À propos de Clément Bonou

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Homélie du Père Clément, Veillée pascale, année C

« Du tombeau à la lumière : une espérance qui bouleverse tout »

Frères et sœurs bien-aimés,
Nous sommes entrés dans la nuit la plus sainte de l’année.Saint Augustin l’appelait la mère de toutes les veillées,et saint Jean Chrysostome disait :« Cette nuit, plus que toute autre, est la source du salut pour le monde entier. »

Ce soir, la nuit s’illumine, le feu éclate dans les ténèbres, les lectures sacrées tissent sous nos yeux l’histoire du Salut, et le silence du tombeau se brise pour laisser éclater le chant de la Vie : Christ est ressuscité !

  1. Du chaos des origines à la lumière divine

La première lecture nous a replongés dans le tohu-bohu des origines. Dieu dit : « Que la lumière soit ! »… et la lumière fut. Cette parole créatrice a traversé les âges et elle retentit encore ce soir.

Saint Jean Damascène écrivait :« La Résurrection est la seconde création : là où l’homme avait détruit, Dieu a recréé par son Fils. »

En ressuscitant Jésus, Dieu ne corrige pas le monde ; il le refait à neuf. Le tombeau vide, c’est le nouveau commencement pour l’humanité.

  1. De la mer Rouge à la victoire pascale : une Pâque pour nous

Le récit de l’Exode nous rappelle le passage de la mer Rouge : un peuple asservi passe des chaînes à la liberté.
C’est là tout le sens du mot Pâque : passage.

Mais aujourd’hui, le passage est plus grand encore :

  • passage du péché à la grâce,
  • passage de la peur à la foi,
  • passage de la mort à la vie.

Saint Jean Chrysostome le dit avec puissance dans son homélie pascale :« Que personne ne pleure ses péchés, le pardon a jailli du tombeau ! Que personne ne craigne la mort, le Sauveur l’a détruite ! »

III. « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »

L’Évangile nous fait entrer dans le matin de Pâques. Les femmes vont au tombeau avec des aromates. Elles cherchent un corps. Mais elles trouvent le Vivant !

Et cette question des anges résonne encore aujourd’hui :« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?«  (Lc 24,5)

Frères et sœurs, combien de fois cherchons-nous encore Dieu dans ce qui est mort ?

  • Dans des habitudes spirituelles figées ?
  • Dans des traditions sans vie ?
  • Dans un passé religieux sans feu ?

Le Christ n’est pas resté dans la mort. Il nous précède en Galilée, c’est-à-dire dans la vie ordinaire, le travail, les relations, les combats du quotidien.

  1. La Résurrection change le monde… si nous y croyons

Mais encore faut-il y croire, non seulement de bouche, mais de tout notre être.

Saint Paul le dit sans détour : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine. » (1 Co 15,14)
Mais il est ressuscité ! Et cela change tout, si nous le laissons vivre en nous.

Écoutez cette histoire vraie, qui illustre à merveille ce mystère.

📖 L’histoire de Laetitia, 11 ans

Laetitia avait 11 ans. Elle se préparait à sa première communion. Un jour, la maîtresse du catéchisme donne un travail aux enfants : « Dessinez Jésus en croix. »

Tous les enfants s’exécutent avec soin. Croix dorées, rayons lumineux, Jésus bien représenté.

Puis Laetitia rend son dessin. Un dessin étrange. Jésus n’a ni bras… ni pieds. Le dessin semble grossier. La maîtresse, irritée, pense que l’enfant se moque d’elle. Elle hausse la voix : « Laetitia, ce n’est pas sérieux ! Tu fais exprès ?…Si tu ne prends pas la foi au sérieux, tu ne feras pas ta première communion cette année ! »

La petite, blessée, va se cacher dans un coin et pleure. Le curé de la paroisse passe par là. Il voit la scène, s’approche, et demande : « Que se passe-t-il ? »

La maîtresse explique la situation. Le prêtre se tourne vers Laetitia et lui demande avec douceur : « Et toi, pourquoi as-tu dessiné Jésus sans bras ni pieds ? »

La petite lève les yeux et répond avec une vérité fulgurante : « Parce que Jésus m’a dit que maintenant… ses bras et ses pieds, c’est nous. »

Le curé reste silencieux. Puis il se tourne vers la maîtresse :

** »Laetitia fera sa première communion.
Elle vient de résumer toute la foi chrétienne.
Elle a compris ce que veut dire : vivre en ressuscité.

 Vivre en ressuscité : être les membres du Christ vivant

Frères et sœurs, Laetitia a touché le cœur de la foi chrétienne.
Si le Christ est ressuscité, alors il agit à travers nous.
Il n’a plus de bras, sauf les nôtres pour aimer, consoler, servir.
Il n’a plus de pieds, sauf les nôtres pour aller vers les oubliés, marcher vers les blessés.
Il n’a plus de bouche, sauf la nôtre pour annoncer sa joie et sa paix.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus disait elle aussi :
« Le Christ n’a pas d’autres mains que les tiennes,
pas d’autres pieds que les tiens,
pas d’autre bouche que la tienne…
« 

Voilà ce que signifie croire à la Résurrection :non pas la subir comme un dogme,
mais la vivre comme une mission.

Alors, ce soir, posons-nous la question : Est-ce que quelqu’un, en me regardant, pourrait dire :

« Cet homme, cette femme, cet enfant… c’est un vivant ! On sent que Jésus vit en lui. » ?

C’est cela la vie pascale : devenir témoins du Ressuscité, non seulement avec nos mots, mais avec nos gestes, nos choix, nos engagements.

 Conclusion : porteurs de lumière

Ce soir, nous avons reçu le feu du cierge pascal. Ce feu n’est pas une flamme décorative. C’est le feu du Christ vivant qui veut brûler en nous et à travers nous.

Saint Jean-Paul II lançait aux jeunes du monde : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. »

Oui, ouvrons-lui la porte de notre cœur, et devenons flammes vivantes dans la nuit du monde.

🙏 Prière finale (de saint Jean Eudes)

« Ô Jésus vivant, brûlez-moi de votre amour !
Que je vive désormais dans la lumière de votre Résurrection.
Que je sois lumière pour ceux qui cherchent,
espérance pour ceux qui doutent,
et feu pour ceux qui sont froids. Amen. »

 

Homélie du Père Clément, Veillée pascale, année C2025-04-25T14:37:46+02:00

Homélie du Père Clément, Vendredi Saint, année C

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui… silence. Pas de cloches. Pas de “Gloire à Dieu”. Pas d’Alléluia.
Aujourd’hui, c’est le jour du silence de Dieu. Un silence qui parle. Un silence qui saigne.
Aujourd’hui, c’est le Vendredi Saint.

Et j’aimerais vous parler d’une histoire vraie. Pas dans la Bible, non. Une histoire de chez nous.
Une histoire qui m’a touché et qui me touche chaque fois je l’évoque…je l’espère pour vous aussi…C’est une histoire réelle…

🔥 Une mère, un incendie, un enfant sauvé…

Dans un petit village d’Afrique… Une femme, seule, élève son enfant avec amour. Un jour, le drame : un incendie éclate. Sa case prend feu. À l’intérieur ? Son bébé qui dort.
Elle entend les cris. Elle voit les flammes. Et elle court. Tout le monde lui dit :– C’est trop tard ! Tu vas mourir !

