À propos de Clément Bonou

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Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Fete de la Ste Famille 2025

 

En ce dimanche après Noël, l’Église ne nous fait pas sortir du mystère de Noël. Elle nous y enfonce davantage.

Car Noël, ce n’est pas seulement Dieu dans une crèche. Noël, c’est Dieu dans une famille. Et quelle famille ! Une jeune mère déroutée, un père inquiet mais fidèle, un enfant menacé dès sa naissance.

L’Évangile est clair : « Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, de nuit… »

  • La Sainte Famille ne commence pas dans le confort, mais dans la fragilité, la peur, l’incertitude.
  • « La Sainte Famille n’est pas une famille idéale, c’est une famille réelle, visitée par Dieu. »

Et c’est précisément pour cela qu’elle nous rejoint aujourd’hui.

  1. La famille aujourd’hui : un lieu fragile… mais irremplaçable

Aujourd’hui, parler de la famille demande beaucoup de délicatesse. Pour certains, la famille est une bénédiction. Pour d’autres, une blessure. Pour beaucoup, un combat quotidien.

Familles fatiguées…Familles éclatées…Familles recomposées…Familles monoparentales…Familles qui tiennent bon malgré tout.

  • Un couple disait :« Nous n’avons pas été sauvés par des solutions miracles, mais par la décision quotidienne de ne pas lâcher. »
  • La famille aujourd’hui est fragile, mais elle reste le premier lieu où l’on apprend à aimer.

Et l’Église ne vient pas juger les familles. Elle vient les soutenir, les bénir, les relever.

Alors, en ce jour de la Sainte Famille, nous ne venons pas demander à Dieu des familles parfaites. Nous venons Lui demander des grâces concrètes pour tenir dans la durée.

Je vous propose de les retenir à travers 5 verbes simples, 5 grâces essentielles à demander aujourd’hui pour nos familles.

Les 5 grâces à demander pour nos familles aujourd’hui :

  1. TENIR – la grâce de la persévérance

La Sainte Famille fuit en Égypte. Elle aurait pu se décourager.
Elle tient.  Première grâce : tenir quand tout vacille.
Tenir quand la fatigue s’installe. Tenir quand la communication devient difficile. Tenir quand l’amour semble s’user.

« Une famille ne tient pas parce que tout va bien, mais parce que quelqu’un décide de rester. »

Seigneur, donne à nos familles la grâce de tenir, même quand c’est lourd.

  1. AIMER – la grâce de l’amour concret

Saint Paul est très réaliste :« Supportez vous les uns les autres, pardonnez vous. » Deuxième grâce : aimer en vérité.
Pas aimer en paroles. Mais aimer en actes. Aimer en recommençant.

  • Une maman disait :« Le jour où j’ai cessé de vouloir une famille parfaite, la paix est entrée chez nous. »
  • Aimer, dans une famille, c’est souvent recommencer.
  1. PARLER – la grâce d’une parole qui construit

Combien de familles souffrent de paroles trop dures ou de silences trop lourds…Joseph parle peu, mais il écoute Dieu et agit avec justesse. Troisième grâce : parler sans blesser, se taire sans mépriser.

« Ce qui détruit une famille, ce n’est pas le désaccord, c’est la manière de se parler. »

Seigneur, mets dans nos familles des paroles qui relèvent.

  1. TRANSMETTRE – la grâce de la fidélité

Le livre du Siracide nous rappelle l’importance du respect, de la mémoire, de la transmission. Quatrième grâce : transmettre la vie, les valeurs, la foi, même imparfaitement. « On n’hérite pas d’une foi parfaite, mais d’un témoignage. »

Seigneur, aide les parents à transmettre sans écraser, et les enfants à recevoir sans rejeter.

  1. CONFIER – la grâce de mettre Dieu au cœur de la maison

Le Psaume nous l’a dit : « Heureux qui craint le Seigneur. »  Cinquième grâce, la plus décisive : confier sa famille à Dieu. Pas par de grands discours, mais par une prière simple, un signe de croix, une confiance quotidienne.

  • « Quand Dieu entre dans une famille, les problèmes ne disparaissent pas,mais la paix commence à circuler. »

Conclusion – Une bénédiction pour aujourd’hui

En ce jour de la Sainte Famille, Seigneur, nous te demandons pour nos familles :

👉 Tenir – Aimer – Parler – Transmettre – Confier.

Pas des familles parfaites, mais des familles habitées par ton amour.

Et que la Sainte Famille de Nazareth garde nos maisons et nous apprenne à aimer… au cœur même de nos fragilités. AMEN !

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Fete de la Ste Famille 20252025-12-29T10:03:20+01:00

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Messe du Jour de Noël

« Aujourd’hui, Dieu est entré dans notre quotidien »

Frères et sœurs,

Noël n’est pas d’abord une date sur le calendrier, ni une parenthèse de douceur au cœur de l’hiver.
Noël est un événement, et même plus encore :un choc d’amour, le bouleversement silencieux par lequel Dieu change la manière d’être Dieu…pour changer la manière d’être homme. L’Évangile ne dit pas : « Autrefois, il vous est né un Sauveur » mais : « Aujourd’hui » (Lc 2,11).

Aujourd’hui, Dieu n’est pas ailleurs.

Aujourd’hui, Dieu n’est pas au-dessus.
Aujourd’hui, Dieu est , dans la chair fragile d’un enfant.

  1. Noël : Dieu choisit la petitesse

Le premier scandale de Noël, c’est celui-ci : Dieu n’a pas peur d’être petit. Il ne vient pas avec des éclairs, il ne s’impose pas par la force, il ne crie pas pour se faire entendre.

Il vient dans le silence, dans la dépendance, dans la fragilité d’un nouveau-né.Saint Augustin l’exprimait avec une force saisissante : « Celui qui tient l’univers dans sa main a eu besoin des bras d’une mère. »

Frères et sœurs,
ce mystère n’est pas une poésie… c’est une révélation. Dieu nous dit ainsi : « N’aie pas honte de ta fragilité.N’aie pas peur de tes pauvretés.C’est là que je viens demeurer. »

  1. Un témoignage : quand Noël convertit un cœur

Un prêtre racontait l’histoire d’un homme, cadre supérieur, éloigné de l’Église depuis plus de vingt ans. Il venait à la messe de Noël uniquement pour faire plaisir à sa mère. Ce soir-là, en regardant la crèche, il a été frappé par une pensée toute simple : « Si Dieu est capable de se faire aussi petit…alors peut-être qu’il peut encore m’aimer, moi. » Il dira plus tard : « Ce n’est pas un sermon qui m’a touché, c’est un enfant couché sur de la paille. J’ai compris que Dieu ne me jugeait pas de haut, mais qu’il me regardait d’en bas, avec tendresse. ».Ce fut le début d’un chemin de conversion. Noël a ce pouvoir-là : non pas d’éblouir, mais de désarmer.

