Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus ne commence pas par nous demander d’agir, mais par nous rappeler qui nous sommes : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde. »

Non pas vous serez, mais vous êtes.
Pourtant, le sel peut perdre sa saveur et la lumière peut s’éteindre. La question posée par Jésus est alors essentielle : quelle trace laissons-nous dans le monde ?

Le sel : donner du goût sans se mettre en avant

Le sel est discret, presque invisible, mais indispensable. Lorsqu’il manque, tout devient fade.
Ainsi, le chrétien n’est pas appelé à dominer ni à s’imposer, mais à rendre la vie plus humaine, plus juste, plus fraternelle.

Le prophète Isaïe le rappelle avec simplicité : partager son pain, accueillir, soutenir, couvrir celui qui est nu.
Ce sont des gestes concrets, mais qui transforment profondément la vie.

Le sel s’affadit lorsque la foi devient une habitude sans amour, lorsque l’on parle de Dieu sans se laisser toucher par l’homme. 👉 Un chrétien n’est pas fait pour se cacher, mais pour donner du goût et éclairer la route.

La lumière : éclairer sans éblouir

Jésus poursuit : « Vous êtes la lumière du monde. »
La lumière ne cherche pas à éblouir : elle rassure, oriente, empêche de tomber. Une petite lumière suffit parfois à chasser une grande obscurité.

La foi peut être personnelle, mais elle n’est jamais privée.
Elle devient lumière lorsqu’elle est cohérente, lisible et habitée, quand la manière de vivre parle plus fort que les discours. 👉 Un chrétien n’est pas fait pour se cacher, mais pour donner du goût et éclairer la route.

Une foi qui se donne

Jésus précise : « Que votre lumière brille pour qu’on rende gloire au Père. »
Le sel disparaît dans le plat, la lumière se consume pour éclairer. Voilà le cœur de la vie chrétienne : se donner sans chercher sa propre gloire.

On reconnaît un vrai témoin à ce qu’il fait naître autour de lui : plus de paix, plus de confiance, plus d’espérance.

Témoignage de Jacques Fesch

La vie de Jacques Fesch rappelle qu’aucune existence n’est définitivement perdue.
Dans la solitude de la prison, ce ne sont pas des discours qui l’ont transformé, mais la présence fidèle et respectueuse de ceux qui ne l’ont pas réduit à son acte.

Une lumière s’est alors allumée dans sa nuit.
Sa vie est devenue un signe : même au cœur de l’obscurité, une existence peut retrouver sens et espérance.

👉 Un chrétien n’est pas fait pour se cacher, mais pour donner du goût et éclairer la route.

Conclusion

Le monde n’a pas besoin de chrétiens parfaits, mais de chrétiens habités :
– du sel qui donne du goût à la vie quotidienne,
– de la lumière qui éclaire les nuits des autres.

Là où nous sommes, humblement, soyons ce que Jésus nous dit que nous sommes déjà.
Alors, sans beaucoup de paroles, le monde saura que Dieu est vivant.