À propos de Clément Bonou

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Homélie du P. Clément Marie pour le dimanche de l’Épiphanie

Chers frères et sœurs!

Blaise Pascal disait:« Il y a assez de lumière pour ceux qui veulent voir, et assez de ténèbres pour ceux qui ne veulent pas voir. » L’Épiphanie n’est pas une fête de folklore ni de décorations orientales. Elle est la fête d’un Dieu qui se révèle, mais qui respecte infiniment la liberté de l’homme. Dieu ne force pas la porte des cœurs. Il allume une lumière suffisante pour qui veut marcher… et accepte que certains préfèrent rester dans l’ombre. Voilà pourquoi cette fête est profondément actuelle :elle pose une question simple et décisive : veux-tu voir ?

Ave les mages qui viennent à Jésus, je voudrais méditer avec vous ce dimanche sur le DON.

  1. D comme DÉSIR — Le contexte spirituel de l’Épiphanie .Deux attitudes face à la lumière.

Dans l’Évangile, deux mondes se croisent :

  • les mages, païens, étrangers, chercheurs de vérité ;
  • Hérode et Jérusalem, savants, installés, inquiets pour leurs sécurités.

Les premiers cherchent, les seconds se protègent.

Isaïe annonçait déjà : Les nations marcheront vers ta lumière » (Is 60). La foi commence toujours par un désir intérieur, parfois confus, parfois fragile, mais réel.

Il y a encore aujourd’hui :

  • des hommes et des femmes loin de l’Église, mais au cœur en quête ;
  • et parfois des croyants proches des rites, mais éloignés du feu intérieur.

« Dieu ne se cache pas de celui qui le cherche ; il se voile seulement à celui qui refuse de changer. »

Un catéchumène disait :« Je n’ai pas commencé par croire en Dieu, j’ai commencé par ne plus me contenter de vivre sans Lui. »

  1. O comme ORIENTATION — L’étoile, la Parole et l’Église. Une étoile qui n’abolit pas la nuit.

L’étoile n’est ni un GPS ni une preuve mathématique. Elle oriente, elle suggère, elle invite à avancer.

Les mages ont besoin :

  • de l’étoile pour partir,
  • de la Parole des Écritures pour préciser le lieu,
  • du discernement pour éviter Hérode.

*  La foi est toujours une synergie entre la grâce de Dieu et la réponse humaine.

  1. Aujourd’hui, quelles étoiles ?
  • la Parole de Dieu méditée fidèlement,
  • les sacrements vécus humblement,
  • des témoins crédibles,
  • l’Église, fragile mais nécessaire.

« Celui qui refuse d’être guidé finit toujours par se perdre seul. »

Un homme engagé racontait :« Quand j’ai repris l’Évangile chaque matin, ma vie n’est pas devenue plus facile, mais elle est devenue plus claire. »

III. N comme NOUVEAUTÉ — Les dons des mages, dons pour notre vie

Les mages n’apportent pas des objets décoratifs, mais une confession de foi vivante.

  •  L’Or — Ce qui a du prix

L’or dit : Tu es Roi. Aujourd’hui, l’or, c’est :

  • le temps donné,
  • la fidélité dans les petites choses,
  • des choix cohérents avec l’Évangile.

Ce à quoi je consacre mon temps révèle mon véritable trésor.

  •  L’Encens — La prière qui monte

L’encens dit : Tu es Dieu. Sans prière, la foi s’essouffle, devient idéologie ou habitude.

« La prière n’enlève pas les problèmes, mais elle empêche de les affronter seul. »

  •  La Myrrhe — Les blessures offertes

La myrrhe dit : Tu es le Sauveur crucifié. Nos fragilités, nos épreuves, offertes au Christ, deviennent lieu de grâce.

Une personne éprouvée confiait :« Le jour où j’ai cessé de cacher mes blessures à Dieu, j’ai commencé à guérir intérieurement. »

Conclusion/Repartir autrement

« Avertis en songe, ils retournèrent par un autre chemin » (Mt 2,12).C’est la marque d’une vraie Épiphanie : on ne change pas de pays, mais on change de cœur.

En cette solennité, demandons la grâce :

  • d’un désir vrai,
  • d’une écoute humble,
  • d’une offrande confiante de toute notre vie.

« Il y a assez de lumière pour ceux qui veulent voir,et assez de ténèbres pour ceux qui ne veulent pas voir. »Amen.

Homélie du P. Clément Marie pour le dimanche de l’Épiphanie2026-01-04T23:38:27+01:00

Une prière pour nos familles!

Seigneur Dieu, Père de toute humanité,
en ce jour où nous contemplons la Sainte Famille de Nazareth,
nous te confions toutes nos familles, telles qu’elles sont,
avec leurs joies et leurs blessures,leurs forces et leurs fragilités.

Bénis, Seigneur,les familles unies et les familles éprouvées,
celles qui avancent dans la paix et celles qui traversent la tempête.

Bénis les parents fatigués, donne-leur patience et courage.
Bénis les enfants et les jeunes, garde leur cœur ouvert à l’amour et à l’espérance.

Bénis les familles blessées par la séparation, la maladie, le deuil ou la solitude ;
que nul ne se sente exclu de ton amour.

Bénis nos maisons, Seigneur,
qu’elles deviennent des lieux de pardon, des écoles de tendresse,
des foyers de paix.