  1. Noël : Dieu entre dans notre “aujourd’hui”

Frères et sœurs, Noël ne nie pas nos réalités : les familles blessées, les solitudes, les deuils, les angoisses économiques, les guerres, les cœurs fatigués.  Dieu ne nous sauve pas de l’extérieur, il nous sauve en entrant dedans.

Je ne sais pas si vous entendu parler une fois de Dietrich Bonhoeffer, il était un théologien, pasteur et résistant allemand au nazisme, né le 4 février 1906 à Breslau (aujourd’hui Wrocław, en Pologne) et mort exécuté le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg, en Allemagne. Il écrivait, depuis sa prison : « Dieu ne vient pas supprimer la souffrance, mais la remplir de sa présence. » Voilà le cœur de Noël : Dieu n’enlève pas la nuit, il y allume une lumière.

  1. Un second témoignage : la foi retrouvée dans la nuit

Une femme racontait son premier Noël après la perte de son mari. Tout lui semblait vide, artificiel, presque insupportable. Elle est entrée dans une église tard le soir. Personne. Juste une crèche. Et cette phrase a jailli en elle : « Lui aussi est né dans la nuit. »Elle dira ensuite : « J’ai compris que Dieu ne me demandait pas d’aller bien, mais simplement de lui faire une place, comme Marie et Joseph l’ont fait, sans comprendre. »

Frères et sœurs, Noël ne supprime pas la croix…mais il lui donne un sens.

  1. Noël aujourd’hui : et si Dieu frappait à notre porte ?

Le mystère de Noël nous pose une question simple et redoutable : où Dieu peut-il naître aujourd’hui ?

– Peut-être dans une relation à réconcilier.
– Peut-être dans un pardon à offrir.
– Peut-être dans une foi fragile mais sincère.
– Peut-être dans une pauvreté assumée.

Charles Péguy écrivait : « Le chrétien est celui qui croit que Dieu a assez aimé le monde pour s’y faire enfant. »

Conclusion

Frères et sœurs, ce que nous célébrons aujourd’hui, ce n’est pas un souvenir attendrissant,
c’est une présence vivante. Aujourd’hui, Dieu choisit encore de naître là où on ne l’attend pas.

Alors, en quittant cette église, emportons cette certitude simple et bouleversante :  Si Dieu a osé devenir petit pour nous rejoindre, alors aucune de nos nuits n’est perdue, aucune de nos pauvretés n’est inutile,
aucune de nos vies n’est trop abîmée pour être sauvée.

Aujourd’hui vous est né un Sauveur. Aujourd’hui encore. Pour vous. Pour nous.

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Messe du Jour de Noël2025-12-26T12:29:26+01:00

IVe Dimanche de l’Avent

Frères et sœurs,
nous sommes au dernier pas avant Noël. Encore un souffle… et Dieu vient.
Non pas comme une idée, ni comme un souvenir, mais comme une présence.
Un nom résume tout ce que nous allons célébrer : Emmanuel – Dieu avec nous. Pas Dieu au-dessus de nous.
Pas Dieu loin de nous.  Dieu avec nous.

Et la Parole de ce jour nous apprend comment Dieu se rend proche, et avec qui Il choisit de collaborer.

  1. Un Dieu qui s’approche sans bruit

La première lecture d’Isaïe annonce un signe inattendu : « Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils, on l’appellera Emmanuel. »

Le signe de Dieu n’est ni un prodige éclatant, ni une démonstration de force.
C’est une naissance.
C’est une fragilité.
C’est un enfant confié à des mains humaines.

Un auteur spirituel écrit :« Dieu n’est pas venu supprimer nos fragilités ; Il est venu les habiter. »

À Noël, Dieu ne règle pas tous les problèmes du monde,mais Il vient les porter de l’intérieur.
Il n’enlève pas la nuit, Il y allume une lumière.

Combien de personnes, aujourd’hui, portent une vie compliquée :une maladie, un deuil, une décision lourde, une situation familiale tendue…Noël ne dit pas : “Tout ira bien”,mais il dit : “Tu ne seras jamais seul.”

  1. Un Dieu qui a un projet de vie… même quand tout vacille

Dans l’Évangile, nous découvrons saint Joseph.Un homme juste, discret, profondément humain.

Joseph avait un projet simple : aimer Marie, fonder un foyer, vivre fidèlement.
Et voilà que tout bascule.Il ne comprend pas.Il souffre.Il pourrait partir.

Et pourtant…au cœur de la nuit, Dieu lui parle en songe.

Saint Bernard disait :« Joseph a cru contre toute évidence, et c’est cela qui a fait de lui un juste. »

Joseph nous ressemble.
Nous aussi, nous avons parfois l’impression que la vie nous échappe. Que nos plans s’effondrent.
Que Dieu se tait.Mais l’Évangile nous dit aujourd’hui :
👉 Dieu travaille même quand nous ne comprenons pas encore.

Un témoignage vrai :Un père de famille confiait après une grave épreuve professionnelle :« J’ai compris après coup que ce qui me semblait un échec était en fait un détour par lequel Dieu me sauvait. »

Joseph n’a pas tout compris.Mais il a fait confiance.Et cette confiance a ouvert la porte au salut du monde.

  1. Un Dieu qui collabore avec l’homme

C’est peut-être la plus grande surprise de Noël :Dieu ne sauve pas le monde sans nous.

Il a besoin du oui de Marie.
Il a besoin de la fidélité silencieuse de Joseph.Il a besoin de mains pour porter l’enfant,
d’un toit pour l’abriter, d’un cœur pour l’aimer.

Le psaume nous le rappelait :« Qu’il entre, le Roi de gloire ! » Mais la porte, c’est nous qui l’ouvrons.

Une religieuse disait avec simplicité :« Dieu frappe doucement, car Il ne veut entrer que là où Il est désiré. »

Joseph se leva, prit chez lui Marie, et accueillit l’enfant. C’est ce geste simple qui a changé l’histoire.

