Frères et Sœurs bonjour,

Aujourd’hui ce texte m’invite à vous parler d’un chemin de conversion, qui d’abord nous déroutera, puis nous fera connaître l’identité de Jésus et enfin nous conduira à nous réveiller.

Au début de ce texte, Jésus reçoit l’appel à l’aide de ses amies. Son ami Lazare se meurt. Que nous rapporte Jean, Jésus attend, il ne bouge pas, lui toujours si prompt à guérir les malades comme dimanche dernier l’aveugle né. Je suis dérouté par l’attitude de Jésus qui ne répond pas immédiatement à l’appel pour aller guérir son ami Lazare. Comme je suis dérouté quand je prie pour la guérison de ce papa et qui décède, comme je suis dérouté que tant d’enfants meurent de maladie, de faim ou de guerre dans le monde. Je suis dérouté comme Marthe et Marie qui reprochent toutes les deux à Jésus « si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! » Et pourtant, Jésus arrive quand même. Et pourtant Jésus écoute Marthe jusqu’au bout. Marthe nous donne le droit à nous aussi de crier cela au seigneur dans nos deuils. Oui tous nos chagrins tous nos scandales peuvent être criés, le seigneur est là et il entend. Alors pendant ce temps de Carême je peux demander pardon à Jésus pour mes impatiences, je peux demander pardon pour mes reproches à Dieu qui ne fait pas ce que je veux. Je peux me joindre à la prière du psalmiste « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel, que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! »

Deuxième étape dans ce chemin de conversion, la révélation sur l’identité de Jésus. C’est à travers les dialogues avec Marthe puis ensuite avec Marie, que Jésus va dévoiler sa véritable identité. Jésus dit à Marthe «  Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.»  Cette déclaration de Jésus retourne complètement le sens que nous pouvons donner à la vie et à la mort. Ou bien comme nous le dit Paul dans la seconde lecture «  Et si l’esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts, donnera aussi la vie à vos corps mortels par son esprit qui habite en vous. » La vie ne signifie plus d’abord la vie naturelle ou la vie après la mort. La vie c’est l’existence marquée par une authentique relation à Dieu. La mort ne désigne plus d’abord la cessation de l’existence naturelle, mais la rupture de la relation avec Dieu. Alors dans ce temps de Carême je peux vous inviter à vivre le sacrement de réconciliation pour renouer notre relation à Dieu abimée par nos péchés.

Avec Marie, changement de style, il n’y a plus de paroles de Jésus, il est avec Marie, il souffre avec Marie, il pleure avec Marie. Aussi incroyable que cela puisse être, il nous faut entendre que Dieu est présent auprès de nous dans ces moments de deuils. Jésus pleure avec nous la mort de nos êtres chers. Il partage notre désarroi. .Je prends le temps d’accueillir ce visage d’un Dieu de tendresse et de bonté. Je peux rendre grâce pour ce Dieu présent avec nous dans nos ténèbres qui nous conduit à la vie véritable.

 

 

Nous voilà maintenant au pied du tombeau, c’est le temps du réveil. Comme Ezékiel nous l’a dit dans la première lecture «  Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux ! » Oui Jésus-Christ est vraiment Seigneur et maître de la vie. Entendons alors Jésus nous appeler dans nos tombeaux, dans nos enfermements. Voyons que même dans les ténèbres les plus profondes, même au cœur de la mort, l’appel de Dieu résonne toujours pour plus de vie. Cet appel, ce réveil il est pour nous aujourd’hui, Dieu nous appelle à la vie, il nous appelle à renaître, comme il appelle tous ces catéchumènes à naître à la vie en Christ. Mais avant de réveiller Lazare, comme aux noces de Cana, comme pour la multiplication des pains, Jésus ne fait rien sans la coopération des hommes et des femmes de son temps. Il va demander à ce qu’on enlève la pierre, puis à ce qu’on délie Lazare. Entendons cette invitation de Dieu à coopérer avec lui pour ouvrir le passage à la vie, pour libérer nos frères et sœurs des liens qui les entravent et les gardent dans la nuit. Je vous invite à prier et à rendre grâce pour toutes les personnes qui accompagnent les catéchumènes de nos communautés. Nous pouvons également méditer sur les pierres, sur les entraves qui nous enferment dans nos tombeaux loin du Christ.

Nous voilà au bout du parcours, alors, malgré nos doutes, malgré parfois notre ressenti de l’absence de Dieu dans nos vies, lors de ce carême nous sommes invités à redire notre confiance en Jésus-Christ, lui le maître de la vie qui se fait proche de nous. Lors de ce carême, nous sommes invités à aller dehors, comme Lazare, et à faire craquer les liens et les bandelettes qui nous empêchent de vivre et de marcher vers Dieu et vers nos frères. Et alors nous pourrons entendre et annoncer au monde le vrai nom de Jésus, « Je suis la résurrection et la vie ! ».

Amen