À propos de Joseph Bavurha

Curé de l'ensemble paroissial de Tournefeuille

Ces adultes ont été baptisés à Pâques !

Ces adultes ont été baptisés à Pâques 2021 !

« Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ, Alléluia ! » Ce chant, le jour de Pâques, rappelait à chacun de nous son propre baptême. Mais pour Béatrice, Luc, Paul-Alexy, Laurent, Gelareh (Angèle de Merici), Ombeline et la petite Charlotte, ces paroles avaient un autre parfum et une signification toute particulière.

En effet, après un long cheminement, ils font partie de la centaine d’adultes qui ont été baptisés dans le diocèse de Toulouse. La communauté de l’ensemble paroissial de Tournefeuille a été très heureuse de cheminer avec eux pendant toute la préparation grâce à une bonne et généreuse équipe d’accompagnateurs du catéchuménat. Aussi, les grandes étapes ont été vécues en communauté, de l’entrée en catéchuménat, en passant par l’Appel décisif, les scrutins à la célébration du baptême qui a eu lieu le dimanche de Pâques 4 avril.

Le cheminement n’est pas terminé !  En réalité, c’est une histoire d’amitié, à la suite du Christ, dans l’Eglise, qui vient de commencer pour ces nouveaux baptisés adultes, que nous pouvons désormais appeler « néophytes ». L’année prochaine, à la Pentecôte 2022, ils recevront le sacrement de confirmation, avec d’autres adultes du diocèse.

Le 23 mai et le 6 juin, 10 adultes qui cheminent au sein de notre communauté paroissiale recevront le sacrement de confirmation, soit à la cathédrale saint Etienne, soit à la basilique sainte Germaine de Pibrac. Nous les portons dans notre prière !

Aussi, réjouissons-nous des 6 catéchumènes adultes qui sont déjà en chemin vers le baptême, pour les fêtes pascales de l’année prochaine. Ces adultes qui demandent le baptême, l’eucharistie (communion) et la confirmation nous rappellent que le saint Esprit est à l’œuvre, et qu’il n’y pas d’âge pour recevoir ces sacrements. A tout âge, nous pouvons ouvrir notre cœur à la grâce de Dieu en recevant les sacrements de l’initiation chrétienne. N’hésitez de prendre contact avec nous si vous n’êtes pas baptisés ou confirmés ! La communauté sera heureuse de vous accueillir et vous accompagner sur ce chemin qui rend véritablement heureux.

Ces adultes ont été baptisés à Pâques !2021-04-11T19:47:48+02:00

Homélie du Père Joseph du II° Dimanche de Pâques, Divine Miséricorde, année B (2021)

Les apparitions du Ressuscité posent la grande question de savoir comment pouvons-nous rencontrer le Ressuscité ! Où et de quelle manière ?  Depuis la Vigile Pascale, nous avons suivi Marie Madeleine et les saintes femmes, nous avons peut-être aussi suivi Simon Pierre et le disciple bien-aimé dans leur course au matin de Pâques, ou alors nous avons marché avec les disciples d’Emmaüs sur leur chemin, avec Jésus sans le reconnaître.

Du matin de Pâques, nous passons au soir dans l’évangile de ce II dimanche de Pâques appelé aussi dimanche de la Divine Miséricorde. Seul l’évangéliste saint Jean nous dit que Jésus apparut au milieu des siens : « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux
. » Imaginez un peu la scène ! Les portes sont fermées et bien verrouillées ! Les disciples remplis de remord et de culpabilité pour avoir abandonné Jésus, sont aussi presque morts de peur parce qu’un mandat d’arrêt avait été lancé contre tout le groupe. Si les portes de la maison sont verrouillées, nous pouvons même dire que leurs cœurs aussi sont verrouillés ! Comme il est beau et merveilleux de se rendre compte que les portes fermées n’arrêtent pas le Seigneur, notre incrédulité, le manque de foi n’arrêtent pas le désir de Dieu de nous rencontrer. Nos fermetures de cœur ne sont pas capables d’arrêter le Ressuscité dans son Amour infini qui est plus fort que nos peurs.

Imaginons donc un peu la scène du soir de Pâques ! Tout est fermé, mais les disciples voient Jésus présent au milieu d’eux ! Par où est-il passé ? Il n’y a pas eu de bruit, pas d’effraction, pas de porte cassée…… L’Abandonné mort en croix, le voilà devant ces lâches enfermés que nous sommes, nous qui ne savons qu’abandonner et trahir. Mettons-nous un peu à la place de Jésus ! Si c’est vous qui aviez été abandonné, trahi par vos amis, abandonné dans la gueule du lion, de la mort, et d’un coup, je ne sais par quel miracle, vous vous sauvez, sain et sauf alors que tout le monde vous savait déjà mort ! Alors, vous revenez et rencontrez vos amis traitres ! Que leur auriez-vous dit ? Un peu d’injures, beaucoup de colère, de rancœur, de menaces, quelques paroles bien dures pour rappeler aux autres leur lâcheté et trahison…

En voyant Jésus, les disciples s’attendaient, avec raison, à de vifs reproches !  Mais Jésus n’est pas comme nous. Il nous surprend ! Pas de rancœur, mais beaucoup de douceur et de miséricorde.  Au lieu de nous accabler, il apporte la paix et donne le saint Esprit : « Il leur dit : « La paix soit avec vous ! ». Les premières paroles du Ressuscité sont un don de la paix pour nos cœurs meurtris de culpabilité et de remord si nous le laissons pénétrer dans nos vies parfois verrouillées à sa présence.

Ensuite, il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » Non seulement il nous donne sa paix, mais il donne aussi l’Esprit saint qui nous rend capable de toujours garder cette paix en nous et de la partager autour de nous. De notre accueil de l’Esprit saint dépendra notre capacité d’aimer. Si nous gardons notre cœur étroit, nous recevons tellement peu du saint Esprit. Mais si nous notre cœur est largement ouvert, alors il sera rempli d’une abondance des dons et des grâces de l’Esprit saint. C’est difficile de croire en la résurrection du Christ, le plus grand mystère, le cœur de la foi chrétienne. Pour cela, nous devons ouvrir, non pas nos cerveaux étroits, nos têtes orgueilleuses et prétentieuses… mais plutôt nos cœurs à la présence du saint Esprit qui nous fait comprendre toute chose et nous fait entrer dans la compréhension de ce grand mystère.

C’est pour cela que le temps pascal dure 50 jours : pour réfléchir, nous convertir et ouvrir notre cœur à la présence du Maître spirituel qu’est le saint Esprit que les disciples reçoivent à la Pentecôte. Pendant ces cinquante jours de cheminement, nous sommes accompagnés par un ami qui s’appelle Thomas.  Quel destin étrange, ce Thomas ! Il a fait la plus belle expression de foi dans les évangiles, mais il est passé dans l’histoire comme étant le maître et la référence des incrédules. L’athée le plus virulent, pour réfuter la foi, vous dira qu’il est comme saint Thomas qui ne croit que ce qu’il voit.

