À propos de Clément Bonou

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Homélie du P. Clément M. Solennité de St Pierre et St Paul, apôtres

Frères et sœurs, aujourd’hui l’Église nous donne de célébrer deux colonnes de notre foi : saint Pierre et saint Paul. Deux hommes très différents, deux tempéraments, deux histoires, deux chemins ; mais une même rencontre : le Christ vivant. Pierre, le pêcheur de Galilée, homme de cœur, généreux mais fragile. Paul, le persécuteur devenu apôtre, homme de feu, missionnaire infatigable. En eux, l’Église nous rappelle une grande vérité : Dieu ne choisit pas des parfaits ; il choisit des cœurs disponibles, qu’il transforme par sa grâce.

            Dans l’Évangile, Jésus pose une question décisive : « Pour vous, qui suis-je ? » Cette question n’est pas seulement posée aux apôtres il y a deux mille ans. Elle est posée à chacun de nous aujourd’hui : dans ma vie concrète, dans mes choix, dans mes épreuves, dans ma manière d’aimer, de servir, de pardonner, qui est Jésus pour moi ? Est-il seulement une belle idée ? Une tradition familiale ? Un nom que l’on invoque quand ça va mal ? Ou bien est-il vraiment le Christ, le Fils du Dieu vivant, celui sur qui je construis ma vie ?

Je retiens trois mots pour cette fête : confesser, se laisser relever, annoncer.

D’abord, confesser. Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Voilà le cœur de la foi chrétienne. Être chrétien, ce n’est pas d’abord suivre une morale, une coutume ou une organisation. C’est reconnaître Jésus comme Seigneur. Aujourd’hui, dans un monde où beaucoup ne savent plus qui écouter, où l’on construit souvent sa vie sur l’opinion du moment, Pierre nous rappelle que le roc solide, c’est le Christ. Celui qui construit sur le Christ ne devient pas invulnérable, mais il n’est pas emporté par toutes les tempêtes.

Ensuite, se laisser relever. Pierre a confessé Jésus, mais Pierre a aussi renié Jésus. Paul a annoncé l’Évangile, mais Paul avait d’abord persécuté l’Église. Quelle consolation pour nous ! Nos chutes ne sont pas forcément la fin de notre histoire. Le Christ ne dit pas à Pierre : « Tu m’as renié, je ne veux plus de toi. » Il lui dira : « M’aimes-tu ? » Et il lui confiera encore son Église. C’est bouleversant : Jésus ne construit pas son Église avec des gens sans blessures, mais avec des blessés relevés par l’amour.. Saint Augustin disait : « Dieu ne choisit pas ceux qui sont capables ; il rend capables ceux qu’il choisit. » La sainteté ne commence pas quand nous sommes parfaits ; elle commence quand nous acceptons de laisser le Christ nous relever.

Pensons aussi à saint Jean-Paul II. Après avoir été gravement blessé par celui qui avait tiré sur lui, il est allé le rencontrer en prison pour lui offrir son pardon. Ce geste a parlé au monde entier. Pourquoi ? Parce qu’il montrait que la foi chrétienne n’est pas seulement une parole du dimanche ; elle devient une force capable de transformer la haine en miséricorde. Voilà ce que fait le Christ : il relève, il guérit, il envoie.

Enfin, annoncer. Pierre reçoit les clés du Royaume ; Paul parcourt le monde pour porter l’Évangile. La foi n’est pas un trésor à garder dans un coffre. Elle est une lumière à transmettre. Aujourd’hui encore, dans nos familles, nos paroisses, nos lieux de travail, nos quartiers, beaucoup attendent peut-être non pas de grands discours, mais des chrétiens debout, simples, vrais, capables de dire par leur vie : le Christ est vivant, il change une existence, il donne espérance.

Frères et sœurs, en cette solennité, demandons la grâce d’avoir la foi de Pierre et le feu de Paul : la foi qui confesse, l’humilité qui se laisse relever, le courage qui annonce. Et puisque notre paroisse est placée sous la protection de saint Pierre, demandons-lui particulièrement de nous aider à bâtir notre communauté non sur nos forces humaines, mais sur le Christ, le seul Roc.

Seigneur Jésus, toi le Christ, le Fils du Dieu vivant, affermis notre foi, relève nos fragilités, embrase nos cœurs, et fais de nous des témoins joyeux de ton Évangile. Amen.

 

Homélie du P. Clément M. Solennité de St Pierre et St Paul, apôtres2026-06-30T10:58:52+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, la Parole de Dieu de ce dimanche nous donne trois images très simples, faciles à retenir, mais très profondes pour notre vie chrétienne : une maison, une croix, un verre d’eau. Une maison à ouvrir, une croix à porter, un verre d’eau à offrir. Voilà peut-être tout l’Évangile de ce dimanche : accueillir Dieu, suivre le Christ, servir les autres.

Première image : une maison à ouvrir. Dans la première lecture, une femme de Sunam accueille le prophète Élisée. Elle reconnaît en lui un homme de Dieu. Et que fait-elle ? Elle ne prononce pas un grand discours. Elle ne se contente pas d’admirer le prophète de loin. Elle ouvre sa maison. Elle dit à son mari : “Faisons-lui une petite chambre.” Et dans cette chambre, elle met un lit, une table, un siège et une lampe. Quatre objets ordinaires, mais qui deviennent les signes d’un accueil extraordinaire.

Cette femme nous apprend que la foi commence souvent par une place offerte. Faire une place à Dieu, ce n’est pas seulement venir à la messe. C’est lui donner une place réelle dans notre maison, dans notre agenda, dans nos décisions, dans nos conversations, dans notre manière de vivre. Beaucoup de maisons aujourd’hui sont remplies de choses, mais parfois vides de silence ; pleines d’écrans, mais pauvres en écoute ; pleines d’activités, mais sans place pour Dieu. La femme de Sunam nous pose une question : y a-t-il encore, dans ma maison et dans mon cœur, une petite chambre pour Dieu ?

