À propos de Joseph Bavurha
Curé de l'ensemble paroissial de TournefeuilleDeuxième Scrutin pour les catéchumènes
Homélie du Père Joseph du Ier dimanche de carême, année C
Mes chers frères !
Alors que nous sommes en carême qui nous appelle à faire quelques privations, comme consommer moins d’écran, je vais vous parler de Netflix ! Il y a trois ou quatre ans, sur Netflix, j’ai regardé un film que j’avais beaucoup apprécié. Le titre en Anglais est « The Good liar » (l’Art du mensonge, en Français). Dans ce film, un monsieur âgé, Roy, un peu manipulateur et, séducteur et menteur, séduit Betty, une ancienne prof d’Oxford. La relation a pris naissance via internet, à travers un site de rencontre pour personne âgées ! Comme quoi ! Vous savez, je suis impressionné par le pourcentage élevé des mariages (même célébrés à l’église) qui prennent naissance à travers le site de rencontre. Mais il faut faire très attention parce que beaucoup de menteurs, comme Roy, se cachent derrière un écran !
Pour conquérir très rapidement la confiance de Betty, Roy lui propose de le mettre sur son testament. Ses intentions, ses paroles mielleuses, son mode opératoire sont tellement convaincants, tout ce qu’il dit et fait parait tellement sensé et cohérent. A la fin, cependant, Betty se révèle moins naïve qu’elle paraissait et la situation se renverse. Elle a réussi à démasquer le menteur Roy. Je n’entre pas dans les détails pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui auraient envie d’aller voir ce film, même pendant le carême.
Il semble que les menteurs, manipulateurs et séducteurs suivent tous le même mode opératoire. Il suffit de regarder leur père et Maître, le Diable, dans l’évangile de ce premier dimanche du carême avec les tentations de Jésus dans le désert. Le Diable, à travers trois propositions cohérentes et sensées, cherche à faire tomber le Seigneur, mais il n’y arrive pas malgré sa ruse. Il fait de même avec nous au quotidien, quand, par sa ruse, il cherche à nous couper de nous-même, des autres et de Dieu. Ce sont là les trois dimensions du péché contre lequel nous sommes appelés à lutter plus particulièrement pendant de carême qui est un combat spirituel.
Tentation contre nous-même : « Pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » La première tentation nous explose devant nos besoins primaires les plus élémentaires. Nous avons naturellement besoin de manger, de boire, de dormir. Quand nous ressentons ces différents besoins à travers notre corps et nos sens, cela parait tellement irrésistible ! C’est ce que le Diable veut nous fait croire. Les publicitaires nous attrapent par nos sens : la musique, des odeurs, un visuel pour attirer notre attention.
Jésus nous rappelle que nous pouvons résister, voire, vaincre ce combat qui voudrait nous limiter à notre seule dimension corporelle. Nous pouvons résister aux tentations du corps (ce qu’on appelle en théologie « les péchés de la chair » à travers le « jeûne et abstinence » qui nous ouvrent à notre dimension spirituelle, aux besoins de l’âme : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain.». Nous valons plus que notre corps, même si nous ne devons pas mépriser l’importance de notre corps qui est l’épiphanie de notre être profond. Le mépris du corps, comme l’idolâtrie du corps sont deux déviations anthropologiques. Pendant ce carême, éveillons-nous à cette dimension spirituelle que la société nous pousse facilement à négliger. Sans oublier le corps, prenons soin de notre âme à travers les différents aliments et moyens que nous donne Jésus dans l’Ecriture et à travers les différentes traditions spirituelles de l’Eglise.
Tentation contre les autres : « Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Cette tentation est le pouvoir de dominer, soumettre, commander et manipuler les autres. En politique, en famille, dans les relations professionnelles, amicales, et même au sein de l’Eglise, le pouvoir risque de nous pervertir. Les abus, les rivalités…dans l’Eglise, dans le couple, entre frères et sœurs de la même famille, entre collègues de travail, les harcèlements dans tous les domaines… sont éléments révélateurs de la tentation du pouvoir.
On pourrait s’interroger comment nous cherchons à nous imposer aux autres. La racine de tout cela est notre orgueil. Pour en guérir, contemplons le Christ s’est anéanti et s’est abaissé jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Phil 2, 6-8). Au bout du carême, nous le verrons laver les pieds de ses disciples, porter sa croix, accepter les humiliations, lui qui est doux et humble de cœur ! Efforçons-nous de lutter contre notre propre orgueil ce temps de carême. Demandons la grâce de l’humilité, acceptons même ces petites humiliations qui nous blessent parce qu’elles révèlent notre orgueil.
Tentation contre Dieu : « Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
La troisième tentation est cette vanité qui nous pousse à éprouver Dieu, le rendant responsable de nos malheurs et des conséquences de nos péchés ! Nous nous dédouanons ainsi de toute responsabilité. Ici encore, le Diable cite les Ecritures, de manière sournoise : « Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure : il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres ; tu marcheras sur la vipère et le scorpion, tu écraseras le lion et le Dragon. » (Ps 90, 8-13).