Comme Joseph,
apprends-nous à écouter ta voix.
Comme Marie, apprends-nous à garder confiance.
Comme Jésus, apprends-nous à aimer jusqu’au bout.

Que ta bénédiction repose sur chaque famille ici présente,
et sur celles que nous portons dans notre cœur.

👉 Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.
Qu’Il fasse de vos familles des lieux de vie, de foi et de paix.
Amen.

Une prière pour nos familles!2025-12-29T09:57:43+01:00

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Fete de la Ste Famille 2025

 

En ce dimanche après Noël, l’Église ne nous fait pas sortir du mystère de Noël. Elle nous y enfonce davantage.

Car Noël, ce n’est pas seulement Dieu dans une crèche. Noël, c’est Dieu dans une famille. Et quelle famille ! Une jeune mère déroutée, un père inquiet mais fidèle, un enfant menacé dès sa naissance.

L’Évangile est clair : « Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, de nuit… »

  • La Sainte Famille ne commence pas dans le confort, mais dans la fragilité, la peur, l’incertitude.
  • « La Sainte Famille n’est pas une famille idéale, c’est une famille réelle, visitée par Dieu. »

Et c’est précisément pour cela qu’elle nous rejoint aujourd’hui.

  1. La famille aujourd’hui : un lieu fragile… mais irremplaçable

Aujourd’hui, parler de la famille demande beaucoup de délicatesse. Pour certains, la famille est une bénédiction. Pour d’autres, une blessure. Pour beaucoup, un combat quotidien.

Familles fatiguées…Familles éclatées…Familles recomposées…Familles monoparentales…Familles qui tiennent bon malgré tout.

  • Un couple disait :« Nous n’avons pas été sauvés par des solutions miracles, mais par la décision quotidienne de ne pas lâcher. »
  • La famille aujourd’hui est fragile, mais elle reste le premier lieu où l’on apprend à aimer.

Et l’Église ne vient pas juger les familles. Elle vient les soutenir, les bénir, les relever.

Alors, en ce jour de la Sainte Famille, nous ne venons pas demander à Dieu des familles parfaites. Nous venons Lui demander des grâces concrètes pour tenir dans la durée.

Je vous propose de les retenir à travers 5 verbes simples, 5 grâces essentielles à demander aujourd’hui pour nos familles.

Les 5 grâces à demander pour nos familles aujourd’hui :

  1. TENIR – la grâce de la persévérance

La Sainte Famille fuit en Égypte. Elle aurait pu se décourager.
Elle tient.  Première grâce : tenir quand tout vacille.
Tenir quand la fatigue s’installe. Tenir quand la communication devient difficile. Tenir quand l’amour semble s’user.

« Une famille ne tient pas parce que tout va bien, mais parce que quelqu’un décide de rester. »

Seigneur, donne à nos familles la grâce de tenir, même quand c’est lourd.

  1. AIMER – la grâce de l’amour concret

Saint Paul est très réaliste :« Supportez vous les uns les autres, pardonnez vous. » Deuxième grâce : aimer en vérité.
Pas aimer en paroles. Mais aimer en actes. Aimer en recommençant.

  • Une maman disait :« Le jour où j’ai cessé de vouloir une famille parfaite, la paix est entrée chez nous. »
  • Aimer, dans une famille, c’est souvent recommencer.
  1. PARLER – la grâce d’une parole qui construit

Combien de familles souffrent de paroles trop dures ou de silences trop lourds…Joseph parle peu, mais il écoute Dieu et agit avec justesse. Troisième grâce : parler sans blesser, se taire sans mépriser.

« Ce qui détruit une famille, ce n’est pas le désaccord, c’est la manière de se parler. »

Seigneur, mets dans nos familles des paroles qui relèvent.

  1. TRANSMETTRE – la grâce de la fidélité

Le livre du Siracide nous rappelle l’importance du respect, de la mémoire, de la transmission. Quatrième grâce : transmettre la vie, les valeurs, la foi, même imparfaitement. « On n’hérite pas d’une foi parfaite, mais d’un témoignage. »

Seigneur, aide les parents à transmettre sans écraser, et les enfants à recevoir sans rejeter.

  1. CONFIER – la grâce de mettre Dieu au cœur de la maison

Le Psaume nous l’a dit : « Heureux qui craint le Seigneur. »  Cinquième grâce, la plus décisive : confier sa famille à Dieu. Pas par de grands discours, mais par une prière simple, un signe de croix, une confiance quotidienne.

  • « Quand Dieu entre dans une famille, les problèmes ne disparaissent pas,mais la paix commence à circuler. »

Conclusion – Une bénédiction pour aujourd’hui

En ce jour de la Sainte Famille, Seigneur, nous te demandons pour nos familles :

👉 Tenir – Aimer – Parler – Transmettre – Confier.

Pas des familles parfaites, mais des familles habitées par ton amour.

Et que la Sainte Famille de Nazareth garde nos maisons et nous apprenne à aimer… au cœur même de nos fragilités. AMEN !

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Fete de la Ste Famille 20252025-12-29T10:03:20+01:00

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Messe du Jour de Noël

« Aujourd’hui, Dieu est entré dans notre quotidien »

Frères et sœurs,

Noël n’est pas d’abord une date sur le calendrier, ni une parenthèse de douceur au cœur de l’hiver.
Noël est un événement, et même plus encore :un choc d’amour, le bouleversement silencieux par lequel Dieu change la manière d’être Dieu…pour changer la manière d’être homme. L’Évangile ne dit pas : « Autrefois, il vous est né un Sauveur » mais : « Aujourd’hui » (Lc 2,11).