Je pense à cette famille qui, chaque dimanche, gardait toujours une place libre à table. Les enfants demandaient : “Pourquoi cette chaise vide ?” Les parents répondaient : “C’est la place de celui que Dieu pourrait nous envoyer.” Un jour, ce fut un étudiant étranger loin de sa famille. Un autre jour, une personne âgée seule. Une autre fois, un voisin traversant une période difficile. Cette chaise vide est devenue une catéchèse vivante : quand une maison garde une place pour l’autre, elle garde une place pour Dieu.

Saint Benoît disait : “Tous les hôtes seront reçus comme le Christ.” Cette parole est très actuelle. Accueillir Dieu, c’est aussi accueillir celui qui vient à moi : le pauvre, l’étranger, la personne seule, le malade, le voisin difficile, le membre de la famille avec qui la relation est compliquée. La maison chrétienne n’est pas seulement un lieu où l’on habite ; elle est appelée à devenir un lieu où Dieu peut passer.

Deuxième image : une croix à porter. Dans l’Évangile, Jésus nous dit une parole forte : “Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.” Il faut bien comprendre : Jésus ne nous demande pas d’aimer la souffrance pour elle-même. La croix n’est pas le goût de la douleur. La croix, c’est l’amour qui reste fidèle quand cela coûte.

Porter sa croix, c’est continuer à aimer quand l’amour devient exigeant. C’est rester vrai quand le mensonge serait plus facile. C’est pardonner quand notre orgueil voudrait garder rancune. C’est tenir debout dans une maladie, une solitude, une responsabilité lourde, une fatigue familiale, une épreuve intérieure. C’est aussi, parfois, porter discrètement le poids d’un service dans l’Église, d’un engagement paroissial, d’une mission que personne ne voit mais que Dieu connaît.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous rappelle que par le baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Cela signifie que notre vie chrétienne n’est pas seulement une morale ou une tradition. C’est une vie nouvelle. Nous sommes morts au péché pour vivre avec le Christ. Alors, quand la croix arrive, nous ne la portons pas seuls. Le Christ marche avec nous. Il ne supprime pas toujours immédiatement l’épreuve, mais il nous donne une force intérieure pour la traverser. La croix portée avec Jésus n’est jamais un mur fermé ; elle peut devenir un passage vers la vie.

Troisième image : un verre d’eau à offrir. Après ces paroles exigeantes, Jésus termine par une phrase très simple : “Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, ne perdra pas sa récompense.” Voilà la délicatesse de l’Évangile. Jésus nous parle de préférer Dieu à tout, de porter la croix, et il conclut par un petit verre d’eau. Comme pour nous dire : la grande sainteté commence souvent dans les petits gestes.

Un verre d’eau fraîche, aujourd’hui, cela peut être un sourire offert à quelqu’un qui n’en peut plus. Une parole qui relève. Un coup de téléphone à une personne seule. Une visite à un malade. Un pardon donné en famille. Une patience avec un enfant. Une main tendue à quelqu’un qui cherche sa place. Une présence discrète auprès d’une personne endeuillée. Une aide concrète dans la paroisse. Rien de spectaculaire peut-être, mais Dieu voit.

On raconte qu’un jour, une personne mourante, recueillie par les sœurs de Mère Teresa, lui aurait dit : “J’ai vécu comme un animal dans la rue, mais je vais mourir comme un ange, aimé et entouré.” Qu’avaient fait les sœurs ? Elles n’avaient pas changé toute l’histoire de cette personne. Elles lui avaient donné un lit, un bain, une présence, un regard, un verre d’eau, un peu de dignité. Et parfois, c’est cela qui sauve une vie : non pas de grands moyens, mais un petit geste fait avec un grand amour.

Mère Teresa disait : “Nous ne pouvons pas toujours faire de grandes choses, mais nous pouvons faire de petites choses avec un grand amour.” Voilà le verre d’eau de l’Évangile. Ce n’est pas la quantité qui compte d’abord, c’est l’amour déposé dans le geste. Dieu n’oublie rien de ce qui est donné par amour. Même ce qui semble petit aux yeux des hommes peut devenir grand aux yeux de Dieu.

Frères et sœurs, retenons donc ces trois images : une maison, une croix, un verre d’eau. Une maison à ouvrir pour que Dieu ait sa place. Une croix à porter avec le Christ, sans fuir l’amour quand il devient exigeant. Un verre d’eau à offrir, parce que la charité commence souvent par de petits gestes simples et concrets.

En ce dimanche, demandons-nous simplement : dans ma maison, y a-t-il une place pour Dieu ? Dans ma vie, quelle croix suis-je appelé à porter avec Jésus ? Et autour de moi, à qui puis-je offrir aujourd’hui un verre d’eau fraîche ?

Seigneur Jésus, fais de nos maisons des lieux d’accueil, de nos croix des chemins de fidélité, et de nos petits gestes des signes de ton amour. Donne-nous un cœur ouvert comme la femme de Sunam, un cœur courageux pour te suivre, et un cœur simple pour servir. Amen.

 

Homélie du P. Clément M. du XIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-30T10:54:31+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

« N’ayez pas peur ! Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux »

Il y a des paroles de Jésus qui reviennent comme un refrain dans l’Évangile. Aujourd’hui, ce refrain est répété trois fois :« Ne craignez pas ! »

Nous vivons pourtant dans un monde où les raisons d’avoir peur ne manquent pas : peur de l’avenir, peur de la maladie, peur de perdre son travail, peur pour ses enfants, peur de vieillir, peur de l’échec, peur du regard des autres, peur de ne plus être aimé, peur de témoigner de sa foi.

Et en cette fête des pères, beaucoup de pères de famille connaissent aussi ces inquiétudes : Serai-je capable de protéger ma famille ? Pourrai-je assurer l’avenir de mes enfants ? Ai-je été un bon père ?

Face à toutes ces peurs, Jésus ne dit pas : « Il n’y a pas de danger », mais : « N’ayez pas peur, car vous n’êtes jamais seuls. » Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à accueillir trois certitudes.