Je voudrai finir avec un témoignage que vous connaissez peut être…C’est celui d’André Frossard :« Dieu existe. Je L’ai rencontré. »

André Frossard n’était pas seulement loin de Dieu : il était athée convaincu, matérialiste, indifférent à toute foi.Fils d’un dirigeant communiste, il se disait lui-même :« athée comme on respire ».

Rien, absolument rien, ne le disposait à croire. Un jour de 1935, à Paris, presque par hasard, il entre dans une petite chapelle — la chapelle des Filles de l’Adoration, simplement pour attendre un ami.

Il ne prie pas. Il ne cherche rien. Il n’attend rien. Et là, en quelques secondes, tout bascule.

Sans vision, sans voix, sans émotion excessive, mais avec une certitude absolue, écrasante, lumineuse,
il est saisi par la présence de Dieu.

Il dira plus tard, avec une sobriété bouleversante :« Je suis entré dans la chapelle athée.J’en suis sorti catholique.Dieu existe.Je L’ai rencontré. »

Et cette phrase, essentielle:« Ce n’est pas moi qui ai trouvé Dieu.C’est Dieu qui m’a trouvé. »

Pourquoi ce témoignage touche au cœur de Noël

Ce qui bouleverse chez André Frossard, ce n’est pas une quête religieuse intense,c’est la proximité inattendue de Dieu.

Dieu ne l’attendait pas au bout d’un raisonnement, mais dans une chapelle silencieuse.
Dieu ne s’est pas imposé,  Il s’est rendu présent.

Comme à Noël. Frossard découvrira que Dieu n’est pas une idée à défendre, mais une présence à accueillir.

Il écrira encore : « Dieu n’est pas lointain. Il est si proche qu’Il peut nous surprendre. »

Lien direct avec saint Joseph et l’Évangile du jour

Joseph, lui aussi, n’a pas compris d’abord. Mais Dieu s’est rendu proche, dans la nuit, dans le silence, dans un songe.

Comme Frossard, Joseph n’a pas tout expliqué,  il a accueilli.

Et c’est ainsi que Dieu a pu entrer dans l’histoire.

« Dieu ne s’impose pas. Mais Il se rend proche.Et quand on Lui ouvre, plus rien n’est jamais comme avant. »

Conclusion – À l’approche de Noël

Frères et sœurs, à quelques jours de Noël, la question n’est pas : “Tout est-il prêt ?”
mais :  Y a-t-il une place pour Dieu dans ma vie aujourd’hui ?

  • Dans mes doutes : Emmanuel
  • Dans mes combats : Emmanuel
  • Dans mes décisions à prendre : Emmanuel

Comme Joseph, osons faire confiance, même quand le chemin n’est pas clair.

Et laissons naître en nous, non pas un Dieu lointain, mais un Dieu proche, un Dieu avec nous, un Dieu pour nous. « Dieu vient… mais seulement là où on Lui ouvre. » Amen.

IVe Dimanche de l’Avent2025-12-21T18:17:50+01:00

3e Dimanche de l’ Avent – GAUDETE

3e DIMANCHE DE L’AVENT GAUDETE

« Réjouissez-vous : le Seigneur est proche ! »

 Pourquoi ce dimanche est différent

Frères et sœurs, ce dimanche n’est pas un dimanche comme les autres.

La liturgie fait une pause dans la sobriété de l’Avent.
Le violet s’éclaire, le rose apparaît. L’Église nous dit :« Arrête-toi un instant… relève la tête… réjouis-toi ! »

Le nom « Gaudete » provient du premier mot latin de l’introït de la messe de ce jour : « Gaudete in Domino semper: iterum dico, gaudete », qui se traduit par « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je le dis, réjouissez-vous » (Philippiens 4:4). Ce verset, tiré des paroles de saint Paul, résume l’esprit de cette journée : une invitation à la joie au coeur de l’attente.

Le Dimanche de Gaudete est célébré le troisième dimanche de l’Avent et marque un changement dans le ton de la saison liturgique. Alors que les deux premiers dimanches de l’Avent ont un caractère plus pénitentiel et préparatoire, ce dimanche offre un moment de répit, une occasion de se réjouir de la proximité de Noël.

⚠️ Attention : ce n’est pas la joie parce que tout va bien, mais la joie parce que le Seigneur est proche.

👉 La joie chrétienne n’est pas le but de l’Avent, elle en est déjà le fruit.

  1. REGARDER – La joie naît quand j’ouvre les yeux

Jean-Baptiste est en prison. Il doute. Il souffre. Il questionne Dieu.

« Es-tu celui qui doit venir ? »

Et Jésus ne répond pas par une théorie, mais par des signes concrets : « Les aveugles voient, les boiteux marchent… »

🔑 1ʳᵉ clé de la vraie joie chrétienne : SAVOIR REGARDER

La joie commence quand je cesse de regarder seulement ce qui va mal,
et que j’apprends à reconnaître ce que Dieu fait déjà.

Isaïe l’avait annoncé :« Le désert fleurira. »

Une personne gravement éprouvée disait :« Rien n’a changé autour de moi,mais quelque chose a changé en moi :j’ai compris que Dieu ne m’avait pas abandonné.Et cette certitude est devenue ma joie. »

👉 La joie chrétienne n’est pas l’absence d’épreuve, mais la présence de Dieu dans l’épreuve.

🟡 Phrase à marteler : « La joie commence quand j’ouvre les yeux sur ce que Dieu fait déjà. »

  1. ATTENDRE – La joie grandit dans la patience

Saint Jacques nous ramène à la réalité : « Prenez patience… le Seigneur est proche. »

La joie se perd souvent dans l’impatience :

  • vouloir que tout change vite
  • vouloir des réponses immédiates
  • vouloir un Dieu à notre rythme

🔑 2ᵉ clé de la vraie joie chrétienne : FAIRE CONFIANCE AU TEMPS DE DIEU

Le paysan ne voit pas la graine pousser, mais il sait qu’elle pousse.

📌 Témoignage :Un homme disait après des années de prière infructueuse :« J’ai retrouvé la joie le jour où j’ai cessé d’exiger
et où j’ai commencé à faire confiance. »

👉 La joie ne vient pas quand tout est résolu, mais quand je remets ma vie entre les mains de Dieu.

🟠  « La joie grandit quand je fais confiance au rythme de Dieu. »

  1. CHOISIR – La joie est un acte de foi

Jésus conclut par une phrase forte : « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi. »

Autrement dit : 👉 heureux celui qui continue à croire, même quand Dieu ne correspond pas à ses attentes.

