À propos de Justin Bertho

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Homélie du Père Justin, Marie Mère de l’Église, lundi de Pentecôte

Chers Frères et sœurs, aujourd’hui nous fêtons Marie, Mère de l’Église. Marie dans le baptême est véritablement notre mère et nous sommes ses fils.

Notre foi catholique est basée sur l’Écriture et sur la Tradition. Et l’Écriture comme la Tradition nous disent que dans le baptême nous sommes fils de Dieu.

L’’évangile de Jean dans son Prologue nous dit Il leur a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu. Et la première lettre de Jean aussi nous le rappelle expressément Nous sommes fils de Dieu, nous le sommes réellement. Et la Tradition nous le dit aussi.

La Tradition c’est-à-dire ce qui nous a été transmis et qui remonte à Jésus et aux premiers disciples, aux apôtres. C’est cela qui représente la Tradition proprement dite – beaucoup de choses ensuite sont appelées Tradition d’une façon abusive parce qu’elles ne remontent pas aux premiers temps de l’Église.

La Tradition nous enseigne que nous sommes fils de Dieu, et elle nous enseigne aussi que nous sommes fils de Marie dans le baptême.

C’est une réalité, une réalité spirituelle mais une réalité, pas moins et même davantage que ce que nous voyons – ce qui est spirituel est plus réel, même si notre nature ne nous permet pas de l’apprécier suffisamment.

La Tradition nous l’enseigne et à sa suite les théologiens, par a + b + c, comme font toujours les théologiens, mais ils nous le confirment à partir de raisonnements saintement inspirés.

Par la grâce du baptême nous devenons fils de Dieu mais aussi fils de Marie. Cependant beaucoup de confessions chrétiennes non catholiques le nient parce que cela n’apparait pas dans l’Écriture, dans l’Évangile.

Quand le Seigneur dit à Marie Voici ton fils, ces confessions chrétiennes considèrent que Jésus a confié sa mère au disciple et que cela concerne seulement ce disciple et aucun autre. Il voulait la confier avant son départ, et il l’a confiée au disciple qu’il aimait tout particulièrement…

Mais est-il bien vrai que cela n’apparait pas dans l’Évangile, que Marie est la Mère de tous les disciples et ainsi la Mère de l’Église ?…

Déjà le Seigneur le dit avec une grande solennité, c’est le moment le plus solennel de tout l’Évangile. Jésus avant de mourir en croix dit à sa mère Voici ton fils. Et il ajoute en parlant au disciple Voici ta mère. C’est très fort…

Mais il y a plus important que cela. Nous lisons au début de cette page de l’Évangile que se tenaient au pied de la croix sa mère et deux autres femmes. Et puis aussitôt après l’Évangile nous dit que Jésus voit à côté de sa mère le disciple qu’il aimait…

Mais pourquoi l’Évangile nous dit-il ensuite seulement que Jésus voit le disciple à côté de sa mère ? C’est étrange, dans un premier temps le disciple n’apparait pas, alors qu’il était là…

Quand est-ce que nous voyons des femmes, avec la mère au milieu, et ensuite non plus seulement trois femmes mais aussi un homme à côté de la mère ? C’est au moment d’une naissance.

Quand il y a un accouchement, il y a la mère avec des femmes à ses côtés, et ensuite on revient et à côté de la mère il y a le nouveau-né.

C’est ce que nous dit l’Évangile à sa façon, il nous dit qu’il s’agit d’une véritable naissance, que le disciple est réellement né de nouveau à ce moment-là. Il nous dit que ce n’est pas une adoption…

C’est formidable une adoption, qu’une femme accueille un enfant et l’aime comme son propre enfant, c’est merveilleux, en vertu de l’amour elle devient vraiment sa mère et lui son fils.

Mais là le disciple n’est pas adopté, nous dit l’Évangile, il nait de nouveau. Et si lui nait de nouveau alors tous les disciples aussi naissent de nouveau au pied de la croix – ce serait étrange si un seul disciple renaissait, ce serait un évangile gnostique.

Et d’ailleurs c’est la façon habituelle de procéder de l’Évangile de Jean. Il nous donne à voir des cas particuliers à travers lesquels nous sommes tous concernés – par exemple il parle d’une seule guérison sur tout un chapitre, celle d’un aveugle de naissance, mais cette guérison nous rejoint tous.

Dans le baptême nous devenons vraiment fils de Dieu mais aussi fils de Marie. C’est ce que la Tradition déjà nous enseigne, mais c’est aussi ce que nous dit l’Évangile.

Qu’est-ce que cela change que l’Évangile aussi nous le dise expressément ?

C’est plus fort que quand quelqu’un nous le dit après qu’un autre le lui a dit etc… Là, c’est la parole même de Dieu qui nous le révèle et à travers un évènement concret. Nous pouvons l’accueillir plus en profondeur dans notre cœur.

Marie est notre Mère, elle nous a transmis son patrimoine génétique spirituel, si je peux dire, il est en nous, il fait un avec nous, comme l’Esprit Saint depuis notre baptême.

Il ne s’agit pas d’une parole extérieure qui appellerait de nous une imitation superficielle ou convenue de Marie. Il s’agit d’être nous-mêmes avec ce qui nous a été donné, et qui continue de nous être donné, pour grandir en âge, en sagesse et en grâce.

Nous pouvons accueillir Marie chez nous, comme le dit l’Évangile à propos de ce premier disciple, nous pouvons nous laisser accompagner et éduquer par elle tous les jours de notre vie, prier avec elle et en elle.

Homélie du Père Justin, Marie Mère de l’Église, lundi de Pentecôte2026-05-25T21:39:09+02:00

Homélie du Père Justin, V Dimanche de Pâques, Jn 14,1-12

Chers frères et sœurs, le Seigneur nous dit Il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père, sinon vous aurais-je dit Je pars vous préparer une place ?

Mais quand est-ce que le Seigneur nous a dit Je pars vous préparer une place ? pas dans l’évangile de Jean, ni dans tous les Évangiles, alors quand nous l’a-t-il dit ? Quand on proclame l’évangile de Jean il faut toujours faire un lien avec l’Ancien Testament.

Vous vous souvenez que l’évangile de Jean commence par Au commencement était le Verbe, et cela fait référence aux premières paroles de la Bible, aux premiers mots du livre de la Genèse Au commencement Dieu créa le ciel et la terre…

Dans l’évangile que nous avons proclamé c’est un peu pareil, il faut trouver le lien avec les paroles de l’Ancien Testament. C’est dans l’Ancien Testament que le Seigneur nous a dit qu’il allait nous préparer une place, quand il a dit aux Hébreux qu’il les ferait sortir d’Égypte et qu’il les ferait entrer sur la terre qu’il leur promet, la terre promise.

Cependant quand le peuple entre sur la terre d’Israël dans l’Ancien Testament il lui est donné l’ordre de ne pas se mélanger aux autres nations. Il ne doit pas se mélanger aux autres nations parce que, qui dit autres nations dit autres dieux, qui dit autres dieux, dit ignorance complète du seul vrai dieu…

Mais est-ce que c’est vrai ? Est-ce qu’il y a des nations qui ignorent complètement qui est Dieu, qui ne le connaissent absolument pas ? Est-ce qu’il existe une personne au monde qui ne connait pas du tout Dieu, quelle que soit sa religion ? Et même si une personne est athée, se peut-il que le Seigneur ne parle en aucune façon à son cœur ?

A présent ce que dit le Seigneur est nouveau, il nous prépare une place comme il nous l’avait dit, mais il ne s’agit pas d’une terre par opposition à d’autres terres, il ne s’agit pas d’une nation par opposition à d’autres nations, ni d’oppositions de personnes.

