À propos de Joseph Bavurha

Curé de l'ensemble paroissial de Tournefeuille

Connaitre et s’approprier la vision pastorale

L’an dernier, un Conseil Pastoral Paroissial a été mis en place, à l’invitation de notre archevêque. Je remercie la trentaine des personnes qui le constituent. Accompagnés par le service diocésain de Formation (Michèle Maraval que nous remercions), nous nous sommes réunis 4 fois par an pour prier, réfléchir, regarder en vérité notre communauté et rêver ce que nous aimerions voir naître dans nos paroisses. Au moment où vient de se clôturer le Synode sur la communion, participation et mission, dont nous ne connaissons pas les conclusions, prenons conscience que l’avenir de l’Eglise universelle et sa mission dépendent de ce qui est vécu et mis en place dans chaque communauté particulière. Alors, avant d’attendre les conclusions qui viendront de Rome ou de l’Eglise de France, voyons comment connaitre et faire connaître la vision pastorale qui est le résultat, j’ose le dire, d’une sorte de mini synode sur l’ensemble paroissial. Nous avons en effet prié, discuté, posé des constats de réussites et d’échecs sur notre vie paroissiale. Nous rendons grâce pour les belles choses que nous vivons déjà et nous remarquons que nous avons tellement des conversions à faire et à vivre, tant au niveau personnel que communautaire.
Voici donc la vision pastorale née au bout d’une année de travail du conseil pastoral paroissial :
« Nous désirons bâtir ensemble une Église – famille de Dieu,
où chacun est accueilli et accompagné personnellement,
avec une attention aux plus faibles.

Nous voulons témoigner
de la joie de l’Évangile qui nous fait vivre
et annoncer le Christ à tous.

Nous voulons construire une communauté paroissiale
unie dans la diversité, qui grandit à travers la participation de chacun de ses membres. »
En trois petites phrases, nous exprimons ainsi ce que nous aimerions vivre et quelle direction nous aimerions donner à notre ensemble paroissial. La première étape est de connaitre et faire connaitre cette vision au sein de nos communautés. Plusieurs supports visuels et un chant sont en cours d’élaboration pour une meilleure diffusion.
Mais attention, il ne faut pas que cette vision reste une simplement un refrain, une devise, des concepts, des paroles. Ce serait très dommage. Si la première phase est sa connaissance et la diffusion, l’enjeu en suivant sera de s’en approprier, l’incarner et la mettre en place par des attitudes, des gestes et des actions concrètes. Pour cela, nous comptons sur les membres de l’EAP, ceux du conseil pastoral et chaque fidèle, dans chacune de nos 5 paroisses pour voir ce qui peut être mis en place afin d’incarner cette vision. Je vous invite donc à être créatifs et inventifs. Faites des propositions qui, j’espère, seront nombreuses, réalisables, audacieuse et conformes à la foi de l’Eglise et aux orientations diocésaines. Que le Saint Esprit nous vienne en aide !

 