  1. DIEU CONNAÎT NOS COMBATS

Dans la première lecture, le prophète Jérémie traverse une véritable nuit.Il est rejeté, critiqué, espionné.« Tous mes amis guettent mes faux pas. »

Qui parmi nous n’a jamais connu cela ?Une parole déformée…Une trahison…Une mise à l’écart…Une injustice au travail…Des tensions familiales…L’impression d’être incompris même quand on veut faire le bien.Jérémie aurait pu abandonner.Mais il ajoute aussitôt :« Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable. »Voilà le secret des croyants.La foi ne supprime pas les épreuves.Elle nous donne une présence.Elle ne retire pas la croix.Elle nous empêche de la porter seuls.

Un vieux prêtre racontait qu’après cinquante années de ministère, on lui demanda :— « Quel est le plus grand miracle que vous ayez vu ? » Il répondit : — « Ce ne sont pas les guérisons extraordinaires. Le plus grand miracle, c’est d’avoir vu des hommes et des femmes continuer à aimer alors qu’ils avaient toutes les raisons de se décourager. » Oui, Dieu connaît nos combats.Il ne détourne jamais son regard de ses enfants.

  1. DIEU VEILLE SUR CHACUN DE NOUS

L’Évangile d’aujourd’hui est d’une tendresse bouleversante.Jésus parle des moineaux.À son époque, c’étaient les oiseaux les moins chers du marché.Et pourtant Jésus affirme :« Pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »Autrement dit :Tu n’es pas un numéro dans l’univers.Tu n’es pas un dossier parmi des millions.Tu n’es pas un oubli de Dieu.Tu es quelqu’un d’unique.Tu portes un nom.Tu portes une histoire.Tu portes des blessures que Dieu connaît.Il connaît même ce que nous cachons derrière nos sourires.

Un enfant demandait un jour à sa mère :— « Maman, est-ce que Dieu pense à moi ? »Elle répondit :— « Mon fils, si Dieu a pris le temps de dessiner chaque flocon de neige différemment, comment pourrait-il t’oublier ? »

Combien de personnes vivent aujourd’hui avec le sentiment de ne compter pour personne !Des personnes âgées dans les maisons de retraite.Des malades isolés.Des jeunes qui doutent de leur valeur.Des parents épuisés.Des pères qui portent silencieusement le poids des responsabilités.   Jésus leur dit :« Tu as du prix à mes yeux. »

En cette fête des pères, nous rendons grâce pour ces hommes qui ont essayé, parfois maladroitement, d’aimer, de travailler, de se sacrifier, de transmettre des valeurs.Tous les pères n’ont pas été parfaits.Certains ont été absents.D’autres ont été blessants.D’autres encore nous ont quittés trop tôt.

Mais aujourd’hui, Jésus nous révèle qu’au-delà de toutes les images humaines de la paternité, il existe un Père qui ne déçoit jamais.Un Père qui attend.Un Père qui relève.Un Père qui pardonne.Un Père qui veille.

  1. DIEU ATTEND DE NOUS UN COURAGE NOUVEAU

Enfin Jésus déclare :« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père. »

Être chrétien aujourd’hui demande du courage.Pas forcément le courage du martyre sanglant.Mais le courage du témoignage quotidien.Le courage d’affirmer des convictions dans un monde qui préfère souvent le silence.

Le courage de défendre une personne moquée.Le courage de demander pardon.Le courage de prier en famille.Le courage d’accompagner un proche malade.Le courage de continuer à espérer quand tout semble fermé.Le courage de venir à la messe alors que beaucoup considèrent cela comme inutile.

Un jeune étudiant racontait :« J’avais honte de faire le signe de croix avant de manger à la cantine. Puis un jour j’ai pensé : si Jésus n’a pas eu honte de mourir pour moi, pourquoi aurais-je honte de montrer que je crois en lui ? »Les saints n’étaient pas des personnes sans peur.Ils étaient des personnes qui avaient décidé que leur confiance en Dieu serait plus grande que leurs peurs.

Conclusion/Frères et sœurs, retenons aujourd’hui ces trois verbes :

Croire : Dieu connaît nos combats.

Espérer : Dieu veille sur chacun de nous.

Témoigner : Dieu attend notre courage.

Alors, même si les vents contraires soufflent sur notre vie, nous pourrons avancer avec cette certitude :Je ne suis pas abandonné.Je ne suis pas oublié.Je suis attendu, aimé et porté par un Père qui connaît même le nombre de mes cheveux.

En cette fête des pères, prions pour tous les papas : ceux qui sont heureux, ceux qui sont inquiets, ceux qui sont malades, ceux qui sont séparés de leurs enfants, ceux qui ont perdu un enfant, ceux qui nous ont précédés auprès du Seigneur.Et demandons la grâce d’entendre au plus profond de notre cœur cette parole que Jésus nous adresse personnellement :« N’aie pas peur. Tu vaux beaucoup à mes yeux, et je serai toujours avec toi. »Amen.

Homélie du P. Clément M. du XIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-23T23:34:51+02:00

Homélie du P.Clément M. pour le 15 juin. Fete de Sainte Germaine.

L’Évangile de ce jour est l’un des plus exigeants de tout le Nouveau Testament. Jésus nous dit :« Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. »

À première vue, cela paraît impossible. Est-ce que Jésus nous demande de nous laisser écraser ? D’accepter l’injustice ? De devenir faibles devant le mal ?

Non. Jésus nous demande quelque chose de beaucoup plus grand : ne pas laisser le mal devenir maître de notre cœur.

Le monde dit : « Rends coup pour coup. » ;Jésus dit : « Réponds au mal par le bien. »

Le monde dit : « Venge-toi. » ;Jésus dit : « Reste libre. »

Le monde dit : « Fais payer. » ;Jésus dit : « Aime davantage. »

La vengeance paraît forte, mais en réalité elle nous enchaîne. Le pardon paraît faible, mais il est la véritable force des enfants de Dieu.

Et aujourd’hui, dans notre diocèse de Toulouse, nous avons devant nous un magnifique témoin de cet Évangile : Sainte Germaine de Pibrac.

