À propos de Clément Bonou

Cet auteur n'a pas encore renseigné de détails.
Jusqu'à présent Clément Bonou a créé 32 entrées de blog.

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C

Seigneur, apprends-nous à prier… et à persévérer avec confiance !

Une question qui traverse les siècles

Un jour, les disciples regardent Jésus. Ils ne le voient pas simplement faire des miracles, ni enseigner avec autorité. Non, ils le voient prier. Et là, quelque chose les touche au plus profond :« Seigneur, apprends-nous à prier. ». Comme si cette manière d’être en relation avec Dieu était la source invisible de tout le reste.
C’est la seule chose qu’ils demandent explicitement à apprendre de Jésus : non pas comment prêcher, guérir, convertir… mais comment prier.

Et nous ? Savons-nous encore demander à Dieu, parler avec Lui, persévérer dans la prière comme Abraham, sans nous lasser ?

  1. Apprendre à prier, c’est entrer dans l’intimité du cœur de Dieu

Jésus commence par nous donner le Notre Père. Non pas une formule magique, mais une école de vie spirituelle. Quand tu dis : Notre Père, tu n’es plus seul : tu entres dans une relation filiale avec Dieu… et fraternelle avec les autres. Que ton Nom soit sanctifié… Ce n’est pas ton nom, ni ta volonté qui doit briller, mais la sienne. Donne-nous aujourd’hui… Tu apprends à vivre dans l’aujourd’hui de Dieu, sans t’inquiéter exagérément de demain. Pardonne-nous… car la prière transforme aussi le cœur blessé en cœur capable de miséricorde.

En fait, concrètement :

Quand tu dis Notre Père, tu n’es plus orphelin. Quand tu dis Que ta volonté soit faite, tu déposes ton agenda pour épouser le sien. Quand tu dis Donne-nous aujourd’hui, tu vis l’instant présent dans la confiance. Quand tu dis Pardonne-nous, tu cesses de te cacher, et tu entres dans la vérité de ton cœur blessé, appelé à guérir.

La prière n’est pas d’abord des mots. C’est une relation. C’est l’oxygène de l’âme.

Saint Jean-Marie Vianney disait :« La prière, c’est l’union de l’homme avec Dieu… c’est un doux échange d’amitié. »

  1. Persévérer dans la prière, même quand Dieu semble se taire

Jésus ne s’arrête pas à l’enseignement d’une prière. Il raconte une parabole : celle de l’ami importun. Un homme frappe chez son voisin, en pleine nuit. Il insiste… il dérange. Et à force d’insistance, la porte finit par s’ouvrir.

Quelle image saisissante ! Dieu n’est pas un distributeur automatique de grâce. Mais Il se laisse toucher par l’audace et la persévérance.

🔸       Oui,  Mais prier ne suffit pas. Il faut persévérer. Ne pas lâcher. Même quand Dieu semble silencieux.

Comme Abraham dans la première lecture.Il ose discuter avec Dieu. Il insiste, il négocie presque :« Et s’il y avait 50 justes ? Et 45 ? Et 40 ?… »

Il ne demande rien pour lui. Il plaide pour les autres. Voilà un cœur d’intercesseur. Un cœur qui croit que Dieu peut changer l’histoire, quand un seul homme se tient devant Lui avec foi.

Et puis Jésus raconte cette histoire étrange d’un homme qui frappe à la porte de son ami en pleine nuit, pour demander trois pains.

Et là, Il nous dit :« Demandez… cherchez… frappez… »
Et Il promet :« Votre Père du Ciel donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. »

Thérèse de Lisieux disait :« La prière, c’est un élan du cœur, un simple regard jeté vers le Ciel, un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme dans la joie. »

Et parfois, la prière devient lutte. On n’obtient pas toujours ce qu’on veut… mais si on persévère, on reçoit ce dont on a besoin.

            Un petit témoignage – “Je ne savais plus prier…”

Je pense à un homme que j’ai rencontré dans une paroisse.
Un jour, il m’a dit :« Mon Père, pendant 20 ans, j’ai prié pour que mon fils revienne à la foi. 20 ans ! Et puis un jour, j’ai arrêté. Trop fatigué. Trop de silence.
Mais un matin, j’entends frapper à ma porte. J’ouvre : c’était mon fils. Il me dit :“Papa, je veux te demander pardon. Je vais mal. J’ai besoin de Dieu. Tu m’apprends à prier ?”
J’ai pleuré. Et j’ai compris que même mes prières silencieuses, mes soupirs, mes douleurs… avaient été entendus. »

Frères et sœurs, Dieu n’est pas sourd. Il n’est pas absent. Il est Père. Et Il écoute.

            III. Dieu donne bien plus que ce qu’on ose espérer : son Esprit

Jésus conclut par cette promesse saisissante :« Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

On vient souvent à Dieu avec des demandes matérielles ou affectives. Mais Lui veut nous donner beaucoup plus : son Esprit, sa force, sa vie divine.

Une femme me disait récemment :« Mon mari est parti. Je n’ai plus rien… sauf ma foi. Et aujourd’hui, c’est cela qui me fait tenir. » Elle n’avait pas reçu ce qu’elle attendait… mais elle avait reçu le souffle de Dieu, la consolation du cœur. N’oublions JAMAIS CECI :Dieu ne nous donne pas toujours ce qu’on veut.Mais Il donne toujours ce dont on a besoin.

            Conclusion – Trois clés pour notre vie de prière

  1. Demande humblement à Jésus : « Apprends-moi à prier ! »
  2. Prie avec confiance : Dieu t’écoute, même s’Il semble se taire.
  3. Demande le Saint-Esprit : c’est Lui le vrai Don que ton cœur attend.

Pour finir je voudrais vous dire encore ceci : « La prière, ce n’est pas convaincre Dieu de faire notre volonté,c’est apprendre à accueillir la sienne – et à Lui faire confiance. »

Prière finale

Seigneur Jésus,

Toi qui priais le Père avec le cœur du Fils,
apprends-moi à prier,
non pas pour multiplier les mots,
mais pour t’ouvrir mon cœur.

Quand je me décourage,
mets en moi la foi d’Abraham et la confiance de l’ami de minuit.
Donne-moi la persévérance des saints,
la simplicité des enfants,
et l’audace de ceux qui espèrent contre toute espérance.

Seigneur, apprends-moi à désirer l’Esprit Saint,
plus que les dons… plus que les consolations.
Apprends-moi à aimer ta volonté,
et à dire chaque jour :Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite…

 

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C2025-07-31T09:04:51+02:00

Homélie du Père Clément, XVIe dimanche du TO, année C

« Accueillir Dieu… et se laisser accueillir par Lui »

Frères et sœurs bien-aimés,

Il est parfois plus facile d’agir que de s’asseoir. Plus rassurant de tout organiser que d’ouvrir son cœur. Plus confortable de faire… que d’être.

Et pourtant, l’Évangile d’aujourd’hui nous déplace. Il nous emmène à Béthanie, dans cette maison chaleureuse où Marthe et Marie accueillent Jésus. Et à travers elles, c’est chacun de nous que le Seigneur vient visiter.

  1. Accueillir : non pas seulement faire entrer, mais se laisser rejoindre

Marthe et Marie ont toutes les deux un immense désir de bien faire. Marthe s’active, Marie s’assied. L’une prépare, l’autre écoute. Mais Jésus ne vient pas distribuer des bons points : il vient révéler un cœur.

Ce qu’il dit à Marthe – « tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses » – ce n’est pas un reproche dur, mais un appel tendre :Marthe, et si tu me laissais t’aimer ?

Car c’est cela, au fond, la clé de l’accueil véritable. Ce n’est pas d’abord notre générosité. C’est notre capacité à nous laisser aimer, enseigner, transformer.

Marie choisit la « meilleure part » parce qu’elle s’ouvre à la Présence, elle fait silence, elle s’émerveille. Et elle nous montre que la foi commence par l’écoute, pas par le faire.

Sainte Thérèse de Lisieux écrivait :« Jésus n’a pas besoin de nos œuvres, mais de notre amour. »

  1. Une hospitalité qui devient rencontre : Abraham sous le chêne de Mambré

La première lecture éclaire merveilleusement cette scène. Abraham, figure de l’hospitalité biblique, accueille trois étrangers. Il se donne du mal, il court, il fait préparer un vrai festin.