Il nous dit au contraire d’aller dans toutes les nations, il nous dit Allez-y.

Allez vers les nations sans peur, allez les uns vers les autres, il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon père. Allez dans les nations, allez aussi vers chaque personne, mon père a déjà sa demeure d’une façon ou d’une autre en chaque personne et en chaque nation.

Quand notre Seigneur Jésus Christ s’est fait homme, il est devenu hébreu, mais à travers le peuple hébreu il s’est uni mystérieusement à tous les peuples, à toutes les cultures. A travers la personnalité de Jésus de Nazareth il s’est approché intérieurement de chaque personne, il est proche du cœur de chacun.

Le Fils a établi la demeure de Dieu parmi tous les hommes, donc on peut aller les uns vers les autres avec confiance…

Dans l’évangile de Jean il y a deux catégories de disciples, il y a ceux qui aiment le Seigneur et ceux que le Seigneur aime.

Ceux qui aiment le Seigneur ce sont ceux qui confessent publiquement leur foi dans le Christ, comme Pierre à qui Jésus demande M’aimes-tu, et à qui il commande de paître ses brebis. Et puis il y a ceux que le Seigneur aime, ceux qui ne confessent pas leur foi par ignorance du Christ ou pour d’autres motifs, mais que le Seigneur reconnait comme ses disciples.

Et il apparait dans l’Évangile que le disciple que le Seigneur aime est aussi celui qui est le plus intime avec lui. Il a recherché la vérité pour elle-même et il s’est rapproché du Seigneur, pas pour avoir reçu une doctrine de l’extérieur et sans recherche personnelle.

Quand nous recevons la foi nous devons toujours l’accompagner d’une recherche personnelle de vérité pour être aussi le disciple que le Seigneur aime.

Il y a vraiment de très nombreuses demeures dans la maison du Seigneur, de nombreux disciples avérés ou en germe, nombreux par le nombre et par la variété – chacun d’entre nous sur la terre est disciple du Seigneur en devenir.

Le Seigneur nous dit d’y aller avec confiance, il nous précède, ceux vers qui nous allons connaissent déjà le Seigneur et en même temps sont dans l’attente de le rencontrer et de le connaitre plus avant – il y a une véritable attente. Et de même en allant vers les autres nous le découvrirons plus avant nous aussi.

Quelle est la clef, la boussole pour tout cela ? quel est le chemin ?

Le Seigneur le dit à Philippe, le chemin vous le connaissez, ce n’est pas un chemin caché, réservé à la connaissance d’un petit nombre à qui on l’aurait révélé et caché aux autres.

Le chemin c’est l’humanité, c’est l’amour à l’humanité.

Se je vous dis qu’il y a de nombreuses demeures dans la maison du Seigneur, ce n’est pas seulement parce que je l’ai lu dans l’évangile, c’est surtout parce que l’amour à l’humanité que le Seigneur a déposé dans mon cœur ne me donne pas envie de dire que les chrétiens sont bons et que les autres sont mauvais, que les croyants sont bons et les athées mauvais.

L’amour à l’humanité, c’est la boussole, le chemin pour rencontrer la vérité qui est une personne et pour trouver la vie que cette personne nous donne en abondance.

Lui est avec nous depuis si longtemps, depuis le commencement de la création, depuis que l’être humain est créé à l’image de Dieu pour devenir sa ressemblance, il est notre accomplissement, et nous sommes son œuvre, l’œuvre commune au père et au fils.

Dès lors l’œuvre de Dieu et notre œuvre conjointe entre nous et avec lui c’est de faire de nous tous des fils et des filles de Dieu et de le porter les uns aux autres pour faire grandir sa connaissance et son royaume en nous et autour de nous.

Homélie du Père Justin, V Dimanche de Pâques, Jn 14,1-122026-05-05T11:27:33+02:00

Homélie du Père Justin, IV Dimanche de Pâques, Jn 10,1-10

Chers frères et sœurs, dans l’évangile que nous avons proclamé le Seigneur dit Je suis la porte des brebis.

Cette image de la porte évoque celle de la bergerie mais le terme d’enclos qu’il emploie est beaucoup plus large et peut aussi évoquer d’autres enceintes, comme la porte d’une ville ou bien celle d’un temple, ou même celle d’une terre, d’un pays.

Une terre a des frontières naturelles et des villes fortifiées qui sont comme ses portes elles aussi. Comme par exemple la ville de Jéricho qui est la ville frontière, la porte par où sont passés les Israélites pour entrer dans la terre promise.

La porte évoque un endroit clos et ouvert à la fois, comme une ville, avec son enceinte qui est protectrice, maternelle, et qui peut être une image de Dieu. Dieu comme une ville protectrice, génitrice, c’est une image biblique importante dans les Psaumes…

Par la porte nous dit le Seigneur on entre et on sort de l’enceinte, comme d’un ventre maternel. Le Seigneur dit que l’on entre et que l’on sort, c’est-à-dire que l’on est conçu et que l’on nait. On entre et on sort, on est conçu et on nait dans cette ville, de cette ville qui est une image maternelle de Dieu.

Et en même temps le Seigneur nous donne aussi une image paternelle de lui-même. Celle du bon pasteur qui appelle ses brebis une à une, les mène dehors, leur fait trouver un pâturage. Et il les fait entrer et sortir de nouveau. Avec le Seigneur nous pouvons toujours naitre de nouveau et trouver un nouveau pâturage pour nous épanouir.

Il est le bon pasteur, une image biblique du roi, qui conduit ses brebis dans la paix et la justice… Celles qui écoutent sa voix ce sont ses brebis, elles entrent et elles sortent avec lui.

Le voleur, lui, il escalade par l’extérieur pour voler, pour piller. Parce qu’il ne recherche pas la paix et la justice, le voleur est ce que le Seigneur appelle ici l’étranger. La frontière n’est pas géographique ou ethnique, c’est une frontière éthique, morale, spirituelle.

On entre et on sort, on participe aux œuvres de paix et de justice, d’unité. Il n’y a plus le grec et le juif nous dit saint Paul, il n’y a plus le peuple d’Israël et les païens, mais tous sont un dans le Christ.

C’est on ne peut plus clair et en même temps les pharisiens ne comprennent pas. L’Évangile nous le dit, ils ne comprennent pas. Ils devraient pourtant comprendre, ils sont familiers des images bibliques…

Alors Jésus se fait encore plus clair, il dit : Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; le bandit vient pour piller, égorger, détruire.

Le Seigneur désavoue solennellement la violence, toute la violence utilisée pour entrer sur la terre promise, et par la suite pour établir la loi et la mettre en pratique. Dans toutes les circonstances quelles qu’elles soient où la violence a été utilisée, il la désavoue.

Et pourtant cette violence a été attribuée à Dieu. Dans le livre de Josué on lit que c’est Dieu qui a commandé d’entrer sur la terre promise en saccageant la ville de Jéricho et en tuant tous ses habitants…

Mais Jésus est Dieu en personne et il désavoue cette violence. Dieu ne change pas, il n’était pas violent il y a mille ans et pacifique maintenant. Donc cette justification de la violence est fausse et Dieu ne l’a jamais commandée.

Alors l’histoire sainte est fausse ? Oui elle est fausse en tout cas à chaque fois qu’elle veut justifier la violence avec Dieu. Nous n’avons une pleine connaissance de Dieu qu’en Jésus Christ et c’est à la lumière de l’Évangile que nous lisons l’Ancien Testament. Et à cette lumière nous refusons en toute légitimité ce qui est contraire à l’enseignement de Jésus.

Cependant les auteurs bibliques ne font pas que nous raconter l’histoire officielle, ils nous racontent aussi l’histoire véritable.