Mais l’amour ne calcule pas. Elle se jette dans le brasier. Elle traverse le feu. Elle protège son bébé de son corps. Et elle en ressort… avec lui vivant. Mais elle, elle est brûlée, défigurée à vie.

Son visage est méconnaissable. Sa beauté est partie. Son corps est une plaie.
Mais… elle a sauvé son enfant.

Les années passent…L’enfant grandit. Il réussit. Il devient quelqu’un d’important. Un jour, il organise une grande fête pour son anniversaire de naissance. Il y invite tout le monde……sauf sa propre mère.

Mais la mère, apprenant cela, se lève. Elle se rend à la fête. Elle frappe à la porte. Le fils sort, un peu gêné.

– Maman, qu’est-ce que tu fais par ici ?…Je suis à la fête des personnalités… Regarde-toi…Regarde comment tu es … !  Je ne peux pas te présenter aux gens…Tu pourrais me faire honte…

Et là, la mère le regarde avec tendresse, et lui dit une seule phrase :

– Mon fils… n’oublie pas ton histoire…Je te l’ai racontée quand tu grandissais…si tu es en vie aujourd’hui… c’est parce que j’ai traversé le feu pour toi. Ce visage que tu caches… c’est ton salut que je porte dessus…j’ai perdu ma beauté d’antan dans les flammes pour te sauver de la mort….

Et le fils… se met à pleurer. Il quitte la fête en silence…et n’y est plus retourné… Il venait de redécouvrir le vrai visage de l’amour.

✝️ Le vrai visage de l’amour… c’est celui de Jésus sur la Croix.

Chers frères et sœurs, Cette mère, c’est le Christ.

Aujourd’hui, nous regardons le visage de l’amour crucifié. Et ce visage, souvent, on ne veut pas le voir. Il est trop fort. Trop blessé. Trop sanglant.

Écoutez le prophète Isaïe :« Il n’avait ni beauté ni éclat pour attirer nos regards… méprisé, homme de douleurs, habitué à la souffrance. » (Is 53,2-3)

Mais c’est lui…« Par ses blessures, nous sommes guéris. » (Is 53,5)

Oui, Jésus s’est jeté dans le feu de notre péché, de notre orgueil, de notre violence…Il est entré dans notre enfer pour nous en sortir. Et trop souvent, on lui ferme la porte au nez.

  1. Le grand prêtre miséricordieux (Lettre aux Hébreux)

L’auteur de la lettre aux Hébreux le dit avec une force bouleversante :« Il a appris l’obéissance par les souffrances, et devenu parfait, il est la cause du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent. » (He 5,8-9)

Notre Sauveur n’est pas un Dieu lointain, indifférent à nos douleurs. Il est le grand prêtre compatissant, qui a pleuré, supplié, qui a connu l’angoisse de Gethsémani. Un Dieu qui souffre, un Dieu qui se donne, un Dieu qui va jusqu’au bout de l’amour.

  1. La Passion selon saint Jean : le triomphe caché de l’amour

Dans la Passion selon saint Jean, tout est majestueux. Jésus ne subit pas la mort : il la traverse avec liberté, avec une dignité souveraine. « C’est moi que vous cherchez. Laissez les autres s’en aller. » (Jn 18,8)« Tout est accompli. » (Jn 19,30)

Il remet son esprit : ce n’est pas la mort qui le prend, c’est lui qui donne sa vie. Voilà la grandeur de l’amour. Voilà le feu de la croix.

Et comme la mère qui va jusqu’à frapper à la porte, Jésus aujourd’hui encore frappe à la porte de nos cœurs, non pour nous accuser, mais pour nous rappeler :– Ces blessures… je les porte pour toi. Ce sang… je l’ai versé pour toi. Ce silence… c’est pour t’attendre.

  1. Et nous ? Allons-nous pleurer, comme ce fils ? Ou tourner le dos ?

Chers frères et sœurs,
Le drame du Vendredi Saint, ce n’est pas seulement ce qui s’est passé hier à Jérusalem.
C’est ce qui se passe aujourd’hui, chaque fois que nous repoussons le visage du Crucifié, chaque fois que nous l’oublions, que nous l’excluons de notre vie.

Le Fils a pleuré devant sa mère brûlée. Et moi ? Est-ce que je reconnais le Christ dans ses plaies ?
Est-ce que j’ai honte de Lui ?
Est-ce que je l’aime vraiment ?

Aujourd’hui, il n’y a pas la célébration de la Messe. Pas de festin. Pas de chant de joie.
Mais il y a un geste à poser. Un seul…

Regarde la Croix. Prends le temps.
Laisse une larme monter. Laisse un silence s’installer.
Et dis-lui – peut-être pour la première fois : « Merci, Seigneur. Je ne t’oublierai plus. »

 Conclusion – Une prière au Crucifié

Je termine avec cette prière d’un moine du Moyen Âge, inspirée du cœur :

Seigneur Jésus,

Toi qui t’es laissé briser pour moi,
qui as aimé jusqu’à être rejeté,
qui as donné jusqu’à n’avoir plus que le silence…

Prends mon cœur tiède,
prends mes oublis,
prends mes lâchetés.

Et grave en moi, à jamais,
le souvenir de tes plaies,
pour que je ne t’oublie plus jamais.

Car c’est par tes blessures, et elles seules, que je suis sauvé. Amen.

Homélie du Père Clément, Vendredi Saint, année C2025-04-25T14:37:56+02:00

Homélie du Père Clément, Jeudi Saint, année C

Frères et sœurs bien-aimés,
Nous entrons ce soir dans le Triduum pascal, sommet de notre foi, dans une liturgie qui nous fait goûter le cœur brûlant de l’amour de Dieu. Le Jeudi Saint, ce n’est pas une simple « veille de Pâques ». C’est la veillée de l’Amour, l’heure où Jésus, sachant que son heure est venue, prend tout en main : le pain, la coupe, les pieds de ses disciples, leur cœur et leur salut.

Trois mystères se révèlent et s’unissent :

  • L’Eucharistie, mémorial du don total.
  • Le lavement des pieds, signe du service et de l’abaissement.
  • Le sacerdoce, don du Christ à son Église.
  1. « FAITES CELA EN MÉMOIRE DE MOI » — L’EUCHARISTIE : DIEU SE LIVRE

Saint Paul nous le rappelle avec gravité :« La nuit où il fut livré, le Seigneur prit du pain… »

La première Eucharistie a été célébrée dans un climat de tension et de trahison. Pourtant, c’est dans ce contexte que Jésus dit :« Ceci est mon corps livré… Ceci est mon sang versé… »

L’Eucharistie est l’acte le plus fou d’amour de Dieu, un amour jusqu’à l’extrême (Jn 13,1).
Elle n’est pas un symbole. Elle est la Présence réelle du Christ vivant. Écoute Saint Padre Pio, ce prêtre marqué du sceau des stigmates :« Le monde pourrait bien vivre sans soleil, mais non sans la Messe. »
Et encore :« À chaque Messe, je meurs un peu. Mais je meurs d’amour. »

À la Messe, Jésus renouvelle son Sacrifice, non pas en croix visible, mais dans l’humilité du pain et du vin. Chaque fois que nous y participons avec foi, le Golgotha descend dans notre vie.

III. « IL SE MIT À LAVER LES PIEDS » — UN AMOUR À GENOUX

Le Fils de Dieu dépose son vêtement, prend le linge, verse l’eau, s’agenouille… Il lave les pieds de ceux qui vont l’abandonner. Quel mystère !

