À propos de Clément Bonou

Cet auteur n'a pas encore renseigné de détails.
Jusqu'à présent Clément Bonou a créé 17 entrées de blog.

Homélie du Père Clément, IIe dimanche de carême, année C

Homélie pour le 2e Dimanche de Carême (année C)
Chers frères et sœurs,

Nous voici déjà au deuxième dimanche de Carême, et la Parole de Dieu nous entraîne sur la montagne de la Transfiguration. En ce temps où nous cherchons à nous rapprocher de Dieu, cette page d’Évangile nous présente Jésus transfiguré : un avant-goût de sa gloire qui éclaire aussi notre chemin d’espérance. Je vous propose de parcourir brièvement les différentes lectures pour voir comment elles convergent vers la lumière du Christ, et comment cette lumière peut encore aujourd’hui illuminer nos cœurs, surtout quand notre foi semble vaciller.

  1. Abraham, la nuit étoilée et la confiance en Dieu

Dans la première lecture (Gn 15,5-12.17-18), nous voyons Abraham sortir sous le ciel étoilé, à l’invitation du Seigneur :« Regarde le ciel et compte les étoiles… Telle sera ta descendance ».Abraham n’a pas encore vu l’accomplissement de la promesse, mais il s’appuie sur la parole de Dieu. Nous aussi, nous sommes parfois plongés dans l’incertitude ou la souffrance : « Comment vais-je m’en sortir ? » « Comment ma situation va-t-elle évoluer ? » Dans ces nuits de l’âme, Dieu nous redit : « Regarde le ciel, fais-moi confiance, car je suis fidèle à ma promesse. »

  1. Le Psaume 26 : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut »

Le Psaume responsorial (Ps 26) continue cette dynamique de confiance :« Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? »

Cette prière est un cri de foi. Dans l’obscurité, nous cherchons une lueur. Le psalmiste affirme que Dieu seul est cette lumière. Cela nous renvoie déjà à la Transfiguration : « Le visage de Jésus devint autre et son vêtement d’une blancheur éblouissante » (Lc 9,29).

Une belle illustration pour comprendre cela :Imaginez un petit enfant marchant dans le noir en tenant la main de son père ou de sa mère. Même s’il ne voit pas bien devant lui, il se sent en sécurité, car il sait que cette main le guide. De la même façon, nous pouvons garder la paix si nous sommes « tenus » par la main de Dieu, même quand tout semble obscur.

  1. Saint Paul : « Nous sommes citoyens des cieux » (Ph 3,20)….L’expression « citoyens des cieux » nous invite à lever les yeux et à garder un sens d’éternité. Dans notre vie quotidienne, nous pouvons vite être absorbés par les soucis, les problèmes de santé, la solitude, l’incompréhension… Mais Paul nous dit : « N’oubliez pas votre véritable patrie : c’est la communion avec Dieu, qui s’accomplira pleinement dans la vie éternelle. »

Le pape François affirme souvent : « Le Carême est un chemin qui nous conduit vers la joie de la Résurrection ; il nous prépare à accueillir la vie nouvelle que le Christ nous offre. »

Alors, ne nous laissons pas engloutir par le découragement. N’oublions pas que notre horizon, c’est la rencontre définitive avec Dieu.

  1. L’Évangile de la Transfiguration : un avant-goût de la Résurrection

Le cœur du message de ce dimanche est l’Évangile de la Transfiguration (Lc 9,28-36). Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean sur la montagne pour prier, et là, ils entrevoient sa gloire divine.

  1. a) « Il est beau que nous soyons ici »

Pierre, émerveillé, s’écrie :« Maître, il est bon que nous soyons ici ! »

Quand on est en prière et qu’on ressent la présence de Dieu, on voudrait rester là, sur ce « petit nuage ». Mais la Transfiguration n’est pas faite pour nous détacher de la réalité ; c’est plutôt un éclairage qui nous aide à vivre nos épreuves. Les disciples vont bientôt voir Jésus rejeté, arrêté et crucifié. Or, le souvenir de cette gloire transfigurée sera pour eux une ancre, un point d’appui dans la tempête.

  1. b) Un encouragement pour la route

La Transfiguration est un « avant-goût » de Pâques. Elle montre que derrière la Croix, se profile déjà la lumière de la Résurrection. Et c’est la même chose pour nous : dans le Carême, nous ne sommes pas en train de faire des efforts pour souffrir pour le plaisir, mais pour nous purifier, pour laisser Dieu illuminer nos vies, et pour avancer vers la joie pascale.

Benoît XVI a écrit : « La Transfiguration nous rappelle que la joie la plus profonde ne naît pas des choses, mais de la rencontre avec la personne du Seigneur. »

  1. La signification de la Transfiguration pour notre Carême

Que signifie pour nous cette Transfiguration en plein temps de Carême ?

  1. Un appel à la prière
    Jésus monte sur la montagne pour prier. Il se met à part, s’éloigne du bruit, pour être en communion profonde avec son Père. De la même façon, le Carême nous propose de prendre du temps pour la prière personnelle, pour des moments de retrait où nous laissons la Parole de Dieu nous transfigurer de l’intérieur. Comme les disciples, nous sommes appelés à accompagner Jésus dans ce tête-à-tête avec le Père.
  1. Un chemin de conversion
    La Transfiguration est un changement profond qui anticipe déjà la Résurrection. Le Carême est justement ce temps pour accueillir la grâce d’une transformation intérieure. Il ne s’agit pas de prétendre être parfaits en quarante jours, mais de laisser le Christ agir en nous, nous purifier, nous éclairer.
  2. Un avant-goût de la joie pascale
    Les Apôtres ont goûté, l’espace d’un instant, la gloire du Christ. Parfois, le chemin de Carême peut paraître austère, avec ses renoncements et ses efforts spirituels. La Transfiguration nous rappelle que nous ne sommes pas faits que pour la pénitence : nous sommes faits pour la gloire avec le Seigneur. Notre effort spirituel trouve son sens et son accomplissement dans la joie pascale.
  3. La force pour affronter l’épreuve
    En contemplant la Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean découvrent une lumière plus forte que la nuit de la Passion à venir. De même, si nous gardons en nous le souvenir vif de la gloire du Christ, nous pourrons traverser nos épreuves, nos souffrances, avec l’espérance et la certitude que Dieu est présent, qu’il ne nous abandonne pas.
  1. Laissons-nous illuminer et transmettre la lumière

Chers frères et sœurs, la Transfiguration nous montre que Jésus est la Lumière du monde, et qu’il veut partager cette lumière avec nous pour faire reculer nos ténèbres intérieures. Au milieu de nos fatigues, de nos inquiétudes, de nos deuils, cette lueur nous rappelle que la souffrance n’aura pas le dernier mot.

Saint Jean-Paul II disait : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! »

Dans ce temps de Carême, ouvrons nos cœurs et laissons Jésus nous transfigurer. Demandons-lui la grâce de la confiance d’Abraham, la force du psalmiste qui se laisse guider par la « lumière » du Seigneur, et la joie de saint Paul qui se sait citoyen du Ciel.

Puissions-nous, comme Pierre sur la montagne, dire nous aussi : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! » – non pas pour fuir le monde, mais pour mieux y retourner, le cœur rempli de la lumière du Christ, et la transmettre autour de nous.

Amen.

 

Homélie du Père Clément, IIe dimanche de carême, année C2025-03-17T14:41:05+01:00

Homélie du Père Clément, Ier dimanche de Carême – Année C

Vaincre la tentation avec le Christ, le Nouvel Adam/Le désert, école de la foi

Frères et sœurs bien-aimés,

Nous voici entrés dans le grand combat spirituel du Carême. Quarante jours, comme Jésus au désert. Quarante jours, comme Moïse sur le mont Sinaï. Quarante jours, comme le peuple hébreu explorant la Terre promise. C’est un temps de conversion, de combat spirituel, et de renouveau intérieur.

Le Carême, c’est aussi un désert, un temps où Dieu nous conduit pour nous purifier, nous fortifier, nous rendre plus vrais. Mais c’est aussi le lieu de la tentation.