Pourtant, dans l’évangile selon saint Jean, le nom de Thomas est répété 7 fois (le chiffre de la totalité), et pour trois fois, il est appelé « Didyme » ce qui veut dire « Jumeau ». De qui est-il le jumeau ?  Spirituellement, on pourrait dire que Thomas est le jumeau de Jésus. Rappelez-vous qu’au moment d’aller ressusciter Lazare, le frère de Marthe et Marie à Béthanie, tous les disciples avaient peur et ne voulaient pas l’accompagner parce que Béthanie se trouve en Judée où Jésus était déjà recherché pour être mis à mort. : « Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Dans la suite, saint Jean nous dit : « Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

La chose qui caractérise le plus l’apôtre Thomas, c’est son courage et qu’il n’a pas peur.  Nous en avons la preuve ce soir ! Pendant que les autres disciples se cachent à cause de la peur dans une maison aux portes verrouillées, Thomas lui est sorti.  C’est sûr que ce n’est pas un bon exemple pour nous en ce temps de confinement pendant lequel nous devons tous rester chez nous par peur de ce virus… ! Beaucoup ont même peur de sortir pour aller à la messe ! Thomas n’avait pas peur de mourir ! Il avait compris qu’il n’y avait pas besoin de mourir pour Jésus. On ne peut mourir pour Jésus ! C’est lui qui meurt à notre place pour nous sauver de la mort éternelle.  Thomas a surtout compris que nous devons accepter de mourir comme Jésus et avec Jésus. C’est dans ce sens que Thomas est appelé « Didyme », le Jumeau de Jésus, celui qui lui ressemble parce qu’il veut mourir avec lui et comme lui. Mais Thomas est aussi le jumeau de chacun et chacune d’entre-nous. Il est l’un des douze, comme Judas d’ailleurs, prototype du disciple. Au fond, si nous sommes tous un peu des Judas dans nos trahisons, des Simon Pierre dans nos reniements, nous sommes aussi tous un peu des Thomas quand, pour croire, nous ne nous contentons pas d’écouter des témoignages mais voulons faire l’expérience de toucher le Seigneur.

Nous sommes proches de Thomas dans notre foi qui doute parfois, en oubliant cependant que le doute est le lubrifiant de la foi : Rappelez-vous que Marie, lors de l’Annonciation de la naissance de Jésus, exprime, elle aussi des doutes : « Comment cela va-t-il se faire parce que je suis vierge ? » demande-t-elle à l’Ange Gabriel. Voyez aussi que, comme nous, Thomas ne croit pas ses amis. Pourquoi ? Parce que ces 10 disciples qui lui annoncent la résurrection de Jésus n’étaient pas crédibles ! Comment pouvait-il croire à ceux qui avaient fui au pied de la croix, qui avaient laissé le maître seul au moment de l’angoisse ?  Pour Thomas, les autres disciples n’étaient tous que des hypocrites ! Comment pouvait-il croire en Simon Pierre qui avait renié Jésus par trois fois ? C’est l’expérience douloureuse que nous faisons aussi tous quand nous voulons évangéliser, des gens ont du mal à adhérer à notre message.  Et savez-vous pourquoi ? Parce que nous somme peu crédibles.

Pourtant, Thomas n’abandonne pas le groupe. Il reste avec les autres, et il fait bien de rester au sein de la communauté. Huit jours plus tard, le Ressuscité revient seulement pour Thomas. La rencontre avec le Ressuscité se passe au sein de la communauté. Jésus n’est pas allé rendre visite à Thomas dans sa maison, en privé. Le lieu ordinaire de la rencontre avec le Ressuscité est la communauté réunie, une communauté médiocre qui doit composer avec les trahisons et les reniements de ses membres. Il est important de graver dans nos cœurs que l’expérience de la rencontre avec le Ressuscité ne se fait pas au sein d’une communauté idéale et parfaite (qui n’existe nulle part sur terre, sauf au ciel). Jésus te rencontre dans la communauté à laquelle tu appartiens, celle où tu vis, dans laquelle tu chemines, avec ces frères et sœurs qui ne sont pas toujours à la hauteur de tes attentes, qui ont des défauts, qui te blessent parfois et que tu blesses aussi parce que nous sommes tous des pauvres pécheurs. Dans toutes les communautés ecclésiales (même dans les monastères et abbayes !), il y a des problèmes parce que nous ne sommes que des humains, et pas des anges tombés du ciel. L’Eglise est pécheresse, parce qu’elle est faite de vous et moi, mais c’est Jésus Ressuscité vient nous rencontrer pour nous sanctifier tous par son Esprit et les sacrements. C’est seulement dans ce sens que nous pouvons qualifier l’Eglise de sainte !

Jésus n’a pas accordé à Thomas le privilège d’une apparition particulière, mais il s’est présenté à lui « huit jours après », c’est-à-dire, quand la communauté se réunit de nouveau pour la célébration de l’eucharistie. Ça veut dire que même si j’ai du mal à ouvrir la porte de mon cœur, du mal à comprendre, du mal avec le prêtre qui célèbre ou l’assemblée qui m’entoure, Jésus revient quand même, me parle à travers la liturgie de la Parole, il est réellement présent, me demande de le toucher dans la communion à son Corps et à son sang, et me demande, comme à Thomas, de mettre son doigt dans les marques des clous et son côté transpercé. Au lieu de toucher les plaies, Thomas fait la plus belle profession de foi de tous les évangiles : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Je suis ému quand, à la communion, le fidèle reçoit le corps du Christ en disant « Mon Seigneur et mon Dieu » pour professer que dans le pain consacré, c’est vraiment Jésus qui est réellement présent.

Grâce à Thomas, Jésus nous donne une béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » C’est la béatitude de celui qui recommence ou qui patine dans la foi, mais qui est là, dans l’Eglise. Jésus parle ici de nous qui, huit jours après sa résurrection, après deux milles ans, continuons à nous réunir en son nom même si nous ne l’avons pas vu, mais nous le voyons dans l’eucharistie, nous l’aimons sans l’avoir vu, mais croyons en lui présent dans l’eucharistie : « Sans te voir nous croyons, sans te voir nous t’aimons, et nous exultons de joie, sûrs que tu nous sauves ! Nous croyons en toi ».  Prions Dieu de nous libérer d’une foi tellement sûre de soi, vaccinée contre toute forme de doute, une foi qui risque de devenir tellement orgueilleuse, prétentieuse, méprisante envers ceux qui ont plus de mal à croire à cause des épreuves de la vie.

A la fin de son évangile, Jean nous laisse un message important : l’expérience du Ressuscité est personnelle. La foi en Dieu est une expérience, pas une théorie, une doctrine. Il nous faut Le toucher, Le voir, Le rencontrer. Avoir lu beaucoup de choses sur l’amour est une connaissance théorique, mais avoir été amoureux et être aimé, c’est autre chose. C’est l’expérience qui produit la vraie connaissance, parce que l’expérience est la connaissance du cœur. Nos liturgies ne doivent pas nous parler de Dieu, mais doivent nous faire faire l’expérience de Dieu, nous permettre de le rencontrer, le toucher. Les premières communautés chrétiennes nous ont transmis leur expérience de Dieu. Nous sommes appelés à faire la nôtre. Peu importe nos chutes, nos faiblesses, nos trahisons ! Ce qui compte, c’est la présence du Ressuscité au milieu de nous, « mon Seigneur et mon Dieu » qui rencontre chacun de nous, à travers chaque eucharistie célébrée en communauté, en Eglise, avec les autres.
Amen.

Homélie du Père Joseph du II° Dimanche de Pâques, Divine Miséricorde, année B (2021)2021-04-11T19:40:42+02:00

Homélie du Père Joseph du Dimanche de Pâques, année B (2021)

« Ne vous laissez pas voler l’espérance » ! Voilà une phrase que le pape François ne cesse de répéter aux catholiques et aux hommes et femmes de bonne volonté. Certains diront que ce sont « de belles paroles » qui ne collent pas avec la réalité de ce que nous vivons au quotidien ! Depuis plus d’une année, nous ne savons plus où va notre monde : une crise sanitaire dont nous avons du mal à nous débarrasser et qui fait des ravages sur tous les plans ! Presque 100.000 morts en France, des hôpitaux qui saturent, les jeunes déprimés, sans perspective et ne savent plus envisager l’avenir scolaire ou professionnel, des personnes âgées isolées, enfermées chez elles à cause de la peur, des familles, même chez nous, dans cet ouest toulousain qu’on qualifie de « bourgeois » qui n’arrivent plus à nouer les deux bouts du mois. La crise sanitaire a causé une crise professionnelle, financière et économique….Nous avons peur d’attraper ce virus de Covid19, en plus la vaccination qui patine ! Alors, direz-vous, le pape François peut nous inviter à ne pas nous laisser voler notre espérance, mais qu’est-ce qu’il sait de ce que nous vivons ! Ce que vous pouvez qualifier comme étant de « belles paroles » ont pourtant un fondement solide : c’est le mystère que célébrons ce dimanche !