Mais soudain, tout bascule : ce ne sont plus trois simples visiteurs… c’est le Seigneur qui est là. Et dans l’accueil offert, c’est une promesse qui se déploie : « L’an prochain, tu auras un fils. »

Ce récit nous rappelle que Dieu vient souvent dans les visages inattendus. Il se cache dans les pauvres, dans les étrangers, dans les frères en recherche. Et quand nous ouvrons notre porte, c’est notre propre vie qu’il transforme.

Un proverbe éthiopien dit :« L’étranger que tu accueilles est le messager du ciel que tu ne reconnais pas encore. »

  1. Témoignage : « J’étais venu pour aider, j’ai été évangélisé »

Permettez-moi un témoignage. Une jeune bénévole est partie en mission dans un foyer d’accueil pour sans-abris. Elle voulait donner du temps, faire le bien.
Mais ce qu’elle a vécu l’a bouleversée. Elle raconte :« Un soir, un homme m’a dit : « Je te remercie pour ton sourire. Tu es la première depuis longtemps à m’avoir regardé comme un homme et non comme un déchet. » J’étais venue pour aider… et c’est moi qui ai été relevée. »

Elle a compris, ce jour-là, que l’accueil vrai n’est pas seulement horizontal. Il est aussi sacré. Quand nous accueillons l’autre, c’est le Christ que nous accueillons – et souvent, c’est Lui qui nous relève à travers lui.

  1. Une parole de Paul pour aller plus loin : « Le Christ en vous »

Dans la 2e lecture, Paul nous révèle ce mystère fou : « Le Christ est en vous, espérance de la gloire. »

Ce n’est pas un Jésus extérieur, distant, réservé aux lieux sacrés. Il est en nous. Il désire demeurer en nos maisons, en nos âmes, dans notre quotidien. Et ce Christ intérieur, il faut lui faire de la place.

Marthe nous dit : « Sers le Seigneur avec tout ton cœur. »
Marie nous dit : « Écoute le Seigneur avec tout ton cœur. »
Et Jésus répond : « Fais les deux… mais commence par me laisser t’aimer. »

 Conclusion : Accueillir Dieu, c’est le laisser faire en nous ce que nous ne pourrions jamais faire seuls

En ce dimanche, frères et sœurs, Jésus vient frapper à la porte de notre vie.

Il ne cherche pas une maison parfaite. Il cherche un cœur ouvert.
Il ne vient pas pour être impressionné, mais pour nous transformer.

Alors que nous soyons aujourd’hui Marthe ou Marie, que notre cœur soit agité ou disponible, que nous soyons à bout ou pleins de zèle… faisons une chose simple :Arrêtons-nous. Écoutons. Et laissons-nous aimer.

 « Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10,42)
Et si c’était aussi la part que le Seigneur nous invite à choisir aujourd’hui ?

  • « Marthe, sois bénie pour tes bons services ; lorsque tu arriveras à la patrie céleste, tout cela n’existera plus là-bas : il n’y aura là-bas que ce que Marie a choisi » (Saint Augustin)

🌿 Méditation – « La meilleure part »

Il y a tant à faire.
Tant à organiser, à prévoir, à réussir.
Mais Jésus ne nous félicite pas d’abord pour ce que nous accomplissons…
Il nous invite à choisir la meilleure part.

Et cette part, c’est Lui.

C’est ce moment de silence où il parle à notre cœur.
Ce regard posé sur un frère en détresse.
Ce souffle intérieur qui nous dit : « Laisse-toi aimer. »

Quand nous cessons un instant de courir,
le Christ entre.
Et c’est alors qu’il commence en nous l’œuvre que nous ne pouvions pas faire seuls.

Choisir la meilleure part,
c’est lui faire de la place.

 

 

Homélie du Père Clément, XVIe dimanche du TO, année C2025-07-31T09:05:08+02:00

Homélie du Père Clément, XVe dimanche du TO, année C

« Va, et toi aussi fais de même ! »

Frères et sœurs bien-aimés,

Aujourd’hui, l’Évangile nous rejoint comme une flèche en plein cœur. Une parole à la fois simple et dérangeante, directe et décapante. Il suffit de deux personnages pour bouleverser notre vision de l’amour du prochain : le docteur de la Loi et le Bon Samaritain. Et à travers leur dialogue, Jésus nous pousse à une conversion du regard, du cœur… et surtout de nos habitudes.

« Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » ‒ elle jaillit des lèvres d’un spécialiste de la Loi, mais elle habite le cœur de chaque être humain. Aujourd’hui, Jésus y répond par la parabole la plus célèbre… et la plus dérangeante : celle du Bon Samaritain.

  1. Une question honnête… ou pas ?

Tout commence par une question : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Elle semble belle, sincère. Mais saint Luc nous précise l’intention : « Il voulait mettre Jésus à l’épreuve. » Ce n’est pas la soif de Dieu qui pousse cet homme, mais le désir de tester, de provoquer.

Et pourtant, Jésus ne le rejette pas. Il l’invite à réfléchir par lui-même : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? » L’homme répond bien : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… et ton prochain comme toi-même. » Parfait. Mais il ne s’arrête pas là. Il veut « se justifier » et demande : « Et qui est mon prochain ? »Voilà la vraie question.

  1. Trois hommes, une route, un blessé…

Et Jésus raconte une parabole. Un homme est laissé à moitié mort sur le bord de la route. Un prêtre passe. Il voit… et passe. Un lévite passe. Il voit… et passe. Et puis arrive un Samaritain. Un étranger. Un hérétique pour les Juifs. L’ennemi naturel. Et c’est lui qui va s’arrêter.

Il voit, est saisi de compassion, s’approche, panse les blessures, prend du temps, prend des risques, paie de sa poche. ….Quel contraste !

Ce que Jésus dénonce, ce n’est pas le mal qu’ont fait les premiers… mais le bien qu’ils n’ont pas fait. Ce qu’on appelle le péché d’omission. Ils avaient sans doute de bonnes raisons : peur de se souiller, de rater la prière à Jérusalem, d’être eux-mêmes attaqués… Mais au fond, ils ont laissé la Loi devenir une excuse pour éviter l’amour.

III.  Le prochain, c’est celui que je choisis d’aimer

La question du docteur était : « Qui est mon prochain ? » — comme s’il s’agissait de définir des catégories : les miens, ceux que je dois aider, et les autres… que je peux ignorer. Mais Jésus inverse la question : « Lequel s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? »

Autrement dit, le prochain, ce n’est pas l’autre. C’est moi quand je me fais proche.
Ce n’est pas une catégorie. C’est une attitude, un choix de cœur. Le chrétien ne se demande pas : “Est-ce que celui-là est digne d’être aimé ?” mais “Comment puis-je lui manifester l’amour de Dieu ?”

Comme le disait saint Jean Chrysostome : « Tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas quand il est nu. Ne l’honore pas dans l’église avec des tissus de soie pendant que tu le laisses dehors grelotter de froid et de misère. »

  1. Un amour concret, incarné, coûteux

Jésus ne nous demande pas une vague bienveillance sentimentale. Il nous appelle à aimer en actes, avec les mains, avec notre temps, notre énergie, nos ressources.

La première lecture (Dt 30) le dit merveilleusement : « Cette Parole est toute proche de toi… dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. »
Elle est là, à portée de main, prête à se traduire en gestes. Dieu n’est pas inaccessible. Il est proche. Et il nous appelle à être proches les uns des autres.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous parle du Christ comme « l’image du Dieu invisible », « par qui tout a été créé », et « par qui tout est réconcilié ». Le Samaritain, c’est une figure du Christ. Il s’abaisse, se penche, relève, guérit, paie de sa vie pour que l’autre revive.

  1. Témoignage : Un rabbin « bon samaritain »

Permettez-moi un témoignage. On raconte de certains juifs, curieux de voir disparaître leur rabbin la vigile du samedi. Ils soupçonnèrent qu’il gardait un secret, peut-être avec Dieu, et confièrent à l’un deux la tâche de le suivre… Et ainsi il le fit, plein d’émotion, jusqu’à un recoin misérable de la ville, où il vit le rabbin balayer la maison d’une femme: elle était paralytique, et il la servait et lui préparait un repas spécial pour la vigile. Lorsque l’espion revint, on lui demanda: «Où a-t-il été? au ciel, entre les nuages ou les étoiles?». Et ce dernier lui répondit: «Non, il est monté beaucoup plus haut»

Ce rabbin, c’est peut-être vous. Ou moi. Ou chacun de nous, quand nous laissons le Christ aimer à travers nous.