Dans le livre de Josué ils nous racontent la véritable histoire de l’entrée du peuple d’Israël sur la terre promise. Et ils le font à travers la figure de Rahab qui est une femme de Jéricho et une arrière-grand-mère de Jésus.

Le récit nous montre Rahab comme la véritable porte de Jéricho, qui fait entrer et sortir qui elle veut. Et sa véritable enceinte aussi. Rahab accueille dans sa maison comme dans le sein d’une mère à la fois les explorateurs israélites et sa propre famille cananéenne. Ils sont comme des jumeaux dans son sein.

Et comme tous les jumeaux il y en a un qui est là avant l’autre et il y aura des heurts entre eux. Mais il y aura aussi des pactes qui seront conclus entre les deux, et finalement des relations intrinsèquement familiales. C’est ce que le récit nous raconte en images et expose à qui veut et peut le comprendre.

C’est la véritable histoire, que l’auteur biblique nous raconte secrètement et qui contredit l’histoire officielle qui au contraire parle d’une conquête dominatrice et brutale commandée par Dieu.

Les peuples en réalité ont cohabité. Et les historiens aussi de nous jours le confirment, à partir des fouilles archéologiques : il y a eu une entrée progressive du peuple d’Israël sur la terre et une cohabitation des peuples…

Chers frères et sœurs, nous devons toujours mettre en question une histoire qui justifie la violence, quel que soit l’endroit où elle est inscrite, dans la Bible ou ailleurs. Le Seigneur nous appelle et nous guide, il nous renouvelle, il nous conduit à la vérité tout entière.

Il guide les auteurs bibliques, il guide les historiens, et les uns comme les autres comme lui sont menacés d’impiété par les violents.

Dans cette vérité nous construisons notre vie commune, nous participons à l’œuvre de justice et de paix de notre Seigneur, et son royaume peut commencer à croitre sur cette terre.

Homélie du Père Justin, IV Dimanche de Pâques, Jn 10,1-102026-04-26T18:50:01+02:00

Homélie du Père Justin, Solennité du Christ roi de l’univers, Année C, Lc 23,35-43

Chers frères et sœurs, l’Évangile nous dit que le peuple était là à regarder, le peuple qui une heure ou deux auparavant criait Crucifie-le, maintenant a commencé à se repentir et ne crie plus.

Il observe. Il ne s’agit pas de voyeurisme, mais d’apprentissage, le peuple recueille l’enseignement que le Seigneur lui donne, comme il l’a toujours fait, ou plutôt l’enseignement que cette scène lui donne dans son ensemble.

Tous sont tournés vers le Seigneur et tous parlent du salut, les uns en raillant les autres non, mais tous parlent du salut. Là nous voyons que notre Seigneur est vraiment le roi de l’univers, le roi par excellence, tous regardent vers lui et attendent de lui le salut.

Traditionnellement, on attend d’un roi qu’il nous apporte la justice et la paix : de Jésus on n’attend rien de moins que le salut. Et le Seigneur dit au bon larron Aujourd’hui tu seras avec moi au paradis…

Au temps où Jésus enseigne et où l’Évangile a été composé, dans l’Antiquité, on pense que les morts séjournent sous terre. Et beaucoup de peuples antiques, notamment les Grecs – et l’Évangile de Luc est adressé plus particulièrement à des personnes de culture grecque – pensent que dans un endroit reculé du séjour des morts se trouvent aussi le séjour des bienheureux.

Nous, nous nous représentons le paradis au ciel, ce qui est juste théologiquement, puisque le paradis cela signifie être avec Dieu. Mais au temps de l’Évangile la théologie chrétienne n’est pas encore développée et le peuple qui reçoit cette annonce pense à un paradis qui se trouve sous terre…

La question qui se pose pour les peuples de l’Antiquité c’est : comment traverser le royaume des morts pour rejoindre le séjour des bienheureux ? Et la réponse leur était donnée par des mystères, les plus connus sont les mystères d’Éleusis, c’est-à-dire à travers une initiation assez compliquée.

D’abord il faut rappeler que c’était inimaginable qu’un criminel entre dans le séjour des bienheureux, mais dans tous les cas il fallait une initiation pour y entrer.

Pour être initié il fallait voir différents tableaux comme au théâtre à travers lesquels on découvrait comment traverser le séjour des morts, comment éviter les pièges, il y avait des monstres surnaturels auxquels on échappait grâce à des formules secrètes, on y apprenait qu’il y avait des divinités dont il fallait connaitre les noms secrets pour pouvoir passer etc…

Donc c’était surtout très compliqué et réservé à des initiés. Avec le Seigneur c’est entièrement différent, il ne s’agit pas d’initiation secrète, ni de parcours compliqué avec des pièges, de formules secrètes… C’est dans le dialogue du Seigneur avec le bon larron que le peuple en observant apprend comment entrer dans le Royaume de Dieu.

D’abord le bon larron dit à son compagnon Tu ne crains pas le Seigneur !

La première chose c’est craindre le Seigneur, reconnaitre que Dieu est l’unique, le Très-Haut, que lui seul a créé toute chose, qu’il est le seul saint, le seul à être vraiment juste, le seul bon, le seul à qui il faut toujours chercher à plaire.

Ensuite le bon larron dit à son compagnon Pour nous c’est juste si nous sommes punis… Donc il reconnait qu’il est pécheur, qu’il a fauté, c’est la deuxième chose.

Et puis il dit à Jésus Souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume… Il lui demande la grâce d’entrer dans son royaume, il la demande à Jésus comme un don gratuit, il ne considère pas qu’il mérite d’y entrer.

C’est seulement trois choses simples dans leur principe, ce sont trois choses seulement et en même temps elles n’en forment qu’une : c’est par l’humilité que nous entrons dans le paradis.

Reconnaitre Dieu, nous reconnaitre pécheurs, demander à Jésus la grâce d’entrer dans le royaume : avoir cette humilité. Cet Évangile est plein d’espérance, le royaume est accessible à tous, c’est même un criminel qui y entre le premier !

Et puis c’est un Évangile plein d’espérance aussi pour un autre motif.

Parce que le contexte des mystères pour connaitre le chemin qui mène au séjour des bienheureux est très important. Pensez-y, du moment que le contexte de l’Évangile est celui des mystères qui nous révèlent ce qui se passe après la mort et comment aller jusqu’au séjour des bienheureux, cela signifie que cet enseignement de l’Évangile vaut pour notre vie mais aussi et surtout pour notre mort.

Cela signifie qu’une fois que nous sommes morts, nous pouvons encore faire ce qui nous a été enseigné : reconnaitre Dieu, nous reconnaitre pécheurs et demander humblement à Jésus de nous donner la grâce d’entrer dans son Royaume. Le Seigneur nous donne et nous redonne la chance d’être accueilli dans son royaume !

Cette page de l’Évangile est pleine d’espérance, cependant elle contient aussi quelque chose d’inquiétant.

Tous ils regardent vers Jésus, tous parlent du salut, il n’y a rien qui les séparent du salut si ce n’est une seule chose qui est l’orgueil : l’orgueil suffit à boucher complètement le passage, à nous rendre entièrement sourds et aveugles à la Grâce.

Qu’est-ce que le larron malveillant a à perdre en acceptant le salut qui vient de Jésus ? et pourtant il est seulement occupé à l’insulter.

Mais c’est tout de même l’espoir qui l’emporte, les chefs après l’avoir raillé ont pu se convertir, comme les soldats. Nous savons par la tradition qu’un soldat s’est converti, celui qui a transpercé le côté de Jésus, un soldat du nom de Longius – nous trouvons sa statue dans la Basilique Saint-Pierre de Rome.