Connaitre et s’approprier la vision pastorale2024-11-19T13:51:08+01:00

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !
L’anniversaire d’un proche, d’un ami, un membre de notre famille est toujours une occasion spéciale pour lui dire et nous montrer combien nous l’aimons, combien nous tenons à lui. Le cadeau que nous lui offrons à cette occasion est une petite démonstration de l’amour et l’affection que nous avons envers lui. Ainsi, ce jour, qui est la commémoration des fidèles défunts, est une occasion spéciale pour montrer et dire à nos proches qui ont quitté ce monde avant nous que nous les aimons encore. Même s’ils sont partis depuis très longtemps ou il y a peu de temps, leur présence et l’amour que nous leur portons garde en nos coeurs, et surtout dans le cœur de Dieu, une marque indélébile. L’amour ne meurt jamais ! L’amour est plus fort que la mort !
La commémoration des fidèles défunts est, dans cette perspective, une fête de l’amour : l’amour partagé dans le passé, quand ils étaient encore pèlerins sur terre avec nous, mais aussi l’amour qui reste malgré l’absence physique causée par la séparation de la mort. Pour les chrétiens, la commémoration des fidèles défunts est la fête de l’amour parce que nous aimons nos morts et croyons aussi qu’ils sont plongés dans la vie éternelle, comme le rappelle Jésus dans l’évangile selon saint Jean : « Or la volonté de mon Père, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés mais que je les ressuscité tous au dernier jour ! »
Même si ce jour est abusivement appelé parfois, « le jour des morts », en réalité, c’est le jour des vivants : nous ne célébrons pas le souvenir des personnes qui ont disparu pour toujours, mais nous faisons mémoire des vivants, mais qui vivent dans une autre dimension. C’est cela que nous appelons « la communion des saints ». Quand nous parlons de nos défunts, rappelons-nous toujours que ce sont leurs corps qui ont disparu, mais que leurs âmes continuent à vivre.
La douleur que nous ressentons pour leur éloignement révèle la « beauté collatérale de la mort ». C’est le signe qu’il y a eu l’amour et que cet amour demeure. S’il n’y avait pas cette douleur, la souffrance et la tristesse, cela aurait signifié qu’il n’y a jamais eu d’amour entre nos défunts et nous. Mais, nous souffrons, nous sommes tristes parce que nous sentons au fond de nous cette absence, ce manque de d’amour que nous avons jadis reçu et partagé avec nos proches qui sont auprès du Père. Tel est le destin paradoxal de l’amour : celui de provoquer la tristesse au moment de la séparation, et le caractère inéluctable de cette tristesse est la condition même de l’amour. Refuser d’aimer pour ne pas souffrir, c’est la chose la plus triste que nous puissions faire. Ne peut aimer que celui qui souffre. Celui qui n’aime rien et personne ne peut savoir ce qu’est la douleur, et ne peut savoir ce qu’est l’amour.
C’est la beauté paradoxale de la mort. Non seulement elle révèle la dimension de notre amour, mais encore, elle révèle la grandeur de notre foi. Jésus a vaincu la mort. C’est le cœur de la foi chrétienne. La mort n’a pas le dernier mot. Un jour, nous nous retrouverons auprès du Père avec ceux qui nous ont précédé dans la mort. S’il n’en était pas ainsi, la vie aurait été le plus grand mensonge, une farce et un théâtre de l’absurde. Parce que nous savons qu’il existe la nouvelle et vraie vie future remplie de sens et de beauté parce qu’illuminée par la présence du Christ ressuscité, Vainqueur de la mort par sa mort et sa résurrection.
Notre participation à la messe de ce jour, la visite et le recueillement dans les cimetières, les intentions de messes que nous demandons pour les défunts ainsi que notre prière pour eux sont le plus cadeau que nous puissions leur offrir. En faisant ainsi, c’est comme si nous disions à chacun de nos défunts : « Non, nous ne t’oublions pas ! Nous continuons à t’aimer et à te recommander aux soins du Père Céleste qui t’aime d’un amour infini ». A travers la communion des saints, nous sentirons la douceur de chacun d’eux nous dire, en réponse : « Moi non plus, je ne vous oublie pas et je continue à t’aimer ». Seigneur, Consolateur des affligés, prends soin de nos défunts, en attendant le jour glorieux où nous nous reverrons avec eux auprès de toi, après notre pèlerinage sur la terre. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année B (2024)2024-11-04T13:45:30+01:00

Homélie du Père Joseph du XXXI° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !

Dans la tradition religieuse juive, on recite chaque jour une prière appelée le « Shema Israël ! », c’est-à-dire « Ecoute Israël ».  C’est comme le crédo pour les catholiques ! Cette prière est donnée dans la première lecture et l’évangile de ce dimanche : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur.  Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé ; tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front, tu les inscriras à l’entrée de ta maison et aux portes de ta ville » (Dt 6, 4-9). Ce texte est le sujet de l’échange entre Jésus et un scribe dans l’évangile.

En étudiants la Torah, c’est-à-dire la Loi de Moïse, constituée par les 5 premiers livres de la Bible, appelée aussi le Pentateuque, les spécialistes juifs en avaient tiré plus de 600 préceptes plus ou moins importants les uns que les autres. Dans ce code de la Loi, les Dix Commandements donnés à Moïse étaient les plus importants. Pouvez-vous retenir 600 préceptes et s’en rappeler dans son comportement quotidien ? Ces préceptes sont pourtant le trésor législatif et religieux des juifs à l’époque de Jésus.

Etant donné la difficulté d’assumer et hiérarchiser ces 600 préceptes, le scribe de l’évangile de ce dimanche veut aller à l’essentiel. Il voudrait observer fidèlement l’essentiel et la substance de la Loi. C’est pour cette raison qu’il demande à Jésus quel est le principal commandement. Jésus lui répond en citant le « Shema Israël » qui souligne que le premier devoir du croyant est d’aimer Dieu de toute son âme, son cœur, son esprit et ses forces.

Mais Jésus ne s’arrête pas là ! Il ajoute immédiatement quelque chose qui ne lui est pas demandé, un deuxième commandement : « Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Par ce complément de réponse, Jésus rappelle le lien étroit et indissociable entre l’amour de Dieu et celui du prochain. C’est le cœur de morale chrétienne ! Chaque être humain est appelé à aimer Dieu, comme réponse à l’amour que Lui, le premier, a reversé et déverse dans cesse en nous.

            Aimer Dieu signifie le respecter, l’honorer, faire sa volonté, en particulier en aimant ceux que Lui-même aime, c’est-à-dire, tous ses enfants, nos prochains, nos frères et sœurs dont il est à la fois le Créateur et le Père. « Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection » (1Jn 4, 10-12)

Celui qui n’aime pas son prochain ne peut pas prétendre aimer Dieu. C’est l’amour du prochain rend crédible notre amour pour Dieu.  Sans l’amour du prochain, notre foi, notre amour pour Dieu reste finalement quelque chose de purement conceptuel et cérébral. C’est cela que souligne saint Jean : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. » (1Jn 4, 20-21).