Témoignage : « Ce jour-là, j’ai vu le Christ en jean et baskets »

C’est arrivé en plein centre-ville de Lyon, un jour de semaine très ordinaire. Vers 18h, en heure de sortie de bureau, les rues étaient pleines de monde.
Une femme d’une soixantaine d’années s’effondre sur le trottoir. Malaise. Elle tombe lourdement, sa tête cogne le bitume. Les gens passent, jettent un regard, lèvent les yeux, ralentissent… mais personne ne s’arrête vraiment. Peut-être ont-ils peur, ou simplement… ils sont pressés.

Mais voilà qu’un jeune homme — casquette à l’envers, jean troué, tee-shirt noir — surgit. Il lâche son vélo, se penche, lui parle doucement : « Madame, vous m’entendez ? » Il appelle les secours, reste à genoux à côté d’elle, glisse sa veste sous sa tête. Il reste là, comme un veilleur, pendant de longues minutes, alors que les autres contournent la scène.

Les pompiers arrivent. Ils repartent avec la dame. Et lui ? Il reprend son vélo, sans dire un mot, sans chercher à se faire remarquer.

Une femme âgée, qui observait toute la scène depuis le trottoir d’en face, s’est approchée et a murmuré à voix basse : « Ce garçon… il ne sait peut-être pas prier. Mais aujourd’hui, il a été les mains de Dieu. »

Ce que ce témoignage dit…Frères et sœurs, le Bon Samaritain ne porte pas toujours une croix autour du cou. Il ne connaît peut-être pas tous les versets de la Bible, mais il connaît l’instinct du cœur qui se penche.Le Christ passe encore aujourd’hui dans la rue, dans nos villes, dans nos gestes de compassion. Il prend des visages inattendus.  Et si nous, chrétiens, ne sommes pas les premiers à nous arrêter, qui le fera ?

L’eucharistie : l’auberge où Dieu soigne nos blessures

  • Sur l’autel, le Christ se fait Samaritain : il verse sur nos blessures le vin de sa Parole et l’huile de son Esprit.
  • Il paie d’avance notre dette : « Prenez, ceci est mon Corps livré pour vous. »
  • Il nous confie ensuite les uns aux autres : « Allez, et de même faites-vous aussi. »

VI- Le Bon Samaritain en chacun de nous

Frères et sœurs, la question n’est plus : « Qui est mon prochain ? »
Mais plutôt : « Pour qui vais-je devenir prochain aujourd’hui ? »

Un voisin âgé oublié ?
Une collègue blessée par la vie ?
Un jeune isolé en quête de sens ?
Un proche difficile à aimer ?…………………….
« Va, et toi aussi, fais de même. »

Ce n’est pas un conseil. C’est un appel. Un commandement de vie.
Et si chacun de nous devenait aujourd’hui le Samaritain de quelqu’un ?

Une Petite prière

Seigneur Jésus,
Toi qui es venu vers nous quand nous étions blessés, rejetés, abandonnés,
Apprends-nous à nous faire proches,
À voir, à compatir, à aimer en actes.
Donne-nous un cœur de Samaritain,
Un cœur semblable au tien.
Amen.

Sur la route de Jéricho
Frères et sœurs… Nous sommes tous… le prochain… de quelqu’un.
Parfois… une simple rue devient un pont.

  • Aimer Dieu… c’est aimer celui… que je croise… ici… maintenant.
  • L’indifférence… est un mal silencieux :
    elle ferme les yeux… les oreilles… et le cœur.
  • Le prêtre… le lévite… ont vu l’homme blessé.
    Ils ont continué… parce qu’il ne comptait pas… assez pour eux.
  • Puis vient un étranger…
    il s’approche… regarde… et son cœur s’ouvre.
  • Il nettoie les plaies… il porte le corps…
    il protège comme un frère.
  • Par ce geste… Dieu murmure :
    « Je ne t’abandonnerai jamais. »
  • L’auberge devient espérance.
    La charité… ne compte pas… elle donne tout.
  • Là où l’amour est offert…
    la vie reprend… la confiance renaît.
  • Alors toi, mon frère, ma sœur… va !
    Que chacun de tes pas… devienne un acte d’amour… sur la route.
    )

 

 

Homélie du Père Clément, XVe dimanche du TO, année C2025-07-15T11:44:58+02:00

Homélie du Père Clément, dimanche de la Sainte Trinité, année C

Solennité de la Très Sainte Trinité 2025
Frères et sœurs bien-aimés,

Comment parler de la Trinité sans tomber dans des concepts abstraits ? Comment rendre vivante cette vérité centrale de notre foi : un seul Dieu en trois personnes – le Père, le Fils et le Saint-Esprit ? Ce mystère, loin d’être un casse-tête théologique, est avant tout une révélation d’amour, une clé pour entrer dans le cœur de Dieu, et pour comprendre le sens de notre vie.

  1. La Trinité : Dieu est relation, Dieu est amour

Le livre des Proverbes que nous avons entendu (Pr 8,22-31) nous présente la Sagesse éternelle qui était auprès de Dieu au commencement, qui « était à ses côtés comme un maître d’œuvre ». Les Pères de l’Église ont vu dans cette Sagesse la figure du Verbe, le Fils éternel, engendré avant les siècles.

Et voici le cœur de notre foi : Dieu est communion, Dieu n’est pas un solitaire enfermé dans sa toute-puissance. Dieu est relation vivante, Père, Fils et Esprit dans un échange éternel d’amour. Comme le dit saint Augustin :

« Le Père est l’Amant, le Fils est l’Aimé, et l’Esprit est l’Amour. »

C’est pour cela que nous, créés à son image, nous ne pouvons pas vivre sans aimer, sans être en relation. Car l’amour nous constitue !

  1. La Trinité se révèle dans l’histoire : Dieu avec nous

Dieu ne s’est pas contenté de demeurer dans la lumière inaccessible. Il s’est révélé dans l’histoire du salut.

  • Dans l’Ancien Testament : Dieu le Père crée, appelle, conduit son peuple.
  • Dans l’Incarnation : le Fils entre dans notre chair, parle notre langue, nous sauve par la croix.
  • À la Pentecôte : l’Esprit Saint est répandu dans nos cœurs, nous faisant enfants de Dieu.

Saint Paul le dit magnifiquement dans la deuxième lecture (Rm 5,1-5) :

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »
C’est l’Esprit qui nous donne la paix, l’espérance, la capacité de traverser les épreuves sans désespérer.

III. Un mystère qui se vit plus qu’il ne se comprend

Une petite histoire vraie : dans une école catholique d’Afrique, un missionnaire demande un jour à un enfant de 9 ans ce qu’est la Trinité. L’enfant répond simplement :

« C’est Dieu qui est famille, et qui veut qu’on vive comme des frères. »
C’était peut-être la plus belle définition entendue ce jour-là.

La Trinité est un mystère d’amour partagé, une invitation pour nous à vivre en communion, en unité, dans la famille, dans l’Église, dans la société.
Et ce n’est pas une idée vague : cela se vérifie dans les actes.

  1. Témoignages : vivre de la Trinité aujourd’hui

Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, a profondément médité ce mystère. Elle disait :

« Quand deux ou trois vivent l’amour réciproque au nom de Jésus, le Ressuscité est au milieu d’eux. Et là, il y a déjà un reflet de la Trinité. »
Elle et ses compagnons vivaient cette unité dans les gestes concrets du quotidien, dans le pardon, dans le partage, dans l’écoute mutuelle.

  1.  Une autre histoire : celle d’un médecin de campagne, croyant discret. Un jour, il est appelé au chevet d’un vieil homme mourant, abandonné de tous. Le médecin soigne, réchauffe, reste à ses côtés jusqu’à la fin. Quand on lui demande pourquoi, il dit simplement :

« Parce que Dieu n’est pas seul là-haut. Il est Père, Fils et Esprit. Alors moi non plus je ne veux jamais laisser quelqu’un seul. »

  1. Et nous ? Comment vivons-nous de la Trinité ?
  • Si je dis « notre Père », est-ce que je regarde l’autre comme mon frère ou ma sœur ?
  • Si je crois en Jésus, est-ce que je choisis d’aimer et de pardonner comme lui ?
  • Si je reçois l’Esprit Saint, est-ce que je laisse la joie, la paix et la douceur guider mes actes ?