L’Évangile de ce jour (Lc 4,1-13) nous montre que même Jésus a été tenté. C’est un message fort : la tentation fait partie du combat spirituel. Aucune âme n’y échappe. Saint Augustin disait déjà que : «  Dans son voyage ici-bas, notre vie ne peut pas échapper à l’épreuve de la tentation, car notre progrès se réalise par notre épreuve ; personne ne se connaît soi-même sans avoir été éprouvé, ne peut être couronné sans avoir vaincu, ne peut vaincre sans avoir combattu, et ne peut combattre s’il n’a pas rencontré l’ennemi et les tentations ».

Un jeune homme demande un jour à un moine : « Comment puis-je devenir un saint sans être tenté ? »
🔸 Le moine lui répond : « C’est impossible ! Même les anges ont été tentés au Ciel ! Ce n’est pas la tentation qui est un péché, c’est d’y céder ! »

Aujourd’hui, l’Évangile (Lc 4,1-13) nous plonge dans la lutte entre Jésus et le diable. Trois tentations, trois ruses du Malin, trois manières de tromper nos âmes. Mais Jésus nous enseigne la victoire !

  1. La tentation : Une arme du diable pour détruire nos âmes

🔹 Le diable ne nous attaque pas n’importe quand. Il vient dans nos moments de faiblesse.
Jésus a faim après quarante jours de jeûne. C’est le moment que Satan choisit pour l’attaquer !

Première tentation : La tentation du pain
« Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain ! » (Lc 4,3)
C’est la tentation du matérialisme, celle qui nous fait croire que l’essentiel est d’avoir, de posséder, de consommer.

Jésus répond par la Parole de Dieu : ✠ « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Dt 8,3).

Saint François d’Assise disait : « Ce que nous possédons finit par nous posséder ! »
➡ Aujourd’hui, nous avons tout : technologie, confort, nourriture… mais nos âmes sont souvent vides ! La vraie nourriture, c’est Dieu.

Deuxième tentation : La tentation du pouvoir et du succès
« Je te donnerai toute la gloire de ce monde si tu te prosternes devant moi » (Lc 4,6-7).
C’est la tentation de la réussite facile, sans effort, sans fidélité à Dieu.

Jésus répond :« Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et lui seul rendras un culte » (Dt 6,13).

Un jour, un jeune homme demande au diable : « Que me donneras-tu si je te sers ? »
🔸 Le diable répond : « Le pouvoir, l’argent, la gloire… mais en échange, je veux ton âme ! »
➡ Beaucoup de gens, aujourd’hui, se prosternent devant l’argent, le succès, la facilité… mais ils perdent Dieu !

Troisième tentation : La tentation de l’orgueil spirituel
« Jette-toi du Temple, et les anges te sauveront ! » (Lc 4,9-11)
C’est la tentation de mettre Dieu à l’épreuve, de chercher des signes au lieu d’avoir la foi.

Jésus répond :« Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » (Dt 6,16).

Saint Augustin disait : « Dieu ne veut pas être testé, mais aimé ! »
➡ Parfois, nous disons à Dieu : « Si tu m’aimes, prouve-le-moi ! Fais un miracle ! »
Mais la vraie foi, c’est de lui faire confiance sans exiger de preuves.

  1. Trois armes pour vaincre la tentation

Jésus nous enseigne comment triompher du Malin :

  1. La Parole de Dieu : Une épée spirituelle
    Jésus répond à chaque tentation par un verset biblique.
    Saint Paul nous dit : « Prenez l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu » (Ep 6,17).
    Lire la Bible chaque jour, c’est apprendre à se défendre spirituellement !
  2. La prière et le jeûne : Une force intérieure
    « Ce genre de démon ne peut être chassé que par la prière et le jeûne » (Mc 9,29).
    Le jeûne nous détache du superflu et nous recentre sur Dieu.
  3. L’adoration et la fidélité à Dieu
    Jésus refuse de se prosterner devant Satan.
    Saint Padre Pio disait : « Plus un homme adore Dieu, plus il devient fort contre le diable. »
  4. La victoire avec le Christ

Frères et sœurs, le combat spirituel est une réalité, mais nous ne sommes pas seuls.
Jésus a vaincu le Malin pour nous !
Saint Paul nous l’assure dans la deuxième lecture (Rm 10,8-13) :✠ « Si de ta bouche tu affirmes que Jésus est Seigneur, et si dans ton cœur tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. »
🔹 Notre victoire est dans notre foi et notre fidélité au Christ.

Pour conclure…Carême, chemin de conversion….

Ce premier dimanche de Carême nous rappelle que le désert est un passage nécessaire pour grandir dans la foi. Nous ne devons pas fuir la tentation, mais apprendre à la vaincre avec le Christ.

Trois résolutions concrètes pour cette semaine :
1️⃣ Lire chaque jour un passage de l’Évangile pour fortifier notre âme.
2️⃣ Vivre un vrai moment de prière quotidienne avec cœur.
3️⃣ Faire un petit sacrifice pour nous détacher du superflu et grandir en liberté intérieure.

Prions avec Saint Augustin :
Seigneur mon Dieu,
Quand je vacille, soutiens-moi.
Quand je doute, éclaire-moi.
Quand je suis tenté, fortifie-moi.
Tu es ma lumière, mon refuge et ma force.
Sans Toi, je ne peux rien,
Mais avec Toi, je peux tout.
Par ta Parole, repousse l’ennemi,
Et que ton amour soit mon bouclier, Amen !
(Saint Augustin)

 

Homélie du Père Clément, Ier dimanche de Carême – Année C2025-03-11T09:17:19+01:00

Homélie du Père Clément du VIIIe dimanche du TO, année C (2024)

Homélie pour le 8e Dimanche du Temps Ordinaire (Année C)

Notre ménagerie intérieure

Frères et sœurs, ce 8e dimanche du Temps Ordinaire nous fait réfléchir sur la cohérence entre ce que nous portons dans notre cœur et ce que nous faisons ou disons. Les lectures d’aujourd’hui insistent sur la qualité intérieure qui transparaît dans nos paroles et nos actes. « Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Lc 6,45).

Comment, concrètement, laisser le Christ purifier notre cœur pour que nos “fruits” — c’est-à-dire nos paroles et nos actes — soient vraiment bons et témoignent de l’Évangile ?

Dans le livre d’Isaïe, un passage merveilleux (Is 11,1-9) nous présente une vision de paix où le loup habite avec l’agneau, où le lion mange de l’herbe comme le bœuf, où l’enfant joue en toute sécurité avec les animaux sauvages.

Ce tableau est bien plus qu’une simple image poétique : il est une promesse de restauration, de transformation intérieure. Mais avant que cette paix ne règne pleinement en nous, nous avons une véritable ménagerie à l’intérieur de notre cœur, peuplée d’animaux parfois indomptables.

Regardons-les de plus près :

  • Le lion de l’orgueil qui rugit toujours « Moi, je… »
  • Le coq ou le paon de la vanité qui aime briller aux yeux des autres
  • Le renard de la fourberie et du manque de foi
  • Le serpent de la jalousie qui s’insinue silencieusement
  • L’ours de la possessivité qui veut tout garder pour lui
  • La pie des commérages qui bavarde sans fin
  • Le singe de la moquerie qui ridiculise les autres
  • Le rhinocéros de la brutalité qui blesse sans réfléchir
  • Le pachyderme insensible, incapable d’écouter avec cœur
  • Le lièvre peureux qui recule devant l’effort
  • Le cochon avide de plaisirs immédiats
  • Le chien colérique qui aboie et mord
  • Le ver du découragement qui ronge notre espérance

Si nous laissons l’Esprit du Christ entrer dans notre cœur, il met le doigt sur chacun de ces animaux intérieurs. Il veut les dompter, non par la force, mais par la douceur et l’amour.

La question est : Laisserons-nous Dieu pacifier cette ménagerie intérieure ?

  1. La Parole révèle ce que nous avons en nous (Si 27,4-7)

Dans la première lecture, Ben Sira nous compare à un tamis :« Au crible, les déchets restent ; de même, les défauts de l’homme apparaissent dans son raisonnement. »

Tout comme l’agriculteur secoue le blé pour séparer le grain des impuretés, les épreuves de la vie révèlent ce que nous avons vraiment dans le cœur.

Saint François de Sales disait :« L’homme est comme une éponge : il rend ce dont il est rempli. »

Alors, qu’avons-nous laissé entrer dans notre cœur ? L’Esprit de paix, ou la ménagerie indomptée de nos instincts et de nos passions ?