Aujourd’hui, Dieu n’est pas ailleurs.

Aujourd’hui, Dieu n’est pas au-dessus.
Aujourd’hui, Dieu est , dans la chair fragile d’un enfant.

  1. Noël : Dieu choisit la petitesse

Le premier scandale de Noël, c’est celui-ci : Dieu n’a pas peur d’être petit. Il ne vient pas avec des éclairs, il ne s’impose pas par la force, il ne crie pas pour se faire entendre.

Il vient dans le silence, dans la dépendance, dans la fragilité d’un nouveau-né.Saint Augustin l’exprimait avec une force saisissante : « Celui qui tient l’univers dans sa main a eu besoin des bras d’une mère. »

Frères et sœurs,
ce mystère n’est pas une poésie… c’est une révélation. Dieu nous dit ainsi : « N’aie pas honte de ta fragilité.N’aie pas peur de tes pauvretés.C’est là que je viens demeurer. »

  1. Un témoignage : quand Noël convertit un cœur

Un prêtre racontait l’histoire d’un homme, cadre supérieur, éloigné de l’Église depuis plus de vingt ans. Il venait à la messe de Noël uniquement pour faire plaisir à sa mère. Ce soir-là, en regardant la crèche, il a été frappé par une pensée toute simple : « Si Dieu est capable de se faire aussi petit…alors peut-être qu’il peut encore m’aimer, moi. » Il dira plus tard : « Ce n’est pas un sermon qui m’a touché, c’est un enfant couché sur de la paille. J’ai compris que Dieu ne me jugeait pas de haut, mais qu’il me regardait d’en bas, avec tendresse. ».Ce fut le début d’un chemin de conversion. Noël a ce pouvoir-là : non pas d’éblouir, mais de désarmer.

  1. Noël : Dieu entre dans notre “aujourd’hui”

Frères et sœurs, Noël ne nie pas nos réalités : les familles blessées, les solitudes, les deuils, les angoisses économiques, les guerres, les cœurs fatigués.  Dieu ne nous sauve pas de l’extérieur, il nous sauve en entrant dedans.

Je ne sais pas si vous entendu parler une fois de Dietrich Bonhoeffer, il était un théologien, pasteur et résistant allemand au nazisme, né le 4 février 1906 à Breslau (aujourd’hui Wrocław, en Pologne) et mort exécuté le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg, en Allemagne. Il écrivait, depuis sa prison : « Dieu ne vient pas supprimer la souffrance, mais la remplir de sa présence. » Voilà le cœur de Noël : Dieu n’enlève pas la nuit, il y allume une lumière.

  1. Un second témoignage : la foi retrouvée dans la nuit

Une femme racontait son premier Noël après la perte de son mari. Tout lui semblait vide, artificiel, presque insupportable. Elle est entrée dans une église tard le soir. Personne. Juste une crèche. Et cette phrase a jailli en elle : « Lui aussi est né dans la nuit. »Elle dira ensuite : « J’ai compris que Dieu ne me demandait pas d’aller bien, mais simplement de lui faire une place, comme Marie et Joseph l’ont fait, sans comprendre. »

Frères et sœurs, Noël ne supprime pas la croix…mais il lui donne un sens.

  1. Noël aujourd’hui : et si Dieu frappait à notre porte ?

Le mystère de Noël nous pose une question simple et redoutable : où Dieu peut-il naître aujourd’hui ?

– Peut-être dans une relation à réconcilier.
– Peut-être dans un pardon à offrir.
– Peut-être dans une foi fragile mais sincère.
– Peut-être dans une pauvreté assumée.

Charles Péguy écrivait : « Le chrétien est celui qui croit que Dieu a assez aimé le monde pour s’y faire enfant. »

Conclusion

Frères et sœurs, ce que nous célébrons aujourd’hui, ce n’est pas un souvenir attendrissant,
c’est une présence vivante. Aujourd’hui, Dieu choisit encore de naître là où on ne l’attend pas.

Alors, en quittant cette église, emportons cette certitude simple et bouleversante :  Si Dieu a osé devenir petit pour nous rejoindre, alors aucune de nos nuits n’est perdue, aucune de nos pauvretés n’est inutile,
aucune de nos vies n’est trop abîmée pour être sauvée.

Aujourd’hui vous est né un Sauveur. Aujourd’hui encore. Pour vous. Pour nous.

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Messe du Jour de Noël2025-12-26T12:29:26+01:00

IVe Dimanche de l’Avent

Frères et sœurs,
nous sommes au dernier pas avant Noël. Encore un souffle… et Dieu vient.
Non pas comme une idée, ni comme un souvenir, mais comme une présence.
Un nom résume tout ce que nous allons célébrer : Emmanuel – Dieu avec nous. Pas Dieu au-dessus de nous.
Pas Dieu loin de nous.  Dieu avec nous.

Et la Parole de ce jour nous apprend comment Dieu se rend proche, et avec qui Il choisit de collaborer.

  1. Un Dieu qui s’approche sans bruit

La première lecture d’Isaïe annonce un signe inattendu : « Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils, on l’appellera Emmanuel. »

Le signe de Dieu n’est ni un prodige éclatant, ni une démonstration de force.
C’est une naissance.
C’est une fragilité.
C’est un enfant confié à des mains humaines.

