’aide, on appelle les gens, on sait s’appuyer sur les autres. Combien des gens sont allés s’investir dans une autre paroisse parce que, quand ils ont proposé leurs services dans leur paroisses territoriales, on leur a dit qu’on n’avait pas besoin d’eux…. Plus on est riche, plus on croit n’avoir besoin de rien et ni de personne, dans la vie et en pastorale, on étouffe les charismes et on appauvrit l’Eglise. Puisse le Seigneur nous donner cette grâce de la confiance, du dépouillement et de cette pauvreté qui nous rendent tellement riches de Dieu et des autres. Amen.

Homélie du Père Joseph du XV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-07-11T20:51:35+02:00

Homélie du Père Joseph du XIV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Jésus est un missionnaire infatigable, qui se donnait sans compter, parcourant villages et villes pour enseignerguérir, annoncer la Bonne nouvelle du Royaume. Pour reprendre l’expression chère au pape François, Jésus est un missionnaire qui allait dans les périphéries d’Israël sans se fatiguer, passant de ville en ville, de village en village. Il fait infiniment plus qu’un prêtre de campagne qui doit couvrir une dizaine des villages, comme le père Joseph Dao qui s’en va dans le rural où il doit servir 17 clochers. Jésus ne compte pas les kilomètres. Cependant, même les grands travailleurs et missionnaires ont besoin de repos, de retrouver la famille, revenir aux sources, Jésus aussi revient à la maison.  Bientôt le père Josselin et Kouamé vont partir en vacances. Moi j’y était en janvier. Je pense aussi à tous ceux qui, en cette période des vacances, vont pouvoir se reposer un peu en famille, avec les amis, retrouver des gens qui vous n’avez pas vu depuis longtemps en plus à cause du la pandémie.

Dans l’évangile de ce dimanche, il est instructif de voir Jésus revenir à la maison ! Cela nous montre qu’il est profondément humain et que rien de ce que nous pouvons vivre ne lui est étranger ! Ce retour à Nazareth est une leçon pour ceux qui ne pensent ou ne peuvent prendre des vacances, faute de temps ou parce qu’ils pensent qu’il y a trop de boulot. En ce temps de vacances, pensons et prions toutes ces personnes qui vont partir ou revenir dans les lieux familiers, lieu de leur naissance, de leur enfance, lieu de souvenirs familiaux, des cousinades…. ces rassemblements familiaux que l’été nous donne l’occasion de vivre, mais  qui sont aussi parfois source de tension dans  nos familles.

Mais, même là aussi, nous devons annoncer la Bonne Nouvelle comme Jésus nous le montre à Nazareth ! Pour Jésus, tout lieu, même la famille, son village, sont aussi les lieux et les occasions favorable d’évangélisation.  Il a prêché dans sa Nazareth natale. Toutefois, l’évangile nous rappelle qu’évangéliser et témoigner de sa foi en famille et dans les lieux familiers n’est pas une tâche facile. Jésus qui suscitait enthousiasme, admiration et foi, celui devant qui s’émerveillaient les foules dans les autres villes, lui-même et son message ont du mal à passer dans son village natal. C’est l’occasion de formuler la célèbre maxime qui concerne tous les prophètes : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Si cela est arrivé à Jésus, le plus grand des prophètes, ce n’est pas étonnant que cela arrive aux prophètes lamda que nous sommes dans nos familles et nos Nazareth propres. Je me rappelle quand je suis revenu, après la profession religieuse, dans mon quartier habillé en soutane blanche, en été 2000. Je rencontre une camarade de lycée qui me dit : « Non, Joseph, tu es prêtre ! On aura tout vu ! ». Rassurez-vous je n’étais pas un mauvais garçon ! Mais pour cette collègue, c’était inconcevable de voir un camarade de classe devenir un religieux… et pourtant Dieu sait que je n’étais pas un mauvais garçon au lycée. Pensez à un journaliste, un grand patron ou un homme politique qui ose avouer publiquement, à la radio ou sur un plateau de télévision qu’il est chrétien, en France ! Il a signé sa mort médiatique et politique !

Dans la première lecture, nous contemplons la vocation du prophète Ezéchiel est qui marquée aussi par le refus du peuple. Le prophète Ezéchiel se rend compte très rapidement que Dieu l’appelle à prendre sa part au refus même de Dieu : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi.  Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi.  Les fils ont le visage dur, et le cœur obstiné ; c’est à eux que je t’envoie. »

Cela veut dire que chaque prophète est appelé pour porter et sentir dans sa propre chair le refus de Dieu, de la part des hommes et des femmes de son temps, au point d’être nous-même rejetés. C’est une manière de porter sa croix, de participer à humiliation que Jésus a subie. Si nous n’en avez pas encore fait l’expérience du refus, cela veut dire que votre maturité prophétique n’est pas encore arrivée. En observant les habitants de Nazareth devant les miracles, la sagesse et la prédication de Jésus, nous recevons quelques leçons pour nous aujourd’hui, en ce moment où Jésus nous redit que nous devons témoigner de lui chez nos amis et dans nos familles en cette période d’été.

L’évangile nous dit que dans la synagogue de Nazareth, « nombreux étaient frappaient d’étonnement ». Ils se rendent compte qu’il y a quelque chose de nouveau. C’est comme quand nous allez proposer, en rentrant chez vous pour le déjeuner de faire un bénédicité, ou bien ce soir, en sollicitant toute la famille pour faire une petite prière avant d’aller au lit. Cette demande va en émerveiller certains, mais d’autres risquent de vous prendre pour un fanatique.surtout si  les gens prétendent vous connaître trop bien ! « Non, ce n’est pas lui. Il doit être sous la coupe du curé, d’un groupe chrétien », encore si l’on ne dit pas que vous faites partie d’une secte ! Trop connu pour être un prophète ! La prétendue connaissance que les habitants de Nazareth ont de l‘enfant du pays devient un obstacle à la réception de la nouveauté de ses paroles et de ses actions. Marc conclut par une formule lapidaire : « Et ils étaient profondément choqués à son sujet. »

Pour la première fois, Jésus est appelé « charpentier » dans l’évangile de saint Marc. Ce qualificatif, dans la bouche de ses concitoyens exprime plus qu’un simple attribut : En Israël, presque tous possédaient un petit lopin de terre à cultiver pour se nourrir. Celui qui l’avait perdu pour diverses raisons, pour survivre, devait faire faire de petits boulots modestes. Parmi ces petits boulots, il y avait des petites réparations, du bricolage avec du bois : un travail d’artisan qui ne gagnait pas beaucoup d’argent et que personne n’avait envie de faire. Ce boulot, Jésus l’avait appris de son père Joseph. Aujourd’hui, pensons à tous ces métiers et travaux qui sont méprisés, qui laissent à désirer et que personne ne voudrait voir faire son enfant. La pandémie nous a révélé tous ces métiers, jadis méprisés, mais que nous avons découvert comme essentiel. Lors de notre dernier conseil pastoral de doyenné, un monsieur travaillant chez Airbus nous a rappelé que grâce à la pandémie, ils ont finalement pu connaitre, échanger et remercier la personne qui nettoyait les chaises dans le self de l’entreprise.

« N’est-il pas le charpentier ? » Cette expression nous dit aussi ce que furent les 30 ans de la vie cachée de Jésus à Nazareth avant sa mission publique : une existence absolument anonyme comme n’importe qui, à tel point que, pour les Nazaréens, cela est incompatible avec ce que Jésus fait des miracles, enseigne avec assurance et autorité. Ils n’ont jamais vu les grands rabbins, bien connus et beaucoup mieux instruits, faire cela, et ce ne peut être possible pour un simple charpentier. En plus, les gens savent bien de quelle famille il provient. « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?  Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »

L’émerveillement du départ s’efface devant cette connaissance trop commune et familière. Les cœurs se ferment au lieu de s’ouvrir à la foi.  Ne laissons pas Dieu devenir trop familier, tellement habituel, tellement proche, tellement commun au point de nous fermer à toute nouveauté qu’il peut apporter dans nos vies. Nous courons le risque que Dieu devienne tellement familier de nous, par nos missions, l’eucharistie, les études, la lecture de sa Parole au point de bloquer en nous la disponibilité intérieure à toute nouveauté qu’il veut nous proposer pour nous émerveiller. Ne devenons pas de experts de la religion, du rite liturgique, de la pastorale, de l’eucharistie dominicale ou quotidienne, de la prière communautaire, mais ouvrons-nous à ce Dieu tellement proche, mais toujours nouveau et dont l’amour se renouvelle pour nous chaque matin.

