À propos de Clément Bonou

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Homélie du P. Clément M. Commemoration des fidèles défunts

Frères et sœurs,Il y a des chaises qui restent vides, des voix que nous aimerions entendre encore, des numéros de téléphone que nous n’arrivons pas à effacer… Aujourd’hui, l’Église accueille tout cela : nos souvenirs, notre reconnaissance, nos larmes, et parfois nos regrets.

Hier, à la Toussaint, nous avons célébré ceux qui vivent dans la lumière de Dieu. Aujourd’hui, nous prions pour les défunts qui ont encore besoin d’être purifiés pour entrer dans cette plénitude. C’est une même famille qui espère, qui prie et qui aime.

L’Évangile nous donne trois mots pour éclairer cette journée : accueillir, purifier, ressusciter.

Accueillir : nos défunts sont confiés à Quelqu’un.

Jésus nous dit : « Celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. » Quelle parole pour nos cœurs éprouvés ! Devant la mort, nous rencontrons une limite infranchissable. Jésus, lui, nous ouvre ses bras. Il est venu accomplir la volonté du Père : sauver ceux qui lui sont confiés.

Nous connaissons les qualités de nos défunts, mais aussi parfois leurs fragilités, leurs contradictions, leurs blessures. Nous pouvons les remettre à Celui qui connaît toute leur histoire et les aime dans la vérité.

La foi ne nous demande pas de retenir nos larmes. Jésus lui-même a pleuré devant le tombeau de son ami Lazare. Pleurer n’est pas manquer de foi : c’est souffrir d’une absence tout en s’appuyant sur une promesse.

Purifier : notre amour peut encore devenir prière.

Pourquoi prier pour les morts ? Parce que notre communion dans le Christ demeure au-delà de la mort. L’Église comprend ceux qui marchent sur terre, ceux qui sont purifiés et ceux qui contemplent Dieu. Tous sont unis au même Seigneur. Voilà la communion des saints : une solidarité d’amour que la mort ne détruit pas.

Ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu peuvent avoir encore besoin d’une purification. Le purgatoire est cette purification ultime de personnes déjà assurées du salut : Dieu achève de les rendre capables de recevoir pleinement sa lumière.

Notre prière les accompagne. Tout particulièrement, nous offrons pour eux l’Eucharistie, en les confiant à l’amour du Christ mort et ressuscité. Nous pouvons aussi offrir une œuvre de charité en leur faveur.

Pensons à quelqu’un qui revient du cimetière et retrouve la solitude de sa maison. Il peut encore prononcer un prénom devant Dieu, faire célébrer une messe, aider une personne pauvre en mémoire de l’être aimé. Son amour trouve ainsi une nouvelle manière de se donner.Nous ne pouvons plus leur tenir la main ; nous pouvons toujours les confier aux mains du Père.

Ressusciter : l’espérance nous apprend à vivre aujourd’hui.

Jésus promet : « Je le ressusciterai au dernier jour. » Notre espérance va jusque-là : la résurrection, la vie de toute notre personne auprès de Dieu.

Et cette espérance nous interpelle : pourquoi attendre demain pour aimer ? Pourquoi remettre une réconciliation, une visite, un merci ?

Honorer nos défunts, c’est aussi laisser porter du fruit au bien qu’ils ont semé. C’est prendre soin des vivants qui souffrent de leur absence. C’est élargir notre prière aux morts oubliés, à ceux dont personne ne prononce plus le nom.

Frères et sœurs, aujourd’hui, déposons sur l’autel nos visages aimés et nos histoires inachevées.

Seigneur Jésus, accueille nos défunts, purifie-les dans ton amour et conduis-les à la joie de ta présence. Console ceux qui pleurent. Et apprends-nous à vivre dès aujourd’hui cet amour qui prépare l’éternité. Amen.

Homélie du P. Clément M. Commemoration des fidèles défunts2026-11-03T13:12:57+01:00

Homélie du P. Clément M. Dimanche 1er novembre 2026 Solennité de la Toussaint

Frères et sœurs,Nous connaissons les noms de beaucoup de célébrités. Mais nous ignorons les noms de beaucoup de saints. Pourtant, ce sont souvent eux qui, discrètement, ont rendu notre monde plus humain : une mère dont la foi nous a portés, un père dont la droiture nous a construits, une personne dont la bonté nous a réconciliés avec la vie.

Aujourd’hui, l’Église célèbre tous les saints : ceux du calendrier et ceux dont Dieu seul connaît la sainteté, tous ceux qui partagent désormais sa gloire. Demain, nous prierons pour tous les fidèles défunts. Aujourd’hui, nous nous réjouissons de cette multitude arrivée auprès du Père, qui prie pour nous et nous encourage.

Chaque année, la Toussaint vient réveiller notre vocation : nous aussi, nous sommes appelés à devenir saints.

Trois mots peuvent guider notre marche : regarder, aimer, espérer.

Regarder : fixer les yeux sur Dieu.

Les saints ont été des hommes et des femmes comme nous. Pierre a renié Jésus. Augustin a longtemps cherché son bonheur loin de Dieu. François d’Assise rêvait de prestige et de gloire.

Leur histoire nous rappelle que Dieu peut transformer une existence. Ils lui ont ouvert leur cœur et ont appris à revenir vers lui.

Saint Jean nous révèle la source de cette transformation : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu — et nous le sommes. »

La sainteté commence par cet émerveillement : je suis aimé de Dieu ! Son amour me précède. Sa grâce me relève. Même lorsque je tombe, je peux revenir à lui.

Regarder Dieu, c’est lui donner une place réelle : quelques minutes de prière, une page d’Évangile, l’Eucharistie reçue avec foi, le pardon demandé dans la confession. Ce que nous contemplons finit par façonner notre cœur.

À force de regarder uniquement ce qui nous manque, nous devenons amers. En accueillant l’amour de Dieu, nous apprenons à reconnaître ce qui nous est donné et ce que nous pouvons offrir.

Aimer : mettre les Béatitudes dans nos gestes.

Dans l’Évangile, Jésus répète : « Heureux ! » Il nous propose un bonheur qui demeure au milieu même des épreuves : celui d’une vie unie à Dieu et offerte aux autres.

Les Béatitudes sont son portrait. Jésus est doux, miséricordieux, pur de cœur, artisan de paix. Devenir saint, c’est le laisser nous rendre semblables à lui.