Nous procédons parfois de la même manière : au lieu d’assumer nos actes, nous accusons Dieu. Se jeter du haut du temple est un comportement à risque, comme conduire alcoolisé ou sous l’effet de stupéfiants. Les conséquences sont logiques, désastreuses et dramatiques. Je me rappelle une rencontre avec une dame dont j’enterrai le fils mort dans un accident de circulation et qui avait donné la mort à trois autres personnes. Elle me disait : « chaque fois que mon fils sortait, je m’attendait à la visite de la police venant m’annoncer un malheur, tellement il avait des comportement à risque. Ne mettons pas Dieu à l’épreuve par nos comportements à risque s’il vous plaît. ! Les guerres, beaucoup de malheurs, la famine… ce n’est pas la faute de Dieu qui ne fait rien, qui reste passif,… mais sont le fait de notre responsabilité, nous qui refusons de partager, qui cultivons la rancœur, cupidité, rivalités, convoitises et nos jalousies !
En ce temps de carême, contemplons Jésus qui a été tenté comme nous, mais qui nous montre que nous pouvons aussi vaincre ce combat contre le mal, car nous ne sommes jamais seuls. Depuis notre baptême, dans les sacrements, nous avons le Saint Esprit qui nous est donné pour lutter contre le mal et le péché. Que ce temps de conversion nous permettre de mener fermement ce combat contre le Malin pour grandir dans l’Amour envers nous-même, envers nos frères et sœurs, et envers Dieu. Père, ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du malin. Amen.
Lancement du groupe de prières des Pères !
Il existe bien un groupe de prières des Mères ! Et si les pères se réunissaient aussi, une fois par mois pour prier ensemble ! C’est la proposition qui est faite sur l’ensemble paroissial. Comme il en existe dans d’autres paroisses du diocèse, ce groupe a comme objectif de rassembler les pères, c’est-à-dire, tous les hommes qui le désirent pour un temps de prière, « entre hommes ». Il ne s’agit pas de machisme, comme certains risquent de l’interpréter ! Mais là, il s’agirait de la mauvaise foi !
J’espère que nous serons nombreux à nous rassembler pour nous mettre à genoux devant le Seigneur pour un temps d’adoration, de partage de la Parole de Dieu, de courts enseignements sur une question doctrinale donnée et les complies. Nous prierons pour nos familles, notre communauté paroissiale, le pays, monde et l’Eglise universelle…..
Après la prière (une heure maximum), nous nous arrêterons pour un temps convivial autour d’une bière, d’une pizza… au presbytère de Tournefeuille ou alors dans la salle saint Pierre.
Le temps de carême est un temps favorable pour lancer ce groupe de prière des pères. La première soirée sera le 19 mars en la fête de saint Joseph, le saint patron et le modèle à 20h30 à l’église de Tournefeuille.
Les dates suivantes sont le 30 avril, le 28 mai et 25 juin.
J’invite toute la communauté paroissiale à prier pour le lancement de ce groupe.
Edito : Contempler le Christ Crucifié !
Depuis le mercredi des cendres, nous avons commencé le chemin qui nous conduit vers Pâques. Pendant ce temps, nous contemplons le Christ Crucifié, « scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. » (1Co1, 23-24). Il est le Serviteur souffrant dont nous parle le prophète Isaïe. En cette période de carême, je vous invite fortement à méditer de temps en temps et contempler la figure du Serviteur souffrant dans le chapitre 53 du livre d’Isaïe.
Depuis quelques semaines, j’ai beaucoup de peine devant les souffrances et épreuves que notre monde traverse et dont les effets sont ressentis par chacun de nous. La guerre, les massacres, la terreur, le ton qui monte entre les dirigeants du monde et les hommes politiques, les alliés d’hier qui se trahissent, les ambitions expansionnistes de certains qui veulent annexer les autres en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique, l’incapacité de l’UE à parler d’une seule voix, la situation politique très fragile de la France et de beaucoup de pays.… Parfois, j’évite de suivre l’actualité pour ne pas écouter la litanie des malheurs et dangers que court le monde. L’être humain est-il destiné à être victime de sa propre agressivité ? L’hypocrisie, le cynisme, le mensonge, la soif de l’argent et du pouvoir, les trahisons, la manipulation médiatique, la diffusion des fakenews… Bref, que des anti-valeurs qui semblent prendre le dessus et commander en maître ! Tout cela génère la souffrance et la mort ! Beaucoup de souffrance et des morts comme nous pouvons le vivre et le contempler personnellement et autour de nous. Nous semblons tellement impuissants devant le Mal qui se déchaine et qui semble victorieux.
N’est-ce pas cela que nous contemplons en levant nos yeux vers le Christ Crucifié ? Sur la croix, il semble tellement impuissant devant le mal et la souffrance qu’il accepte de subir. Mais ce qui fait la différence, c’est l’Amour qu’il déploie et qu’il nous révèle quand il embrasse librement la passion et la mort sur la croix.