Je revois encore une scène qui m’a maqué il y a quelques années : un enfant de 5 ans qui, lors d’une messe, était heureux donner le geste de paix à ses voisins. Il s’est retourné, grand sourire aux lèvres, pour donner la paix autour de lui… Quelle fut sa déception de voir le paroissien qui était à sa droite refuser de lui serrer. Vous savez pourquoi ?  Pour le paroissien, au moment du geste de la paix, le Christ est déjà présent dans le pain et le vain consacré…. et qu’il ne fallait plus faire du bruit,  mais se mettre à genou, aimer et adorer le Seigneur présent sur l’autel. C’est cela la contradiction entre penser aimer Dieu et manquer d’amour pour son prochain, un petit enfant qui découvre encore la dimension ecclésiale de l’eucharistie.

Celui qui n’aime pas le prochain ne peut en réalité aimer Dieu, et celui qui n’aime pas Dieu ne trouvera jamais les motivations les plus fortes pour aimer le prochain. Quand Dieu nous remplit d’amour, cet amour déborde et doit se déverse sur ceux qui nous entourent. C’est un binôme que nous sommes appelés à tenir.

Mais alors, en quoi consiste l’amour du prochain ? Cela ne signifie pas tout accepter, tout avaler, mais tirer l’autre vers le haut et chercher son salut et non pas le garder dans ce qui risque de le perdre. Aimer le prochain, c’est aussi vivre les béatitudes entendues à la Toussaint : être pauvre de cœur, être doux, être artisan de paix… Aimer, c’est aussi incarner certaines paraboles, comme celle du Bon Samaritain, le Jugement dernier dans l’évangile de Mt : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». L’amour est concret !

Pour aimer l’autre, il faut le connaitre. Alors, cherchons à connaitre le Seigneur un peu plus chaque jour pour mieux l’aimer. Pour aimer le prochain, il nous faut nous approcher de lui, comme le bon samaritain qui se penche sur le mourant tombé entre les mains des brigands.  Seigneur, donne-nous de chercher à te connaitre pour mieux t’aimer et aimer en vérité notre prochain. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXXI° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)2024-10-31T10:02:19+01:00

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !

Je vais choquer certains parmi vous !  Si vous êtes habitués à vénérer les saints, à les auréoler, à penser qu’on ne peut pas s’en approcher, tellement intouchables, tellement irréprochables, parfait depuis le sein maternel jusqu’à leur mort, mon propos va vous choquer. Il nous faut présenter les saints, ces champions de la foi, en les descendant parfois de leurs autels, du piédestal, en soulignant le fait que la sainteté n’est pas réservée aux supermen, mais que c’est quelque chose qui est destinée et à la portée des tous ! On devient saint seulement si l’on dispose et on ouvre son cœur à la grâce infinie de Dieu. Que d’erreurs commises par ceux qui veulent parlent des saints en voulant les présenter comme des femmes hommes forts dans la vertu, tellement irréprochables, impeccables en tout blancs comme neige. En faisant ainsi, on a rendu la sainteté tellement lointaine, inatteignable pour le commun de mortel que nous formons vous et moi.

Par exemple, quelqu’un a écrit la vie à saint Louis de Gonzague. Il voulait tellement le purifier de tout défaut et édifier les lecteurs et les fidèles qu’il a affirmé que ce saint, encore bébé qui, refusait de s’alimenter et de prendre le lait maternel tous les vendredis de carême ! Ça fait rire ! Un bébé qui jeûne pendant le carême, alors que les adultes n’essayent même pas de le faire ! C’est édifiant non ! Arrêtons l’hypocrisie ! Je ne crois pas à cette sainteté.  Mais lorsque les saints parlent d’eux-mêmes, sans intermédiaires, là, ils nous mettent à l’école de la sainteté parce que les saints sont capables de mettre le doigts sur leurs défauts et nous montrer comment ils se sont laissé toucher par la Miséricorde infinie de Dieu.

Les saints nous montrent que leurs vies sont remplies de quelques vices.  Padre Pio qui pouvait parfois être insupportable ou Saint Jérôme était très colérique ! Saint Augustin aimait tellement la bonne chair dans tous les sens… L’orgueil et la violence de saint Paul ! Pensons à tout le mal qu’il a fait au x premiers chrétiens avant de rencontrer Jésus sur le chemin de Damas, ou à ses conflits et querelles avec saint Pierre. Certains saints ont même eu des pensées suicidaires ! Sainte Elisabeth Anne Seton tenta même de se suicider avant sa conversion ! Saint Ignace de Loyola a découvert ont découvert que sa santé mentale s’était dégradée après leur changement de vie et pris de scrupule, il s’était à un certain moment convaincu qu’il n’y avait plus d’espérance pour lui et seule la peur d’offenser Dieu l’a empêché de se jeter de la fenêtre. Une belle figure de sainteté très les jeunes, vénérée à l’abbaye de Boulaur, Claire de Castelbajac allait même en boite de nuit au cours de ses études à Rome, avant sa conversion. On peut allonger la liste !! Oui, les saints avaient des défauts et des vices, marqués par le péché, comme vous et moi.