François d’Assise en a fait l’expérience. La vue des lépreux lui était insupportable. Mais Dieu l’a conduit parmi eux, et François s’est mis à les servir. Dans son Testament, il raconte que ce qui lui paraissait amer s’est changé en douceur. En s’approchant de ceux qu’il fuyait, il a découvert une joie qu’il ne connaissait pas.

Nous aussi, nous avons peut-être quelqu’un que nous évitons, une souffrance que nous préférons ne pas voir. Et si Dieu nous attendait précisément là ?

Vivre les Béatitudes aujourd’hui, c’est très concret.

Être doux, c’est pouvoir répondre durement et choisir une parole qui respecte. Avoir faim de justice, c’est refuser une humiliation, même lorsque tout le monde se tait. Être artisan de paix, c’est interrompre une médisance, refuser de relayer la haine sur les réseaux sociaux, oser commencer une réconciliation.

Martin Luther King, qui combattait la ségrégation raciale, insistait sur cette exigence : lutter contre l’injustice tout en refusant de haïr ceux qui la commettent. L’amour de l’ennemi exige une force intérieure immense ; il cherche sa conversion sans renoncer à la justice.

Et lorsque Jésus proclame heureux ceux qui pleurent, il ne glorifie pas leur souffrance. Il leur promet la consolation de Dieu et nous invite à nous tenir auprès d’eux. Une visite, une écoute patiente, une présence fidèle peuvent donner chair à cette promesse.

Espérer : vivre aujourd’hui à la lumière de l’éternité.

L’Apocalypse nous montre une foule immense, de toutes nations. Les cent quarante-quatre mille expriment symboliquement la plénitude du peuple de Dieu : le ciel n’est pas réservé à un petit cercle.

Ces saints ont traversé la grande épreuve. Leurs vêtements sont blanchis dans le sang de l’Agneau : ils ont été sauvés par l’amour du Christ livré pour eux.

Nos combats ne nous excluent donc pas du chemin. Nous pouvons les traverser avec lui.

Une belle formule attribuée à Raoul Follereau le résume : « La sainteté, c’est la grâce de faire les plus humbles choses sous le signe de l’éternité. »

Préparer un repas avec amour, accompagner un conjoint malade, travailler honnêtement, prendre des nouvelles d’une personne seule : ces gestes peuvent sembler petits. Ils prennent une profondeur éternelle lorsqu’ils accueillent l’amour de Dieu.

Frères et sœurs, le psaume nous parle de mains innocentes et d’un cœur pur. Voilà notre programme : le regard vers Dieu, les mains vers nos frères, le cœur tourné vers l’éternité.

Cette semaine, choisissons une Béatitude et donnons-lui un visage : celui d’une personne à aimer davantage.

Seigneur, avec tous les saints, apprends-nous à regarder comme toi, à aimer avec toi et à espérer en toi. Fais grandir ta sainteté dans l’ordinaire de nos vies.Amen.

Homélie du P. Clément M. Dimanche 1er novembre 2026 Solennité de la Toussaint2026-11-03T13:02:16+01:00

Edito : Novembre : la mémoire dans le cœur, l’espérance dans les yeux !

Chers paroissiens, chers amis,

Novembre arrive avec ses journées qui raccourcissent, ses feuilles qui tombent, ses cimetières qui se fleurissent et ses souvenirs qui remontent à la surface. Un mois chargé d’émotion, de nostalgie, parfois de tristesse. Mais pour nous, chrétiens, novembre n’est pas le mois de la mort : c’est le mois où notre foi nous apprend à regarder la mort à la lumière de la Vie.

Le 1er novembre, nous célébrons la Toussaint ; le 2 novembre, nous faisons mémoire de tous les fidèles défunts. Deux célébrations intimement liées, comme les deux faces d’une même espérance. La Toussaint nous montre le ciel qui nous attend ; la commémoration des défunts nous rappelle ceux qui nous ont précédés sur ce chemin.

La Toussaint est la fête de cette immense foule de saints, connus ou inconnus, qui ont pris l’Évangile au sérieux. Des hommes et des femmes ordinaires qui ont aimé, servi, pardonné et espéré, parfois au milieu de grandes épreuves. Elle nous rappelle que la sainteté n’est pas réservée à quelques êtres extraordinaires : elle est la vocation de tous les baptisés. Nos familles, nos engagements et même nos fragilités peuvent devenir des chemins de sainteté.

Et puis vient le 2 novembre. Avec lui, les visages de ceux que nous avons aimés et qui nous ont quittés : un père, une mère, un conjoint, un enfant, un ami… Derrière chaque tombe, il y a une histoire, une affection, parfois une blessure encore vive. L’absence peut peser lourd, même après de longues années.

Mais la mort n’a pas le dernier mot ! Jésus nous l’assure : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25). Saint Paul nous invite à ne pas être abattus « comme les autres, qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4,13). L’espérance chrétienne ne supprime pas nos larmes ; elle leur donne un horizon. Nous pleurons parce que nous avons aimé. Nous espérons parce que nous croyons que l’amour de Dieu est plus fort que la mort.

Voilà pourquoi prier pour nos défunts est un si beau geste de foi et de charité. Durant ce mois, je voudrais inviter chacun à participer à la messe pour les défunts, à offrir une intention de prière, à visiter un cimetière, à fleurir une tombe. Mais pensons aussi aux vivants : aux familles endeuillées, aux personnes seules, à ceux dont la blessure demeure. Un appel, une visite, une présence fraternelle peuvent apporter tant de réconfort !

Honorer nos morts, c’est aussi prendre davantage soin des vivants.

Le dimanche 22 novembre, nous célébrerons la solennité du Christ Roi de l’Univers, qui vient couronner notre année liturgique. Quelle belle conclusion ! Au terme de notre cheminement, l’Église nous rappelle que le dernier mot de l’histoire appartient au Christ, vainqueur du péché et de la mort. Mais sa royauté n’est pas domination : elle est amour et service. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Reconnaître le Christ comme Roi, c’est lui donner la première place dans notre cœur et le reconnaître dans le visage de nos frères.

Et déjà, le dimanche 29 novembre, nous entrerons dans le temps de l’Avent, ouvrant une nouvelle année liturgique. Nos regards se tourneront vers Noël. Les familles commenceront à préparer les crèches, les décorations, les rencontres et les célébrations. Mais au milieu de tous ces préparatifs, gardons l’essentiel : Noël ne se prépare pas seulement dans nos maisons, mais d’abord dans nos cœurs. L’Avent nous invite à réveiller notre foi, à renouveler notre prière, à nous réconcilier, à partager et à faire une place au Seigneur qui vient.

