À propos de Clément Bonou

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Homélie du P. Clément M. du XVIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs! Un homme disait un jour : « Lorsque j’aurai davantage, je commencerai à donner. » Un sage lui répondit : « Si tu ne sais pas donner quand tu as peu, tu ne sauras pas davantage donner lorsque tu auras beaucoup. »

Car la générosité ne commence pas dans le portefeuille. Elle commence dans le cœur. Il existe des personnes qui possèdent peu, mais dont la porte, la table et le cœur restent ouverts. Et il en existe d’autres qui possèdent beaucoup, mais qui vivent dans la peur permanente de manquer.

La générosité est donc plus qu’une disposition naturelle : elle est une grâce à demander à Dieu, une libération intérieure, la capacité de ne pas vivre replié sur soi. Les lectures de ce dimanche nous invitent à découvrir trois dimensions de cette grâce : RECEVOIR, OFFRIR et PORTER DU FRUIT.

  1. RECEVOIR : Dieu est le premier généreux

Dans la première lecture, Dieu lance une invitation bouleversante :« Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer. »

Voici la générosité de Dieu : il donne sans humilier, il accueille sans calculer, il nourrit sans demander de paiement. Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes riches de mérites. Il nous aime parce qu’il est Père.

La création est un don. La vie est un don. Notre intelligence, nos talents, notre santé, les personnes placées sur notre route : tout est don. Et même lorsque nous nous éloignons de lui, Dieu continue de nous offrir son pardon.

Saint Paul pose cette question : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » La personne généreuse est d’abord une personne qui se sait comblée. L’ingrat pense : « Tout m’est dû. » Le croyant dit : « Tout m’est confié. »

Dans l’Évangile, Jésus lui-même traverse une épreuve : il vient d’apprendre la mort de Jean Baptiste. Il cherche un lieu désert, sans doute pour se recueillir. Mais la foule le rejoint. Jésus aurait pu dire : « Aujourd’hui, laissez-moi tranquille ; j’ai moi-même besoin de repos et de consolation. » Pourtant, « saisi de compassion », il accueille les malades et nourrit la foule.

Voilà une forme très profonde de générosité : continuer à aimer alors que notre propre cœur est blessé. La générosité chrétienne ne vient pas seulement de nos réserves humaines ; elle jaillit de la grâce de Dieu à l’œuvre dans notre fragilité.

  1. OFFRIR : la générosité donne son peu

Devant la foule affamée, les disciples proposent :« Renvoie donc la foule. »

Ils voient la faim, mais ils voudraient éloigner le problème. Jésus répond :« Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

Les disciples répliquent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Ce petit mot, « que », révèle leur découragement. Nous aussi, nous disons : « Je n’ai que peu de temps… que peu de moyens… que peu de compétences… Que puis-je faire devant tant de misères ? »

Jésus répond : « Apportez-les-moi. »

Dieu ne nous demande pas de donner ce que nous n’avons pas. Il nous demande de ne pas garder prisonnier ce que nous avons. La générosité ne consiste pas à donner beaucoup, mais à donner avec amour ce que nous pouvons donner.

Sainte Teresa de Calcutta racontait qu’elle avait apporté du riz à une famille qui souffrait de la faim. La mère prit aussitôt la moitié du riz et sortit. À son retour, elle expliqua : « Mes voisins aussi ont faim. » Cette femme possédait presque rien, mais son cœur n’était pas pauvre. Elle avait peu de riz, mais beaucoup d’amour.

Nos cinq pains et nos deux poissons peuvent être modestes : une visite à une personne seule, quelques minutes d’écoute, un service rendu sans attendre de remerciement, une place faite à l’étranger, un pardon offert, une compétence mise au service de la communauté.

La générosité, ce n’est pas seulement donner de l’argent. C’est donner de son temps, de son attention, de sa patience, de sa présence et parfois même de son repos.

Ce que nous retenons par peur demeure peu de chose. Ce que nous remettons entre les mains du Christ peut nourrir une multitude.

  1. PORTER DU FRUIT : la générosité multiplie la vie

Jésus prend les cinq pains, prononce la bénédiction, les rompt et les donne aux disciples. Et l’Évangile précise :« Tous mangèrent et furent rassasiés. Et l’on ramassa douze paniers pleins. »

La générosité porte d’abord un fruit d’ABONDANCE. Nous donnons un peu de temps, et quelqu’un retrouve le courage. Nous offrons une parole, et une personne se relève. Nous partageons un peu de pain, et Dieu nourrit aussi l’espérance.

Elle porte ensuite un fruit de FRATERNITÉ. Au début, il y avait une foule anonyme ; à la fin, il y a des hommes, des femmes et des enfants assis ensemble autour d’un même pain. La générosité transforme une foule d’étrangers en communauté de frères.

Enfin, elle produit la JOIE. La personne généreuse découvre qu’en donnant, elle ne s’appauvrit pas intérieurement : elle devient plus libre, plus vivante, plus semblable à Dieu. Le concile Vatican II affirme : « L’homme ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même. »

Nous nous perdons lorsque nous vivons uniquement pour nous-mêmes. Nous nous retrouvons lorsque notre vie devient un don.

Frères et sœurs, l’Eucharistie que nous célébrons est la grande école de la générosité. Jésus ne dit pas : « Ceci est une partie de moi. » Il dit : « Ceci est mon corps livré pour vous. » Il ne donne pas quelque chose : il se donne lui-même.

Demandons-lui aujourd’hui cette grâce :

La grâce de RECEVOIR avec gratitude ;
la grâce d’OFFRIR sans calcul ;
la grâce de PORTER des fruits de joie et de fraternité.

Car, au soir de notre vie, ce ne sont pas nos possessions qui témoigneront pour nous, mais les personnes que nous aurons nourries, consolées, relevées et aimées.

Ce que nous gardons pour nous finit par nous échapper ; mais ce que nous donnons par amour entre déjà dans l’éternité. Amen.

 

Homélie du P. Clément M. du XVIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-08-04T09:47:32+02:00

Homélie du P. Clément M. du XVIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs,Imaginez que cette nuit, Dieu vous apparaisse et vous dise exactement ce qu’il a dit à Salomon : « Demande ce que je dois te donner. »Que demanderions-nous ?La santé ? Une longue vie ? La réussite de nos enfants ? La sécurité matérielle ? La fin de nos soucis ? Peut-être même… de gagner au loto !

Salomon, lui, ne demande ni la richesse, ni la puissance, ni la disparition de ses ennemis. Il demande quelque chose de plus précieux : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache discerner le bien et le mal. »

Il ne demande pas d’abord que Dieu change les circonstances de sa vie. Il demande que Dieu change son cœur. Et l’Évangile nous présente un homme qui découvre un trésor et un négociant qui trouve une perle de grande valeur. Tous deux comprennent soudain qu’ils ont trouvé ce qui vaut tout.

La question de ce dimanche est donc simple, mais décisive :Qu’est-ce qui, dans ma vie, vaut vraiment tout ? Pour y répondre, retenons trois verbes : DISCERNER – CHOISIR – TRANSFORMER.