Le Dieu Tout-Puissant s’humilie jusqu’à toucher la saleté de nos chemins.
Le Très-Haut se fait le Très-Bas, pour que nos pieds sachent à nouveau marcher vers le Père.

Et c’est là que l’Eucharistie devient service : si elle ne nous pousse pas à laver les pieds les uns des autres, elle reste lettre morte.

Le Bienheureux Carlo Acutis, passionné d’Eucharistie, disait : « L’Eucharistie est mon autoroute pour le Ciel. Mais si je ne vis pas l’amour au quotidien, je suis un menteur. » Et il ajoutait : « Nous sommes tous nés comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies. Le secret pour devenir un saint ? L’Eucharistie. »

IV. Le sacerdoce : don du Christ pour prolonger son amour

Jésus ne s’est pas seulement donné pour un instant. Il a institué le sacerdoce pour que ce mystère d’amour soit présent jusqu’à la fin des temps.
Le prêtre, dit le Curé d’Ars, « n’est pas prêtre pour lui. Il est prêtre pour vous. Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. Le prêtre, c’est l’amour du Cœur de Jésus. »

Prions ce soir pour tous les prêtres. Pour ceux qui nous ont baptisés, confessés, accompagnés, donné Jésus. Prions aussi pour les prêtres qui peinent, qui sont seuls, qui traversent des nuits, car ils portent sur leurs épaules le poids du mystère, et souvent la croix de leur propre fragilité.

Et si tu entends un appel dans ton cœur, n’aie pas peur. Le Christ cherche encore des pieds à laver, des mains à bénir, des cœurs à relever. Il cherche des serviteurs de son Corps.

  1. UNE NUIT POUR CHANGER NOS VIES

Ce soir, nous ne sommes pas des spectateurs d’un rituel ancien.
Nous sommes participants d’un amour éternel.
L’Exode continue. L’Agneau est encore offert. Le Peuple de Dieu marche toujours vers la Terre promise.

Mais pour cela, nous devons manger en tenue de voyage (Ex 12,11), avec les reins ceints, le cœur brûlant.

Sainte Thérèse de Lisieux disait : « Jésus ne descend pas du Ciel chaque jour pour rester dans un ciboire d’or, mais pour trouver un autre ciel, le ciel de notre âme. »

Frères et sœurs, ne laissons pas cette nuit passer comme un rite de plus. Laissons-la nous bouleverser, nous convertir, nous agenouiller, nous transformer en vivants de l’Eucharistie.

CONCLUSION : RESTER, AIMER, SERVIR

Reste ce soir un peu plus longtemps. Ne fuis pas le silence du jardin.
Là, Jésus t’attend. Pas pour te juger. Pour te laver les pieds.

Et alors, redis-lui, comme Pierre bouleversé : « Non seulement les pieds, Seigneur, mais aussi le cœur, la bouche, la vie ! »

PRIÈRE FINALE — (inspirée de Saint Thomas d’Aquin et Saint Jean-Paul II)

Seigneur Jésus,
Toi qui t’es fait pain pour rassasier nos faims,
Toi qui t’es fait serviteur pour laver notre orgueil,

 

Toi qui as confié ton Sacrifice à des mains humaines,

fais de nous un peuple eucharistique,
amoureux de ton Corps, fidèle à ta Croix,
et joyeux d’aimer, à genoux, comme Toi.

Que notre vie devienne une Messe prolongée.

Amen.

 

Homélie du Père Clément, Jeudi Saint, année C2025-04-25T14:38:06+02:00

Homélie du Père Clément, dimanche des Rameaux, année C

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous sommes entrés dans la semaine la plus sainte de l’année, en suivant Jésus dans son entrée à Jérusalem. Acclamé par la foule, il s’avance, monté sur un ânon, non pas comme un roi de guerre, mais comme un roi de paix. Et pourtant, nous venons d’écouter le récit bouleversant de sa Passion. En quelques jours, les Hosanna se transforment en Crucifie-le !

Quel contraste ! Et pourtant, tout cela nous dit une seule chose :Jésus nous a aimés jusqu’au bout.

Il ne subit pas la Passion. Il la choisit librement, par amour. À la dernière Cène, il dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. » Oui, il sait ce qui l’attend. Et pourtant, il va jusqu’au bout. Il prend sur lui nos trahisons, nos rejets, nos croix, pour les transformer en offrande d’amour.

Et ce qui frappe chez saint Luc, c’est que Jésus pardonne tout au long de sa Passion. Il guérit l’oreille du serviteur blessé. Il regarde Pierre avec tendresse après son reniement. Il prie pour ses bourreaux : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Et plus bouleversant encore : il promet le paradis à un brigand ! Ce larron n’a rien à offrir, sauf une phrase : « Jésus, souviens-toi de moi. » Et Jésus répond : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis. »

Frères et sœurs, voilà notre espérance. Qui que tu sois, où que tu sois tombé, Dieu peut encore te relever. Comme disait Charles Péguy : « Celui qui n’est pas tombé ne sera jamais ramassé. Celui qui n’est pas sale ne sera pas essuyé. »

La Passion du Christ, ce n’est pas un spectacle de souffrance. C’est l’histoire de ton salut. C’est l’amour de Dieu qui va jusqu’à l’extrême pour te sauver.

Mais ce n’est pas tout. Nous ne sommes pas seulement invités à admirer Jésus. Nous sommes appelés à le suivre. Le vrai chrétien, ce n’est pas celui qui agite les rameaux une fois par an. C’est celui qui porte sa croix chaque jour, qui aime en silence, qui pardonne en secret, qui sert sans attendre de récompense.

Comme le disait saint Jean Chrysostome : « Tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Honore-le dans les pauvres, dans les souffrants. »

Alors, en cette Semaine Sainte, mettons-nous à l’école de Jésus et de Marie. Avançons avec lui vers la Croix. Offrons-lui nos blessures, nos silences, nos fatigues. Et préparons notre cœur à la lumière de Pâques.

Que Marie, la Mère douloureuse, debout au pied de la Croix, nous accompagne dans cette montée pascale.

Seigneur Jésus, tu es allé jusqu’au bout de l’amour. Donne-nous de marcher avec toi, de croire en ton pardon, et de porter avec foi la croix de chaque jour. Amen.

Homélie du Père Clément, dimanche des Rameaux, année C2025-04-23T10:28:27+02:00

Homélie du Père Clément, IIIe dimanche de carême, année C

 « Un cœur lucide et un Dieu patient »

Frères et sœurs bien-aimés,

Un jour, alors que Thérèse se rendait au Carmel avec sa sœur Céline, elles croisent un homme enchaîné, conduit en prison. Ce criminel, menotté, avait commis un crime grave (on suppose un meurtre), et sa physionomie frappante la bouleverse.

Thérèse écrit : « Un jour, en allant au Carmel, nous avons rencontré un pauvre criminel conduit en prison. Céline croyait que je détournerais la tête, mais ce n’est pas ce que j’ai fait. J’ai regardé fixement ce malheureux. Je voulais voir le regard d’un homme qui avait commis un crime mortel. Je priais pour lui de tout mon cœur, sentant que sans la grâce divine, j’aurais pu tomber aussi bas que lui, je me sentais capable de tout le mal. »

Ce regard qu’elle pose sans jugement, mais avec compassion et une grande lucidité sur la misère humaine et sur sa propre faiblesse, reflète l’humilité radicale de Thérèse et sa conscience vive de la miséricorde divine.