Un auteur spirituel écrit :« Dieu n’est pas venu supprimer nos fragilités ; Il est venu les habiter. »

À Noël, Dieu ne règle pas tous les problèmes du monde,mais Il vient les porter de l’intérieur.
Il n’enlève pas la nuit, Il y allume une lumière.

Combien de personnes, aujourd’hui, portent une vie compliquée :une maladie, un deuil, une décision lourde, une situation familiale tendue…Noël ne dit pas : “Tout ira bien”,mais il dit : “Tu ne seras jamais seul.”

  1. Un Dieu qui a un projet de vie… même quand tout vacille

Dans l’Évangile, nous découvrons saint Joseph.Un homme juste, discret, profondément humain.

Joseph avait un projet simple : aimer Marie, fonder un foyer, vivre fidèlement.
Et voilà que tout bascule.Il ne comprend pas.Il souffre.Il pourrait partir.

Et pourtant…au cœur de la nuit, Dieu lui parle en songe.

Saint Bernard disait :« Joseph a cru contre toute évidence, et c’est cela qui a fait de lui un juste. »

Joseph nous ressemble.
Nous aussi, nous avons parfois l’impression que la vie nous échappe. Que nos plans s’effondrent.
Que Dieu se tait.Mais l’Évangile nous dit aujourd’hui :
👉 Dieu travaille même quand nous ne comprenons pas encore.

Un témoignage vrai :Un père de famille confiait après une grave épreuve professionnelle :« J’ai compris après coup que ce qui me semblait un échec était en fait un détour par lequel Dieu me sauvait. »

Joseph n’a pas tout compris.Mais il a fait confiance.Et cette confiance a ouvert la porte au salut du monde.

  1. Un Dieu qui collabore avec l’homme

C’est peut-être la plus grande surprise de Noël :Dieu ne sauve pas le monde sans nous.

Il a besoin du oui de Marie.
Il a besoin de la fidélité silencieuse de Joseph.Il a besoin de mains pour porter l’enfant,
d’un toit pour l’abriter, d’un cœur pour l’aimer.

Le psaume nous le rappelait :« Qu’il entre, le Roi de gloire ! » Mais la porte, c’est nous qui l’ouvrons.

Une religieuse disait avec simplicité :« Dieu frappe doucement, car Il ne veut entrer que là où Il est désiré. »

Joseph se leva, prit chez lui Marie, et accueillit l’enfant. C’est ce geste simple qui a changé l’histoire.

Je voudrai finir avec un témoignage que vous connaissez peut être…C’est celui d’André Frossard :« Dieu existe. Je L’ai rencontré. »

André Frossard n’était pas seulement loin de Dieu : il était athée convaincu, matérialiste, indifférent à toute foi.Fils d’un dirigeant communiste, il se disait lui-même :« athée comme on respire ».

Rien, absolument rien, ne le disposait à croire. Un jour de 1935, à Paris, presque par hasard, il entre dans une petite chapelle — la chapelle des Filles de l’Adoration, simplement pour attendre un ami.

Il ne prie pas. Il ne cherche rien. Il n’attend rien. Et là, en quelques secondes, tout bascule.

Sans vision, sans voix, sans émotion excessive, mais avec une certitude absolue, écrasante, lumineuse,
il est saisi par la présence de Dieu.

Il dira plus tard, avec une sobriété bouleversante :« Je suis entré dans la chapelle athée.J’en suis sorti catholique.Dieu existe.Je L’ai rencontré. »

Et cette phrase, essentielle:« Ce n’est pas moi qui ai trouvé Dieu.C’est Dieu qui m’a trouvé. »

Pourquoi ce témoignage touche au cœur de Noël

Ce qui bouleverse chez André Frossard, ce n’est pas une quête religieuse intense,c’est la proximité inattendue de Dieu.

Dieu ne l’attendait pas au bout d’un raisonnement, mais dans une chapelle silencieuse.
Dieu ne s’est pas imposé,  Il s’est rendu présent.

Comme à Noël. Frossard découvrira que Dieu n’est pas une idée à défendre, mais une présence à accueillir.

Il écrira encore : « Dieu n’est pas lointain. Il est si proche qu’Il peut nous surprendre. »

Lien direct avec saint Joseph et l’Évangile du jour

Joseph, lui aussi, n’a pas compris d’abord. Mais Dieu s’est rendu proche, dans la nuit, dans le silence, dans un songe.

Comme Frossard, Joseph n’a pas tout expliqué,  il a accueilli.

Et c’est ainsi que Dieu a pu entrer dans l’histoire.

« Dieu ne s’impose pas. Mais Il se rend proche.Et quand on Lui ouvre, plus rien n’est jamais comme avant. »

Conclusion – À l’approche de Noël

Frères et sœurs, à quelques jours de Noël, la question n’est pas : “Tout est-il prêt ?”
mais :  Y a-t-il une place pour Dieu dans ma vie aujourd’hui ?

  • Dans mes doutes : Emmanuel
  • Dans mes combats : Emmanuel
  • Dans mes décisions à prendre : Emmanuel

Comme Joseph, osons faire confiance, même quand le chemin n’est pas clair.

Et laissons naître en nous, non pas un Dieu lointain, mais un Dieu proche, un Dieu avec nous, un Dieu pour nous. « Dieu vient… mais seulement là où on Lui ouvre. » Amen.