Alors, il nous faut lever les yeux vers Lui pour que son regard croise le nôtre. Pendant qu’il se révèle vaincu et impuissant aux yeux du monde, c’est alors qu’il manifeste la sagesse et puissance de son Amour. Par sa souffrance et sa mort en croix, Jésus crucifié a vaincu le Mal et la mort et il est devenu la source et la cause de notre Espérance, cette espérance que saint Paul nous rappelle qu’elle ne déçoit jamais. Ceci est d’autant plus important que nous vivons ce carême au cours d’une année que l’Eglise nous invite à vivre en pèlerins d’Espérance.
Levons donc les yeux vers le Christ Crucifié, notre Unique Sauveur. C’est en lui que nous devons tourner résolument notre cœur et mettre toute contre confiance. Par sa Passion et sa mort, le Christ manifeste sa fidélité indéfectible. Au cœur de nos épreuves, puissions-nous nous unir, pendant ce temps de carême, à la Passion et la Mort du Christ crucifié ! Demandons la grâce d’avoir les attitudes et sentiments que nourrissait le Christ dans son cœur alors qu’il souffrait et mourrait par amour pour nous sur la croix. C’est seulement en contemplant le Christ Crucifié et en nous unissant spirituellement à Lui dans sa passion et sa mort que nous pourrons triompher du Mal et de la Mort avec Lui au matin de Pâques. Bon et saint temps de Carême.
Homélie du Père Joseph du VIIIe dimanche du TO, année C (2024)
Mes chers frères et sœurs
Je suis maître de moi-même, suis libre, décide de ma vie et je fais ce que je veux. Ne me cassez pas les pieds parce que je suis ainsi fait et je compte rester ainsi ! Ce n’est pas maintenant que vous allez vouloir me changer. Okay, je ne suis pas parfait, mais il y a des gens pires que moi ! Tous ces délinquants, meurtriers, corrompus, criminels…. De grâce, n’exagérons pas !
Nous avons entendu cela, ou c’est nous qui avons tenu de tels propos. Se remettre en cause est devenu un exercice très difficile aujourd’hui. Jésus insiste. Après les bienheureuses provocations il y a 15 jours, avec les béatitudes et l’enseignement radical du dimanche dernier, aujourd’hui encore, Jésus en rajoute une couche et insiste ! Nous suivons plus ou moins des guides, des règles intériorisées depuis l’enfance, des habitudes, le bon sens. Aujourd’hui, nous suivons les opinions, les dictats du politique qui a le vent en poupe, du guru, de la star du show-biz à la une. Combien ne jurent que par Cyril Hanouna, Donald Trump, Bardella….! Non, Mélenchon a dit, et du coup, sa parole a plus de poids que l’évangile…. Une pléthore des maîtres à penser qui nous manipulent, même si nous avons du mal à l’admettre.
Jésus nous invite à bien choisir nos guides, ceux qui ne nous conduiront pas droit dans un précipice. Il se propose d’ailleurs comme le seul et unique Maître qui sait nous conduire à la plénitude de nous-mêmes. Oui, faisons confiance à Jésus notre Maître et suivons-le résolument.
Cependant, sur notre chemin, il y a un problème ! Ce n’est pas Jésus le problème. C’est nous, mais le problème quand nous prétendons devenir les maitres et les guides pour les autres. Quand nous nous sentons meilleurs que les autres, ou au moins pas pires qu’eux. Quand, comme nouveaux justiciers, nous voyons le mal derrière chaque parole et chaque action posées par les autres. Alors, tout dégénère dans la médisance, la critique facile. Ça arrive même dans l’Eglise.
Non, Jésus ne parle pas des pharisiens qui se prenaient pour les premiers de la classe, ni des scribes qui, ayant étudié, étaient devenus de donneurs de leçons, ni des saducéens, conservateurs et traditionnalistes qui refusaient toute nouveauté. L’évangéliste saint Luc s’adresse sa communauté ecclésiale, parce que ces attitudes se trouvent bien dans chaque disciple. Ne nous voilons pas la face, ne soyons ni naïf ni hypocrites ! Il suffit que nous ayons fait un petit parcours, que nous ayons un petit charisme au sein de la communauté, investis d’un ministère, et voilà que nous nous comportons comme de petits-maîtres à penser, des juges des autres, oubliant les poutres dans nos propres yeux qui nous empêchent d’y voir clair. Nous nous substituons au seul Maître qu’est le Christ, confondant nos idées avec sa Parole, pensant posséder la Vérité alors que c’est Jésus qui est la Vérité. On pourrait éviter beaucoup de médisance, de calomnies, de méchancetés si nous avions conscience des pailles, troncs d’arbres, poutres que nous portons en nous. Nous sommes tellement enclins à montrer même le plus petit défaut des autres alors que nous ne sommes pas meilleurs qu’eux. Critiquer les autres en relevant leurs défauts ne nous rend pas meilleurs que ceux que nous critiquons !
Par exemple, des gens demandent que l’Eglise se réforme, que les structures se convertissent…Le pape François, (malade actuellement) dont personne ne peut mettre en doute la volonté de réformer l’Eglise entière, en appelle chaque jour à une conversion pastorale. Mais il nous rappelle que pour réformer l’Eglise, nous devons vivre une conversion personnelle !!! Si chacun de nous se convertit chaque jour, c’est toute la communauté qui va bouger en devenant meilleure en vivant l’Evangile. Le paradoxe, c’est que nous attendons toujours que ce soit les autres à se convertir en premier.