Germaine n’était ni une religieuse, ni une savante, ni une grande personnalité. C’était une simple bergère de Pibrac, née dans une famille où elle fut peu aimée. Sa mère mourut alors qu’elle était encore bébé. Sa belle-mère la rejetait. Son père lui témoignait peu d’affection. Elle était malade, handicapée d’une main, mal nourrie, souvent humiliée et reléguée à dormir sous un escalier. Quelle aurait été la réaction de beaucoup d’entre nous ?

La révolte.
L’amertume.
La haine….Mais Germaine a choisi un autre chemin : elle a laissé Dieu remplir son cœur là où les hommes l’avaient blessé.

Elle aurait pu devenir dure. Elle est devenue douce.
Elle aurait pu devenir égoïste. Elle est devenue généreuse.
Elle aurait pu se refermer. Elle est devenue une femme de prière et de charité.

Voilà le véritable miracle de sa vie.Le miracle des roses est célèbre : alors qu’elle portait du pain aux pauvres, les pains se seraient transformés en roses lorsqu’on l’accusa de vol. Mais le plus grand miracle n’est peut-être pas celui-là.Le plus grand miracle est qu’une jeune fille si profondément blessée ait gardé un cœur capable d’aimer.Voilà exactement ce que Jésus enseigne aujourd’hui.Tendre l’autre joue, ce n’est pas aimer la souffrance.C’est refuser que la souffrance nous transforme en personnes amères.

Saint Jean-Paul II disait :« Le pardon est la forme la plus haute de l’amour. »

Combien de familles souffrent aujourd’hui de vieilles blessures jamais guéries !Combien de frères et sœurs ne se parlent plus !Combien de couples vivent enfermés dans le calcul des torts !Jésus nous invite à sortir de cette logique comptable.Le chrétien ne compte pas seulement ce qu’il reçoit.Il regarde d’abord ce qu’il peut donner.

Sainte Germaine l’avait compris. Malgré sa pauvreté, elle partageait son pain. Malgré ses souffrances, elle répandait la paix autour d’elle. Malgré son exclusion, elle demeurait proche de Dieu et des pauvres.

Frères et sœurs, peut-être que certains portent aujourd’hui une blessure ancienne, une parole qui a fait mal, une injustice qui n’est jamais sortie de leur mémoire.

Demandons à Jésus la grâce de ne pas répondre au mal par le mal.Demandons à Sainte Germaine, patronne des pauvres, des malades et de tous ceux que la vie éprouve, d’intercéder pour nous. Qu’elle nous apprenne ce secret des saints :transformer les blessures en amour, les épreuves en confiance, et les humiliations en chemin de sainteté.Amen.

 

Homélie du P.Clément M. pour le 15 juin. Fete de Sainte Germaine.2026-06-16T21:34:37+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, L’Évangile de ce dimanche s’ouvre sur une phrase qui mérite que nous nous y arrêtions longuement :« Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles, parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. »Tout commence par un regard.

Avant de parler, Jésus regarde.
Avant d’enseigner, Jésus regarde.
Avant d’envoyer les apôtres en mission, Jésus regarde.

Et ce regard devient aujourd’hui une question pour chacun de nous :Comment Dieu nous regarde-t-il ? Et comment regardons-nous les autres ?

  1. LE REGARD DE JÉSUS VOIT PLUS LOIN QUE LES APPARENCES

Nous vivons dans une société de l’image.Nous regardons beaucoup de choses, mais nous ne voyons pas toujours vraiment.

Nous voyons les visages, mais pas toujours les blessures.Nous voyons les sourires, mais pas toujours les larmes.Nous voyons les réussites, mais pas toujours les combats intérieurs.

Le regard de Jésus est différent.Quand il regarde la foule, il ne voit pas une masse anonyme.
Il voit des personnes.Il voit des histoires.Il voit des souffrances.Il voit des attentes.

Il voit surtout des hommes et des femmes qui ont perdu leur boussole intérieure.« Ils étaient désemparés et abattus comme des brebis sans berger. »Cette parole pourrait décrire beaucoup de nos contemporains.

Des jeunes qui ont tout pour communiquer mais qui se sentent seuls.Des familles qui vivent sous le même toit mais qui ne savent plus se parler.Des personnes âgées qui ont parfois l’impression de ne plus compter pour personne.
Des croyants qui ont perdu le goût de la prière.Des hommes et des femmes qui cherchent le bonheur mais ne savent plus où le trouver.Le Christ voit tout cela.Et il ne détourne pas les yeux.

  1. LE REGARD DE JÉSUS EST UN REGARD DE COMPASSION

L’Évangile dit :« Il eut pitié d’elles. »Le mot est faible dans notre langue.Le texte original évoque une émotion profonde qui prend aux entrailles.Jésus n’est pas un observateur extérieur.Il n’analyse pas la souffrance humaine comme un spécialiste.Il la porte dans son cœur.La compassion chrétienne n’est pas la pitié qui regarde de haut.C’est l’amour qui descend jusqu’à l’autre.

Pensons à la manière dont Jésus regarde Zachée perché sur son arbre.La manière dont il regarde la Samaritaine blessée par ses échecs.La manière dont il regarde Pierre après son reniement.La manière dont il regarde le bon larron sur la croix.

Jamais un regard qui humilie.Toujours un regard qui relève.Saint Paul nous le rappelle dans la deuxième lecture :« Alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. »

Dieu ne nous aime pas lorsque nous sommes parfaits.Il nous aime lorsque nous sommes fragiles.Il nous aime lorsque nous tombons.Il nous aime lorsque nous doutons.Voilà la grande différence entre le regard de Dieu et celui des hommes.Les hommes aiment souvent ce qui est réussi.Dieu aime aussi ce qui est blessé pour le guérir.