L’Évangile de Jean nous dit Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé, ils regarderont vers – littéralement cela signifie : Ils se convertiront. Nous gardons l’espoir que la grâce de la conversion soit accueillie par chacun, nous prions le Christ roi de l’univers pour cela.

Comme nous dans notre jeunesse nous avons pu nous moquer du Seigneur ou de ses disciples, et le Seigneur nous a donné la grâce de le connaitre personnellement et de nous reconnaitre pécheurs. Demandons cette grâce pour chacun, pour toute la famille humaine, pour notre monde qui est tellement en quête de salut…

Homélie du Père Justin, Solennité du Christ roi de l’univers, Année C, Lc 23,35-432025-11-23T19:41:40+01:00

Homélie du Père Justin, XXVIII Dimanche du TO, Année C, Lc 17,11-19

Chers frères et sœurs, l’Évangile que nous avons proclamé est assez révélateur, il est un peu comme un test. Dans le sens où nous avons une tendance en nous qui n’est pas très consciente et que cet Evangile révèle.

Il s’agit d’une tendance à voir Dieu comme quelqu’un qui est occupé à nous récompenser ou à nous punir, à nous faire des reproches, qui nous attend au tournant, un peu comme un père fouettard – en exagérant.

Et ce qui va avec cette première tendance, c’est notre tendance à penser que nous méritons les dons que nous recevons, que certains d’entre nous ont des mérites et d’autres pas ou que certains sont préférés par rapport à d’autres…

C’est le ressort de beaucoup de situations et de récits dans l’Ancien Testament, et cet Évangile nous prend un peu sur le fait de penser de cette manière.

Le Seigneur nous fait remarquer qu’un seulement sur les dix lépreux est revenu en glorifiant et louant Dieu et nous, nous nous prenons à penser que le Seigneur fait son éloge tandis qu’il ferait des reproches aux neuf autres…

En réalité le Samaritain n’est pas tenu d’obéir à la loi, tandis qu’elle oblige les neuf autres à aller se montrer aux prêtres et Jésus lui-même leur commande d’y aller.

Il est vrai qu’ils pourraient tous faire demi-tour, remercier Jésus et repartir – mais en fait il ne s’agit pas de cela…

Tout d’abord il faut rappeler que le Seigneur est le Fils éternel de Dieu, il est le Fils de toute éternité, de toute éternité il reçoit tout du Père et il le loue, le glorifie et le remercie. Et dans sa vie terrestre de même il a passé son temps à contempler et louer Dieu et son œuvre dans la Création et dans les évènements de chaque jour.

Vous vous souvenez des paroles de Jésus dans l’Évangile : Je te loue Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux intelligents et aux habiles et tu les as révélées aux tout-petits… C’est ce que fait le Seigneur continûment, il loue le Père – et c’est présentement ce qu’il fait maintenant et partage avec nous, la louange, l’émerveillement devant le don du Père.

Quand il nous dit qu’un seul est revenu louer et glorifier Dieu à la différence des neuf autres, il attire notre attention sur le fait qu’un seul sur les dix a reçu le don de la foi.

Il lui dit Ta foi t’a sauvé, c’est-à-dire Tu as reçu le don de la foi qui seul peut sauver, réaliser pleinement votre nature, réaliser ce pour quoi vous êtes faits et que seul Dieu peut vous donner.

Le don de la foi c’est le don d’une relation personnelle avec Dieu, d’une relation de personne à personne qui existe normalement seulement dans la Trinité, entre le Père et le Fils éternels.

Et cette relation il nous est donné à nous de l’avoir, c’est le don de la foi, d’une relation où comme Jésus nous sommes appelés à glorifier et à louer Dieu avant toute chose.

C’est ce que Jésus souligne dans cet Évangile, il nous dit Regardez le don de Dieu, sur les dix un seul a reçu ce don, c’est un don extraordinaire qu’il ne faut pas banaliser, et qui est reçu par cet homme qui se met à son tour à louer Dieu.

C’est tout, le Seigneur nous entraine à la louange à notre tour…

De même dans cette assemblée, si vous êtes venus aujourd’hui c’est parce que vous avez reçu le don de la foi, tandis que votre voisin de palier ou dans votre rue ne l’a pas reçu.

Il n’y a pas de mérite à cela, c’est un don gratuit, mais c’est un don qu’il faut recevoir et là il peut y avoir une différence. Le don il faut vraiment le recevoir, c’est notre rôle, c’est la part que nous avons à jouer.

Si le Seigneur nous bénit, est-ce que nous recevons pleinement cette bénédiction si nous ne bénissons pas à notre tour, est-ce que nous nous la recevons vraiment ? Si Dieu nous pardonne est-ce que nous recevons vraiment son pardon si nous ne pardonnons pas nous-mêmes ?

Il faut vraiment recevoir les dons de Dieux, il n’est pas suffisant qu’il nous les donne.

Si le Seigneur nous donne la foi, le don d’une relation filiale, personnelle avec lui, est-ce que nous le recevons vraiment, à tous les effets, si nous pensons que le Seigneur récompense nos mérites et blâme ceux qui n’ont pas reçu le même don ?

Si nous voulons vraiment recevoir le don de Dieu, alors le Seigneur nous enseigne à nous émerveiller, à louer Dieu à notre tour, à le glorifier et à le remercier.

Glorifions Dieu, remercions-le pour le don qu’il nous a fait, sans nous en attribuer le mérite ni le retirer à qui que ce soit, ainsi nous rendrons témoignage de qui il est véritablement et de ce qu’est vraiment la relation avec Lui.

Homélie du Père Justin, XXVIII Dimanche du TO, Année C, Lc 17,11-192025-10-12T22:06:30+02:00

Homélie du Père Justin, XXV dimanche du TO, année C, Lc 16,1-13

Chers frères et sœurs, dans l’Évangile que nous avons proclamé le Seigneur nous enseigne le sens et la valeur des richesses.

Les richesses servent avant tout à nous mettre en relation les uns avec les autres. Et surtout elles servent dans ces relations à nous apercevoir que nous sommes égaux, que nous sommes semblables.

Nous nous apercevons de la façon la plus concrète, la plus incontournable, que nous sommes les mêmes. Nous avons les mêmes nécessités, les mêmes désirs dans une très large mesure, et aussi de ce fait les mêmes peurs, les mêmes inquiétudes.

Quand cet économe s’aperçoit qu’il va perdre sa gérance et qu’il va se retrouver sans ressources il a peur. Il a peur de la même peur que nous avons tous, nous retrouver à faire un travail qui soit au-delà de nos forces, ou bien nous retrouver à devoir mendier pour survivre.

Et en même temps qu’il s’aperçoit de sa propre détresse, il s’aperçoit aussi que les débiteurs de son maître sont dans la même détresse que lui. Eux aussi ils sont menacés de ruine, s’ils ne peuvent pas payer leurs dettes on va leur prélever leurs biens les plus essentiels, leur maison ou leur champ. Il s’aperçoit de sa communauté de nature et de sort avec eux.

Les richesses sont là pour cela, pour nous mettre en relation les uns avec les autres, nous découvrir semblables, nous rapprocher.

Même le patron de cet homme qui jusque-là le voyait comme un serviteur, une personne distante de lui, très différente, à présent s’aperçoit lui aussi qu’ils sont pareils. Dans l’Antiquité il y avait peu de protection légale pour les biens donc on se protégeait avec un réseau de clientèle c’est-à-dire des sortes d’obligés avec qui on échangeait des faveurs et qui nous protégeaient. C’est ce que l’économe fait aussi à présent, il échange des faveurs contre des faveurs pour assurer sa position et son avenir – alors le patron se reconnait en lui.