Tous, nous avons des défauts et vices que nous trainons comme des boulets, et Dieu sait combien nous avons du mal à nous en débarrasser. Jésus nous invite à ne pas désespérer de nous-mêmes ni des autres parce qu’il nous donne toujours la possibilité de nous convertir et de recommencer. Pensez à la femme adultère trainée à terre et que tout le monde voulait lapider. Il a suffi d’une question de Jésus appelant les bourreaux à regarder chacun sa propre vie en face pour que cette femme soit sauvée, les accusateurs quittant le lieu un à un : « Que celui parmi vous qui n’a jamais péché soit le premier à lui jeter la pierre ! »
Alors, devons-nous nous résigner, nous taire ? Pour ne pas courir le risque de mal juger, devons-nous éviter tout jugement, permettant ainsi aux ténèbres de brouiller toute chose ? Certes non ! Jésus lui-même nous donne un critère : jugeons à partir des fruits que produit l’arbre, en assumant le même regard bienveillant de Dieu. Si notre cœur est bon, comme Dieu l’a créé, nous aurons des paroles qui construisent, des actions qui encouragent, des gestes qui donnent espérance.
Ben Sirac le Sage dans la première lecture nous rappelle que la bouche parle de l’abondance du cœur. Nos paroles révèlent nos sentiments « C’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre ; ainsi la parole fait connaître les sentiments. Ne fais pas l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé, c’est alors qu’on pourra le juger ». Si nos pensées sont sombres, négatives, cela se traduit dans nos propos.
Avant l’entrée en carême, Jésus nous secoue, et c’est bien qu’il en soit ainsi. Il ne nous caresse pas dans le sens du poil, mais nous rappelle que nous avons encore un long chemin à parcours, du travail de conversion à opérer sur nous-même. Seulement si nous accueillons sa grâce que nous pouvons accueillir nos propres fragilités, accepter celles des autres, et par la suite, nous convertir et aider aussi à devenir meilleurs. Seigneur Jésus, sois notre seul Guide et Maître et guéris-nous de nos aveuglements. Amen
Homélie du Père Joseph du VIIe dimanche du TO, année C (2024)
Mes chers frères et sœurs !
Notre monde va mal ! Honnêtement, ceux qui ont la mauvaise habitude de suivre les infos, comme moi qui j’écoute RFI à 5h00 du matin, ceux écoutent les infos en se levant, dans la douche, au petit déjeuner, allant au boulot…, bref, ceux qui suivent l’actualité à la radio, à la télé voient bien que nous avons de plus en plus peur, que la situation du monde se dégrade. Certains qui disent qu’ils n’écoutent plus la radio et n’allument plus la télé pour ne pas déprimer et garder le moral.
La guerre, les massacres, le ton qui monte entre les dirigeants du monde, les alliés d’hier se trahissent, les ambitions expansionnistes des grands de la terre, l’incapacité du Vieux continent à parler d’une seule voix, la crise politique dans notre pays… Je préfère parfois écouter la musique en voiture plutôt que France Infos avec ses litanies des malheurs et dangers que coure le monde. L’être humain, est-il destiné à être victime de sa propre agressivité ? On a fini par jeter le masque, en se libérant de l’hypocrisie, du politiquement correct, en avançant à visage découvert, le langage direct, cru et clair, sans tournures…. Comme chrétien et pasteur, je me demande vraiment si c’est ainsi que finira notre monde : la victoire du plus fort, du plus agressif, du plus violent, comme on le voit chaque jour ! Faut-il l’accepter ? Ou alors, résister pour changer les choses ?
Alors, une voix nous rejoint de loin ou du fond de nous-même ! C’est la voix de Jésus qui nous demande d’écouter ce qu’il a à nous dire : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez ». Comme lors les béatitudes que nous avons encore du mal à comprendre, et à digérer, depuis dimanche dernier, Jésus nous bouscule de nouveau par ce qu’il nous dit. Nous avons eu du mal à avaler ses paroles, quand Jésus nous disait : « Heureux, vous les pauvres. Heureux, vous qui avez faim maintenant. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et vous méprisent à cause de moi ». Comme c’était déjà difficile pour nous.