  1. LE REGARD DE JÉSUS DEVIENT UN APPEL À LA MISSION

Après avoir regardé les foules avec compassion, Jésus ne reste pas les bras croisés.Il appelle les Douze.C’est comme si la souffrance du monde faisait naître des vocations.Il ne dit pas :« Regardez ces pauvres gens. »Il dit :« La moisson est abondante. »Autrement dit :« Il y a tant de cœurs à rejoindre. »Et la première réponse qu’il demande est surprenante :« Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. »

La mission commence toujours dans la prière.Avant d’être des ouvriers, nous sommes des contemplatifs.Avant d’agir, nous devons apprendre à regarder comme le Christ.Car on ne peut évangéliser que ce que l’on aime.Et on n’aime vraiment que ce que l’on prend le temps de regarder.Saint François d’Assise disait :« Là où il y a la charité et la sagesse, il n’y a ni crainte ni ignorance. »Les saints ont changé le monde parce qu’ils ont appris à regarder les hommes avec les yeux de Dieu.Mère Teresa voyait dans chaque pauvre le visage du Christ.L’abbé Pierre voyait dans chaque sans-abri un frère.Le Père Marie-Antoine voyait dans chaque pèlerin une âme aimée de Dieu.

CONCLUSION : TROIS REGARDS À DEMANDER AUJOURD’HUI

D’abord, accueillir le regard de Jésus sur nous-mêmes.Ne plus nous définir par nos échecs, nos péchés ou nos limites, mais par l’amour que Dieu nous porte.

Ensuite, apprendre à regarder les autres comme Jésus.Moins juger, moins critiquer, davantage comprendre et aimer.

Enfin, regarder notre monde avec espérance.Non pas comme un champ perdu, mais comme une moisson immense que Dieu continue de préparer.

Frères et sœurs, retenons cette phrase :

Le regard de Jésus ne condamne pas ; il relève.
Le regard de Jésus ne repousse pas ; il appelle.
Le regard de Jésus ne désespère jamais ; il espère toujours.

Que cette Eucharistie nous apprenne à voir le monde avec les yeux du Christ et à aimer avec son cœur.Amen.

Homélie du P. Clément M. du XIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-16T21:27:53+02:00

Edito : Un cœur ouvert pour un monde blessé

Chers frères et sœurs, chers amis !

Le mois de juin nous conduit au cœur même de notre foi. Après les grandes célébrations pascales et la Pentecôte, l’Église nous invite à contempler deux trésors qui résument toute la vie chrétienne : l’Eucharistie et le Cœur de Jésus.

Le 7 juin, nous célébrerons la Fête-Dieu, solennité du Corps et du Sang du Christ. Puis, le 12 juin, la solennité du Sacré-Cœur de Jésus nous rappellera que Dieu n’est pas une idée, mais un amour vivant qui a un cœur ouvert pour chacun de nous. Dans un monde souvent marqué par l’indifférence, les tensions et les inquiétudes, le Christ continue de nous dire : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28).

Cette année encore, notre ensemble paroissial a eu la joie d’accompagner de nombreux enfants, adolescents et adultes sur leur chemin de foi. Les premières communions, les professions de foi, les confirmations et les différents sacrements célébrés au cours de ces dernières semaines sont autant de signes de la vitalité de notre communauté. Derrière chaque célébration, il y a des familles, des catéchistes, des accompagnateurs, des animateurs, des prêtres, des bénévoles qui ont donné généreusement de leur temps et de leur cœur. À tous, je voudrais adresser un profond merci.

J’adresse également mes encouragements à nos jeunes qui s’apprêtent à vivre les examens de fin d’année. Que l’Esprit Saint les accompagne dans leurs révisions et leurs épreuves. Plus encore que la réussite scolaire, nous leur souhaitons de grandir dans la confiance, la persévérance et l’espérance.

Alors que s’approche la pause estivale, nous pouvons aussi relire avec gratitude l’année pastorale qui s’achève. Elle a été riche en rencontres, en célébrations, en projets et en initiatives missionnaires. Notre vision pastorale continue de nous guider :

Construire ensemble une Église-famille de Dieu, où chacun est accueilli et accompagné personnellement ; une communauté qui témoigne de la joie de l’Évangile et qui grandit grâce à la participation de tous.

Cette année nous a montré une fois de plus que la paroisse n’est pas d’abord un ensemble de bâtiments ou d’activités, mais un peuple en marche derrière le Christ.

Dans cet esprit, je voudrais exprimer une reconnaissance particulière à Christophe et Chantal SELIER qui, pour des raisons de déménagement, quitteront prochainement notre ensemble paroissial. Leur engagement fidèle, notamment au sein de la chorale Saint-Barthélémy, a contribué à la beauté de nos célébrations et à la vitalité de notre vie communautaire. Nous leur disons un immense merci et les assurons de notre prière pour cette nouvelle étape de leur vie.

Cette année pastorale a également été marquée par les premiers enseignements du pape Léon XIV. Dans sa récente encyclique Magnifica Humanitas, il nous rappelle que, face aux bouleversements du monde moderne, aux progrès technologiques et aux défis de notre temps, nous ne devons jamais perdre de vue la dignité de la personne humaine ni notre vocation à construire une véritable civilisation de l’amour. Il nous invite à demeurer profondément humains parce que nous sommes appelés à demeurer profondément chrétiens.

Au fond, c’est bien ce que nous révèle le Sacré-Cœur de Jésus : Dieu croit en l’homme parce qu’il l’aime. Et lorsqu’un chrétien se laisse façonner par ce Cœur, il devient lui-même artisan de paix, de fraternité et d’espérance.

À tous, je souhaite un très beau mois de juin. Que le Christ Eucharistie nourrisse notre foi, que son Cœur nous apprenne à aimer davantage, et que l’été qui approche soit pour chacun un temps de repos, de ressourcement et de croissance spirituelle.

Sous le regard bienveillant de la Vierge Marie, demeurons unis dans la prière et dans la joie de l’Évangile.

 

Edito : Un cœur ouvert pour un monde blessé2026-06-05T09:59:03+02:00

Homélie du P. Clément M. du dimanche de la SAINTE TRINITÉ, année A (2026)

« Dieu n’est pas une solitude, Dieu est une communion d’amour ».