🔑 3ᵉ clé de la vraie joie chrétienne : LA JOIE EST UN CHOIX

La joie chrétienne n’est pas une émotion passagère, c’est une décision intérieure.

📌 Témoignage des saints

Sainte Thérèse de Lisieux, dans la souffrance, écrivait : « Tout est grâce. »

Saint Paul affirme : « Réjouissez-vous dans le Seigneur en toute circonstance. »

👉 Ma joie ne dépend pas de ce que je vis, mais de Celui en qui je crois.

🟢 Phrase finale à faire résonner : « La vraie joie est une foi qui tient bon. »

Conclusion – Les implications concrètes

Frères et sœurs, le dimanche Gaudete nous confie une mission :

👉 Ne pas garder la joie pour soi
👉 La laisser éclairer nos familles, nos communautés, notre monde

Applications Pratiques du Dimanche de Gaudete

  1. Cultiver la Gratitude : Prenez un moment pour réfléchir aux bénédictions dans votre vie. La gratitude est une porte vers la véritable joie. Faites une liste des choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant et offrez une prière d’action de grâce.
  2. Apporter de la Joie aux Autres : Partagez la joie de l’Avent avec ceux qui vous entourent. Cela peut passer par des gestes simples comme offrir un sourire, écouter quelqu’un qui a besoin de parler, ou faire preuve de générosité envers les plus démunis.
  3. Renforcer l’Espérance : Face aux défis, souvenez-vous des paroles de saint Paul : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. » Consacrez du temps à la prière et à la lecture des Écritures pour renouveler votre espérance en les promesses de Dieu.
  4. Préparer Votre Coeur : Profitez de ce moment pour examiner votre relation avec Dieu. Si possible, participez au sacrement de la Réconciliation. La joie d’un cœur réconcilié avec Dieu est un don spécial de l’Avent.
  5. Refléter la Lumière du Christ : Comme la bougie rose de la couronne de l’Avent, soyez un reflet de la lumière du Christ dans le monde. Dans votre foyer, votre communauté et votre lieu de travail, cherchez à être un témoignage vivant de la joie chrétienne.

Un Dernier Appel à la Joie

Le Dimanche de Gaudete est bien plus qu’un jour spécial dans le calendrier liturgique. C’est une invitation à vivre l’Avent avec un coeur rempli d’espérance et de joie. Il nous rappelle que, même dans l’attente, il y a des raisons de célébrer, car le Seigneur est proche.

En cette période de l’année, où les lumières et les décorations peuvent occulter le véritable sens de Noël, le Dimanche de Gaudete nous appelle à allumer la lumière intérieure de la foi et à la partager avec le monde. Que cette joie profonde nous accompagne non seulement pendant l’Avent, mais tout au long de notre vie chrétienne.

Prière:Seigneur Jésus,
donne-nous ta joie,
non pas celle qui dépend des circonstances,
mais celle qui naît de ta présence.
Fais de nous, en ce temps de l’Avent,
des témoins joyeux de ton Évangile. Amen.

3e Dimanche de l’ Avent – GAUDETE2025-12-20T15:57:36+01:00

Edito : Décembre : un mois de lumière et d’espérance

Le mois de décembre ouvre un temps précieux : celui de l’Avent, ce chemin de veille et de joie qui prépare nos cœurs à la venue du Seigneur. L’année liturgique s’ouvre à nouveau, nous invitant à repartir à zéro, à renouveler notre foi et à redécouvrir la saveur de la Parole qui éclaire nos pas.

Dans nos maisons, les lumières s’allument, les crèches se préparent, les rues s’illuminent… Mais la plus belle lumière reste celle que Dieu veut raviver dans nos cœurs. L’Avent, c’est le temps du réveil intérieur, du retour à l’essentiel, de la prière simple qui dit : « Viens, Seigneur Jésus ! »

Ce mois est aussi marqué par la fête de l’Immaculée Conception (le 8 décembre) : Marie, la Toute-Pure, nous montre le visage d’un cœur entièrement disponible à Dieu. Elle nous apprend à accueillir la grâce, à dire notre oui dans la confiance et la joie.

Décembre, c’est aussi le dernier mois de l’année civile, un temps d’action de grâce pour tout ce que nous avons vécu, reçu, partagé. Il est bon de nous souvenir que, malgré nos fragilités, Dieu n’a cessé de marcher avec nous.

Pour nous y préparer spirituellement, toute la communauté paroissiale est invitée à vivre ensemble une soirée d’adoration et de réconciliation,
🕊️ le jeudi 18 décembre, de 20h à 22h, en l’église Saint-Pierre de Tournefeuille : un temps de louange, de chants méditatifs avec la chorale, d’écoute et de paix intérieure. Tous les prêtres seront présents pour accueillir chacun dans le sacrement de la confession.

Enfin, ce mois de décembre verra aussi la clôture de l’Année Jubilaire de l’Espérance : que cette espérance continue de grandir dans nos cœurs et nos familles, pour illuminer toute l’année qui vient.

Que Noël soit pour tous une fête de foi et de lumière, un passage vers la paix intérieure et la joie partagée.
Décembre, c’est le temps de Dieu qui frappe à la porte. Ouvrons-lui grand notre cœur !

  1. Clément Marie, F.I.
    Curé de l’Ensemble paroissial de Tournefeuille.
Edito : Décembre : un mois de lumière et d’espérance2025-12-08T15:43:58+01:00

Edito : Les Saints, témoins joyeux du Dieu de Vie et d’Espérance !

Novembre s’ouvre sur une double lumière : celle éclatante de la Toussaint, et celle plus douce, mais tout aussi précieuse, de la commémoration des fidèles défunts.
Deux visages d’un même mystère : la vie éternelle promise à tous ceux qui aiment Dieu.

La Toussaint n’est pas la fête d’une élite, mais la célébration de tous ceux et celles — connus ou anonymes — qui ont laissé rayonner dans leur vie la lumière du Christ. Ce sont des témoins ordinaires d’un amour extraordinaire. Le lendemain, nous prions pour nos frères et sœurs défunts, afin que, purifiés par la miséricorde, ils participent pleinement à la joie du Royaume.

Tout le mois de novembre devient ainsi un mois de mémoire et d’espérance : mémoire de ceux qui nous ont précédés, espérance de les retrouver un jour dans la communion éternelle. Pensons à eux, prions pour eux, offrons des messes à leur intention. Dans la communion des saints, l’amour ne meurt jamais.