Vivre de la Trinité, c’est cultiver en nous l’unité dans la diversité, l’amour dans la vérité, la présence dans le silence.

Conclusion : Louange à la Trinité

En contemplant le mystère trinitaire, nous sommes comme l’enfant au bord de l’océan qui veut le vider avec une coquille… mais plus nous contemplons, plus nous aimons. Et c’est l’amour qui nous fait comprendre.

Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! (Ps 8)
Ce cri du psaume peut devenir le chant de nos vies, si nous accueillons la présence du Dieu trinitaire au cœur de notre quotidien.

 Prière finale :

Ô Trinité Sainte, Père, Fils et Esprit,
Toi qui es Amour en ta source,
Fais de nous des témoins de ton unité.
Dans nos familles divisées,
Dans nos Églises parfois blessées,
Dans notre monde déchiré,
Mets en nous la paix,
Inspire en nous l’amour,
Et fais de nos vies un reflet de ta communion éternelle.
Amen.

 

Homélie du Père Clément, dimanche de la Sainte Trinité, année C2025-06-17T10:12:31+02:00

Homélie du Père Clément, Pentecôte, année C

« Sans l’Esprit, tout s’effondre. Avec Lui, tout recommence. »

Frères et sœurs bien-aimés,

Aujourd’hui, nous célébrons un feu qui descend, un souffle qui libère, une Église qui se lève !

La Pentecôte, c’est le contraire d’une fête folklorique avec des colombes et des flammes décoratives.
Non. Pentecôte, c’est un bouleversement.
C’est le jour où Dieu prend l’initiative de souffler dans les cendres de nos peurs pour allumer un brasier d’espérance.

  1. Un souffle qui libère les enfermés

L’Évangile nous dit que les disciples sont enfermés par la peur. Et soudain, Jésus entre, debout au milieu d’eux. Il souffle. Il dit : « La paix soit avec vous. »

Frères et sœurs, combien de portes sont verrouillées aujourd’hui dans nos vies ?
Portes verrouillées par l’amertume, le doute, le repli sur soi, les blessures…Et Jésus, aujourd’hui encore, vient traverser ces murs. Il souffle et dit :« Recevez l’Esprit Saint. »

Il y a des jours qui marquent l’histoire, non seulement celle des peuples, mais aussi celle de l’âme.
La Pentecôte est un de ces jours. Ce jour où Dieu souffle, et où tout commence autrement.

Un jour, un prêtre demandait à un groupe de jeunes : « Savez-vous à quoi ressemble un chrétien sans l’Esprit Saint ? » L’un répondit : « À une lampe sans électricité ! » Exactement.
Sans l’Esprit, la foi est une belle coque… vide. Mais quand l’Esprit descend, tout s’enflamme, tout s’anime, tout s’illumine.

Aujourd’hui, nous fêtons la naissance de l’Église, non pas comme une institution, mais comme un peuple en feu. Un peuple envoyé, habité, transformé.

Et voici ce que disait le Cardinal Athënagoras, patriarche de Constantinople :

« Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Évangile est une lettre morte, l’Église une simple organisation, l’autorité une domination, la mission une propagande, le culte une évocation, et l’agir chrétien une morale d’esclave…
Mais dans l’Esprit, et avec Lui :
le Christ est ressuscité, l’Évangile devient puissance de vie, l’Église devient communion trinitaire, la liturgie est mémoire et anticipation du Royaume, l’agir devient vie nouvelle
. »

  1. L’Esprit fait parler le cœur de chacun

Dans les Actes des Apôtres, on entend :« Chacun les entendait parler dans sa propre langue. »

Ce n’est pas seulement un phénomène sonore. C’est le miracle de la communion : l’Esprit donne de parler le langage du cœur. Celui qui guérit, qui unit, qui réconcilie.

🕯️ Témoignage 1 : une missionnaire en Afrique racontait qu’en priant avec un village, sans connaître la langue locale, elle a parlé spontanément dans une langue inconnue d’elle. Après la prière, une vieille femme l’a remerciée en pleurant : elle avait prié dans le dialecte de sa grand-mère décédée. Une langue oubliée… que seule l’Esprit pouvait réveiller pour consoler un cœur.

  1. L’Esprit transforme les cœurs blessés en témoins brûlants

Frères et sœurs, c’est Pierre, celui qui avait renié, qui se lève et proclame.
C’est Thomas, le sceptique, qui devient l’apôtre de l’Inde. C’est Marie, silencieuse, qui devient la Mère en prière au Cénacle.

🕯️ Témoignage 2 : un jeune toxicomane en Italie, sauvé par la communauté du Cenacolo, expliquait :« Le jour où j’ai crié vers Dieu, je me suis senti comme un enfant pris dans les bras. J’étais un mort vivant, et l’Esprit m’a rendu la vie. Aujourd’hui, je sers ceux que j’aurais volés hier. »

Voilà l’œuvre de l’Esprit : il ne fabrique pas des super-héros, mais des hommes ressuscités.
Il ne fait pas de nous des puissants, mais des serviteurs en feu, des témoins debout.

🕯️ Témoignage 3 : un prêtre missionnaire en Asie raconte avoir vécu des mois sans résultats, sans conversion, jusqu’au jour où, dans un profond découragement, il a prié intensément : « Viens, Esprit Saint ! » À partir de là, une simple rencontre a bouleversé tout un village. Il disait :« J’avais tout donné… sauf l’essentiel : l’Esprit. »

  1. Les fruits de l’Esprit sont visibles !

Saint Paul est très clair : il y a un combat entre la chair et l’Esprit.
Et ce combat se joue dans le concret : jalousies ou joie ? rivalités ou paix ? haine ou amour ?

Vivre selon l’Esprit, ce n’est pas vivre dans les nuées, c’est incarner au quotidien des choix lumineux : douceur, maîtrise de soi, bonté, fidélité…

Là où l’Esprit Saint est présent, le fruit est visible. Pas forcément dans les grandes choses, mais dans la manière d’aimer, de servir, d’être en relation avec les autres.

Saint Paul ne s’y trompe pas :« Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. »

On reconnaît un arbre à ses fruits.
Alors posons-nous une question simple : Quels fruits l’Esprit porte-t-il en moi ?
Et si ces fruits sont absents… c’est peut-être que je n’ai pas encore laissé le vent souffler vraiment.

Illustration : Sainte Mariam de Bethléem disait :« Quand l’Esprit Saint est en nous, notre cœur devient un jardin… tout pousse. Sans Lui, tout est désert. »

Temoignage . Claude Convert – Ancien taulard devenu prédicateur de feu

Qui était-il ?
Originaire de Grenoble, Claude Convert fut dans les années 1970 un voyou notoire, toxicomane, trafiquant de drogue. Multiples séjours en prison. Il méprisait l’Église et riait de toute religion.

Le tournant :
Lors d’une mission organisée en prison, il assiste à un temps de prière avec des chrétiens engagés. Il sent quelque chose d’invisible mais puissant : une paix qui l’envahit, des larmes qu’il ne comprend pas. Il dira :

« L’Esprit m’a retourné comme une crêpe. Moi qui n’avais pas pleuré depuis des années, j’ai sangloté comme un gosse. »

Il vit une vraie effusion de l’Esprit, commence un chemin de conversion intense, entre dans une communauté charismatique, puis devient évangélisateur itinérant, prêchant dans des prisons et auprès des jeunes en rupture.

Fruit de l’Esprit : Un homme dur, méprisant, devient doux, joyeux, et passionné du Christ. Il témoignera pendant 40 ans à travers toute la France.

Conclusion : l’Esprit Saint attend notre « oui »

Frères et sœurs, la Pentecôte n’est pas une fête du passé. C’est un appel aujourd’hui : à ouvrir nos fenêtres, à sortir de nos peurs, à laisser Dieu souffler. Le monde a besoin non pas de chrétiens bien pensants, mais de cœurs brûlants, de témoins habités.