Ainsi, de la Toussaint à l’Avent, novembre nous conduit sur un magnifique chemin d’espérance : contempler le ciel avec les saints, prier pour nos défunts, reconnaître la royauté du Christ et préparer sa venue.

Chers amis, faisons de novembre un mois de mémoire reconnaissante, de charité fraternelle et d’espérance vivante ! Que le souvenir de nos défunts nous rende plus attentifs aux vivants, que l’exemple des saints nous encourage et que l’attente de Noël renouvelle notre désir de Dieu.

Gardons nos défunts dans notre prière, les saints comme compagnons de route, le Christ ressuscité comme notre espérance et nos cœurs ouverts à Celui qui vient !

Bon et saint mois de novembre à tous !

Edito : Novembre : la mémoire dans le cœur, l’espérance dans les yeux !2026-10-30T14:52:58+01:00

Homélie du P. Clément M. Dimanche 25 octobre Solennité de la dédicace

Frères et sœurs,On peut entrer dans une église pour regarder les pierres… et en ressortir avec le cœur bouleversé.

Le jour de Noël 1886, un jeune homme de dix-huit ans entre à Notre-Dame de Paris. Il ne vient pas chercher une conversion : il s’intéresse surtout à l’atmosphère des cérémonies. Pendant les vêpres, alors que retentit le Magnificat, quelque chose se produit. Ce jeune homme, Paul Claudel, écrira : « En un instant mon cœur fut touché et je crus. » Son cheminement sera encore long, mais sa vie vient de prendre une direction nouvelle. Voilà ce que peut abriter une église : la rencontre qui transforme une existence.Aujourd’hui, nous célébrons la dédicace de nos églises, leur consécration à Dieu. Cette fête nous adresse trois appels : franchir la porte, s’appuyer sur le Christ, devenir une pierre vivante.

1. FRANCHIR LA PORTE : se laisser rencontrer

Salomon vient de construire le Temple. Pourtant, il reconnaît que Dieu dépasse tout ce qu’on peut bâtir pour lui. Les cieux eux-mêmes ne peuvent le contenir ! Il demande cependant que ce lieu accueille la prière et le pardon.

Nos églises ne servent pas à enfermer Dieu. Elles nous aident à lui ouvrir notre vie.

Car nous pouvons vivre toute une journée sans jamais être vraiment présents : le corps à la maison, l’esprit au travail, les yeux sur le téléphone, le cœur dans les inquiétudes…

Et voici une porte ouverte. Un silence. Une croix. Le tabernacle où le Christ demeure présent. Ici, je peux cesser de paraître fort. Je peux dire : « Seigneur, je suis fatigué. J’ai peur. J’ai besoin de toi. »

Le psaume évoque l’oiseau qui trouve un abri près des autels du Seigneur. Si le petit oiseau trouve sa place, comment celui qui porte une grande peine serait-il de trop dans la maison de Dieu ?

Pensons à ces personnes qui entrent quelques minutes, allument un cierge, puis repartent. Nous ignorons leur histoire. Ce petit geste porte peut-être une immense prière.

Cette semaine, prenons nous aussi quelques minutes devant le Seigneur. Laissons-nous rencontrer.

2. S’APPUYER SUR LE CHRIST : passer de l’habitude à la foi

Jésus demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Il nous rejoint au-delà de nos habitudes : « Toi qui viens à la messe, quelle place me donnes-tu dans tes décisions ? Toi qui traverses une épreuve, crois-tu que tu peux t’appuyer sur moi ? »

Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Jésus lui confie alors une mission de fondation et les clés du Royaume.

Quel paradoxe ! Pierre sera aussi l’homme de la peur et du reniement. Le Seigneur connaît sa fragilité et l’appelle pourtant à servir la foi de ses frères.

Dieu ne nous demande pas d’être sans faiblesse pour nous appeler ; il nous demande de lui laisser transformer notre faiblesse.

La fidélité du Christ nous soutient. Elle nous donne le courage de reconnaître nos fautes, de réparer nos torts et de recommencer.

Nous nous préoccupons, à juste titre, des fissures dans les murs de nos églises. Regardons aussi les fissures dans notre confiance : cette prière abandonnée, cette amertume entretenue, cette vie où Jésus n’a plus voix au chapitre.

La dédicace nous invite à lui redire : « Seigneur, je veux bâtir ma vie avec toi. »

3. DEVENIR UNE PIERRE VIVANTE : prendre sa part

Saint Pierre nous appelle à entrer comme des pierres vivantes dans la construction de la demeure spirituelle. Une pierre a sa place lorsqu’elle se laisse unir aux autres.

À Saint-Damien, François d’Assise entend cet appel du Crucifié : « François, va et répare ma maison. » Il commence par restaurer des murs. Puis sa vocation l’entraîne à servir le renouvellement de l’Église par une vie donnée à l’Évangile.

Cet appel nous concerne : quelle part de la maison vais-je réparer ?

Un malade attend une visite. Un nouveau paroissien attend qu’on lui adresse la parole. Une famille endeuillée attend encore une présence lorsque les obsèques sont passées. Une relation blessée attend le premier pas.

Voilà des pierres à remettre en place !

Saint Augustin disait à ceux qui recevaient l’Eucharistie : « Sois un membre du corps du Christ pour que ton “amen” soit vrai. »

Quelle parole exigeante ! Mon « Amen » à la communion engage aussi ma manière de traiter mon frère. Le Christ reçu à l’autel veut faire grandir en nous un amour concret.

Frères et sœurs, nous sommes entrés dans une église de pierres ; repartons en pierres vivantes de l’Église.

Franchir la porte : prendre le temps de rencontrer Dieu.
S’appuyer sur le Christ : lui confier réellement sa vie.
Devenir une pierre vivante : poser un geste qui construit la communion.

Seigneur Jésus,
ouvre notre cœur à ta présence.
Affermis notre foi et rassemble-nous dans ton amour.
Que celui qui entre ici se sache attendu,
et que celui qui nous rencontre découvre quelque chose de ta tendresse.
Amen.

Homélie du P. Clément M. Dimanche 25 octobre Solennité de la dédicace2026-10-26T12:36:28+01:00

Homélie du P. Clément M. du XXIXe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, Si je vous montre un billet froissé, garde-t-il sa valeur ? Oui ! Et s’il tombe par terre, s’il est piétiné, vaut-il moins ? Non ! Alors, pourquoi nous arrive-t-il de penser qu’une personne abîmée par la vie aurait perdu sa valeur ? Pourquoi croyons-nous parfois que nos échecs, nos péchés ou le regard des autres nous auraient enlevé notre dignité ?