  1. DISCERNER : reconnaître ce qui a vraiment de la valeur

Salomon demande un cœur attentif. Dans le langage biblique, il demande littéralement un cœur qui écoute.

Nous vivons dans une société qui nous apprend à calculer, à comparer, à acheter, à produire… mais qui ne nous apprend pas toujours à discerner. Nous avons des téléphones de plus en plus intelligents, mais parfois des cœurs de plus en plus distraits. Nous savons rapidement combien coûte une chose, mais nous ne savons plus toujours ce qu’elle vaut.

Discerner, c’est se demander :

  • Est-il plus important d’avoir raison ou de sauver une relation ?
  • Est-il plus important de gagner davantage ou de rester disponible pour sa famille ?
  • Est-il plus important de soigner mon image ou de garder une conscience droite ?
  • Est-il plus important d’accumuler des biens ou de devenir moi-même quelqu’un de bien ?

On peut réussir son agenda et manquer sa vie. On peut avoir les mains pleines et le cœur vide. Le psaume nous fait dire : « Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent. »

Voilà la vraie sagesse : reconnaître que tout ce qui brille n’est pas de l’or et que ce qui ne fait pas de bruit — la foi, la fidélité, le pardon, la famille, une conscience en paix — constitue souvent le véritable trésor.

Seigneur, donne-nous un cœur qui sache reconnaître l’essentiel.

  1. CHOISIR : donner la priorité au trésor découvert

Dans l’Évangile, l’homme qui découvre le trésor ne reste pas à le contempler. Le négociant qui trouve la perle ne prend pas seulement une photographie pour la montrer à ses amis ! Tous deux prennent une décision : « Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède. » Remarquons bien ces trois mots : dans sa joie.

Ils ne vendent pas tout parce qu’ils détestent ce qu’ils possèdent, mais parce qu’ils ont trouvé quelque chose de plus grand. L’Évangile n’est pas d’abord une histoire de privation ; il est l’histoire d’une préférence.

Quand on a trouvé le Christ, le sacrifice change de nom : il devient un choix d’amour.

Charles de Foucauld avait longtemps cherché son bonheur dans les plaisirs, l’aventure et la gloire. Mais lorsqu’il redécouvrit Dieu, il écrivit : « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui. »

Il avait trouvé la perle. Et lorsqu’on trouve la perle, on ne demande plus : « Quel est le minimum que je dois donner à Dieu ? » On demande : « Comment pourrais-je encore retenir quelque chose pour moi ? »

Frères et sœurs, le véritable trésor n’est pas simplement ce que nous possédons. Le véritable trésor, c’est Celui à qui nous acceptons d’appartenir.

Si le Christ est vraiment notre trésor, cela doit se voir dans notre manière d’utiliser notre temps, notre argent, nos talents ; dans notre fidélité, notre capacité à pardonner et notre attention aux plus pauvres.

  1. TRANSFORMER : laisser Dieu tout faire contribuer à notre bien

Saint Paul affirme : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien. »

Attention : saint Paul ne dit pas que tout ce qui nous arrive est bon. La maladie n’est pas bonne. La trahison n’est pas bonne. Le deuil, l’échec, l’injustice ne sont pas bons.

Mais il affirme quelque chose d’extraordinaire : entre les mains de Dieu, même ce qui nous a blessés peut devenir un chemin de transformation.

Dieu ne veut pas toujours supprimer immédiatement nos épreuves ; il veut parfois les traverser avec nous et nous rendre, au cœur même de ces épreuves, davantage semblables à son Fils.

L’Évangile parle enfin du filet dans lequel il faut trier ce qui est bon et rejeter ce qui ne vaut rien. Ce tri commence aujourd’hui dans notre cœur : rejeter le mensonge, la rancune, la jalousie, les attachements qui nous emprisonnent ; garder la vérité, la bonté, la fidélité et tout ce qui nous rapproche de Dieu.

La sainteté, c’est permettre à Dieu de faire le tri en nous, afin que rien ne nous fasse perdre le véritable trésor.

Frères et sœurs, trois questions peuvent nous accompagner cette semaine :

Qu’est-ce que je demande vraiment à Dieu ?
Quel est le trésor pour lequel je suis prêt à choisir ?
Que dois-je laisser Dieu transformer en moi ?

Dans quelques instants, à l’Eucharistie, nous ne recevrons pas une chose, mais une Personne. Nous recevrons le Christ, le trésor caché sous l’apparence du pain, la perle précieuse offerte gratuitement à notre pauvreté.

Il y a quelques année j’ai lu un texte anonyme qui est resté gravé en moi !

Largennachète patout:

L’argent peut acheter une maison……… mais pas un foyer.

L’argent peut acheter un lit…………mais pas le sommeil.

L’argent peut acheter une horloge…………..mais le temps.

L’argent peut acheter une position…mais pas le respect.

L’argent peut acheter du sang….. mais pas la vie.

L’argent peut acheter le plaisir……mais pas l’amour.

L’argent peut acheter un spectacle…… mais pas la joie.

L’argent peut acheter un esclave….. mais pas un ami.

L’argent peut acheter une femme… mais pas une épouse.

L’argent peut acheter des aliments,… mais pas l’appétit.

L’argent peut acheter des médicaments,….mais pas la santé.

L’argent peut acheter des diplômes,….mais pas la culture.

L’argent peut acheter des gardes du corps,…. mais pas la sécurité.

L’argent peut acheter des livres,…. mais pas l’intelligence.

L’argent peut acheter des tranquillisants,…. mais pas la paix.

L’argent peut acheter des indulgences,…. mais pas le pardon.

L’argent peut acheter la terre,….. mais pas le ciel.

Anonyme !

Demandons alors la grâce de Salomon : Seigneur, donne-nous un cœur qui écoute, un cœur qui discerne,un cœur qui choisit,un cœur qui se laisse transformer.Car celui qui t’a trouvé peut encore traverser des épreuves,
mais il ne peut plus dire qu’il lui manque l’essentiel. Amen.

Homélie du P. Clément M. du XVIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-07-26T23:37:45+02:00

Homélie du P. Clément M. du XVIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, On raconte qu’un homme voyageait dans un train avec ses enfants. Ceux-ci couraient, criaient et dérangeaient les voyageurs. Leur père semblait absent, incapable de réagir. Un passager, exaspéré, finit par lui dire :— « Monsieur, ne pourriez-vous pas vous occuper de vos enfants ? »

L’homme releva lentement la tête et répondit :— « Pardonnez-moi… Nous revenons de l’hôpital. Leur maman vient de mourir. Je ne sais pas encore comment leur annoncer qu’elle ne rentrera plus à la maison. »

En un instant, tout changea. Les enfants étaient toujours agités, mais les voyageurs ne les regardaient plus de la même manière. L’irritation avait fait place à la compassion. Quand le regard change, l’attitude change.

C’est peut-être le grand message des lectures de ce dimanche : le regard de Dieu nous permet de comprendre l’agir de Dieu. Dieu n’agit pas comme nous parce qu’il ne regarde pas comme nous. Son regard porte plus profond, plus loin et au-dedans.