IVe Dimanche de l’Avent2025-12-21T18:17:50+01:00

3e Dimanche de l’ Avent – GAUDETE

3e DIMANCHE DE L’AVENT GAUDETE

« Réjouissez-vous : le Seigneur est proche ! »

 Pourquoi ce dimanche est différent

Frères et sœurs, ce dimanche n’est pas un dimanche comme les autres.

La liturgie fait une pause dans la sobriété de l’Avent.
Le violet s’éclaire, le rose apparaît. L’Église nous dit :« Arrête-toi un instant… relève la tête… réjouis-toi ! »

Le nom « Gaudete » provient du premier mot latin de l’introït de la messe de ce jour : « Gaudete in Domino semper: iterum dico, gaudete », qui se traduit par « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je le dis, réjouissez-vous » (Philippiens 4:4). Ce verset, tiré des paroles de saint Paul, résume l’esprit de cette journée : une invitation à la joie au coeur de l’attente.

Le Dimanche de Gaudete est célébré le troisième dimanche de l’Avent et marque un changement dans le ton de la saison liturgique. Alors que les deux premiers dimanches de l’Avent ont un caractère plus pénitentiel et préparatoire, ce dimanche offre un moment de répit, une occasion de se réjouir de la proximité de Noël.

⚠️ Attention : ce n’est pas la joie parce que tout va bien, mais la joie parce que le Seigneur est proche.

👉 La joie chrétienne n’est pas le but de l’Avent, elle en est déjà le fruit.

  1. REGARDER – La joie naît quand j’ouvre les yeux

Jean-Baptiste est en prison. Il doute. Il souffre. Il questionne Dieu.

« Es-tu celui qui doit venir ? »

Et Jésus ne répond pas par une théorie, mais par des signes concrets : « Les aveugles voient, les boiteux marchent… »

🔑 1ʳᵉ clé de la vraie joie chrétienne : SAVOIR REGARDER

La joie commence quand je cesse de regarder seulement ce qui va mal,
et que j’apprends à reconnaître ce que Dieu fait déjà.

Isaïe l’avait annoncé :« Le désert fleurira. »

Une personne gravement éprouvée disait :« Rien n’a changé autour de moi,mais quelque chose a changé en moi :j’ai compris que Dieu ne m’avait pas abandonné.Et cette certitude est devenue ma joie. »

👉 La joie chrétienne n’est pas l’absence d’épreuve, mais la présence de Dieu dans l’épreuve.

🟡 Phrase à marteler : « La joie commence quand j’ouvre les yeux sur ce que Dieu fait déjà. »

  1. ATTENDRE – La joie grandit dans la patience

Saint Jacques nous ramène à la réalité : « Prenez patience… le Seigneur est proche. »

La joie se perd souvent dans l’impatience :

  • vouloir que tout change vite
  • vouloir des réponses immédiates
  • vouloir un Dieu à notre rythme

🔑 2ᵉ clé de la vraie joie chrétienne : FAIRE CONFIANCE AU TEMPS DE DIEU

Le paysan ne voit pas la graine pousser, mais il sait qu’elle pousse.

📌 Témoignage :Un homme disait après des années de prière infructueuse :« J’ai retrouvé la joie le jour où j’ai cessé d’exiger
et où j’ai commencé à faire confiance. »

👉 La joie ne vient pas quand tout est résolu, mais quand je remets ma vie entre les mains de Dieu.

🟠  « La joie grandit quand je fais confiance au rythme de Dieu. »

  1. CHOISIR – La joie est un acte de foi

Jésus conclut par une phrase forte : « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi. »

Autrement dit : 👉 heureux celui qui continue à croire, même quand Dieu ne correspond pas à ses attentes.

🔑 3ᵉ clé de la vraie joie chrétienne : LA JOIE EST UN CHOIX

La joie chrétienne n’est pas une émotion passagère, c’est une décision intérieure.

📌 Témoignage des saints

Sainte Thérèse de Lisieux, dans la souffrance, écrivait : « Tout est grâce. »

Saint Paul affirme : « Réjouissez-vous dans le Seigneur en toute circonstance. »

👉 Ma joie ne dépend pas de ce que je vis, mais de Celui en qui je crois.

🟢 Phrase finale à faire résonner : « La vraie joie est une foi qui tient bon. »

Conclusion – Les implications concrètes

Frères et sœurs, le dimanche Gaudete nous confie une mission :

👉 Ne pas garder la joie pour soi
👉 La laisser éclairer nos familles, nos communautés, notre monde

Applications Pratiques du Dimanche de Gaudete

  1. Cultiver la Gratitude : Prenez un moment pour réfléchir aux bénédictions dans votre vie. La gratitude est une porte vers la véritable joie. Faites une liste des choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant et offrez une prière d’action de grâce.
  2. Apporter de la Joie aux Autres : Partagez la joie de l’Avent avec ceux qui vous entourent. Cela peut passer par des gestes simples comme offrir un sourire, écouter quelqu’un qui a besoin de parler, ou faire preuve de générosité envers les plus démunis.
  3. Renforcer l’Espérance : Face aux défis, souvenez-vous des paroles de saint Paul : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. » Consacrez du temps à la prière et à la lecture des Écritures pour renouveler votre espérance en les promesses de Dieu.
  4. Préparer Votre Coeur : Profitez de ce moment pour examiner votre relation avec Dieu. Si possible, participez au sacrement de la Réconciliation. La joie d’un cœur réconcilié avec Dieu est un don spécial de l’Avent.
  5. Refléter la Lumière du Christ : Comme la bougie rose de la couronne de l’Avent, soyez un reflet de la lumière du Christ dans le monde. Dans votre foyer, votre communauté et votre lieu de travail, cherchez à être un témoignage vivant de la joie chrétienne.