L’Évangile nous ramène aujourd’hui à cette vérité : tu portes l’image de Dieu. La vie peut te blesser ; elle ne peut pas effacer l’amour dont tu es aimé.

Pour accueillir cette bonne nouvelle, retenons trois verbes, trois « R » : Reconnaître, Résister, Rendre.

D’abord : RECONNAÎTRE l’image de Dieu.

Dans l’Évangile, les adversaires de Jésus lui tendent un piège : faut-il payer l’impôt à César ? S’il répond oui, il paraît soutenir l’occupant romain. S’il répond non, on pourra le dénoncer comme rebelle.

Jésus demande une pièce. Elle porte l’image de l’empereur. Il répond :

« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Mais qu’est-ce qui porte l’image de Dieu ? L’être humain ! Toi, moi, chacun de nos frères ! Le pape François rappelait ce rapprochement entre l’image gravée sur la monnaie et celle du Créateur imprimée en toute personne.

La monnaie peut appartenir à César. Mais aucune personne ne peut être traitée comme une chose : ni exploitée, ni achetée, ni jetée lorsqu’elle ne sert plus.

Saint François d’Assise l’a découvert auprès des lépreux. Leur vue lui était insupportable. Pourtant, Dieu l’a conduit parmi eux. Il raconte dans son Testament : « Je les soignais de tout mon cœur. » Et ce qui lui semblait amer s’est changé en douceur.

Les lépreux n’avaient pas soudain changé d’apparence. C’est le regard de François qui avait été transformé par la grâce : celui qu’il évitait devenait un frère.

Et nous ? Quelle personne avons-nous réduite à son défaut, à son passé, à son opinion ? Reconnaître l’image de Dieu, c’est apprendre à voir une personne là où nous avions collé une étiquette.

Ensuite : RÉSISTER à ce qui prend la place de Dieu.

Jésus reconnaît nos devoirs envers la société. Payer justement l’impôt, travailler honnêtement, respecter les autres, contribuer au bien commun : tout cela engage aussi notre foi.

Mais César n’est pas Dieu ! Aucun pouvoir ne peut exiger une obéissance qui nous ferait trahir le bien.

La première lecture le rappelle : Cyrus est un souverain puissant, mais il demeure un instrument dans un dessein qui le dépasse. Dieu peut agir par lui, même s’il ne le connaît pas. Le pouvoir humain a une responsabilité ; il n’a pas la place de Dieu.

Saint Thomas More l’a vécu jusqu’au martyre. Chancelier d’Angleterre, il avait servi son pays. Mais il refusa de soumettre sa conscience aux exigences du roi Henri VIII. Il fut exécuté en 1535. Ses dernières paroles résument son témoignage :

« Je meurs en bon serviteur du roi, mais tout d’abord en serviteur de Dieu. »

Nous n’aurons peut-être pas à choisir entre la fidélité et la mort. Mais entre la vérité et un avantage, entre l’honnêteté et une facilité, entre l’Évangile et l’approbation des autres : oui, certainement !

Quel « César » gouverne mes décisions ? L’argent ? Mon image ? La peur de déplaire ?

Servir le monde, oui. Lui vendre notre conscience, jamais !

Enfin : RENDRE à Dieu notre vie.

À Dieu, que pouvons-nous rendre ? Ce que nous avons reçu : notre temps, nos capacités, notre cœur.

Il ne s’agit pas de réserver à Dieu une petite place lorsque tout le reste est servi. Il s’agit de le laisser éclairer toute notre existence.

Saint Paul nous donne aujourd’hui trois signes très concrets : une foi active, une charité qui se donne de la peine, une espérance qui tient bon.

La foi agit : elle nous aide à choisir le vrai.

La charité se donne de la peine : elle téléphone, visite, écoute, pardonne.

L’espérance tient bon : elle continue d’aimer lorsque les résultats se font attendre.

Cette semaine, posons trois gestes : un regard qui relève, un refus de l’injustice, un service rendu avec amour.

Frères et sœurs, retenons les trois « R » :

Reconnaître son image dans chaque personne.
Résister à ce qui veut prendre sa place.
Rendre à Dieu notre vie en aimant.

Sur cet autel, Jésus se donne tout entier. Présentons-lui aussi notre existence entière, avec ses joies et ses blessures. Seigneur, que notre manière de vivre dise à qui notre cœur appartient.À César la monnaie ; à Dieu notre vie !Amen.

Homélie du P. Clément M. du XXIXe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-10-20T12:55:13+02:00

Edito : Octobre : avec Marie, reprendre souffle et avancer ensemble !

Chers paroissiens, chers amis,

Le mois d’octobre s’ouvre dans une belle atmosphère d’action de grâce. Nous venons de vivre la visite du pape Léon XIV en France, et tout particulièrement son passage à Lourdes. Beaucoup d’entre nous ont encore dans le cœur la ferveur, l’émotion et la joie de ce grand moment d’Église. Cette visite, bien organisée et profondément vécue, a été pour beaucoup comme un réveil spirituel. Oui, l’Église est vivante. Oui, la foi demeure. Oui, l’espérance peut encore rallumer les cœurs.

À Lourdes, le Saint-Père nous a invités à reprendre le chapelet et à prier pour la paix. Cet appel rejoint naturellement le mois d’octobre, traditionnellement consacré au Rosaire. Devant les guerres, les violences, les familles déplacées, les peuples meurtris et tant d’innocents blessés, nous ne pouvons pas rester indifférents. Le chrétien ne dispose pas toujours de solutions immédiates aux grands drames du monde, mais il peut ouvrir un chemin de prière, d’intercession et de conversion. Le Rosaire n’est pas une prière du passé : il est une humble force confiée aux mains des croyants.

Grain après grain, avec Marie, nous contemplons le Christ et nous déposons le monde dans le cœur de Dieu. Je voudrais donc inviter les familles, les personnes seules, les malades, les jeunes, les groupes paroissiaux et les mouvements à reprendre simplement le chapelet durant ce mois. Une dizaine par jour, un chapelet en famille, une prière dans une église, une intention confiée à Notre-Dame : tout cela peut devenir une semence de paix. Là où Marie est accueillie, le cœur devient plus disponible à Dieu et plus fraternel envers les autres.