  1. Dieu regarde plus profond que la faute

Devant le champ rempli d’ivraie, les serviteurs ne voient que la mauvaise herbe. Ils veulent agir immédiatement : « Veux-tu que nous allions l’enlever ? ». Mais le maître voit également les racines du bon grain, fragiles et entremêlées avec celles de l’ivraie. Il répond : « Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. ». Le maître ne nie pas la présence du mal. Son regard n’est ni naïf ni aveugle. Mais il refuse de sacrifier le bon grain sous prétexte de combattre l’ivraie.

Nous, nous regardons souvent les personnes à partir de leurs fautes : « C’est un menteur… C’est une femme impossible… Cet enfant est perdu… Il ne changera jamais… » Une faute finit alors par résumer toute une vie.

Dieu, lui, voit la faute, mais il voit aussi la personne enfermée derrière cette faute. Dieu ne confond jamais le pécheur avec son péché. Voilà pourquoi la première lecture affirme : « Toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence. » La patience de Dieu n’est pas faiblesse ; elle est la puissance d’un amour qui croit encore à la conversion.

Jacques Fesch avait commis un meurtre lors d’un braquage. La société ne voyait plus en lui qu’un criminel condamné à mort. Son crime restait grave et la souffrance provoquée, irréparable. Mais, en prison, cet homme connut une profonde conversion. Quelques heures avant son exécution, il écrivit : « Dans cinq heures, je verrai Jésus. »

Là où les hommes voyaient seulement l’ivraie, Dieu avait discerné un grain qui pouvait encore germer.

Saint Augustin disait : « Celui qui est aujourd’hui de l’ivraie peut devenir demain du bon grain. » Tant que dure le temps, ne désespérons de personne. Dieu ne regarde jamais une vie comme une affaire définitivement classée.

  1. Dieu regarde plus loin que le présent

Dans la graine de moutarde, nous ne voyons qu’un grain minuscule. Dieu, lui, voit déjà l’arbre où les oiseaux viendront faire leur nid. Nous regardons ce qui est ; Dieu voit ce qui peut devenir.

Une maman voit aujourd’hui son enfant éloigné de la foi ; Dieu voit peut-être déjà son retour. Un couple ne voit plus que ses blessures ; Dieu voit encore une possible réconciliation. Une communauté chrétienne voit ses limites et son vieillissement ; Dieu voit les petites semences d’un renouveau.

Pensons à saint Charles de Foucauld. Il a vécu des années dans le désert sans obtenir les conversions espérées. À sa mort, il n’avait fondé aucune communauté. Humainement, sa mission pouvait paraître stérile. Pourtant, après lui, sa vie cachée a inspiré des milliers de chrétiens et de nombreuses familles spirituelles. Nous voyons une graine ; Dieu voit déjà un arbre.

Ne méprisons donc jamais les petits commencements : une visite à une personne seule, un pardon accordé, une parole d’encouragement, quelques minutes de prière, un service humblement accompli. Dieu ne nous demande pas toujours de voir la moisson ; il nous demande de semer avec confiance.

  1. Dieu regarde au-dedans et transforme dans le secret

Enfin, Jésus parle du levain. Lorsqu’il est enfoui dans la pâte, on ne le voit plus. Pourtant, silencieusement, il fait tout lever.

Nous voudrions que Dieu agisse de manière immédiate et spectaculaire. Mais Dieu travaille souvent dans le secret. Nous disons : « Rien ne change dans cette personne… Rien ne se passe dans ma prière… » Pourtant, le levain est peut-être déjà à l’œuvre.

Saint Paul nous donne cette magnifique assurance : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. ». Il y a des jours où notre prière n’est plus qu’un soupir, une larme ou quelques mots : « Seigneur, je n’en peux plus… Aide-moi… Sauve mon enfant… Soutiens notre famille… » Cette prière pauvre n’est pas une prière inutile. Quand nous n’avons plus de mots, l’Esprit Saint continue de prier en nous.

Frères et sœurs, demandons aujourd’hui au Seigneur de convertir notre regard. Voir plus profond, pour ne jamais réduire quelqu’un à ses fautes. Voir plus loin, pour croire aux petits commencements. Voir au-dedans, pour reconnaître le travail silencieux de l’Esprit. Car le regard qui condamne arrache ; le regard qui aime fait grandir.

Avant de conclure…j’aime particulièrement cette histoire d’un prêtre missionnaire spiritain,  français breton, qui a vécu 50 ans en Afrique en Guinée Conakry et le Sénégal…c’est le P. Armel DUTEIL. Il raconte cette histoire simple et merveilleuse : Un homme avait deux seaux

« Un homme avait deux seaux. Chaque matin, il allait puiser de l’eau à la rivière, mais l’un des seaux était percé, alors quand il arrivait à la maison le premier seau était plein mais le deuxième était à moitié vide. Et cela décourageait beaucoup le 2ème seau car il se sentait inférieur et même inutile. Un jour le 2ème seau dit à son maître « je ne vaux rien, je ne sers à rien, jette-moi et achète un autre seau neuf ». Le maître lui dit : « Tu n’as rien compris. Est-ce que tu ne sais pas regarder ? Est-ce que tu n’as pas vu que du côté où je porte l’autre seau à la main droite le chemin est tout sec, tandis que de ton côté, à gauche, le chemin est plein de fleurs. C’est toi qui les arroses chaque matin en perdant ton eau sur la route. Alors sois heureux, tu as un rôle irremplaçable ».

( et le P . Armel DUTEIL de conclure….) Heureux ceux qui savent voir le bon côté des choses et les qualités des autres et qui savent redonner confiance dans leurs valeurs et dans leur dignité à tous les seaux qui fuient dans le monde. Heureux les écrasés, les handicapés, les démunis, les nécessiteux, les blessés de la vie, et tous les autres, qui ne perdent pas leur eau pour rien ; ils sauront faire pousser des fleurs partout où ils vont, même dans les déserts les plus secs.

Seigneur, donne-nous ton regard : un regard lucide devant le mal, patient devant les personnes, confiant devant les petits commencements. Et fais de nous, au cœur de ce monde, des semeurs de confiance, de conversion et d’espérance. Amen.

Homélie du P. Clément M. du XVIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-07-20T11:13:23+02:00

Homélie du P. Clément M. du XVe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs,

Un enfant avait planté une petite graine dans un pot. Dès le lendemain matin, il courut regarder : rien ! Le deuxième jour : toujours rien ! Alors, impatient, il gratta la terre pour vérifier si la graine poussait… et, sans le vouloir, il empêcha la graine de germer.

Nous ressemblons parfois à cet enfant. Nous voudrions que la Parole de Dieu produise immédiatement un résultat : une conversion spectaculaire, une guérison rapide, la solution immédiate à nos problèmes. Mais Dieu travaille souvent comme une semence : silencieusement, profondément et patiemment. Les lectures de ce dimanche nous invitent à retenir trois mots : la semence, la terre et la patience.