Que cette eucharistie nous obtienne la grâce de ne pas nous habituer au Seigneur, mais de nous émerveiller sans cesse de la nouveauté de son Amour, de l’actualité permanente de sa Parole et de qu’il fait en nous, par nous, pour nous et autour de nous. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XIV° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-07-02T19:13:40+02:00

Homélie du Père Joseph du XIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

L’évangile de ce dimanche est certainement une des plus belles pages de l’évangile  selon saint Marc. D’habitude bref, timide et concis dans ses récits, saint Marc se lâche un peu plus dans la narration des faits où il mêle plusieurs histoires. On dirait qu’il veut nous faire vivre les sensations et les émotions intérieures, comme celui qui veut parler et raconter le doublé du Stade Toulousain, en nous amenant à Twickenham pour le Hcup et au Stade de France pour le Top14, nous présentant à la fois les toulousains heureux, pleurant de joie, alors que de l’autre côté, les rochelais pleurent aussi, à cause de cette double déception en deux finales la même année.  L’évangéliste saint Marc veut nous faire faire l’expérience de ceux qui sont autour de Jésus : leurs perceptions les plus intimes : les mains qui ont un rôle important, le toucher, les sensations du corps, le fait de renaître à la vie, goûter à la vie, entrer en relation, sentir la richesse de l’autre en le touchant et en s’approchant de lui…Par ces descriptions, saint Marc nous guide sur un chemin de foi à la rencontre de Jésus qui nous libère des peurs en nous sortant des obligations de la Loi, de certains principes religieux et culturels qui enferment et emprisonnent. Bref, à travers un long récit, saint Marc explique en quoi consiste la vraie foi. Tout ceci est fait de manière sensible et charnelle !

La foi n’est pas une idéologie qui s’adresse seulement à la tête ni une éthique qui ne s’adresse qu’à la volonté. Devenir chrétien, c’est rencontrer Jésus, Dieu fait homme, un Dieu sensible comme cette femme tellement courageuse à qui est interdite une vie sociale et relationnelle à cause de ses pertes de sang qui la rendent impure, comme ces mères que j’ai vues souvent en larme, par amour pour leurs enfants dont elles s’inquiétaient, un Dieu blessé et éprouvé comme ce père qui s’approche de Jésus pour demander la guérison de sa fille qui est à toute extrémité. Le Dieu en qui nous croyons est celui des relations sociales libérées et libres des préjugés et exclusions : Dieu s’est vraiment incarné et notre vie de foi a une dimension charnelle, sensible, corporelle car notre corps est appelé à être touché par la divinité de Jésus. C’est pour cela que la foi chrétienne, célébrée dans la liturgie a une forte dimension corporelle comme, chanter, danser, se mettre debout, s’asseoir, dans les mains, pleurer, crier de joie, se mettre à genou, taper dans les mains…. Une foi véritablement chrétienne et sans idéologie ne peut faire fi de la dimension corporelle et sensible, surtout dans la liturgie. Dommage que des chrétiens dénigrent le corps ne pensant qu’à l’âme à sauver, alors que Dieu s’est incarné en Jésus.

Le récit de ce dimanche commence par l’amour d’un papa qui fait face à l’enfermement religieux Il s’appelle Jaïre et est chef d’une synagogue : « ll était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. Jésus partit avec lui ». De quoi souffre cette fille ? Peut-être que la maladie dont souffre cette fille est « l’amour trop possessif » d’un père qui exclut la mère, qui parle de sa fille de 12 ans, l’âge de l’entrée dans la maturité chez les juifs de l’époque, comme si c’était encore un bébé, la faisant ainsi souffrir car il l’empêche de grandir sans s’en rendre compte ?  Quelqu’un a osé dire que, comme beaucoup de parents trop possessifs, Jaïre est un père qui a besoin d’être guéri dans sa manière d’aimer sa fille.  En réponse à sa requête, Jésus ne répond rien mais il accepte de marcher, d’avancer et de cheminer avec lui.

Sur le chemin, Jésus croise une femme. Contrairement à Jaïre qui est tellement riche et qui a peur de perdre ce qu’il possède, cette femme est pauvre et n’a même pas de nom. Très malade, elle a perdu toute sa richesse dans les soins.  Cette femme qui n’a pas et ne peut même pas avoir d’enfant, est doublement condamnée à l’exclusion et à la solitude imposées par la Loi qui la considère comme impure. Elle ne peut se marier ni avoir des relations intimes à cause de ses pertes de sang.  Pourtant, dans son cœur, cette femme a pourtant un grand désir : celui de vivre ! Elle ne perd pas courage. Elle lutte de toutes ses forces mais sa situation ne fait que se détériorer.

Cette femme a entendu parler de Jésus et cela fait naître en elle l’espérance ! Témoigner de Jésus, parler de lui autour de nous, annoncer les merveilles qu’il a accomplies pour nous est une façon extraordinaire d’évangéliser autour de nous. Saint Marc nous plonge dans la tête, le cœur, la pensée de cette malheureuse femme : « Elle se disait en effet :« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »  Ensuite, on passe de ce qui se de la pensée à la matérialisation dans le corps : elle doit affronter la foule, passer par derrière et toucher son manteau de Jésus « À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal ».

Jésus a senti une force sortir de lui. Nous pouvons tous faire l’expérience de cette force qui sort de Jésus et qui nous guérit, nous libère, nous apaise…. La foi a certainement une dimension communautaire, comme célébrer l’eucharistie, faire partie d’un groupe, un mouvement, un service. Mais elle d’abord rencontrer, aimer, sentir, toucher, vivre quelque chose personnel avec Jésus, comme cette femme de l’évangile. Nous ne devons pas nous contenter pas d’une vie chrétienne soit seulement communautaire, comme aller le dimanche. Jésus veut que nous développions avec lui une relation personnelle, amicale. La femme cherchait à toucher l’habit de Jésus pour guérir. A un certain moment, c’est Jésus qui la cherche et veut la rencontrer.

Celle qui était impure et tremblante sent en elle la force, l’Amour libérateur du Seigneur qui la rend capable d’être elle-même et de dire toute sa vérité. On peut tout cacher aux hommes, à nos amis, à la famille… mais on ne peut rien cacher à Jésus qui sait tout sur notre vie. « Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Ta confiance, ton courage de chercher l’Amour, de me toucher, c’est cela qui te sauve.

Jésus poursuit ensuite son chemin vers la maison de Jaïre ! Mais sur ce chemin, il y a un obstacle, celui des prophètes de malheurs, ces mauvaises langues, ces pessimistes, ces critiques toujours négatives et ces médisants qui nous découragent dans notre élan vers le Seigneur et vers les autres : « comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Ça ne sert plus à rien ! A quoi sert votre foi ? A quoi sert ton baptême, d’aller à la messe alors qu’on est pauvre ! Pourquoi votre Dieu ne fait rien pour tous les malheurs du monde ? Pourquoi Dieu ne t’a pas épargné de cette maladie, de cette épreuve parce que tu es chrétien ? Ils nous disent qu’il faudrait arrêter le chemin entrepris avec Jésus car cela ne sert à rien !