Aujourd’hui, Jésus en rajoutes une couche, comme si cela n’avait pas suffi : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient…. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants »
Trop compliqué, trop dur ! Mais cela est au cœur de la notre foi. La vie chrétienne n’est pas une foire du bon sens, l’exaltation du banal, de l’évident. Le chrétien n’est pas brave insouciant et hors de son temps. Nous vivons dans un monde grave, dur, parfois odieux, violent, hypocrite mais c’est exactement-là que Jésus nous envoie de faire la différence. Il insiste : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient »
C’est seulement ainsi qu’on mettra fin à la spirale de la violence et de la haine. Lorsque quelqu’un me fait du mal, il s’attend naturellement à ma vengeance, au coup pour coup. L’humain fonction comme ça depuis la nuit des temps. L’humain est méchant et agressif. Un philosophe dit que les hommes sont des êtres de rivalité. Mais si finalement nous choisissions d’écrire une histoire différente ? J’avais un jour lu cet évangile à des ados catholiques et jeunes juifs réunis au lycée professionnel Ort quand j’étais vicaire à Colomiers. Un jeune Juif disait : « Monsieur, qui a dit ça ? C’est génial ! Mais, si on pratiquait ce qu’il dit, il n’y aurait plus de guerre ! »
Vivre et faire comme Jésus nous le demande est une attitude que nous devons prendre de manière conscience. Il ne s’agit pas de naïveté. Il faut une force d’en haut pour rester doux et docile devant la violence, la haine, le mépris dont nous sommes victimes. Être doux ne signifie pas que nous sommes bêtes. Un prêtre me disait un jour : tu n’es pas responsable de la violence qui t’est infligé, mais tu es responsable de ce que tu fais et comment tu réagis face à cette violence. C’est toi qui choisis de ne pas réagir à la gifle qui t’est infligée. Au cours de son procès, au gardien du temple qui le gifle, Jésus demande la raison de son action : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal ? Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn 18, 22-23).
Il t’appartient de choisir des gestes de confiance, des gestes non-violents qui déstabilisent ensuite ton agresseur. Il t’appartient de choisir d’agir différemment de celui qui fait le mal en face de toi et contre toi, et ne pas te venger. C’est ce que nous apprend la première lecture. David est un fugitif qui essaye d’échapper à la mort que lui veut le roi Saül. Il trouve une occasion en or pour assassiner Saül mais il refuse de commettre un meurtre. Dans la deuxième lecture, saint Paul nous rappelle que le Christ est le Nouvel Adam, celui qui choisit de donner la vie en offrant sa propre vie. Il choisit de faire exister au lieu d’exister, de faire vivre au lieu de vivre. C’est un choix paradoxal, à contre-courant….
Ce sont des choses contre-nature, inhumaines ! Non, ne suis pas capable de vivre ce que Jésus me demande dans l’évangile d’aujourd’hui. J’ai du mal à saluer les gens qui me sont antipathiques et aimer naturellement mes ennemis ! Et même quand je fais des efforts, cela se voit sur mon visage et dans mes gestes, parce que pas naturel et spontané. C’est cela ma nature.
Jésus nous appelle cependant à accueillir son commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! ». C’est seulement l’amour du Christ qui nous rend capables d’aimer. En me remplissant de son amour, ce dernier débordant, se déverse sur ceux qui m’entourent. N’attend pas que les autres changent. C’est à moi, c’est toi, c’est à nous, ici et maintenant, de prendre la décision de changer les choses, de construire un monde nouveau, celui qui vit de la logique de l’évangile et non plus de la logique humaine, celle de la force, de la vengeance, de la rancœur, du coup pour coup. « Père, Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », intercède Jésus crucifié pour ses bourreaux. Seul l’amour débordant du Christ nous rendra capable d’agir et de réagir comme lui.
« Soyez miséricordieux, soyez parfaits, comme votre Père Céleste ! » nous dit Jésus ! La perfection est de Dieu. Toi et moi, nous ne sommes ni parfaits, ni miséricordieux, mais Dieu veut nous donner cette grâce si nous demeurons en lui, comme le sarment sur la vigne. Alors, malgré nos rancœurs, nos jalousies, notre agressivité, notre désir de vengeance…., laissons Jésus nous toucher, nous façonner de nouveau à son image, transfigurer nos cœurs pour que nous soyons capable d’aimer comme lui. Amen
Homélie du Père Joseph du VIe dimanche du TO, année C (2024)
Mes chers frères et sœurs !
Dans la vie, et surtout lorsque nous nous sentons ou sommes écrasés à terre, il nous faut lever les yeux. Plusieurs fois les évangiles nous présentent Jésus qui lève les yeux comme aujourd’hui. Lever les yeux pour regarder au-delà de l’horizon qui se présente sous notre nez. En cette période tellement trouble, angoissante et incertaine, c’est cela qu’il faut faire ! Lever les yeux au ciel, vers le Seigneur, le supplier, lui redire que c’est lui notre seule Espérance. Levons les yeux pour ne pas laisser la peur manger et rétrécir notre le cœur. Peur de la guerre, des massacres et des viols, des crises géopolitiques où alliés d’hier deviennent ennemis aujourd’hui, où la loi du plus fort devient la règle, le monde devenant une jungle où chacun fait ce qu’il veut, commettre des crimes, occuper ou annexer le pays voisin, piller, massacrer, aux de tous, tétanisés, impuissants ou indifférents.…. Peur du présent incertain, peur du futur, peur de ne pas y arriver. Levons les yeux pour voir, au-delà de la mer et de l’océan qui semble nous engloutir, le regard de Dieu qui nous rassure et ses bras tendus pour nous sauver, ouvrir les oreilles pour entendre la Parole de ce Dieu qui nous appelle au bonheur en nous indiquant un chemin, une route, un parcours…
Prenons place au milieu de cette foule rassemblée autour de Jésus. Ces gens sont venus de très loin et attendent une Parole vraie, une parole qui indique les attitudes qui rendent heureux. De paroles pas comme celles des marchands de fumée qui éteignent en nous tout rêve et toute perspective d’avenir. Jésus lève les yeux et voit toute cette foule composée des gens simples et confiants. Il n’y a pas beaucoup d’intellos parmi eux et le peu d’intellos qui sont parmi eux ont compris qu’avec la raison, il faut aussi élargir et nourrir le cœur et l’âme. Et lorsque qu’elle arrive enfin, nous nous rendons compte que cette parole de Jésus n’est pas celle que nous aurions aimé écouter : « Heureux-vous les pauvres ! Heureux vous qui avez faim, dans les larmes, persécutés ! » Mais quand même ! S’il te plait ! Jésus, n’exagère pas !