1. LA SEMENCE : DIEU CONTINUE DE SEMER

Dans l’Évangile, le semeur sort pour semer. Il ne reste pas chez lui à examiner longuement la qualité de chaque terrain. Il sème largement, généreusement, presque avec excès. Une partie de la semence tombe sur le chemin, une autre sur le sol pierreux, une autre dans les épines, et une autre enfin dans la bonne terre.Ce semeur, c’est Dieu. Et la semence, c’est sa Parole.

Dieu ne se fatigue jamais de semer dans nos vies. Il sème une parole de consolation dans un deuil, une parole de pardon dans un cœur blessé, une parole d’espérance dans une famille éprouvée, un appel dans le cœur d’un jeune, une lumière dans l’esprit de celui qui ne sait plus quelle route prendre.

Le prophète Isaïe nous l’assure : comme la pluie ne retourne pas au ciel sans avoir fécondé la terre, ainsi la Parole de Dieu ne revient jamais vers lui sans avoir produit son effet. Cela signifie qu’aucune parole de Dieu écoutée avec foi n’est inutile. Une homélie peut sembler oubliée, un conseil peut paraître sans effet, une prière familiale peut donner l’impression de tomber dans le vide… Pourtant, la semence est là.

Combien de personnes témoignent qu’une parole entendue des années auparavant, au catéchisme, lors d’une messe, aux obsèques d’un proche ou dans une conversation, s’est soudain réveillée dans leur cœur au moment décisif ! Dieu sème aujourd’hui ce qui portera peut-être du fruit demain.
Demandons-lui : « Seigneur, fais de mon cœur une bonne terre. »

2. LA TERRE : QU’EST-CE QUI HABITE MON CŒUR ?

Jésus décrit quatre terrains. Mais il ne s’agit pas de quatre catégories de personnes : les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Ces quatre terrains peuvent se trouver successivement, et parfois simultanément, dans chacun de nos cœurs.

Il y a en nous le chemin durci : cette partie du cœur devenue imperméable à force de déceptions, de blessures, de rancunes ou d’habitudes. Nous entendons la Parole, mais elle ne pénètre plus.

Il y a le sol pierreux : nous accueillons la Parole avec enthousiasme, mais sans profondeur. Nous faisons de belles résolutions, puis, à la première difficulté, tout s’effondre. Une foi qui ne prend pas racine dans la prière, les sacrements et la fidélité quotidienne reste fragile.

Il y a aussi les épines. Jésus les nomme : les soucis du monde et la séduction des richesses. La Parole est bien présente, mais elle est étouffée par mille préoccupations : le travail, l’argent, les écrans, les conflits, le regard des autres, la peur de l’avenir.

Notre cœur peut devenir si encombré que Dieu n’y trouve plus de place. Nous ne rejetons pas nécessairement Dieu ; nous sommes simplement trop occupés pour l’écouter.

La question de ce dimanche n’est donc pas seulement : « Ai-je entendu la Parole ? » Mais plutôt : « Quelle place lui ai-je réellement donnée ? »

Un cœur devient une bonne terre lorsqu’il accepte d’être travaillé. La terre doit parfois être retournée, débarrassée des pierres, libérée des ronces. De même, Dieu travaille notre cœur par la conversion, le pardon, la vérité et parfois même par les épreuves.

Dieu ne cherche pas un cœur parfait. Il cherche un cœur disponible.
Demandons-lui encore : « Seigneur, fais de mon cœur une bonne terre. »

3. LA PATIENCE : LE FRUIT VIENT EN SON TEMPS

Saint Paul nous dit que toute la création gémit dans les douleurs d’un enfantement. Il ne parle pas des douleurs d’une agonie, mais des douleurs d’une naissance.

Voilà l’espérance chrétienne : ce que nous traversons n’est pas forcément la fin ; cela peut être le commencement d’une vie nouvelle.

Lorsqu’une graine est enfouie dans la terre, on pourrait croire qu’elle a disparu. Pourtant, dans le secret, quelque chose travaille. La coque se fend, une racine descend, une pousse se prépare.

Il en va de même dans nos vies. Une mère prie depuis longtemps pour son enfant éloigné de la foi. Un époux continue d’aimer malgré les tensions. Une personne lutte patiemment contre une dépendance. Un prêtre, un catéchiste ou un éducateur sème sans toujours voir les résultats. Rien ne semble bouger… mais Dieu travaille dans le secret.

Nous ne sommes pas propriétaires de la moisson. Notre mission est de semer, d’arroser et de rester fidèles. Le fruit appartient à Dieu.

Frères et sœurs, ne déterrons pas trop vite les graines que Dieu a déposées dans nos vies. Ne déclarons pas trop vite qu’une personne ne changera jamais, qu’une prière est inutile, qu’une famille est perdue, qu’une communauté ne peut plus se relever. Là où nous ne voyons encore que de la terre, Dieu voit déjà une moisson.

En ce dimanche, demandons-nous donc : quelle parole Dieu veut-il semer aujourd’hui dans mon cœur ? Quelle pierre dois-je enlever ? Quelle épine dois-je arracher ? Quelle semence dois-je continuer à arroser avec patience ?

Que notre prière soit simple :Seigneur, sème ta Parole en nous.
Brise ce qui est dur, enlève ce qui étouffe, approfondis ce qui est fragile.
Donne-nous la patience de croire, même lorsque nous ne voyons encore rien.Et fais de notre cœur une bonne terre, capable de porter du fruit : trente, soixante et cent pour un. Amen.

Homélie du P. Clément M. du XVe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-07-14T23:21:31+02:00

Homélie du P. Clément M. Solennité de St Pierre et St Paul, apôtres

Frères et sœurs, aujourd’hui l’Église nous donne de célébrer deux colonnes de notre foi : saint Pierre et saint Paul. Deux hommes très différents, deux tempéraments, deux histoires, deux chemins ; mais une même rencontre : le Christ vivant. Pierre, le pêcheur de Galilée, homme de cœur, généreux mais fragile. Paul, le persécuteur devenu apôtre, homme de feu, missionnaire infatigable. En eux, l’Église nous rappelle une grande vérité : Dieu ne choisit pas des parfaits ; il choisit des cœurs disponibles, qu’il transforme par sa grâce.

            Dans l’Évangile, Jésus pose une question décisive : « Pour vous, qui suis-je ? » Cette question n’est pas seulement posée aux apôtres il y a deux mille ans. Elle est posée à chacun de nous aujourd’hui : dans ma vie concrète, dans mes choix, dans mes épreuves, dans ma manière d’aimer, de servir, de pardonner, qui est Jésus pour moi ? Est-il seulement une belle idée ? Une tradition familiale ? Un nom que l’on invoque quand ça va mal ? Ou bien est-il vraiment le Christ, le Fils du Dieu vivant, celui sur qui je construis ma vie ?

Je retiens trois mots pour cette fête : confesser, se laisser relever, annoncer.

D’abord, confesser. Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Voilà le cœur de la foi chrétienne. Être chrétien, ce n’est pas d’abord suivre une morale, une coutume ou une organisation. C’est reconnaître Jésus comme Seigneur. Aujourd’hui, dans un monde où beaucoup ne savent plus qui écouter, où l’on construit souvent sa vie sur l’opinion du moment, Pierre nous rappelle que le roc solide, c’est le Christ. Celui qui construit sur le Christ ne devient pas invulnérable, mais il n’est pas emporté par toutes les tempêtes.

