À propos de Secrétariat EP Tournefeuille

Secrétariat de l'Ensemble Paroissial

Homélie d’Henri Fischer, XIVe dimanche du TO, Matthieu 11, 25-30

Frères et Sœurs bonjour,

Nous allons prendre le temps ce soir de s’approcher de ce court texte de Matthieu sous l’angle de la louange, puis du joug et du compagnonnage.

Commençons par écouter comment Jésus prie « Père, Seigneur du ciel et de la terre je proclame ta louange ». Jésus nous enseigne une manière de prier le Père. Il s’agit de louer Dieu. Parfois des personnes me disent qu’elles ne savent pas comment prier. Alors je leur propose la prière de louange. Et il y a de quoi faire ! Louange pour la vie qui m’est donnée, pour l’été qui commence, pour tout ce dont je suis comblé  : en famille, en relation, en santé. Louange pour qui est Dieu  : Dieu doux et humble de cœur, Dieu qui se montre dépouillé, pauvre à Noël. Dieu qui meurt avec nous, Dieu qui relève Jésus de la mort et par là nous relève de notre mort. Louange pour tous les signes d’amour que Dieu m’a manifesté tout au long de ma vie  : mon baptême, les sacrements de réconciliation, les eucharisties, le sacrement de mariage. Louange pour l’esprit Saint qui emplit toute ma vie ordinaire de son amour. Il y a toujours des motifs de louange. Comme ce matin à l’Oustal où 26 groupes sont venus relire leur année et rendre grâce pour tout ce qu’ils ont reçu pendant l’année qui se termine au service de la mission de notre ensemble paroissial. Je vous invite pour la semaine qui vient à prendre quotidiennement ce temps de louange pour le seigneur, de louer celui dont nous avons tout reçu. Vous pouvez le louer en reprenant les paroles du psaume de ce jour « Je t’exalterai mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais »

Je voudrai m’attarder maintenant sur cette image du joug. Je parle pour moi, mais les travaux physiques de la ferme, le labeur comme on dit, ce n’est pas quelque chose que j’expérimente souvent. Et quand je fais un peu de bricolage ou de jardinage je redécouvre la fatigue de mon corps. Je vous partage cela car cette image du joug, n’est pas une image de carte postale. Pour les auditeurs de Jésus, ils savaient ce qu’il y a de fatigue, d’épuisement, d’efforts derrière ce mot. Et dans notre société où beaucoup de travail physique a été transféré aux machines, il reste toujours beaucoup de personnes qui portent un fardeau épuisant. Je pense à ces trop nombreuses mères qui portent seules la charge d’élever leurs enfants, je pense à ces personnes qui n’ont plus de travail et qui se sentent inutiles, je pense à ces soignants surmenés qui prennent soin de nos proches, je pense à ces professeurs des écoles qui ont accueilli nos enfants lors de la canicule, je pense à ces personnes victime d’un épuisement professionnel écrasées par la charge de travail. Et la liste est longue. Alors aujourd’hui, je vous invite à faire mémoire de situations lourdes, difficiles pour vous-même et  dans votre entourage et de les mettre aux pieds de Jésus. Je vous invite à entendre Jésus vous dire « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos »

Vous le savez sûrement, le joug possède deux emplacements pour les bêtes de somme. Entendons Jésus nous dire « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples car je suis doux et humble de cœur ». Cela veut dire qu’il est avec nous, à côté de nous et qu’il porte la charge de nos vies avec nous. Il est notre compagnon de vie sur lequel nous pouvons compter. Il ne nous dit pas, vous n’avez plus besoin de faire d’efforts, il ne dit pas vous ne souffrirez plus. Comme toute ces publicités qui veulent nous faire croire que tout sera mieux pour nous si nous achetons, nous consommons tel ou tel produit ou voyage. Non Jésus nous dit qu’il est avec nous, tous les jours de nos vies. Et c’est vrai, que de savoir que nous pouvons compter sur Jésus, de l’avoir comme compagnon cela allège notre fardeau. Et ce fardeau il va le porter avec nous jusqu’à la mort. Alors nous qui voulons conformer notre vie au Christ, nous qui voulons être témoin du Christ au monde, montrons à nos frères et sœurs en humanité que nous pouvons être à leurs côtés jusqu’au bout. Comme le font tant d’associations et d’organisations chrétiennes auprès des plus pauvres, auprès de ceux qui portent le poids d’un quotidien difficile dans les pays en guerre, auprès de ceux dont la voix est ignorée. Comme le font certains services de notre ensemble paroissial qui nous ont partagés leurs relectures ce matin à l’Oustal. Je vous invite à demander au Seigneur de vous dire où il vous appelle au service de vos frères et sœurs et peut-être intégrer un service sur notre ensemble paroissial ou s’investir dans un mouvement d’Eglise.

En conclusion, de ce rapide survol de ce texte d’Évangile, je vous invite à vous mettre à l’école de prière de Jésus en sachant tous les jours rendre grâce, louer Dieu pour tous ces dons reçus. Je vous invite à sentir la présence de Jésus à vos côtés qui conjugue ses efforts avec les vôtres pour avancer sur votre chemin de vie. Je vous invite à entendre l’appel du Seigneur à s’associer à lui pour porter le joug trop lourd de nos frères et sœurs en humanité. Ainsi nous pourrons entrer dans le joie du Christ, nous pourrons jubiler avec Lui. Ainsi, à travers nous, sa Parole portera en abondance des fruits qui nous dépassent : fruit de réconciliation, fruit de tendresse, fruit de patience, fruit d’unité, fruit d’amour. Je vous souhaite un bel été en compagnie de Jésus.

Amen

Homélie d’Henri Fischer, XIVe dimanche du TO, Matthieu 11, 25-302026-07-09T12:00:48+02:00

Garder Dieu dans nos valises de vacances !

Chers paroissiens, chers amis,

L’été est là, avec ses longues journées, ses retrouvailles familiales, ses départs, ses haltes, ses routes, ses valises… et parfois aussi ses fortes chaleurs. Nous parlons déjà de canicule. Mais une question spirituelle peut nous rejoindre au cœur même de cette saison : et si l’été n’était pas seulement un temps pour “déconnecter”, mais aussi un temps pour mieux nous reconnecter à l’essentiel ?