Je ne comprends pas. Non, je ne veux pas être pauvre, moins encore affamé, pleurer ou persécutés ! J’en ai assez de tout cela ! J’en ai trop vu, trop souffert. Cette page de l’évangile, lu littéralement peut confirmer le préjugé de certains les chrétiens doloristes, ceux qui aiment la souffrance, qui passent les journées et les nuits à tourner et retourner la croix dans tous les sens, en larmes, mais qui évitent surtout de regarder Celui qui est sur la croix par amour. Notre Dieu n’exalte pas le malheur ni la souffrance ! Beaucoup l’ont malheureusement pensé en lisant cette page d’évangile. Beaucoup, et combien cela m’attriste, ont exalté la douleur et la souffrance, en pensant ainsi faire plaisir à Jésus. Combien de chrétiens pensent sérieusement que Dieu éprouve ses enfants en leur envoyant des malheurs, des maladies et des deuils. Mais quel est ce père qui ferait une chose pareille ? Cette conception est complétement à côté de la plaque.
Nous ne sommes pas bienheureux parce que pauvres, affamés, en pleurs ou persécutés. Nous sommes bienheureux parce que nous sommes convaincus que Dieu s’occupe de nous, si nous sommes pauvres, affamés, en larmes ou persécutés. Parce que Dieu met le pauvre au centre de son cœur, rassasie l’affamé et console et réconfort de celui qui pleure. Comme les parents qui dédient plus de temps et d’attention à leur enfant malade ou fragile, de même, Dieu pose sur nous un regard selon nos besoins. C’est le sens des béatitudes.
Je suis actuellement attristé par cette hémorragie que nous vivons actuellement, jour après jour, très en colère à cause de tous ces malheurs que j’ai énumérés au début, à cause du cynisme, l’hypocrisie de la géopolitique, de la communauté internationale, cette globalisation de l’indifférence devant le malheur des autres que dénonce le pape François ! Non, je n’ai pas de solution ! Ce conflit est compliqué ! Ca fait longtemps que ca dure !! C’est tellement simple de le dire pour se dédouaner.
C’est sûr que je n’ai pas de solutions faciles, mais je ne veux pas fermer les yeux devant les malheurs des autres. Il me faut lire la réalité en imitant le regard de Dieu. Jésus insiste ! Contrairement aux béatitudes dans l’évangile selon saint Matthieu, saint Luc rapporte quatre malheurs. Jésus ne fait aucune menace : il reproche et nous met en garde. Si la richesse devient notre seul horizon et remplit notre cœur, alors il n’y aura plus de la place pour Dieu. Si ce qui compte dans ta vie est l’avidité, la convoitise, posséder, apparaître, compter…, tu finiras par découvrir à tes dépens que la gloire ne nourrit pas ton âme. Si ta vie est superficielle et approximative, tu ne découvriras jamais quel trésor précieux Dieu a caché dans ton cœur. Si ce qui compte pour toi est seulement ce que disent les gens, tu finiras par t’enfermer dans le narcissisme et la culture de l’image que tu renvoies aux autres.
Parce que le Dieu de Jésus est doux, humble, pacifique et miséricordieux, il paie de sa personne et sait pleurer ! Ceux qui lui ressemblent en font l’expérience. Ne cherchons pas la pauvreté, les larmes ou la misère, mais mettons notre confiance en Dieu. Alors nous ferons l’expérience du bonheur véritable qui dépasse les émotions et les plaisirs passagers. Moi qui suis pauvre et voudrais devenir riche, qui ai faim et voudrais tellement ne plus me préoccuper du lendemain, qui souffre, pleure, et voudrais avoir une vie légère, qui suis accusé et catalogué d’être un simple d’esprit et je suis tenté de suivre la mode générale…. Alors, l’évangile de ce dimanche scrute et transperce mon cœur et me rappelle le sens du vrai bonheur. Seul Dieu est source du vrai bonheur. Jésus nous dit que si nous demeurons en lui nous serons dans la joie et notre joie sera parfaite et personne ne pourra nous la ravir.