  1. La victoire du Christ : Une force qui nous libère (1Co 15,54-58)

Dans la deuxième lecture, saint Paul proclame :« Mort, où est ta victoire ? Mort, où est-il, ton aiguillon ? ». Cette parole est une explosion d’espérance ! En Christ, nous sommes appelés à la victoire. Mais cette victoire ne consiste pas seulement à vaincre la mort physique, elle concerne aussi la transformation intérieure.

Le Christ veut pacifier notre ménagerie intérieure, mais il attend notre permission. Sommes-nous prêts à déposer nos fardeaux, nos tendances mauvaises, pour accueillir la paix du Ressuscité ?

Saint Augustin disait :« Donne à Dieu ce qui est en toi, et Il te donnera ce qu’Il est. »

  1. L’arbre se reconnaît à ses fruits (Lc 6,39-45)

Jésus nous donne aujourd’hui deux images puissantes :

  1. Le danger du guide aveugle qui risque d’entraîner d’autres aveugles dans sa chute.
  2. L’arbre qui se reconnaît à ses fruits : « Il n’y a pas de bon arbre qui produise du mauvais fruit, ni de mauvais arbre qui produise du bon fruit » (Lc 6,43).

Jésus nous rappelle que nos paroles et nos actes révèlent l’état de notre cœur. Si nous trouvons toujours des défauts chez les autres, peut-être que nous projetons simplement nos propres luttes intérieures.

Saint Jean Chrysostome disait :« L’homme ne devient pas saint par ce qu’il proclame, mais par ce qu’il fait. »Si nous voulons être des guides éclairés et porter de bons fruits, nous devons laisser Dieu purifier notre cœur.

  1. Dompter notre ménagerie intérieure

J’ai commencé cette méditation avec vous par la vision d’Isaïe d’un monde pacifié et la ménagerie intérieure que chacun porte en lui. L’objectif, vous savez, n’est pas de rejeter ce que nous sommes, mais de mieux nous connaitre et de savoir comment la PAROLE DE DIEU nous aide à nous accueillir, à voir autrement les choses, à entretenir en nous une force intérieure qui vient de Dieu…ainsi…

🔹 Le lion de l’orgueil peut devenir force et courage pour Dieu.
🔹 La pie des commérages peut se transformer en parole d’encouragement.
🔹 Le renard rusé peut apprendre la sagesse véritable.
🔹 Le chien colérique peut devenir un serviteur fidèle.
🔹 Le ver du découragement peut être remplacé par la certitude que Dieu ne nous abandonne pas.

Frères et sœurs, en ce dimanche, laissons le Christ pacifier notre cœur. Laissons-Le transformer notre ménagerie intérieure pour que nous devenions des arbres qui portent de bons fruits, des artisans de paix et de lumière dans ce monde.

Seigneur, entre dans ma maison, prends place dans mon cœur, et apprends-moi à dompter ces bêtes indociles qui m’éloignent de Toi. Ainsi, je pourrai être un vrai disciple, un arbre qui porte le fruit de l’Esprit. Amen.

 

Homélie du Père Clément du VIIIe dimanche du TO, année C (2024)2025-03-05T11:02:22+01:00

Homélie du Père Clément du VIIe dimanche du TO, année C (2024)

Thème : Aimer comme Dieu aime : la révolution de la miséricorde

  1. I. Un appel à l’amour radical

Frères et sœurs bien-aimés, aujourd’hui, le Christ nous lance un défi immense, une révolution du cœur : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. » (Lc 6,27). Qui peut aimer son ennemi ? Qui peut bénir celui qui le maudit ? Humainement, c’est impossible. Mais pour ceux qui acceptent de vivre sous la loi de Dieu, l’amour devient une force transformatrice.

Saint Jean Chrysostome disait : « Rien ne nous rend plus semblables à Dieu que de pardonner à ceux qui nous font du mal. » Cette invitation du Christ est donc un chemin vers la sainteté, un appel à répondre à la haine par l’amour.

  1. David, un exemple de miséricorde

Pour comprendre la grandeur du geste de David dans la première lecture, rappelons le contexte : le roi Saül, jaloux et effrayé par la montée en popularité de David, le pourchasse impitoyablement. Il cherche à l’éliminer, le percevant comme une menace à son trône. Mais au lieu de répondre à cette violence par la vengeance, David choisit la miséricorde.

Lorsqu’une occasion unique se présente à lui dans la caverne, il pourrait tuer Saül et mettre fin à sa propre fuite. Pourtant, il se retient et dit : « Que le Seigneur me garde de porter la main contre son oint ! » (1 S 26,9).

Par ce geste, David préfigure l’enseignement du Christ : ne pas rendre le mal pour le mal, mais laisser Dieu juger. Cette attitude annonce la justice divine, une justice fondée non sur la vengeance mais sur le pardon et la confiance en Dieu. David nous apprend que la vraie victoire ne réside pas dans la domination de l’ennemi, mais dans la maîtrise de soi et la confiance en Dieu.

III. L’homme terrestre et l’homme céleste

Saint Paul nous rappelle que nous sommes appelés à passer de l’homme terrestre (celui d’Adam) à l’homme céleste (celui du Christ). Adam a transmis un cœur marqué par la peur, la vengeance et la haine, mais Jésus nous donne un cœur capable d’aimer sans mesure.

« De même que nous avons revêtu l’homme tiré de la terre, de même nous revêtirons l’homme céleste. » (1 Co 15,49).

C’est ce passage de l’homme terrestre à l’homme céleste que Jésus nous propose dans l’Évangile d’aujourd’hui.

  1. Quelques traits caractérisques du Chrétien/Aimer ses ennemis : La loi nouvelle du Christ (Lc 6,27-38)

L’enseignement du Christ repose sur une loi nouvelle, révolutionnaire humainement difficile, mais avec la grâce de Dieu:

  1. Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. (Lc 6,27)
    • Saint Augustin commente : « L’amour de l’ennemi est la perfection de la charité, car il ne cherche pas son propre intérêt, mais l’intérêt de l’autre. »
  2. Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. (Lc 6,28)
    • Saint François d’Assise disait : « C’est en pardonnant qu’on est pardonné. »
  3. Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente aussi l’autre. (Lc 6,29)
    • Mère Teresa : « Aime jusqu’à en avoir mal. Aime même ceux qui ne t’aiment pas, et tu seras en paix. »
  4. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez, et vous serez pardonnés. (Lc 6,37)
    • Le Pape François nous rappelle : « La miséricorde est le battement du cœur de l’Évangile. »

Ces commandements ne sont pas des théories mais un chemin concret pour transformer notre monde.

  1. Application concrète : Comment vivre cet Évangile ?

Lors de l’homélie de la messe de mariage du prince Laurent de Belgique et de la princesse Claire Coombs, le 15 mars 2003, le père Guy Gilbert, prêtre et éducateur de rue, a raconté l’histoire, qu’il dit vraie, des foulards blancs. Exhortant les deux jeunes mariés à l’importance du pardon dans le couple, il relate l’aventure de Jean, figure actualisée du Fils prodigue, et de son père miséricordieux.

Jean, âgé d’une vingtaine d’années, avait sali la réputation de ses parents, et son père le chassa de la maison. Quelque temps plus tard, le jeune homme se dit : « Je suis vraiment une ordure, je vais demander pardon à mon père ». Mais il avait tellement peur que son père le rejette qu’il lui écrivit une lettre : « Papa, je vous ai sali, je te demande pardon. Je voudrais tant revenir à la maison. J’ai tellement peur que tu me dises non. Si tu me pardonnes, mets un foulard blanc, sur le pommier, devant la maison, dans la grande allée des pommiers qui conduit à la maison. Mets un foulard blanc sur le dernier pommier”.
Puis il demanda à son ami Marc de l’accompagner en voiture jusqu’à la maison de son père. À cinq cents mètres de la maison, Jean ferma les yeux tandis que Marc descendait lentement l’allée des pommiers, jusqu’au dernier. Jean, les yeux toujours fermés, demanda à Marc : « Je t’en supplie, Marc, mon père a-t-il mis le foulard blanc ? Dans le pommier, devant la maison ? » Marc lui répondit : « Non, non Jean, il n’y a pas de foulard dans le pommier devant la maison, mais il y en a des centaines, tout au long de l’allée ! »

  • Puissions-nous apporter chacun nos foulard blanc pour être signe de pardon pour les autres.