Regarder l’année écoulée avec gratitude

Je voudrais profiter de cet éditorial pour remercier chaleureusement tous ceux et celles qui ont contribué à la belle réussite de la Messe d’installation du 12 octobre dernier. Votre présence, vos prières, vos services, vos chants, vos sourires ont fait de cette célébration un véritable moment d’Église et de fraternité.
Merci également à celles et ceux qui ont participé au pèlerinage à Rome du 7 au 11 octobre. Ensemble, nous avons vécu des jours de grâce, de prière et de communion en passant les principales Portes Saintes de la Ville éternelle. Une expérience qui a fortifié notre foi et notre lien paroissial.

Un mois pour célébrer, prier et espérer

Novembre, c’est aussi le mois où nous achevons l’année liturgique C, au fil des derniers dimanches de l’Évangile de saint Luc, avant d’ouvrir bientôt une nouvelle année A, sous la lumière de l’Évangile selon saint Matthieu.
Chaque fin d’année liturgique nous invite à faire un pas de plus dans la confiance et la fidélité au Seigneur.

Le 23 novembre, nous célébrerons la fête du Christ Roi de l’univers, couronnement de toute l’année liturgique : le Christ règne non pas par la puissance, mais par l’amour qui se donne. Le même jour, les Scouts et Guides de France de Saint-Barthélemy de Plaisance fêteront leurs 30 ans d’existence. Quelle belle coïncidence ! Ces jeunes, joyeux et engagés, sont eux aussi des témoins du Dieu de Vie et d’Espérance.

Marchons ensemble vers la Vie

En ce mois de novembre, portons dans notre prière nos défunts, nos familles, nos communautés, et tous les membres engagés dans les différents groupes et services pastoraux : catéchèse, catéchuménat, confirmands adultes, préparation au mariage, aumôneries, scouts…
Que chacun trouve sa place, son souffle, sa joie dans la grande famille paroissiale.

Sous le regard de tous les saints et dans la lumière du Christ Roi, continuons à bâtir ensemble une Église vivante, fraternelle et missionnaire, où la foi se traduit par la joie et l’espérance.

 

Edito : Les Saints, témoins joyeux du Dieu de Vie et d’Espérance !2025-10-31T16:23:43+01:00

Edito : Une nouvelle année pastorale avec Marie, Notre Dame du Saint Rosaire !

Octobre ouvre pour nous une page nouvelle : celle d’une année pastorale placée sous le signe de la mission, du Rosaire et d’une riche succession de fêtes spirituelles. Dès le 1ᵉʳ octobre, nous célébrons Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions, dont la vie nous rappelle que la sainteté commence dans les petites choses faites avec grand amour. Le 2 octobre, nous invoquons nos anges gardiens, compagnons discrets mais puissants de notre chemin de foi. Le 7 octobre, nous tournons nos regards vers Notre Dame du Rosaire, Marie, Mère et Reine, qui nous apprend à méditer les mystères du Christ dans la prière simple et profonde du chapelet. Plus tard dans le mois, Sainte Thérèse d’Avila (15 octobre) et Sainte Marguerite-Marie Alacoque (16 octobre) viendront encore nous redire que le cœur à cœur avec Dieu transforme la vie et le monde.

Un moment fort pour notre communauté

Le 12 octobre sera pour nous un jour inoubliable. Lors de la Messe solennelle à 10h30 à l’église Saint-Barthélémy de Plaisance-du-Touch, notre archevêque, Mgr Guy de Kerimel, m’installera officiellement comme nouveau curé de l’ensemble paroissial, en présence du Père Immacolato Maria Acquali, Supérieur général des Frères Franciscains de l’Immaculée, et de M. le Maire de Plaisance-du-Touch qui remettra les clés de l’église.

Ce rituel d’installation, riche en symboles, exprime la mission confiée au curé :

  • annoncer la Parole de Dieu,
  • rassembler la communauté dans l’Eucharistie,
  • veiller sur le peuple qui lui est confié,
  • et guider chacun vers le Christ dans l’obéissance à l’évêque.

En retour, le nouveau curé attend de ses paroissiens la prière, la collaboration fraternelle, et l’engagement missionnaire pour bâtir ensemble une Église vivante et accueillante.

Marcher ensemble sous le regard de Marie

Notre vision pastorale est claire :

Bâtir une Église – famille de Dieu – où chacun est accueilli, accompagné, et appelé à témoigner de l’Évangile, pour former une communauté unie dans la diversité, où chacun participe à la mission du Christ.

Que cette année pastorale, placée sous la protection de Notre Dame du Rosaire, nous aide à devenir des disciples missionnaires, priants, fraternels et rayonnants de la joie de l’Évangile !

  1. Clément Marie BONOU, fi
    Curé de l’Ensemble paroissial de Tournefeuille
Edito : Une nouvelle année pastorale avec Marie, Notre Dame du Saint Rosaire !2025-10-15T12:20:49+02:00

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C

Seigneur, apprends-nous à prier… et à persévérer avec confiance !

Une question qui traverse les siècles

Un jour, les disciples regardent Jésus. Ils ne le voient pas simplement faire des miracles, ni enseigner avec autorité. Non, ils le voient prier. Et là, quelque chose les touche au plus profond :« Seigneur, apprends-nous à prier. ». Comme si cette manière d’être en relation avec Dieu était la source invisible de tout le reste.
C’est la seule chose qu’ils demandent explicitement à apprendre de Jésus : non pas comment prêcher, guérir, convertir… mais comment prier.

Et nous ? Savons-nous encore demander à Dieu, parler avec Lui, persévérer dans la prière comme Abraham, sans nous lasser ?

  1. Apprendre à prier, c’est entrer dans l’intimité du cœur de Dieu

Jésus commence par nous donner le Notre Père. Non pas une formule magique, mais une école de vie spirituelle. Quand tu dis : Notre Père, tu n’es plus seul : tu entres dans une relation filiale avec Dieu… et fraternelle avec les autres. Que ton Nom soit sanctifié… Ce n’est pas ton nom, ni ta volonté qui doit briller, mais la sienne. Donne-nous aujourd’hui… Tu apprends à vivre dans l’aujourd’hui de Dieu, sans t’inquiéter exagérément de demain. Pardonne-nous… car la prière transforme aussi le cœur blessé en cœur capable de miséricorde.

En fait, concrètement :

Quand tu dis Notre Père, tu n’es plus orphelin. Quand tu dis Que ta volonté soit faite, tu déposes ton agenda pour épouser le sien. Quand tu dis Donne-nous aujourd’hui, tu vis l’instant présent dans la confiance. Quand tu dis Pardonne-nous, tu cesses de te cacher, et tu entres dans la vérité de ton cœur blessé, appelé à guérir.