Et si tu ne sais pas comment faire, commence par cette prière :

🙏 Prière finale à l’Esprit Saint

Viens, Esprit Saint !
Viens comme un feu dans mes tiédeurs,
Viens comme une lumière dans mes nuits,
Viens comme un souffle dans mes fatigues.

Délie ce qui est noué,
Rejoins ce qui est brisé,
Ressuscite ce qui est mort.

Viens, Esprit d’unité,
pour que je parle le langage de l’amour.
Viens, Esprit de vérité,
pour que je vive en fils de lumière.
Viens, Esprit de sainteté,
pour que je marche chaque jour selon ton cœur.

Viens, Esprit Saint, et renouvelle la face de la terre !

Homélie du Père Clément, Pentecôte, année C2025-06-11T12:16:54+02:00

Homélie du Père Clément, VIe dimanche de Pâques, année C

« Demeurer dans l’Amour, habiter la Paix »

Frères et sœurs bien-aimés,

Le Seigneur Jésus, à l’heure de quitter ses disciples, leur laisse un trésor plus précieux que l’or : sa paix. Pas une paix mondaine, faite de compromis ou de silence gêné, mais la paix qui vient de Dieu : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. »

Cette paix est le fruit de l’amour et de la présence. C’est la paix de celui qui demeure en Dieu. Et Jésus ajoute : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui, et chez lui nous ferons une demeure. »

            Voilà la source de la vraie paix : un cœur qui devient demeure de Dieu.

  1. Un cœur habité devient lumière

La deuxième lecture, tirée de l’Apocalypse, nous donne une vision céleste : la Jérusalem nouvelle, rayonnante de lumière. Ce n’est pas une ville éclairée par des lampes ou le soleil, mais illuminée par la gloire de Dieu.

Cette ville sainte, c’est l’image de l’Église, et de chaque cœur qui accueille Dieu. Celui qui aime et garde la Parole devient comme un sanctuaire. Il n’a plus besoin de s’agiter : il est rempli de la lumière divine.

Et c’est là le secret de la sainteté : non pas faire des choses extraordinaires, mais aimer Dieu et Lui faire une place chez soi.

  1. Des mères comme demeures de Dieu

Aujourd’hui, nous fêtons les mères, celles par qui Dieu a fait passer la vie, l’amour, l’éducation, la tendresse.

Qu’est-ce qu’une vraie mère chrétienne, sinon une femme qui devient, pour ses enfants, le premier Évangile vivant ? Une femme en qui les enfants perçoivent la patience de Dieu, la douceur de Marie, l’amour inlassable du Christ ?

Il y a dans le cœur d’une mère, cette capacité à faire « demeure » pour l’autre. Elle devine, elle console, elle soutient. Elle ne se contente pas de donner la vie : elle la fait grandir.

Je pense à cette parole de sainte Thérèse de Lisieux parlant de sa maman, Zélie Martin : « Le Bon Dieu m’a donné une maman plus digne du Ciel que de la terre. »
Que tant de mères ici puissent entendre cela, un jour, dans le cœur de leurs enfants.

  1. Un témoignage : La paix transmise jusqu’au dernier souffle

Permettez-moi de vous raconter brièvement l’histoire de Claire, une mère de cinq enfants, décédée il y a quelques années. Jusqu’au bout, rongée par la maladie, elle a gardé un regard serein, un sourire paisible. À son aînée, qui l’interrogeait avec angoisse, elle répondit : « Tu sais, j’ai fait de mon mieux pour aimer. Je n’ai pas toujours réussi, mais je suis restée fidèle. Et Jésus m’attend. »

Ses derniers mots furent : « Que la paix soit dans cette maison. »
Son cœur avait vraiment été la demeure de Dieu. Et cette paix, elle l’a transmise comme un héritage.

  1. Comment vivre et expérimenter la paix de Dieu ?

Frères et sœurs, la paix dont parle Jésus n’est pas un vague sentiment intérieur, ni un simple apaisement psychologique. Elle est fruit de l’Esprit Saint (cf. Gal 5,22), don du Ressuscité, et expérience de la Présence de Dieu dans le concret de nos vies.

Voici trois chemins concrets pour l’accueillir et la faire grandir :

  1. La fidélité à la Parole de Dieu
    Jésus le dit clairement : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. »
    La paix naît de cette fidélité. Lire l’Évangile, le méditer, le laisser façonner notre manière de vivre, c’est déjà laisser entrer la paix dans notre maison intérieure.
  2. Le pardon et la réconciliation
    Combien de familles ou de cœurs restent troublés faute de pardon !
    La paix divine s’enracine dans la miséricorde reçue et donnée. Un cœur qui pardonne est un cœur libéré, capable d’accueillir la paix du Christ.
  3. L’abandon confiant dans la prière
    Saint Paul écrivait aux Philippiens :« Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose, dans la prière et la supplication, faites connaître vos demandes à Dieu. Alors la paix de Dieu gardera vos cœurs. » (Ph 4,6-7)
    La prière transforme l’agitation en abandon. La paix ne vient pas toujours parce que les circonstances changent, mais parce que Dieu y entre.

Une religieuse me disait un jour : « La paix, ce n’est pas le silence autour de moi, c’est Dieu assis au milieu de mes tempêtes. »

  1. Que ton cœur devienne une maison pour Dieu

Alors en ce dimanche de lumière, de promesse et de reconnaissance, laissons Jésus faire en nous sa demeure. Aimons-Le, gardons sa Parole, et nous verrons notre vie devenir lumineuse.

Et n’oublions pas de dire merci à nos mamans :

  • Celles qui sont là, discrètes, mais essentielles.
  • Celles qui nous regardent depuis le Ciel.
  • Et celles qui, comme Marie, ont tenu bon dans la nuit, pour que d’autres vivent au grand jour.

Prière finale :

Seigneur Jésus,
Tu nous as promis ta paix, et tu veux faire ta demeure en nous.
Apprends-nous à t’aimer vraiment, à garder ta parole, à faire de nos maisons des lieux d’amour et de prière.
Bénis toutes les mères aujourd’hui : qu’elles soient renouvelées dans leur mission,
consolées dans leurs combats, et comblées de ta joie.

Marie, Mère du Bel Amour,
Mère des vivants,
apprends-nous à faire de nos vies une demeure pour Dieu. Amen.

  • §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

💌 Lettre d’un enfant à sa mère (Anonyme).

« Maman, tu es mon premier miracle »

Chère Maman,

Il y a des choses qu’on ne dit pas assez souvent. Des mots simples, mais essentiels, qu’on garde parfois trop longtemps dans le silence du cœur.

Aujourd’hui, j’ai envie de te dire merci.

Merci d’abord pour la vie. Pas seulement pour m’avoir mise au monde, mais pour m’avoir appris à aimer cette vie, même dans ses jours gris.
Tu as été pour moi un abri quand le monde faisait peur, une lumière quand tout semblait s’éteindre, une boussole quand je ne savais plus dans quelle direction marcher.

Quand j’étais petit(e), je croyais que tu étais invincible.
Aujourd’hui je sais que tu étais forte, mais pas parce que tu ne pleurais jamais. Tu étais forte parce que tu aimais sans compter, parce que tu te relevais chaque fois qu’on tombait, parce que tu croyais en moi quand moi-même j’en étais incapable.

Je me rends compte aujourd’hui que les bras d’une mère sont le premier sanctuaire de l’enfant.
Tu as été ma première école de l’Évangile :
– En me pardonnant, tu m’as appris la miséricorde.
– En m’encourageant, tu m’as appris la confiance.
– En priant pour moi, tu m’as ouvert un chemin vers Dieu.

Maman, tu es mon premier miracle, celui que Dieu m’a donné pour me faire comprendre ce qu’est l’amour vrai.

Alors oui, je te dis merci, mais aussi pardon.
Pardon pour les mots que je n’ai pas dits,
pour les blessures que je n’ai pas vues,
pour les fatigues que je n’ai pas sues.

Et surtout, je te dis : je t’aime.
Pas seulement aujourd’hui, pas juste parce que c’est ta fête.
Mais parce que ton amour m’a construit, et qu’il vit en moi, comme une musique que rien n’éteindra.