Octobre est aussi le mois où l’Église prie pour l’annonce de l’Évangile dans le monde. Cela nous rappelle que la foi n’est jamais un bien privé. Elle est une lumière reçue pour être partagée. Chacun peut témoigner là où il vit : par une parole juste, un accueil simple, une attention aux plus fragiles, une invitation, un service rendu, une présence fidèle. L’Évangile se transmet souvent par la beauté des gestes simples.

Dans notre Ensemble paroissial, les services, mouvements et associations reprennent progressivement leurs rencontres, leurs programmes et leurs projets. Les équipes se retrouvent, les initiatives se mettent en place, les responsabilités se redistribuent. Tout cela demande de l’énergie, de la patience, de l’écoute et de la générosité. Une communauté chrétienne ne vit pas seulement par ses structures ; elle vit par des personnes qui acceptent de donner un peu de leur temps, de leur cœur et de leur foi. Une paroisse vivante se construit avec des visages, des mains disponibles et des cœurs priants.

Notre grande messe de lancement de l’année pastorale aura lieu le dimanche 11 octobre à 10h30, en l’église Saint-Barthélemy de Plaisance-du-Touch. Ce sera un moment important pour confier au Seigneur nos cinq clochers, nos familles, nos enfants, nos jeunes, nos aînés, nos malades, nos catéchumènes, nos bénévoles, nos équipes et tous ceux qui cherchent Dieu parfois sans encore oser franchir le seuil de l’Église. Nous ne venons pas seulement organiser une année : nous venons la remettre entre les mains du Seigneur.

Je voudrais aussi souhaiter une chaleureuse bienvenue à toutes les personnes et familles nouvellement arrivées sur le territoire de notre Ensemble paroissial. Que vous soyez pratiquants réguliers, recommençants, chercheurs de Dieu, nouveaux venus ou simplement désireux de découvrir une communauté chrétienne, soyez les bienvenus parmi nous. Nos cinq clochers veulent être des lieux de prière, d’écoute, de fraternité et de croissance dans la foi.

Enfin, du 12 au 16 octobre, j’accompagnerai une trentaine de paroissiens en pèlerinage à Assise, en Italie. Nous y commémorerons le jubilé des 800 ans de la mort de saint François d’Assise, et nous prierons également sur la tombe de saint Carlo Acutis. Ce pèlerinage sera une belle occasion de demander la grâce d’une Église plus simple, plus fraternelle, plus joyeuse, plus attentive aux pauvres et plus enracinée dans le Christ. Nous porterons chacun de vous dans notre prière.

Que ce mois d’octobre soit pour notre Ensemble paroissial un mois de prière, de paix intérieure, d’élan fraternel et de disponibilité à Dieu. Avec Marie, avançons dans la confiance. Avec le Christ, reprenons souffle. Avec l’Église, servons humblement la joie de l’Évangile.

Edito : Octobre : avec Marie, reprendre souffle et avancer ensemble !2026-10-09T14:35:24+02:00

Homélie du P. Clément M. du XXVIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs,Le plus douloureux, quand on aime, c’est peut-être de découvrir que l’autre peut se passer de notre amour.

Des parents connaissent cette blessure. Des époux aussi. On a donné son temps, ses forces, son cœur… et l’on se retrouve devant une porte fermée.

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous fait entrer dans ce mystère : Dieu aime, mais son amour peut rester à notre porte.

« Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? » demande-t-il par la voix d’Isaïe. Quelle question bouleversante ! Dieu semble nous ouvrir son cœur : Je t’ai tant donné… qu’as-tu fait de mon amour ?

En ce 4 octobre, comment pourrais-je, moi qui suis franciscain, ne pas évoquer saint François d’Assise ? Sa vie nous montre ce qui arrive lorsqu’un homme cesse de tenir Dieu à distance et se laisse vraiment aimer.

Avec lui, accueillons trois appels : reconnaître le don, ouvrir la porte, offrir du fruit.

1. RECONNAÎTRE LE DON : tu es une terre aimée

Regardons le maître de la vigne. Il prépare, plante, protège. Il prend soin de cette terre avant d’en attendre une récolte.

Voilà comment Dieu nous regarde : nous sommes une terre aimée avant d’être une terre appelée à produire.

Nous vivons dans un monde où il faut sans cesse prouver sa valeur : réussir, être efficace, rester utile. Et lorsque viennent la maladie, la vieillesse ou l’échec, nous pouvons nous demander : « À quoi est-ce que je sers encore ? »

Mais ta valeur, devant Dieu, ne diminue pas avec tes forces. Tu demeures précieux à ses yeux.

C’est à partir de cet amour reçu que la vie peut porter du fruit. Un malade peut offrir une présence attentive. Une personne âgée peut réconcilier une famille. Quelqu’un qui traverse le doute peut encore poser un acte de bonté.

Nous ne portons pas du fruit pour être aimés de Dieu ; nous en portons parce que son amour nous fait vivre.

2. OUVRIR LA PORTE : ne pas garder les dons en écartant celui qui les donne

Le drame des vignerons, c’est qu’ils veulent garder la vigne en supprimant toute relation avec son propriétaire. Ils vont jusqu’à tuer son fils. Jésus annonce ici le rejet qu’il va lui-même subir.

Cette tentation nous rejoint : recevoir la vie de Dieu, mais décider qu’il n’aura rien à nous dire sur notre manière de vivre.

On peut même lui donner une place dans ses habitudes religieuses tout en lui refusant l’accès à une rancune, à une injustice, à un désir de domination.

Quelle porte de ma vie est encore fermée au Christ ?

François aussi avait ses portes fermées. Dans son Testament, il raconte sa répugnance devant les lépreux. Puis le Seigneur le conduisit parmi eux, et il se mit à les servir. Ce qui lui paraissait amer devint douceur.

Sa conversion a pris le visage d’une personne qu’il aurait préféré éviter.

Pour nous aussi, la porte à ouvrir a peut-être un visage : un proche devenu difficile, une personne isolée, quelqu’un dont la fragilité dérange nos projets.

Et si le Christ nous attendait précisément là où nous n’avons pas envie d’aller ?

3. OFFRIR DU FRUIT : laisser l’amour reçu devenir de l’amour donné

Devant cette parabole, nous pourrions surtout craindre le jugement. Mais regardons Jésus : il raconte l’histoire du fils rejeté, et pourtant il continue d’avancer vers ceux auxquels il donnera sa vie.

Sur la croix, notre refus devient le lieu où il nous aime jusqu’au bout.