Il suffit de reconnaitre qu’on n’est pas toujours honnête, que nous sommes même souvent malhonnêtes, pas toujours purs et impeccables dans nos actes, nos paroles et nos pensées, et que malgré notre foi, nous sommes des hommes et femme conscients d’avoir fauté, de fauter souvent et que nous sommes encore en chemin, un chemin qui reste long mais que le Seigneur nous accompagne, nous appelant à reconnaitre nos fautes et de fournir des efforts pour changer de vie. C’est cela le chemin de la sainteté.  Sainte Bernadette de Lourdes dit : « Je voudrais qu’on nous dise les défauts des saints et comment ils ont fait pour les corriger, cela nous aiderait plus que leurs miracles et leurs extases ! »

La fête de la Toussaint nous appelle à regarder notre vie et d’essayer graduellement, pas à pas, de corriger nos défauts, à la lumière de béatitudes qui sont le programme qui nous est donné par Jésus pour devenir saint.

Heureux les pauvres de cœur ! Il est temps de devenir pauvre de cœur, c’est-à-dire, si jusque-là tu es égoïse, centré sur toi-même, ton cœur attaché aux choses de ce monde, il est temps de commencer à t’en détacher petit à petit et de t’ouvrir à la grâce Dieu et aux autres.

Heureux les doux ! Retrouve la douceur du cœur, si tu as un caractère arrogant, écrasant et agressif, cherche à être doux et gentil avec les autres, au travail, en famille, dans la rue.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ! Deviens juste, et si tu as commis des injustices, arrête d’être l’ami du mensonge et de la corruption ! Bats-toi pour la justice !

Heureux les miséricordieux ! Tu as assez maltraité les autres ! Ne sois plus violent et sans pitié envers eux. Souviens-toi que, comme ton collègue, tu n’es pas parfait et que tu as aussi des défauts. Alors, sois un peu plus indulgent envers les autres.

Heureux les cœurs purs ! Tu t’es tellement abimé le corps et l’âme avec toutes ces addictions qui te rendent impurs, avec les médias, l’internet et les réseaux sociaux : il est temps de purifier ton corps et ton âme qui sont le temple du saint Esprit. Ne laisse plus le mal abîmer ton âme.

Heureux les artisans de paix ! Tu as trop fait la guerre aux autres, tu les as maltraités avec ton caractère tyrannique et bagarreur ! Sois désormais patient envers eux et cherche à te réconcilier avec tes proches, ton entourage, tes collègues.

Jésus n’exige pas que nous soyons saints et immaculés depuis notre enfance, mais que nous devenions des saints, progressivement, même si nous sommes blessés par beaucoup de défaut et des péchés dans notre histoire personnelle. Alors, même si tu ne l’es pas encore, sache que Jésus t’appelle à le devenir. Amen.

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année B (2024)2024-10-31T10:26:27+01:00

Homélie du Père Joseph du XXIX° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs

Dimanche dernier, avec l’histoire du jeune homme riche qi voulait suivre Jésus, l’évangile nous expliquant en quoi consiste le fait de devenir disciple du Christ.  Mais malgré les explications de Jésus, les disciples ont, soit du mal à comprendre, ou ne veulent pas du tout comprendre le message de Jésus.  Ils ont du mal à renoncer à la soif de pouvoir et leur grand besoin de reconnaissance.

Sur la route qui les mènent à Jérusalem pour la troisième fois, Jésus annonce sa Passion aux disciples. En cours de route, les disciples se disputent les postes ministériels. L’évangile nous dit que les disciples discutaient entres eux pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Là encore, la réponse de Jésus rappelle le sens du service : « celui parmi vous qui veut être le plus grand, qu’il se fasse le serviteur de tous. Celui qui veut être le premier, qu’il se fasse le dernier de tous », avec l’exemple d’un enfant comme modèle. Mais là encore, cela n’a pas suffi pour que les disciples comprennent que suivre Jésus, c’est renoncer à la logique du monde, celle du pouvoir.

L’évangile de ce dimanche nous souligne encore combien les disciples étaient, comme nous tous parfois, obsédés par pouvoir. C’est rassurant pour nous : si c’est arrivé aux apôtres, il est normal que cela se passe dans nos petites communautés paroissiales aussi, où il y a parfois des quelques petites luttes de pouvoir. Pas besoin d’aller chercher les exemples, chez les politiques ou dans la hiérarchie de l’Eglise.