Ensuite, se laisser relever. Pierre a confessé Jésus, mais Pierre a aussi renié Jésus. Paul a annoncé l’Évangile, mais Paul avait d’abord persécuté l’Église. Quelle consolation pour nous ! Nos chutes ne sont pas forcément la fin de notre histoire. Le Christ ne dit pas à Pierre : « Tu m’as renié, je ne veux plus de toi. » Il lui dira : « M’aimes-tu ? » Et il lui confiera encore son Église. C’est bouleversant : Jésus ne construit pas son Église avec des gens sans blessures, mais avec des blessés relevés par l’amour.. Saint Augustin disait : « Dieu ne choisit pas ceux qui sont capables ; il rend capables ceux qu’il choisit. » La sainteté ne commence pas quand nous sommes parfaits ; elle commence quand nous acceptons de laisser le Christ nous relever.

Pensons aussi à saint Jean-Paul II. Après avoir été gravement blessé par celui qui avait tiré sur lui, il est allé le rencontrer en prison pour lui offrir son pardon. Ce geste a parlé au monde entier. Pourquoi ? Parce qu’il montrait que la foi chrétienne n’est pas seulement une parole du dimanche ; elle devient une force capable de transformer la haine en miséricorde. Voilà ce que fait le Christ : il relève, il guérit, il envoie.

Enfin, annoncer. Pierre reçoit les clés du Royaume ; Paul parcourt le monde pour porter l’Évangile. La foi n’est pas un trésor à garder dans un coffre. Elle est une lumière à transmettre. Aujourd’hui encore, dans nos familles, nos paroisses, nos lieux de travail, nos quartiers, beaucoup attendent peut-être non pas de grands discours, mais des chrétiens debout, simples, vrais, capables de dire par leur vie : le Christ est vivant, il change une existence, il donne espérance.

Frères et sœurs, en cette solennité, demandons la grâce d’avoir la foi de Pierre et le feu de Paul : la foi qui confesse, l’humilité qui se laisse relever, le courage qui annonce. Et puisque notre paroisse est placée sous la protection de saint Pierre, demandons-lui particulièrement de nous aider à bâtir notre communauté non sur nos forces humaines, mais sur le Christ, le seul Roc.

Seigneur Jésus, toi le Christ, le Fils du Dieu vivant, affermis notre foi, relève nos fragilités, embrase nos cœurs, et fais de nous des témoins joyeux de ton Évangile. Amen.

 

Homélie du P. Clément M. Solennité de St Pierre et St Paul, apôtres2026-06-30T10:58:52+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, la Parole de Dieu de ce dimanche nous donne trois images très simples, faciles à retenir, mais très profondes pour notre vie chrétienne : une maison, une croix, un verre d’eau. Une maison à ouvrir, une croix à porter, un verre d’eau à offrir. Voilà peut-être tout l’Évangile de ce dimanche : accueillir Dieu, suivre le Christ, servir les autres.

Première image : une maison à ouvrir. Dans la première lecture, une femme de Sunam accueille le prophète Élisée. Elle reconnaît en lui un homme de Dieu. Et que fait-elle ? Elle ne prononce pas un grand discours. Elle ne se contente pas d’admirer le prophète de loin. Elle ouvre sa maison. Elle dit à son mari : “Faisons-lui une petite chambre.” Et dans cette chambre, elle met un lit, une table, un siège et une lampe. Quatre objets ordinaires, mais qui deviennent les signes d’un accueil extraordinaire.

Cette femme nous apprend que la foi commence souvent par une place offerte. Faire une place à Dieu, ce n’est pas seulement venir à la messe. C’est lui donner une place réelle dans notre maison, dans notre agenda, dans nos décisions, dans nos conversations, dans notre manière de vivre. Beaucoup de maisons aujourd’hui sont remplies de choses, mais parfois vides de silence ; pleines d’écrans, mais pauvres en écoute ; pleines d’activités, mais sans place pour Dieu. La femme de Sunam nous pose une question : y a-t-il encore, dans ma maison et dans mon cœur, une petite chambre pour Dieu ?

Je pense à cette famille qui, chaque dimanche, gardait toujours une place libre à table. Les enfants demandaient : “Pourquoi cette chaise vide ?” Les parents répondaient : “C’est la place de celui que Dieu pourrait nous envoyer.” Un jour, ce fut un étudiant étranger loin de sa famille. Un autre jour, une personne âgée seule. Une autre fois, un voisin traversant une période difficile. Cette chaise vide est devenue une catéchèse vivante : quand une maison garde une place pour l’autre, elle garde une place pour Dieu.

Saint Benoît disait : “Tous les hôtes seront reçus comme le Christ.” Cette parole est très actuelle. Accueillir Dieu, c’est aussi accueillir celui qui vient à moi : le pauvre, l’étranger, la personne seule, le malade, le voisin difficile, le membre de la famille avec qui la relation est compliquée. La maison chrétienne n’est pas seulement un lieu où l’on habite ; elle est appelée à devenir un lieu où Dieu peut passer.

Deuxième image : une croix à porter. Dans l’Évangile, Jésus nous dit une parole forte : “Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.” Il faut bien comprendre : Jésus ne nous demande pas d’aimer la souffrance pour elle-même. La croix n’est pas le goût de la douleur. La croix, c’est l’amour qui reste fidèle quand cela coûte.

Porter sa croix, c’est continuer à aimer quand l’amour devient exigeant. C’est rester vrai quand le mensonge serait plus facile. C’est pardonner quand notre orgueil voudrait garder rancune. C’est tenir debout dans une maladie, une solitude, une responsabilité lourde, une fatigue familiale, une épreuve intérieure. C’est aussi, parfois, porter discrètement le poids d’un service dans l’Église, d’un engagement paroissial, d’une mission que personne ne voit mais que Dieu connaît.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous rappelle que par le baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Cela signifie que notre vie chrétienne n’est pas seulement une morale ou une tradition. C’est une vie nouvelle. Nous sommes morts au péché pour vivre avec le Christ. Alors, quand la croix arrive, nous ne la portons pas seuls. Le Christ marche avec nous. Il ne supprime pas toujours immédiatement l’épreuve, mais il nous donne une force intérieure pour la traverser. La croix portée avec Jésus n’est jamais un mur fermé ; elle peut devenir un passage vers la vie.

Troisième image : un verre d’eau à offrir. Après ces paroles exigeantes, Jésus termine par une phrase très simple : “Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, ne perdra pas sa récompense.” Voilà la délicatesse de l’Évangile. Jésus nous parle de préférer Dieu à tout, de porter la croix, et il conclut par un petit verre d’eau. Comme pour nous dire : la grande sainteté commence souvent dans les petits gestes.