Ces annonceurs de malheurs ont même un côté culpabilisant quand ils parlent à Jaïre : ta fille est déjà morte et tu n’étais même pas là ! Mais Jésus fait renaitre l’espérance dans ce père possessif qui a besoin d’être rendu capable d’un amour guéri. « Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. ». Ne te laisse pas manipuler par la peur, l’angoisse d’avoir failli par le passé à cause de ton amour trop possessif. Crois seulement, abandonne-toi, libère-toi de toi-même, laisse-toi aimer et tu apprendras à aimer à ton tour.

A ce moment, saint Marc note quelque chose d’important : Jésus construit une communauté resserrée, restreinte avec ceux qu’il choisit lui-même parmi la foule qui le bouscule, qui pleure, critique, fait des reproches. Il prend le père, et finalement, on voit apparaître la mère, les conduit tous les deux là-où se trouve la jeune fille. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher. Elle avait douze ans ».

Dans la culture juive de l’époque, à douze ans, on est presque majeur, et pas une petite fille comme la décrivait son père qui symbolise tous ces parents qui considèrent leurs enfants comme des éternels enfants, leur refusant de devenir autonome, les appelant « mon bébé » même à 40 ans alors qu’ils sont déjà mariés. Maintenant, le papa est aussi guéri de son amour possessif. La mère retrouve toute sa place. Cette jeune femme est confiée aux deux parents pour former une nouvelle communauté créée par Jésus, car la famille. Si l’Eglise est une famille, elle est fondée et s’appuie sur la cellule familiale, parents et enfants qui constituent une Eglise domestique.

Cet évangile est merveilleux, une bonne nouvelle, la rencontre d’un Jésus qui marche avec chacun de nous, qui se laisse toucher par nos misères et qui nous touche, nous prend par la main, nous sauve de nos amours parfois trop possessifs, entre dans l’intimité de nos vies, qui restaure et rhabille la valeur de la sexualité humaine, guérit la vie des couples, un Dieu présent au sein de la communauté familiale et sociale. Puissions-nous nous laisser toucher par Jésus qui est présent dans cette eucharistie que nous célébrons ! Amen

Homélie du Père Joseph du XIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-06-27T17:07:19+02:00

Homélie du Père Joseph du XII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs!

Nous venons de vivre plus d’une année comparable à cette traversée du lac, une véritable nuit de tempête. Nous avons navigué à vue. Nous ne savions pas où aller, comment avancer. La peur de la maladie, peur de la  mort, peur de perdre  le travail ou carrément perte du travail. Au niveau pastoral, nous savions pas  comment avancer. Un verbe nouveau s’est imposé, d’après les grandes gueules de RMC: “Progrannuler” qui veut, programmer un événement tout en sachant que nous pouvons annuler. Programmer des rassemblements  KT, aumônerie, un  weekend ou camps scout…tout en sachant que ça ne peut ne pas avoir lieu. Au niveau personnel, ecclésial, professionnel, pastoral, familial… nous avons tous un jour vécu une expérience similaire à ce que vivent les disciples qui ont peur de mourir et pendant ce temps, nous avons pensé comme eux que  Jésus dormait tranquillement sans se soucier de ce qui se passait.

Aucune existence humaine n’échappe à la souffrance car la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Chaque vie porte son lot de douleur et d’épreuve. Je ne voudrais pas vous pourrir le moral alors que nous avons la joie d’avoir le soleil, de quitter le masque en extérieur, de voir le risque pandémique baisser….N’oublions cependant pas que tout cela peur repartir malheureusement. La souffrance, la douleur, les épreuves, il y en a eu dans le passé, nous en vivons actuellement à des niveaux très différents et il y en aura encore dans l’avenir : une maladie grave qui nous touche l’entourage, les attaques injustes, la haine gratuite de quelqu’un qui est aigri qui vous fait passer pour quelqu’un d’horrible en vous balançant un mail odieux juste pour vous faire du mal… Dans expériences tempêtueuses, il est normal et naturel de s’adresser à Dieu avec plus ou moins de colère :“Seigneur, ça ne te fait  rien que je souffre tant,” “Pourquoi dors-tu pendant que le malheur s’abat sur moi”, “ Mon Dieu pourquoi m’abandonnes-tu?”.

La Bible est remplie de ce genre de question. Certains psaumes, le cri de Job devant les malheurs qui s’abattent sur lui, Jésus sur la croix… Même les grands saints ont fait l’expérience de l’abandon et du silence de Dieu au moment des épreuves de la vie. Une dame dont j’ai célébré les funérailles du mari décédé après 40 ans de mariage me disait, lors de la préparation qu’elle avait le sentiment que  Dieu l’avait abandonnée. Pour l’aider à regarder les choses différemment,  je lui ai dit que mon père est décédé avant que j’ai 12 ans, mais en voyant Jésus sur la croix, je sais qu’il a porté sa propre croix  et la mienne aussi depuis cet âge jusqu’aujourd’hui, et que jamais je n’ai  douté de sa présence à mes côtés! Cela l’a fait réfléchir! Mais, ne comparons jamais les croix et les épreuves. Ces douleurs et ces épreuves peuvent avoir la vertu bénéfique d’affiner notre vie, nous aider à cerner ce qui est essentiel, purifier notre foi, comme l’or qu’on purifie par le feu. Mais, gravez bien de manière indélébile dans vos cœurs que Dieu n’abandonne jamais ses enfants que nous sommes.

Pourquoi avez-vous tellement peur? Dieu n’est pas ailleurs! Dieu ne dort pas! “Non, il ne dort pas, il ne sommeille pas le gardien d’Israël” nous  dit le psaume 120. Le Seigneur est toujours présent et agissant dans notre vie, mais il est présent à sa propre manière, pas à la nôtre. Nous aimerions tellement qu’il soit là à notre manière, quand et comme nous le voulons. Heureusement que ce n’est pas le cas. Dieu est toujours présent mais il refuse de se laisser manipuler par nos chantages, nos caprices d’enfants gâtés et de se faire prendre par les sentiments. Le Seigneur est là, il veut me sauver, il ne veut pas qu’un seul cheveu de ma tête ne se perde… Cependant, il le fait en me demandant de me bouger, de me prendre en main, d’utiliser toutes mes facultés, ma force intérieure, ma créativité. Une relecture cette période Covid19 nous montre combien nous avons été créatifs, inventifs dans nos manières d’être ensemble, de garder le lien. Je pense à ce groupe scout qui, à défaut de se rassembler, a pu organiser une sorte de jeu de piste dans la ville de Tournefeuille, avec une étape dans l’église pour permettre aux louveteaux de faire quelque chose malgré l’interdiction de se rassembler.  Le Seigneur ne veut jamais intervenir à notre place  parce qu’il nous fait confiance. Il ne  nous épargne pas la traversée de la mer avec ses turbulences, mais il  nous accompagne. Il nous a dit, il y a trois semaines: “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde”. Dieu est toujours présent dans la traversée de nos vie, il prend soin de nous, nous protège pas de la peur ( c’est normal d’avoir peur) mais sa présence est une assurance tout risque.

Notre vie est une traversée parfois très dangereuse qui contient son lot de peur et d’angoisse. Au cours de cette traversée, Dieu nous appelle à vaincre la peur et à devenir meilleur, à être toujours plus responsable.  S’engager dans le mariage est une traversée qui peut faire peur si on  prend cet engagement  au sérieux. Faire confiance à un homme, à une femme et se donner entièrement pour la vie fait naturellement peur, surtout de nos jours… et nécessite beaucoup de confiance. Passer le BAC de Philo,  le Grand Oral, un concours, est une traversée qui fait peur, surtout dans une année bâclée à cause de la Covid19. Changer de paroisse, comme le père Dao qui s’en va à Villemur, déménager et tisser des liens avec une nouvelle communauté est une traversée qui peut faire peur. Accepter d’accueillir des étrangers, surtout quand ils débarquent par la Méditerranée est une traversée qui peut faire peur à certains.  On en parle beaucoup des étrangers en cette période d’élections régionales. Accueillir un pauvre dans sa maison peut faire peur…. Toutes ces peurs sont légitimes, normales, naturelles, mais, de grâce, ne laissons jamais la peur briser notre générosité et étouffer notre confiance dans le Seigneur et dans nos frères et sœurs. Contempler Jésus en croix fonde ma certitude qu’il est présent dans mes propres croix.