Je prie pour que le Ciel t’envoie chaque jour ce que ton cœur espère.
Et si un jour, tu doutais de ta valeur, souviens-toi de ceci : Ton amour m’a rendu(e) meilleur(e). Et ça, ça ne passera jamais.

Avec tout mon amour,/Ton enfant !

 

Homélie du Père Clément, VIe dimanche de Pâques, année C2025-05-26T15:44:00+02:00

Homélie du Père Clément, Ve dimanche de Pâques, année C

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » – Le commandement nouveau

Frères et sœurs bien-aimés,

Lorsque quelqu’un sent que sa fin approche, ce qu’il dit prend un poids tout particulier. Il ne parle plus pour briller, il parle pour transmettre l’essentiel. C’est ce que fait Jésus en ce soir du Jeudi Saint, alors qu’il vient de laver les pieds de ses disciples, et que Judas sort dans la nuit pour le trahir. C’est dans cette tension dramatique que Jésus prononce les paroles que nous venons d’entendre : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13,34)

Ce commandement est le cœur battant de l’Évangile, le sceau de toute vie chrétienne authentique, la carte d’identité du disciple. Il ne s’agit pas d’aimer un peu, comme on peut, mais comme le Christ lui-même a aimé.

  1. Le Christ nous aime jusqu’à l’extrême

Mais comment le Christ nous a-t-il aimés ?
L’amour du Christ n’est pas un sentiment passager. Il est don total, jusqu’au bout, jusqu’à la Croix. Ce n’est pas un amour qui attend d’être aimé pour aimer en retour. C’est un amour qui prend l’initiative, qui se penche, qui sert, qui pardonne, qui se donne sans mesure.

Saint Jean-Paul II écrivait : « L’amour véritable est une exigence radicale, il ne se satisfait jamais de peu. Il veut le don de la vie. »

Aimer comme Jésus, c’est choisir de laver les pieds, de porter les fardeaux, d’accueillir l’autre tel qu’il est et de lui souhaiter le ciel.

Et cela, ce n’est possible que si nous sommes d’abord aimés par Lui, si nous vivons en communion avec Lui. Voilà pourquoi l’amour chrétien commence toujours par une relation vivante avec Jésus.

🔹 Le pardon héroïque d’un père rwandais
Cette charité jusqu’au bout, certains l’ont vécue dans leur chair.
Quelques années après le génocide rwandais, un père chrétien accepta de rencontrer en prison le jeune homme qui avait massacré toute sa famille sous ses yeux. Lors de cette rencontre organisée par l’Église, il lui dit avec calme : « Tu as tué les miens. Tu m’as tout pris. Mais je suis chrétien. Et mon Sauveur m’a appris à pardonner. Aujourd’hui, je ne veux pas te haïr. Je te pardonne. »

Plus encore : il l’adopta spirituellement pour l’aider à reconstruire sa vie.

Voilà ce qu’est aimer comme Jésus. Ce n’est pas excuser le mal, mais vaincre le mal par un bien plus grand. C’est ce genre d’amour qui transforme le monde, qui construit l’Église, qui fait naître une humanité nouvelle.

  1. Les fruits concrets d’un amour vrai

Dans la première lecture, Paul et Barnabé annoncent la Bonne Nouvelle dans l’épreuve, les oppositions, les tribulations. Pourtant, l’Église se construit. Elle avance, non par la force des structures, mais par la force de l’amour vécu et incarné dans des communautés fidèles.

Ce que saint Jean décrit dans l’Apocalypse – « un ciel nouveau, une terre nouvelle… Il essuiera toute larme de leurs yeux » – ce n’est pas une utopie lointaine : c’est ce que Dieu commence à faire dès maintenant, dans chaque cœur où l’amour véritable triomphe de l’égoïsme. Là où un homme pardonne. Là où une femme relève un autre. Là où une famille aime envers et contre tout. Là, le monde nouveau naît déjà.

  1. Un amour reconnaissable : l’Église missionnaire

Jésus est très clair :« À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Ce n’est pas le nombre de nos prières, ni la beauté de nos rites, ni même la justesse de nos enseignements qui témoignent de Dieu d’abord, mais l’amour concret, fraternel, patient, audacieux.

🔹 Madeleine Delbrêl, évangéliser par la charité
Madeleine Delbrêl, mystique du XXe siècle, vivait en milieu ouvrier à Ivry-sur-Seine. Elle ne faisait pas de grands discours, mais vivait un amour fraternel, humble et joyeux au quotidien. Un jour, un vieil homme athée déclara à son sujet :« Moi je ne crois pas en Dieu, mais je crois en Madeleine. Et si Dieu existe, il est comme elle. »

Voilà un témoignage bouleversant. Quand l’amour devient visible, il révèle l’invisible. Quand il devient concret, il parle plus fort que tous nos mots.

Pensons à Mère Teresa :« Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on donne, mais l’amour avec lequel on donne. »

Pensons à Charles de Foucauld :« Quand on aime vraiment, on voudrait tout donner et se donner soi-même. »

L’Église a besoin aujourd’hui de chrétiens dont la vie est évangile, dont la charité parle plus fort que les doctrines, dont l’humilité attire plus que les discours.

  1. bâtir le monde nouveau avec l’amour du Christ

Frères et sœurs, Dieu fait toutes choses nouvelles, dit l’Apocalypse. Et ce n’est pas de la magie. Le monde nouveau naît là où des hommes et des femmes se laissent transformer par le Christ et deviennent à leur tour des bâtisseurs d’amour.

Cette semaine, posons-nous une question simple : qu’ai-je fait aujourd’hui pour aimer comme Jésus ? Ai-je donné mon pardon ? Mon écoute ? Mon temps ? Mon silence ?

Et si aimer comme Jésus semble trop grand pour nous – et c’est vrai –, souvenons-nous que ce commandement est aussi une promesse : Jésus nous donne la grâce de l’accomplir, si nous le laissons aimer en nous.

Aime, et fais ce que tu veux. Si tu te taistais-toi par amour ; si tu parlesparle par amour ; si tu corrigescorrige par amour ; si tu pardonnespardonne par amourAie au fond du cœur la racine de l’amour, de cette racine ne peut rien sortir que de bon.

Saint Augustin.

 

Homélie du Père Clément, Ve dimanche de Pâques, année C2025-05-20T09:57:19+02:00

Homélie du Père Clément du IVe dimanche de Pâques, année C

Thème : « Le Bon Pasteur : une voix, une main, une vie donnée »

Frères et sœurs bien-aimés,

Chaque année, l’Église nous offre ce 4e dimanche de Pâques comme un temps particulier pour contempler le Christ sous un visage très tendre : celui du Bon Pasteur. Ce n’est pas un simple titre poétique. C’est une déclaration d’amour. Il y a dans cette image toute la pédagogie divine : celle d’un Dieu qui ne domine pas, mais qui guide ; qui ne contraint pas, mais qui attire ; qui ne délaisse jamais, même quand les brebis s’égarent. Aujourd’hui encore, Il nous dit : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. »

  1. Une voix à reconnaître : « Mes brebis écoutent ma voix »

Ce monde est plein de voix. Les médias, les réseaux, les idéologies, les ambitions… autant d’échos qui nous dispersent. Comment reconnaître la voix du Christ au milieu du vacarme ?

Elle est différente. Elle n’impose pas. Elle propose. Elle murmure parfois au creux de notre conscience, dans la paix de la prière, à travers la Parole méditée, ou dans l’appel discret à aimer et à pardonner. Saint Ignace de Loyola disait que la voix de Dieu console, encourage, élève. Celle de l’Ennemi, au contraire, accuse, divise, angoisse.

Mais écouter cette voix suppose le silence intérieur, l’attention du cœur. Sainte Thérèse de Lisieux le disait magnifiquement : « C’est dans le silence du cœur que Dieu parle. »

Une voix à reconnaître

Témoignage de Carlo Carretto, ermite du désert :

Carlo Carretto, religieux italien, était responsable national de la jeunesse catholique en Italie dans les années 1950. Alors qu’il semblait « réussir », il a ressenti un appel intérieur fort à tout quitter. Il a entendu cette voix discrète qui disait : « Viens au désert, je te parlerai cœur à cœur. »
Il est parti vivre comme ermite au Sahara. Là-bas, il a redécouvert la voix du Christ : non pas dans les projets ou l’activisme, mais dans le silence et la prière, là où la voix du Bon Pasteur devient audible.
Il écrira : « Ce n’est que dans le silence de l’amour que Dieu me parle. »

🔸 Le Christ continue de parler… mais savons-nous nous rendre disponibles ?

