Que votre lumière brille (Matthieu 5, 13-16)
Frères et Sœurs bonjour,
Aujourd’hui à partir de ce texte de l’Évangile de Matthieu et en cette Journée mondiale de la Santé, je vais vous parler de vocation, de la manière de répondre à cet appel et pour finir de lumière et de vitrail.
Je vous propose d’accueillir ce texte de Matthieu dans la continuité de Béatitudes que nous avons entendu la semaine dernière. Dans le texte des Béatitudes, Jésus nous a donné son programme, Heureux le pauvres, Heureux les doux, Heureux, Heureux… Il nous a partagé son évangile, la Bonne nouvelle. Et aujourd’hui en quelques phrases chocs, en quelques mots percutants, Jésus dit à ses disciples ce qu’il attend d’eux. Il nous redit aujourd’hui à chacun de nous à quoi nous sommes appelés, il nous redit quelle est notre vocation. A nous de donner le goût du Royaume aux personnes de ce temps comme le sel révèle les saveurs, à nous par nos actions d’éclairer le monde, de révéler au monde cette Bonne nouvelle. Parce que si comme le sel qui s’affadi ou la lumière rangée sous le boisseau si nous ne faisons pas connaître cette Bonne Nouvelle à quoi cela sert de se dire disciple de Jésus ! Jésus, comme les premiers disciples, nous place devant nos responsabilités. Le Royaume des cieux qu’il vient annoncer il ne pourra se réaliser, il ne pourra se manifester qu’à travers nous, que par nous. Alors comment répondre à cet appel, concrètement qu’est-ce que ça veut dire de rayonner de cette lumière ? C’est vrai que le texte du jour ne nous en dit rien. Nous le savons par la suite dans son enseignement Jésus précisera cela. En attendant, nous pouvons entendre ce qu’Isaïe nous dit dans la première lecture. « partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, ne te dérobe pas à ton semblable ». Nous pouvons également faire mémoire comment les premiers disciples ont pris au sérieux cette invitation de Jésus. Au premier temps de l’Église, les chrétiens ont proposé une façon renouvelée de vivre la fraternité dans un monde souvent dur et cruel. Par exemple, une pratique courante à cette époque est d’abandonner les enfants sur les marches des temples. Ces enfants étaient recueillis pour être conduit soit vers la prostitution soit vers l’esclavage. Les chrétiens se sont opposés à cette façon de faire ils ont accueilli, recueilli les enfants abandonnés et ils s’interdisaient au sein de leur communauté d’abandonner leurs propres enfants.
2000 ans plus tard, il y a toujours de la souffrance, de la misère dans notre monde. Alors aujourd’hui je vous invite à entendre à nouveau cet appel de Jésus, à nous tenir aux côtés de ceux qui souffrent. Entendons cet appel à ne laisser personne de côté pour leur signifier que Jésus-Christ inlassablement est là auprès d’eux. Entendons cet appel à annoncer aux plus fragiles, aux plus pauvres que Dieu les aime inconditionnellement. Entendons cet appel à ne pas nous dérober à notre semblable. Alors particulièrement aujourd’hui en ce dimanche de la Santé, nous pouvons rendre grâce pour l’engagement de tous les acteurs du monde de la santé qui chaque jour se tiennent auprès des malades, qui se battent pour préserver la dignité de la personne humaine. Nous pouvons porter dans notre prière bien sûr toutes les personnes malades. Et dans nos prières n’oublions pas tous les accompagnants des personnes malades qui souvent dans l’ombre se dévouent quotidiennement pour accompagner leurs proches dans ces moments de vulnérabilité.
Alors, s’il nous arrive de douter, de vouloir baisser les bras devant tant d’injustice, tant de souffrance dans notre monde et pour nos proches, nous devons nous rappeler de cette parole de Jésus : « Nous sommes la lumière du monde » Nous avons reçu en héritage, un trésor qui donne sens à toute vie. Nous avons reçu cette lumière qui dissipe les ténèbres enveloppant si souvent notre quotidien. Il n’est pas question ici de mettre en avant sa vertu. Il est question de faire découvrir aux personnes de notre temps la source de nos comportements, de notre conversion au Royaume comme l’ont fait les premiers disciples. Il s’agit d’être un témoin transparent à la source de la lumière puisque c’est elle qui doit être reconnue. Pas transparent comme une vitre sans couleur, fade, mais transparent comme un vitrail, par lequel, en fonction de ce que nous sommes les mille et une couleurs de la Bonne Nouvelle soient reconnues par nos contemporains.
Pour conclure, je vous invite à entendre l’appel de Jésus, lui qui est venu inaugurer Le Royaume de Dieu, il nous confie aujourd’hui à nous ses disciples le soin de le révéler au monde en nous tenant au plus près des petits, des malades. Je vous invite à prier humblement l’esprit pour qu’il nous pousse chaque jour à être des témoins de cette bonne nouvelle, de nous donner la confiance d’oser rayonner de cette lumière autour de nous pour qu’à travers chacun de nous la lumière de Dieu brille pour les hommes et les femmes de ce temps. Amen