Regardons simplement autour de nous, dans nos petites communautés où, sournoisement, malheureusement, le Malin peut injecter le virus de la soif du pouvoir à travers les petits ou grands services que nous rendons à la communauté : le pouvoir pour faire les lectures à la messe le dimanche, animer les chants, la gestion des fleurs, de l’orgue, de la sacristie, l’animation de tel groupe de prière ou service…pour telle ou telle autre petite responsabilité…. Ce sont des services que nous rendons gratuitement et généreusement à la communauté ou dans le monde associatif mais parfois le Malin les utilise pour faire naître en nous une sorte de quête de pouvoir.

Mais, rassurez-vous, c’est normal ! Il s’agit d’une attitude pleinement humaine.  L’évangile de ce dimanche nous montre d’autres victimes de cette même tentation : l’apôtre Jean, le mystique, le disciple bien-aimé, l’homme de l’intériorité, l’aigle qui nous a laissé le quatrième évangile, ainsi son frère Jacques…. Mais plus tard, ces deux apôtres ont donné leur vie pour le Christ. Cela veut dire qu’ils se sont convertis et ont dû abandonner l’obsession du pouvoir pour embrasser la logique du service et de la croix.

Marc souligne comment Jean et Jacques ont fait la demande au Christ : « En ce temps-là, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire ». Concrètement, la famille ou les deux fils de Zébédée veulent mettre la main sur l’Eglise, dominer les autres, les tirer par le bout du nez. Ils veulent occuper, l’un Matignon et l’autre le Quai d’Orsay. Pensez à la querelle politique que nous avons vécu après la dissolution et que nous vivons encore dans notre pays actuellement.

On se serait attendu à une sorte de honte ou d’embarras de la part des autres disciples, devant une demande aussi déplacée. Mais non, au lieu d’avoir honte, les autres disciples sont jaloux, car ils avaient la même envie de pouvoir, comme Jacques et Jean qui les ont doublés en faisant la demande en premier. Jean et Jacques ont été plus malins que les autres, et cela les met dans une colère folle ! « Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. »  La guerre du pouvoir est ouverte entre les disciples.  La jalousie règne en maître, et va faire ses dégâts. La recherche du pouvoir fait forcément naître de la jalousie, les rivalités qui produisent inévitablement ensuite des querelles, la haine, la rancœur, les divisions… Les disciples sont dans une guerre d’égo, et oublient l’immensité de la mission, la grande multitude de ceux qui ont faim et soif de Bonne nouvelle.

Accueillons comme une grâce pour notre communauté les paroles du Christ rappelant à l’ordre ses disciples et soulignant la logique de leur mission : « Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.  Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Rendons grâce pour ces hommes et femmes, discrets, invisibles, humbles, ne prenant jamais le devant, mais qui sont toujours disponibles et qui, dans l’ombre, discrètement et généreusement font vivre nos paroisses, sans rien réclamer, dans un véritable esprit service. Ces petites mains servantes et discrètes, Jésus nous les présente comme modèles à imiter.

Puisse le Seigneur donner à chaque membre de notre communauté la grâce du service pour que dans toute mission, nous soyons toujours dans un véritable esprit de service et de don de soi aux autres, à l’Eglise, au monde… libérés de toute tentation de pouvoir et de domination ! Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXIX° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)2024-10-31T10:14:05+01:00

Homélie du Père Joseph du XXVIII° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !

Qui est Jésus ? Voilà la question posée au début de l’évangile selon saint Marc. Simon Pierre y répondra à Césarée de Philippe. Ce dimanche, saint Marc veut nous expliquer qui est disciple de Jésus. C’est quoi être disciple du Christ ?  Le candidat de ce dimanche semble parfait et coche toutes les cases pour celui qui fait passer l’entretien d’embauche ! Le jeune homme riche, comme nous aimons l’appeler, semble être amplement en règle. Mais, il se révèle par la suite ne pas être à la hauteur.

La démarche du jeune est édifiante. Il s’approche, à genou, plein de zèle et pose une question est théologiquement irréprochable : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Il reconnait en Jésus un Rabbi, s’engage à rendre concrète, tangible et agissante sa foi dans sa vie et sait que la vie éternelle ne se mérite pas mais s’accueille, se reçoit. On le reçoit en héritage ! Jésus est merveilleusement surpris. Il trouve seulement que le terme « Bon Maître » est un peu trop excessif, mais il accueille l’enthousiasme et le zèle de ce jeune homme. Il lui propose alors de suivre les commandements, ceux de Moïse. « Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »

Jésus ne pas un anarchiste qui propose des parcours inhabituels, étranges et révolutionnaires.  Il n’est pas venu abolir une seule virgule au parcours de foi du peuple d’Israël, mais pour le conduire à ses racines.

