Frères et sœurs,
Il y a quelques années, un journaliste demanda à une personne qui venait de retrouver la vue après une opération :— Quelle est la première chose que vous avez regardée ?
Elle répondit :— Le visage de ma mère… parce que toute ma vie je l’avais seulement imaginé.
Voir pour la première fois…Voir vraiment…Voir avec le cœur…Voilà exactement l’expérience que vit l’homme de l’Évangile aujourd’hui.
Et c’est pour cela que l’Église nous donne ce texte au dimanche de la joie : parce que la plus grande joie est de retrouver la lumière.
- LUMIÈRE : Jésus ouvre les yeux
L’Évangile commence par une situation dramatique :« Il y avait un homme aveugle de naissance. »
Cet homme n’a jamais vu la lumière.Mais Jésus fait un geste étonnant :il met de la boue sur ses yeux et lui dit d’aller se laver.Et soudain…il voit.Ce miracle n’est pas seulement physique.
Saint Jean veut nous faire comprendre une chose :Jésus n’ouvre pas seulement les yeux du corps…il ouvre les yeux du cœur.
Saint Paul le dit dans la deuxième lecture :« Autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. » (Ep 5,8)
Frères et sœurs,le plus grand aveuglement n’est pas celui des yeux…c’est celui du cœur.
On peut avoir de très bons yeux et ne pas voir la vérité, l’amour, Dieu.
Comme disait Blaise Pascal : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. »
- REGARD : Dieu ne regarde pas comme les hommes
La première lecture nous donne une clé magnifique. Lorsque Samuel doit choisir le futur roi, il regarde les apparences. Mais Dieu lui dit :« L’homme regarde l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1 S 16,7)
Voilà la vraie lumière. Dieu voit autrement. Les pharisiens dans l’Évangile voient un pécheur.
Jésus voit un homme à sauver. Les voisins voient un mendiant. Jésus voit un fils de Dieu. Les hommes voient la boue. Jésus voit la lumière qui va naître. Et cela nous concerne. Car parfois nous regardons les autres avec les yeux du jugement.Jésus nous invite à regarder avec les yeux de Dieu. Saint François d’Assise disait : « Là où il y a de l’ombre, mets de la lumière. »
- TÉMOIGNAGE : l’aveugle devient missionnaire
La chose la plus extraordinaire dans cet Évangile est que cet homme devient le premier missionnaire de l’histoire de saint Jean.Il ne connaît presque rien de Jésus.Mais il dit simplement :« J’étais aveugle, maintenant je vois. » Quelle phrase magnifique. Pas un discours compliqué. Juste un témoignage.
Frères et sœurs, c’est peut-être la meilleure définition d’un chrétien : quelqu’un qui peut dire : « Avant je ne voyais pas…et Jésus m’a ouvert les yeux. »Car la foi n’est pas d’abord une théorie. La foi est une rencontre qui change le regard.
- LA JOIE DE LAETARE
Voilà pourquoi ce dimanche s’appelle Laetare : réjouissez-vous ! La joie chrétienne n’est pas une joie superficielle.C’est la joie de la lumière retrouvée.Comme le dit le psaume aujourd’hui :« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. »Même au milieu du désert du Carême,la lumière de Pâques commence déjà à apparaître.
Conclusion
Frères et sœurs, dans cet Évangile il y a trois catégories de personnes :
- l’aveugle qui finit par voir
- les pharisiens qui voient mais deviennent aveugles
- et les disciples qui apprennent à regarder autrement.
La vraie question n’est donc pas : « Qui est aveugle ? »
La vraie question est : « Est-ce que je laisse Jésus ouvrir mes yeux ? »
Comme le disait Saint Augustin : « Crains Jésus qui passe… et ne repasse pas. »
Aujourd’hui Jésus passe dans notre vie. Il veut ouvrir nos yeux :
- sur Dieu
- sur les autres
- sur notre propre cœur.
Et peut-être qu’à la fin de cette messe, nous pourrons dire comme l’aveugle guéri : « Seigneur, je crois. »
Prière finale :Seigneur Jésus, toi qui es la lumière du monde, ouvre nos yeux quand nous sommes aveugles à ton amour. Donne-nous de voir les autres avec ton regard de miséricorde. Et fais de nous des témoins joyeux de la lumière de l’Évangile. Afin que notre monde découvre, lui aussi, la joie de ta lumière. Amen.