Le Carême avance, et la Parole de Dieu vient aujourd’hui nous toucher là où nous sommes : au cœur de notre vie quotidienne, marquée par des drames, des questions, des lenteurs, des stérilités parfois… mais aussi habitée par la grâce, la patience, et l’appel à la conversion.

Et si tout cela était une parole de Dieu pour nous ?
Et si les accidents, les événements troublants, et même les apparentes stérilités de notre cœur, étaient des invitations à nous réveiller intérieurement ?
C’est ce que Jésus nous enseigne dans l’Évangile, en deux temps très percutants.

  1. Face aux catastrophes : l’appel à la vigilance et à la lucidité (Lc 13,1-5)

Jésus est interpellé sur deux tragédies :
un massacre sanglant (Pilate tuant des Galiléens),
– et un accident mortel (la chute de la tour de Siloé).

Et sa réponse est surprenante :« Pensez-vous que ces victimes étaient plus coupables que les autres ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »

Ce n’est pas la peur qui pousse Jésus à parler ainsi, mais l’amour du vrai.
Il ne cherche pas à expliquer le mal, ni à faire le tri entre les bons et les méchants. Il nous invite à ne pas détourner les yeux, à ne pas fuir la réalité. Chaque événement dramatique, chaque secousse de la vie, est une sonnette d’alarme, un appel à revenir à l’essentiel.

Les faits divers nous bouleversent ? Mais que disent-ils sur notre propre vie ? Sommes-nous prêts à rencontrer Dieu ?

Sainte Thérèse de Lisieux disait avec une incroyable lucidité : « Si la grâce de Dieu ne m’avait pas soutenue, j’aurais pu être à la place de ce criminel. »

Elle voyait dans le mal des autres un miroir de sa propre fragilité, et cela ne la faisait pas désespérer, mais s’abandonner davantage à l’amour miséricordieux de Dieu.

  1. Le figuier stérile : la patience divine et la chance du sursis (Lc 13,6-9)

Jésus poursuit avec une parabole : un figuier planté dans une vigne, qui ne donne aucun fruit depuis trois ans. Le propriétaire veut le couper. C’est logique, non ?
Mais le vigneron – image de Jésus lui-même – intercède :« Laisse-le encore cette année… je vais bêcher autour, mettre du fumier… Peut-être donnera-t-il du fruit. »

C’est ici le portrait bouleversant de Dieu que Jésus nous révèle :
– un Dieu patient,
– un Dieu qui travaille la terre dure de notre cœur,
– un Dieu qui ne désespère jamais de nous, même après de nombreuses années de stérilité.

Un Dieu patient et un cœur disponible

Frères et sœurs,
Ne laissons pas passer ce Carême comme une formalité.
Le temps est court. La grâce est là. Dieu nous offre cette année de plus pour porter du fruit.

Alors, comme Thérèse, reconnaissons humblement : « Tout est grâce. »

Et si nous sommes encore stériles, que cette prière jaillisse de notre cœur : 🙏 Prière finale (inspirée de Thérèse)

Seigneur, je ne suis pas un figuier glorieux.
Je suis souvent sec, fermé, sans fruit.
Mais je Te tends mon cœur.
Bêche autour de lui. Verse ta patience.
Et fais-y grandir une fleur de vie, une fleur d’amour.
Et si je tombe, relève-moi.
Car je crois en ta miséricorde plus qu’en ma misère.
Amen.

 

 

Homélie du Père Clément, IIIe dimanche de carême, année C2025-04-10T11:50:40+02:00

Homélie du Père Clément, IIe dimanche de carême, année C

Homélie pour le 2e Dimanche de Carême (année C)
Chers frères et sœurs,

Nous voici déjà au deuxième dimanche de Carême, et la Parole de Dieu nous entraîne sur la montagne de la Transfiguration. En ce temps où nous cherchons à nous rapprocher de Dieu, cette page d’Évangile nous présente Jésus transfiguré : un avant-goût de sa gloire qui éclaire aussi notre chemin d’espérance. Je vous propose de parcourir brièvement les différentes lectures pour voir comment elles convergent vers la lumière du Christ, et comment cette lumière peut encore aujourd’hui illuminer nos cœurs, surtout quand notre foi semble vaciller.

  1. Abraham, la nuit étoilée et la confiance en Dieu

Dans la première lecture (Gn 15,5-12.17-18), nous voyons Abraham sortir sous le ciel étoilé, à l’invitation du Seigneur :« Regarde le ciel et compte les étoiles… Telle sera ta descendance ».Abraham n’a pas encore vu l’accomplissement de la promesse, mais il s’appuie sur la parole de Dieu. Nous aussi, nous sommes parfois plongés dans l’incertitude ou la souffrance : « Comment vais-je m’en sortir ? » « Comment ma situation va-t-elle évoluer ? » Dans ces nuits de l’âme, Dieu nous redit : « Regarde le ciel, fais-moi confiance, car je suis fidèle à ma promesse. »

  1. Le Psaume 26 : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut »

Le Psaume responsorial (Ps 26) continue cette dynamique de confiance :« Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? »

Cette prière est un cri de foi. Dans l’obscurité, nous cherchons une lueur. Le psalmiste affirme que Dieu seul est cette lumière. Cela nous renvoie déjà à la Transfiguration : « Le visage de Jésus devint autre et son vêtement d’une blancheur éblouissante » (Lc 9,29).

Une belle illustration pour comprendre cela :Imaginez un petit enfant marchant dans le noir en tenant la main de son père ou de sa mère. Même s’il ne voit pas bien devant lui, il se sent en sécurité, car il sait que cette main le guide. De la même façon, nous pouvons garder la paix si nous sommes « tenus » par la main de Dieu, même quand tout semble obscur.

  1. Saint Paul : « Nous sommes citoyens des cieux » (Ph 3,20)….L’expression « citoyens des cieux » nous invite à lever les yeux et à garder un sens d’éternité. Dans notre vie quotidienne, nous pouvons vite être absorbés par les soucis, les problèmes de santé, la solitude, l’incompréhension… Mais Paul nous dit : « N’oubliez pas votre véritable patrie : c’est la communion avec Dieu, qui s’accomplira pleinement dans la vie éternelle. »

Le pape François affirme souvent : « Le Carême est un chemin qui nous conduit vers la joie de la Résurrection ; il nous prépare à accueillir la vie nouvelle que le Christ nous offre. »

Alors, ne nous laissons pas engloutir par le découragement. N’oublions pas que notre horizon, c’est la rencontre définitive avec Dieu.

  1. L’Évangile de la Transfiguration : un avant-goût de la Résurrection

Le cœur du message de ce dimanche est l’Évangile de la Transfiguration (Lc 9,28-36). Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean sur la montagne pour prier, et là, ils entrevoient sa gloire divine.

  1. a) « Il est beau que nous soyons ici »

Pierre, émerveillé, s’écrie :« Maître, il est bon que nous soyons ici ! »

Quand on est en prière et qu’on ressent la présence de Dieu, on voudrait rester là, sur ce « petit nuage ». Mais la Transfiguration n’est pas faite pour nous détacher de la réalité ; c’est plutôt un éclairage qui nous aide à vivre nos épreuves. Les disciples vont bientôt voir Jésus rejeté, arrêté et crucifié. Or, le souvenir de cette gloire transfigurée sera pour eux une ancre, un point d’appui dans la tempête.