Saint Jean-Paul II disait : « La miséricorde est la plus grande puissance de Dieu. C’est aussi la plus grande force que nous ayons pour transformer le monde. »

  1. Devenir des témoins de la miséricorde

Frères et sœurs, être chrétien, c’est choisir d’aimer comme Dieu. Demandons la force de l’Eucharistie pour que notre amour devienne témoignage. Je finis par cette BELLE EXHORTATION DE MERE TERESA DE CALCUTA, que certainement vous connaissez déjà…qui pour moi colle bien aux textes de ce dimanche.

Ma fille, mon fils!

L’homme est insensé, illogique, egocentrique. Cela n’a pas d’importance, aime-le !

Si tu fais le bien, on t’attribuera des intentions égoïstes, cela n’a pas d’importance, fais le bien !

Si tu réalises tes objectifs, tu trouveras de faux amis et vrais ennemis. Cela n’a pas d’importance, réalises-les !

Le bien que tu fais sera oublié dès demain.  Cela n’a pas d’importance, fais-le !

L’honnêteté et la sincérité te rendent vulnérable, cela n’a pas d’importance, sois honnête et loyale !

Ce que tu as mis des années pour construire peut être détruit en un instant. Cela n’a pas d’importance, construis- le !

Si tu aides les gens, ils seront contre toi. Cela n’a pas d’importance, aide-les !

Donne au monde le meilleur de toi-même et on te maltraitera. Cela n’a pas d’importance, donne le meilleur de toi-même. Mère Thérèsa e Calcutta…….🕊 Amen.

Homélie du Père Clément du VIIe dimanche du TO, année C (2024)2025-02-26T09:33:58+01:00

Homélie du Père Clément du Ve dimanche du TO, année C (2024)

« La Grâce de Dieu, Force et Fécondité de notre Mission »

Frères et sœurs bien-aimés,
Nous avons tous déjà fait l’expérience de la fatigue d’un effort qui ne porte pas de fruits. Nous avons parfois investi du temps, de l’énergie, des talents dans un projet, une mission, une relation… et nous avons eu l’impression que tout était vain. L’évangile de ce jour nous rappelle une vérité fondamentale : sans Dieu, nos efforts restent stériles, mais avec Lui, tout devient fécond, même si cela ne se voit pas immédiatement.

Pierre et ses compagnons avaient pêché toute la nuit sans rien prendre, mais lorsque Jésus entre dans leur barque et leur demande de jeter les filets, un miracle se produit : une pêche surabondante. Ce passage nous parle de la grâce de Dieu qui transforme nos échecs en bénédictions et nous rappelle que toute mission n’est véritablement féconde que si elle est menée « avec Dieu, par Dieu et pour Dieu ».

Avez-vous déjà vu un oiseau essayer de voler avec une aile cassée ? Peu importe combien il bat des ailes, il ne s’élève pas. Ainsi est l’homme qui agit sans Dieu : il peut s’épuiser, faire de grands efforts, mais ses actions restent sans fruits durables. Nous avons tous vécu des moments d’échec, d’incertitude, de découragement. Quand tout semble s’écrouler, nous nous demandons : « Où est Dieu ? ».C’est précisément dans nos échecs et nos nuits obscures que Dieu se révèle le plus puissamment.

L’Évangile d’aujourd’hui nous présente Pierre, un pêcheur expérimenté, qui a travaillé toute la nuit sans rien prendre. Pourtant, c’est après cet échec que Jésus intervient, et un miracle se produit.

Dieu n’intervient pas toujours quand nous avons tout sous contrôle, mais lorsqu’il ne nous reste plus que Lui ! Telle est la force de la grâce divine !

  1. Dieu se révèle dans nos incertitudes et nos échecs

Regardons Pierre. Il a jeté ses filets encore et encore, sans aucun résultat. Il est fatigué, frustré, découragé. Pourtant, c’est au moment où il est au bout de ses forces que Jésus monte dans sa barque et transforme sa défaite en bénédiction. « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole, je vais jeter les filets. » (Lc 5,5)

  • L’inventeur qui a échoué 1000 fois/L’histoire de Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique, illustre bien cela. On raconte qu’après 1000 échecs, un journaliste lui demanda : « Comment avez-vous vécu ces 1000 échecs ? »
    Edison répondit :« Je n’ai pas échoué 1000 fois. J’ai découvert 1000 façons de ne pas faire une ampoule. »

Pierre aussi aurait pu dire : « J’ai pêché toute la nuit pour rien. » Mais en réalité, il pêchait avec ses propres forces. Ce n’est que lorsqu’il obéit à Jésus que tout change !Dieu utilise parfois nos échecs pour nous amener à nous appuyer sur Lui.

  1. Dieu ne choisit pas les parfaits, mais Il se glorifie dans nos faiblesses

Isaïe, Paul et Pierre ont tous vécu l’échec et le doute avant de recevoir leur mission :

  • Isaïe s’écrie : « Malheur à moi ! Je suis un homme aux lèvres impures ! » (Is 6,5)
  • Paul reconnaît : « Je suis le plus petit des apôtres… mais par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis. » (1 Co 15,9-10)
  • Pierre dit à Jésus : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » (Lc 5,8)

C’est justement parce qu’ils sont faibles que Dieu les choisit.

L’écrivain rejeté 12 fois/Le célèbre écrivain J.K. Rowling, auteure de Harry Potter, a été rejetée 12 fois par des éditeurs avant que son livre soit accepté. Elle avait tout perdu : emploi, famille brisée, pauvreté.

C’est dans cet échec qu’elle a trouvé la force d’écrire. De même, Dieu utilise nos moments de chute pour préparer nos victoires. Saint Paul disait : « C’est quand je suis faible que je suis fort. » (2 Co 12,10)

III. Quand Dieu entre dans notre barque, tout change

Après la pêche miraculeuse, Jésus dit à Pierre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »Dieu ne nous appelle pas à la réussite selon le monde, mais à une fécondité qui dépasse notre compréhension. Parfois, nous ne voyons pas immédiatement le fruit de notre travail, mais la grâce de Dieu agit en profondeur.

Le missionnaire et son unique converti/Un missionnaire partit évangéliser un village africain pendant 20 ans, sans voir aucun fruit. Un seul jeune homme s’est converti. Ce jeune homme est devenu Samuel Ajayi Crowther, premier évêque africain anglican, qui a évangélisé des milliers de personnes. Parfois, Dieu nous demande simplement d’être fidèles. Les fruits viendront en leur temps.  Saint François de Sales disait : « Faites tout par amour, rien par force. Tout pour Dieu, rien pour vous. »

  1. L’homme seul s’épuise, mais la grâce de Dieu porte du fruit

Regardons Pierre. Il a passé toute la nuit à pêcher sans succès. Il aurait pu dire : « À quoi bon ? J’ai déjà tout essayé ! » Pourtant, Jésus lui demande de jeter les filets encore une fois. Pierre, fatigué mais confiant, obéit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole, je vais jeter les filets. » (Lc 5,5).Et le miracle se produit : les filets débordent de poissons !

Combien de fois sommes-nous découragés dans la prière, dans notre engagement ? Nous avons l’impression que rien ne change… Mais la grâce de Dieu agit souvent en profondeur, là où nous ne voyons rien ! Saint Jean de la Croix disait : « L’âme qui marche dans la nuit obscure par la foi seule atteint plus sûrement son but que si elle était guidée par la lumière de la raison. »

Frères et sœurs, notre vie ne portera du fruit que si elle est enracinée en Dieu. Comme Pierre, osons lui dire :« Seigneur, sur ta parole, je jette les filets ! ».

Résumé en 3 phrases clés

1️⃣ Sans Dieu, nous nous épuisons en vain ; avec Lui, tout devient fécond, même si nous ne le voyons pas immédiatement.
2️ Dieu ne choisit pas les parfaits, mais Il rend capables ceux qu’Il choisit.
3️
La fécondité spirituelle ne se mesure pas à nos yeux, mais à la grâce agissante de Dieu.

Terminons avec cette prière de Saint Claude La Colombière : « Mon Dieu, je suis si persuadé que tu veilles sur ceux qui espèrent en toi, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend tout de toi, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur toi de toutes mes inquiétudes. »

Seigneur, donne-nous la grâce d’agir toujours avec toi, par toi et pour toi, afin que notre vie soit féconde selon ton dessein ! Amen.