Un Dernier Appel à la Joie

Le Dimanche de Gaudete est bien plus qu’un jour spécial dans le calendrier liturgique. C’est une invitation à vivre l’Avent avec un coeur rempli d’espérance et de joie. Il nous rappelle que, même dans l’attente, il y a des raisons de célébrer, car le Seigneur est proche.

En cette période de l’année, où les lumières et les décorations peuvent occulter le véritable sens de Noël, le Dimanche de Gaudete nous appelle à allumer la lumière intérieure de la foi et à la partager avec le monde. Que cette joie profonde nous accompagne non seulement pendant l’Avent, mais tout au long de notre vie chrétienne.

Prière:Seigneur Jésus,
donne-nous ta joie,
non pas celle qui dépend des circonstances,
mais celle qui naît de ta présence.
Fais de nous, en ce temps de l’Avent,
des témoins joyeux de ton Évangile. Amen.

3e Dimanche de l’ Avent – GAUDETE2025-12-20T15:57:36+01:00

Edito : Décembre : un mois de lumière et d’espérance

Le mois de décembre ouvre un temps précieux : celui de l’Avent, ce chemin de veille et de joie qui prépare nos cœurs à la venue du Seigneur. L’année liturgique s’ouvre à nouveau, nous invitant à repartir à zéro, à renouveler notre foi et à redécouvrir la saveur de la Parole qui éclaire nos pas.

Dans nos maisons, les lumières s’allument, les crèches se préparent, les rues s’illuminent… Mais la plus belle lumière reste celle que Dieu veut raviver dans nos cœurs. L’Avent, c’est le temps du réveil intérieur, du retour à l’essentiel, de la prière simple qui dit : « Viens, Seigneur Jésus ! »

Ce mois est aussi marqué par la fête de l’Immaculée Conception (le 8 décembre) : Marie, la Toute-Pure, nous montre le visage d’un cœur entièrement disponible à Dieu. Elle nous apprend à accueillir la grâce, à dire notre oui dans la confiance et la joie.

Décembre, c’est aussi le dernier mois de l’année civile, un temps d’action de grâce pour tout ce que nous avons vécu, reçu, partagé. Il est bon de nous souvenir que, malgré nos fragilités, Dieu n’a cessé de marcher avec nous.

Pour nous y préparer spirituellement, toute la communauté paroissiale est invitée à vivre ensemble une soirée d’adoration et de réconciliation,
🕊️ le jeudi 18 décembre, de 20h à 22h, en l’église Saint-Pierre de Tournefeuille : un temps de louange, de chants méditatifs avec la chorale, d’écoute et de paix intérieure. Tous les prêtres seront présents pour accueillir chacun dans le sacrement de la confession.

Enfin, ce mois de décembre verra aussi la clôture de l’Année Jubilaire de l’Espérance : que cette espérance continue de grandir dans nos cœurs et nos familles, pour illuminer toute l’année qui vient.

Que Noël soit pour tous une fête de foi et de lumière, un passage vers la paix intérieure et la joie partagée.
Décembre, c’est le temps de Dieu qui frappe à la porte. Ouvrons-lui grand notre cœur !

  1. Clément Marie, F.I.
    Curé de l’Ensemble paroissial de Tournefeuille.
Edito : Décembre : un mois de lumière et d’espérance2025-12-08T15:43:58+01:00

Edito : Les Saints, témoins joyeux du Dieu de Vie et d’Espérance !

Novembre s’ouvre sur une double lumière : celle éclatante de la Toussaint, et celle plus douce, mais tout aussi précieuse, de la commémoration des fidèles défunts.
Deux visages d’un même mystère : la vie éternelle promise à tous ceux qui aiment Dieu.

La Toussaint n’est pas la fête d’une élite, mais la célébration de tous ceux et celles — connus ou anonymes — qui ont laissé rayonner dans leur vie la lumière du Christ. Ce sont des témoins ordinaires d’un amour extraordinaire. Le lendemain, nous prions pour nos frères et sœurs défunts, afin que, purifiés par la miséricorde, ils participent pleinement à la joie du Royaume.

Tout le mois de novembre devient ainsi un mois de mémoire et d’espérance : mémoire de ceux qui nous ont précédés, espérance de les retrouver un jour dans la communion éternelle. Pensons à eux, prions pour eux, offrons des messes à leur intention. Dans la communion des saints, l’amour ne meurt jamais.

Regarder l’année écoulée avec gratitude

Je voudrais profiter de cet éditorial pour remercier chaleureusement tous ceux et celles qui ont contribué à la belle réussite de la Messe d’installation du 12 octobre dernier. Votre présence, vos prières, vos services, vos chants, vos sourires ont fait de cette célébration un véritable moment d’Église et de fraternité.
Merci également à celles et ceux qui ont participé au pèlerinage à Rome du 7 au 11 octobre. Ensemble, nous avons vécu des jours de grâce, de prière et de communion en passant les principales Portes Saintes de la Ville éternelle. Une expérience qui a fortifié notre foi et notre lien paroissial.