  1. b) Un encouragement pour la route

La Transfiguration est un « avant-goût » de Pâques. Elle montre que derrière la Croix, se profile déjà la lumière de la Résurrection. Et c’est la même chose pour nous : dans le Carême, nous ne sommes pas en train de faire des efforts pour souffrir pour le plaisir, mais pour nous purifier, pour laisser Dieu illuminer nos vies, et pour avancer vers la joie pascale.

Benoît XVI a écrit : « La Transfiguration nous rappelle que la joie la plus profonde ne naît pas des choses, mais de la rencontre avec la personne du Seigneur. »

  1. La signification de la Transfiguration pour notre Carême

Que signifie pour nous cette Transfiguration en plein temps de Carême ?

  1. Un appel à la prière
    Jésus monte sur la montagne pour prier. Il se met à part, s’éloigne du bruit, pour être en communion profonde avec son Père. De la même façon, le Carême nous propose de prendre du temps pour la prière personnelle, pour des moments de retrait où nous laissons la Parole de Dieu nous transfigurer de l’intérieur. Comme les disciples, nous sommes appelés à accompagner Jésus dans ce tête-à-tête avec le Père.
  1. Un chemin de conversion
    La Transfiguration est un changement profond qui anticipe déjà la Résurrection. Le Carême est justement ce temps pour accueillir la grâce d’une transformation intérieure. Il ne s’agit pas de prétendre être parfaits en quarante jours, mais de laisser le Christ agir en nous, nous purifier, nous éclairer.
  2. Un avant-goût de la joie pascale
    Les Apôtres ont goûté, l’espace d’un instant, la gloire du Christ. Parfois, le chemin de Carême peut paraître austère, avec ses renoncements et ses efforts spirituels. La Transfiguration nous rappelle que nous ne sommes pas faits que pour la pénitence : nous sommes faits pour la gloire avec le Seigneur. Notre effort spirituel trouve son sens et son accomplissement dans la joie pascale.
  3. La force pour affronter l’épreuve
    En contemplant la Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean découvrent une lumière plus forte que la nuit de la Passion à venir. De même, si nous gardons en nous le souvenir vif de la gloire du Christ, nous pourrons traverser nos épreuves, nos souffrances, avec l’espérance et la certitude que Dieu est présent, qu’il ne nous abandonne pas.
  1. Laissons-nous illuminer et transmettre la lumière

Chers frères et sœurs, la Transfiguration nous montre que Jésus est la Lumière du monde, et qu’il veut partager cette lumière avec nous pour faire reculer nos ténèbres intérieures. Au milieu de nos fatigues, de nos inquiétudes, de nos deuils, cette lueur nous rappelle que la souffrance n’aura pas le dernier mot.

Saint Jean-Paul II disait : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! »

Dans ce temps de Carême, ouvrons nos cœurs et laissons Jésus nous transfigurer. Demandons-lui la grâce de la confiance d’Abraham, la force du psalmiste qui se laisse guider par la « lumière » du Seigneur, et la joie de saint Paul qui se sait citoyen du Ciel.

Puissions-nous, comme Pierre sur la montagne, dire nous aussi : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! » – non pas pour fuir le monde, mais pour mieux y retourner, le cœur rempli de la lumière du Christ, et la transmettre autour de nous.

Amen.

 

Homélie du Père Clément, IIe dimanche de carême, année C2025-03-17T14:41:05+01:00

Homélie du Père Clément, Ier dimanche de Carême – Année C

Vaincre la tentation avec le Christ, le Nouvel Adam/Le désert, école de la foi

Frères et sœurs bien-aimés,

Nous voici entrés dans le grand combat spirituel du Carême. Quarante jours, comme Jésus au désert. Quarante jours, comme Moïse sur le mont Sinaï. Quarante jours, comme le peuple hébreu explorant la Terre promise. C’est un temps de conversion, de combat spirituel, et de renouveau intérieur.

Le Carême, c’est aussi un désert, un temps où Dieu nous conduit pour nous purifier, nous fortifier, nous rendre plus vrais. Mais c’est aussi le lieu de la tentation.

L’Évangile de ce jour (Lc 4,1-13) nous montre que même Jésus a été tenté. C’est un message fort : la tentation fait partie du combat spirituel. Aucune âme n’y échappe. Saint Augustin disait déjà que : «  Dans son voyage ici-bas, notre vie ne peut pas échapper à l’épreuve de la tentation, car notre progrès se réalise par notre épreuve ; personne ne se connaît soi-même sans avoir été éprouvé, ne peut être couronné sans avoir vaincu, ne peut vaincre sans avoir combattu, et ne peut combattre s’il n’a pas rencontré l’ennemi et les tentations ».

Un jeune homme demande un jour à un moine : « Comment puis-je devenir un saint sans être tenté ? »
🔸 Le moine lui répond : « C’est impossible ! Même les anges ont été tentés au Ciel ! Ce n’est pas la tentation qui est un péché, c’est d’y céder ! »

Aujourd’hui, l’Évangile (Lc 4,1-13) nous plonge dans la lutte entre Jésus et le diable. Trois tentations, trois ruses du Malin, trois manières de tromper nos âmes. Mais Jésus nous enseigne la victoire !

  1. La tentation : Une arme du diable pour détruire nos âmes

🔹 Le diable ne nous attaque pas n’importe quand. Il vient dans nos moments de faiblesse.
Jésus a faim après quarante jours de jeûne. C’est le moment que Satan choisit pour l’attaquer !

Première tentation : La tentation du pain
« Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain ! » (Lc 4,3)
C’est la tentation du matérialisme, celle qui nous fait croire que l’essentiel est d’avoir, de posséder, de consommer.

Jésus répond par la Parole de Dieu : ✠ « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Dt 8,3).

Saint François d’Assise disait : « Ce que nous possédons finit par nous posséder ! »
➡ Aujourd’hui, nous avons tout : technologie, confort, nourriture… mais nos âmes sont souvent vides ! La vraie nourriture, c’est Dieu.

Deuxième tentation : La tentation du pouvoir et du succès
« Je te donnerai toute la gloire de ce monde si tu te prosternes devant moi » (Lc 4,6-7).
C’est la tentation de la réussite facile, sans effort, sans fidélité à Dieu.

Jésus répond :« Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et lui seul rendras un culte » (Dt 6,13).

Un jour, un jeune homme demande au diable : « Que me donneras-tu si je te sers ? »
🔸 Le diable répond : « Le pouvoir, l’argent, la gloire… mais en échange, je veux ton âme ! »
➡ Beaucoup de gens, aujourd’hui, se prosternent devant l’argent, le succès, la facilité… mais ils perdent Dieu !

Troisième tentation : La tentation de l’orgueil spirituel
« Jette-toi du Temple, et les anges te sauveront ! » (Lc 4,9-11)
C’est la tentation de mettre Dieu à l’épreuve, de chercher des signes au lieu d’avoir la foi.

Jésus répond :« Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » (Dt 6,16).

Saint Augustin disait : « Dieu ne veut pas être testé, mais aimé ! »
➡ Parfois, nous disons à Dieu : « Si tu m’aimes, prouve-le-moi ! Fais un miracle ! »
Mais la vraie foi, c’est de lui faire confiance sans exiger de preuves.