L’évangile de ce dimanche décrit ce sentiment de peur et d’abandon dont les disciples ont fait l’expérience. Toute la journée,  sur les rives du lac de Tibériade, Jésus a enseigné à  une foule tellement nombreuse qu’il a pris une barque pour permettre que tout le monde puisse le voir et l’entendre. La nuit tombée, il est obligé de congédier la foule et demande ensuite aux disciples de traverser pour aller à l’autre rive Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. »

Au cours de la traversée du lac, la menace réelle et objective, le danger de mort imminent. « Maître, nous sommes perdus. Cela ne te fait rien ?» Réaction de peur, manque de confiance. Tout d’un coup, un miracle s’opère : en peu de mots paroles et un simple geste d’autorité : « Silence !». Le vent s’arrête, le calme revient. Jésus s’adresse ensuite aux disciples « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ».

Les disciples sont saisis de crainte devant ce geste puissant et totalement nouveau : « même la mer et le vent lui obéissent ». Pourtant, ils avaient assisté aux miracles et gestes extraordinaires accomplis par Jésus. Ils étaient censés avoir foi en lui, mais ce n’était pas le cas. Ceux qui ont eu la chance de voir Dieu à l’œuvre sont souvent ceux qui ne font plus attention à Lui. Dieu leur devient un quelqu’un de familier, de normal, de banal mais en qui ils ne croient plus. Les disciples avaient déjà entendu ses enseignements et assisté à ses miracles et prodiges… mais il leur manquait toujours la vraie foi.

La nécessité de la foi est l’enseignement essentiel de l’évangile de ce dimanche.  Même au cœur de l’épreuve la plus douloureuse, celui qui regarde vers Jésus sera toujours sauvé et joyeux de cette joie profonde que seul Jésus peut donner. Au milieu de nos tempêtes, Jésus traverse avec nous et nous sauve, même s’il semble parfois dormir !  Même devant la mort, la foi dans le Christ nous procure le salut et la vie éternelle que la mort ne pourra jamais nous ravir. Demandons la grâce d’une confiance et de la foi solides lorsque nous traversons une période de tempête et d’ouragan. Comme et avec les disciples, sachons toujours crier, avec de confiance « Seigneur, nous sommes perdus, sauve-nous ». Amen.

Homélie du Père Joseph du XII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-06-20T22:46:21+02:00

Homélie du Père Josselin du XI° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs,

Nous vivons dans l’époque de l’hyper-connexion, avec nos moyens et réseaux qui nous font vivre matraquage médiatique qui façonne notre manière penser et de voir le monde et les événements. Au-delà de la pollution de la planète que cela peut causer (internet pollue beaucoup, parait-il), Internet peut aussi causer une sorte de pollution intellectuelle et spirituelle en formattant notre vision du monde et de l’humain.

A cause de cette pollution médiatique et globale, nous ne savons plus voir les nombreuses merveilles tellement évidentes sous nos yeux ! Nous tellement le nez et les yeux dans les écrans dès le lever que nous ne savons pas voir un beau lever ou coucher de soleil, la beauté des fleurs en cette saison de printemps, un paysage exotique, remarquer le sourire sincère du matin du collègue râleur que nous n’avions pas vu depuis longtemps à cause du télétravail. Nous avons du mal à nous émerveiller de la beauté de la nature, les chants d’oiseaux…Je pense toujours à ce jeune couple normand et leurs trois enfants que j’ai rencontrés il y a quelques années pendant mes vacances à Bukavu. Partis en coopération pour avec Fidesco, ils m’ont raconté combien ils ont réalisé que la vie d’une petite famille française et aristocratique n’était pas toujours facile à Bukavu, dans ce Kivu victime de la guerre et autres calamités depuis des décennies.  Nous avions beaucoup échangé sur les difficultés mission de coopérant, difficultés accrues à cause du décalage culturel. C’était un moment difficile pour eux. En se quittant le soir, je leur ai promis de prier pour eux. Le matin, en me levant, je regarde mon portable et j’avais texto : une très belle photo du lever d’un beau soleil sur le lac Kivu avec ce message : « Père Joseph, un grand merci de nous avoir écouté hier ! Oui, ce n’est pas toujours facile, mais, vivre avec ces gens toujours souriants. C’est tellement merveilleux. N’est-elle pas belle la vie ! Nous avons la chance de nous lever chaque jour avec un beau lever de soleil sous ce beau lac Kivu et nous rendons grâce à Dieu ! »   Ne fut-ce que cela faisait pencher la balance dans la décision de rester et prolonger leur mission malgré les autres difficultés.

Sachons voir ce que Dieu nous donne à travers les petites choses au quotidien, dans la nature, les petits détails de la vie qui sont comme cette graine de moutarde la semence de la parabole de cet évangile nous invite à la fascination quotidienne en contemplant un semeur. Soit qu’il veille ou qu’il dorme, cette semence germe et grandir sans savoir comment.  « D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Dieu est présent dans les petites choses qui peuvent paraitre même comme des échecs.  Jésus qui nous dit qu’en dépit des épreuves ou des sentiments d’échecs, Dieu est toujours à l’œuvre, et nous conduit patiemment, humblement, par des voies inattendues et imprévisibles à la plénitude de la vie

En fin d’année pastorale, nous sommes appelés à contempler ce Dieu présent qui agit et travaille en nous et autour de nous pour faire grandir son royaume dans tout ce que nous faisons. En fin d’année pastorale, après une année deuxième année pastorale presque entièrement confinées, ne sommes-nous pas peut-être découragés, fatiguéscomme ces déportés à Babylone de la première lecture dont nous parle Ezéchiel ?

Je viens de faire des réunions de bilan et relecture avec certaines équipes des catéchistes de l’Eveil à la Foi, du primaire, de la préparation au baptêmes…  Un constat qui revient : les bénévoles se sentent fatigués et découragés de cette année, non seulement à cause de la pandémie, confinement, mais aussi de n’avoir pas des résultats excellents, le retour sur investissement immédiat de ce que ce qu’ils ont fait et enduré, des parents qui ne jouent pas toujours le jeu… et certains sont tentés de jeter l’éponge. Dans ce contexte, Jésus nous rassure à travers ces paraboles en nous invitant à jeter la semence de sa Parole en terre, dans le cœur de ces enfants, parents, familles, catéchumènes, sans compter. Comme nous dit le pape François, nous devons sortir et jeter la semence, sans nous préoccuper des calculs des bilans comme les experts comptables. Avec le Seigneur, la logique comptable ne marche pas, car il n’est pas un bon comptable, sinon il mettrait chaque jour le doigt sur nos déficits ! Nous sommes tellement médiocres par rapport à lui, loin du compte.

Il nous appelle à parler, travailler pour lui et avec lui, témoigner, prier, simplement et en vérité. Les résultats ne dépendent pas toujours de nous ! D’autres facteurs comme, la qualité de la terre, du climat, de l’ambiance familiale et ecclésiale, de la liberté personnelle… Nous ne sommes que des disciples en mission, mais l’Esprit du Christ nous accompagne et nous précède. Jésus nous appelle à la patience, à vaincre la tentation de maitrise, de contrôle, de tout programmer, planifier dans la vie spirituelle, pastorale et personnelle.  C’est l’orgueil qui nous fait penser que tout dépend exclusivement de nous, de notre volonté, de notre efficacité. Nous faisons des prévisions, même en ce qui concerne l’action de Dieu. Quand ça ne marche pas, nous disons que Dieu n’a rien fait, alors que nous avions tout planifié sans lui demander son avis !  A cause de la fatigue et de l’échec, nous pensons que Dieu est absent. Nous risquons alors de douter de lui et de nous-même. Jésus nous demande de le laisser faire, d’être sereins et confiants, de patienter, prendre le temps et de voir ce qui est simplement vécu, en prenant la logique de cette parabole.