Ce n’est pas la question de savoir si c’est bien moralement, mais ce que dit la parabole c’est que les richesses nous permettent d’entrer en relation et nous reconnaitre semblables les uns aux autres…

Chers frères et sœurs dans cet Évangile le Seigneur nous enseigne à ne pas mépriser les richesses de ce monde. Les richesses sont bonnes profondément et ont une influence positive sur nous. Ce ne sont pas les richesses qui sont mauvaises en elles-mêmes mais comment nous les regardons et ce que nous en faisons.

Les richesses sont bonnes en elles-mêmes et elles sont même une préfiguration des biens du monde futur. D’une façon mystérieuse mais réelle les biens de ce monde préfigurent les biens du monde à venir. Je ne sais pas vous dire quels sont les biens du monde futur, mais je sais dans l’Évangile et dans le Seigneur que le Seigneur ne détruit rien, il ne détruit pas le monde présent pour construire le monde futur. Il recrée, il transforme et transfigure, mais ne détruit rien.

Les biens de ce monde préfigurent le monde futur à plus forte raison si nous les partageons. Quand nous partageons les biens de ce monde nous réalisons une ébauche du royaume de notre Seigneur.

Le Seigneur insiste pour nous enseigner à ne pas mépriser les biens de ce monde – c’est la conclusion de son enseignement. Ce n’est pas normal du tout de haïr les richesses de ce monde, c’est le signe d’un désordre très grave. Il dit que ceux qui ont deux maitres, Dieu et l’argent, aiment l’un et haïssent l’autre – c’est très surprenant, on s’attendrait à ce qu’il dise qu’ils aiment les deux et sont divisés… Non il dit quelque chose de plus fort et de plus profond, ils ont deux maitres, antagonistes, donc il y a une si forte contradiction en eux qu’ils vont résoudre le problème en aimant l’un et en haïssant l’autre.

Par exemple un religieux – je prends l’exemple d’un religieux parce que c’est plus frappant – il se promène pieds nus, il refuse de se chauffer l’hiver, il ne prend pas de médicaments quand il est malade – il aime Dieu et il déteste les richesses… Et puis vous le retrouvez 10 ans après en possession de plusieurs comptes en banque cachés à droite à gauche. Est-ce que quelque chose a changé dans sa vie, dans son cœur ? pas véritablement, il a toujours été profondément divisé et désordonné dans ses affections.

Vous connaissez peut-être la parole de saint François quand il dit Mon Dieu et mon tout, il appelle Dieu son tout, tout ce qu’il possède.

Cela ne signifie pas que saint François dit à Dieu Tu me suffis et je méprise tout le reste – parce qu’alors saint François serait devenu un être asocial et violent. Cela signifie au contraire qu’il aime tout en Dieu, qu’il reconnait le don de Dieu dans chaque bien, dans chaque richesse, qu’il aime Dieu bien entendu au-delà de tout, tout comme aussi il aime chaque chose sans exception en Dieu.

Le Seigneur aime le monde et l’embrasse – il suffit de regarder sa croix – il l’embrasse pour le sauver. Il nous enseigne nous aussi à aimer le monde, à l’embrasser, à lui porter l’amour qui vient de Dieu, la justice, la paix, la miséricorde dont il a tant besoin pour exister et se réaliser.

Homélie du Père Justin, XXV dimanche du TO, année C, Lc 16,1-132025-09-21T17:15:53+02:00

Homélie du Père Justin, XXIII dimanche du TO, Année C, Lc 14,25-33

Chers frères et sœurs, comme il est difficile pour notre Seigneur d’annoncer son Royaume – je ne dis pas pour nous les prêtres ou pour vous, ça n’est pas de cela que je parle. Mais vraiment comme c’est difficile pour notre Seigneur lui-même d’annoncer son Royaume au milieu de nous. C’est un Royaume qui commence à croître dans ce monde-ci et qui sera parfait et accompli seulement dans le monde futur.

L’Évangile que nous avons proclamé aujourd’hui est la suite de l’Évangile de dimanche dernier, ou à peu près parce qu’il y a une parabole que nous n’avons pas proclamée. Entre l’Évangile de dimanche dernier et ce dimanche aujourd’hui il y a une parabole que nous n’avons pas entendue, qui a été « coupée ».

C’est une parabole un peut difficile, déroutante, où un roi force les gens de toute condition à venir et remplir la salle de noces, avec même une certaine violence…

Vous en souvenez la semaine dernière le Seigneur était invité parmi des notables et il observait qu’ils recherchaient les meilleures places. Le Seigneur leur dit à chacun Ne te préoccupe pas des honneurs qui te sont rendus, laisse les autres y penser pour toi – déjà que ça n’a pas beaucoup de sens que de s’honorer soi-même mais surtout les autres y penseront mieux que toi à t’honorer.

Et puis il ajoute Quand tu invites chez toi à dîner, invite des pauvres, des infirmes, des malheureux, parce qu’ils ne pourront pas te le rendre, et c’est ton Père qui est au Ciel que te le rendra. Toi et tes calculs tout ça laisse-le de côté et laisse-Lui le soin de te récompenser.

Et là-dessus il y a un convive qui lui dit, littéralement Bienheureux quiconque entrera dans le Royaume de Dieu…

Cette réflexion ne plait pas du tout à Jésus et l’inquiète, elle lui fait découvrir comme un pan de l’avenir. Ce ne sont pas des anonymes qui entrent dans le Royaume de Dieu, mais à chaque fois une personne, connue du Seigneur, aimée infiniment. On entre dans le Royaume de Dieu par une relation d’amitié avec le Seigneur et même d’amour – on n’est jamais un anonyme, un « quiconque » un « qui que ce soit ».

Certes dans son Royaume nous serons des milliards, des milliards de milliards, nous avons même le droit de l’espérer et nous devons l’espérer, tous peut-être nous nous retrouverons dans le Royaume de Dieu et l’Enfer sera vide – mais dans tous les cas c’est une personne à chaque fois connue par le Seigneur par son nom qui entre dans Son Royaume.

Quand le Seigneur nous dit Faites entrer les pauvres, les malades, certains comprennent que ce sont des anonymes, parce qu’ils voient les pauvres comme des personnes sans nom, sans titres, sans identité.

Le Seigneur donne cette parabole pour dire Le Royaume de Dieu se développe en ce monde, et dans son principe il est beau et saint, mais en même temps il s’accompagne de dérives, il se développe avec nos défauts, nos faiblesses, nos erreurs d’interprétation, parfois notre violence – comme ce roi qui croit bien faire en forçant les invités à pénétrer dans la salle des noces parce qu’il ne voit en eux que des anonymes.

Combien de personnes dans l’histoire l’Église ont commis, ou commettent cette erreur, cherchent à faire du remplissage, à faire du chiffre, à sauver des masses, ou soi-disant à les sauver ?

Ces derniers jours nous avons fêté la mémoire liturgique de Mère Teresa de Calcutta. Elle a été canonisée il y a peu d’années. Vous connaissez tous sa vie. Elle est allée en Inde et est venue en aide à des personnes, notamment à des agonisants, qui étaient abandonnés de tous, des particuliers comme des autorités.

Elle leur a donné un toit, elle les a lavés, elle les a nourris, elle leur a donné les soins médicaux élémentaires… Elle a fait véritablement une grande oeuvre et une oeuvre de charité. Mais il semble bien, je dis bien il semble et je ne le dis pas pour la critiquer durement, mais il semble qu’elle ne se soit pas intéressée à la personne elle-même, à connaitre son nom, à parler avec elle pour savoir ce qu’elle aime, ce qu’elle pense, ce qu’elle désire, quelle est son histoire…

Le Royaume de Dieu commence à croître véritablement dans ce monde et en même temps il s’accompagne de nos faiblesses, de nos limites.