Nous préparons nos bagages avec soin : vêtements, lunettes, papiers, téléphone, chargeurs, pharmacie, livres peut-être… Mais avons-nous pensé à garder une place pour Dieu ? Non pas comme un objet de plus dans la valise, mais comme une présence à accueillir sur nos routes, dans nos maisons, dans nos repos, dans nos rencontres, dans nos silences. Car Dieu ne prend jamais de vacances loin de nous. C’est souvent nous qui risquons de prendre des vacances loin de Lui.

La canicule nous rappelle que le corps a soif. Mais l’âme aussi peut avoir soif : soif de paix, soif de sens, soif de pardon, soif d’amour vrai, soif de Dieu. Jésus, au bord du puits de Jacob, disait à la Samaritaine : « Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif. » L’été peut devenir ce temps béni où nous redécouvrons cette eau vive : une messe vécue simplement dans une église de passage, une prière murmurée au bord de la mer ou sur un chemin de montagne, un signe de croix avant le repas familial, une visite à une chapelle ouverte, un temps de silence loin du bruit ordinaire.

Le 4 juillet, l’Église célèbre saint Pier Giorgio Frassati, jeune homme lumineux, passionné de montagne, d’amitié, de justice et de charité. Cette année, nous vivons sa première fête liturgique depuis sa canonisation avec saint Carlo Acutis. Deux jeunes saints pour notre temps ! L’un gravissait les sommets en répétant : « Verso l’alto » — « Vers le haut » ; l’autre rappelait que « l’Eucharistie est l’autoroute du ciel ». Tous deux nous disent que la sainteté n’est pas triste, qu’elle n’est pas réservée à quelques spécialistes, mais qu’elle consiste à vivre pleinement, le cœur tourné vers Dieu et les mains ouvertes aux autres.

Juillet nous donnera aussi de contempler sainte Maria Goretti, témoin du pardon ; saint Benoît, maître d’équilibre entre prière et travail ; Notre-Dame du Mont Carmel, mère qui nous couvre de sa protection ; saint Jacques, apôtre et pèlerin, compagnon de tous ceux qui marchent et cherchent. Août nous conduira vers la grande fête de l’Assomption, le 15 août : Marie élevée dans la gloire nous rappelle notre destination finale. Notre vie n’est pas fermée sur la terre. Elle est appelée au ciel.

Et à la fin du mois d’août, du 27 au 30, notre diocèse vivra son pèlerinage à Lourdes. Pèlerins, jeunes, hospitaliers, pèlerins accompagnés : chacun a sa place dans ce grand rendez-vous de foi, de fraternité et d’espérance. Pour la journée diocésaine du 28 août, notre Ensemble paroissial s’organise : le bus est réservé. Merci de penser à vous inscrire auprès du secrétariat paroissial. Lourdes n’est pas seulement un déplacement ; c’est une grâce. On y vient avec ses fardeaux, ses prières, ses malades, ses mercis, ses larmes parfois ; et l’on repart souvent avec une paix nouvelle, sous le regard maternel de Marie.

Le 24 août, nous fêterons aussi saint Barthélemy, apôtre, patron de notre église de Plaisance-du-Touch. Bonne fête déjà à cette belle communauté paroissiale ! Que saint Barthélemy nous aide à être des disciples vrais, sans duplicité, attachés au Christ et disponibles pour la mission.

Enfin, au seuil de cet été, je veux renouveler un grand merci à tous les acteurs de la vie paroissiale : équipes liturgiques, catéchistes, chorales, sacristains, équipes funérailles, service évangélique des malades, bénévoles de l’accueil, de l’entretien, de la solidarité, de l’administration, de la communication, et tant d’autres serviteurs discrets. Grâce à vous, notre Ensemble paroissial vit, prie, sert et annonce.

Bel été à tous. Reposez-vous vraiment. Retrouvez ceux que vous aimez. Ouvrez les yeux sur la beauté de la création. Mais surtout, n’oubliez pas Dieu dans vos valises. Qu’Il trouve une place dans vos vacances, dans vos tables, dans vos routes, dans vos conversations, dans vos silences. Car avec Lui, même l’été le plus chaud peut devenir une saison de fraîcheur intérieure.Clément Marie BONOU, fi

Garder Dieu dans nos valises de vacances !2026-07-03T16:16:20+02:00

Homélie d’Henri Fischer, XIIe dimanche du TO, Matthieu 10, 26-33

Frères et Sœurs bonjour,

Aujourd’hui, ce texte de Matthieu m’invite à vous proposer trois pistes qui peut-être vous accompagnerons pendant ce temps d’été qui débute. Je vais donc vous parler de murmure, de ce qui ne peut être caché et enfin de dignité de la personne.