La vie dans l’Esprit, celle dont Dieu est maître, la naissance et la croissance du Royaume, se fait par des petits pas, par petites touches, faite de petits signes. Soyons attentifs aux petits signes en nous et autour de nous, comme cette semence qui pousse humblement jusqu’à maturation. En nous, dans nos familles, dans l’Eglise, au sein de notre communauté, dans le monde, même en temps de pandémie, des petits gestes d’amour, de petits engagements pastoraux, des petits pas franchis, un petit don venu du cœur, une petite ouverture aux autres et au Seigneur, tout cela conduit timidement, progressivement à de grandes réalisations, à des résultats surprenants. On dit que ce sont de petits ruisseaux qui font les grands fleuves. Le sage Pierre Rabhi nous apprend la légende du Colibri.

L’Eglise est née d’une petite communauté de 12 apôtres autour de Jésus, une petite communauté persécutée dès le premier siècle, mais qui a transformé l’histoire, malgré ses fragilités et ses erreurs. Aujourd’hui, le monde a encore besoin des chrétiens. Ne dites pas que nous sommes minoritaires dans la société. Témoignons seulement là où nous sommes, dans nos familles, missions, au travail, auprès de nos amis, simplement, humblement. C’est ce qui fait grandir l’Eglise, fait naître le Royaume de Dieu. C’est la dynamique de Dieu : elle est simple, humble et concrète. Que Seigneur ouvre nos yeux aux petits signes de sa présence dans notre vie et nous donne la grâce de sa divine patience qui fait grandir l’espérance. Amen.

Homélie du Père Josselin du XI° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-06-12T18:26:41+02:00

Homélie du Père Joseph du Saint Sacrement, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs

Après avoir contemplé le mystère Dieu, Unique, un seul Dieu mais dans la communion des trois Personnes Divine, dimanche dernier, aujourd’hui, l’Eglise nous fait méditer sur ce que nous faisons chaque dimanche et ou en semaine, quand nous célébrons la messe. Nous avons besoin de l’Esprit-Saint qui nous a été donné à la Pentecôte pour comprendre, avec un cœur de foi le mystère de l’eucharistie et ne pas banaliser ces gestes que nous risquons de poser à la messe, parfois sans nous rendre suffisamment compte de ce qui se joue dans l’eucharitie.

La Fête-Dieu est cœur de la présence du Christ, la double présence à travers les deux tables, celle Parole, et celle de l’eucharistie, c’est-à-dire celle pain et du vin. C’est une réalité extraordinaire qui est la source et le sommet de toute vie chrétienne désireuse de grandir et de porter du fruit. L’eucharistie est, pour le chrétien, pain pour la routede la vie.  Chaque dimanche, nous célébrons un repas, répété avec fidélité, en obéissant au Christ qui dit aux disciples, le soir du Jeudi Saint, au cours de la Dernière Cène, la première eucharistie : « Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude : faites-ceci en mémoire de moi ».

Répéter un acte très souvent risque de devenir mécanique, une pure habitude, un rite cérémonial qui perd progressivement son sens. Oui, l’eucharistie peut devenir pour certains chrétiens habitués à aller à la messe, un geste mécanique, routinier et banal. Elle n’est plus alors la rencontre joyeuse avec ce Dieu qui se donne totalement dans sa Parole, et plus spécialement dans le Pain et le Vin qui, après la consécration, deviennent réellement « Corps et sang du Christ ». Avons-nous conscience de l’extraordinaire chance que nous avons en célébrant l’eucharistie qui est la présence même du Seigneur dans le pain rompu, consacré par prêtre quand il célèbre la messe.

L’eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne nous rappelle le Concile Vatican II.  Si le Christ est réellement présent dans l’eucharistie, comment est-il possible qu’il soit devenu difficile de participer massivement et avec foi à l’eucharistie. Plusieurs raisons, qui sont aussi des prétextes :  nos messes sont parfois ennuyeuses, lesassemblées ne sont pas toujours sympathiques, joyeuses et accueillantes, les homélies des prêtres ne sont pas toujours grande de qualité, les chants ne sont pas assez joyeux, assez profonds, etc….. Ces raisons sont bonnes mais elles oublient l’essentiel de la messe qui est la rencontre avec Jésus lui-même se donne, indépendamment des chants, de l’assemblée, de l’homélie du prêtre, de l’accueil des assemblées habituelles…. D’ailleurs, c’est parce que le Christ se donne dans la messe que nous devons la soigner, bien la préparer, la célébrer avec joie et foi, la rendre plus attirante et tout faire pour que nos chants, gestes, paroles, homélies, notre participation active soient à la hauteur de ce Dieu qui nous aime et qui se donne à nous dans la messe…

La fête-Dieu est un rappel de l’essentiel de la messe : notre foi en la présence réelle du Christ au milieu de l’assemblée célébrant la messe, présence efficace qui nous transforme nos cœurs et nous fait devenir un seul corps avec le Christ. Devenez ce que vous recevez !

Au désert, les Hébreux ont été nourris de la manne et la caille tombé du Ciel. Les Hébreux étaient en train de mourir de famine dans le désert, loin des galettes égyptienne… A travers la manne, les Hébreux ont reconnu un Dieu qui prend soin de lui en le nourrissant et en l’abreuvant dans le désert. Nous avons aussi besoin de nous nourrir et de nous abreuver pour avancer, pour grandir, être fécond, donner du fruit, pour avoir des forces dans la vie chrétienne. Sans moi, vous ne pouvez rien faire, dit le Seigneur ! Un chrétien qui ne se nourrit pas du repas eucharistique donné au moins chaque dimanche, est un chrétien qui s’expose à mourir (si sa foi n’est pas déjà morte dans son âme !).

Des fiancés viennent demander le sacrement du mariage, les parents viennent demander le baptême de leurs enfants, ou un autre service à l’Eglise. Certains m’ont dit : « j’ai la foi, mais je n’ai pas besoin, je ne sens pas le besoin d’aller à la messe !». J’ai fait avec eux un parallèle avec cette horrible maladie qu’on appelle l’anorexie : la personne malade d’anorexie ne sent pas le besoin de manger, elle a perdu toute envie de manger… Son corps privé de nourriture dépérit petit à petit… Il suffit alors de manger un peu pour reprendre encore force et vigueur. Pareillement, sans s’en rendre, beaucoup de chrétiens sont devenus des anorexiques dans leur vie de foi parce qu’ils n’ont plus envie, ne ressentent pas le besoin de participer à l’eucharistie. Ils se privent ainsi de cette nourriture indispensable et nécessaire dont nous avons besoin pour grandir dans la relation avec Dieu, et avec les autres membres du Corps du Christ. Nous avons besoin de cette nourriture pour avancer dans nos vies parfois rudes et d’affronter certaines épreuves que nous ne pouvons porter sans la force que seul Dieu peut donner.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, s’adresse à cette communauté chrétienne de la ville de Corinthe. Celle-ci est secouée par les divisions. Elle est composée par ces gens aux personnalités fortes, de condition sociale très différente et caractère très différents… comme notre communauté paroissiale. Cette communauté chrétienne de Corinthe, après avoir rencontré le Seigneur a oublié l’essentiel et elle a un peu de mal à trouver des raisons suffisantes pour construire la communion et l’unité. Cela arrive aujourd’hui dans certaines communautés, groupes, services… où les membres sont divisés à cause leur caractère, leur responsabilité, les petites jalousies, querelles de pouvoir, les égosforts, les appartenances politiques…. On se catégorise chrétien de gauche ou de droite, si pas aux extrêmes….entre ceux qui se disent ouverts, conservateurs, progressistes, conciliaires, enthousiastes, observants, traditionnalistes…., exactement comme au sein de notre communauté paroissiale.