A chaque fois que vous voyez de la violence dans une parabole de Jésus vous pouvez vous demander s’il n’est pas en train d’annoncer son Royaume tout en avertissant qu’il y aura des dérives qui vont l’accompagner. Son Royaume commence à grandir dans ce monde avec tout ce que cela implique. Alors vous voyez ce n’est pas simple pour notre Seigneur d’annoncer son Royaume…

Et finalement nous arrivons à l’Évangile d’aujourd’hui – à mon avis ce long préambule était nécessaire. Et là vous voyez ce qui se passe dans l’Évangile d’aujourd’hui, le Seigneur se tourne vers les foules, vers chacun d’entre nous et il met les points sur les i.

Le Seigneur s’exprime avant et après avec des paraboles, et il continuera à le faire – mais là il s’arrête de parler en parabole et nous parle d’une façon directe. Et il nous dit en face Celui qui ne me préfère pas à son père, à sa mère, à sa femme, à ses enfants, à ses frères et sœurs ne peut pas être mon disciple.

Le Seigneur nous dit que pour être son disciple il faut le préférer à tout ce que nous aimons, le préférer à la prunelle de nos yeux, le préférer à nos enfants. C’est-à-dire que par exemple il y aura des persécutions, on menacera votre famille, et à ce moment-là est-ce que vous renierez le Seigneur ? le Seigneur dit Non, si vous êtes mes disciples, quelle que soit la persécution, quelle que soit la menace vous ne me renierez pas.

Mais pas seulement cela, il y a des personnes qui mettent l’Église au service de leurs intérêts personnels, et certes ce n’est pas la même chose qu’aimer par exemple nos enfants plus que le Seigneur et instrumentaliser l’Église pour qu’elle serve nos intérêts – mais où est la frontière, quand est-ce qu’on passe de l’un à l’autre ?

Donc le Seigneur nous dit Voilà mon Royaume commence à grandir parmi vous et il s’accompagne de dérives parfois, parce que vous êtes faibles, mais ce Royaume pour le faire croître il faut le purifier de ses dérives et toutes elles commencent parce qu’on préfère notre propre vie au Seigneur.

Et puis il nous demande de porter notre Croix chaque jour. La Croix c’est la honte, on peut mourir physiquement mais on peut aussi s’en prendre à notre vie sociale, nous faire mourir socialement – c’est cela la Croix principalement, la mort sociale. En tant que disciples nous serons calomniés, nous subirons l’injustice, nos gestes et nos paroles serons déformés – il faudra que nous ayons le cœur bien accroché pour demeurer fidèles au Christ !

Chers frères et sœurs, si nous suivons le Seigneur c’est parce que nous avons compris, parce que nous savons que nous sommes infiniment précieux à ses yeux, et que tous les sacrifices que nous accomplissons nous les déposons dans les mains du Seigneur où les choses et les êtres que nous aimons le plus sont infiniment mieux protégés que tout ce que nous pourrions faire par nous-mêmes. Tour ce que nous aimons il nous le rendra au centuple, déjà sur cette Terre et dans la Vie future définitivement.

Confions-nous au Seigneur et suivons-le en lui donnant généreusement toute notre vie – alors nous serons les annonciateurs de son Royaume.

Le Seigneur avec ses paroles nous donne la liberté intérieure. Nous pourrions dire Mais l’humilité est le plus important, c’est plus que la liberté… Mais justement le Pape Léon dans l’angélus de dimanche dernier nous l’a enseigné : l’humilité c’est la liberté envers soi-même, savoir se priver d’un bien personnel en regardant plus loin vers le Seigneur et la voie où il nous a précédé et nous attend, c’est cela la liberté.

Je vous invite à lire et à méditer, en plus de l’Évangile les catéchèses et les interventions du Saint Père qui sont très profondes et très belles, dans les Audiences générales et dans les angélus notamment – pour bien commencer et continuer cette nouvelle année pastorale !

Homélie du Père Justin, XXIII dimanche du TO, Année C, Lc 14,25-332025-09-07T18:20:46+02:00

Homélie du Père Justin, XX dimanche du TO, Année C, Lc 12,49-53

Chers frères et sœurs, cet enseignement du Seigneur dans l’Évangile que nous avons proclamé correspond à la conclusion d’un enseignement qui regarde ceux qui ont des responsabilités dans l’Église – mais qui n’est pas responsable dans l’Église ? responsable dans l’église domestique, dans la paroisse, dans le diocèse ?…

Quelques versets auparavant, Pierre demande au Seigneur Ce que tu dis, tu le dis pour nous ou pour tous ? le Seigneur lui répond en comparant les disciples en général à des serviteurs qui attendent leur patron, et ceux qui ont des responsabilités il les compare à des intendants qui ont sous leurs ordres les serviteurs. Et il dit Si l’intendant voit que son patron tarde à venir, alors il se met à frapper les serviteurs, dès lors quand son patron rentrera il recevra de nombreux coups.

Donc le Seigneur dit clairement que cela n’est pas bien que l’intendant se mette à frapper les serviteurs… Et c’est là juste après ces paroles que le Seigneur dit ce que nous avons à peine entendu Je suis venu jeter un feu sur la terre…

Voyez comme ces paroles sont fortes et importantes, le feu c’est l’Esprit Saint, c’est la grâce, c’est la vie divine. Tandis que nous, nous sommes bien entendu faits de terre, de poussière, nous sommes des créatures. Et le feu est jeté sur la terre, la vie divine est jetée dans notre vie.

Il faut bien comprendre ce que dit le Seigneur, il est en train de dire que du moment que le feu est jeté sur la terre c’est inévitable qu’il y ait des problèmes, comme il le dit ensuite, des divisions, des contrastes, des luttes.

Par exemple ce qui va se passer c’est que certains intendants, certains responsables dans l’Église, vont se croire tout-puissants, ils vont perdre la notion des réalités et des autres surtout – et ils vont les frapper. Le feu jeté sur la terre ça a comme effet chez certains de ne se reconnaitre aucune limite…

Le Seigneur n’est pas du tout en train de dire C’est très bien, vous pouvez être violents les uns envers les autres, les intendants peuvent user de violence sur les serviteurs, puisque de toute façon c’est obligé, le feu jeté sur la terre cela va provoquer presque forcément des luttes, des problèmes de toute sorte…

Non il est en train de dire Vous qui avez des responsabilités – vous à plus forte raison – vous devez savoir que vous êtes de la terre, que vous êtes faibles, que vous êtes limités, que vous êtes fragiles, que vous n’êtes pas tout-puissants. Si vous le savez, alors vous vous ferez aider. Quand vous aurez une décision importante à prendre, vous consulterez les autres réellement, d’une façon élargie, alors vous saurez comment vivre ce feu dans votre vie et ce feu va pouvoir vous éclairer et vous transformer en lui-même.

Mais si vous vous cachez à vous-mêmes votre faiblesse native, ça ne va pas fonctionner, vous tomberez, vous détruirez et vous serez détruits. Saint Paul dit la même chose, il dit que nous recevons la vie de la grâce dans des vases fragiles, dans les vases d’argile que nous sommes.

Toutes les paroles de Jésus sont très fortes…

Il continue en disant qu’il doit recevoir un baptême – pour ses contemporains c’est très clair, il s’agit d’être immergé dans de l’eau, c’est le premier sens de la parole. Lui qui est du côté du feu qu’il nous envoie, il va être immergé dans l’eau, donc son baptême c’est une mort bien sûr, mais pas n’importe quelle mort, c’est sa divinité qui meurt, sa vie divine va mourir – c’est presque fou. Et c’est en effet ce qui va se passer. Durant sa Passion sa divinité va être cachée, il va prendre sur lui tous nos péchés et il ne sera plus en présence de Dieu – c’est le grand mystère de la Passion de notre Seigneur.