  1. Une main qui ne lâche pas : « Personne ne les arrachera de ma main »

Cette promesse est d’une puissance bouleversante : rien ni personne ne pourra nous arracher de la main du Christ. Pas même nos péchés, nos blessures, nos doutes, notre pauvreté spirituelle. Il ne nous lâchera jamais.

Saint Paul lui-même le proclame : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? […] Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. » (Rm 8)

Dans la main du Christ, il y a la croix, certes, mais aussi la tendresse. Comme un berger qui porte l’agneau blessé sur ses épaules. Comme une mère qui soutient son enfant dans la nuit. Ce n’est pas une main de pouvoir, mais une main de fidélité.

Une main qui ne lâche pas

Histoire vraie d’un survivant de tremblement de terre en Turquie (1999)

Après un violent séisme, un père s’est précipité vers l’école où était son fils. Il creusa pendant 36 heures, seul, à mains nues, rejetant les gravats. Les secours l’avaient découragé : « Il n’y a plus d’espoir. » Mais il répétait : « Je lui ai promis que je ne l’abandonnerais jamais. »

Finalement, au fond des décombres, il entendit une voix faible : « Papa, je savais que tu viendrais. »

🔸 Ainsi est le Christ avec chacun de nous : rien ne L’empêche de venir nous chercher dans nos ruines.

  1. Une vie donnée pour que nous ayons la Vie : « Je leur donne la vie éternelle »

Ce n’est pas une métaphore : le Bon Pasteur donne sa vie. Il n’est pas un mercenaire. Il ne fuit pas quand viennent les dangers. Il va jusqu’au bout de l’amour. Il est l’Agneau devenu Pasteur, comme nous le rappelle l’Apocalypse aujourd’hui : « L’Agneau les conduira vers les sources de la vie. »

Voilà le mystère chrétien : le Christ nous conduit en nous portant. Il règne en se sacrifiant. Il sauve en se livrant.

La vie éternelle, ce n’est pas seulement « après ». Elle commence maintenant, dans l’intimité avec Lui. La vie éternelle, c’est connaître Dieu et vivre de sa présence dès aujourd’hui.

prière pour les vocations

C’est aussi en ce dimanche que l’Église prie pour les vocations. Le Bon Pasteur continue d’appeler. Mais avons-nous préparé les cœurs à l’écouter ? Il y a aujourd’hui, peut-être dans cette assemblée, un jeune que le Seigneur appelle à devenir prêtre, ou une jeune femme appelée à Le suivre dans la vie consacrée. Il y a aussi des parents, appelés à soutenir la vocation de leurs enfants, non à la freiner.

Saint Jean-Paul II disait :« Là où il y a foi, il y a aussi vocation. »

Et le Pape François nous invite à cultiver dans l’Église une « culture vocationnelle », c’est-à-dire une atmosphère où chacun se demande : « Seigneur, que veux-tu pour moi ? »

Un seul Pasteur, un seul peuple

Frères et sœurs, nous ne sommes pas seuls. Nous ne sommes pas perdus. Nous avons un Pasteur. Il connaît chacun de nous par notre nom. Il nous appelle. Il nous soutient. Il nous fait vivre.

Écoutons-le. Suivons-le. Et devenons, nous aussi, pasteurs les uns des autres. Car dans ce monde blessé, chacun est appelé à conduire ses frères vers les pâturages de l’espérance.Amen.

 

Homélie du Père Clément du IVe dimanche de Pâques, année C2025-05-15T09:32:09+02:00

Homélie du Père Clément, Dimanche de la miséricorde, IIe dimanche de Pâques, année C

Frères et sœurs bien-aimés,

La Miséricorde aujourd’hui nous convoque.Pas une idée, pas un vague sentiment : un Visage, des Mains ouvertes, un Cœur transpercé.

« La paix soit avec vous. » — Voilà les premiers mots du Ressuscité.Pas : « Pourquoi m’avez-vous abandonné ? ».Pas : « Où étiez-vous ? ».Pas de reproches. Seulement Paix, Pardon, Présence.

Imaginez une maman dont l’enfant a brisé un objet précieux. L’enfant tremble. Mais au lieu du reproche, la mère ouvre les bras et dit : « Viens, ce qui compte, c’est toi. » C’est exactement cela, la Miséricorde de Dieu.

Thomas arrive ensuite. Lui, il veut toucher, voir, comprendre. Il veut des preuves !
Nous sommes tous un peu Thomas : nous voulons des certitudes, du tangible. Mais écoutez : Dieu ne rejette pas nos doutes. Il nous rejoint là où nous sommes. Jésus ne reproche pas à Thomas son besoin de voir ; il lui dit :« Mets ton doigt ici, avance ta main. »

Oui, frères et sœurs, notre Dieu est un Dieu qui se laisse toucher dans ses blessures.
Il ne cache pas ses cicatrices. Il les montre, parce que ce sont elles qui nous sauvent.

Regardons autour de nous.
Combien aujourd’hui vivent enfermés dans des tombeaux invisibles : la peur de l’échec, la honte du passé, la fatigue d’aimer pour rien…Combien restent derrière des portes verrouillées, comme les Apôtres !

Il y a quelques années, un prêtre m’a raconté :Un homme, après vingt ans loin de l’Église, est venu se confesser. Il avait peur, honte, il hésitait à franchir la porte.Mais ce jour-là, il a entendu dans son cœur comme un écho de Jésus :« La paix soit avec toi. Viens tel que tu es. »
Il est entré, il a pleuré, et il est reparti avec une vie nouvelle.

Frères et sœurs, la Miséricorde n’est pas une théorie. C’est une puissance de résurrection ici et maintenant.

Le témoignage de Claudia Koll, actrice italienne

Claudia Koll était une actrice célèbre dans les années 90, connue pour des rôles provocateurs, loin de toute foi chrétienne.Mais un jour, lors d’un casting, elle est confrontée à un danger grave ; prise de panique, elle crie intérieurement :« Jésus, sauve-moi ! »
Et là, elle ressent physiquement une présence de paix qui l’enveloppe, un amour immense qui la sort de l’angoisse.

À partir de ce jour, sa vie bascule.Elle commence un chemin de conversion radical, elle abandonne sa carrière, se consacre à la prière, à l’aide des pauvres et des malades.
Aujourd’hui, elle témoigne que la Miséricorde l’a trouvée alors même qu’elle ne la cherchait pas.

Dans la première lecture, nous voyons une communauté chrétienne unie, solidaire, sans pauvres parmi eux.
Pourquoi ? Parce qu’ils avaient compris que tout leur venait de Dieu.
La Miséricorde reçue engendre la Miséricorde donnée.

Et nous ? Sommes-nous miséricordieux dans nos familles, nos paroisses, nos quartiers ?
Sommes-nous capables de pardonner sans attendre que l’autre fasse le premier pas ?

Un prêtre disait un jour :« La meilleure preuve que je crois à la Résurrection, c’est quand je choisis de pardonner, même sans avoir été réparé. »

Aujourd’hui, frères et sœurs, Jésus se tient au milieu de nous.
Il n’attend qu’une chose : que nous lui ouvrions la porte, même entrouverte.Il ne forcera jamais. Mais si nous faisons un pas, même tout petit, il viendra, et il soufflera sur nous l’Esprit Saint, ce vent qui fait passer de la peur à la liberté, du repli au don de soi.

Alexis Carrel – Prix Nobel et conversion face à un miracle

Alexis Carrel, médecin, scientifique français très sceptique, assiste en 1902 à Lourdes à la guérison miraculeuse d’une jeune fille tuberculeuse en phase terminale.

Rationaliste convaincu, il veut tout expliquer scientifiquement. Mais il est forcé de reconnaître : c’est inexplicable.

Ce choc ébranle sa certitude athée.Peu à peu, dans l’humilité, il s’ouvre à Dieu. Il écrira plus tard :« L’homme n’est jamais si grand que lorsqu’il est à genoux. »

Carrel a expérimenté que la rencontre avec Dieu n’est pas une question d’arguments, mais une expérience de la réalité de l’Amour et du Surnaturel.