C’est l’espérance de notre foi que nous trouvons dans cette affirmation de saint Paul écrite aux Corinthiens : « Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu » (1 Co12, 11-14). Dans la foi chrétienne, tout tourne autour de la résurrection et la qualité de notre vie dépend de combien et comment nous croyons en elle, de comment elle fonde notre espérance.

Chers amis Ombeline, Luc, Paul-Alexis, Laurent, Gelareh, Béatrice, et la petite Charlotte (qui est baptisée en même temps que sa maman !) attention ! Nous pouvons nous dire chrétien, parce que nous avons reçu le baptême, notre nom inscrit dans un registre à Tournefeuille pendant que nous vivons en ennemi du Ressuscité. Quand on demande aux chrétiens de rendre compte de leur foi, beaucoup répondent souvent spontanément : que nous croyons en un Dieu qui s’occupe de nous, un Dieu qui a tellement aimé le monde au point de donner sa propre vie pour nous, ou encore que nous croyons en un Dieu qui peut tout etc… Des paroles ! Paroles, paroles… là, Dalida avait raison !

La résurrection de Jésus ne nous vient jamais spontanément à l’esprit comme étant l’élément fondateur de notre foi. Malheureusement je vous informe qu’une bonne partie de ceux qui se disent chrétiens, parce que baptisés, ne croient pas en la résurrection ! Deux exemples ! I Un jour, je suis invité par un groupe des paroissiens, d’une paroisse voisine, pour déjeuner un dimanche midi. Très belle ambiance, bon enfant, tout le monde est content, on rigole, on prend l’apéro… Bref un très bon groupe de copains, avec la même sensibilité spirituelle et pastorale

A un certain moment la discussion tourne autour la résurrection. Un monsieur que je connaissais très bien, engagé dans sa paroisse, avoue spontanément qu’il croit plus en la réincarnation mais pas en résurrection ! Imaginez le choc ! J’ai rougi de honte, de colère, d’étonnement ! Oui même les noirs peuvent rougir ! La voisine de droite enchaîne en affirmant qu’elle est d’accord avec ce que venait de dire monsieur X : elle non plus ne croyait pas en la résurrection. La moitié de ceux qui étaient autour de la table croyaient plus en la réincarnation qu’à la résurrection. Il fallait que je reste poli et sage, mais il m’a fallu prendre sur moi et une grâce particulière du Seigneur pour terminer mon plat. Quelques jours plus tard, en écoutant France Info, j’apprends que dans une enquête faite en France, plus de la moitié des Français qui se disent chrétiens ne croyaient pas en la résurrection !

Pour les premiers chrétiens pourtant, l’accès au baptême était fondé sur le Kérygme, c’est-à-dire, la proclamation du message selon lequel Jésus est Seigneur parce qu’il est mort et ressuscité. Nous trouvons cela dans ce message de Pierre dans les Actes des Apôtres : « Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui.  Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.  Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts » (Actes 10, 38-42). Chers baptisés de Pâques, c’est ce message que Jésus vous envoie témoigner et proclamer par votre vie !

Le mystère de la résurrection est le cœur de notre foi. Notre réticence devant ce grand mystère de notre foi est déjà présente chez les disciples. Il est dit : « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » Nous pouvons interpréter ce verset de deux manières. D’abord, que les disciples avaient encore besoin de voir, par eux-mêmes Jésus ressuscité, pour que lui-même, en commençant par Moïse et tous les prophètes, leur explique toute l’Ecriture, comme il l’a fait avec les deux disciples d’Emmaüs, ou que les disciples attendaient la venue du saint Esprit pour être introduits dans la vérité du mystère de la résurrection. Ensuite, cela  peut vouloir dire que nous les disciples sommes toujours incapables de reconnaître le Ressuscité, de comprendre la résurrection, de nous rendre compte de la radicale nouveauté, de l’importance de la résurrection dans notre vie. La preuve en est que tout en ayant vu le ressuscité et mangé avec lui plusieurs fois, les disciples ont du mal à le reconnaître à chaque nouvelle apparition.

Ne soyons pas étonnés de cette difficulté à comprendre, parce que la résurrection de Jésus n’est pas comme celle de Lazare. Il ne s’agit pas d’un simple retour à la vie d’avant. Le mode le plus adéquat de se représenter est d’y voir des cieux nouveaux et une terre nouvelle, d’après la phrase que l’Apocalypse met sur les lèvres du ressuscité : « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5). Comme la première création est tirée du néant au commencement, ainsi la résurrection de Jésus reprend toute la création et la récapitule, lui insuffle un nouveau dynamisme, le remet en mouvement en la transformant et en l’orientant vers la destination dans laquelle elle trouve sa pleine réalisation et accomplissement, c’est-à-dire son retour dans le sein du Père. Le baptisé devient ainsi une nouvelle créature, débarrassé de l’homme ancien, du vieil homme marqué par le péché originel. Le baptême nous fait participer cette nouveauté radicale qui nous fait passer de la mort avec le Christ à la résurrection avec lui.

La mort de Jésus avait traumatisé les disciples, les avait laissés abasourdis, inertes, confus, incapables de prendre aucune initiative. Ils sont assis, silencieux, tétanisés, paralysés, renfermés, les portes verrouillées dans le Cénacle. A un certain moment, quelque chose d’inattendu met fin à cette paralysie et tout se remet de nouveau en mouvement : Marie Madeleine revient du tombeau et va à la rencontre des disciples qui ont peur. Ensuite, Pierre et le disciple bien-aimé sortent en courant tout d’un coup alors qu’ils étaient morts de peur : « Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre ».  Evidemment, « grand-père » Pierre ne peut pas courir aussi vite que le « petit jeune » Jean.

Ce dernier a du respect pour les anciens qu’il attend Pierre à l’arrivée pour le laisser entrer le premier constater le tombeau vide. Tout d’un coup, ils sont plus attentifs, ouvrent les yeux, s’interrogent et reprennent vie. Ce qui les fait bouger n’est pas d’abord une perception claire de la signification de cet événement. L’évangile nous dit qu’ils sont perplexes. Il a seulement suffi à Marie-Madeleine de voir la pierre du tombeau roulée pour qu’elle aille voir en toute vitesse les apôtres. Jean lui, a vu seulement les linges posés à plat. Pierre lui entre et observe la même scène, et seulement à la fin il est dit que Jean vit et crut. Si nous cherchons un signe précis de la résurrection dans cet évangile, nous ne le trouvons ni dans la pierre roulée, ni dans les linges posés à plat, ni dans le suaire bien rangé, ni dans la tombeau vide. La résurrection est quelque chose de mystérieux, d’inattendu qui fait que les cœurs des disciples se sont déverrouillés, un événement inexplicable qui les remet en marche, fait battre leurs cœurs, les fait revivre de nouveau en leur sortant de leur peur…de manière inattendue.

Le mystère de la résurrection caché et croire en elle veut dire accepter en partie que ce qui donne sens à notre vie et à notre foi soit impénétrable. La résurrection, celle du Christ, comme la nôtre à la fin des temps reste très difficile à comprendre. La foi en elle exige cependant que nous discernions sa puissance déjà à l’œuvre de manière mystérieuse déjà aujourd’hui dans notre vie, reconnaissable dans un souffle, une soif, une sorte de tension qui dérive de notre conscience d’avoir été conquis par le Christ, comme dit saint Paul : « Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus » (Phil 3, 12-14)

Baptisés, ressuscités, nous sommes appelés à la même attitude qui fait de nous des disciples authentiques de Jésus : le suivre, même quand nous ne comprenons pas totalement. Nous comprendrons tout un jour, quand nous serons totalement en lui, quand nous le verrons face à face. Mais aujourd’hui déjà, vivons en « ressuscités ». Cherchons les choses d’en-haut ! Cultivons des désirs, des projets qui nous unissent davantage à Jésus ressuscité. Prenons notre responsabilité, dans l’Eglise, dans le monde, dans la société pour les rendre meilleurs ! Vivre en ressuscité ne signifie pas que nous devons profiter moins de la vie présente. Cela signifie que nous devons orienter notre vie présente de telle manière qu’elle se conforme à ce à quoi nous sommes appelés dans le baptême : devenir saint chaque jour en nous unissant davantage au Christ mort et ressuscité dont nous sommes témoins. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du Dimanche de Pâques, année B (2021)2021-04-08T16:25:57+02:00