La prière n’est pas d’abord des mots. C’est une relation. C’est l’oxygène de l’âme.

Saint Jean-Marie Vianney disait :« La prière, c’est l’union de l’homme avec Dieu… c’est un doux échange d’amitié. »

  1. Persévérer dans la prière, même quand Dieu semble se taire

Jésus ne s’arrête pas à l’enseignement d’une prière. Il raconte une parabole : celle de l’ami importun. Un homme frappe chez son voisin, en pleine nuit. Il insiste… il dérange. Et à force d’insistance, la porte finit par s’ouvrir.

Quelle image saisissante ! Dieu n’est pas un distributeur automatique de grâce. Mais Il se laisse toucher par l’audace et la persévérance.

🔸       Oui,  Mais prier ne suffit pas. Il faut persévérer. Ne pas lâcher. Même quand Dieu semble silencieux.

Comme Abraham dans la première lecture.Il ose discuter avec Dieu. Il insiste, il négocie presque :« Et s’il y avait 50 justes ? Et 45 ? Et 40 ?… »

Il ne demande rien pour lui. Il plaide pour les autres. Voilà un cœur d’intercesseur. Un cœur qui croit que Dieu peut changer l’histoire, quand un seul homme se tient devant Lui avec foi.

Et puis Jésus raconte cette histoire étrange d’un homme qui frappe à la porte de son ami en pleine nuit, pour demander trois pains.

Et là, Il nous dit :« Demandez… cherchez… frappez… »
Et Il promet :« Votre Père du Ciel donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. »

Thérèse de Lisieux disait :« La prière, c’est un élan du cœur, un simple regard jeté vers le Ciel, un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme dans la joie. »

Et parfois, la prière devient lutte. On n’obtient pas toujours ce qu’on veut… mais si on persévère, on reçoit ce dont on a besoin.

            Un petit témoignage – “Je ne savais plus prier…”

Je pense à un homme que j’ai rencontré dans une paroisse.
Un jour, il m’a dit :« Mon Père, pendant 20 ans, j’ai prié pour que mon fils revienne à la foi. 20 ans ! Et puis un jour, j’ai arrêté. Trop fatigué. Trop de silence.
Mais un matin, j’entends frapper à ma porte. J’ouvre : c’était mon fils. Il me dit :“Papa, je veux te demander pardon. Je vais mal. J’ai besoin de Dieu. Tu m’apprends à prier ?”
J’ai pleuré. Et j’ai compris que même mes prières silencieuses, mes soupirs, mes douleurs… avaient été entendus. »

Frères et sœurs, Dieu n’est pas sourd. Il n’est pas absent. Il est Père. Et Il écoute.

            III. Dieu donne bien plus que ce qu’on ose espérer : son Esprit

Jésus conclut par cette promesse saisissante :« Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

On vient souvent à Dieu avec des demandes matérielles ou affectives. Mais Lui veut nous donner beaucoup plus : son Esprit, sa force, sa vie divine.

Une femme me disait récemment :« Mon mari est parti. Je n’ai plus rien… sauf ma foi. Et aujourd’hui, c’est cela qui me fait tenir. » Elle n’avait pas reçu ce qu’elle attendait… mais elle avait reçu le souffle de Dieu, la consolation du cœur. N’oublions JAMAIS CECI :Dieu ne nous donne pas toujours ce qu’on veut.Mais Il donne toujours ce dont on a besoin.

            Conclusion – Trois clés pour notre vie de prière

  1. Demande humblement à Jésus : « Apprends-moi à prier ! »
  2. Prie avec confiance : Dieu t’écoute, même s’Il semble se taire.
  3. Demande le Saint-Esprit : c’est Lui le vrai Don que ton cœur attend.

Pour finir je voudrais vous dire encore ceci : « La prière, ce n’est pas convaincre Dieu de faire notre volonté,c’est apprendre à accueillir la sienne – et à Lui faire confiance. »

Prière finale

Seigneur Jésus,

Toi qui priais le Père avec le cœur du Fils,
apprends-moi à prier,
non pas pour multiplier les mots,
mais pour t’ouvrir mon cœur.

Quand je me décourage,
mets en moi la foi d’Abraham et la confiance de l’ami de minuit.
Donne-moi la persévérance des saints,
la simplicité des enfants,
et l’audace de ceux qui espèrent contre toute espérance.

Seigneur, apprends-moi à désirer l’Esprit Saint,
plus que les dons… plus que les consolations.
Apprends-moi à aimer ta volonté,
et à dire chaque jour :Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite…

 

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C2025-07-31T09:04:51+02:00

Homélie du Père Clément, XVIe dimanche du TO, année C

« Accueillir Dieu… et se laisser accueillir par Lui »

Frères et sœurs bien-aimés,

Il est parfois plus facile d’agir que de s’asseoir. Plus rassurant de tout organiser que d’ouvrir son cœur. Plus confortable de faire… que d’être.

Et pourtant, l’Évangile d’aujourd’hui nous déplace. Il nous emmène à Béthanie, dans cette maison chaleureuse où Marthe et Marie accueillent Jésus. Et à travers elles, c’est chacun de nous que le Seigneur vient visiter.

  1. Accueillir : non pas seulement faire entrer, mais se laisser rejoindre

Marthe et Marie ont toutes les deux un immense désir de bien faire. Marthe s’active, Marie s’assied. L’une prépare, l’autre écoute. Mais Jésus ne vient pas distribuer des bons points : il vient révéler un cœur.

Ce qu’il dit à Marthe – « tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses » – ce n’est pas un reproche dur, mais un appel tendre :Marthe, et si tu me laissais t’aimer ?

Car c’est cela, au fond, la clé de l’accueil véritable. Ce n’est pas d’abord notre générosité. C’est notre capacité à nous laisser aimer, enseigner, transformer.

Marie choisit la « meilleure part » parce qu’elle s’ouvre à la Présence, elle fait silence, elle s’émerveille. Et elle nous montre que la foi commence par l’écoute, pas par le faire.

Sainte Thérèse de Lisieux écrivait :« Jésus n’a pas besoin de nos œuvres, mais de notre amour. »

  1. Une hospitalité qui devient rencontre : Abraham sous le chêne de Mambré

La première lecture éclaire merveilleusement cette scène. Abraham, figure de l’hospitalité biblique, accueille trois étrangers. Il se donne du mal, il court, il fait préparer un vrai festin.