C’est cet amour qui peut briser notre dureté et nous remettre debout.

Alors, quels fruits offrir ? Isaïe attend la justice. Dans nos vies, cela peut commencer par un salaire honnête, une parole qui respecte, une responsabilité exercée sans écraser, une réconciliation courageusement recherchée.

Et pour notre communauté : quelqu’un qui vient pour la première fois trouve-t-il seulement une place sur un banc, ou découvre-t-il des frères et des sœurs ?

Saint Paul nous invite à déposer nos inquiétudes dans la prière. La fécondité chrétienne grandit dans cette confiance : nous travaillons la vigne avec Dieu. Nous pouvons lui remettre ce qui nous dépasse et accomplir le bien qui est à notre portée.

Frères et sœurs, cette semaine, choisissons une porte à ouvrir et un fruit à offrir.

Que notre communion au Christ devienne communion avec nos frères. Que l’amour reçu à cet autel trouve, dès aujourd’hui, quelqu’un à aimer.

Seigneur Jésus, tu as confié ta vigne à nos mains fragiles. Par l’intercession de saint François, délivre-nous du besoin de posséder et apprends-nous la joie de servir. Ouvre les portes que nous tenons fermées. Que ton amour reçu dans cette Eucharistie porte en nous des fruits de justice, de fraternité et de paix. Amen.

Homélie du P. Clément M. du XXVIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-10-07T22:23:35+02:00

Edito : Une rentrée avec le Christ, en communion avec le Pape Leon XIV en France !

Chers paroissiens, chers amis,

Après le temps de l’été, ses déplacements, ses retrouvailles, ses haltes nécessaires et parfois ses fortes chaleurs, voici le temps de la rentrée. Peu à peu, notre Ensemble paroissial reprend son rythme : les services redémarrent, les groupes se retrouvent, les mouvements relancent leurs activités, les enfants reprennent le chemin de l’école, les familles réorganisent leurs agendas, les bénévoles retrouvent leurs missions, les équipes se remettent en route.

Mais une rentrée pastorale n’est pas seulement une reprise d’activités. Elle est d’abord un appel à reprendre souffle dans le Christ. Nous ne recommençons pas simplement une année de réunions, de célébrations, d’inscriptions, de plannings et de services. Nous reprenons ensemble une route de foi, d’espérance et de mission. Le vrai centre de notre année ne sera pas notre agenda, mais le Seigneur Jésus. C’est Lui qui rassemble, Lui qui envoie, Lui qui fortifie, Lui qui donne sens à tout ce que nous faisons.

Cette rentrée 2026-2027 aura une tonalité toute particulière avec la visite du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre, et surtout son passage à Lourdes. Le dimanche 27 septembre, une grande messe sera célébrée à Lourdes autour du Saint-Père. Pour notre Ensemble paroissial, c’est une grâce exceptionnelle : deux bus ont été affrétés, et 123 pèlerins prendront la route pour vivre ce moment d’Église, de communion et de foi auprès du successeur de Pierre.

Aller à Lourdes autour du pape, ce n’est pas seulement participer à un grand rassemblement. C’est redire notre attachement au Christ, notre amour de l’Église et notre désir de marcher ensemble. À Lourdes, sous le regard de Marie, nous porterons nos familles, nos malades, nos jeunes, nos aînés, nos communautés, nos services paroissiaux, notre diocèse et toutes les intentions confiées. Nous demanderons la grâce d’une année pastorale féconde, fraternelle, missionnaire et profondément enracinée dans l’Évangile.

En raison de cet événement exceptionnel, notre messe de rentrée paroissiale, initialement prévue le dimanche 27 septembre au Phare, est reportée au dimanche 11 octobre 2026 à 10h30, en l’église Saint-Barthélemy de Plaisance-du-Touch. Ce jour-là, il n’y aura donc pas de messe à Tournefeuille ni à Lardenne. En revanche, les messes de 9h30 à Saint-Gilles de La Salvetat et de 9h45 à Saint-Simon seront maintenues. Cette messe de rentrée sera un beau moment pour nous retrouver, confier ensemble la nouvelle année pastorale au Seigneur et relancer notre marche commune.

Un autre grand rendez-vous marquera également le début de cette année : le pèlerinage de notre Ensemble paroissial à Assise, en Italie, du 12 au 16 octobre 2026. Une trentaine de paroissiens prendront la route vers la ville de saint François et de sainte Claire. Ce pèlerinage sera une occasion privilégiée de revenir aux sources de la simplicité évangélique, de la fraternité, de la paix et de la joie franciscaine. Nous porterons dans la prière toute notre communauté paroissiale.

Cette rentrée est aussi l’occasion de dire merci. Merci d’abord aux confrères qui nous ont magnifiquement donné un coup de main durant l’été : le Père Léger Marie HOUNGBE, présent tout le mois de juillet, et le Père Jacques M. BINIDI, venu en août. Leur présence, leur disponibilité et leur service ont permis à notre Ensemble paroissial de continuer à célébrer, accueillir et accompagner pendant cette période estivale.

Merci également au Frère Paul-Antoine Marie, qui a passé toute l’année pastorale 2025-2026 avec nous. Sa présence fraternelle, discrète et généreuse a été appréciée. Il retourne à Rome pour poursuivre ses études. Nous l’accompagnons de notre prière reconnaissante et lui souhaitons une belle continuation dans sa formation et sa mission.

Les Pères Justin M., Léopold et Jean-Marie ont également pu, durant l’été, se déplacer, se reposer et refaire leurs forces. Notre secrétaire paroissiale, Claire DUPONT, a elle aussi pu prendre un temps de vacances bien mérité. Nous rendons grâce pour tous ces temps de respiration nécessaires, qui permettent à chacun de reprendre le service avec un cœur renouvelé.

Pour ma part, je serai absent les trois premières semaines de septembre. Je vous retrouverai avec joie au moment de la venue du pape Léon XIV, dans cet élan d’Église qui marquera fortement notre rentrée.

Une nouvelle année pastorale s’ouvre devant nous. Elle ne sera belle et féconde que si chacun accepte d’y prendre sa part. Une paroisse vivante ne repose pas sur quelques-uns seulement. Elle se construit avec les talents, la prière, la disponibilité et l’engagement de tous. Catéchèse, liturgie, chants, accueil, solidarité, préparation aux sacrements, funérailles, accompagnement des malades, communication, entretien, vie fraternelle, services administratifs : chaque mission compte. Chaque engagement, même discret, participe à la beauté de l’Église.