Homélie du Père Joseph de la Veillée Pascale, année B (2021)

« Ne soyez pas effrayés ! N’ayez pas peur ! » Ce sont là les paroles que l’ange adresse à Marie-Madeleine, Marie, Mère de Jacques et Salomé ! Plus tard, c’est un pape polonais, devenu saint Jean Paul II, fraîchement élu comme successeur de Pierre à Rome qui s’adresse aux catholiques en leur disant : « N’ayez pas peur ! Ouvrez-largement les portes au Seigneur ! » La peur ! Dieu sait quels ravages la peur est capable de faire dans notre vie. La peur est intrinsèque à la vie humaine.  Le philosophe théologien protestant Danois Sören Kierkegaard dit que l’angoisse, la peur est quelque chose d’ontologique, d’existentiel !  Nous vivons de nos peurs. Peur de vivre, de ne pas vivre, peur de combien de temps il nous reste à vivre. Elle est irrationnelle et est l’un des premiers sentiments que nous éprouvons. A la naissance, nous pleurons de peur de ne plus être dans ce sein maternel où nous étions bien en sécurité, bien au chaud ! Bébé, nous avons peur de ne pas avoir la maman à nos côtés, chaque fois qu’elle ne répond pas quand nous la cherchons ou que nous prononçons son nom par des cris, des pleurs…. Pendant l’enfance, nous avons peur d’être trahi par nos copains et copines, peur d’être exclu du groupe de copains qui peuvent nous trouver moins sympathique !

L’adolescent a peur de ne pas plaire maintenant que son corps se métamorphose.  L’adolescent a peur, non pas tant d’être abandonné, exclu ou de ne pas trouver un amoureux ou une amoureuse, peur d’être la victime des petits durs harceleurs du collège, du lycée, du club et ainsi d’être mis de côté. Les grands-jeunes ont peur pour et de leur futur comme nous pouvons en faire l’expérience actuellement ! Nous parlons beaucoup de la souffrance des personnes âgées ! C’est important de veiller sur nos anciens. N’oublions cependant ces millions des jeunes qui souffrent aujourd’hui et ne savent plus se projeter dans le futur ! Les jeunes ont peur parce qu’ils ne voient rien de consistant, à cause de la culture du zapping, de tel sorte que le concept de « définitif » disparait petit à petit de notre vocabulaire du quotidien. Envisager un amour définitif, « pour toujours » est devenu presque inconcevable pour la jeunesse d’aujourd’hui !

Les adultes ne sont pas vaccinés contre la peur ! Ils ont peur, non pas tant du futur, mais bien et surtout de l’aujourd’hui, de la vie quotidienne : peur de tomber malade, de choper la Covid19, peur de ne pas nouer les deux bouts du mois, peur de perdre son boulot, peur que nos enfants suivent une mauvaise voie, fassent un mauvais choix, aient une mauvaise fréquentation, peur que quelque chose leur arrive le soir quand ils sortent…

Plus tard, si nous avons la chance d’atteindre le grand âge, au soir de notre vie, naissent les peurs de la vieillesse et des anciens : peur de n’avoir pas bien compris ce que le médecin nous a dit, peur de déranger ou d’être un poids pour nos enfants et nos petits-enfants, peur de sortir de la maison à cause de la peur que nous avons de tomber dans la rue, peur de perdre la mémoire, peur de la solitude….

Il s’agit d’une peur permanente, parce qu’elle ne nous abandonne jamais, parce qu’elle est présente sous diverses formes à chaque âge, parce que nous n’arrivons pas à nous en débarrasser définitivement, parce que nous ne connaissons pas toujours très bien l’objet ou la raison profonde de nos peurs. C’est donc cet inconnu qui nous fait peur. Parmi nos inconnus, il y a un qui est très poignant : c’est « l’après nous ! », l’après, ce qui adviendra après nous, ce qui se produira après. Après la mort, la grande inconnue, l’unique grande certitude que nous sommes sûrs de pouvoir affronter un jour, on ne sait quand ni comment, et mais nous ne savons pas ce qui se passera après notre mort.

Le « sabbat terminé », les saintes femmes du matin de Pâques vont au tombeau mais elles ont peur. Le sabbat terminé signifie « après le vendredi » pour lequel il n’y avait pas plus grand-chose à faire que ce qui avait été fait : plus de larmes à verser parce qu’elles avaient tellement pleuré quand elles ont vu mourir Jésus comme un criminel. Tout était fini, accompli, terminé, et il ne restait plus qu’à embaumer le corps, un petit dernier soin pour l’éternité pour que la corruption du corps de Jésus arrive le plus tard possible. Elles ont de l’huile parfumée qu’elles emmènent au tombeau avec la peur de ne pas réussir à rouler la pierre à l’entrée du tombeau : « qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » se demandent-elles.

La peur monte, crescendo lorsqu’elles voient ce jeune homme vêtu de blanc, assis à droite dans le sépulcre. Qui n’aurait pas peur en trouvant, dans une tombe, une personne assise, bien vivante, et qui, plus encore, s’adresse à nous…. Pire encore est la surprise de voir qu’il ne s’agit même pas de la personne décédée que nous avons enterrée dans cette tombe ?  La peur s’est tellement diffuse dans tout le corps et l’âme de Salomé et des deux Marie à tel point qu’elles prennent la fuite, terrorisées, sans rien dire à personne, c’est-à-dire qu’elles ont tellement peur au point d’être incapables d’annoncer la résurrection de Jésus. Ceci, nous ne l’avons pas lu dans l’évangile d’aujourd’hui. C’est le verset suivant qui le dit : « Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. »

L’annonce de la résurrection de Jésus contrairement à ses miracles, ne change pas tout d’un coup l’état d’âme des personnes, ne les fait pas passer sans transition de l’angoisse à la joie. L’annonce de la résurrection doit être assimilée, comprise par l’âme, acceptée, accueillie par le cœur.  Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une réalité inconfortable, parce que la résurrection de Jésus nous invite à reprendre tout à zéro, dès le début, retourner en Galilée où le Ressuscité nous précède et nous attend.

Pourtant, ce jour-là, le sabbat terminé, Jésus ressuscité était déjà dans le cœur de Salomé et des deux Marie. Saint Marc nous dit que ce jour-là, elles arrivèrent au sépulcre « au lever du soleil », au petit matin, comme nous aujourd’hui. La Covid19 pensait nous punir, mais elle nous donne l’occasion de faire l’expérience des saintes femmes du matin de Pâques, au lever du soleil ! Les premiers chrétiens appelaient Jésus « Soleil victorieux d’en haut » Le verbe « lever », en lien avec le soleil, a la même signification que résurrection.