Mais soudain, tout bascule : ce ne sont plus trois simples visiteurs… c’est le Seigneur qui est là. Et dans l’accueil offert, c’est une promesse qui se déploie : « L’an prochain, tu auras un fils. »

Ce récit nous rappelle que Dieu vient souvent dans les visages inattendus. Il se cache dans les pauvres, dans les étrangers, dans les frères en recherche. Et quand nous ouvrons notre porte, c’est notre propre vie qu’il transforme.

Un proverbe éthiopien dit :« L’étranger que tu accueilles est le messager du ciel que tu ne reconnais pas encore. »

  1. Témoignage : « J’étais venu pour aider, j’ai été évangélisé »

Permettez-moi un témoignage. Une jeune bénévole est partie en mission dans un foyer d’accueil pour sans-abris. Elle voulait donner du temps, faire le bien.
Mais ce qu’elle a vécu l’a bouleversée. Elle raconte :« Un soir, un homme m’a dit : « Je te remercie pour ton sourire. Tu es la première depuis longtemps à m’avoir regardé comme un homme et non comme un déchet. » J’étais venue pour aider… et c’est moi qui ai été relevée. »

Elle a compris, ce jour-là, que l’accueil vrai n’est pas seulement horizontal. Il est aussi sacré. Quand nous accueillons l’autre, c’est le Christ que nous accueillons – et souvent, c’est Lui qui nous relève à travers lui.

  1. Une parole de Paul pour aller plus loin : « Le Christ en vous »

Dans la 2e lecture, Paul nous révèle ce mystère fou : « Le Christ est en vous, espérance de la gloire. »

Ce n’est pas un Jésus extérieur, distant, réservé aux lieux sacrés. Il est en nous. Il désire demeurer en nos maisons, en nos âmes, dans notre quotidien. Et ce Christ intérieur, il faut lui faire de la place.

Marthe nous dit : « Sers le Seigneur avec tout ton cœur. »
Marie nous dit : « Écoute le Seigneur avec tout ton cœur. »
Et Jésus répond : « Fais les deux… mais commence par me laisser t’aimer. »

 Conclusion : Accueillir Dieu, c’est le laisser faire en nous ce que nous ne pourrions jamais faire seuls

En ce dimanche, frères et sœurs, Jésus vient frapper à la porte de notre vie.

Il ne cherche pas une maison parfaite. Il cherche un cœur ouvert.
Il ne vient pas pour être impressionné, mais pour nous transformer.

Alors que nous soyons aujourd’hui Marthe ou Marie, que notre cœur soit agité ou disponible, que nous soyons à bout ou pleins de zèle… faisons une chose simple :Arrêtons-nous. Écoutons. Et laissons-nous aimer.

 « Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10,42)
Et si c’était aussi la part que le Seigneur nous invite à choisir aujourd’hui ?

  • « Marthe, sois bénie pour tes bons services ; lorsque tu arriveras à la patrie céleste, tout cela n’existera plus là-bas : il n’y aura là-bas que ce que Marie a choisi » (Saint Augustin)

🌿 Méditation – « La meilleure part »

Il y a tant à faire.
Tant à organiser, à prévoir, à réussir.
Mais Jésus ne nous félicite pas d’abord pour ce que nous accomplissons…
Il nous invite à choisir la meilleure part.

Et cette part, c’est Lui.

C’est ce moment de silence où il parle à notre cœur.
Ce regard posé sur un frère en détresse.
Ce souffle intérieur qui nous dit : « Laisse-toi aimer. »

Quand nous cessons un instant de courir,
le Christ entre.
Et c’est alors qu’il commence en nous l’œuvre que nous ne pouvions pas faire seuls.

Choisir la meilleure part,
c’est lui faire de la place.

 

 

Homélie du Père Clément, XVIe dimanche du TO, année C2025-07-31T09:05:08+02:00

Homélie du Père Clément, XVe dimanche du TO, année C

« Va, et toi aussi fais de même ! »

Frères et sœurs bien-aimés,

Aujourd’hui, l’Évangile nous rejoint comme une flèche en plein cœur. Une parole à la fois simple et dérangeante, directe et décapante. Il suffit de deux personnages pour bouleverser notre vision de l’amour du prochain : le docteur de la Loi et le Bon Samaritain. Et à travers leur dialogue, Jésus nous pousse à une conversion du regard, du cœur… et surtout de nos habitudes.

« Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » ‒ elle jaillit des lèvres d’un spécialiste de la Loi, mais elle habite le cœur de chaque être humain. Aujourd’hui, Jésus y répond par la parabole la plus célèbre… et la plus dérangeante : celle du Bon Samaritain.

  1. Une question honnête… ou pas ?

Tout commence par une question : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Elle semble belle, sincère. Mais saint Luc nous précise l’intention : « Il voulait mettre Jésus à l’épreuve. » Ce n’est pas la soif de Dieu qui pousse cet homme, mais le désir de tester, de provoquer.

Et pourtant, Jésus ne le rejette pas. Il l’invite à réfléchir par lui-même : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? » L’homme répond bien : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… et ton prochain comme toi-même. » Parfait. Mais il ne s’arrête pas là. Il veut « se justifier » et demande : « Et qui est mon prochain ? »Voilà la vraie question.

  1. Trois hommes, une route, un blessé…

Et Jésus raconte une parabole. Un homme est laissé à moitié mort sur le bord de la route. Un prêtre passe. Il voit… et passe. Un lévite passe. Il voit… et passe. Et puis arrive un Samaritain. Un étranger. Un hérétique pour les Juifs. L’ennemi naturel. Et c’est lui qui va s’arrêter.

Il voit, est saisi de compassion, s’approche, panse les blessures, prend du temps, prend des risques, paie de sa poche. ….Quel contraste !

Ce que Jésus dénonce, ce n’est pas le mal qu’ont fait les premiers… mais le bien qu’ils n’ont pas fait. Ce qu’on appelle le péché d’omission. Ils avaient sans doute de bonnes raisons : peur de se souiller, de rater la prière à Jérusalem, d’être eux-mêmes attaqués… Mais au fond, ils ont laissé la Loi devenir une excuse pour éviter l’amour.