Un verre d’eau fraîche, aujourd’hui, cela peut être un sourire offert à quelqu’un qui n’en peut plus. Une parole qui relève. Un coup de téléphone à une personne seule. Une visite à un malade. Un pardon donné en famille. Une patience avec un enfant. Une main tendue à quelqu’un qui cherche sa place. Une présence discrète auprès d’une personne endeuillée. Une aide concrète dans la paroisse. Rien de spectaculaire peut-être, mais Dieu voit.

On raconte qu’un jour, une personne mourante, recueillie par les sœurs de Mère Teresa, lui aurait dit : “J’ai vécu comme un animal dans la rue, mais je vais mourir comme un ange, aimé et entouré.” Qu’avaient fait les sœurs ? Elles n’avaient pas changé toute l’histoire de cette personne. Elles lui avaient donné un lit, un bain, une présence, un regard, un verre d’eau, un peu de dignité. Et parfois, c’est cela qui sauve une vie : non pas de grands moyens, mais un petit geste fait avec un grand amour.

Mère Teresa disait : “Nous ne pouvons pas toujours faire de grandes choses, mais nous pouvons faire de petites choses avec un grand amour.” Voilà le verre d’eau de l’Évangile. Ce n’est pas la quantité qui compte d’abord, c’est l’amour déposé dans le geste. Dieu n’oublie rien de ce qui est donné par amour. Même ce qui semble petit aux yeux des hommes peut devenir grand aux yeux de Dieu.

Frères et sœurs, retenons donc ces trois images : une maison, une croix, un verre d’eau. Une maison à ouvrir pour que Dieu ait sa place. Une croix à porter avec le Christ, sans fuir l’amour quand il devient exigeant. Un verre d’eau à offrir, parce que la charité commence souvent par de petits gestes simples et concrets.

En ce dimanche, demandons-nous simplement : dans ma maison, y a-t-il une place pour Dieu ? Dans ma vie, quelle croix suis-je appelé à porter avec Jésus ? Et autour de moi, à qui puis-je offrir aujourd’hui un verre d’eau fraîche ?

Seigneur Jésus, fais de nos maisons des lieux d’accueil, de nos croix des chemins de fidélité, et de nos petits gestes des signes de ton amour. Donne-nous un cœur ouvert comme la femme de Sunam, un cœur courageux pour te suivre, et un cœur simple pour servir. Amen.

 

Homélie du P. Clément M. du XIIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-30T10:54:31+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

« N’ayez pas peur ! Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux »

Il y a des paroles de Jésus qui reviennent comme un refrain dans l’Évangile. Aujourd’hui, ce refrain est répété trois fois :« Ne craignez pas ! »

Nous vivons pourtant dans un monde où les raisons d’avoir peur ne manquent pas : peur de l’avenir, peur de la maladie, peur de perdre son travail, peur pour ses enfants, peur de vieillir, peur de l’échec, peur du regard des autres, peur de ne plus être aimé, peur de témoigner de sa foi.

Et en cette fête des pères, beaucoup de pères de famille connaissent aussi ces inquiétudes : Serai-je capable de protéger ma famille ? Pourrai-je assurer l’avenir de mes enfants ? Ai-je été un bon père ?

Face à toutes ces peurs, Jésus ne dit pas : « Il n’y a pas de danger », mais : « N’ayez pas peur, car vous n’êtes jamais seuls. » Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à accueillir trois certitudes.

  1. DIEU CONNAÎT NOS COMBATS

Dans la première lecture, le prophète Jérémie traverse une véritable nuit.Il est rejeté, critiqué, espionné.« Tous mes amis guettent mes faux pas. »

Qui parmi nous n’a jamais connu cela ?Une parole déformée…Une trahison…Une mise à l’écart…Une injustice au travail…Des tensions familiales…L’impression d’être incompris même quand on veut faire le bien.Jérémie aurait pu abandonner.Mais il ajoute aussitôt :« Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable. »Voilà le secret des croyants.La foi ne supprime pas les épreuves.Elle nous donne une présence.Elle ne retire pas la croix.Elle nous empêche de la porter seuls.

Un vieux prêtre racontait qu’après cinquante années de ministère, on lui demanda :— « Quel est le plus grand miracle que vous ayez vu ? » Il répondit : — « Ce ne sont pas les guérisons extraordinaires. Le plus grand miracle, c’est d’avoir vu des hommes et des femmes continuer à aimer alors qu’ils avaient toutes les raisons de se décourager. » Oui, Dieu connaît nos combats.Il ne détourne jamais son regard de ses enfants.

  1. DIEU VEILLE SUR CHACUN DE NOUS

L’Évangile d’aujourd’hui est d’une tendresse bouleversante.Jésus parle des moineaux.À son époque, c’étaient les oiseaux les moins chers du marché.Et pourtant Jésus affirme :« Pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »Autrement dit :Tu n’es pas un numéro dans l’univers.Tu n’es pas un dossier parmi des millions.Tu n’es pas un oubli de Dieu.Tu es quelqu’un d’unique.Tu portes un nom.Tu portes une histoire.Tu portes des blessures que Dieu connaît.Il connaît même ce que nous cachons derrière nos sourires.

Un enfant demandait un jour à sa mère :— « Maman, est-ce que Dieu pense à moi ? »Elle répondit :— « Mon fils, si Dieu a pris le temps de dessiner chaque flocon de neige différemment, comment pourrait-il t’oublier ? »

Combien de personnes vivent aujourd’hui avec le sentiment de ne compter pour personne !Des personnes âgées dans les maisons de retraite.Des malades isolés.Des jeunes qui doutent de leur valeur.Des parents épuisés.Des pères qui portent silencieusement le poids des responsabilités.   Jésus leur dit :« Tu as du prix à mes yeux. »

En cette fête des pères, nous rendons grâce pour ces hommes qui ont essayé, parfois maladroitement, d’aimer, de travailler, de se sacrifier, de transmettre des valeurs.Tous les pères n’ont pas été parfaits.Certains ont été absents.D’autres ont été blessants.D’autres encore nous ont quittés trop tôt.

Mais aujourd’hui, Jésus nous révèle qu’au-delà de toutes les images humaines de la paternité, il existe un Père qui ne déçoit jamais.Un Père qui attend.Un Père qui relève.Un Père qui pardonne.Un Père qui veille.

  1. DIEU ATTEND DE NOUS UN COURAGE NOUVEAU

Enfin Jésus déclare :« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père. »

Être chrétien aujourd’hui demande du courage.Pas forcément le courage du martyre sanglant.Mais le courage du témoignage quotidien.Le courage d’affirmer des convictions dans un monde qui préfère souvent le silence.

Le courage de défendre une personne moquée.Le courage de demander pardon.Le courage de prier en famille.Le courage d’accompagner un proche malade.Le courage de continuer à espérer quand tout semble fermé.Le courage de venir à la messe alors que beaucoup considèrent cela comme inutile.

Un jeune étudiant racontait :« J’avais honte de faire le signe de croix avant de manger à la cantine. Puis un jour j’ai pensé : si Jésus n’a pas eu honte de mourir pour moi, pourquoi aurais-je honte de montrer que je crois en lui ? »Les saints n’étaient pas des personnes sans peur.Ils étaient des personnes qui avaient décidé que leur confiance en Dieu serait plus grande que leurs peurs.