Sans le savoir, sans en être conscientes, ces femmes sont arrivées au tombeau en portant Jésus vivant déjà dans leurs cœurs tristes mais remplis d’amour pour lui. Cela est possible parce qu’à la veille de ce premier sabbat, elles avaient eu le courage de rester au pied de la croix, avec Marie, notre Mère. Le lendemain, elles sont capables de défier la peur pour aller au Sépulcre.  Toi aussi, si tu es au pied de la croix, inondé de douleur, de tristesse et de peur à cause du Mal et de la mort présentes sous différentes formes dans ta vie, si malgré tout tu acceptes d’entrer dans le tombeau de Jésus… alors tu le trouveras vide parce que la mort n’a pas pu retenir la vie prisonnière grâce à la Résurrection de Jésus. N’ayons pas peur d’ouvrir largement notre cœur à Jésus ressuscité. Nous verrons alors que la mort et le mal ne nous feront plus peur.  Nous pourrons alors vivre pleinement, plein de joie, d’espérance parce que nous vivons désormais avec Jésus Ressuscité qui a besoin de nous comme témoins de sa victoire sur le mal, sur la mort dans ce monde qui en a besoin. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la Veillée Pascale, année B (2021)2021-04-08T16:27:34+02:00

Homélie du Père Joseph du Vendredi Saint, année B (2021)

Ce soir, contemplons Jésus élevé de terre ! Il attire à lui l’humanité entière, des hommes et femmes auxquels il ouvre largement ses bras ! Lui ouvrirons-nous nos bras à notre tour pour cette étreinte qui sauve ?  Avec une infinie douceur, Jésus nous regarde et veut croiser notre regard car dans nos yeux, il verra ce que nous avons dans le cœur, les sentiments qui nous animent. Il nous ouvre son cœur mais sommes-nous capables de lui ouvrir le nôtre ? De son cœur transpercé par une lance, il fait jaillir sur nous l’eau et sang, symbole des sacrements, source intarissable à travers laquelle Dieu continue, aujourd’hui encore, à nous donner sa vie en abondance.  Dans le récit de la Passion selon saint Jean médité chaque vendredi saint, il y a quelques détails absents chez les synoptiques.  Autour de la croix, il n’y a pas une foule qui crie mais seulement des soldats romains, des païens, et des femmes qui entourent Marie, avec le Disciple Bien-aimé.

Au jardin des Oliviers, Jésus est arrêté tandis que ses disciples sont plutôt impétueux, agressifs et prêts à faire l’usage d’une épée, comme on le voit chez Pierre : « Or Simon-Pierre
avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite
 » ! Contrairement à ce que nous avons lu dimanche dans le récit de la Passion selon saint Marc, le Jésus de la Passion selon saint Jean n’est pas triste, n’a pas peur et se préoccupe plutôt du sort de ses disciples : « Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez-les partir » dit-il aux soldats qui agressent ses disciples.

Les disciples sont perdus, incapables de soutenir leur Maître dans ce drame. On le voit dans la fuite des apôtres et le reniement de Pierre dans la cour du Grand Prêtre.  Pour Jésus, nos trahisons ne sont pas irréversibles. Ce qui est le plus important, c’est cet Amour qu’il déverse sur ses disciples, sur nous. Son amour pour nous est infiniment plus important, plus déterminant que nos trahisons, nos misères et nos fragilités. Sa volonté de porter sur lui nos pauvretés est infiniment plus forte que nos propres pauvretés. Là où le péché a abondé, la miséricorde et l’amour ont surabondé nous rappelle saint Paul.

C’est Jésus qui prend lui-même la croix pour la porter sans aucune aide ! Pas la peine de chercher Simon de Cyrène pour lui venir en aide. Ce Roi crucifié gouverne l’histoire et les événements à travers le don total de lui-même. Notre vie est dans ses mains clouées, mais qui n’ont rien fait de mal, mais qui ont béni, nourri, purifié, touché nos lèpres, lavé nos pieds sales ! Notre destinée est dans ses bras ouverts sur la croix. En sommes-nous conscients ? Il est le Maître de l’histoire du monde, de notre propre histoire, même quand elle semble nous dépasser. Le laisserons-nous prendre le gouvernail de nos vies déboussolées ? Dans la scène du vendredi saint, la douleur, la souffrance, l’angoisse de chacun de nous sont portées intégralement, sont dépassées, vaincues et transfigurées par la puissance de l’Amour de Celui qui meurt !  Dans cette scène, où sommes-nous ? Où est notre place ? Où se trouve l’Eglise ?

Nous pouvons nous demander où nous nous trouvons dans ce tableau, dans cette période pendant laquelle nous nous sentons fragiles, perdus, angoissés et terrorisés par la peur devant le mal, dont la Covid19 n’est qu’une manifestation ? Nous aimerions que Jésus porte sur nous son regard, que quelques gouttes d’eau et de sang jaillissant de son côté transpercé tombent sur nous pour nous laver, nous purifier, nous guérir, nous sortir de cette crise. La célébration de ce soir nous invite à supplier le Seigneur, à nous approcher davantage de sa croix ! Il verra ainsi, dans nos yeux cette angoisse qui nous terrorise, angoisse née des souffrances familiales, affectives, professionnelles, sanitaires que nous traversons actuellement. Si nous nous approchons de Jésus, sûrement qu’une goutte d’eau, de sang de son côté ouvert jaillira sur nous pour purifier et abreuver nos cœurs assoiffés de vie, de bonheur et d’amour !

Mettons-nous au pied de la croix, avec Marie, les saintes femmes et les Disciples bien-aimés pour pleurer le Seigneur présent dans nos douleurs et nos deuils. Jésus nous confie Marie comme Mère. Au pied de la croix, nous sommes tous devenus ses enfants. Jésus nous demande de prendre soin de Marie, mais en réalité, c’est elle, Marie notre Mère qui prend soin de nous. Quand nous pleurons, Marie pleure avec nous. Nous avons ici une icône de piété filiale. En nous mettant au pied de la croix avec Marie, nous naissons de nouveau pour devenir fils et filles de Marie, frères et sœurs du Seigneur présents au pied de la croix grâce à travers le disciple bien-aimé qui reçoit Marie comme Mère.

L’Eglise naît au pied de la croix avec Marie. Plus tard il y aura la Pentecôte, mais au pied de la croix, Marie, les saintes femmes et le disciple bien-aimé contemplent Jésus qui rend l’Esprit et son côté ouvert d’où jaillissent l’eau et le sang : la source de tous les sacrements, dont le premier est le baptême, à travers lesquels Jésus nous fait naître à la vie divine, la nourrit, en prend soin et lui fait porter des fruits en abondance si nous restons attachés sur lui comme le sarment sur la vigne.  Au pied de la croix, Marie devient la Mère de tous les nouveaux enfants, nés par la foi, nés du baptême, comme ceux qui seront baptisés ce dimanche de Pâques et qui s’entrainent dans l’art de l’écoute du Maître, l’art du lavement des pieds, c’est-à-dire du service dans l’Eglise et dans le monde.

L’Eglise est cette petite communauté de quelques personnes qui sont au pied de la croix, qui pleurent, souffrent avec Marie, Notre-Dame de Douleurs, mais sur qui tombent l’eau et le sang jaillissant du cœur transpercé de Jésus. Ce petit groupe conserve la promesse de la résurrection.   Ce groupe devra ensuite témoigner au monde qu’on ne peut pas tuer l’Amour. Ceux qui avaient condamné Jésus étaient sûrs d’avoir crucifié, mis à mort et enseveli l’Amour, mais ils se sont trompés car au matin de Pâques, l’Amour est sorti victorieux d’une tombe laissée vide.

En ce temps difficile que nous vivons, restons au pied de tout crucifié, de tous les crucifiés dont Jésus a porté la souffrance sur la croix. Faisons-le par des gestes et des paroles simples autour de nous ! Jésus est encore crucifié dans beaucoup de visages autour de nous ! Il suffit d’ouvrir nos yeux, nos oreilles, et surtout, notre cœur pour s’en apercevoir. Faisons-le en accueillant, avec les larmes de Pierre, nos propres blessures et nos cœurs transpercés. Allons-nous nous laisser déshabiller de notre orgueil par lequel nous cachons notre peur, notre angoisse de la mort ? Pourrons-nous permettre à notre Mère Marie, Notre-Dame des Douleurs, qui a recueilli Jésus dans ses bras, de nous prendre nous aussi sur ses genoux, pour pleurer sur nous, verser sur nous ses larmes remplies de tendresse maternelle, pour nous couvrir, comme Jésus, d’un suaire de tendresse et de miséricorde ? Elle nous obtiendra la grâce d’être des enfants nouveaux, ressuscités à la vie nouvelle avec Jésus au matin de Pâques. Restons avec Marie, en silence, pleurant nos misères, dépouillés de nous-mêmes, mais confiants dans l’Amour qui se livre sur la Croix, mais qui sortira vivant et victorieux du tombeau. Amen.