Le murmure tout d’abord, car oui, aujourd’hui comme il y a 2 000 ans, Jésus nous murmure à l’oreille comme il murmurait à l’oreille de ses apôtres. Et pourtant qu’il est difficile d’être à l’écoute de ce murmure. Comment l’entendre dans ce brouhaha de nos vies. Entre les chaines d’informations continues, nos alertes Facebook, nos agendas surchargés, comment entendre un murmure ! Tout cela joue avec nos peurs, nos émotions, nos désirs de toute puissance pour toujours plus capter notre attention. Tout cela nous éloigne de notre relation à Jésus. Pour renouer notre relation à Jésus, je vous invite à prendre le temps de nous mettre à l’écoute de la Parole. Je vous invite à prendre des temps de silence, de mise en retrait pour entendre Jésus nous murmurer aux creux de nos oreilles les paroles de vie. Soyez-en sûr, Jésus est là, à nous attendre, sans jamais se lasser de nos errements pour entrer en relation avec nous. Profitons donc ce temps qui s’ouvre devant nous pour découvrir les trésors de l’Evangile.
À l’écoute de ce murmure, nous entendrons ce qui ne peut être caché. De quoi s’agit-il ? Pour l’instant, les apôtres viennent d’entendre l’annonce de l’avènement du Royaume. Cependant, nous le savons, ce n’est que le début de la Révélation. Il faudra qu’il entendent également, que Jésus va donner sa vie pour nous, qu’il va nous révéler que Dieu nous aime comme un père. En cela l’anecdote des oiseaux et des cheveux est déjà une annonce de ce Dieu qui nous redit « Tu as du prix mes yeux et je t’aime ». Ce qui sera dévoilé le jour de la Passion de notre Seigneur quand le rideau du temple se déchire, c’est que Dieu n’est plus exclusivement accessible que via les « Grands Prêtres du Temple ». Ce qui sera révélé c’est que Dieu fait sa demeure en chacun de nous. Comme deuxième piste pour ce temps de vacances, je vous propose de prendre le temps de contempler cette présence de Dieu en nous. Puis de louer Dieu pour cette merveille. Je vous invite à vous sentir aimé absolument par Dieu tel que vous êtes et de goûter comme c’est bon.
Ce qui nous est dévoilé au final, c’est que pour notre Dieu, tout être humain est infiniment digne et que cette dignité absolue est non négociable. C’est ce que nous rappelle notre pape Léon dans sa dernière encyclique « Magnifica Humanitas ». De même que les papes qui l’ont précédé, Léon nous rappelle que la personne humaine doit rester au cœur de toute activité humaine et que les machines sont au service de la personne et non le contraire. Je vous invite à prendre connaissance de ce très beau et fort document pour entrer dans la compréhension de ce qui se joue en ce moment autour de tous ces outils technologiques. C’est un sacré devoir de vacances ! Je peux vous inviter plus concrètement à contempler cette présence de Dieu en chacun de vos prochains. Et de commencer par ceux qui vous sont proches : pour ceux qui vivent en couple, contempler la présence de Dieu dans le cœur de votre conjoint, lui qui est votre premier prochain. Je vous invite à contempler la présence de Dieu dans ce nouveau-né, dans les enfants. Je vous invite à contempler la présence de Dieu dans cette personne âgée ou bien dans cette personne étrangère. Et enfin, une fois bien avancée dans cette contemplation, vous pouvez continuer en contemplant la présence de Dieu dans le cœur de ceux que vous aimez moins : votre collègue de travail qui vous énerve, votre voisin qui vous agace et pour au final avec Jésus être en capacité d’aimer vos ennemis. Sacré chemin à parcourir !
En résumé, après avoir pris le temps d’entendre Jésus vous murmurer à l’oreille les paroles de vie qui nous sont adressées, après avoir entendu que nous sommes tous aimés inconditionnellement par Dieu, après avoir contemplé cette présence de Dieu en chacun de nos prochains, alors nous pourrons sans crainte aller annoncer le mystère du Royaume. Nous allons pouvoir annoncer cette Bonne Nouvelle au monde : nous sommes tous frères et sœurs en Christ, nous sommes tous des pêcheurs pardonnés et nous sommes tous infiniment aimés de Dieu. Alors à la veille de ce temps d’été qui sera fait je l’espère d’activités et de rencontres riches, entendons cet appel à proclamer haut et fort cette Bonne Nouvelle. Et avec les mots du psaume d’aujourd’hui je vous souhaite « Vie et joie à vous qui cherchez Dieu ». Bel été à vous !

Amen

Homélie d’Henri Fischer, XIIe dimanche du TO, Matthieu 10, 26-332026-06-24T09:45:58+02:00

Homélie du diacre Henri Fischer Vème dimanche de carême

Frères et Sœurs bonjour,

Aujourd’hui ce texte m’invite à vous parler d’un chemin de conversion, qui d’abord nous déroutera, puis nous fera connaître l’identité de Jésus et enfin nous conduira à nous réveiller.

Au début de ce texte, Jésus reçoit l’appel à l’aide de ses amies. Son ami Lazare se meurt. Que nous rapporte Jean, Jésus attend, il ne bouge pas, lui toujours si prompt à guérir les malades comme dimanche dernier l’aveugle né. Je suis dérouté par l’attitude de Jésus qui ne répond pas immédiatement à l’appel pour aller guérir son ami Lazare. Comme je suis dérouté quand je prie pour la guérison de ce papa et qui décède, comme je suis dérouté que tant d’enfants meurent de maladie, de faim ou de guerre dans le monde. Je suis dérouté comme Marthe et Marie qui reprochent toutes les deux à Jésus « si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! » Et pourtant, Jésus arrive quand même. Et pourtant Jésus écoute Marthe jusqu’au bout. Marthe nous donne le droit à nous aussi de crier cela au seigneur dans nos deuils. Oui tous nos chagrins tous nos scandales peuvent être criés, le seigneur est là et il entend. Alors pendant ce temps de Carême je peux demander pardon à Jésus pour mes impatiences, je peux demander pardon pour mes reproches à Dieu qui ne fait pas ce que je veux. Je peux me joindre à la prière du psalmiste « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel, que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! »

Deuxième étape dans ce chemin de conversion, la révélation sur l’identité de Jésus. C’est à travers les dialogues avec Marthe puis ensuite avec Marie, que Jésus va dévoiler sa véritable identité. Jésus dit à Marthe «  Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.»  Cette déclaration de Jésus retourne complètement le sens que nous pouvons donner à la vie et à la mort. Ou bien comme nous le dit Paul dans la seconde lecture «  Et si l’esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts, donnera aussi la vie à vos corps mortels par son esprit qui habite en vous. » La vie ne signifie plus d’abord la vie naturelle ou la vie après la mort. La vie c’est l’existence marquée par une authentique relation à Dieu. La mort ne désigne plus d’abord la cessation de l’existence naturelle, mais la rupture de la relation avec Dieu. Alors dans ce temps de Carême je peux vous inviter à vivre le sacrement de réconciliation pour renouer notre relation à Dieu abimée par nos péchés.

Avec Marie, changement de style, il n’y a plus de paroles de Jésus, il est avec Marie, il souffre avec Marie, il pleure avec Marie. Aussi incroyable que cela puisse être, il nous faut entendre que Dieu est présent auprès de nous dans ces moments de deuils. Jésus pleure avec nous la mort de nos êtres chers. Il partage notre désarroi. .Je prends le temps d’accueillir ce visage d’un Dieu de tendresse et de bonté. Je peux rendre grâce pour ce Dieu présent avec nous dans nos ténèbres qui nous conduit à la vie véritable.