Conclusion/Frères et sœurs, retenons aujourd’hui ces trois verbes :

Croire : Dieu connaît nos combats.

Espérer : Dieu veille sur chacun de nous.

Témoigner : Dieu attend notre courage.

Alors, même si les vents contraires soufflent sur notre vie, nous pourrons avancer avec cette certitude :Je ne suis pas abandonné.Je ne suis pas oublié.Je suis attendu, aimé et porté par un Père qui connaît même le nombre de mes cheveux.

En cette fête des pères, prions pour tous les papas : ceux qui sont heureux, ceux qui sont inquiets, ceux qui sont malades, ceux qui sont séparés de leurs enfants, ceux qui ont perdu un enfant, ceux qui nous ont précédés auprès du Seigneur.Et demandons la grâce d’entendre au plus profond de notre cœur cette parole que Jésus nous adresse personnellement :« N’aie pas peur. Tu vaux beaucoup à mes yeux, et je serai toujours avec toi. »Amen.

Homélie du P. Clément M. du XIIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-23T23:34:51+02:00

Homélie du P.Clément M. pour le 15 juin. Fete de Sainte Germaine.

L’Évangile de ce jour est l’un des plus exigeants de tout le Nouveau Testament. Jésus nous dit :« Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. »

À première vue, cela paraît impossible. Est-ce que Jésus nous demande de nous laisser écraser ? D’accepter l’injustice ? De devenir faibles devant le mal ?

Non. Jésus nous demande quelque chose de beaucoup plus grand : ne pas laisser le mal devenir maître de notre cœur.

Le monde dit : « Rends coup pour coup. » ;Jésus dit : « Réponds au mal par le bien. »

Le monde dit : « Venge-toi. » ;Jésus dit : « Reste libre. »

Le monde dit : « Fais payer. » ;Jésus dit : « Aime davantage. »

La vengeance paraît forte, mais en réalité elle nous enchaîne. Le pardon paraît faible, mais il est la véritable force des enfants de Dieu.

Et aujourd’hui, dans notre diocèse de Toulouse, nous avons devant nous un magnifique témoin de cet Évangile : Sainte Germaine de Pibrac.

Germaine n’était ni une religieuse, ni une savante, ni une grande personnalité. C’était une simple bergère de Pibrac, née dans une famille où elle fut peu aimée. Sa mère mourut alors qu’elle était encore bébé. Sa belle-mère la rejetait. Son père lui témoignait peu d’affection. Elle était malade, handicapée d’une main, mal nourrie, souvent humiliée et reléguée à dormir sous un escalier. Quelle aurait été la réaction de beaucoup d’entre nous ?

La révolte.
L’amertume.
La haine….Mais Germaine a choisi un autre chemin : elle a laissé Dieu remplir son cœur là où les hommes l’avaient blessé.

Elle aurait pu devenir dure. Elle est devenue douce.
Elle aurait pu devenir égoïste. Elle est devenue généreuse.
Elle aurait pu se refermer. Elle est devenue une femme de prière et de charité.

Voilà le véritable miracle de sa vie.Le miracle des roses est célèbre : alors qu’elle portait du pain aux pauvres, les pains se seraient transformés en roses lorsqu’on l’accusa de vol. Mais le plus grand miracle n’est peut-être pas celui-là.Le plus grand miracle est qu’une jeune fille si profondément blessée ait gardé un cœur capable d’aimer.Voilà exactement ce que Jésus enseigne aujourd’hui.Tendre l’autre joue, ce n’est pas aimer la souffrance.C’est refuser que la souffrance nous transforme en personnes amères.

Saint Jean-Paul II disait :« Le pardon est la forme la plus haute de l’amour. »

Combien de familles souffrent aujourd’hui de vieilles blessures jamais guéries !Combien de frères et sœurs ne se parlent plus !Combien de couples vivent enfermés dans le calcul des torts !Jésus nous invite à sortir de cette logique comptable.Le chrétien ne compte pas seulement ce qu’il reçoit.Il regarde d’abord ce qu’il peut donner.

Sainte Germaine l’avait compris. Malgré sa pauvreté, elle partageait son pain. Malgré ses souffrances, elle répandait la paix autour d’elle. Malgré son exclusion, elle demeurait proche de Dieu et des pauvres.

Frères et sœurs, peut-être que certains portent aujourd’hui une blessure ancienne, une parole qui a fait mal, une injustice qui n’est jamais sortie de leur mémoire.

Demandons à Jésus la grâce de ne pas répondre au mal par le mal.Demandons à Sainte Germaine, patronne des pauvres, des malades et de tous ceux que la vie éprouve, d’intercéder pour nous. Qu’elle nous apprenne ce secret des saints :transformer les blessures en amour, les épreuves en confiance, et les humiliations en chemin de sainteté.Amen.

 

Homélie du P.Clément M. pour le 15 juin. Fete de Sainte Germaine.2026-06-16T21:34:37+02:00

Homélie du P. Clément M. du XIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.

Frères et sœurs, L’Évangile de ce dimanche s’ouvre sur une phrase qui mérite que nous nous y arrêtions longuement :« Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles, parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. »Tout commence par un regard.

Avant de parler, Jésus regarde.
Avant d’enseigner, Jésus regarde.
Avant d’envoyer les apôtres en mission, Jésus regarde.

Et ce regard devient aujourd’hui une question pour chacun de nous :Comment Dieu nous regarde-t-il ? Et comment regardons-nous les autres ?

  1. LE REGARD DE JÉSUS VOIT PLUS LOIN QUE LES APPARENCES

Nous vivons dans une société de l’image.Nous regardons beaucoup de choses, mais nous ne voyons pas toujours vraiment.

Nous voyons les visages, mais pas toujours les blessures.Nous voyons les sourires, mais pas toujours les larmes.Nous voyons les réussites, mais pas toujours les combats intérieurs.

Le regard de Jésus est différent.Quand il regarde la foule, il ne voit pas une masse anonyme.
Il voit des personnes.Il voit des histoires.Il voit des souffrances.Il voit des attentes.

Il voit surtout des hommes et des femmes qui ont perdu leur boussole intérieure.« Ils étaient désemparés et abattus comme des brebis sans berger. »Cette parole pourrait décrire beaucoup de nos contemporains.

Des jeunes qui ont tout pour communiquer mais qui se sentent seuls.Des familles qui vivent sous le même toit mais qui ne savent plus se parler.Des personnes âgées qui ont parfois l’impression de ne plus compter pour personne.
Des croyants qui ont perdu le goût de la prière.Des hommes et des femmes qui cherchent le bonheur mais ne savent plus où le trouver.Le Christ voit tout cela.Et il ne détourne pas les yeux.

  1. LE REGARD DE JÉSUS EST UN REGARD DE COMPASSION

L’Évangile dit :« Il eut pitié d’elles. »Le mot est faible dans notre langue.Le texte original évoque une émotion profonde qui prend aux entrailles.Jésus n’est pas un observateur extérieur.Il n’analyse pas la souffrance humaine comme un spécialiste.Il la porte dans son cœur.La compassion chrétienne n’est pas la pitié qui regarde de haut.C’est l’amour qui descend jusqu’à l’autre.