Homélie du Père Joseph du Vendredi Saint, année B (2021)2021-04-08T16:27:04+02:00

Homélie du Père Joseph du Jeudi Saint, année B (2021)

Nous célébrons ce soir les dernières heures d’un condamné à mort. C’est nous qui l’avons condamné à mort, et c’est pour nous qu’il a été condamné. En avons-nous conscience ? Il ne lui reste sa disposition de Jésus qu’une journée ensoleillée. Il est le Soleil d’en haut qui a rempli de la lumière de son cœur la vie de ces 12 lunes pâles et sans éclats que sont ses disciples.  La soirée est toute particulière : Jésus a décidé d’offrir un banquet à ses disciples ! Avant d’être suspendu sur le bois, de souffrir de cette soif insupportable sur la croix, soif pour laquelle on lui a donné à boire de l’eau vinaigrée, lui, Jésus a décidé de donner à boire et d’étancher véritablement la soif de ses amis.  Plus encore ! Avant que son doux visage soit lavé de sueur et des crachats humiliants, Jésus a décidé de laver les pieds de ceux qui, depuis trois ans, l’ont suivi. C’est à eux qu’il appartient ensuite, à partir de dimanche, c’est à dire après sa résurrection, de parcourir le monde entier pour raconter de quelle mort horrible est mort le Maître de la Vie !

Jésus désirait tellement célébrer ce banquet avec ses disciples.  Saint Luc nous décrit le désir de Jésus : « Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui. Il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » (Lc22, 14-15) Ardemment est l’adverbe de la flamme, une bombe prête à exploser ! La bombe qu’il s’agit ici est un Cœur débordant qui explose d’amour pour chacun de nous. Un dernier souper, une dernière Cène, particulière, avec au menu des petits pains ronds sans levain, des herbes amères, de l’eau chaude et du vin rouge ordinaire pas un grand cru ! En réalité, ce vin est le plus extraordinaire des grands crus car il va devenir le sang qui donne la vie éternelle. Tel est le menu ardemment désiré d’un condamné à mort.

Comme tout condamné à mort à la veille de son exécution, Jésus a droit qu’une petite grâce lui soit accordé un dernier plaisir, le dernier jour d’une vie qui n’a été qu’Amour ! Il a demandé quelque chose à ses disciples : « Tout le monde à table ! Tous assis autour d’une table !» Il fallait voir l’ambiance ! Les disciples sont tous muets, les visages graves de ce pressentiment que chacun avait peur de retrouver dans les yeux du voisin d’à côté ou d’en face. Ils savaient que Jésus les aimait, mais aucun parmi eux n’avait conscience à quel point il pouvait les aimer. Ce banquet fut débordant d’amour et d’émotions.

Ce soir-là, Jésus leur a réservé une autre surprise. Il leur a tendu un piège. Il leur fait un défi, pas pour les humilier, mais pour leur laisser un exemple.  Celui qui est venu d’en haut s’abaisse, à genoux aux pieds sales de ceux qui se battaient pour savoir qui parmi eux devait prendre la première place, eux qui étaient réticents au service, Jésus les défia par amour, en posant un geste que seul un esclave posait devant son Maître : « Jésus se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. »  Aucun disciple n’est oublié. Tous les pieds sont comptés ! Deux, quatre, six, huit, dix, dix-huit, vingt, vingt-et-deux… Vingt-quatre ! Non ! Même Judas a les pieds sales, lui aussi a parcouru les routes de la Galilée à la suite de Jésus.

Les yeux des 11 disciples sont fixés sur les pieds de cet ami antipathique ! Judas, le trésorier du groupe, sent le poids de tous ces regards fixés sur lui, sur ses pieds. Dans la vie, il est insupportable le poids de tous ces regards fixés sur toi, quand tu sais que tout le monde te regarde de travers, avec jugement, te rappelant ta propre honte pour cette chose horrible faute dont tu portes la culpabilité, ces regards inquisiteurs qui remuent le couteau dans cette plaie incurable que tu portes pour avoir fauté un jour ! Je ne vous demande pas d’avoir de la sympathie pour Judas. Je n’en ai pas non plus.  Mais imaginons cette culpabilité qui pèse sur sa conscience et dont il est prisonnier pour avoir été voir ceux qui vont condamner à mort son Seigneur.

Jésus observe la scène sans rien dire. Il continue son service en posant les mêmes gestes, avec la même intensité d’amour. D’abord de l’eau sur les pieds, ensuite la serviette pour les essuyer, et enfin, ce baiser sur chaque pied. Ce lavement les pieds avait choqué quelques bons catholiques quand le pape François était allé célébrer le jeudi saint dans la prison de Rome Regina Ceali, et qu’il avait lavé et embrassé les pieds des 12 prisonniers, parmi lesquels il y avait des femmes, et plus encore des quelques musulmans qui étaient aussi prisonniers.

Les 11 disciples pouvaient tolérer que soient lavés les pieds de Judas, mais ne comprennent cette folie de Jésus d’embrasser aussi les pieds du traitre. Mais, c’est là exactement la folie de l’Amour de Jésus. Qui que nous soyons, quoique nous ayons fait dans la vie, même au pire des criminels parmi nous, au lieu de nous jeter en pâture aux autres, au lieu de nous condamner, Jésus désire nous laver les pieds et les embrasser pour nous montrer son amour qui nous sauve et nous appelle à la conversion. Jésus ne désespère jamais de nous. Jusqu’à notre dernier souffle, il espère que nous puissions accueillir son amour qui sauve.

Après le lavement des pieds, Jésus se relève pour servir le repas. La recette de la cène repas n’est pas compliquée parce que l’amour vrai refuse les complications.  Jésus prend la miche de pain et le donne à ses disciples en disant : « Prenez, ceci est mon corps livré pour vous ! » Les disciples s’attendaient à ce que chacun reçoive directement sa petite part, mais ils se rendent compte que non seulement il se donne tout entier dans ce pain, mais aussi, il les invite au partage : « Prenez, mangez-en tous ! ». Ensuite, il leur donne du vin : « Prenez, buvez-en tous, ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ! ». Il est versé pas seulement pour vous, mais pour la multitude aussi !

Dans chaque eucharistie, c’est Jésus qui se donne tout entier à la communauté assemblée en l’invitant au partage. On ne peut recevoir l’eucharistie en ignorant son voisin, car nous formons un même corps, nous qui avons part au même pain. C’est cela la communion. Dans le pain, le corps livré, dans le vin, sang versé, nous contemplons l’abondance de l’amour de Dieu qui nous est donné chaque fois que nous participons à l’eucharistie, comme il nous a demandé de le refaire sans cesse : « Faites ceci en mémoire de moi ! » Dommage que les cœurs des disciples soient tellement petits, tellement étroits, incapables de recevoir une telle quantité, une telle qualité d’amour. Si nous savions ce qui nous est donné dans l’eucharistie, si nous nous rendions compte de ce qui se joue dans chaque messe, aucune raison ne nous empêcherait d’y prendre part.

En cette soirée au cours de laquelle les disciples ont vécu le lavement des pieds et la fraction du pain, nous assistons aussi à la première ordination presbytérale de l’histoire de l’Eglise. Au cours de la dernière Cène, nous recevons les 12 premiers prêtres de la Nouvelle Alliance donnés à l’humanité. Appelez-les abbé, don, père Pierre, Philippe, Jean, Jacques…et même père Judas Iscariote. Oui, lui aussi a été ordonné ce soir-là, et malgré sa trahison, lui aussi célèbre l’eucharistie et les sacrements pour les fidèles. A travers chaque prêtre qui célèbre, malgré ses fragilités, ses faiblesses, ses nombreux péchés, c’est toujours Jésus qui se donne.