Je compte donc sur les uns et les autres pour faire de cette année pastorale 2026-2027 une année de communion, de service et d’élan missionnaire. Que personne ne se dise : « Ce n’est pas pour moi. » Chacun a quelque chose à offrir. Chacun peut apporter sa pierre. Chacun peut devenir un signe de la présence du Christ au milieu de nous.

En cette rentrée, demandons au Seigneur de renouveler notre foi, de fortifier notre fraternité et d’élargir notre cœur. Que Marie, Notre-Dame de Lourdes, accompagne notre Ensemble paroissial. Qu’elle nous apprenne à écouter la Parole, à servir avec joie, à avancer avec confiance et à dire chaque jour notre oui à Dieu.

Bonne rentrée pastorale à tous. Reprenons la route ensemble, avec le Christ, en communion avec Pierre, et sous le regard maternel de Marie.

Edito : Une rentrée avec le Christ, en communion avec le Pape Leon XIV en France !2026-10-09T14:35:38+02:00

Homélie du P. Clément M. du XXIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, La semaine dernière, Jésus disait à Pierre : « Heureux es-tu, Simon ! […] Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Aujourd’hui, quelques versets plus loin, le ton change brutalement : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute. »

Comment le même Pierre peut-il être, en quelques instants, la pierre sur laquelle Jésus bâtit son Église, puis la pierre qui fait trébucher Jésus ?

Pierre a bien reconnu l’identité de Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Mais il refuse le chemin que Jésus doit emprunter. Il accepte le Messie glorieux ; il refuse le Messie souffrant. Il voudrait la victoire sans le combat, la Résurrection sans le Vendredi saint, la couronne sans la Croix.

Et Pierre nous ressemble tellement ! Nous aussi, nous aimons un Dieu qui protège, guérit et délivre. Mais lorsque surviennent la maladie, le deuil, l’échec, la solitude ou l’injustice, nous demandons : « Seigneur, où es-tu ? Pourquoi n’as-tu pas empêché cela ? » Nous voudrions souvent un Dieu qui nous écarte toutes les croix. Or l’Évangile nous révèle plutôt un Dieu qui vient les porter et les traverser avec nous.

Mais soyons très clairs : Dieu n’aime pas la souffrance. Jésus n’a jamais recherché la souffrance pour elle-même. Il a guéri les malades, consolé les affligés, pleuré devant la tombe de Lazare et combattu toute forme de mal. Prendre sa croix ne signifie donc pas refuser les soins, supporter une violence ou se résigner devant l’injustice.

Le chrétien n’aime pas la souffrance : il continue d’aimer au cœur même de la souffrance. Nous ne choisissons pas la plupart de nos croix ; elles s’imposent à nous. Mais nous pouvons choisir la manière de les porter.

Comment donc traverser l’épreuve en croyant ? Les lectures nous proposent trois attitudes : crier, offrir et avancer.

Premièrement : crier vers Dieu, mais ne pas le quitter.

Jérémie souffre terriblement. Il se sent trompé, rejeté et humilié. Il décide même de ne plus parler au nom de Dieu. Pourtant, il découvre au plus profond de lui « comme un feu dévorant » qu’il ne peut éteindre.

Jérémie ne cache pas sa douleur. Il se plaint à Dieu, mais il se plaint encore devant Dieu. De même, Job crie, pleure, interroge et proteste. Pourtant, au milieu de ses ténèbres, il peut encore affirmer : « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant. »

La foi ne consiste pas à dire : « Tout va bien », lorsque tout va mal. La foi consiste à continuer de dire : « Mon Dieu », même lorsque nous ne comprenons plus Dieu.

Dans l’épreuve, nous avons le droit de pleurer et de demander : « Pourquoi ? » Jésus lui-même a crié sur la Croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Une souffrance enfermée peut devenir un poison ; une souffrance confiée à Dieu devient une prière.

Deuxièmement : offrir ce que nous ne pouvons pas éviter.

Saint Paul nous dit : « Offrez votre personne tout entière en sacrifice vivant. » Offrir ne signifie pas se résigner passivement. Cela signifie déposer entre les mains du Christ ce qui nous fait souffrir et lui dire : « Seigneur, je ne comprends pas cette épreuve, mais ne permets pas qu’elle me rende amer, violent ou désespéré. Fais-en un chemin de compassion, de purification et d’amour. »

Saint Jean-Paul II, lui-même marqué par la maladie, disait que le Christ a « greffé au fond de la souffrance la puissance de la Rédemption et la lumière de l’espérance ». La souffrance demeure une épreuve, mais lorsqu’elle est unie à l’amour du Christ, elle ne demeure pas stérile. Elle peut ouvrir notre cœur aux autres, approfondir notre foi et faire naître une fécondité invisible.

 Troisièmement : avancer un jour après l’autre.

Le cardinal François-Xavier Nguyễn Văn Thuận passa treize années en prison au Vietnam, dont neuf en isolement. Il aurait pu attendre sa libération pour recommencer à vivre. Mais il prit cette décision : « Je ne vais pas attendre. Je vivrai le moment présent en le remplissant d’amour. »

Dans sa cellule, il priait, pardonnait à ses gardiens et célébrait clandestinement l’Eucharistie dans le creux de sa main avec quelques gouttes de vin. Il n’a pas attendu la fin de sa croix pour aimer ; et parce qu’il aimait, sa prison n’a pas réussi à emprisonner son âme.

Pensons aussi à Horatio Spafford. En 1873, ses quatre filles périrent dans le naufrage du Ville du Havre. De ce deuil immense naquit le cantique It Is Well with My Soul : « Quand les douleurs déferlent comme les vagues de la mer, tu m’apprends à dire : mon âme demeure en paix. » Ce n’était pas le cri d’un homme qui ne souffrait plus, mais celui d’un homme qui refusait de souffrir sans espérance.

Frères et sœurs, la Croix n’est jamais le dernier mot de Dieu. Après le Vendredi saint vient toujours le matin de Pâques. Le Christ ne nous promet pas une vie sans larmes ; il nous promet qu’aucune larme offerte ne sera perdue. Il ne nous promet pas d’écarter toutes les tempêtes ; il nous promet de monter dans notre barque.

Lorsque l’épreuve arrive, souvenons-nous donc de ces trois attitudes : crier sans quitter Dieu, offrir sans nous résigner, avancer sans perdre l’espérance.