  1. Trois armes pour vaincre la tentation

Jésus nous enseigne comment triompher du Malin :

  1. La Parole de Dieu : Une épée spirituelle
    Jésus répond à chaque tentation par un verset biblique.
    Saint Paul nous dit : « Prenez l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu » (Ep 6,17).
    Lire la Bible chaque jour, c’est apprendre à se défendre spirituellement !
  2. La prière et le jeûne : Une force intérieure
    « Ce genre de démon ne peut être chassé que par la prière et le jeûne » (Mc 9,29).
    Le jeûne nous détache du superflu et nous recentre sur Dieu.
  3. L’adoration et la fidélité à Dieu
    Jésus refuse de se prosterner devant Satan.
    Saint Padre Pio disait : « Plus un homme adore Dieu, plus il devient fort contre le diable. »
  4. La victoire avec le Christ

Frères et sœurs, le combat spirituel est une réalité, mais nous ne sommes pas seuls.
Jésus a vaincu le Malin pour nous !
Saint Paul nous l’assure dans la deuxième lecture (Rm 10,8-13) :✠ « Si de ta bouche tu affirmes que Jésus est Seigneur, et si dans ton cœur tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. »
🔹 Notre victoire est dans notre foi et notre fidélité au Christ.

Pour conclure…Carême, chemin de conversion….

Ce premier dimanche de Carême nous rappelle que le désert est un passage nécessaire pour grandir dans la foi. Nous ne devons pas fuir la tentation, mais apprendre à la vaincre avec le Christ.

Trois résolutions concrètes pour cette semaine :
1️⃣ Lire chaque jour un passage de l’Évangile pour fortifier notre âme.
2️⃣ Vivre un vrai moment de prière quotidienne avec cœur.
3️⃣ Faire un petit sacrifice pour nous détacher du superflu et grandir en liberté intérieure.

Prions avec Saint Augustin :
Seigneur mon Dieu,
Quand je vacille, soutiens-moi.
Quand je doute, éclaire-moi.
Quand je suis tenté, fortifie-moi.
Tu es ma lumière, mon refuge et ma force.
Sans Toi, je ne peux rien,
Mais avec Toi, je peux tout.
Par ta Parole, repousse l’ennemi,
Et que ton amour soit mon bouclier, Amen !
(Saint Augustin)

 

Homélie du Père Clément, Ier dimanche de Carême – Année C2025-03-11T09:17:19+01:00

Homélie du Père Clément du VIIIe dimanche du TO, année C (2024)

Homélie pour le 8e Dimanche du Temps Ordinaire (Année C)

Notre ménagerie intérieure

Frères et sœurs, ce 8e dimanche du Temps Ordinaire nous fait réfléchir sur la cohérence entre ce que nous portons dans notre cœur et ce que nous faisons ou disons. Les lectures d’aujourd’hui insistent sur la qualité intérieure qui transparaît dans nos paroles et nos actes. « Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Lc 6,45).

Comment, concrètement, laisser le Christ purifier notre cœur pour que nos “fruits” — c’est-à-dire nos paroles et nos actes — soient vraiment bons et témoignent de l’Évangile ?

Dans le livre d’Isaïe, un passage merveilleux (Is 11,1-9) nous présente une vision de paix où le loup habite avec l’agneau, où le lion mange de l’herbe comme le bœuf, où l’enfant joue en toute sécurité avec les animaux sauvages.

Ce tableau est bien plus qu’une simple image poétique : il est une promesse de restauration, de transformation intérieure. Mais avant que cette paix ne règne pleinement en nous, nous avons une véritable ménagerie à l’intérieur de notre cœur, peuplée d’animaux parfois indomptables.

Regardons-les de plus près :

  • Le lion de l’orgueil qui rugit toujours « Moi, je… »
  • Le coq ou le paon de la vanité qui aime briller aux yeux des autres
  • Le renard de la fourberie et du manque de foi
  • Le serpent de la jalousie qui s’insinue silencieusement
  • L’ours de la possessivité qui veut tout garder pour lui
  • La pie des commérages qui bavarde sans fin
  • Le singe de la moquerie qui ridiculise les autres
  • Le rhinocéros de la brutalité qui blesse sans réfléchir
  • Le pachyderme insensible, incapable d’écouter avec cœur
  • Le lièvre peureux qui recule devant l’effort
  • Le cochon avide de plaisirs immédiats
  • Le chien colérique qui aboie et mord
  • Le ver du découragement qui ronge notre espérance

Si nous laissons l’Esprit du Christ entrer dans notre cœur, il met le doigt sur chacun de ces animaux intérieurs. Il veut les dompter, non par la force, mais par la douceur et l’amour.

La question est : Laisserons-nous Dieu pacifier cette ménagerie intérieure ?

  1. La Parole révèle ce que nous avons en nous (Si 27,4-7)

Dans la première lecture, Ben Sira nous compare à un tamis :« Au crible, les déchets restent ; de même, les défauts de l’homme apparaissent dans son raisonnement. »

Tout comme l’agriculteur secoue le blé pour séparer le grain des impuretés, les épreuves de la vie révèlent ce que nous avons vraiment dans le cœur.

Saint François de Sales disait :« L’homme est comme une éponge : il rend ce dont il est rempli. »

Alors, qu’avons-nous laissé entrer dans notre cœur ? L’Esprit de paix, ou la ménagerie indomptée de nos instincts et de nos passions ?

  1. La victoire du Christ : Une force qui nous libère (1Co 15,54-58)

Dans la deuxième lecture, saint Paul proclame :« Mort, où est ta victoire ? Mort, où est-il, ton aiguillon ? ». Cette parole est une explosion d’espérance ! En Christ, nous sommes appelés à la victoire. Mais cette victoire ne consiste pas seulement à vaincre la mort physique, elle concerne aussi la transformation intérieure.

Le Christ veut pacifier notre ménagerie intérieure, mais il attend notre permission. Sommes-nous prêts à déposer nos fardeaux, nos tendances mauvaises, pour accueillir la paix du Ressuscité ?

Saint Augustin disait :« Donne à Dieu ce qui est en toi, et Il te donnera ce qu’Il est. »

  1. L’arbre se reconnaît à ses fruits (Lc 6,39-45)

Jésus nous donne aujourd’hui deux images puissantes :

  1. Le danger du guide aveugle qui risque d’entraîner d’autres aveugles dans sa chute.
  2. L’arbre qui se reconnaît à ses fruits : « Il n’y a pas de bon arbre qui produise du mauvais fruit, ni de mauvais arbre qui produise du bon fruit » (Lc 6,43).

Jésus nous rappelle que nos paroles et nos actes révèlent l’état de notre cœur. Si nous trouvons toujours des défauts chez les autres, peut-être que nous projetons simplement nos propres luttes intérieures.

Saint Jean Chrysostome disait :« L’homme ne devient pas saint par ce qu’il proclame, mais par ce qu’il fait. »Si nous voulons être des guides éclairés et porter de bons fruits, nous devons laisser Dieu purifier notre cœur.

  1. Dompter notre ménagerie intérieure

J’ai commencé cette méditation avec vous par la vision d’Isaïe d’un monde pacifié et la ménagerie intérieure que chacun porte en lui. L’objectif, vous savez, n’est pas de rejeter ce que nous sommes, mais de mieux nous connaitre et de savoir comment la PAROLE DE DIEU nous aide à nous accueillir, à voir autrement les choses, à entretenir en nous une force intérieure qui vient de Dieu…ainsi…

🔹 Le lion de l’orgueil peut devenir force et courage pour Dieu.
🔹 La pie des commérages peut se transformer en parole d’encouragement.
🔹 Le renard rusé peut apprendre la sagesse véritable.
🔹 Le chien colérique peut devenir un serviteur fidèle.
🔹 Le ver du découragement peut être remplacé par la certitude que Dieu ne nous abandonne pas.