N’oublions jamais qu’il y a un peu ou beaucoup de trahison dans le cœur de chacun d’entre nous, prêtres ou fidèles. Ça me fait bizarre quand un fidèle, veut que je lui donne le planning des célébrants sur notre ensemble paroissial parce qu’il veut éviter tel prêtre, je ne sais pour quelle raison, ou n’aller à la messe de tel autre prêtre seulement. Quand nous venons à la messe, nous ne venons pas à la rencontre de tel prêtre, mais du Christ qui nous invite, se livre et se donne à nous dans les sacrements, indépendamment de la figure du prêtre. L’Eglise nous dit que « quand Pierre baptise, c’est Jésus qui baptise, comme quand Judas baptise, c’est toujours Jésus qui baptise ». Mais tous les deux, Judas et Pierre ont chacun ses failles et ses fragilités.

Nous le voyons au cours de la Dernière Cène. A la fin de la soirée, Jésus est certainement très fatigué, il a mal au dos pour être resté longtemps à genoux laver, essuyer et embrasser les 24 pieds des disciples. Mais, à la fin, aucun parmi eux ne lui propose de lui laver les pieds à son tour !  Aussi, quand les disciples voient Judas Iscariote sortir, aucun parmi eux ne va le retenir pour le faire raisonner en lui disant : « Eh Judas, arrête !  Renonce à cette bêtise que tu comptes faire envie ! » Ils l’ont laissé aller à sa propre perte, comme ils ont abandonné Jésus le lendemain, par peur ou lâcheté.

Oui, nous sommes tous Judas, Pierre, avec nos pieds sales, nos trahisons et nos reniements quotidiens. Accepterons-nous de nous approcher du Seigneur qui nous lave, qui nous nourrit, qui nous conseille, en se servant de nos prêtres, avec leurs fragilités et leurs péchés. Alors, ce soir, en célébrant ensemble la dernière Cène, la messe dont fait mémoire et qu’actualise chaque messe célébrée par un prêtre, prions Dieu de veiller sur nos prêtres, qu’il nous donne de nombreux prêtres, de nombreux et saints prêtres, pasteurs selon le cœur de Jésus, le seul Bon et Grand prêtre qui nous sauve. Amen

Homélie du Père Joseph du Jeudi Saint, année B (2021)2021-04-08T16:26:36+02:00

Célébration de la Parole réussie samedi des Rameaux, pour les enfants du caté

Ce samedi 27 mars, les enfants du caté et de l’éveil à la foi se sont rassemblés, avec leurs parents, pour la célébration des Rameaux dans l’église de Plaisance. Ils étaient nombreux à répondre à l’invitation du père Joseph et des catéchistes. A cette occasion, ils avaient apporté des rameaux décorés à la maison.

La célébration s’est déroulée avec un cheminement vers la résurrection, en cinq étapes. La célébration a débuté avec la bénédiction des rameaux, depuis le fond de l’église, comme pour les adultes (de la messe du dimanche). Puis autour de l’autel, avec les lecteurs et une dizaine d’enfants, nous avons écouté la lecture de l’évangile du jeudi saint et les explications du père Joseph sur l’importance du lavement des pieds et le dernier repas de Jésus. L’arrestation de Jésus et son jugement a été lu (en version brève) et c’est conclu par un temps de pardon et de silence. Sous le tableau central (avec Jésus sur la croix, Marie et Jean à ses pieds), nous avons entendu Jésus qui confie Marie à son disciple Jean puis la mort de Jésus. Et pour finir, nous avons écouté et chanté la résurrection de Jésus. Alléluia !

En cette période compliquée et après l’impossibilité de vivre en communauté la semaine sainte l’année dernière, il était important d’offrir aux enfants cette célébration avec la catéchèse du père Joseph. Cela fut une réussite. Merci à tous, petits et grands.

Bonne semaine sainte.

Cécile

Célébration de la Parole réussie samedi des Rameaux, pour les enfants du caté2021-03-31T18:35:03+02:00

La dimension hautement pascale de l’eau dans notre foi !

La dimension hautement pascale de l’eau dans notre foi !

Depuis une année, nous avons été privés d’eau bénite dans nos églises…! Les bénitiers à l’entrée sont secs ! Quand il a été possible, nous avons utilisé l’eau avec parcimonie et en faisant très d’attention.  Une vidéo virale circulée sur les réseaux sociaux dans laquelle on voit un monsieur entrant dans supermarché. A l’entrée, il doit se désinfecter les mains avec le gel, mais il se signe de la croix comme s’il entrait dans une église… Cela illustre la frustration de beaucoup parmi nous qui ne peuvent plus se signer avec l’eau bénite en entrant de nos églises, par respect des mesures barrières. Au lieu de l’eau bénite à l’entrée, nous avons désormais le gel pour se désinfecter ! Lors des baptêmes, nous faisons désormais attention aux rites pour que l’eau ne devienne pas un moyen qui permet au coronavirus de circuler.

L’eau est pourtant massivement présente dans la bible, la foi et la liturgie chrétienne, en particulier pendant ce temps pascal. Dès le début de la création, « le souffle de Dieu planait sur les eaux » (Gn 1, 1) pour signifier la vie que Dieu donne à toute la Création qui est son œuvre. Nous en faisons intégralement partie mais Dieu la confie aux soins de l’humain créé à son image et à sa ressemblance. Il s’agit d’un devoir, une mission, une vocation. Les célébrations pascales mettent l’accent sur la symbolique de l’eau. Le Jeudi Saint, au cours du repas eucharistique, c’est le Seigneur qui nous appelle au service les uns des autres à travers le lavement des pieds pour nous laisser un exemple : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13, 14).  Cette année, il ne sera pas possible de vivre le rite du lavement des pieds. L’office du Vendredi Saint nous invite à « lever les yeux vers Celui dont le cœur est transpercé » (Jn 19, 34-37) pour contempler ce Cœur d’où jaillissent de l’eau et du sang, symbole des sacrements à travers lesquels Dieu nous transmet sa propre Vie dans l’Eglise.

La Vigile Pascale et le dimanche de Pâques avec l’importance accordé au baptême, sont caractérisés par la présence massive de l’eau. Dans la liturgie de la Parole, plusieurs textes parlent de l’eau : l’eau sur laquelle plane le souffle de Dieu lors de la création qui est la première Pâque, le passage du chaos à la vie (1ere lecture). Ensuite la traversée de la Mer Rouge à pied-sec qui est le cœur de foi du peuple Hébreu, libéré de l’esclavage en Egypte à la liberté dans la Terre Promise. C’est la troisième lecture tirée de l’Exode, obligatoire au cours de la veillée pascale. Le prophète Isaïe nous rappelle que Dieu étanche notre soif en nous abreuvant gratuitement (5è lecture) tandis qu’Ezéchiel nous rappelle que Dieu nous purifie de toutes nos souillures et de toutes nos idoles en répandant sur nous une eau pure qui fait de nous de créatures nouvelles (7è lecture). Dans le psaume 50, nous nous unissons à la prière du psalmiste suppliant le Seigneur dans sa miséricorde infinie : « lave-moi tout en entier de ma faute, purifie de mon offense ! » L’épître aux Romains explicite la dimension pascale du baptême qui nous lave de tout péché et plus particulièrement du péché originel, en mourant avec le Seigneur pour ressusciter avec Lui.

Le contexte pandémique ne nous permet pas de prendre toutes ces lectures de la Vigile pascale que nous allons célébrer au petit matin cette année, le dimanche 4 avril à 6h30. Je vous invite néanmoins à prendre le temps de lire ces beaux textes qui nous rappellent comment le Seigneur nous lave, nous purifie, nous pardonne, nous abreuve, nous bénit, nous sanctifie, lui qui nous invite à nous unir à Lui, dans sa mort et sa résurrection, pour être des créatures nouvelles.  Sainte et Joyeuse Pâques !

 

La dimension hautement pascale de l’eau dans notre foi !2021-03-23T17:34:10+01:00

Homélie du Père Joseph des Rameaux, année B (2021)

Nous sommes finalement arrivés au cœur de la foi chrétienne : la passion et la mort du Dieu toujours vivant ! Pendant 40 jours, nous sommes allés au désert pour y être tentés avec le Seigneur, ensuite sur le Tabor pour admirer la beauté de la transfiguration, le temple de Jérusalem pour rappeler qu’est une maison de prière et pas de trafic ni de commerce ! Nous avons été instruits par le dialogue entre Jésus et Nicodème. Ensuite, dimanche dernier nous nous sommes retrouvés parmi ces Grecs qui, exprimaient à Philippe leur désir de voir Jésus.

