Le Carême n’est pas simplement un effort moral. C’est une marche vers la lumière. En ce 2e dimanche, la Parole de Dieu nous donne trois verbes simples mais décisifs : Quitter – Monter – Écouter.

1️ Quitter – Comme Abraham

Dans la première lecture (Gn 12,1-4a ), Dieu demande à Abraham de quitter son pays sans lui indiquer la destination. Il reçoit non pas un plan détaillé, mais une promesse. Quitter devient alors un acte de confiance.

Le Carême commence toujours par un arrachement :

  • quitter une habitude qui nous enferme,
  • une rancune persistante,
  • une sécurité qui nous empêche d’avancer,
  • ou une image de Dieu trop étroite.

Quitter, ce n’est pas perdre. C’est laisser Dieu élargir notre avenir.

2️ Monter – Comme les disciples

Dans l’Évangile de la Transfiguration (Mt 17,1-9), Jésus monte sur la montagne avec Pierre, Jacques et Jean. La montagne, dans la Bible, est le lieu de la rencontre avec Dieu.

Mais on ne monte pas sans effort. La Transfiguration n’est pas un spectacle : elle prépare à la Passion. Avant l’épreuve, Dieu donne une lumière.

Monter, c’est accepter l’effort spirituel :

  • prendre du temps pour prier,
  • venir à l’adoration,
  • rouvrir l’Évangile,
  • chercher la lumière avant la nuit.

3️ Écouter – Comme le demande le Père

Au cœur du récit, la voix du Père retentit :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé… Écoutez-le. »

Pas l’admirer de loin. Pas le commenter. Mais l’écouter.

Dans un monde saturé de voix et d’opinions, la question demeure : écoutons-nous vraiment le Christ ? Écouter, c’est laisser sa Parole orienter nos choix et transformer nos logiques.

Saint Paul nous rappelle que nous sommes appelés non pas à survivre, mais à rayonner (2 Tm 1,8b-10).

Une lumière pour traverser la nuit

La Transfiguration ne supprime pas la croix. Elle la prépare. Les disciples verront bientôt Jésus défiguré, mais ils garderont en eux la mémoire de sa gloire.

De même, dans nos épreuves — maladies, tensions familiales, fragilités de l’Église — nous avons besoin de ces « montagnes » spirituelles. Le Carême n’est pas un temps triste, mais un temps d’ajustement du regard.

 Un chemin concret pour la semaine

  • Quitter une habitude qui nous éloigne de Dieu.
  • Monter en prenant un vrai temps de prière supplémentaire.
  • Écouter l’Évangile chaque jour pendant 10 minutes.

Trois verbes. Un chemin.

Le monde n’a pas besoin de chrétiens installés.
Il a besoin de chrétiens transfigurés.

Quittons. Montons. Écoutons.
Et la lumière du Christ passera à travers nos vies ordinaires. ✨