Frères et sœurs, en ce dimanche, laissons le Christ pacifier notre cœur. Laissons-Le transformer notre ménagerie intérieure pour que nous devenions des arbres qui portent de bons fruits, des artisans de paix et de lumière dans ce monde.

Seigneur, entre dans ma maison, prends place dans mon cœur, et apprends-moi à dompter ces bêtes indociles qui m’éloignent de Toi. Ainsi, je pourrai être un vrai disciple, un arbre qui porte le fruit de l’Esprit. Amen.

 

Homélie du Père Clément du VIIIe dimanche du TO, année C (2024)2025-03-05T11:02:22+01:00

Homélie du Père Clément du VIIe dimanche du TO, année C (2024)

Thème : Aimer comme Dieu aime : la révolution de la miséricorde

  1. I. Un appel à l’amour radical

Frères et sœurs bien-aimés, aujourd’hui, le Christ nous lance un défi immense, une révolution du cœur : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. » (Lc 6,27). Qui peut aimer son ennemi ? Qui peut bénir celui qui le maudit ? Humainement, c’est impossible. Mais pour ceux qui acceptent de vivre sous la loi de Dieu, l’amour devient une force transformatrice.

Saint Jean Chrysostome disait : « Rien ne nous rend plus semblables à Dieu que de pardonner à ceux qui nous font du mal. » Cette invitation du Christ est donc un chemin vers la sainteté, un appel à répondre à la haine par l’amour.

  1. David, un exemple de miséricorde

Pour comprendre la grandeur du geste de David dans la première lecture, rappelons le contexte : le roi Saül, jaloux et effrayé par la montée en popularité de David, le pourchasse impitoyablement. Il cherche à l’éliminer, le percevant comme une menace à son trône. Mais au lieu de répondre à cette violence par la vengeance, David choisit la miséricorde.

Lorsqu’une occasion unique se présente à lui dans la caverne, il pourrait tuer Saül et mettre fin à sa propre fuite. Pourtant, il se retient et dit : « Que le Seigneur me garde de porter la main contre son oint ! » (1 S 26,9).

Par ce geste, David préfigure l’enseignement du Christ : ne pas rendre le mal pour le mal, mais laisser Dieu juger. Cette attitude annonce la justice divine, une justice fondée non sur la vengeance mais sur le pardon et la confiance en Dieu. David nous apprend que la vraie victoire ne réside pas dans la domination de l’ennemi, mais dans la maîtrise de soi et la confiance en Dieu.

III. L’homme terrestre et l’homme céleste

Saint Paul nous rappelle que nous sommes appelés à passer de l’homme terrestre (celui d’Adam) à l’homme céleste (celui du Christ). Adam a transmis un cœur marqué par la peur, la vengeance et la haine, mais Jésus nous donne un cœur capable d’aimer sans mesure.

« De même que nous avons revêtu l’homme tiré de la terre, de même nous revêtirons l’homme céleste. » (1 Co 15,49).

C’est ce passage de l’homme terrestre à l’homme céleste que Jésus nous propose dans l’Évangile d’aujourd’hui.

  1. Quelques traits caractérisques du Chrétien/Aimer ses ennemis : La loi nouvelle du Christ (Lc 6,27-38)

L’enseignement du Christ repose sur une loi nouvelle, révolutionnaire humainement difficile, mais avec la grâce de Dieu:

  1. Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. (Lc 6,27)
    • Saint Augustin commente : « L’amour de l’ennemi est la perfection de la charité, car il ne cherche pas son propre intérêt, mais l’intérêt de l’autre. »
  2. Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. (Lc 6,28)
    • Saint François d’Assise disait : « C’est en pardonnant qu’on est pardonné. »
  3. Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente aussi l’autre. (Lc 6,29)
    • Mère Teresa : « Aime jusqu’à en avoir mal. Aime même ceux qui ne t’aiment pas, et tu seras en paix. »
  4. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez, et vous serez pardonnés. (Lc 6,37)
    • Le Pape François nous rappelle : « La miséricorde est le battement du cœur de l’Évangile. »

Ces commandements ne sont pas des théories mais un chemin concret pour transformer notre monde.

  1. Application concrète : Comment vivre cet Évangile ?

Lors de l’homélie de la messe de mariage du prince Laurent de Belgique et de la princesse Claire Coombs, le 15 mars 2003, le père Guy Gilbert, prêtre et éducateur de rue, a raconté l’histoire, qu’il dit vraie, des foulards blancs. Exhortant les deux jeunes mariés à l’importance du pardon dans le couple, il relate l’aventure de Jean, figure actualisée du Fils prodigue, et de son père miséricordieux.

Jean, âgé d’une vingtaine d’années, avait sali la réputation de ses parents, et son père le chassa de la maison. Quelque temps plus tard, le jeune homme se dit : « Je suis vraiment une ordure, je vais demander pardon à mon père ». Mais il avait tellement peur que son père le rejette qu’il lui écrivit une lettre : « Papa, je vous ai sali, je te demande pardon. Je voudrais tant revenir à la maison. J’ai tellement peur que tu me dises non. Si tu me pardonnes, mets un foulard blanc, sur le pommier, devant la maison, dans la grande allée des pommiers qui conduit à la maison. Mets un foulard blanc sur le dernier pommier”.
Puis il demanda à son ami Marc de l’accompagner en voiture jusqu’à la maison de son père. À cinq cents mètres de la maison, Jean ferma les yeux tandis que Marc descendait lentement l’allée des pommiers, jusqu’au dernier. Jean, les yeux toujours fermés, demanda à Marc : « Je t’en supplie, Marc, mon père a-t-il mis le foulard blanc ? Dans le pommier, devant la maison ? » Marc lui répondit : « Non, non Jean, il n’y a pas de foulard dans le pommier devant la maison, mais il y en a des centaines, tout au long de l’allée ! »

  • Puissions-nous apporter chacun nos foulard blanc pour être signe de pardon pour les autres.

Saint Jean-Paul II disait : « La miséricorde est la plus grande puissance de Dieu. C’est aussi la plus grande force que nous ayons pour transformer le monde. »

  1. Devenir des témoins de la miséricorde

Frères et sœurs, être chrétien, c’est choisir d’aimer comme Dieu. Demandons la force de l’Eucharistie pour que notre amour devienne témoignage. Je finis par cette BELLE EXHORTATION DE MERE TERESA DE CALCUTA, que certainement vous connaissez déjà…qui pour moi colle bien aux textes de ce dimanche.

Ma fille, mon fils!

L’homme est insensé, illogique, egocentrique. Cela n’a pas d’importance, aime-le !

Si tu fais le bien, on t’attribuera des intentions égoïstes, cela n’a pas d’importance, fais le bien !

Si tu réalises tes objectifs, tu trouveras de faux amis et vrais ennemis. Cela n’a pas d’importance, réalises-les !

Le bien que tu fais sera oublié dès demain.  Cela n’a pas d’importance, fais-le !

L’honnêteté et la sincérité te rendent vulnérable, cela n’a pas d’importance, sois honnête et loyale !