Homélie du Père Clément du Ve dimanche du TO, année C (2024)2025-02-12T10:33:24+01:00

Edito : L’Espérance ne déçoit pas !

Chers frères et sœurs,

Alors que nous entrons dans ce mois de février, permettez-moi de vous poser une question : Qu’est-ce qui nous tient debout face aux épreuves ? Quand tout semble s’effondrer, où trouvons-nous la force de continuer ? Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, nous offre une réponse lumineuse : L’Espérance ne déçoit pas. Pourquoi ? Parce qu’elle repose sur un fondement solide : l’amour de Dieu, répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint.

L’Espérance chrétienne, loin d’être un vague optimisme, est une ancre sûre et ferme dans un monde souvent troublé. En cette Année Jubilaire 2025, où nous sommes appelés à être des pèlerins d’Espérance, faisons grandir en nous cette vertu qui illumine nos vies et celles de ceux qui nous entourent.

Du 17 au 21 février, le pèlerinage diocésain à Rome nous plongera au cœur de cette dynamique jubilatoire. Ce sera une opportunité exceptionnelle de franchir la Porte Sainte, symbole de l’ouverture du cœur de Dieu, et de recevoir une grâce précieuse : l’indulgence plénière.

Mais qu’est-ce que l’indulgence ? Elle ne se résume pas à une remise de « peine » ou à une pratique désuète. C’est une puissante expression de la miséricorde divine, qui restaure notre lien avec Dieu et l’Église. Elle nous libère des conséquences de nos péchés, pour nous engager dans un chemin de conversion profonde.

Chaque fidèle, où qu’il soit, peut entrer dans cette dynamique de grâce. Même si vous ne pouvez pas vous rendre à Rome, des indulgences peuvent être obtenues dans les Églises jubilaires locales ou en accomplissant des œuvres de charité, en priant ou en méditant la Parole de Dieu.

Le mois de février est marqué par des événements qui, chacun à leur manière, nous rappellent que Dieu est source de lumière et d’Espérance pour le monde. Ensemble, ils tissent une véritable invitation à approfondir notre foi, à nous ouvrir aux autres et à accueillir les signes de la présence de Dieu dans nos vies.

  • Le 2 février, fête de la Présentation du Seigneur au Temple, nous contemplons Jésus, lumière des nations, accueilli par Siméon et Anne, témoins de l’Espérance. Cette journée, appelée aussi fête de la Lumière, nous éclaire sur notre mission : devenir à notre tour des porteurs de lumière dans nos familles et nos communautés. C’est également la Journée de la Vie Consacrée, un temps pour rendre grâce pour les hommes et les femmes qui, par leur don total à Dieu, deviennent des phares d’Espérance au milieu des tempêtes de la vie.
  • Le 9 février, dimanche de la Santé, et le 11 février, Journée mondiale des malades, nous rappellent la compassion du Christ pour les souffrants et nous invitent à être des instruments de sa miséricorde. Sous le regard bienveillant de Notre-Dame de Lourdes, nous sommes encouragés à prier pour les malades et à soutenir les soignants, véritables artisans d’Espérance dans leurs gestes quotidiens. Un grand MERCI aux membres des équipes du SEM (Service Evangélique des Malades) de notre ensemble paroissial qui donnent de leur temps et de leur joie pour les personnes âgées et vulnérables et pour nos malades dans nos maisons, résidences et maisons de retraite.
  • Le 14 février, la  « Saint Valentin », une invitation à méditer sur l’amour authentique, celui qui prend racine en Dieu et nous permet d’aimer l’autre avec sincérité, patience et générosité.
  • Pendant les vacances scolaires, profitons de ce temps pour ralentir et contempler les merveilles de la création. Les rires des enfants, la beauté de la nature, les gestes simples de solidarité sont autant de signes de l’Espérance que Dieu sème autour de nous. Prenons le temps de les accueillir et de les partager.

En vivant ces différentes célébrations et moments forts, nous découvrons leur profonde unité : tous convergent vers la lumière et l’Espérance qu’apporte le Christ. Ce mois nous appelle à devenir des porteurs de cette lumière, à travers nos prières, nos actions et notre témoignage.

Chers amis, notre monde a un besoin urgent de témoins de l’Espérance. Soyons ces témoins ! Comme nous l’enseigne le pape François : « L’Espérance chrétienne n’est pas une utopie, mais une force vivante qui transforme la réalité. » Que ce mois de février soit pour chacun un temps de lumière, d’amour et de renouveau spirituel.

Avec vous en chemin,
Père Clément Marie BONOU, fi.

Edito : L’Espérance ne déçoit pas !2025-01-31T14:15:06+01:00

Homélie du Père Clément du IIIe dimanche du TO, année C (2024)

Chers frères et sœurs,

la puissance de la Parole
En ce 3e dimanche du Temps Ordinaire, nous sommes invités à méditer la force et la beauté de la Parole de Dieu. Le pape François a institué ce dimanche comme étant le « Dimanche de la Parole de Dieu », un moment fort pour nous rappeler que la Parole n’est pas simplement un texte ancien, mais qu’elle est vivante, qu’elle nous parle aujourd’hui et qu’elle nourrit notre foi. Lorsque nous ouvrons la Bible, nous ne lisons pas un récit lointain : c’est Dieu lui-même qui nous rejoint et nous parle, ici et maintenant.

  1. Première lecture : (Ne 8,2-4a.5-6.8-10) – La joie d’entendre la Loi de Dieu
    Dans la première lecture, tirée du livre de Néhémie, nous assistons à une scène émouvante. Le peuple d’Israël, longtemps exilé à Babylone, est enfin rentré à Jérusalem. Sous la direction d’Esdras le prêtre, tous se rassemblent pour écouter la Loi de Dieu. Imaginez la joie et l’émotion du peuple : après des années de séparation et de découragement, ils se retrouvent unis autour de la Parole. Elle est proclamée, expliquée, commentée, et toute l’assemblée est bouleversée. Certains pleurent même en réalisant combien ils s’étaient éloignés du projet de Dieu.

Et pourtant, Esdras et Néhémie leur rappellent : « Ne soyez pas tristes, car la joie du Seigneur est votre rempart ! » (Ne 8,10). Le même message nous est adressé aujourd’hui : lorsque la Parole de Dieu nous touche, elle nous invite certes à la conversion, mais elle est aussi source de joie, de réconfort et de force. Cette Parole nourrit notre espérance.

  1. Deuxième lecture : (1Co 12,12-30) – Un seul Corps, unis dans la diversité
    Dans la deuxième lecture, saint Paul insiste sur l’unité du Corps du Christ. Nous sommes tous membres d’un seul Corps : le Christ est la Tête, et nous, baptisés, nous sommes ses membres. Chaque membre est différent, avec sa fonction propre, ses charismes et sa place unique. Le bras n’est pas le pied, l’œil n’est pas l’oreille, et pourtant, tous sont absolument nécessaires au bon fonctionnement du corps.

Quelle leçon pour nos communautés ! Combien de fois sommes-nous tentés de croire que nous n’avons pas grande importance, ou bien, à l’inverse, de nous sentir supérieurs ? Paul nous rappelle avec force : nous avons besoin les uns des autres. Chacun, dans la complémentarité, apporte sa contribution. Si un membre souffre, tout le corps souffre. Si un membre est à l’honneur, tout le corps se réjouit.

Dans un monde où l’individualisme prend souvent le dessus, l’appel de Paul est plus que jamais d’actualité : redécouvrir la fraternité, la solidarité, le sens de la communion. Nous sommes tous différents, certes, mais c’est ensemble que nous devenons un, dans le Christ, grâce à la puissance de sa Parole et à l’action de l’Esprit Saint.

  1. Évangile : (Lc 1,1-4 ; 4,14-21) – « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture »
    Dans l’Évangile selon saint Luc, nous voyons d’abord l’introduction de l’évangéliste : il explique qu’il a entrepris de « vérifier avec exactitude » tout ce qui concerne Jésus, pour consolider notre foi. Ensuite, le récit nous emmène à la synagogue de Nazareth. Jésus, rempli de la puissance de l’Esprit, se lève pour lire le rouleau du prophète Isaïe :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi,parce qu’il m’a consacré par l’onction,pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres,il m’a envoyé proclamer aux captifs la libération,et aux aveugles le retour à la vue,renvoyer en liberté les opprimés,proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4,18-19).