Quand on évoque la fête de la Sainte Trinité, beaucoup pensent immédiatement à un mystère compliqué : un seul Dieu en trois Personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Pourtant, la Trinité n’est pas d’abord un problème à résoudre ; elle est un mystère à accueillir. Plus qu’une définition théologique, elle nous révèle le vrai visage de Dieu.

Dans la première lecture, Moïse découvre un Dieu « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Mais avec Jésus, la révélation va encore plus loin : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Dieu n’est pas avant tout une puissance ou une force impersonnelle ; Dieu est Amour. Au cœur même de Dieu, il y a une relation vivante : le Père aime le Fils, le Fils répond à cet amour, et l’Esprit Saint est le lien d’amour qui les unit. La Trinité nous révèle ainsi que la communion est au cœur de Dieu lui-même.

Cette vérité éclaire aussi notre existence. Nous vivons à une époque où les moyens de communication n’ont jamais été aussi nombreux, et pourtant beaucoup souffrent d’isolement. Nous avons parfois des centaines de contacts, mais peu de relations profondes. La fête de la Trinité nous rappelle que nous sommes créés à l’image d’un Dieu qui est communion. C’est pourquoi personne ne peut être pleinement heureux seul. Le bonheur véritable naît de l’amour partagé, de l’amitié, de la fraternité, du pardon et de la confiance mutuelle. Comme le soulignait le psychiatre Viktor Frankl après son expérience des camps de concentration, ce qui permet souvent à l’homme de tenir dans les épreuves les plus terribles, c’est de continuer à aimer ou à se savoir aimé.

La Trinité n’est pas seulement une vérité à croire ; elle habite déjà notre quotidien. Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, nous nous plaçons dans la vie même de Dieu. Depuis notre baptême jusqu’au dernier jour de notre vie chrétienne, nous vivons sous le regard du Père, accompagnés par le Fils et guidés par l’Esprit Saint. Comme le rappelait sainte Élisabeth de la Trinité, Dieu demeure au plus profond de notre cœur. Nous le cherchons parfois très loin alors qu’il habite déjà en nous.

Enfin, la meilleure manière de célébrer la Trinité n’est pas de chercher à tout expliquer, mais de la refléter. Dans une famille où l’on s’écoute, dans un couple où l’on se pardonne, dans une paroisse où chacun trouve sa place, dans une société où l’on construit des ponts plutôt que des murs, quelque chose du mystère de Dieu devient visible. Chaque geste de communion, de réconciliation et de fraternité révèle le visage du Dieu Trinité.

Aujourd’hui, nous célébrons donc une merveilleuse bonne nouvelle : Dieu est une communion infinie d’amour et il nous invite à entrer dans sa propre vie. Aimés par le Père, sauvés par le Fils et habités par l’Esprit Saint, nous sommes appelés à apprendre chaque jour à aimer comme Dieu aime.

Homélie du P. Clément M. du dimanche de la SAINTE TRINITÉ, année A (2026)2026-06-02T20:10:39+02:00

Homélie du P. Clément M. du dimanche de la PENTECÔTE, année A (2026)

Frères et sœurs bien-aimés,

Il y a des personnes qui changent l’atmosphère d’une maison quand elles entrent.Avant même qu’elles parlent, on sent une paix, une lumière, une force intérieure.

Un jour, un journaliste demanda à Mère Teresa : « Quel est le secret de votre énergie ? »
Elle répondit simplement : « Je ne suis qu’un petit crayon dans la main de Dieu. » Voilà ce que fait l’Esprit Saint : Il prend des hommes fragiles… et il les transforme en instruments de Dieu.Pierre était peureux. Les disciples étaient enfermés. Et pourtant, après la Pentecôte, les mêmes deviennent courageux, lumineux, missionnaires.

La Pentecôte n’est pas seulement un événement du passé.
La Pentecôte est une présence.
L’Esprit Saint veut devenir quelqu’un de familier dans notre vie.

Aujourd’hui, à travers les textes de cette fête, l’Église nous invite à découvrir trois réalités :

  1. L’Esprit Saint nous relève de nos peurs
  2. L’Esprit Saint habite concrètement notre vie
  3. L’Esprit Saint nous transforme de l’intérieur

I – L’Esprit Saint nous relève de nos peurs

Dans l’Évangile, les disciples sont enfermés. Les portes sont verrouillées.Ils ont peur.Et combien de personnes vivent ainsi aujourd’hui !

Peur de l’avenir.
Peur de ne pas être aimées.
Peur de souffrir.
Peur de pardonner.
Peur de témoigner de leur foi.Mais Jésus vient au milieu d’eux et souffle sur eux :« Recevez l’Esprit Saint. » Remarquez bien :Jésus ne commence pas par leur faire un discours moral.Il leur donne une présence.

Parce que le christianisme n’est pas d’abord une morale.C’est une vie habitée.Saint Jean-Paul II disait :« L’Esprit Saint est la source permanente du courage chrétien. »

Frères et sœurs, beaucoup de baptisés vivent encore comme si Dieu était loin.Comme si tout dépendait seulement de leurs forces. Or la Pentecôte nous rappelle ceci :Nous ne sommes pas seuls pour vivre l’Évangile. L’Esprit Saint n’est pas une idée.Il est Dieu vivant en nous.

II – L’Esprit Saint habite concrètement notre vie

Dans les Actes des Apôtres, il y a le vent, le feu, les langues.Pourquoi ces signes ? Parce que l’Esprit Saint n’est pas décoratif.Il agit réellement. Le vent pousse. Le feu éclaire et purifie. La parole rassemble.

Le problème de beaucoup de chrétiens aujourd’hui, ce n’est pas qu’ils ne croient pas en Dieu…C’est qu’ils ne vivent pas avec l’Esprit Saint. Ils prient parfois Jésus…Ils aiment Marie…Mais l’Esprit Saint reste « le grand inconnu ». Or saint Paul nous dit dans la deuxième lecture :« Marchez sous la conduite de l’Esprit Saint. » Pas seulement le dimanche.Chaque jour. Avant une décision. Avant une parole difficile. Avant une rencontre. Avant une réaction de colère.