 

 

Nous voilà maintenant au pied du tombeau, c’est le temps du réveil. Comme Ezékiel nous l’a dit dans la première lecture «  Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux ! » Oui Jésus-Christ est vraiment Seigneur et maître de la vie. Entendons alors Jésus nous appeler dans nos tombeaux, dans nos enfermements. Voyons que même dans les ténèbres les plus profondes, même au cœur de la mort, l’appel de Dieu résonne toujours pour plus de vie. Cet appel, ce réveil il est pour nous aujourd’hui, Dieu nous appelle à la vie, il nous appelle à renaître, comme il appelle tous ces catéchumènes à naître à la vie en Christ. Mais avant de réveiller Lazare, comme aux noces de Cana, comme pour la multiplication des pains, Jésus ne fait rien sans la coopération des hommes et des femmes de son temps. Il va demander à ce qu’on enlève la pierre, puis à ce qu’on délie Lazare. Entendons cette invitation de Dieu à coopérer avec lui pour ouvrir le passage à la vie, pour libérer nos frères et sœurs des liens qui les entravent et les gardent dans la nuit. Je vous invite à prier et à rendre grâce pour toutes les personnes qui accompagnent les catéchumènes de nos communautés. Nous pouvons également méditer sur les pierres, sur les entraves qui nous enferment dans nos tombeaux loin du Christ.

Nous voilà au bout du parcours, alors, malgré nos doutes, malgré parfois notre ressenti de l’absence de Dieu dans nos vies, lors de ce carême nous sommes invités à redire notre confiance en Jésus-Christ, lui le maître de la vie qui se fait proche de nous. Lors de ce carême, nous sommes invités à aller dehors, comme Lazare, et à faire craquer les liens et les bandelettes qui nous empêchent de vivre et de marcher vers Dieu et vers nos frères. Et alors nous pourrons entendre et annoncer au monde le vrai nom de Jésus, « Je suis la résurrection et la vie ! ».

Amen

Homélie du diacre Henri Fischer Vème dimanche de carême2026-03-25T11:39:11+01:00

Homélie d’Henri Fischer, dimanche de la santé, 8 février 2026

Que votre lumière brille (Matthieu 5, 13-16)

Frères et Sœurs bonjour,

Aujourd’hui à partir de ce texte de l’Évangile de Matthieu et en cette Journée mondiale de la Santé, je vais vous parler de vocation, de la manière de répondre à cet appel et pour finir de lumière et de vitrail.
Je vous propose d’accueillir ce texte de Matthieu dans la continuité de Béatitudes que nous avons entendu la semaine dernière. Dans le texte des Béatitudes, Jésus nous a donné son programme, Heureux le pauvres, Heureux les doux, Heureux, Heureux… Il nous a partagé son évangile, la Bonne nouvelle. Et aujourd’hui en quelques phrases chocs, en quelques mots percutants, Jésus dit à ses disciples ce qu’il attend d’eux. Il nous redit aujourd’hui à chacun de nous à quoi nous sommes appelés, il nous redit quelle est notre vocation. A nous de donner le goût du Royaume aux personnes de ce temps comme le sel révèle les saveurs, à nous par nos actions d’éclairer le monde, de révéler au monde cette Bonne nouvelle. Parce que si comme le sel qui s’affadi ou la lumière rangée sous le boisseau si nous ne faisons pas connaître cette Bonne Nouvelle à quoi cela sert de se dire disciple de Jésus ! Jésus, comme les premiers disciples, nous place devant nos responsabilités. Le Royaume des cieux qu’il vient annoncer il ne pourra se réaliser, il ne pourra se manifester qu’à travers nous, que par nous. Alors comment répondre à cet appel, concrètement qu’est-ce que ça veut dire de rayonner de cette lumière ? C’est vrai que le texte du jour ne nous en dit rien. Nous le savons par la suite dans son enseignement Jésus précisera cela. En attendant, nous pouvons entendre ce qu’Isaïe nous dit dans la première lecture. « partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, ne te dérobe pas à ton semblable ». Nous pouvons également faire mémoire comment les premiers disciples ont pris au sérieux cette invitation de Jésus. Au premier temps de l’Église, les chrétiens ont proposé une façon renouvelée de vivre la fraternité dans un monde souvent dur et cruel. Par exemple, une pratique courante à cette époque est d’abandonner les enfants sur les marches des temples. Ces enfants étaient recueillis pour être conduit soit vers la prostitution soit vers l’esclavage. Les chrétiens se sont opposés à cette façon de faire ils ont accueilli, recueilli les enfants abandonnés et ils s’interdisaient au sein de leur communauté d’abandonner leurs propres enfants.
2000 ans plus tard, il y a toujours de la souffrance, de la misère dans notre monde. Alors aujourd’hui je vous invite à entendre à nouveau cet appel de Jésus, à nous tenir aux côtés de ceux qui souffrent. Entendons cet appel à ne laisser personne de côté pour leur signifier que Jésus-Christ inlassablement est là auprès d’eux. Entendons cet appel à annoncer aux plus fragiles, aux plus pauvres que Dieu les aime inconditionnellement. Entendons cet appel à ne pas nous dérober à notre semblable. Alors particulièrement aujourd’hui en ce dimanche de la Santé, nous pouvons rendre grâce pour l’engagement de tous les acteurs du monde de la santé qui chaque jour se tiennent auprès des malades, qui se battent pour préserver la dignité de la personne humaine. Nous pouvons porter dans notre prière bien sûr toutes les personnes malades. Et dans nos prières n’oublions pas  tous les accompagnants des personnes malades qui souvent dans l’ombre se dévouent quotidiennement pour accompagner leurs proches dans ces moments de vulnérabilité.