Ce que tu as mis des années pour construire peut être détruit en un instant. Cela n’a pas d’importance, construis- le !

Si tu aides les gens, ils seront contre toi. Cela n’a pas d’importance, aide-les !

Donne au monde le meilleur de toi-même et on te maltraitera. Cela n’a pas d’importance, donne le meilleur de toi-même. Mère Thérèsa e Calcutta…….🕊 Amen.

Homélie du Père Clément du VIIe dimanche du TO, année C (2024)2025-02-26T09:33:58+01:00

Homélie du Père Clément du Ve dimanche du TO, année C (2024)

« La Grâce de Dieu, Force et Fécondité de notre Mission »

Frères et sœurs bien-aimés,
Nous avons tous déjà fait l’expérience de la fatigue d’un effort qui ne porte pas de fruits. Nous avons parfois investi du temps, de l’énergie, des talents dans un projet, une mission, une relation… et nous avons eu l’impression que tout était vain. L’évangile de ce jour nous rappelle une vérité fondamentale : sans Dieu, nos efforts restent stériles, mais avec Lui, tout devient fécond, même si cela ne se voit pas immédiatement.

Pierre et ses compagnons avaient pêché toute la nuit sans rien prendre, mais lorsque Jésus entre dans leur barque et leur demande de jeter les filets, un miracle se produit : une pêche surabondante. Ce passage nous parle de la grâce de Dieu qui transforme nos échecs en bénédictions et nous rappelle que toute mission n’est véritablement féconde que si elle est menée « avec Dieu, par Dieu et pour Dieu ».

Avez-vous déjà vu un oiseau essayer de voler avec une aile cassée ? Peu importe combien il bat des ailes, il ne s’élève pas. Ainsi est l’homme qui agit sans Dieu : il peut s’épuiser, faire de grands efforts, mais ses actions restent sans fruits durables. Nous avons tous vécu des moments d’échec, d’incertitude, de découragement. Quand tout semble s’écrouler, nous nous demandons : « Où est Dieu ? ».C’est précisément dans nos échecs et nos nuits obscures que Dieu se révèle le plus puissamment.

L’Évangile d’aujourd’hui nous présente Pierre, un pêcheur expérimenté, qui a travaillé toute la nuit sans rien prendre. Pourtant, c’est après cet échec que Jésus intervient, et un miracle se produit.

Dieu n’intervient pas toujours quand nous avons tout sous contrôle, mais lorsqu’il ne nous reste plus que Lui ! Telle est la force de la grâce divine !

  1. Dieu se révèle dans nos incertitudes et nos échecs

Regardons Pierre. Il a jeté ses filets encore et encore, sans aucun résultat. Il est fatigué, frustré, découragé. Pourtant, c’est au moment où il est au bout de ses forces que Jésus monte dans sa barque et transforme sa défaite en bénédiction. « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole, je vais jeter les filets. » (Lc 5,5)

  • L’inventeur qui a échoué 1000 fois/L’histoire de Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique, illustre bien cela. On raconte qu’après 1000 échecs, un journaliste lui demanda : « Comment avez-vous vécu ces 1000 échecs ? »
    Edison répondit :« Je n’ai pas échoué 1000 fois. J’ai découvert 1000 façons de ne pas faire une ampoule. »

Pierre aussi aurait pu dire : « J’ai pêché toute la nuit pour rien. » Mais en réalité, il pêchait avec ses propres forces. Ce n’est que lorsqu’il obéit à Jésus que tout change !Dieu utilise parfois nos échecs pour nous amener à nous appuyer sur Lui.

  1. Dieu ne choisit pas les parfaits, mais Il se glorifie dans nos faiblesses

Isaïe, Paul et Pierre ont tous vécu l’échec et le doute avant de recevoir leur mission :

  • Isaïe s’écrie : « Malheur à moi ! Je suis un homme aux lèvres impures ! » (Is 6,5)
  • Paul reconnaît : « Je suis le plus petit des apôtres… mais par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis. » (1 Co 15,9-10)
  • Pierre dit à Jésus : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » (Lc 5,8)

C’est justement parce qu’ils sont faibles que Dieu les choisit.

L’écrivain rejeté 12 fois/Le célèbre écrivain J.K. Rowling, auteure de Harry Potter, a été rejetée 12 fois par des éditeurs avant que son livre soit accepté. Elle avait tout perdu : emploi, famille brisée, pauvreté.

C’est dans cet échec qu’elle a trouvé la force d’écrire. De même, Dieu utilise nos moments de chute pour préparer nos victoires. Saint Paul disait : « C’est quand je suis faible que je suis fort. » (2 Co 12,10)

III. Quand Dieu entre dans notre barque, tout change

Après la pêche miraculeuse, Jésus dit à Pierre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »Dieu ne nous appelle pas à la réussite selon le monde, mais à une fécondité qui dépasse notre compréhension. Parfois, nous ne voyons pas immédiatement le fruit de notre travail, mais la grâce de Dieu agit en profondeur.

Le missionnaire et son unique converti/Un missionnaire partit évangéliser un village africain pendant 20 ans, sans voir aucun fruit. Un seul jeune homme s’est converti. Ce jeune homme est devenu Samuel Ajayi Crowther, premier évêque africain anglican, qui a évangélisé des milliers de personnes. Parfois, Dieu nous demande simplement d’être fidèles. Les fruits viendront en leur temps.  Saint François de Sales disait : « Faites tout par amour, rien par force. Tout pour Dieu, rien pour vous. »

  1. L’homme seul s’épuise, mais la grâce de Dieu porte du fruit

Regardons Pierre. Il a passé toute la nuit à pêcher sans succès. Il aurait pu dire : « À quoi bon ? J’ai déjà tout essayé ! » Pourtant, Jésus lui demande de jeter les filets encore une fois. Pierre, fatigué mais confiant, obéit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole, je vais jeter les filets. » (Lc 5,5).Et le miracle se produit : les filets débordent de poissons !

Combien de fois sommes-nous découragés dans la prière, dans notre engagement ? Nous avons l’impression que rien ne change… Mais la grâce de Dieu agit souvent en profondeur, là où nous ne voyons rien ! Saint Jean de la Croix disait : « L’âme qui marche dans la nuit obscure par la foi seule atteint plus sûrement son but que si elle était guidée par la lumière de la raison. »

Frères et sœurs, notre vie ne portera du fruit que si elle est enracinée en Dieu. Comme Pierre, osons lui dire :« Seigneur, sur ta parole, je jette les filets ! ».

Résumé en 3 phrases clés

1️⃣ Sans Dieu, nous nous épuisons en vain ; avec Lui, tout devient fécond, même si nous ne le voyons pas immédiatement.
2️ Dieu ne choisit pas les parfaits, mais Il rend capables ceux qu’Il choisit.
3️
La fécondité spirituelle ne se mesure pas à nos yeux, mais à la grâce agissante de Dieu.

Terminons avec cette prière de Saint Claude La Colombière : « Mon Dieu, je suis si persuadé que tu veilles sur ceux qui espèrent en toi, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend tout de toi, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur toi de toutes mes inquiétudes. »

Seigneur, donne-nous la grâce d’agir toujours avec toi, par toi et pour toi, afin que notre vie soit féconde selon ton dessein ! Amen.

Homélie du Père Clément du Ve dimanche du TO, année C (2024)2025-02-12T10:33:24+01:00
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