Ensuite, Jésus referme le livre, le rend au servant et déclare : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » (Lc 4,21).

Cette parole de Jésus est renversante. Il s’attribue la mission prophétique annoncée depuis des siècles et déclare : « Cela se réalise maintenant ! » Non seulement Jésus se présente comme celui qui apporte la libération, la guérison et la grâce, mais il affirme que cette Bonne Nouvelle est pour tous, y compris pour les plus pauvres, les plus démunis, les captifs.

Pour nous aujourd’hui, cette affirmation de Jésus résonne comme un appel : nous aussi, nous pouvons accueillir la Bonne Nouvelle qui libère, qui éclaire et qui guérit. La Parole de Dieu ne concerne pas seulement le passé, ni seulement quelques privilégiés. Elle est pour tous, et Jésus nous dit qu’elle s’accomplit encore, ici et maintenant.

  1. Un exemple concret : la Parole qui nous transforme
    Pour illustrer cette force de la Parole, pensons à un exemple simple et quotidien. Imaginez un petit enfant qui commence à lire : tout un monde s’ouvre à lui. Il découvre des histoires, des héros, des émotions. La lecture l’aide à grandir, à former son imagination, à développer sa pensée.

De la même manière, lorsque nous ouvrons la Bible, lorsque nous écoutons l’Évangile à la messe, nous laissons Dieu nous parler, nous guider et nous transformer. Les mots de la Bible ne sont pas seulement de belles paroles ; ils changent notre regard sur nous-mêmes, sur nos frères et sœurs, sur la société. Ils nous rappellent que Dieu est vivant, qu’il veut notre bonheur et qu’il nous demande de collaborer à son œuvre.

Au fond, écouter la Parole, c’est écouter Dieu nous dire : « Je t’aime », « J’ai besoin de toi », « Sors de tes peurs pour servir tes frères ». Et cet amour touche notre cœur et le rend capable d’aimer davantage.

Un témoignage puissant de conversion par la Parole de Dieu est celui de Charles Colson, ancien conseiller de la Maison-Blanche sous le président Nixon. Homme de pouvoir prêt à tout pour réussir, il fut bouleversé par le passage de Matthieu 16,26 : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? » Pendant le scandale du Watergate, ce verset le confronta à la vanité de son ambition. Touché par la Parole, il se repentit et trouva en Dieu une nouvelle vocation. Condamné à la prison, il transforma cette épreuve en un appel à servir : après sa libération, il fonda Prison Fellowship, consacrant sa vie à soutenir les prisonniers et à proclamer l’Évangile. Son histoire illustre que la Parole de Dieu peut libérer même les cœurs les plus endurcis et donner un sens nouveau à la vie.

« Les Écritures ne vieillissent jamais ; elles nous parlent aujourd’hui avec la même fraîcheur qu’elles parlaient hier. »
(Pape François)

  1. Accueillir la Parole, la partager, l’annoncer
    Comment, concrètement, mettre en pratique ce que nous recevons aujourd’hui ? Trois pistes simples :
  1. Accueillir la Parole
    • Prendre chaque jour un moment, même court, pour lire un passage de l’Évangile ou un psaume. Se laisser éclairer, interroger par cette Parole qui est vivante.
  2. La partager avec nos frères et sœurs
    • En famille, entre amis, dans un groupe biblique ou de prière, osons parler de ce qui nous touche dans la Parole. Témoignons de ce que nous avons reçu. Comme Israël rassemblé autour d’Esdras, nous avons besoin de lire, de commenter et de nous encourager mutuellement.
  3. L’annoncer avec joie
    • « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé proclamer la bonne nouvelle aux pauvres… » Nous sommes tous missionnaires par notre baptême. Par nos gestes de charité, notre attention aux plus petits, par un mot de réconfort auprès de quelqu’un qui souffre, nous annonçons l’Évangile. Parfois, nous pensons que pour évangéliser, il faut être grand prédicateur. Mais ce qui touche le cœur d’autrui, c’est souvent la simplicité, l’accueil, l’écoute, un sourire qui témoigne du Christ vivant.

la Parole se réalise aujourd’hui
Frères et sœurs, cette Parole, nous la voyons à l’œuvre dans les textes de ce dimanche :

  • Elle rassemble et console le peuple d’Israël, le faisant passer des larmes à la joie.
  • Elle nous rappelle que nous formons un seul Corps dans la diversité de nos charismes.
  • Elle s’accomplit pleinement en Jésus, le Messie annoncé, venu pour libérer, guérir et offrir une année de grâce.

Si nous l’accueillons, si nous la laissons nous pénétrer, cette Parole peut transformer notre vie quotidienne. Elle peut redonner un sens à notre existence, éclairer nos choix, réveiller notre espérance.

En cette Eucharistie, demandons la grâce de mieux aimer et écouter la Parole, de la méditer, de la savourer et de la laisser prendre chair en nous. Comme la Vierge Marie, puissions-nous la garder et la faire fructifier dans notre cœur, afin que, par nous, Dieu continue d’accomplir ses merveilles « aujourd’hui ».

Amen.

Homélie du Père Clément du IIIe dimanche du TO, année C (2024)2025-01-28T11:47:45+01:00

Homélie du Père Clément, fête de la sainte famille, année C (2024)

Frères et sœurs,
Nous célébrons aujourd’hui la Sainte Famille, ce modèle lumineux de foi, de confiance et d’amour que nous offre l’Église. En contemplant la vie de Jésus, Marie et Joseph, nous sommes invités à découvrir comment nos propres familles peuvent devenir des lieux de sainteté, même dans les défis et les épreuves de la vie quotidienne.

Les textes que nous venons d’entendre révèlent des dimensions profondes de la vie familiale : la gratitude et l’offrande, l’amour inconditionnel de Dieu- Père et sa priorité absolue dans toutes nos relations.

1. L’offrande de Samuel : une foi qui transforme la famille
Dans la première lecture (1 S 1, 20-22.24-28), nous rencontrons Anne, une femme qui avait imploré le Seigneur avec larmes pour avoir un enfant. Lorsque Dieu lui accorde un fils, Samuel, elle fait un acte d’une foi extraordinaire : elle l’offre au Seigneur en reconnaissance, en le confiant au prêtre Éli pour qu’il serve dans le Temple.
Ce geste nous enseigne que les enfants ne nous appartiennent pas. Ils sont un don précieux confié par Dieu, appelés à réaliser leur propre mission. La vocation de tout parent, tout éducateur, est de guider les enfants sur le chemin que Dieu a tracé pour eux, non de les façonner à notre image.

2. « Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés ! »
La deuxième lecture (1 Jn 3, 1-2.21-24) nous transporte au cœur du mystère de notre identité : « Nous sommes enfants de Dieu ! » Cette réalité transforme tout. La famille chrétienne n’est pas seulement un lieu humain d’amour et de vie. Elle est aussi une « petite église », une icône vivante de la Trinité, où chacun apprend à aimer à l’image du Christ.
Quand nous parlons de la « Sainte Famille », nous contemplons le foyer de Nazareth, mais n’oublions pas que nous sommes, nous aussi, de cette famille divine. Nous sommes fils et filles du Père, et cela change tout dans notre manière de vivre : nous avons « confiance devant Dieu » (1 Jn 3, 21). Comme un enfant confiant, nous pouvons nous tourner vers Lui et Lui remettre nos joies, nos difficultés, nos projets, nos peines et nos espérances.
Cela nous invite à voir l’autre – le conjoint, l’enfant, le frère, la sœur, le parent âgé – comme un frère ou une sœur dans la grande famille de Dieu. Notre regard sur les imperfections ou les fragilités familiales peut alors changer : nous devenons plus accueillants, plus compatissants, plus patients, comme le Père l’est à notre égard.
Comme l’écrivait Saint Jean Chrysostome : « La maison est une petite église. C’est là que commence l’école de l’amour. » Aujourd’hui, demandons-nous : comment mes paroles, mes gestes, mon attitude peuvent-ils révéler l’amour du Père au sein de ma famille ?