Saint Séraphim de Sarov disait :« Le but de la vie chrétienne est l’acquisition du Saint-Esprit. » Quelle phrase extraordinaire ! Pas seulement faire des choses religieuses.Pas seulement pratiquer.Mais devenir familier de l’Esprit Saint. Lui parler.L’écouter.L’invoquer.

Combien de saints vivaient cela !Le futur pape Jean XXIII avait cette prière quotidienne :« Saint-Esprit, inspire-moi ce que je dois penser, ce que je dois dire, ce que je dois faire. »Et si nous commencions nos journées ainsi ?

III – L’Esprit Saint nous transforme de l’intérieur

Saint Paul nous parle aujourd’hui des fruits de l’Esprit :« amour, joie, paix, patience, bonté, maîtrise de soi… »

Voilà le vrai signe de l’Esprit Saint. Ce ne sont pas d’abord les phénomènes extraordinaires. C’est une vie transformée. Un homme violent devient doux. Une personne amère retrouve la paix.Quelqu’un qui vivait dans le désespoir recommence à espérer.

Je pense à ce témoignage bouleversant d’un ancien détenu en Italie. Après des années de haine et de violence, il rencontre un aumônier de prison qui lui dit : « Tu n’es pas condamné à rester l’homme que tu étais. » Cet homme commence à prier simplement : « Esprit Saint, si tu existes, change mon cœur. » Des années plus tard, il témoignait : « Je pensais que la liberté, c’était sortir de prison. En réalité, la vraie prison était dans mon cœur. Et l’Esprit Saint m’a libéré de moi-même. » Voilà la Pentecôte. L’Esprit Saint peut encore aujourd’hui :

  • guérir un cœur blessé,
  • relever un couple fatigué,
  • redonner l’espérance à un jeune,
  • consoler une personne seule,
  • réveiller une paroisse entière.

Frères et sœurs, Le monde a besoin de techniques…Mais plus encore, il a besoin d’hommes et de femmes habités par l’Esprit Saint. Le pape Benoît XVI disait : « L’Esprit Saint donne au monde le souffle de l’espérance. » En cette Pentecôte, demandons peut-être une grâce toute simple : devenir amis du Saint-Esprit. Le prier davantage. L’écouter davantage. Le laisser agir en nous. Parce qu’un chrétien sans l’Esprit Saint finit par s’épuiser. Mais un chrétien rempli de l’Esprit devient une lumière pour les autres.

Alors aujourd’hui, redisons ensemble dans le silence de notre cœur : Viens, Esprit Saint. Viens dans mes peurs. Viens dans mes blessures. Viens dans ma famille. Viens dans notre paroisse. Fais de moi un témoin vivant du Christ. Amen.

 

 

 

Homélie du P. Clément M. du dimanche de la PENTECÔTE, année A (2026)2026-05-26T09:48:00+02:00

HOMELIE pour la Célébration du 08 Mai. P.Clément M. ( Messe à St Barthelemy de Plaisance).

Frères et sœurs,
En ce 8 mai, notre pays fait mémoire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
Une date historique.Une date de victoire… mais une victoire traversée de larmes, de ruines et de silences.

Car derrière les cérémonies officielles, derrière les monuments aux morts, derrière les noms gravés dans la pierre, il y a des histoires humaines.
Des jeunes de vingt ans arrachés à leur famille.
Des femmes qui ont attendu un mari qui ne reviendrait jamais.
Des enfants devenus orphelins trop tôt.
Des villages détruits.
Des consciences marquées à jamais.

Et pourtant, au cœur de cette nuit de l’histoire, des hommes et des femmes ont continué à croire que la lumière valait plus que les ténèbres.Voilà pourquoi l’Évangile d’aujourd’hui est bouleversant :« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »Cette parole de Jésus n’est pas un slogan naïf.Elle a traversé les camps, les prisons, les tranchées, les tortures et les exécutions.

Ces derniers mois, l’Église de France a rappelé une page très forte de cette histoire avec la béatification à Paris de cinquante martyrs du STO (service du travail obligatoire), ces jeunes chrétiens envoyés de force en Allemagne pendant la guerre, morts en haine de leur foi. Parmi eux, plusieurs scouts français.L’un d’eux, Joël Anglès d’Auriac, jeune scout torturé puis exécuté par les nazis, écrivait avant sa mort :« Je meurs avec le sourire, car le Seigneur est avec moi. »

Un autre disait :« Ils ne sont pas assez forts pour vaincre le Christ. »Quelle force intérieure !

Ces hommes n’étaient pas des super-héros.C’étaient des jeunes ordinaires.
Mais ils avaient compris une chose extraordinaire :on peut enfermer un corps… mais on ne peut pas emprisonner une âme qui demeure libre dans l’amour et dans la foi.Et cela nous rejoint aujourd’hui.Parce que notre monde moderne est technologiquement avancé… mais humainement fragile.Nous pensions peut-être que les grandes guerres appartenaient au passé.Mais regardez notre monde : l’Ukraine, le Proche-Orient, les violences terroristes, les radicalisations, les discours de haine, les fractures sociales…Le pape François répétait souvent :« La guerre est toujours une défaite de l’humanité. »

Et il ajoutait :« Chaque guerre laisse le monde pire qu’il ne l’était auparavant. »Ces paroles résonnent fortement aujourd’hui.

Nous faisons mémoire du 8 mai non pour glorifier la guerre, mais pour apprendre à protéger la paix.Car les guerres commencent rarement d’un seul coup.Elles naissent dans les cœurs lorsque disparaissent :

  • le respect,
  • la vérité,
  • le dialogue,
  • la fraternité.

Quand l’autre n’est plus vu comme un frère, il devient vite un ennemi.Voilà pourquoi Jésus nous donne aujourd’hui le seul véritable antidote contre la barbarie :« Aimez-vous les uns les autres. »Non pas un amour sentimental ou faible.Mais un amour courageux.Un amour capable de pardonner.Un amour capable de servir.Un amour capable de protéger les plus faibles.