Par ses paroles nous voyons que notre Seigneur est divisé, il ressent la joie et la tristesse à la fois, la hâte et l’angoisse, il est Dieu et il renonce aux privilèges de sa divinité – il est bel et bien divisé. C’est très surprenant.

Mais notre Seigneur est divisé pour nous apporter une paix profonde, une véritable sérénité que personne d’autre ne peut nous apporter. Il ne nous apporte pas la paix que le monde nous propose, la paix du pacificateur, la paix du plus fort, avec un vainqueur et un vaincu comme nous le voyons dans le monde notamment en ce moment. Non le Seigneur nous apporte une autre paix, que seul lui peut nous donner, une paix bien plus profonde.

Il est divisé pour être proche de chacun d’entre nous sans exception. Il est proche de celui qui se sanctifie et qui se laisse transformer par l’Esprit Saint. Mais il est proche aussi du pécheur endurci qui ne se soucie pas de se sanctifier – il a connu la Passion et la Résurrection pour cela, pour être avec chacun d’entre nous.

C’est ce que nous expérimentons lorsque nous sommes persécutés, quand nous sommes victime d’injustice, de calomnie. Nous sentons que le Seigneur est avec nous et nous sentons qu’il est aussi avec celui qui nous persécute – il est avec l’un et avec l’autre. Le Seigneur ne nous donne pas à vivre une guerre sainte avec Lui de notre côté contre l’oppresseur, il est des deux côtés à la fois. Dans un premier temps c’est difficile à accepter, mais quand nous l’acceptons alors nous sommes vraiment avec lui et là nous recevons une paix et une sérénité incomparables.

Chers frères et sœurs, le Seigneur nous demande de méditer cet enseignement qui est très riche pour vivre authentiquement la vie qu’il nous donne de vivre, une vie faite de terre et de feu. Si nous la vivons avec lui, dans l’humilité et la solidarité, alors vraiment l’Esprit Saint pourra nous transformer comme le feu qui transforme en lui-même tout ce qu’il touche, sans nous détruire et sans détruire autrui.

Homélie du Père Justin, XX dimanche du TO, Année C, Lc 12,49-532025-08-17T12:17:55+02:00

Homélie du père Justin, Dimanche du Bon Pasteur, IV Dimanche de Pâques, Jn 10,27-30

Chers frères et sœurs,

Le Seigneur nous dit que nous sommes dans sa main, dans la main du Fils et dans la main du Père. C’est important de le savoir et de nous le rappeler quand nous sommes dans l’adversité, dans l’épreuve : Je suis dans la main de Dieu, il ne peut rien m’arriver…

Quand dans l’Évangile nous entendons parler du Père et du Fils, le Père désigne plutôt le Créateur et le Fils le Sauveur, le Rédempteur. C’est un peu schématique mais l’Évangile de Jean surtout nous parle souvent du Père et du Fils, avec des propos énigmatiques, et savoir cela peut aider notre lecture, notre méditation.

Nous sommes dans la main du Père parce qu’il nous a fait pour Lui depuis l’origine, nous sommes créés pour la communion avec Lui et pour la communion avec chaque personne et avec toute la Création. Il y a dans notre cœur un désir qui nous définit, celui de la communion, et personne ne peut nous arracher ce désir – personne ne peut nous arracher de sa main.

Ce désir est présent en nous tous mais souvent il est éloigné de nous parce que nous nous décourageons, ou bien nous n’avons pas autour de nous  suffisamment d’exemples pour le ranimer et pour le maintenir vivace. Nous désirons la communion, c’est-à-die que nous désirons que chacun connaisse la beauté, la bonté, la vérité de notre Seigneur et de sa Création, la justice, la paix, la joie. Notre nouveau Pape le Pape Léon XIV a placé son Pontificat sous le signe de la paix, de la justice et de la paix, c’est un appel à la communion.

Et puis le Fils, le Rédempteur, c’est lui qui réalise le premier cette communion avec Dieu et entre nous, puisqu’il a eu part à toutes nos joies et à toutes nos souffrances. Lui réalise parfaitement cette communion en nous, de l’intérieur de notre nature et en union mystérieusement avec chacun de nous. Il est vrai que cette œuvre attend notre propre réponse pour être complétée, mais en même temps elle est d’ores et déjà pleinement réalisée en Lui, dans le Fils.

Il a réalisé l’union parfaite entre nous et Dieu, et personne ne peut arracher cette œuvre de sa main, personne en réalité ne peut la détruire. Personne ne peut détruire l’œuvre du Père parce qu’il est Dieu, personne ne peut détruire l’œuvre du Fils parce qu’il est Dieu lui-même tout autant que le Père. Et leur œuvre commune c’est de faire de nous des fils et des filles…

Tous ceux qui l’écoutent sont ses brebis. Nous l’écoutons et sa Parole parle à notre désir, au désir le plus profond et le plus vrai que nous ayons en nous. Devenir fils et fils de Dieu c’est le sens de notre vie, et personne ne peut donner un autre sens à notre vie, en réalité. La Parole du Seigneur rejoint une intuition qui est déjà dans notre cœur mais que nous ne pourrions pas formuler sans lui. Ses brebis écoutent sa voix et elles écoutent aussi la voix qui est dans leur cœur et qui les appellent à la communion, elles le reconnaissent et elles se reconnaissent elles-mêmes.

Dans le verset qui précède l’Évangile que nous avons proclamé, le Seigneur dit que ses interlocuteurs ne le croient pas parce qu’ils ne sont pas ses brebis. Ce sont des paroles terribles. Le Seigneur ne dit pas que des personnes ignorantes ne sont pas ses brebis, non il dit que des personnes qui ont la révélation comme ses interlocuteurs, et qui voient les œuvres du Père et du Fils et ne recherchent pas la communion ne sont pas ses brebis parce qu’elles ne le reconnaissent pas ni ne se reconnaissent elles-mêmes.

Il faut bien voir que nous sommes tous des brebis dispersées, qui vivent ou vivaient dans le péché. Nous étions tombées dans le ravin et il est venu nous chercher. Et si nous sommes ici aujourd’hui c’est parce que nous l’avons accueilli dans notre vie. Il vient nous chercher là où nous sommes, dans le péché, il prend sur lui notre péché pour être avec nous là où nous sommes réellement et pas ailleurs. Mais nous pouvons aussi le refuser.

Il est important pour nous qui nous sommes éloignés du Seigneur et avons été ramenés auprès de lui, que nous témoignions de cette communion. Cette communion est possible, certes elle sera parfaite seulement dans le monde futur – mais elle a commencé avec Lui dans ce monde et elle doit continuer à grandir en ce monde et nous devons la témoigner. C’est le sens de la doctrine sociale de l’Église.

Nous ne sommes pas des brebis dans le sens que nous n’avons pas de volonté propre. Nous ne devons pas concevoir le troupeau comme un ensemble d’êtres sans volonté. Nous n’avons qu’à nous mettre à mener des troupeaux à droite à gauche et nous verrons que les animaux ont beaucoup de volonté propre, et bien entendu nous en avons plus encore. Non, quand il nous prend dans sa main il s’agit de nous rendre notre liberté, notre dignité, pour devenir des fils et des filles de Dieu.

Lui il est le Bon Pasteur, mais il est un pasteur d’un genre particulier. Dans l’Évangile de Jean il dit qu’il engage sa vie pour ses brebis et qu’il la recueille de nouveau. C’est-à-dire qu’il nous fait devenir des pasteurs nous aussi – c’est en cela aussi qu’il est le Bon Pasteur et qu’il donne sa vie pour ses brebis.