3. L’évangile de la priorité : « Il me faut être chez mon Père. »
L’évangile (Lc 2, 41-52) raconte un épisode unique de l’enfance de Jésus : à l’âge de douze ans, il reste au Temple pendant trois jours, alors que ses parents le cherchent avec angoisse. Lorsque Marie et Joseph le retrouvent, il leur répond : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Cet épisode peut sembler étrange, voire douloureux pour ses parents. Pourtant, il révèle une vérité essentielle : Dieu doit être au centre de nos vies, même au sein de nos familles. Jésus, à douze ans, montre déjà que sa priorité absolue est de faire la volonté de son Père.
Pour nous aujourd’hui, cet évangile pose une question fondamentale : Dieu occupe-t-Il vraiment la première place dans ma famille ? Lui consacrons-nous un temps de prière ? Prenons-nous des décisions en fonction de ses valeurs, ou sommes-nous parfois plus influencés par les pressions du monde ?

4. La Sainte Famille : un modèle incarné
Frères et sœurs, la Sainte Famille n’est pas un idéal inatteignable. Elle est un modèle d’amour concret et incarné :
Marie : Elle garde toutes ces choses dans son cœur (Lc 2, 51), montrant une capacité d’accueil et de méditation profonde, même face à ce qu’elle ne comprend pas immédiatement.
Joseph : Il incarne la discrétion, le service, et l’obéissance silencieuse. Il protège la vie de la Sainte Famille avec un amour fort et dévoué.
Jésus : Il obéit à ses parents, tout en étant déjà tourné vers sa mission divine. Il nous apprend que l’obéissance n’est pas une faiblesse, mais une force qui libère.

5. Trois invitations pour nos familles aujourd’hui
Avant de conclure, voici trois invitations concrètes inspirées par la Sainte Famille :
1. La prière familiale : Prenons un temps régulier pour prier ensemble, même brièvement. La prière unit les cœurs et invite Dieu à être présent dans nos vies.
2. Le pardon et le dialogue : N’ayons pas peur d’exprimer nos sentiments, mais aussi de pardonner lorsque des blessures surgissent. C’est ainsi que grandit l’amour.
3. L’ouverture à la mission : Comme Anne qui offre Samuel, soyons ouverts à donner et à partager ce que nous avons reçu. Une famille chrétienne est appelée à rayonner de l’amour de Dieu autour d’elle.

Je voudrais finir par une lettre. C’est la lettre d’un personnage illustre et inoubliable de la littérature et de la société française et même au-delà. Il s’agit d’Antoine de St Exupéry. Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) était un écrivain, poète, aviateur et humaniste français, célèbre pour son chef-d’œuvre Le Petit Prince. Profondément marqué par sa foi et son humanisme, il a su allier poésie et réflexion dans ses œuvres inspirées de ses expériences de vie et de vol.Ce que je vais vous lire pour finir est la lettre de ce grand homme à sa Mère.
Lettre d’Antoine de Saint-Exupéry à sa mère/(Extrait de sa correspondance, 1923)
« Ma chère maman,
Je veux te dire aujourd’hui ce que je ne te dis pas assez souvent : combien je te suis reconnaissant, non seulement pour la vie que tu m’as donnée, mais surtout pour la manière dont tu l’as remplie. Tu as semé en moi, dès mon enfance, des trésors de lumière, de bonté, et de foi, et ces trésors continuent de me guider aujourd’hui comme les étoiles guident le marin dans l’obscurité de la nuit.
Quand je regarde ma vie, je vois que tout ce qu’il y a de meilleur en moi vient de toi : ce sens du devoir, ce respect des autres, et cette soif de quelque chose de plus grand, de plus élevé que moi-même. Tu m’as appris à prier, mais tu m’as surtout appris à aimer, et cet amour, je le porte en moi comme une flamme qui ne s’éteindra jamais.
Même loin de toi, dans mes voyages ou dans les moments où la solitude me saisit, je ressens toujours cette présence douce et réconfortante de ton amour maternel, ce lien qui me ramène à l’essentiel. Sache, ma chère maman, que ce que je fais de bon dans ma vie, je le fais un peu pour toi, en écho à ce que tu as fait pour moi. Merci, maman, pour tout ce que tu es, et pour tout ce que tu m’as transmis. Je t’embrasse avec tendresse et gratitude.Ton fils, Antoine »

Frères et sœurs, cette lettre d’Antoine de Saint-Exupéry à sa mère est un témoignage vibrant de reconnaissance envers une famille qui a su transmettre non seulement la vie, mais aussi les valeurs spirituelles et humaines qui la rendent précieuse. Comme Saint-Exupéry, nous sommes tous appelés à regarder avec gratitude ce que nous avons reçu et à le transmettre à notre tour. En cette fête de la Sainte Famille, prions pour que nos foyers soient des lieux où s’enracine et grandit la foi, l’amour et l’espérance. Que chaque parent, chaque enfant, trouve dans la Sainte Famille de Nazareth un modèle de tendresse et de fidélité. AMEN !

 

Homélie du Père Clément, fête de la sainte famille, année C (2024)2025-01-03T15:51:45+01:00

Homélie du Père Clément du IVe dimanche de l’Avent, année C (2024)

Thème : « Marie, porteur de Jésus et messagère de joie »
L’Esprit de l’Avent/ Alors que Noël est à nos portes, la liturgie de ce dimanche nous introduit dans un moment de joie profonde. Marie, porteuse du Sauveur, se rend en hâte chez sa cousine Élisabeth, et cette rencontre illumine nos cœurs d’espérance. Deux idées se dégagent de cette page d’Évangile : Marie est celle qui porte et offre Jésus, et tout chrétien, à son exemple, est appelé à devenir porteur de Christ et de joie.
1. Là où Marie arrive, Jésus est présent / Dans l’Évangile, dès que Marie entre dans la maison d’Élisabeth, sa salutation remplit l’espace de grâce. Comme le disait le pape Benoît XVI :
« Lorsque Marie entre dans la maison d’Élisabeth, sa salutation est pleine de grâce. Dans cette rencontre, le protagoniste silencieux est Jésus. Marie Le porte dans son sein comme un tabernacle et nous L’offre comme le don le plus sacré. Là où Marie arrive, Jésus est présent. »
Marie est donc un tabernacle vivant. En portant Jésus dans son sein, elle Le révèle déjà au monde. L’enfant qu’elle porte agit puissamment : il fait tressaillir de joie Jean-Baptiste dans le sein d’Élisabeth, et cette dernière, remplie de l’Esprit Saint, s’exclame : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »
• Pensons à un artisan qui transporte une lumière dans une pièce sombre. Partout où il passe, l’obscurité recule. Marie, en portant Jésus, apporte cette lumière au cœur de l’histoire humaine, une lumière qui dissipe les ténèbres du péché et de la mort.
Marie nous enseigne ici que lorsque nous portons le Christ en nous, sa présence transforme tout ce que nous touchons. Elle est le modèle parfait de celui ou celle qui reçoit Jésus avec foi et devient son messager. Cette vérité nous invite à poser une question : portons-nous Jésus dans notre vie quotidienne comme Marie ?
Lien avec Michée : Dans la Première Lecture, le prophète annonce qu’un chef sortira de Bethléem pour guider Israël. Ce roi est déjà là, caché dans le sein de Marie. Dieu opère dans l’humilité et le silence pour accomplir ses merveilles.
2. Le vrai chrétien est porteur de joie, car porteur de Christ
La visite de Marie à Élisabeth ne se limite pas à un simple acte de solidarité familiale. Elle est un geste missionnaire. Marie, habitée par la présence de Jésus, apporte la joie à sa cousine, à Jean-Baptiste, et même à la maison de Zacharie. La joie déborde là où Jésus est présent.
Un vrai chrétien, à l’image de Marie, est appelé à être porteur de joie, car il est porteur du Christ. Saint Paul, dans la Deuxième Lecture (He 10,5-10), nous rappelle que Jésus est venu pour accomplir la volonté du Père, en offrant sa vie pour notre salut. Cette bonne nouvelle est source de joie pour tous ceux qui l’accueillent.
Lors d’une mission en Afrique, un catéchiste laïc était connu pour sa joie contagieuse. Malgré les épreuves, il disait toujours : « Si Jésus est en moi, pourquoi devrais-je être triste ? Mon visage est le premier témoignage de ma foi. » Comme Marie, il portait Jésus dans son cœur et le rayonnait autour de lui.
Les obstacles à cette joie / Mais souvent, nous nous laissons submerger par les soucis, les peurs, ou le découragement. Ces obstacles éteignent la joie en nous. L’Évangile nous invite à revenir à l’essentiel : accueillir Jésus avec foi, comme Marie, et devenir porteur de sa paix et de son amour pour les autres.
Suivre l’exemple de Marie/ Marie nous montre le chemin : accueillir Jésus dans notre vie, le porter dans nos pensées, nos paroles et nos actes, puis le partager avec ceux qui nous entourent.
Prière finale (inspirée de Saint Ambroise) :
« Ô Marie, Mère de Dieu et porteuse de joie, apprends-nous à recevoir Jésus dans notre cœur comme toi. Fais de nous des messagers de son amour et de sa paix, pour que partout où nous allons, Jésus soit présent, et que nos vies soient un témoignage vivant de sa joie. Amen. ».