Alors, s’il nous arrive de douter, de vouloir baisser les bras devant tant d’injustice, tant de souffrance dans notre monde et pour nos proches, nous devons nous rappeler de cette parole de Jésus : « Nous sommes la lumière du monde » Nous avons reçu en héritage, un trésor qui donne sens à toute vie. Nous avons reçu cette lumière qui dissipe les ténèbres enveloppant si souvent notre quotidien. Il n’est pas question ici de mettre en avant sa vertu. Il est question de faire découvrir aux personnes de notre temps la source de nos comportements, de notre conversion au Royaume comme l’ont fait les premiers disciples. Il s’agit d’être un témoin transparent à la source de la lumière puisque c’est elle qui doit être reconnue. Pas transparent comme une vitre sans couleur, fade, mais transparent comme un vitrail, par lequel, en fonction de ce que nous sommes les mille et une couleurs de la Bonne Nouvelle soient reconnues par nos contemporains.
Pour conclure, je vous invite à entendre l’appel de Jésus, lui qui est venu inaugurer Le Royaume de Dieu, il nous confie aujourd’hui à nous ses disciples le soin de le révéler au monde en nous tenant au plus près des petits, des malades. Je vous invite à prier humblement l’esprit pour qu’il nous pousse chaque jour à être des témoins de cette bonne nouvelle, de nous donner la confiance d’oser rayonner de cette lumière autour de nous pour qu’à travers chacun de nous la lumière de Dieu brille pour les hommes et les femmes de ce temps. Amen

Homélie d’Henri Fischer, dimanche de la santé, 8 février 20262026-02-13T11:23:40+01:00

Carême 2026, ensemble pour une solidarité qui nourrit le monde

Le CCFD-Terre Solidaire soutient l’action de 4 partenaires, et nous invite à y prendre part pendant ce Carême 2026. Du Paraguay au Timor-Leste, en passant par le Tchad et le Maroc, des hommes et des femmes se mobilisent pour protéger la terre, défendre la dignité et construire un avenir durable.

Première ONG française de lutte contre la faim

Le CCFD-Terre Solidaire intervient depuis plus de 60 ans en soutenant des projets d’associations partenaires dans plus de 70 pays dans le monde.

Le CCFD-Terre Solidaire intervient par la collecte de dons pour les associations partenaires, la sensibilisation citoyenne sur l’agroécologie, l’économie solidaire, les migrations, la justice sociale dans l’esprit de la doctrine sociale de l’Église et des actions de plaidoyers sur les institutions ici ou là-bas.

 

En 2026, à travers 4 partenaires engagés : DECIDAMOS, PERMATIL, KAWTAL et TERRE ET HUMANISME sur trois continents

Le CCFD-Terre Solidaire agit contre les causes profondes de la faim et renforce l’autonomie des communautés les plus fragilisées.

Une démarche de justice, d’écologie et de fraternité, au cœur de notre chemin de carême 2026.

 

Au Paraguay, la production locale est menacée par l’accaparement des terres agricoles

DECIDAMOS, fondée en 1989, promeut la démocratie et la justice sociale face à l’accaparement illégal des terres, l’association défend la souveraineté alimentaire en formant des jeunes et des femmes à l’agroécologie. DECIDAMOS accompagne également les communautés paysannes dans la reconquête de terres pour une production locale, durable et respectueuse des droits humains.

Pour en savoir plus, regarder la vidéo « Paraguay : Decidamos cultive la résilience face au changement climatique » (5 :33)

Au Timor-Leste, l’agriculture familiale est menacée par le changement climatique

PERMATIL œuvre en faveur de la souveraineté alimentaire, notamment en promouvant la permaculture. L’association forme aussi les paysans et paysannes et crée des potagers scolaires dans 242 écoles, touchant 41 000 élèves. PERMATIL mobilise aussi les jeunes par le biais des camps éducatifs, renforçant leur conscience écologique et contribuant à un avenir durable et résilient pour le pays.

Pour en savoir plus, regarder la vidéo « Au Timor Leste, Permatil enseigne l’agroécologie dès l’école primaire » (11 :46)

Au Tchad, où le pastoralisme fait vivre une grande partie de la population, le changement climatique aggrave les conflits entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires en raréfiant les ressources

KAWTAL agit pour apaiser ces tensions par la médiation et des accords de gestion partagée. KAWTAL soutient aussi l’adaptation des pratiques pastorales et agricoles, et favorise la scolarisation des enfants nomades pour renforcer la cohésion sociale

Pour en savoir plus, regarder la vidéo « Tchad, Kawtal : reprenser l’élevage et l’agriculture » (7 :16)

Au Maroc, la crise hydrique frappe durement l’agriculture familiale, qui représente 38 % des emplois

Alors que le pays entame sa septième année de sécheresse, les petites exploitations se retrouvent plus que jamais fragilisées. Face à cette urgence, TERRE ET HUMANISME promeut l’agroécologie, forme des animateurs locaux et renforce l’autonomie paysanne. TERRE ET HUMANISME est active sur le volet sensibilisation et plaidoyer en faveur d’une transition durable, défendant souveraineté alimentaire et dignité des communautés rurales.

Pour en savoir plus : La campagne Carême 2026 du CCFD-Terre Solidaire

 

Grâce à votre don et par l’action collective ici en France, et là-bas avec nos partenaires

Nous nous engageons contre les causes structurelles de la faim, en soutenant des solutions de long terme pour l’autonomie alimentaire des populations.

Avec 50 €, soit, 1,25 € par jour de Carême, vous participez au financement de l’aménagement de jardins scolaires en permaculture au Timor-Leste.

Avec 70 €, soit 1,75 € par jour de Carême, vous contribuez à la distribution de semences pour un potager qui nourrira une famille, et à la formation pour l’élaboration de repas à partir de produits de ces potagers au Paraguay.

Avec 100 €, soit 2,50 € par jour de Carême, vous participez au financement de l’aménagement d’un espace de commercialisation solidaire et d’un réseau de vente en circuit court au Maroc.

Soutenez les projets des associations partenaires

 

Nous vous donnons plusieurs rendez vous pour manifester votre soutien

Le mercredi 18 février, en sortie de la célébration des Cendres, distribution de livret.d’accompagnement spirituel pour le temps de Carême qui associe intentions de prières et textes du temps de Carême et des enveloppes pour vos dons.

Le dimanche 22 mars, en sortie de la messe, collecte de dons avec vente de gâteaux.

Le vendredi 27 mars, en soirée, concert de la Chorale de Plaisance avec temps de prière à l’église de Plaisance-du-Touch.