A un moment où notre jeunesse est tentée par la « cancel culture » et « la culture woke » qui veut effacer le passé, les racines et l’histoire, Jésus nous rappelle qu’il nous faut proposer à nos jeunes des parcours simples, liés à la tradition, à l’appartenance à une communauté, à une histoire, à une culture, avec ses joies, ses réussites, ses blessures, ses plaies et ses erreurs. Nous sommes toujours enracinés dans une histoire.  A nos jeunes du KT, de l’aumônerie, MEJ, du scoutisme, proposons une vie intérieure et un parcours sacramentel enracinés dans l’histoire, la tradition et la Parole de Dieu.

Le jeune homme de l’évangile a bien appris ses leçons de KT et d’aumônerie. Il maîtrise la doctrine juive. C’est un peu différent de la pratique d’il y a quelques décennies dans notre pays où l’on n’a pas appris la doctrine de notre foi aux enfants et jeunes du KT et de l’aumônerie. Fabrice, un séminariste de Lozère que j’avais en stage il y a quelques années me disait comment en aumônerie de lycée, on leur faisait dessiner des cœurs et chanter des chants de JC Giannada et de Yannick Noah au lieu de lire la Bible ou le catéchisme ! Résultat : des adultes et de jeunes qui ne savent vraiment pas grand-chose de Jésus ni de la foi catholique. Ce jeune homme de l’évangile a appris les commandements, sait en rendre compte et essaye de les mettre en pratique depuis son enfance. Que c’est beau !

Nous dirions : C’est une « belle âme ! » ou alors, « quel prétentieux ! » ce jeune homme ! Jésus préfère la première option ! Il voit toujours le côté lumineux de nos vies, le verre moitié plein de nos vies, de ma vie. Il sait que ce garçon est sincère et chemine avec enthousiasme sur la voie des commandements de Dieu. Surpris, Jésus lui adresse un regard rempli d’amour et de bienveillance : « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima ».

C’est ce même regard qu’il posa un jour sur Simon, devenu Pierre et Lévi devenu Matthieu. Chaque disciple d’hier et d’aujourd’hui a vu se poser sur lui ce même regard plein d’amour et de bienveillance. Il ne suffit pas de suivre les règles. Il nous faut aussi faire l’expérience de ce regard du Seigneur posé sur nous pour le suivre. Pas besoin d’apparition ni de miracle, mais seulement un regard qui transforme, convertit et appelle à faire un pas de plus. C’est l’expérience concrète du Seigneur nous qui rejoint dans la prière, l’oraison, l’adoration, la lectio Divina, la louange… Une expérience qui change la vie : le regard de Jésus posé sur nous, plein d’amour et de tendresse, un regard qui ne nous juge pas mais qui nous appelle à accueillir la vérité de notre propre vie pour ensuite suivre Jésus. Tu es aimé, au-delà de tout, infiniment aimé de Dieu et son Amour donne la vraie joie, car il est la source d’Amour.

Jésus nous aime bien avant de nous demander quoi que ce soit, avant de nous demander un parcours qui engage.  Jésus se dit : « Si vraiment ce jeune veut la vie éternelle, il peut alors faire quelque chose de plus grand, dépasser les règles, avoir de l’audace ». Jésus est sur le point de tout laisser. Alors, Jésus appelle le jeune homme à faire ce sauf de la confiance en Dieu : « Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »

Le sourire s’éteint sur le visage du jeune homme ! Non, il ne le sent pas. Il refuse de lâcher prise. Il veut tout garder et contrôler la situation. Il veut aussi garder sous contrôle sa propre foi.  Il se dit : « C’est trop ce Jésus me demande. C’est réservé à une élite, aux religieux, aux saints ! N’exagérons pas ! » Il s’en va, triste. Quel dommage ! Ce n’est pas un happy-end, comme dans les films romantiques.

Jésus nous aime d’un amour fou mais nous avons du mal à tout lâcher pour lui.  Il a tout donné pour nous mais nous n’arrivons pas à lâcher priser pour lui, à abandonner un peu de toutes ces richesses matérielles, affectives, intellectuelles (qu’il nous a donné d’ailleurs) qui nous bloquent et nous empêchent de le suivre. On peut être chrétien sans véritablement être disciple du Christ.

Dans une formation, on nous rappelait que dans l’Eglise en général, et en France en particulier, nous avons des chrétiens de culture, de tradition… mais qui ne sont pas devenus disciples du Christ. L’ex-président, Nicolas Sarkozy lors d’une émission télé, disait récemment que, lui, le chrétien de culture et de tradition, pas pratiquant, savait pourtant que la personne la plus importante qu’il aimerait avoir à sa table, c’est Jésus Christ.

Quand pourrons suivre le Seigneur pour celui qu’il est vraiment, et pas seulement pour ce qu’il nous donne. La foi à quelque chose de commun avec l’amour ! Pour l’amour d’un homme ou d’une femme, on est capable de prendre de grandes décisions, quitter son pays, son boulot, faire des km… Quand pourrons-nous croire et aimer le Seigneur au point de prendre de grandes décisions qui nous coûtent par amour pour lui ? Fixons notre regard sur Jésus qui nous regarde et nous aime, et demandons-lui la grâce de la confiance, du lâcher prise et de l’abandon à son Amour. Amen.