Ce n’est pas seulement notre nouveau Pape qui est pasteur, ni seulement tous les évêques et tous les prêtres, mais c’est chacun de ses disciples qui est appelé à devenir pasteur.  Il le dit dans l’évangile de Matthieu : Si un de vous a cent brebis et qu’une s’égare est-ce qu’il ne laisse pas les 99 autres pour aller chercher celle qui est perdue ? – il nous parle comme à des pasteurs, à des pasteurs en herbe.

Et puis il dit aussitôt, toujours dans l’Évangile de Matthieu : Si ton frère a un tort envers la communauté va le voir toi seul et s’il t’écoute tu as gagné ton frère ; et s’il ne t’écoute va le voir avec un autre et celui-ci lui parlera ; s’il ne l’écoute pas lui non plus alors que toute la communauté lui parle… Le Seigneur nous parle bien comme a des pasteurs. Il engage sa vie en nous, il nous fait devenir entièrement comme Lui. Le Seigneur fait toujours ainsi, il nous donne tout de Lui-même, sans réserve…

Nous sommes toujours des brebis parce que nous sommes dans sa main et sans lui nous ne pouvons rien, mais il nous fait devenir aussi des pasteurs – nous devenons des pasteurs selon son cœur en l’ayant au milieu de nous, comme sauveur, comme guide et comme modèle. Chacun selon notre charisme, notre appel, nous pouvons être formés par Lui et agir en Lui. Lui est au milieu de nous, et si nous nous laissons guider par Lui il nous transmet sa mission en totalité.

Homélie du père Justin, Dimanche du Bon Pasteur, IV Dimanche de Pâques, Jn 10,27-302025-05-15T09:33:07+02:00

Homélie du Père Justin, Dimanche de la Miséricorde, Octave de Pâques, Jn 20,19-31

Chers frères et sœurs, nous fêtons toujours aujourd’hui la Résurrection de notre Seigneur, dans cette octave de Pâques, mais aussi sa Miséricorde.

C’est à la lumière de la Résurrection que les premiers disciples ont revu l’œuvre du Seigneur et particulièrement sa Passion et l’ont comprise comme œuvre de Miséricorde.

Et quand nous revoyons son œuvre, nous revoyons notre œuvre aussi dans la même lumière, nous nous reconnaissons pécheurs et nous faisons l’expérience de sa Miséricorde, l’expérience du Ressuscité.

Et à ce sujet il est important de reprendre un peu la traduction de l’Évangile de Jean que nous avons proclamé aujourd’hui.

En réalité le Seigneur parle au passé, il ne dit pas Heureux ceux qui croient sans avoir vu, mais Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu ; donc le Seigneur dit à Thomas Parce que tu vois tu crois, heureux ceux qui ont cru sans avoir vu.

Le Seigneur parle au passé, il parle des justes de l’Ancienne Alliance, des patriarches, Abraham en tête, il parle des prophètes, de tous les justes connus ou anonymes qui ont cru.

Ils ont cru dans l’avènement du Messie sans savoir quand ce jour viendrait, mais ils se sont réjouis et ont ordonné toute leur vie à ce Messie qu’ils attendaient.

Ils ont vécu dignement dans cette attente, selon leurs forces, et très solennellement le Seigneur les déclare Bienheureux, ils connaissent le salut bien qu’ils ne l’aient pas rencontré en personne de leur vivant.

Mais toi Thomas et avec toi tous les apôtres et nous tous, tous ses disciples, tu reçois et nous recevons une foi nouvelle où nous faisons l’expérience de Jésus-Christ mort et ressuscité parmi nous.

Et avec lui nous aussi nous renaissons, nous passons de la mort à la vie, de la mort du péché, du mal qui domine notre existence à la vie de la présence de Jésus parmi nous.

Tous les disciples font l’expérience de Jésus, du Ressuscité. Les apôtres l’ont vu, les femmes avant eux l’ont vu, saint Paul nous dit qu’il est apparu à 500 personnes à la fois. Mais aussi tout le peuple chrétien, dans la liturgie, dans sa Parole, dans l’Eucharistie, et de mille manières d’une façon particulière à chacun, tout le peule fait l’expérience de Jésus ressuscité.

Nous voyons et nous croyons, c’est les deux à la fois, c’est une foi et une vie nouvelles. Ce que nous croyons déborde ce que nous voyons, mais nous voyons, nous expérimentons la présence du Seigneur.

C’est très important de ne pas passer à côté de notre propre foi, de notre spiritualité propre de chrétiens.

Et tout autant il est important de ne pas occuper le terrain spirituel d’autres fois, d’autres spiritualités – la spiritualité de qui croit sans voir, sans connaitre le Seigneur personnellement.

Le Seigneur reconnait solennellement la valeur de la foi de l’Ancienne Alliance, de la foi juive : même en demeurant dans l’ignorance du Christ la foi sauve – du moment que l’ignorance du Christ est sans malignité.

C’est important de reconnaitre cette valeur et de voir que Jésus la reconnait. Dans l’évangile de Jean nous avons souvent l’impression que la vision de Juifs est très négative, pour leur hostilité à Jésus. Mais il y a en même temps de nombreux aspects du même évangile qui démontrent la haute estime que nous devons avoir de la foi juive. Par exemple l’évangile de Jean nous dit que le Christ a été immolé la veille de la Pâque juive. Donc si c’est la veille cela veut dire que le sacrifice du Christ ne remplace pas et n’élimine pas la Pâque des Juifs.

Mais cette reconnaissance solennelle de la part du Seigneur vaut pour toute forme de foi ou de spiritualité où un salut est attendu qui est tel que nous vivons en accord avec les préceptes et les enseignements fondamentaux du Seigneur. A tous, le Seigneur dit Bienheureux…

Dans notre foi chrétienne nous faisons l’expérience du Ressuscité dans notre vie de tous les jours, et c’est ce que les Évangiles nous disent durant tout ce temps de Pâques.

Les Évangiles ne nous montrent pas Jésus sortant du tombeau – même si bien entendu il en sorti – mais ils nous montrent ce qui se passe dans la vie de ses disciples.

Nous les voyons dans la peur, dans l’incompréhension, dans le désespoir, mais l’annonce de la Résurrection du Seigneur et leur rencontre avec lui les fait passer de la mort à la vie, ils ont part à sa Résurrection.

C’est cela la Résurrection du Seigneur, c’est le commencement de notre résurrection !

Le Seigneur nous dit La paix soit avec vous – il nous le dit trois fois dans cet Évangile.

Tour d’abord la paix soit avec vous dans le sens où tous vos péchés vous sont pardonnés et surtout dans le sens que le Seigneur n’a aucune espèce de rancœur envers nous parce que nous l’avons abandonné.

Ensuite la paix soit avec vous dans le sens où du moment que vous êtes en paix avec le Seigneur et avec vous-mêmes, alors vous allez apporter cette paix à toutes les personnes que vous rencontrerez.

Et puis la paix soit avec vous dans le sens où cette paix vient du Seigneur et peut seulement venir de lui, alors en la partageant vous ferez connaitre le Seigneur autour de vous, vous le ferez expérimenter et rencontrer comme vous-mêmes vous le rencontrez.

A ceux à qui vous pardonnerez il sera pardonné, à ceux à qui vous ne pardonnerez pas il ne sera pas pardonné.

Non pas dans le sens que certains seront condamnés – cela ne dépend pas de vous – mais dans le sens que vous allez pardonner progressivement, vous allez grandir dans la grâce, vous allez vous libérer du mal vous-mêmes progressivement et  vous arriverez à pardonner davantage.

Homélie du Père Justin, Dimanche de la Miséricorde, Octave de Pâques, Jn 20,19-312025-05-15T09:35:16+02:00
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