Frères et sœurs,
que ce dimanche ne passe pas comme un autre.
La Miséricorde nous est donnée, elle attend notre réponse.

« Et aujourd’hui, frères et sœurs, la Miséricorde continue d’agir. Elle traverse les siècles. Elle traverse les murs. Elle traverse les cœurs.
Regardez :

  • Une actrice, Claudia Koll, perdue dans le monde du succès, a crié « Jésus, sauve-moi ! » au fond d’une nuit de peur. Et l’Amour l’a saisie !
  • Un scientifique, Alexis Carrel, venu en curieux à Lourdes, a vu de ses propres yeux une vie ressuscitée… Et c’est son cœur de savant froid qui s’est laissé brûler par la Vérité !

Voilà notre Dieu : un Dieu qui sauve dans la nuit, un Dieu qui guérit au dernier instant, un Dieu qui ne se lasse jamais d’attendre son enfant perdu. »

**Et toi, mon frère, ma sœur,
Es-tu prêt aujourd’hui à lui ouvrir ton tombeau ?
À laisser Jésus passer même par tes blessures ?
Parce que ce que Jésus a fait pour eux…
Il veut le faire pour toi aujourd’hui.
Pas demain.
Pas quand tu seras « mieux ».
Aujourd’hui. Maintenant. »

Homélie du Père Clément, Dimanche de la miséricorde, IIe dimanche de Pâques, année C2025-04-30T11:33:11+02:00

Homélie du Père Clément, dimanche de Pâques, année C

  • Oh ! Ma Joie, Christ est RESSUSCITÉ !
  • Il est VRAIMENT RESSUSCITÉ ! ALLELUIA ! ALLÉLUIA ! ALLÉLUIA !

Frères et sœurs,
Ce matin n’est pas un matin comme les autres. Ce n’est pas un souvenir du passé, ni une belle tradition. Ce matin, une tombe est vide. Une mort a été vaincue. Un cri a jailli : « Il est vivant ! »

Et ce cri a traversé les siècles, il a fait trembler les empires, il a converti des criminels, il a relevé des désespérés. Aujourd’hui encore, il se répand dans nos cœurs : « Il est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! »

Mais que signifie croire cela ?
Et surtout… est-ce que cela change quelque chose dans nos vies ?

  1. Pierre : le témoin retourné par la lumière (Ac 10)

Dans la Première Lecture, Pierre témoigne avec force. Lui qui avait renié Jésus par peur, maintenant il proclame haut et fort : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il nous a donné de le voir. » (Ac 10,40)

Il parle d’un Jésus qui est passé en faisant le bien, mais aussi d’un Jésus cloué, rejeté, et pourtant exalté par Dieu. Pierre n’annonce pas une idée. Il annonce un fait. Un évènement qui a retourné sa vie. Le tombeau est vide. Jésus est vivant. Et ce Jésus lui a redonné sa dignité, malgré sa trahison.
Voilà la beauté de Pâques : Ce n’est pas nous qui revenons à Dieu… c’est Dieu qui revient à nous ! 

  1. Le tombeau vide : courir, voir, croire (Évangile – Jn 20,1-9)

Jean nous raconte la scène : c’est encore l’obscurité du matin. Marie Madeleine court vers Pierre. Pierre et Jean courent vers le tombeau. Le jour de Pâques commence… en courant !

Il y a urgence, élan, cœur battant.
Et pourtant, ce qu’ils trouvent… c’est le vide. Une absence. Mais une absence parlante. Le tombeau est vide, les linges sont posés à plat… quelque chose s’est passé. Et alors… l’évangéliste nous dit : « Il vit, et il crut. »

C’est cela la foi pascale : croire sans tout comprendre, mais pressentir que Dieu est à l’œuvre.

📖 Une anecdote : les yeux pour voir autrement

Permettez-moi ici un petit témoignage véridique.

Dans une paroisse, une petite fille nommée Clara assistait à la messe de Pâques avec sa grand-mère.
Pendant l’homélie, le prêtre disait : « Le tombeau est vide parce que Jésus est ressuscité. Il n’est plus là. Il est vivant, avec nous. »

À la sortie, Clara dit à sa grand-mère : « Mais alors, si Jésus est vivant, il doit être quelque part, non ? Moi je veux le voir ! »

La grand-mère, un peu déconcertée, répond : « Oui, mais on ne le voit pas comme on voit une personne. On le voit autrement. »

Et Clara de répondre, les yeux brillants : « Alors, je vais ouvrir mes yeux… autrement. »

Frères et sœurs, voilà le secret de la foi pascale : Apprendre à ouvrir les yeux autrement.
À reconnaître le Christ vivant dans les gestes simples, dans les frères, dans les pauvres, dans les sacrements, dans l’Église.

III. Cherchez les choses d’en haut… mais vivez bien sur la terre ! (Col 3,1-4)

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous exhorte : « Recherchez les choses d’en haut. » (Col 3,1)

Mais attention : cela ne veut pas dire fuir le monde !
Cela signifie vivre sur la terre, les yeux levés vers le Ciel, agir ici-bas avec une espérance venue d’en-haut.

Saint Jean Chrysostome disait : « La Résurrection du Christ est le printemps de l’humanité. Alors, qu’attendons-nous pour fleurir ? »

Nous sommes appelés à être ressuscités dès maintenant, en ressuscitant nos regards, nos choix, nos priorités, notre manière d’aimer et de pardonner.

  1. Et nous ? Allons-nous rester assis ou courir vers le Vivant ?

Frères et sœurs,
la Résurrection du Christ n’est pas un événement figé dans le passé.
Elle continue aujourd’hui encore à bouleverser des vies, à faire jaillir la lumière dans les ténèbres.

Permettez-moi de vous raconter l’histoire vraie de Claire Koç, une journaliste française d’origine turque.

Elle grandit sans foi particulière, dans un environnement très laïque. Comme beaucoup aujourd’hui, elle vivait indifférente aux questions spirituelles, concentrée sur sa vie professionnelle, ses engagements, sa liberté.

Et pourtant… un jour, en entrant par hasard dans une église, elle croise le regard d’une statue de la Vierge Marie, et quelque chose se brise en elle. Ou plutôt, quelque chose s’ouvre.

Elle raconte dans son livre « Le jour où je me suis convertie » que ce regard a été le début d’un chemin de lumière, d’une paix nouvelle.
Peu à peu, elle découvre la personne de Jésus, elle lit l’Évangile, elle prie… et elle comprend qu’elle est aimée.

Un amour vivant, personnel, le Christ ressuscité qui l’attendait.

Elle sera baptisée, malgré les tensions que cela a pu provoquer dans son entourage. Mais elle dit aujourd’hui avec force : »Je n’ai pas changé de religion. J’ai rencontré quelqu’un. Le Christ. Il est vivant. »

Voilà, frères et sœurs, un témoignage pascal.
Le Christ ressuscité continue d’ouvrir les tombeaux, même les plus modernes, même les plus rationnels, même les plus blessés.

Et il continue de murmurer : « Claire, Pierre, Laetitia, Clément Marie… sors, lève-toi, vis ! Je suis vivant. »

🔚 Conclusion : Une mission commence aujourd’hui

Le tombeau est vide. Mais nos vies doivent être pleines : pleines de lumière, d’amour, de pardon, de feu.

Saint Augustin disait : « La Résurrection du Christ est notre espoir le plus profond. Elle fait de chaque douleur une semence, de chaque croix une promesse. »

Alors aujourd’hui, ne restons pas spectateurs. Sortons de nos tombeaux intérieurs. Et devenons les témoins de la Résurrection dans un monde qui meurt de fatigue, de peur et d’indifférence.

🙏 Prière finale (inspirée de saint Jean-Paul II)

Seigneur Jésus, Toi le Vivant,
apprends-moi à courir vers Toi chaque matin.
Ouvre mes yeux à Ta présence dans les pauvres, les petits, les humbles.
Fais de moi un témoin joyeux de ta Résurrection.
Que je ne sois jamais un chrétien du Vendredi Saint,
mais un disciple du matin de Pâques !
Amen.

 

Homélie du Père Clément, dimanche de Pâques, année C2025-04-25T14:20:56+02:00
Aller en haut