Il est frappant de voir que beaucoup de ceux que nous honorons aujourd’hui — résistants, soldats, prêtres, infirmières, simples citoyens — ont risqué leur vie non par haine de quelqu’un, mais par amour de quelqu’un :

  • amour de leur famille,
  • amour de leur pays,
  • amour de la liberté,
  • amour de la dignité humaine.

Saint Maximilien Kolbe, mort dans un camp nazi, disait :« La haine n’est pas une force créatrice. Seul l’amour crée. »Et cela reste vrai aujourd’hui.

Frères et sœurs, beaucoup parmi nous ne viennent pas souvent à l’église.Mais je crois qu’aujourd’hui chacun peut comprendre ceci :

Un monde sans mémoire devient dangereux.
Un monde sans fraternité devient violent.
Un monde sans espérance devient froid.

Alors, en ce jour de commémoration, demandons au Seigneur trois grâces.

La grâce de la mémoire, pour ne jamais banaliser le mal.
La grâce du courage, pour défendre la paix même quand cela coûte.
Et la grâce de la fraternité, pour apprendre à vivre ensemble malgré nos différences.

Et peut-être qu’aujourd’hui, le plus bel hommage que nous puissions rendre aux morts de la guerre, ce n’est pas seulement une minute de silence…C’est de devenir, chacun à notre place, des artisans de paix.

Dans nos familles.
Dans nos quartiers.
Dans nos paroles.
Dans notre manière de regarder les autres.

Que le Seigneur accueille tous les morts de la guerre.
Qu’il bénisse notre pays.
Qu’il soutienne ceux qui servent la paix et le bien commun.
Et que la Vierge Marie, Reine de la Paix, veille sur la France et sur le monde.Amen.

 

HOMELIE pour la Célébration du 08 Mai. P.Clément M. ( Messe à St Barthelemy de Plaisance).2026-05-24T17:54:39+02:00

Homélie du 5e Dimanche de Pâques – P. Clément M.

Il y a quelques jours, une personne de notre paroisse me confiait ceci :« Mon Père, tout va vite… trop vite. Les problèmes s’accumulent… et parfois, j’ai l’impression de perdre pied. »

Et au cœur de cette agitation, cette parole de Jésus résonne aujourd’hui comme une lumière :« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. ». Mais concrètement : Comment ne pas être bouleversé quand tout tremble autour de nous ? Quand la santé vacille, quand les relations se compliquent, quand l’avenir semble incertain ?

Alors Jésus ne nous donne pas une solution facile…Il nous donne un chemin de vie.

Aujourd’hui, retenons trois mots pour vivre cet Évangile :👉 Confiance – Chemin – Mission

  1. CONFIANCE – “Que votre cœur ne soit pas bouleversé”

Jésus ne dit pas : « Il n’y aura pas de tempête ». Il dit : « Ne laisse pas la tempête entrer dans ton cœur. »

Pourquoi ?Parce que Dieu prépare une place pour nous.« Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. »

Frères et sœurs, cela change tout !Nous ne sommes pas faits pour le chaos…Nous sommes faits pour une maison, pour une relation, pour un chez-nous éternel.

Un témoignage marquant :Un homme gravement malade disait à son prêtre :« Je n’ai plus peur de mourir… parce que je sais que je ne vais pas dans le vide… je rentre chez moi. »

Voilà la foi chrétienne. Comme le disait Sainte Thérèse de LisieuxJe ne meurs pas, j’entre dans la vie. »

👉 Frères et sœurs, aujourd’hui Jésus nous dit :Fais-moi confiance… même si tu ne comprends pas tout.

  1. CHEMIN – “Je suis le chemin, la vérité et la vie”

Thomas pose la question que nous avons tous posée un jour :« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas… comment pourrions-nous savoir le chemin ? »

Et Jésus répond par une parole incroyable :« Je suis le chemin. » Pas : « Je vous montre un chemin » Mais : « Je suis le chemin. » Cela veut dire quoi concrètement ? 👉 Cela veut dire que la vie chrétienne n’est pas une théorie… c’est une relation.

Le chemin, ce n’est pas une carte…Le chemin, c’est une personne : Jésus lui-même.

Quand tu pries, tu es sur le chemin.
Quand tu pardonnes, tu es sur le chemin.
Quand tu aimes malgré tout, tu es sur le chemin.

Un jeune me disait :« Mon Père, je ne sais pas si je fais les bons choix dans ma vie… »

Je lui ai répondu :👉 « Si tu restes uni au Christ, tu ne peux pas te tromper de chemin. ».Parce que le chemin, ce n’est pas d’avoir tout compris… c’est de rester avec Lui.

  1. MISSION – “Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais”

Et là… Jésus va encore plus loin. Il dit : « Vous ferez des œuvres encore plus grandes que les miennes. »

C’est audacieux ! C’est presque déroutant ! Mais regardons la première lecture : Dans les Actes des Apôtres, il y a un problème dans la communauté :des tensions, des injustices, des plaintes…Et que font les apôtres ?

👉 Ils ne fuient pas.👉 Ils organisent.👉 Ils confient des responsabilités.👉 Ils servent.

Résultat :« La parole de Dieu était féconde. »

Voilà la mission de l’Église aujourd’hui :👉 Transformer les problèmes en opportunités de grâce.👉 Servir concrètement.👉 Témoigner par des actes.Et cela commence par chacun de nous.Une mère de famille, un père, un jeune, un ancien…Tous, nous sommes appelés à être présence du Christ là où nous sommes.

Frères et sœurs, Aujourd’hui, Jésus nous donne une direction claire :

🔑 CONFIANCE – Ne laisse pas ton cœur se troubler
🔑 CHEMIN – Reste uni à Jésus
🔑 MISSION – Deviens témoin par tes actes

Homélie du 5e Dimanche de Pâques – P. Clément M.2026-05-24T17:54:09+02:00
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