 

Faites connaitre nos actions et retrouvons-nous nombreux sur ces moments de partage !

Carême 2026, ensemble pour une solidarité qui nourrit le monde2026-02-06T16:26:40+01:00

Journée de préparation au mariage 30 novembre 2025

Joie, soleil, partage, découverte et prière. Tels étaient les ingrédients de cette journée de préparation au mariage placée sous le signe du renouvellement : première participation des nouveaux couples préparateurs Cédric et Camille, premier topo du père Clément aux fiancés, premier dimanche de l’Avent.

Ce dimanche 30 novembre nous avons accueillis 24 fiancés à la salle paroissial de l’Oustal pour échanger sur l’importance de leur vocation de futurs mariés, sur la beauté de l’aventure qu’ils ont entamée et sur la grâce du sacrement qu’ils s’apprêtent à recevoir. L’homélie du père Léopold lors de la messe que nous avons partagé avec eux et le témoignage de Marie Binet leur ont rappelé l’importance de veiller sur leur amour comme nous sommes appelés à veiller en cette période de l’Avent pour préparer nos cœurs à la venue du Christ. Cette belle journée, rendu possible par la présence enthousiaste des fiancés, le dévouement des couples accompagnateurs (anciennes et nouvelles recrues) et les prêtres de l’ensemble paroissial, promet une nouvelle belle cuvée de mariés pour l’année et nous les confions à vos prières ! Merci Seigneur.

Journée de préparation au mariage 30 novembre 20252025-12-11T09:21:05+01:00

Homélie du Père Clément du XXVIe dimanche du TO, année C (2025)

Thème : « Ouvrir les yeux et le cœur : écouter le cri de Lazare »

Quand on vit comme si l’autre n’existait pas

Frères et sœurs,
L’Évangile d’aujourd’hui nous raconte une histoire simple, mais qui bouscule : un riche festoie chaque jour, habillé de pourpre et de lin fin… et à sa porte, un pauvre nommé Lazare, couvert d’ulcères, affamé. Le drame ? Le riche ne le voit pas. Il ne voit que lui-même.

Cela me rappelle une phrase de Saint Jean-Paul II :« Le drame de notre temps, ce n’est pas que l’homme ne sache plus qui est Dieu, mais qu’il ne sache plus qui est son frère. »

  1. Les prophètes déjà avertissaient : attention au confort qui endort le cœur

Amos, dans la première lecture, secoue les riches d’Israël :« Couchés sur des lits d’ivoire… mais ils ne s’attristent pas du désastre de Joseph ! »

Frères et sœurs, ne vivons-nous pas souvent ainsi ?

  • On a tout : confort, sécurité, loisirs…
  • Mais le malheur des autres ne nous touche plus.

Je pense à cette fois où un enfant de rue à Cotonou me dit : « Père, les gens passent près de moi… j’ai l’impression d’être invisible. » Quelle phrase terrible ! Se sentir invisible. C’était Lazare qui parlait.

  1. Le message de Jésus : le problème n’est pas la richesse, mais l’indifférence

Jésus ne condamne pas le riche parce qu’il est riche, mais parce qu’il n’a pas vu Lazare.
Et quand la mort arrive, tout change :

  • Lazare est accueilli par Abraham.
  • Le riche se retrouve seul, assoiffé, trop tard pour aimer.

Saint Augustin le dit fort bien :« Le riche n’a pas reconnu Lazare. Mais Dieu, lui, l’a reconnu. »

Un témoignage : à Calcutta, une sœur de Mère Teresa ramassa un mourant couvert de plaies. Il murmura : « J’ai vécu comme un chien, mais je meurs comme un homme aimé. » Une main tendue peut changer une éternité.

III. Pour nous : écouter la Parole, agir aujourd’hui

Abraham répond au riche :« Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! »

Nous aussi, nous avons l’Évangile. Pas besoin d’attendre un signe extraordinaire pour aimer.

  • Les Lazare d’aujourd’hui sont les migrants, les pauvres, les malades, mais aussi les personnes seules, les jeunes en perte de sens.
  • Nous les croisons peut-être tous les jours.

Saint Mère Teresa disait :« Le plus grand malheur n’est pas de mourir de faim, mais de se sentir inutile, rejeté, oublié. »

  1. Trois pas concrets pour la semaine
  1. Regarder : Identifier un Lazare autour de moi. Qui est invisible pour moi ?
  2. Ecouter : Prendre un temps de silence devant Dieu pour accueillir son appel.
  3. Agir : Poser un geste concret, même petit : une visite, un sourire, une aide matérielle…

Souvenons-nous : la charité commence là où l’indifférence s’arrête.

Conclusion : vivre pour l’éternité

Frères et sœurs, le riche a tout perdu parce qu’il n’a pas aimé. Lazare a tout gagné parce qu’il a tout offert, même sa misère.

Saint Paul nous encourage :« Garde le commandement sans faute, jusqu’à la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. » (1Tm 6,14)

Alors aujourd’hui, demandons au Seigneur :

  • Ouvre mes yeux pour voir les Lazare qui m’entourent.
  • Ouvre mes mains pour partager.
  • Ouvre mon cœur pour aimer comme toi.

Prière finale

Seigneur Jésus,
Apprends-nous à voir, à écouter et à aimer.
Ne permets pas que nous passions à côté des Lazare de notre vie.
Fais de nous des témoins de ta tendresse,
pour qu’au soir de notre vie,
nous soyons reconnus comme tes amis
et accueillis dans ta maison éternelle.
Amen.

 

Homélie du Père Clément du XXVIe dimanche du TO, année C (2025)2025-09-30T09:31:32+02:00

Homélie du Père Joseph du XXIIe dimanche du TO

Mes chers frères et sœurs, chers paroissiens et chers amis !

Ca y est ! Pour vous et pour moi-même, c’est une nouvelle étape ! Le Seigneur veut l’écrire pour nous avec nous. Il est bien l’auteur de tout ce que nous faisons même si parfois nous nous comportons comme ces invités qui pensent que les premières places leur reviennent. Vivre les événements dans la foi, c’est apprendre chaque jour que c’est au Seigneur que revient la première place. C’est donc naturellement à lui que va notre action de grâce, notre gratitude et notre louange car il est Bon pour nous. Rendons toute grâce au Seigneur pour ses bienfaits envers nous, en particulier, pour ce qu’il a fait pour nous et à travers nous depuis ces 6 années où j’ai eu la grande joie d’être votre curé.