Pensons à la manière dont Jésus regarde Zachée perché sur son arbre.La manière dont il regarde la Samaritaine blessée par ses échecs.La manière dont il regarde Pierre après son reniement.La manière dont il regarde le bon larron sur la croix.

Jamais un regard qui humilie.Toujours un regard qui relève.Saint Paul nous le rappelle dans la deuxième lecture :« Alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. »

Dieu ne nous aime pas lorsque nous sommes parfaits.Il nous aime lorsque nous sommes fragiles.Il nous aime lorsque nous tombons.Il nous aime lorsque nous doutons.Voilà la grande différence entre le regard de Dieu et celui des hommes.Les hommes aiment souvent ce qui est réussi.Dieu aime aussi ce qui est blessé pour le guérir.

  1. LE REGARD DE JÉSUS DEVIENT UN APPEL À LA MISSION

Après avoir regardé les foules avec compassion, Jésus ne reste pas les bras croisés.Il appelle les Douze.C’est comme si la souffrance du monde faisait naître des vocations.Il ne dit pas :« Regardez ces pauvres gens. »Il dit :« La moisson est abondante. »Autrement dit :« Il y a tant de cœurs à rejoindre. »Et la première réponse qu’il demande est surprenante :« Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. »

La mission commence toujours dans la prière.Avant d’être des ouvriers, nous sommes des contemplatifs.Avant d’agir, nous devons apprendre à regarder comme le Christ.Car on ne peut évangéliser que ce que l’on aime.Et on n’aime vraiment que ce que l’on prend le temps de regarder.Saint François d’Assise disait :« Là où il y a la charité et la sagesse, il n’y a ni crainte ni ignorance. »Les saints ont changé le monde parce qu’ils ont appris à regarder les hommes avec les yeux de Dieu.Mère Teresa voyait dans chaque pauvre le visage du Christ.L’abbé Pierre voyait dans chaque sans-abri un frère.Le Père Marie-Antoine voyait dans chaque pèlerin une âme aimée de Dieu.

CONCLUSION : TROIS REGARDS À DEMANDER AUJOURD’HUI

D’abord, accueillir le regard de Jésus sur nous-mêmes.Ne plus nous définir par nos échecs, nos péchés ou nos limites, mais par l’amour que Dieu nous porte.

Ensuite, apprendre à regarder les autres comme Jésus.Moins juger, moins critiquer, davantage comprendre et aimer.

Enfin, regarder notre monde avec espérance.Non pas comme un champ perdu, mais comme une moisson immense que Dieu continue de préparer.

Frères et sœurs, retenons cette phrase :

Le regard de Jésus ne condamne pas ; il relève.
Le regard de Jésus ne repousse pas ; il appelle.
Le regard de Jésus ne désespère jamais ; il espère toujours.

Que cette Eucharistie nous apprenne à voir le monde avec les yeux du Christ et à aimer avec son cœur.Amen.

Homélie du P. Clément M. du XIe Dimanche du Temps Ordinaire Année A.2026-06-16T21:27:53+02:00

Edito : Un cœur ouvert pour un monde blessé

Chers frères et sœurs, chers amis !

Le mois de juin nous conduit au cœur même de notre foi. Après les grandes célébrations pascales et la Pentecôte, l’Église nous invite à contempler deux trésors qui résument toute la vie chrétienne : l’Eucharistie et le Cœur de Jésus.

Le 7 juin, nous célébrerons la Fête-Dieu, solennité du Corps et du Sang du Christ. Puis, le 12 juin, la solennité du Sacré-Cœur de Jésus nous rappellera que Dieu n’est pas une idée, mais un amour vivant qui a un cœur ouvert pour chacun de nous. Dans un monde souvent marqué par l’indifférence, les tensions et les inquiétudes, le Christ continue de nous dire : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28).

Cette année encore, notre ensemble paroissial a eu la joie d’accompagner de nombreux enfants, adolescents et adultes sur leur chemin de foi. Les premières communions, les professions de foi, les confirmations et les différents sacrements célébrés au cours de ces dernières semaines sont autant de signes de la vitalité de notre communauté. Derrière chaque célébration, il y a des familles, des catéchistes, des accompagnateurs, des animateurs, des prêtres, des bénévoles qui ont donné généreusement de leur temps et de leur cœur. À tous, je voudrais adresser un profond merci.

J’adresse également mes encouragements à nos jeunes qui s’apprêtent à vivre les examens de fin d’année. Que l’Esprit Saint les accompagne dans leurs révisions et leurs épreuves. Plus encore que la réussite scolaire, nous leur souhaitons de grandir dans la confiance, la persévérance et l’espérance.

Alors que s’approche la pause estivale, nous pouvons aussi relire avec gratitude l’année pastorale qui s’achève. Elle a été riche en rencontres, en célébrations, en projets et en initiatives missionnaires. Notre vision pastorale continue de nous guider :

Construire ensemble une Église-famille de Dieu, où chacun est accueilli et accompagné personnellement ; une communauté qui témoigne de la joie de l’Évangile et qui grandit grâce à la participation de tous.

Cette année nous a montré une fois de plus que la paroisse n’est pas d’abord un ensemble de bâtiments ou d’activités, mais un peuple en marche derrière le Christ.

Dans cet esprit, je voudrais exprimer une reconnaissance particulière à Christophe et Chantal SELIER qui, pour des raisons de déménagement, quitteront prochainement notre ensemble paroissial. Leur engagement fidèle, notamment au sein de la chorale Saint-Barthélémy, a contribué à la beauté de nos célébrations et à la vitalité de notre vie communautaire. Nous leur disons un immense merci et les assurons de notre prière pour cette nouvelle étape de leur vie.

Cette année pastorale a également été marquée par les premiers enseignements du pape Léon XIV. Dans sa récente encyclique Magnifica Humanitas, il nous rappelle que, face aux bouleversements du monde moderne, aux progrès technologiques et aux défis de notre temps, nous ne devons jamais perdre de vue la dignité de la personne humaine ni notre vocation à construire une véritable civilisation de l’amour. Il nous invite à demeurer profondément humains parce que nous sommes appelés à demeurer profondément chrétiens.

Au fond, c’est bien ce que nous révèle le Sacré-Cœur de Jésus : Dieu croit en l’homme parce qu’il l’aime. Et lorsqu’un chrétien se laisse façonner par ce Cœur, il devient lui-même artisan de paix, de fraternité et d’espérance.

À tous, je souhaite un très beau mois de juin. Que le Christ Eucharistie nourrisse notre foi, que son Cœur nous apprenne à aimer davantage, et que l’été qui approche soit pour chacun un temps de repos, de ressourcement et de croissance spirituelle.

Sous le regard bienveillant de la Vierge Marie, demeurons unis dans la prière et dans la joie de l’Évangile.

 

Edito : Un cœur ouvert pour un monde blessé2026-06-05T09:59:03+02:00
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