Homélie du Père Joseph du XXVIII° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)2024-10-31T10:13:43+01:00

Edito : En mission, avec le soutien de sainte Thérèse de Lisieux et saint François d’Assise

Passées les premières semaines de la rentrée scolaire et pastorale où nous étions tous sous l’eau, le nez un peu dans le guidon, il est temps de nous poser et penser à ce qui est au cœur de la vie chrétienne et de toute communauté ecclésiale : la mission. Octobre nous rappelle bien cela, dès le premier jour du mois, avec la fête de sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Eglise et Patronne des missions. Le pape François rappelle que sainte Thérèse est l’une des saintes les plus connues et les plus aimées dans le monde entier. Comme saint François d’Assise, elle est aimée même par les non-chrétiens et les non-croyants. Dans l’exhortation apostolique « C’est la confiance » à l’occasion du 150è anniversaire de la naissance de sainte Thérèse de Lisieux, le pape François insiste sur le fait qu’au cœur de la vie de sainte Thérèse, il y a un double désir :  

« Comme il arrive dans toute rencontre authentique avec le Christ, son expérience de foi l’appelait à la mission. Thérèse a pu définir sa mission en ces termes : « Je désirerai au Ciel la même chose que sur la terre : Aimer Jésus et le faire aimer ».  Elle a écrit qu’elle était entrée au Carmel « pour sauver les âmes ».  En d’autres termes, elle ne concevait pas sa consécration à Dieu en dehors de la recherche du bien de ses frères. Elle partageait l’amour miséricordieux du Père pour l’enfant pécheur, et celui du Bon Pasteur pour les brebis perdues, éloignées, blessées. C’est pourquoi elle est la Patronne des missions, maîtresse en évangélisation ».

Puisse chacun de nous, chaque membre de notre communauté brûler du même désir de salut pour soi-même et pour tous nos frères et sœurs ! C’est la raison d’être de l’Eglise et du baptisé ! Approchons-nous donc du Christ pour qu’il touche nos cœurs, le faisant brûler de son Amour pour nous envoyer en mission pour l’annoncer et le faire connaître à travers notre vie, nos engagements et propositions pastorales au cours de cette année à peine commencée.

La Providence Divine a voulu que cette année, notre diocèse, et tout particulièrement notre ensemble paroissial, accueille une communauté missionnaire : les Franciscains de l’Immaculée. C’est une grâce ! Au cours de la messe de rentrée du 22 septembre au Phare, nous les avons accueillis dans la joie. Un merci du fond du cœur pour tout ce que vous faites et donnez afin que leur installation se passe dans de très bonnes conditions, tant matériellement que pastoralement. Au cours de ce mois missionnaire d’octobre, nous pouvons compter sur la prière et le soutien de saint François d’Assise fêté le 4 octobre, afin que notre diocèse et notre ensemble paroissial en particulier reçoivent en abondance des grâces pour la mission, à travers la présence des pères Clément, Justin, (et de Jacques qui viendra plus tard).

Bien que déjà accueillis, l’installation officielle des frères franciscains dans le diocèse aura lieu le dimanche 3 novembre au cours d’une messe célébrée par notre archevêque, Mgr Guy de Kerimel en présence du Supérieur Général des Franciscains de l’Immaculée, le père Immacolato Maria ACQULI. Nous manifesterons notre joie d’accueillir les Franciscains de l’Immaculée parmi nous, occasion favorable pour un temps convivial, fraternel et un repas partagé à L’Oustal (de nouveau) avec les nos hôtes. Je vous invite fortement à noter cet événement dans votre agenda et à venir nombreux, donnant ainsi le témoignage d’une communauté paroissiale accueillante et pleine de vie.

Que Sainte Thérèse de Lisieux et saint François d’Assise nous accompagnent et intercèdent pour nous !

Edito : En mission, avec le soutien de sainte Thérèse de Lisieux et saint François d’Assise2024-10-07T14:47:14+02:00

Homélie du Père Joseph du XXVII° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !

Depuis quelques années, et surtout depuis le pape François, qui a publié l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia » ou (La Joie de l’Amour), l’Eglise catholique porte une attention particulière aux couples séparés, divorcés, recomposés, ceux qui, après un divorce ou une séparation se sont reconstruits affectivement en commençant une nouvelle relation de manière plus ou moins stable. Ces formes de vie sont regroupées, canoniquement parlant, autour d’une expression, un peu malheureuse à mon avis !