Un mois pour célébrer, prier et espérer

Novembre, c’est aussi le mois où nous achevons l’année liturgique C, au fil des derniers dimanches de l’Évangile de saint Luc, avant d’ouvrir bientôt une nouvelle année A, sous la lumière de l’Évangile selon saint Matthieu.
Chaque fin d’année liturgique nous invite à faire un pas de plus dans la confiance et la fidélité au Seigneur.

Le 23 novembre, nous célébrerons la fête du Christ Roi de l’univers, couronnement de toute l’année liturgique : le Christ règne non pas par la puissance, mais par l’amour qui se donne. Le même jour, les Scouts et Guides de France de Saint-Barthélemy de Plaisance fêteront leurs 30 ans d’existence. Quelle belle coïncidence ! Ces jeunes, joyeux et engagés, sont eux aussi des témoins du Dieu de Vie et d’Espérance.

Marchons ensemble vers la Vie

En ce mois de novembre, portons dans notre prière nos défunts, nos familles, nos communautés, et tous les membres engagés dans les différents groupes et services pastoraux : catéchèse, catéchuménat, confirmands adultes, préparation au mariage, aumôneries, scouts…
Que chacun trouve sa place, son souffle, sa joie dans la grande famille paroissiale.

Sous le regard de tous les saints et dans la lumière du Christ Roi, continuons à bâtir ensemble une Église vivante, fraternelle et missionnaire, où la foi se traduit par la joie et l’espérance.

 

Edito : Les Saints, témoins joyeux du Dieu de Vie et d’Espérance !2025-10-31T16:23:43+01:00

Edito : Une nouvelle année pastorale avec Marie, Notre Dame du Saint Rosaire !

Octobre ouvre pour nous une page nouvelle : celle d’une année pastorale placée sous le signe de la mission, du Rosaire et d’une riche succession de fêtes spirituelles. Dès le 1ᵉʳ octobre, nous célébrons Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions, dont la vie nous rappelle que la sainteté commence dans les petites choses faites avec grand amour. Le 2 octobre, nous invoquons nos anges gardiens, compagnons discrets mais puissants de notre chemin de foi. Le 7 octobre, nous tournons nos regards vers Notre Dame du Rosaire, Marie, Mère et Reine, qui nous apprend à méditer les mystères du Christ dans la prière simple et profonde du chapelet. Plus tard dans le mois, Sainte Thérèse d’Avila (15 octobre) et Sainte Marguerite-Marie Alacoque (16 octobre) viendront encore nous redire que le cœur à cœur avec Dieu transforme la vie et le monde.

Un moment fort pour notre communauté

Le 12 octobre sera pour nous un jour inoubliable. Lors de la Messe solennelle à 10h30 à l’église Saint-Barthélémy de Plaisance-du-Touch, notre archevêque, Mgr Guy de Kerimel, m’installera officiellement comme nouveau curé de l’ensemble paroissial, en présence du Père Immacolato Maria Acquali, Supérieur général des Frères Franciscains de l’Immaculée, et de M. le Maire de Plaisance-du-Touch qui remettra les clés de l’église.

Ce rituel d’installation, riche en symboles, exprime la mission confiée au curé :

  • annoncer la Parole de Dieu,
  • rassembler la communauté dans l’Eucharistie,
  • veiller sur le peuple qui lui est confié,
  • et guider chacun vers le Christ dans l’obéissance à l’évêque.

En retour, le nouveau curé attend de ses paroissiens la prière, la collaboration fraternelle, et l’engagement missionnaire pour bâtir ensemble une Église vivante et accueillante.

Marcher ensemble sous le regard de Marie

Notre vision pastorale est claire :

Bâtir une Église – famille de Dieu – où chacun est accueilli, accompagné, et appelé à témoigner de l’Évangile, pour former une communauté unie dans la diversité, où chacun participe à la mission du Christ.

Que cette année pastorale, placée sous la protection de Notre Dame du Rosaire, nous aide à devenir des disciples missionnaires, priants, fraternels et rayonnants de la joie de l’Évangile !

  1. Clément Marie BONOU, fi
    Curé de l’Ensemble paroissial de Tournefeuille
Edito : Une nouvelle année pastorale avec Marie, Notre Dame du Saint Rosaire !2025-10-15T12:20:49+02:00

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C

Seigneur, apprends-nous à prier… et à persévérer avec confiance !

Une question qui traverse les siècles

Un jour, les disciples regardent Jésus. Ils ne le voient pas simplement faire des miracles, ni enseigner avec autorité. Non, ils le voient prier. Et là, quelque chose les touche au plus profond :« Seigneur, apprends-nous à prier. ». Comme si cette manière d’être en relation avec Dieu était la source invisible de tout le reste.
C’est la seule chose qu’ils demandent explicitement à apprendre de Jésus : non pas comment prêcher, guérir, convertir… mais comment prier.

Et nous ? Savons-nous encore demander à Dieu, parler avec Lui, persévérer dans la prière comme Abraham, sans nous lasser ?