Comme dit le prophète Jérémie, incompris et persécuté à Jérusalem, l’unique possibilité du salut, du vrai bonheur est de lever les yeux vers le Seigneur et de ne pas mettre toute notre confiance dans un être humain. Heureux êtes-vous qui ne baissez pas les bras, qui ne vous découragez pas parce que cela est le style de Dieu. Ne perdons pas la foi, gardons la lumière de l’espérance allumée, levons les yeux vers le Seigneur malgré tout, parce que nous nous savons infiniment aimés de lui malgré les vicissitudes de la vie.
Homélie du Père Joseph du Ve dimanche du TO, année C (2024)
Mes chers frères et sœurs !
Quelle que soit notre situation, Jésus nous demande de ne jamais désespérer de lui, ni de nous-même, car avec Jésus, il y a toujours des possibilités nouvelles. Voyez l’apôtre Paul ! Pour les premiers chrétiens à Jérusalem, saint Paul était d’abord un vrai criminel, un idéologue pharisien dont la mission était de persécuter et mettre à mort tous ceux qui se déclaraient disciples de Jésus. Il faisait peur et aucun chrétien ne souhaiter croiser son chemin. Pourtant, Jésus lui est apparu sur la route de Damas et Saul est devenu Paul apôtre, le témoin, le missionnaire et le plus grand défenseur de la cause qu’il combattait. Comme il le dit lui-même, tout cela par grâce ! « Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi ».
La grâce du Seigneur peut nous toucher à tout moment pour nous guérir de toute forme de mal et de mort. C’est cela que pour demandons en ce dimanche de la santé, en particulier pour les malades qui sont parmi nous ou que nous sommes, et plus particulièrement ceux qui vont recevoir l’onction. Ne désespérons jamais car la grâce du Seigneur nous accompagne.
Ne vivons pas comme ceux qui sont sans espérance, car l’espérance ne déçoit jamais ! Jésus voit quand nous sommes fatigués, comme Simon Pierre et ses compagnons, après toute une nuit de travail infructueux, mais qui doivent de nouveaux se lever, repartir en mer pour pêcher, sur ordre d’un charpentier qui ne sait rien à la pêche…. Mais ce charpentier, c’est le Maître, le Fils de Dieu qui nous demande aussi aujourd’hui de lui faire confiance, de faire ce qu’il nous commande parce qu’il veut nous toucher par la grâce des sacrements à travers lesquels il donne et entretient la vie divine en nous.
La foule se pressait pour écouter Jésus ! Elle était assoiffée des Paroles du Christ, paroles qui construisent, illuminent, guident, secouent parfois mais qui encouragent. Ces paroles sont différentes des celles des rabbins, des guérisseurs, des scribes, des paroles sévères des pharisiens. Aucune de leurs paroles n’a pu étancher la soif profonde de cette foule. La Parole du Christ caresse nos âmes par sa tendresse et rallume en nous la confiance ! Elle nous provoque et nous blesse parfois, mais toujours dans le but de nous guérir.
Quand quelqu’un réussit à toucher notre cœur, tout en nous fleurit de nouveau. La vie devient de nouveau possible ! Je ne parle pas des paroles des tribuns, des manipulateurs des foules, des guérisseurs et magnétiseurs qui touchent notre cœur, parfois avec un effet bénéfique sur le moment mais dont l’effet est destructeur sur le long terme, nous conduisant progressivement entre dans les filets du Malin. Lorsque l’on est malade, c’est facile d’être tenté d’aller voir ces magnétiseurs, guérisseurs, cartomanciens… ! J’en connais qui sont allés ou qui vont se noyer dans ces pratiques parce que désespérés par une maladie, une épreuve, ignorant que cela nous coupe de Dieu est le seul capable de nous guérir. Ne laissons pas le désespoir nous couper de Dieu, mais approchons-nous de lui, comme cette foule de l’évangile qui se laisse toucher par ses paroles et ses enseignements du Christ au bord du lac de Génésareth.
Nous sommes parfois découragés, au fond du trou, à cause de la maladie comme Pierre et ses compagnons. Même là, Jésus nous regarde. Il a bien vu la fatigue et la déception bien visibles sur le visage de Simon Pierre et ses compagnons. Jésus voit quand nous sommes fatigués ou que nous n’en pouvons plus. Pendant qu’il parle à la foule, Jésus voit aussi ce groupe de pêcheurs, les mines défaits, les paniers vides, qui essayent de réparer les filets… et qui probablement critiquaient cette foule qui n’avait rien d’autre à faire et qui perdait son temps à écouter un charpentier devenu prédicateur. Quand on est fatigué et en colère, on a aussi la critique facile, et on s’en prend facilement aux autres. Pensez à la maladie qui vous rend irritables et vous met facilement en colère, contre l’infirmier, l’infirmière, l’accompagnant, les proches qui sont là, essayant de vous rendre service du mieux qu’ils peuvent.