Nous entrons aujourd’hui dans cette grande semaine, appelée sainte, parce qu’elle est le coeur de la vie chrétienne. Nous accompagnons Jésus, dans les dernières heures de vie terrestre, pour lui demander la grâce de vivre pleinement et avec passion notre vie ici-bas. Nous suivrons Jésus, chaque jour de cette semaine, en nous plongeant cette ambiance faite de silence, de peur, de douleur et trahison. Il s’agit de jours d’angoisse pour Jésus ! Lui ouvrirons-nous enfin notre cœur ou bien, Jésus, le Fils de Dieu restera-t-il parmi les millions des crucifiés anonymesde l’histoire de l’humanité ? Jésus choisit de mourir et joue sa dernière carte ! On peut parler de la mort de Dieu. Arrêtons-nous cette semaine et admirons ce spectacle de la croix qu’il faut appeler « spectacle de l’Amour Infini ».

Le dimanche des Rameaux nous raconte une contradiction.  Une foule qui accueille Jésus de manière triomphale et enthousiaste. Elle crie « hosanna au fils de David ». Rameaux en mains, habits étendus à son passage, ils acclament le Roi. Mais cette même foule, vendredi soir, va crier « crucifie-le » La Passion du Seigneur est marquée par plusieurs contradictions. Pierre qui se dit être prêt à donner sa vie pour Jésus, mais qui se défile et le reniedevant les questions d’une simple servante.  Où sont les disciples ? Amis de Jésus, ils ont été avec lui nuit et jour pendant trois ans, mais, à ce moment crucial et éprouvant de la vie de Jésus, ils sont soit endormis poings fermés, soit, ils l’ont abandonné en prenant la fuite. Pas la peine de rappeler la trahison de Judas, l’un des douze qui le vend.

Quand nous lisons les récits de la Passion du Seigneur, ne cherchons pas les bons et les méchants. Cherchons plutôt à y trouver notre propre place, avec les côtés lumineux et obscurs de notre vie. Nous sommes ces disciples qui choisissons tantôt de rester à ses côtés, mais qui le trahissons alors qu’il a besoin de notre aide, parfois d’accord avec Pilate pour crucifier Jésus en dehors de Jérusalem, quand nous le jetons en dehors de nos vies par lâcheté ou par convenance personnelle. C’est seulement en accueillant ces contradictions que nous pouvons réellement vivre ces fêtes pascales pendant lesquelles nous célébrons la plus grande défaite, celle de la passion et de m mort de Dieu, mais défaite qui est devenue ensuite la plus grande victoire. Si nous acceptons de vivre ces contradictions, échecs, défaites et chutes avec Jésus, alors nous pouvons aussi célébrer la victoire à ses côtés : « Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons, si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons ! »

Le récit de la Passion selon saint Marc est celui qui conserve pratiquement à la lettre le récit primitif de la Passion tant aimé par les chrétiens de la communauté primitive de Jérusalem. Ce récit était tellement aimé et vénéré par la première génération des chrétiens que ces derniers le lisaient lors des assemblées pour que chaque nouveau chrétien soit mis devant la contemplation du vrai visage de Dieu révélé au Golgotha, un Dieu qui est Amour, qui accepte de souffrir par amour.

Saint Marc, à la différence des autres évangélistes, met en lumière les réactions très humaines de Jésus devant la mort.  Nous pouvons ainsi contempler Jésus qui a peur, qui est terrorisé ! Seul saint Marc mentionne que Jésus, dans le jardin des Oliviers, se rendant compte qu’on le cherchait pour le condamner à la mort, « commença à ressentir frayeur et angoisse, et dit « mon âme est triste à en mourir » Dans ce récit, Jésus ne dit rien quand Judas l’embrasse.

Dans ce récit de la Passion, Jésus est toujours en silence. Aux autorités religieuses qui lui demandent s’il est le messie et à Pilate qui veut savoir s’il est le roi, Jésus répond simplement par un : « oui je le suis », sans rien ajouter d’autre. Bref, un Jésus qui ne se rebelle pas devant les événements qu’il ne peut empêcher mais qui il lâche prise totalement pour permettre que les choses arrivent selon le projet du Père.

Dans ce récit, contemplons un personnage particulier : le centurion romain. Tout l’évangile de Marc cherche à répondre à question : qui est Jésus ? Quel est l’identité de Jésus ? La réponse nous est donnée dans la profession de foi d’un étranger, un païen, et non par la bouche d’un disciple. L’évangile nous dit : « Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » Le centurion nous indique en quoi consiste la foi chrétienne : reconnaitre le Fils de Dieu dans le visage crucifié de Jésus.

Si pendant le carême nous avons été acteurs et protagonistes par nos prières, nos sacrifices, nos pénitences, nos jeûnes….la cette semaine sainte nous rappelle que le seul protagoniste, le seul acteur que nous devons contempler, c’est Jésus. Pendant quarante jours nous nous sommes demandé « quoi faire pour le Seigneur », les célébrations de la semaine sainte nous invitent à contempler ce que Dieu est capable de faire pour nous :  accepter les humiliations et donner sa propre vie sur la croix par amour pour nous.

Peut-être, allons-nous nous retrouver au milieu de tous ces personnages qui entourent Jésus pendant sa passion, dans la diversité de leurs attitudes positives et négatives ? Allez-vous peut-être vous reconnaitre dans la personne de Pierre ou de Judas, le centurion romain ou ces femmes présentes au pied de la croix quand meurt Jésus. Chacun y trouvera sa place, avec ce que nous portons dans nos cœurs, ce que nous faisons autour de nous, de beau, de bon ou de mauvais, au quotidien, souvent ou de temps en temps.

Ce qui est arrivé à Jésus il y a plus de deux mille ans s’actualise encore aujourd’hui à travers chaque sacrifice eucharistique célébré. En effet, au cours de chaque messe, nous célébrons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, de ce Dieu fait homme par amour pour nous, qui souffre et livre son corps sur la croix par amour pour nous, mais qui triomphe de la mort parce qu’il a nous aimé jusqu’au bout. Que le Seigneur nous donne de vivre notre vie avec passion, passion amoureuse comme il nous a aimés, même quand nous traversons des épreuves, quand nous portons des croix en nous unissant chaque jour à Lui. Amen.

Homélie du Père Joseph des Rameaux, année B (2021)2021-03-26T17:21:18+01:00

L’éveil à la foi de Tournefeuille, Plaisance, La Salvetat : le retour !

L’éveil à la foi de Tournefeuille, Plaisance, La Salvetat : le retour !

L’éveil à la foi a repris… après avoir dû mettre en veilleuse ses activités pour cause de covid. Nous sommes heureuses d’avoir retrouvé les enfants, leur attention, leurs rires et leur entrain ! Ce samedi 20 mars, nous avons chanté, dansé, lu l’évangile du matin de Pâques et « fait refleurir » la croix de Jésus. Les enfants ont profité du temps de prière conclusif pour dire merci : pour les fleurs, les papillons, leur chat, leur grande sœur… et même le baptême auquel l’un d’eux se prépare. De la petite section au CP, tout le monde est le bienvenu. Et si nous ne pouvons malheureusement plus accueillir les parents pendant la séance, nous espérons que quelque chose de ces moments heureux partagés leur arrive : que l’enfant se souvienne d’un chant ou parle d’un copain qu’il a retrouvé.

Si vous voulez découvrir l’éveil à la foi, rendez-vous à l’église de Tournefeuille samedi 29 mai : nous animerons la messe dominicale.

L’équipe de l’éveil à la foi : Anne, Anne-Hélène, Claudia, Katia, Kristel et Marie-Alix… sans oublier le Père Joseph.

L’éveil à la foi de Tournefeuille, Plaisance, La Salvetat : le retour !2021-03-24T17:43:33+01:00
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