Les prêtres ne sont pas épargnés par ces divisions : il suffit de participer à un repas ou une réunion pastorale entre prêtres pour s’en rendre compte : parfois les tons montent, des remarques sur le respect de la tradition, de l’orthodoxie, la fidélité aux rubriques, aux plus petites annotations et détails du Missel Romain… Ils sont divisés par le fait de ne pas avoir la même sensibilité liturgique, les options pastorales différentes… Et c’est dans ce contexte que saint Paul nous rappelle cette intuition heureuse qui est l’essentiel de la vie chrétienne : « le pain de l’eucharistie appelle et construit l’unité, invite à remettre le Christ au centre de la vie de la communauté chrétienne. Nous sommes chrétiens d’abord parce que le Christ nous a appelés, choisis. L’Eglise n’est un club de gens braves, parfaits et intelligents…mais une communauté des gens différents réunis autour du Christ, nourris par le même pain qui est le corps du Christ et abreuvés à la même coupe du sang du Christ. L’eucharistie est un catalyseur d’unité et de communion, malgré nos différences.

Dans son discours après la multiplication des pains dans l’évangile de Jean, Jésus parle explicitement de sa chair qu’il nous faut manger et de son sang qu’il nous faut boire. Ce discours incompréhensible préfigure le mystère eucharistique, don merveilleux qui passe par les mains d’un prêtre, indépendamment de ses qualités et défauts. Une communauté privée de prêtre aura du mal à vivre les sacrements, et surtout celui de l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne.

Tel est le sens de la fête du Corps et du Sang du Christ. La question n’est pas la langue, la formulation, le rite, de forme liturgiquemais la foi. Certainement qu’il serait mille fois mieux que nos assemblées soient plus accueillantes, plus joyeuses, que nos chants soient plus beaux, que les homélies soient brillantes…. Mais, ne nous faisons pas d’illusion ! Beaucoup de gens ne viennent pas à la messe parce qu’il leur manque l’essentiel : la foi profonde que c’est Jésus lui-même qui est présent et qui se donne dans le pain et le vin consacrés. Prions pour que les enfants qui font leur première communion actuellement au sein de notre communauté paroissiale, les fiancés qui se préparent au mariage, les confirmés de cet après-midi à Pibrac et nous tous d’ailleurs, nous nous rendions toujours compte de l’Amour infini qui nous est donné à travers l’eucharistie, pour y puiser chaque jour. Puisse notre faim et soif du corps et du sang du Christ augmenter chaque jour. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du Saint Sacrement, année B (2021)2021-06-04T19:31:30+02:00

Homélie du Père Joseph de la Sainte Trinité, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Je voudrais vous poser une question ! Quelle image ai-je de Dieu ? Quelle est l’image de Dieu quand je parle de lui autour de moi ? Quelle image les gens qui m’entendent, me voient se font-ils de Dieu ? Voilà quelques questions qu’ils convient de se poser aujourd’hui parce que le visage que je donne de Dieu permet de donner envie ou alors pas envie de le connaitre ! Vendredi soir après une journée bien difficile au conseil épiscopal (c’est la fin d’année et c’est parfois compliqué pour l’évêque et son conseil), je suis venu à l’labour pour la messe de 18h00 : La messe venait juste de commençait qu’un jeune homme, âgé de 15 ans, est entrée dans l’église. Il est resté à la messe, et à la fin, après le chant à Marie, nous avons pris le temps de discuter !

Il voulait me parler, mais moi aussi je voulais discuter avec ce jeune de 15 ans que je vois à la messe en semaine pour la première fois. Quel cadeau ! Julien a découvert chrétienne de la foi grâce à une amie du collège qui est chrétienne catholique, tellement radieuse et heureuse d’être chrétienne qu’elle donné à Julien envie de connaître un peu le Dieu des chrétiens. Julien a cheminé, est follower d’un prêtre et un jeune catho sur Tiktok, a acheté la Bible (d’accord, il s’est trompé en achetant une bible Louis Segond, mais pas grave !) qu’il a commencé à lire ! Il en est au première livre des Rois ! Julien est heureux de devenir chrétien. Il a demandé le baptême mais tout cela est parti de l’image de Dieu que lui a transmis sa copine qui maintenant déménagé pour une autre ville.  Julien est probablement parmi nous en ce moment. Très souvent nous détruisons l’image de Dieu en parlant parlons mal de lui, en le décrivant comme « puissant dans sa force », comme « juge ou surveillant intransigeant », presque un despote bipolaire et imprévisible dont il faut se méfier et avoir peur….

Qu’il est horrible ce Dieu qui laisse mourir de famine les enfants, qui n’arrête pas les guerres, qui laisse mourir une jeune famille d’un cancer, qui ne résout pas les nombreux problèmes des hommes, qui laisse la nature se déchainer comme cette éruption volcanique qui détruit la ville de Goma, déjà malheureuse et victime de guerre, des massacres, des épidémies comme Ebola… et comme si cela ne suffisait pas, les gens doivent partir et quitter la ville parce que la conjugaison entre séismes répétés, l’éruption volcanique et  la forte concentration du gaz méthane dans le lac Kivu risque à tout moment d’exploser la ville.  Quelqu’un peut se demander que fait Dieu devant tant de malheurs ? Pourquoi ne fait-il pas quelques choses s’il est tout-puissant ? Pourquoi reste-t-il indifférent s’il est bon et plein d’amour…? Bref, nous avons parfois l’image d’un Dieu qui terrorise, qui ne donne pas envie qu’on l’aime. Même les athées, ceux qui croient ne pas croire se font une image, une idée de Dieu… parce qu’en fait, ils se sont faits ou alors, nous les croyants, leur avons transmis une idée horrible, terrifiante, détestable de Dieu qui les pousse à se décider de ne pas croire en lui.

« Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ! »  Combien de fois nous répétons, parfois machinalementcomme en ce moment, cette formule ! La solennité de la Trinité Sainte que nous célébrons a pour finalité de nous rappeler ce que signifie vraiment être chrétien, ce que cette formule implique pour nous.

D’abord, cette formule implique que la foi chrétienne, tout en étant absolument, rigoureusementmonothéiste, c’est-à-dire croyant en un Dieu unique, est totalement et rigoureusement différente deux autres monothéismes, c’est-à-dire, du judaïsme et de l’Islam.  Jésus a été condamné à mort parce qu’il disait qu’il était Fils de Dieu, et se faisait ainsi l’égal du Père… Ce qui est un blasphème dans le judaïsme. Quant à l’Islam, cette foi chrétienne en un Dieu en trois Personnes est qualifiée de polythéisme ! La foi chrétienne est un « monothéisme trinitaire ».  Cela veut dire que nous professons la foi en un Seul Dieu mais en Trois Personnes. C’est la foi de notre baptême ! Nous avons été baptisés au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Ce sont les Personnes dont il s’agit dans le Credo. Nous le rappelons aussi dans la conclusion de toutes les prières liturgiques : « Nous Te le demandons par Jésus Christ ton Fils, qui vit et règne avec toi, dans l’unité du saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 Trois personne, mais un Seul Dieu. C’est plus compliqué que dans le mariage. Pour vous les fiancés, futurs mariés, le sacrement de mariage dit : « ils ne sont plus deux, mais un seul ! Un plus un égal Un, communion de cœur et de corps ! Cela dépasse les formules mathématiques. Pour la trinité sainte, c’est 1+1+1 =1. Un beau et grand mystère dont découlent tous les autres mystères de notre foi, mystère dépassant les capacités humaines, incompréhensible, inexplicable par le biais de la raison humaine, mais accessible seulement par la grâce de la Révélation de Dieu.