Homélie du Père Clément du IVe dimanche de l’Avent, année C (2024)2024-12-30T15:28:27+01:00

Homélie du Père Clément du IIIe dimanche de l’Avent, année C (2024)

La vraie joie vient de Dieu
Frères et sœurs bien-aimés,
En ce troisième dimanche de l’Avent, marqué par la joie, l’Église nous invite à nous réjouir. Mais qu’est-ce que la vraie joie, et où peut-on la trouver ? Trop souvent, nous cherchons la joie dans des choses éphémères : les plaisirs passagers, les possessions matérielles, ou les réussites sociales. Pourtant, cette quête laisse de nombreux cœurs insatisfaits. La vraie joie, celle qui ne déçoit pas, vient de Dieu. Elle jaillit d’une rencontre personnelle avec Lui, et transforme la vie.
Une joie qui se nourrit de la confiance
Saint Paul, dans la lettre aux Philippiens, nous exhorte : « Soyez dans la joie, le Seigneur est proche ». Il ajoute : « Ne soyez inquiets de rien, mais en toute circonstance, priez et suppliez dans l’action de grâce ».
La joie chrétienne n’est pas l’absence de problèmes, mais la certitude que Dieu marche avec nous. Cette confiance transforme nos craintes en prière et notre prière en paix. Le cantique d’Isaïe que nous avons chanté tout à l’heure comme psaume responsorial proclame : « Voici le Dieu de mon salut, j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. »
Chers amis, n’est-ce pas là un message d’actualité ? Face à tant de défis – économiques, sanitaires ou personnels – nous sommes invités à regarder au-delà de nos inquiétudes, à lever les yeux vers le Christ. Comme le disait Sainte Mère Teresa : « La joie est une prière, la joie est une force. Elle est la preuve que nous croyons à la présence de Dieu. »

Je voudrais partager avec vous l’histoire de deux hommes célèbres, qui ont découvert cette vérité à travers leur propre cheminement.

1. La joie recherchée dans le succès : l’exemple de Léon Tolstoï
Prenons d’abord Léon Tolstoï, l’auteur russe mondialement connu pour ses chefs-d’œuvre Guerre et Paix et Anna Karénine. À 50 ans, après avoir atteint gloire, richesse, et reconnaissance, Tolstoï plonge dans une crise existentielle profonde. Il écrit dans son journal : « J’avais tout pour être heureux, mais je ne savais plus pourquoi je vivais. Une question me hantait jour et nuit : pourquoi continuer à vivre si tout finit par la mort ? »
Tolstoï chercha des réponses dans la philosophie, mais rien ne le satisfaisait. Un jour, il se tourna vers les paysans de son domaine, ces hommes et femmes simples qui travaillaient la terre. Il observa leur foi profonde, leur prière quotidienne, et leur paix intérieure. Cela le bouleversa. En se tournant vers Dieu et en adoptant une vie plus humble, il trouva une joie durable. Il déclara : « La vraie joie ne vient pas de ce que l’on possède, mais de ce que l’on est en Dieu. »

2. La joie trouvée dans la conversion : le témoignage de Saint Augustin
Un autre exemple, plus ancien mais tout aussi puissant, est celui de Saint Augustin. Ce grand intellectuel du IVe siècle cherchait la joie dans les plaisirs de la chair, les honneurs, et la philosophie. Mais au lieu de trouver le bonheur, il se sentait de plus en plus vide. Dans ses Confessions, il écrit : « Mon cœur était inquiet, jusqu’à ce qu’il repose en toi, Seigneur. »
Ce fut la prière fervente de sa mère, Sainte Monique, et la prédication de Saint Ambroise qui l’amenèrent à découvrir que la vraie joie se trouve dans une vie donnée à Dieu. Quand Augustin finit par se convertir, il s’écria : « « Tard je t’ai aimée, beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée ! …tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c’est là que je te cherchais ; … Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi.»
Voilà une belle prière de St Augustin quand il a découvert Dieu. La source de la vraie JOIE. Oui, Sa joie devint contagieuse, et son témoignage continue d’inspirer les âmes à travers les siècles.

3. L’Évangile : une invitation à découvrir la vraie joie
Ces histoires résonnent avec l’Évangile de ce dimanche, où les foules demandent à Jean-Baptiste : « Que devons-nous faire ? » Jean répond avec des conseils concrets : partager avec les pauvres, pratiquer la justice, vivre honnêtement. Mais surtout, il annonce Celui qui doit venir : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi… Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » La vraie joie ne vient pas seulement de nos actes, mais de notre relation avec le Christ.
La joie chrétienne, frères et sœurs, naît d’une rencontre personnelle avec Jésus, qui nous révèle le visage aimant de Dieu. Elle ne dépend pas des circonstances extérieures, mais d’une certitude intérieure : « Le Seigneur est proche », comme le rappelle saint Paul dans la deuxième lecture (Ph 4,4-7). Cette joie ne supprime pas les épreuves, mais elle les transforme, car elle repose sur une promesse inébranlable : Dieu est avec nous, et son amour est plus fort que tout.
Il m’est venu à l’esprit la belle expérience d’un entrepreneur kenyan devenu philanthrope, Charles MULLY. Orphelin, il a grandi dans une extrême pauvreté, mais a fini par bâtir un empire financier. Pourtant, à l’apogée de sa richesse, il entendit l’appel de Dieu : « Laisse tout et viens en aide aux enfants des rues. » Contre toute attente, il liquida son entreprise et ouvrit un foyer pour des milliers d’enfants abandonnés.
Ses amis pensaient qu’il était fou, mais Charles témoigne aujourd’hui que c’est là qu’il a trouvé la vraie joie. Il dit souvent : « La richesse peut remplir vos poches, mais seule la foi en Dieu remplit votre cœur. » Cette joie, il l’expérimente chaque jour en voyant des vies transformées par l’amour de Dieu.

5. Trois clés pour cultiver la vraie joie
À l’image de Tolstoï, Augustin et Charles Mully, comment pouvons-nous accueillir cette vraie joie ?
Chercher Dieu dans la prière : Comme le dit Mère Teresa, « La joie est le filet avec lequel on pêche les âmes. » C’est dans la prière que nous apprenons à voir notre vie à travers le regard de Dieu.
• Vivre la charité : La joie grandit lorsqu’on partage avec les autres. Jean-Baptiste nous rappelle que la générosité est une voie directe vers le cœur de Dieu.
• Rendre grâce : Être reconnaissant même dans les épreuves change notre perspective. Comme Saint Paul l’écrit : « En toute circonstance, priez, suppliez, rendez grâce. »en claire, Voir les choses sous le regard de Dieu.

La joie, une lumière pour le monde
Frères et sœurs, ce dimanche « Gaudete » nous rappelle que la joie est un don de Dieu, mais aussi une mission. Elle est le fruit de notre rencontre avec le Christ, et elle nous est donnée pour éclairer le monde. En cette période de l’Avent, préparons nos cœurs pour accueillir cette joie. Comme l’a dit le Pape François : « Le chrétien est une personne joyeuse, car il sait que Jésus marche avec lui, qu’il l’aime et qu’il ne l’abandonnera jamais. »
Que cette joie, profonde et contagieuse, soit notre force dans l’attente du Sauveur. Amen.

Homélie du Père Clément du IIIe dimanche de l’Avent, année C (2024)2024-12-17T09:20:43+01:00
Aller en haut