Contemplons le Seigneur à l’œuvre en nous et parmi nous, en nous appuyant sur sa parole. « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.  Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place ».

Nous sommes tous, consciemment ou inconsciemment, victimes de cette logique, de cette manière d’être et de faire qui nous stresse et nous angoisse au quotidien,  qui nous pousse à viser toujours plus haut, faire des conquêtes, rassembler et amasser les trophées et des médailles, être toujours plus performants, meilleurs compétiteurs, même s’il faut pour cela écraser les autres pour conquérir ces premières places dans la société, au niveau scolaire avec les concours, dans le sport, au travail, la vie de couple, en famille.

Mais il s’agit de la logique du monde. Et comme nous le savons, dans l’Eglise, nous ne sommes pas vaccinés contre cette logique des premières places qui nous empêche de regarder le Seigneur parce que nous passons tout notre temps à nous contempler de manière narcissique et à nous battre pour des places qui nous reviennent plus ou moins, à tort ou à raison. L’évangile de ce dimanche nous invite à évaluer avec justesse la réelle place qui nous revient ?

Cette question de place revient très souvent dans les évangiles. A la veille de sa mort en croix, Jésus disait aux disciples : « Je pars vous préparer une place afin que là où je suis, vous soyez aussi ! Dans la maison de maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures, sinon vous aurais-je je pars vous préparer une place ! »  Dans un autre passage, Jésus rassure les disciples, les invitant à la joie parce que leurs noms sont inscrits au ciel. Parlant de sa venue, il appelle les justes à recevoir en héritage le royaume préparé pour eux depuis la fondation du monde !

C’est cela que nous devons viser et rechercher en premier. Chacun de nous a la place qui lui revient dans le coeur de Dieu. Personne ne peut se substituer à moi, à toi parce que nous sommes chacun unique aux yeux de Dieu et chacun a une place unique la grande histoire de l’humanité. Personne ne prendra la place qui me revient au ciel, notre mission dans l’Eglise étant celle de travailler, de prier, de tout mettre en œuvre de telle sorte que chacun puisse occuper la place préparée pour lui. C’est cela le salut, la vie éternelle qui est le but ultime et la finalité de notre vie.

En attendant, pendant que nous sommes encore pèlerins ici-bas tout l’enjeu est alors de discerner et prendre la place qui nous revient, celle que le Seigneur nous donne et qui est la nôtre dans l’Eglise et dans le monde. Cet exercice n’est pas facile et nécessite l’aide du saint Esprit. Pas de besoin de nous battre pour cela ! Pas besoin de rivalité entre nous ! C’est pourtant une tentation naturellement humaine, une réalité bien présente dans nos cœurs. Nous sommes marqués plus ou moins par l’un des 7 péchés capitaux qui s’appelle l’orgueil par lequel le Malin cherche à nous couper de Dieu Créateur, source de tout bien et de toute vie, et à vouloir prendre sa place, comme on peut le voir à notre époque où l’humain veut remplacer Dieu, et où tous les coups sont permis pour occuper les meilleures et premières places, même s’il faut pour cela faire du mal et écraser les autres.

Alors, en cette messe d’action de grâce, nous sommes invités à nous regarder personnellement, mutuellement et surtout de regarder l’œuvre de Dieu avec humilité. Le curé d’Ars disait en effet que l’humilité est la plus grande des vertus. C’est l’humilité que le Christ nous apprend à travers le mystère son incarnation. De nature divine, il s’est humblement et par amour fait l’un de nous en prenant place parmi nous afin qu’un jour nous prenions notre place au sein de la communion trinitaire.

L’humilité est aussi la vertu que saint Paul nous appelle à vivre dans nos relations ecclésiales : « Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres. » (Phil 2, 3-4). Lors de la première eucharistie dont nous faisons mémoire chaque jour, Christ nous laissé un témoignage d’humilité dans le geste du lavement des pieds le jeudi saint : « Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 12-15). La mort en croix, à la place des pécheurs que nous sommes est le geste d’amour et d’humilité par excellence révélé par le Christ crucifié.

C’est donc avec humilité et plein de reconnaissance envers Dieu et envers vous que je regarde ces 6 années où j’ai essayé d’être au service, en prenant pleinement la place qui me revenait parmi vous comme votre pasteur. Cette mission, je n’ai pu la remplir que grâce à vous, grâce à chacun de vous qui, je le répète encore, êtes la plus grande richesse de l’Eglise. Une communauté sans les fidèles n’existe pas ! Les pasteurs que nous sommes sont au service de la croissance humaine et spirituelle du corps ecclésiale en chacun de ses membres, tous importants, chacun tenant la place qui lui revient dans l’Eglise.

L’une de mes priorités pastorales ces 6 années passées avec vous était de permettre que chacun prenne pleinement sa place au sein de notre communauté ! Dès ma messe d’installation dans cette belle salle du Phare (pour laquelle je remercie monsieur le Maire de Tournefeuille, son conseil et tout le personnel qui nous accompagne avec générosité), en présence de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse à l’époque, je vous l’avais demandé, appelant chacun à prendre sa place au sein de la communauté et à travailler ensemble. Je ne pense pas y avoir toujours réussi, mais j’ai fait de mon mieux, et avec générosité !

J’ai essayé d’aller à votre rencontre, vous appelant à prendre place dans les mouvements, services, groupes !  Je vous ai parfois bousculé et même stressé parfois, mais c’était toujours dans l’objectif de nous permettre de grandir et d’avancer. Lors des célébrations, j’ai essayé de veiller à ce que chacun de nous prenne sa place dans l’assemblée, afin que personne ne soit ou ne se sente exclu, en particulier les nouveaux qui sont de plus en plus nombreux dans nos paroisses.  L’Eglise est une famille et chaque membre doit y trouver sa place. La moisson est abondante et il y a de la place pour tout le monde.