Une anecdote illustre l’incapacité humaine à comprendre le mystère de la Trinité Sainte. Il s’agit de la tentative de l’un des plus grands théologiens de l’histoire de l’Eglise. Saint Augustin d’Hippone est celui qui a laissé un des grands traités sur la Trinité sainte, le De Trinitate. On raconte qu’un jour, Saint Augustin se promenait, faisant des va et vient sur la plage, au bord de la Méditerranée, plongé dans une grande réflexion pour comprendre et s’expliquer le mystère de la Trinité. Tout d’un coup, il est intrigué en voyant un petit garçon qui avait creusé un petit puits dans le sable et avec un petit seau, il essayait vider l’eau de la mer pour remplir son trou de sable. « Que fais-tu petit enfant ? », lui demanda saint Augustin. « Je veux vider la mer dans ce mon petit puits de sable », lui répondit le petit garçon. « C’est impossible, mon enfant, tu ne peux y arriver ? ! Vois combien la mer est immense et trop grande pour ton petit trou de sable perméable ». L’enfant lui répliqua : « Et toi, comment peux-tu prétendre contenir l’immensité du mystère de Dieu dans petite intelligence ? ». L’enfant disparut tout d’un coup et saint Augustin comprit que c’est un ange qui lui avait été envoyé pour lui expliquer qu’on ne peut comprendre le mystère de la Trinité Sainte par la raison.

Ceci fit réfléchir saint Augustin qui comprit dès lors que le mystère de la Trinité ne peut être compris que par le cœur, par l’intelligence de notre cœur. C’est le cœur que nous comprenons la communion des trois Personnes de la Trinité qui agissent ensemble depuis l’Origine. Notre salut n’est pas l’œuvre du Christ seul, mais de toute Trinité Sainte. Jésus ne nous sauve pas en solitaire, comme certains par orgueil, amour propre ou égoïsme, prétendent faire le bien tout seul, sans l’aide des autres. Le Père a voulu sauver l’humanité en nous offrant aussi la possibilité de retisser une relation avec lui, relation rompue par le péché originel et actuel. Pour cela, le Père a envoyé son Fils qui, pour réaliser cette mission, a pris complétement la nature humaine. Avec sa mort et sa résurrection, il a racheté l’humanité entière. Il l’a fait une fois pour toute, il y a plus de deux mille ans à Jérusalem.

Cet événement éloigné dans le temps et dans l’espace reste toujours actuel et accessible à chaque être humain, de tout temps et dans tout pays, et s’opère grâce à la présence de la troisième Personne de la Trinité sainte, c’est-à-dire, le saint Esprit, actif et opérant dans le baptême et dans tous les sacrements et dans le cœur de tous les baptisés

La volonté du Père, accomplie par le Fils, est poursuivie aujourd’hui grâce au Saint Esprit : Dieu Unique en trois Personnes, intimement unies mais distinctes, opérant en parfaite communion et syntonie. Dieu désire nous faire entrer dans cette communion trinitaire. Jésus a prié pour que nous soyons plongés dans cette unité trinitaire, entre le Père et le Fils par le Saint Esprit : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17, 21). Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de ce Dieu unique mais en trois Personnes. Cela veut dire que nous sommes faits pour être en relation, en communion, en communication vraie, en dialogue, don total de soi comme dans le mariage, accueil de l’autre, collaboration et amour… Ce Dieu-communion nous révèle que l’égoïsme contredit notre nature profonde car nous sommes faits pour être en relation, pour nous donner aux autres et nous recevoir d’eux.

 Au cours de cette eucharistie, prions en particulier pour tous ceux qui reçoivent les sacrements actuellement, en particulier les fiancés présents aujourd’hui, afin qu’ils puissent recevoir la grâce d’être plongés dans cet Océan d’Amour trinitaire dans lequel réside notre vrai bonheur, en se laissant aimer par Dieu, le Père, le Fils et le saint Esprit. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la Sainte Trinité, année B (2021)2021-05-29T17:40:20+02:00

Homélie du Père Joseph du VII° Dimanche de Pâques, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs

La mission de Jésus a été celle de nous faire connaitre le Père. Il l’a fait par ses paroles et tout ce qu’il a accompli, jusqu’au don total de lui-même sur la croix.  En tout, Jésus, à a cherché à accomplir la volonté du Père et rester obéissant jusqu’au bout., dans une parfaite relation intime, une unité, une communion profonde avec le Père, et le saint Esprit, pour le salut de tout l’humanité.

Pour nous sauver, Dieu s’est incarné en Jésus, qui est ensuite mort et ressuscité pour moi. Cependant, le Christ a voulu associer ses disciples à la réalisation de ce beau projet du Père qu’est le salut du genre humain. C’est pour cela que Jésus a choisis et mis à part parmi ses disciples 12 apôtres   après une nuit de prière afin de prendre la bonne décision : C’est cela que nous lisons dans l’évangile de Luc  (6, 12-16) « En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. »

Jésus sait que ses disciples lui sont donnés par le Père comme il l’affirme lui-même dans cette grande prière, la « prière sacerdotale » qu’il adresse au Père à la veille de sa mort « J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi ». (Jn 17, 6-9)

Maintenant que nous sommes à la veille de sa mort, Jésus que qu’il va quitter ce monde. Jésus s’inquiète et se préoccupe du devenir de ses disciples. Il prie pour eux comme il prie pour nous. Avant de s’en aller auprès du Père, Jésus ne veut pas laisser ses disciples orphelins. Il confie ses disciples au Père. En priant pour eux, il prie aussi pour nous, baptisés et confirmée d’hier, d’aujourd’hui et de demain, pour que nous ne nous perdions pas. Le Seigneur sait que le Tentateur est là, qu’il va nous attaquer. Ne soyons pas naïfs : Le Diviseur est à l’œuvre et depuis la naissance de l’Eglise, il cherche à semer la zizanie parmi les disciples, à créer des conflits entre- eux, comme il peut le faire encore aujourd’hui dans nos familles et nos communautés parfois divisées. Satan, le Tentateur voudra aussi diviser les disciples et les arracher de la communion trinitaire. C’est pour cela que Jésus prie pour eux et pour nous : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous-mêmes ».

Cette unité-communion est fondée sur l’Amour du Père, enracinée dans l’unité- communion trinitaire dans laquelle nous sommes plongés grâce aux sacrements, en particulier le baptême, l’eucharistie et la confirmation.  Pour réaliser cette unité parfaite, le Père et le Fils ont envoyé le Saint Esprit aux apôtres pour leur apprendre à demeurer dans l’amour du Père et du Fils, leur apprendre aussi à aimer l’Eglise, à aimer le monde et désirer son salut. C’est le Saint Esprit qui vivifie notre foi, nous encourager pour surmonte les épreuves. C’est lui qui nous éclaire pour prendre les bonnes décisions, dans notre propre vie personnelle… même si parfois ces bonnes décisions sont douloureuses affectivement, sentimentalement.

Depuis le jeudi de l’Ascension, nous sommes tournés vers la Pentecôte. Comme les disciples, attendons dans la foi le Don par excellence, le Saint Esprit qui affermit notre foi, construire notre unité, chasser nos peurs… Chacun de nous a besoin de recevoir et de se laisser façonner par l’Esprit de Vérité, le Défenseur, l’Avocat et le Consolateur. Une vie chrétienne sans le Saint Esprit ne peut pas porter du fruit.

C’est pour cela que je vous invite à prier le saint Esprit chaque jour dans notre prière personnelle au cours de cette semaine qui nous conduit à la Pentecôte.  Invoquons le Saint Esprit sur ceux qui vont recevoir le sacrement du baptême, en cette période dans grande saison des baptêmes dans toute l’Eglise, sur les enfants qui, en cette période, font leur première communion. Invoquons le Saint Esprit sur ceux qui qui vont recevoir le sacrement du mariage afin que le saint Esprit garde les époux toujours unis dans le Seigneur.  Que tous ces sacrements, reçus et vécus dans la foi nous enracinent davantage dans la communion trinitaire, qu’ils affermissent et vivifient le dynamisme missionnaire de chaque baptisé et de l’Eglise pour que nous manifestions ensemble au monde que le Christ est vivant en nous aujourd’hui encore, jusqu’à la fin de temps, comme il nous l’a promis avant de s’en aller à la droite du Père.