  1. Apprendre à prier, c’est entrer dans l’intimité du cœur de Dieu

Jésus commence par nous donner le Notre Père. Non pas une formule magique, mais une école de vie spirituelle. Quand tu dis : Notre Père, tu n’es plus seul : tu entres dans une relation filiale avec Dieu… et fraternelle avec les autres. Que ton Nom soit sanctifié… Ce n’est pas ton nom, ni ta volonté qui doit briller, mais la sienne. Donne-nous aujourd’hui… Tu apprends à vivre dans l’aujourd’hui de Dieu, sans t’inquiéter exagérément de demain. Pardonne-nous… car la prière transforme aussi le cœur blessé en cœur capable de miséricorde.

En fait, concrètement :

Quand tu dis Notre Père, tu n’es plus orphelin. Quand tu dis Que ta volonté soit faite, tu déposes ton agenda pour épouser le sien. Quand tu dis Donne-nous aujourd’hui, tu vis l’instant présent dans la confiance. Quand tu dis Pardonne-nous, tu cesses de te cacher, et tu entres dans la vérité de ton cœur blessé, appelé à guérir.

La prière n’est pas d’abord des mots. C’est une relation. C’est l’oxygène de l’âme.

Saint Jean-Marie Vianney disait :« La prière, c’est l’union de l’homme avec Dieu… c’est un doux échange d’amitié. »

  1. Persévérer dans la prière, même quand Dieu semble se taire

Jésus ne s’arrête pas à l’enseignement d’une prière. Il raconte une parabole : celle de l’ami importun. Un homme frappe chez son voisin, en pleine nuit. Il insiste… il dérange. Et à force d’insistance, la porte finit par s’ouvrir.

Quelle image saisissante ! Dieu n’est pas un distributeur automatique de grâce. Mais Il se laisse toucher par l’audace et la persévérance.

🔸       Oui,  Mais prier ne suffit pas. Il faut persévérer. Ne pas lâcher. Même quand Dieu semble silencieux.

Comme Abraham dans la première lecture.Il ose discuter avec Dieu. Il insiste, il négocie presque :« Et s’il y avait 50 justes ? Et 45 ? Et 40 ?… »

Il ne demande rien pour lui. Il plaide pour les autres. Voilà un cœur d’intercesseur. Un cœur qui croit que Dieu peut changer l’histoire, quand un seul homme se tient devant Lui avec foi.

Et puis Jésus raconte cette histoire étrange d’un homme qui frappe à la porte de son ami en pleine nuit, pour demander trois pains.

Et là, Il nous dit :« Demandez… cherchez… frappez… »
Et Il promet :« Votre Père du Ciel donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. »

Thérèse de Lisieux disait :« La prière, c’est un élan du cœur, un simple regard jeté vers le Ciel, un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme dans la joie. »

Et parfois, la prière devient lutte. On n’obtient pas toujours ce qu’on veut… mais si on persévère, on reçoit ce dont on a besoin.

            Un petit témoignage – “Je ne savais plus prier…”

Je pense à un homme que j’ai rencontré dans une paroisse.
Un jour, il m’a dit :« Mon Père, pendant 20 ans, j’ai prié pour que mon fils revienne à la foi. 20 ans ! Et puis un jour, j’ai arrêté. Trop fatigué. Trop de silence.
Mais un matin, j’entends frapper à ma porte. J’ouvre : c’était mon fils. Il me dit :“Papa, je veux te demander pardon. Je vais mal. J’ai besoin de Dieu. Tu m’apprends à prier ?”
J’ai pleuré. Et j’ai compris que même mes prières silencieuses, mes soupirs, mes douleurs… avaient été entendus. »

Frères et sœurs, Dieu n’est pas sourd. Il n’est pas absent. Il est Père. Et Il écoute.

            III. Dieu donne bien plus que ce qu’on ose espérer : son Esprit

Jésus conclut par cette promesse saisissante :« Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

On vient souvent à Dieu avec des demandes matérielles ou affectives. Mais Lui veut nous donner beaucoup plus : son Esprit, sa force, sa vie divine.

Une femme me disait récemment :« Mon mari est parti. Je n’ai plus rien… sauf ma foi. Et aujourd’hui, c’est cela qui me fait tenir. » Elle n’avait pas reçu ce qu’elle attendait… mais elle avait reçu le souffle de Dieu, la consolation du cœur. N’oublions JAMAIS CECI :Dieu ne nous donne pas toujours ce qu’on veut.Mais Il donne toujours ce dont on a besoin.

            Conclusion – Trois clés pour notre vie de prière

  1. Demande humblement à Jésus : « Apprends-moi à prier ! »
  2. Prie avec confiance : Dieu t’écoute, même s’Il semble se taire.
  3. Demande le Saint-Esprit : c’est Lui le vrai Don que ton cœur attend.

Pour finir je voudrais vous dire encore ceci : « La prière, ce n’est pas convaincre Dieu de faire notre volonté,c’est apprendre à accueillir la sienne – et à Lui faire confiance. »

Prière finale

Seigneur Jésus,

Toi qui priais le Père avec le cœur du Fils,
apprends-moi à prier,
non pas pour multiplier les mots,
mais pour t’ouvrir mon cœur.

Quand je me décourage,
mets en moi la foi d’Abraham et la confiance de l’ami de minuit.
Donne-moi la persévérance des saints,
la simplicité des enfants,
et l’audace de ceux qui espèrent contre toute espérance.

Seigneur, apprends-moi à désirer l’Esprit Saint,
plus que les dons… plus que les consolations.
Apprends-moi à aimer ta volonté,
et à dire chaque jour :Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite…

 

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C2025-07-31T09:04:51+02:00
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