Merci pour les sacrements célébrés avec vous et pour vous. Merci à chacun de vous pour votre place dans la mission que nous avons vécue ensemble ! Je n’aurais rien pu faire sans votre aide, votre soutien, vos conseils, votre générosité et vos prières. Certaines épreuves ont été très lourdes ces 6 dernières années mais j’ai toujours bénéficié de votre soutien. Merci pour les liens d’amitié que nous avons pu tisser ! Merci pour les invitations dans vos maisons, les apéros, les temps conviviaux, les camps d’été et les weekends avec les scouts. Merci pour vos maisons accueillantes et généreuses. Je reviendrai, mais non plus comme votre curé, mais en toute amitié et discrètement comme Nicodème qui allait rencontrer le Seigneur en évitant de faire de vague !

J’aimerais tellement dire un grand merci à chacun de vous personnellement. J’ai tellement reçu et appris de vous et parmi vous pendant 6 ans. J’implore la bénédiction du Seigneur sur votre communauté paroissiale dans cette nouvelle étape avec les franciscains de l’Immaculée. Que le Seigneur pose son regard et sa main sur chacun de vous et sur vos familles. Vous avez tellement de place dans mon cœur ! Je compte sur votre soutien et vos prières. Que le Seigneur vous donne de trouver votre place dans son Cœur Sacré ! Que le saint Esprit vous donne aussi de laisser le Christ prendre pleinement sa place dans vos cœurs. Amen.

 

 

 

 

 

Homélie du Père Joseph du XXIIe dimanche du TO2025-09-05T11:44:06+02:00

Homélie du Père Jean-Marie, XVIIe dimanche du TO, année C

La prière comme l’âme de la vie chrétienne
La Parole de Dieu de ce dimanche nous invite à la prière pour nous-mêmes et pour les autres. Comme l’homme qui ne mange plus meurt lentement à cause de la faim, ainsi le chrétien qui ne prie plus meurt lentement. La prière est l’âme de la vie spirituelle. Qu’est-ce que la prière ? Sainte Thérèse d’Avila la définit comme « un commerce d’amitié avec Celui qui nous aime, Celui dont nous savons aimés ». Dieu est toujours celui qui nous aime et veut notre bien.
Dans l’Évangile, Jésus enseigne à ses disciples comment prier. En effet, le disciple n’a pas demandé à Jésus de leur enseigner une prière à réciter, mais plutôt de leur apprendre à prier ». Ainsi, la prière du « Notre Père » est une prière avec laquelle on apprend à prier, mieux encore, c’est une école de prière. Elle contient les caractéristiques d’une bonne prière chrétienne. Je voudrais en souligner deux : : 1. La prière du « Notre Père » commence par des paroles de louange à Dieu et ensuite par des demandes pour la vie quotidienne. Ce qui signifie qu’une bonne prière doit commencer par s’intéresser à Dieu avant de penser à nous-mêmes. Comme dans une relation amicale, si nous voulons parler comme Thérèse d’Avila, lorsque je rencontre mon ami ou mon amie, je commence par demander de ses nouvelles : comment va ta santé, ta famille, le travail, … Voici les trois premières invocations du  » « Père » : « Que ton nom soit sanctifié », « que ton règne vienne” ; « Que ta volonté soit faite. » Celles-ci nous montrent comment nous devons commencer nos prières communautaires comme celles personnelles. Louer Dieu d’abord pour ce qu’il est.
Chers frères et soeurs, si Dieu est notre ami, il serait injuste de le considérer comme une station-service où l’on va quand on a besoin du carburant. Mais quand la voiture est à pleine, nous passons sans penser qu’il y a cette station. Non, chers frères et soeurs, une conception erronée de la prière est de penser que la prière est seulement pour les pauvres matériellement parlant afin de demander l’aide de Dieu. D’une part, oui, la prière est pour les pauvres et devant Dieu nous sommes les pauvres du Seigneur (les anawim). Nous sommes tous pauvres devant Dieu, en fait nous sommes appelés à être pauvres en esprit, c’est-à-dire des gens qui savent qu’ils n’ont rien sans la main du Seigneur. D’autre part, nous ne pouvons pas réduire la prière à une litanie de demandes, mais comme deux coeurs qui s’aiment, c’est un dialogue, une confiance mutuelle. Comme il serait beau que notre prière devienne cette confiance, ce dialogue avec Celui qui nous aime profondément avec nos difficultés, nos misères et nos faiblesses.
2. La deuxième caractéristique que je voudrais souligner est l’utilisation de la première personne du pluriel. Dans le modèle de prière que Jésus nous donne, il y a toujours la première personne du pluriel, le « nous » et non « je » : « Notre Père », « donne-nous chaque jour », « pardonne-nous, … ». Ce qui signifie
que la bonne prière est avant tout communautaire. Ne pensons pas à nous-mêmes, mais pensons et portons les nécessités de tous pour notre bien aussi. Le bien des autres contribue à la construction d’un monde meilleur. Par conséquent, l’insécurité de la Russie et de l’Ukraine ; d’Israël et de la Palestine, l’insécurité des iraniens et des libanais qui sont bombardés, des congolais, des soudanais tués chaque jour comme des mouches, doit nous interpeller et émouvoir nos coeurs ici en France ; la misère de certains pays du monde nous touche aussi ici : tant de jeunes qui périssent dans notre mer à la recherche de bien-être ne nous laissent pas indifférents. C’est pourquoi la prière chrétienne est vraiment communautaire, elle porte la communauté dans son coeur. Et après avoir prié, le chrétien sort pour faire quelque chose, pour se transformer et chercher à changer le visage du monde. Le modèle de la prière pour la communauté est Abraham dans la première lecture. Il intercède pour les villes de Sodome et Gomorrhe, deux villes païennes. Insiste sans se lasser devant Dieu. Sa prière exprime la confiance devant Dieu et la préoccupation pour les autres.
Aujourd’hui, demandons la grâce de Dieu pour que notre prière nous rapproche de Lui, nous transforme et nous ouvre aux besoins de toute l’humanité souffrante. Amen

Homélie du Père Jean-Marie, XVIIe dimanche du TO, année C2025-07-28T14:20:28+02:00
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