III.  Le prochain, c’est celui que je choisis d’aimer

La question du docteur était : « Qui est mon prochain ? » — comme s’il s’agissait de définir des catégories : les miens, ceux que je dois aider, et les autres… que je peux ignorer. Mais Jésus inverse la question : « Lequel s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? »

Autrement dit, le prochain, ce n’est pas l’autre. C’est moi quand je me fais proche.
Ce n’est pas une catégorie. C’est une attitude, un choix de cœur. Le chrétien ne se demande pas : “Est-ce que celui-là est digne d’être aimé ?” mais “Comment puis-je lui manifester l’amour de Dieu ?”

Comme le disait saint Jean Chrysostome : « Tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas quand il est nu. Ne l’honore pas dans l’église avec des tissus de soie pendant que tu le laisses dehors grelotter de froid et de misère. »

  1. Un amour concret, incarné, coûteux

Jésus ne nous demande pas une vague bienveillance sentimentale. Il nous appelle à aimer en actes, avec les mains, avec notre temps, notre énergie, nos ressources.

La première lecture (Dt 30) le dit merveilleusement : « Cette Parole est toute proche de toi… dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. »
Elle est là, à portée de main, prête à se traduire en gestes. Dieu n’est pas inaccessible. Il est proche. Et il nous appelle à être proches les uns des autres.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous parle du Christ comme « l’image du Dieu invisible », « par qui tout a été créé », et « par qui tout est réconcilié ». Le Samaritain, c’est une figure du Christ. Il s’abaisse, se penche, relève, guérit, paie de sa vie pour que l’autre revive.

  1. Témoignage : Un rabbin « bon samaritain »

Permettez-moi un témoignage. On raconte de certains juifs, curieux de voir disparaître leur rabbin la vigile du samedi. Ils soupçonnèrent qu’il gardait un secret, peut-être avec Dieu, et confièrent à l’un deux la tâche de le suivre… Et ainsi il le fit, plein d’émotion, jusqu’à un recoin misérable de la ville, où il vit le rabbin balayer la maison d’une femme: elle était paralytique, et il la servait et lui préparait un repas spécial pour la vigile. Lorsque l’espion revint, on lui demanda: «Où a-t-il été? au ciel, entre les nuages ou les étoiles?». Et ce dernier lui répondit: «Non, il est monté beaucoup plus haut»

Ce rabbin, c’est peut-être vous. Ou moi. Ou chacun de nous, quand nous laissons le Christ aimer à travers nous.

Témoignage : « Ce jour-là, j’ai vu le Christ en jean et baskets »

C’est arrivé en plein centre-ville de Lyon, un jour de semaine très ordinaire. Vers 18h, en heure de sortie de bureau, les rues étaient pleines de monde.
Une femme d’une soixantaine d’années s’effondre sur le trottoir. Malaise. Elle tombe lourdement, sa tête cogne le bitume. Les gens passent, jettent un regard, lèvent les yeux, ralentissent… mais personne ne s’arrête vraiment. Peut-être ont-ils peur, ou simplement… ils sont pressés.

Mais voilà qu’un jeune homme — casquette à l’envers, jean troué, tee-shirt noir — surgit. Il lâche son vélo, se penche, lui parle doucement : « Madame, vous m’entendez ? » Il appelle les secours, reste à genoux à côté d’elle, glisse sa veste sous sa tête. Il reste là, comme un veilleur, pendant de longues minutes, alors que les autres contournent la scène.

Les pompiers arrivent. Ils repartent avec la dame. Et lui ? Il reprend son vélo, sans dire un mot, sans chercher à se faire remarquer.

Une femme âgée, qui observait toute la scène depuis le trottoir d’en face, s’est approchée et a murmuré à voix basse : « Ce garçon… il ne sait peut-être pas prier. Mais aujourd’hui, il a été les mains de Dieu. »

Ce que ce témoignage dit…Frères et sœurs, le Bon Samaritain ne porte pas toujours une croix autour du cou. Il ne connaît peut-être pas tous les versets de la Bible, mais il connaît l’instinct du cœur qui se penche.Le Christ passe encore aujourd’hui dans la rue, dans nos villes, dans nos gestes de compassion. Il prend des visages inattendus.  Et si nous, chrétiens, ne sommes pas les premiers à nous arrêter, qui le fera ?

L’eucharistie : l’auberge où Dieu soigne nos blessures

  • Sur l’autel, le Christ se fait Samaritain : il verse sur nos blessures le vin de sa Parole et l’huile de son Esprit.
  • Il paie d’avance notre dette : « Prenez, ceci est mon Corps livré pour vous. »
  • Il nous confie ensuite les uns aux autres : « Allez, et de même faites-vous aussi. »

VI- Le Bon Samaritain en chacun de nous

Frères et sœurs, la question n’est plus : « Qui est mon prochain ? »
Mais plutôt : « Pour qui vais-je devenir prochain aujourd’hui ? »

Un voisin âgé oublié ?
Une collègue blessée par la vie ?
Un jeune isolé en quête de sens ?
Un proche difficile à aimer ?…………………….
« Va, et toi aussi, fais de même. »

Ce n’est pas un conseil. C’est un appel. Un commandement de vie.
Et si chacun de nous devenait aujourd’hui le Samaritain de quelqu’un ?

Une Petite prière

Seigneur Jésus,
Toi qui es venu vers nous quand nous étions blessés, rejetés, abandonnés,
Apprends-nous à nous faire proches,
À voir, à compatir, à aimer en actes.
Donne-nous un cœur de Samaritain,
Un cœur semblable au tien.
Amen.

Sur la route de Jéricho
Frères et sœurs… Nous sommes tous… le prochain… de quelqu’un.
Parfois… une simple rue devient un pont.

  • Aimer Dieu… c’est aimer celui… que je croise… ici… maintenant.
  • L’indifférence… est un mal silencieux :
    elle ferme les yeux… les oreilles… et le cœur.
  • Le prêtre… le lévite… ont vu l’homme blessé.
    Ils ont continué… parce qu’il ne comptait pas… assez pour eux.
  • Puis vient un étranger…
    il s’approche… regarde… et son cœur s’ouvre.
  • Il nettoie les plaies… il porte le corps…
    il protège comme un frère.
  • Par ce geste… Dieu murmure :
    « Je ne t’abandonnerai jamais. »
  • L’auberge devient espérance.
    La charité… ne compte pas… elle donne tout.
  • Là où l’amour est offert…
    la vie reprend… la confiance renaît.
  • Alors toi, mon frère, ma sœur… va !
    Que chacun de tes pas… devienne un acte d’amour… sur la route.
    )

 

 

Homélie du Père Clément, XVe dimanche du TO, année C2025-07-15T11:44:58+02:00
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