 

Homélie du Père Joseph du VII° Dimanche de Pâques, année B (2021)2021-05-18T18:34:27+02:00

Homélie du Père Joseph de l’Ascension, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

L’’Ascension du Seigneur m’a rappelé l’histoire d’un ami prêtre. Fraîchement sorti du séminaire la même année que moi, il a été nommé vicaire sur un ensemble paroissial assez important et riche pastoralement comme le nôtre. Son curé un quinquagénaire, avait déjà de la bouteille : 23 ans d’ordination, quelqu’un de très très dynamique. Il savait comment s’y prendre pour collaborer avec les laïcs auxquels il déléguait les responsabilités. Cependant, il était aussi un peu partout et maîtrisant presque tous les domaines d’une pastorale paroissiale. C’est dans ce contexte, mon ami, le tout jeune vicaire et « bébé prêtre » comme certains s’amusait à l’appeler par sympathie parfois et ou avec un peu de condescendance à cause de son âge, commence son ministère de prêtre. Il suivait son curé et était porté par le dynamisme et sa créativité pastorale. Son curé qui lui donnait des conseils et lui apprenait à « faire le prêtre » de paroisse.

En effet, entre ce que nous apprenons pendant les années de formation au séminaire, notre vision un peu idéaliste à la sortie du séminaire et la réalité sur terrain, il y a parfois un bon océan à traverser… C’est pour cela qu’après l’ordination, on a besoin encore d’être formé à la réalité de terrain et à la vie concrète de notre vie de pasteur : la joie de l’attachement à une communauté paroissiale qui nous porte qu’on apprend à aimer, la gestion des groupes, l’animation spirituelle, la catéchèse, les funérailles, les mariages et les baptêmes, les services de solidarité….  Il y a aussi quelques difficultés qu’on apprend à affronter comme le poids du travail, la complication de certaines personnalités qu’il faut canaliser, les donneurs des leçons qu’il faut apprendre à recadrer et remettre à leur place, les querelles, la gestion des crises et des conflits entres personnes et groupes, les jalousies, quête de petits pouvoirs chez certaines personnes, le mépris de certaines personnes…  Mais tous cela, on ne l’apprend pas au concrètement pendant les années de séminaire. D’où un temps d’apprentissage, surtout les premières années, pour se rendre compte de la réalité pastorale sur terrain.

Malheureusement, cette communauté va être éprouvée. Très rapidement, le jeune « bébé prêtre vicaire » paroissial va devoir affronter ces problèmes tout seul parce que son curé va mourir d’un cancer foudroyant.  Etant donné le manque de prêtres, l’évêque ne trouvant pas de curé de poigne pour prendre la suite du curé qui vient de mourir, il est bien obligé de demander au jeune vicaire d’assurer la mission de curé, ce qu’il accepte avec obéissance et dans la foi, mais avec crainte et tremblement ne se sentant pas à la hauteur du chantier pastoral qui lui est confié. Il va falloir assurer et gérer sans s’y être vraiment préparé.  Ce qui est arrivé à l’abbé Lionel arrive à beaucoup de personnes qui, dans les familles, les entreprises, les associations… on est appelé à assumer une grosse responsabilité au pied levé parce que le parent, le chef, le patron tombe malade ou décède brusquement.

C’est une situation similaire que les Apôtres de Jésus ont vécue à l’Ascension. Ils sont là, tristes, démunis et remplis des questions. La joie de la résurrection a été de très courte durée (40 jours seulement) car immédiatement après, Jésus va de nouveau les quitter physiquement, et cette fois-ci, de manière définitive. Celui qui leur était visible, qu’ils ont vu, touché, écouté, avec qui ils ont mangé, qui a fait des miracles, le rabbi charismatique qui les guidait pendant trois années de ministère public, le voilà qui s’en va et il va falloir que les apôtres apprennent à faire et à vivre sans sa présence physique. Ils doivent le rencontrer autrement et le manifester au monde à travers le témoignage de leur vie et par leur foi au quotidien.  Les apôtres ne s’y sont pas préparés et doivent s’appuyer sur sa promesse d’être toujours à leurs côtés : « Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient » et le Saint Esprit qu’il promet de leur envoyer.

Telle est la mission des disciples : être témoin du Christ en s’appuyant sur sa présence invisible, mais réelle et vivante. Les disciples s’appuient sur la Foi que le Ressuscité, invisible aux yeux de chair, est cependant présent et agissant par le biais du Saint Esprit. Jésus nous invite simplement à croire en lui et d’être ses témoins crédibles dans le monde. Devant la peur de la vie ou de la mission, la foi nous invite à réagir dans la confiance, ne pas rester passif, à se bouger convaincus que nous ne sommes jamais seuls dans notre vie. Même au cœur de la solitude de notre chambre, retentissent dans le cœur de chaque baptisé cette promesse et ces paroles de Jésus avant de s’en aller vers le Père : « Je suis avec toi, tu peux compter sur moi ? Si tu me fais confiance, tu peux y arriver, si tu te bouges en s’appuyant sur moi, je ne te lâcherai jamais. Fais-moi confiance !  Je vais t’envoyer un Défenseur, un avocat, le Saint Esprit ».

Avec le don du Saint Esprit à la Pentecôte, les apôtres vont passer de la peur au témoignage de la foi, de l’angoisse à la confiance d’annoncer la Bonne Nouvelle. Ils peuvent maintenant mettre en œuvre l’appel de Jésus : « Allez dans le monde entier. Proclamer l’Evangile à toute la création ».  L’Esprit Saint les rendra courageux dans la mission, affermira et purifiera leur foi. Ils passent d’une foi infantile, la foi de la facilité, celle de l’enfant qui se laisse porter par les parents, quand il se fait coucouner, chouchouter, dorloter, la foi idéaliste où nous sommes comme sur un nuage à la foi adulte et réaliste qui nous apprend à nous prendre en main, à affronter les défis de la vie humaine et de la mission en nous appuyant sur un Dieu invisible mais réellement présent.

Par le Saint Esprit reçu, Jésus nous rappelle qu’il est avec nous depuis le baptême quand nous avons été marqués du saint-chrême pour devenir demeure de Dieu et temple du Saint Esprit. Désormais, marqué du Saint Esprit, le chrétien doit pouvoir dire, comme saint Paul « ce n’est plus moi qui vis, ce n’est plus moi qui agis : c’est le Christ qui vit et agit en moi et par moi grâce au Saint Esprit qui m’a été donné ». C’est le Saint Esprit qui actualise et rend vivante et réelle la présence du Seigneur dans notre quotidien. Cette présence vivante du Ressuscité se réalise dans notre vie et dans l’Eglise à travers les sacrements que nous vivons.

A partir de ce soir, je vous invite à faire une neuvaine au Saint Esprit car neuf jours nous séparent de la Pentecôte.  Au cours de cette neuvaine, invoquons le Saint Esprit sur ceux qui vont recevoir le sacrement du baptême, sur ceux qui vont se marier, les enfants qui vivent actuellement leur à la première communion, les adultes qui vont recevoir le sacrement de confirmation…. Jésus, qui siège désormais à la droite du Père est pourtant réellement présent dans tous ces sacrements qui, reçus et vécus dans la foi, affermissent et vivifient le dynamisme missionnaire de chaque baptisé, de chaque communauté ecclésiale appelée à manifester au monde que le Christ est vraiment vivant aujourd’hui encore, jusqu’à la fin des temps, comme il nous l’a promis avant de monter aux cieux, pour siéger à la droite du Père où il est allé nous préparer une place. Amen.

Homélie du Père Joseph de l’Ascension, année B (2021)2021-05-18T18:22:52+02:00
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