Et que notre prière soit celle-ci :« Seigneur, si cette coupe peut s’éloigner de moi, qu’elle s’éloigne. Mais si je dois la traverser, ne me laisse jamais la porter seul. Donne-moi non seulement la force de tenir, mais la grâce d’aimer encore. Car avec toi, toute croix peut devenir un passage, toute nuit peut préparer une aurore, et toute mort peut s’ouvrir sur la Résurrection. » Amen.

 

Homélie du P. Clément M. du XXIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-08-30T19:38:43+02:00

Homélie du P. Clément M. du XXIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, Nous vivons dans une société où l’on demande sans cesse l’opinion des gens. On réalise des sondages, on compte les avis, on mesure la popularité. Dans l’Évangile, Jésus semble lui aussi commencer par un sondage : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Les réponses sont nombreuses : Jean-Baptiste, Élie, Jérémie ou l’un des prophètes.

Mais Jésus ne s’arrête pas à ce que disent les autres. Il se tourne vers ses disciples et leur pose la question décisive : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Cette question traverse les siècles et nous rejoint ce soir. On ne peut pas y répondre par procuration, avec la foi de nos parents, les souvenirs du catéchisme ou l’opinion générale. Jésus ne demande pas seulement : « Que savez-vous sur moi ? » Il demande : « Qui suis-je dans ta vie ? »

Les textes de ce dimanche nous proposent trois verbes, trois « C » à retenir : Contempler, Confesser, Construire.

Premièrement : CONTEMPLER le mystère de Dieu.

Saint Paul s’écrie : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! »

Paul ne cherche pas à enfermer Dieu dans ses raisonnements. Il s’émerveille. Il reconnaît que Dieu le dépasse infiniment. Nous voudrions parfois tout comprendre : pourquoi cette épreuve ? Pourquoi cette maladie ? Pourquoi cette prière apparemment sans réponse ? Pourquoi Dieu permet-il certaines situations ?

La foi n’est pas la prétention de posséder toutes les réponses. Elle est la confiance en Celui qui voit plus loin que nous. Dieu ne nous demande pas de tout comprendre pour lui faire confiance ; il nous invite à lui faire confiance même lorsque nous ne comprenons pas tout.

Dans la première lecture, les puissants passent : Shebna perd sa charge, Éliakim la reçoit. Les pouvoirs humains sont fragiles et provisoires. Dieu seul demeure. « Tout est de lui, et par lui, et pour lui », affirme saint Paul.

La première attitude du croyant n’est donc pas de discuter Dieu, mais de le contempler ; non pas de le réduire à nos idées, mais de nous laisser saisir par son mystère. La foi commence souvent lorsque l’homme accepte de ne plus être le centre de tout.

Deuxièmement : CONFESSER personnellement le Christ.

Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Il ne dit pas simplement : « Tu es un grand homme, un prophète ou un maître de sagesse. » Il reconnaît en Jésus le Messie attendu, le Fils de Dieu venu sauver l’humanité.

Benoît XVI écrivait : « À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec une Personne qui donne à la vie un nouvel horizon. »

Le christianisme n’est donc pas seulement un ensemble de valeurs ou de traditions. Il est une rencontre avec Jésus vivant.

Paul Claudel en fit l’expérience à dix-huit ans. Le jour de Noël 1886, il entra à Notre-Dame de Paris davantage en curieux qu’en croyant. Pendant le chant du Magnificat, il fut intérieurement bouleversé. Il écrira plus tard : « En un instant, mon cœur fut touché et je crus. » Il n’avait pas encore réponse à toutes ses questions, mais il avait rencontré Quelqu’un.

Et nous, qui est Jésus pour nous ? Une habitude du dimanche ? Un secours que l’on appelle seulement dans l’épreuve ? Un personnage admirable du passé ? Ou bien le Seigneur vivant, celui à qui nous confions nos décisions, nos blessures, notre avenir ?

Confesser Jésus, ce n’est pas seulement réciter correctement le Credo. C’est permettre à notre manière de vivre de dire : « Tu es le Christ ; c’est sur toi que je veux appuyer ma vie. »

Troisièmement : CONSTRUIRE et ouvrir avec le Christ.

Dans la première lecture, Éliakim reçoit « la clé de la maison de David ». Dans l’Évangile, Jésus confie à Pierre « les clés du Royaume des Cieux ». La clé représente une autorité, mais surtout une responsabilité.

Une clé n’est pas une décoration que l’on expose ; c’est un service que l’on porte. Elle permet d’ouvrir une porte afin que d’autres puissent entrer.

Jésus choisit Pierre, non parce qu’il est parfait, mais parce qu’il accepte de se laisser former. Pierre marchera sur l’eau, mais il s’enfoncera. Il promettra fidélité, mais il reniera Jésus. Pourtant, le Christ bâtira son Église sur cet homme fragile, rendu solide par la grâce et par la foi qu’il vient de confesser. Dieu ne construit pas son Église avec des hommes sans faiblesse, mais avec des hommes qui lui abandonnent leur faiblesse.

Saint Augustin disait : « Pour vous, je suis évêque ; avec vous, je suis chrétien. Le premier titre est celui d’une charge, le second celui d’une grâce. » Dans l’Église, toute autorité véritable est un service : ouvrir, accueillir, guider, relever et conduire au Christ.

Et chacun de nous, à son niveau, tient aussi des clés entre ses mains. Une parole bienveillante peut ouvrir un cœur à l’espérance ; une parole blessante peut le fermer longtemps. Notre accueil peut ouvrir la porte de l’Église à quelqu’un qui cherche Dieu ; notre dureté ou notre incohérence peut l’en éloigner. Un pardon ouvre un avenir ; la rancune enferme dans le passé.

Demandons-nous donc : par ma manière de vivre, quelles portes suis-je en train d’ouvrir ? Et lesquelles suis-je peut-être en train de fermer ?

Frères et sœurs, retenons ces trois verbes :

Contempler le mystère d’un Dieu qui nous dépasse.
Confesser personnellement Jésus comme le Christ vivant.
Construire avec lui une Église qui ouvre les portes de l’espérance.

Et lorsque Jésus nous demandera : « Pour vous, qui suis-je ? », puissions-nous lui répondre, non seulement avec nos lèvres, mais avec toute notre existence : « Seigneur, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Tu es le rocher sur lequel je veux bâtir ma vie. » Alors pourra monter de nos cœurs la prière du psaume : « Seigneur, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains. »Amen.

Homélie du P. Clément M. du XXIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-08-24T00:30:50+02:00
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