Alors, Jésus remarque la délusion de Pierre et ses compagnons. Il décide de les impliquer en leur demandant une barque ! « Quel culot ! Ça ne se voit pas que nous sommes déprimés, fatigués et que nous ne voulons pas être déranger ! Il veut en plus utiliser notre barque, » murmuraient Simon Pierre et ses compagnons ! Oui, Jésus nous dérange, nous bouscule parfois même lorsque nous sommes fatigués ou déprimés par la maladie, alors que nous avons besoin d’une seule chose : être tranquille ! Jésus nous dérange et nous rejoint dans nos vies parfois lorsque nos paniers sont vides, au petit matin, déjà fatigués de nos nuits de douleurs et d’insomnies, lorsque nous n’avons plus d’énergie au lever alors que nous avons encore une longue journée qui nous semble déjà une éternité de douleur. Mais il le fait toujours dans le but de nous toucher par sa grâce !
Jésus veut monter dans ma barque vide ! Il entre dans ma vie remplie d’échecs, de jugements négatifs, de péché, de déception et d’amertume, cette vie que la société me rappelle qu’elle n’est plus digne à cause de l’âge ou de la maladie. Même là, Jésus vient nous demander notre barque pour faire renaitre de nouveau la confiance en nous. Alors, comme Pierre, dans ce moment-là, Jésus nous demande ensuite d’aller au large ! Duc in altum ! Allez au fond des choses ! Donnez du sens même à une maladie, regarder les grâces qui peuvent naître même dans des épreuves qui nous permettent de nous rendre compte de la force intérieure qui est en nous, de tout le potentiel présent dans notre vie mais qui risquait de rester caché et endormi. Aller au large, au fond des choses, ne pas s’arrêter à la superficie…. J’ai encore en mémoire les paroles de cette mamie qui souffrait d’un cancer et qui avait osé me dire que sa maladie était une grâce parce qu’elle lui avait permis de se réconcilier avec ses filles avec lesquelles elle s’était brouillée depuis quelques années à causes des questions matérielles….
Alors, comme Pierre, même fatigués, osons le saut de la confiance en Jésus ! « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et là, stupeur et stupéfaction ! La pêche est miraculeuse ! La barque s’enfonce devant cette pêche inattendue et surabondante ! Il nous faut de l’aide. Simon Pierre est pris de stupeur. Il pleure comme une madeleine. Jésus lui a demandé une barque vide, mais il la lui rend remplie de poissons. Le cœur de Simon Pierre est rempli ! Jésus nous demande de lui donner notre vie vide, découragée, malade et fatiguée pour nous la redonner remplie d’amour et de grâce, si nous osons le saut de la confiance et de l’obéissance. Si nos vies sont déjà remplies de tout un tas de choses, de nos gloires, nos désirs, encombrées par toute sorte d’affaires, il n’y a plus de vide que Jésus puisse remplir. Faisons le vide en nous pour que le Seigneur nous remplisse le cœur ! C’est cela que nous demandons, en ce dimanche de la santé, pour nous-même, et surtout pour tous les malades, et plus particulièrement ceux qui, ce weekend, reçoivent l’onction de malades dans nos paroisses.
Ensuite, lorsque nous avons été touchés par la grâce, comme Simon Pierre, osons témoigner ! « Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent ». Jésus nous appelle aujourd’hui à le suivre, à devenir ses témoins pour raconter les merveilles qu’il accomplit dans notre vie. Dans ce monde où tant des gens sont découragés, fatigués et perdus, nous avons besoin de témoins qui osent dire que Jésus est présent et agissant dans nos vies qui semblent vides et fatiguées. La confiance et l’obéissance ouvrent devant nous de nouvelles possibilités si nous nous laissons toucher par la grâce, comme Simon Pierre et ses compagnons, comme Saul le persécuteur devenu Paul l’apôtre. Seigneur, donne-nous, donne aux malades, aux soignants et accompagnants de ne jamais désespérer de toi. Amen.
Un concert Gospel à Castelginest pour soutenir le Kivu (RDC)
Le Kivu est la vaste région à l’est de la RDC, frontalière du Rwanda, du Burundi et de l’Uganda. Région très riche par son sol et son sous-sol, elle suscite la convoitise de certaines puissances étrangères et régionales. Depuis 30 ans, elle souffre et vit dans la guerre avec des rebellions et mouvements armés montés par les pays voisins et dont le but principal est l’exploitation des richesses du Congo. Une situation dramatique, même si les médias n’en parlent pas ! Il faut suivre RFI (Radio France Internationale) et Radio Vatican pour entendre souvent parler de la souffrance et des atrocités que subissent les populations du Kivu.
Pour venir en aide aux populations du Kivu, l’association Tusaidie Kivu ( Aidons le Kivu) organise un concert le samedi 8 février à 20h30 à l’église de Castelginest. Ce concert, donné par l’un des meilleurs groupe Gospel de Toulouse, le Gospel Praise Family, sera intégralement au bénéfice des enfants et des femmes accompagnés par l’association Tusaidie Kivu, dans le domaine de l’éducation, la santé, l’environnement et la promotion socio-économique. Le père Joseph Bavurha, curé de l’EP de Tournefeuille et originaire du Kivu (Bukavu), est le président de cette association.
Nous comptons sur votre présence et votre soutien. Parlez-en autour de vous et invitez vos amis à venir assister à ce très beau concert solidaire! Dans la joie de vous revoir le 8 février ! Belle et sainte année 2025, comme pèlerins d’Espérance !