On parle de situations matrimoniales « irrégulières ou difficiles ». En admettant le fait que derrière un amour qui finit, qui ne réussit pas à trouve une stabilité à l’intérieur de la société civile ou religieuse il puisse y avoir des difficultés et une série des souffrances qu’on n’a pas su dépasser, je me demande toujours quel est le critère de régularité ! Moi-même, pasteur de mon état, j’ai un peu de mal définir « régulière » la vie affective d’un couple ou d’une personne et « irrégulière » telle autre, parce que je ne sais pas toujours ce qui se passe dans la vie d’un couple. Notons au passage que chaque couple est unique, et lorsque l’on creuse un peu, nous nous rendons compte de la complexité de la vie de couple, surtout de nos jours !  En cas, je ne pense pas que la régularité, le bonheur et moins encore la sainteté d’une vie à deux soient donnés par un certificat religieux conservé depuis des années !

Rendons grâce au Seigneur pour tous les couples qui, entre mille difficultés, problèmes et épreuves, ont eu la grâce de conserver intact lien du mariage ! Essayons de dépasser la mentalité qui considère comme un problème, une difficulté ou une chose irrégulière la vie affective de ceux qui n’ont pas eu cette grâce, ou qui n’ont pas réussi à la conserver. Tout en dénonçant notre société qui n’aide pas à tenir le lien du mariage dans la durée, nous savons cependant que derrière certaines séparations il y a souvent des abus, de la violence, le manque de respect, des trahisons… et beaucoup de blessures. Ces sujets sont très délicats, et il est parfois plus facile de ne pas en parler.

Il y a une quinzaine d’années, lors d’une messe des familles dans une paroisse où je venais d’être nommé comme vicaire, il y avait ces mêmes lectures. Les catéchistes m’avaient alors proposé changer les textes, pour prendre des lectures plus douces et moins traumatisant pour les enfants et les parents présents et qui étaient pour la plupart dans ces situations dites « irrégulières ».  On ne peut pas changer la Parole de Dieu simplement parce qu’elle touche là où ça fait mal ou quand elle met le doigt sur nos difficultés !

Les lectures de ce dimanche, avant même de parler de problème et difficultés, nous rappellent que la vie de couple, le mariage est d’abord et avant tout une très bonne nouvelle et fait partie du plan de Dieu. En témoigne l’émerveillement d’Adam quand Dieu lui amène Eve : « Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme. L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »  À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. » Rappelons sans cesse, malgré la crise, et parce qu’il y a crise, que le mariage, la famille est une très bonne nouvelle pour l’Eglise et la société. C’est dommage qu’on parle du mariage seulement en termes de crise ou de problème.

Le plus important de ce texte, c’est la mise en valeur de la beauté du couple, de deux personnes créées différentes mais complémentaires : complémentaires malgré leur différence, deux personnes faites l’une pour l’autre pour s’entraider de manière harmonieuse, devenant une seule chair, chair de sa propre chair et os de ses propres os parce qu’entre ces personnes il y a quelque chose de grand qui les unit et qui s’appelle l’Amour. J’aime bien les animaux, mais aucun animal, même le plus fidèle des animaux de compagnie ne te donnera l’Amour que te donne une épouse ou un époux.

La Genèse relit la vie de couple à la lumière d’une situation originelle d’un homme et une femme qui vont passer graduellement de l’attirance réciproque en amitié, puis en affection, puis en amour, laissant le père et la mère pour former une unité et une communion profonde de cœur, de corps et d’esprit.

Telle est la nature du mariage, aujourd’hui encore et toujours. C’est ce que Jésus le rappelle aux pharisiens : « au commencement de la création » Dieu l’avait prévu ainsi. Tel est le projet originel de la création : que les deux soient une seule chair, une seule fragilité et une seule faiblesse, ou mieux encore, deux faiblesses et deux fragilités qui, mises ensemble, sont capables de donner solidité à la vie de couple. On n’épouse pas un ange tombé du ciel, mais un être fragile comme nous, et nos fragilités acceptées et mises ensemble deviennent une force. C’est cela la bonne nouvelle du mariage malgré les épreuves et la crise.

En couple, en famille, en Eglise, dans toute société, il faut des normes ! Evidemment ! On ne peut vivre dans une société sans normes. Mais n’oublions jamais que la norme, la loi par excellence, c’est l’Amour. Seulement l’amour peut t’aider à ne pas transformer celui ou celle que tu as aimé en ennemi à écraser au tribunal, lorsque malheureusement, il vous semble que, malgré tous les efforts, il n’est plus possible de continuer votre vie à deux.  La guerre lors des divorces et séparations sont l’œuvre du Malin qui veut tuer l’amour dans notre cœur.

Dans cet évangile, Jésus nous rappelle que par-dessus tout, nous devons être très attentifs à nos enfants. L’amour et le bonheur des enfants doit être la priorité et le critère de nos décisions ! Pour faire souffrir son ex, l’enfant devient le jouet de nos rancœurs, de nos jalousies et notre guerre morbide. Ecoutons Jésus nous redire dans cet évangile « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »   Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. »

Un enfant ne se demande pas si papa ou maman sont régulièrement mariés à l’église : il se demande seulement si ses parents l’aiment. Un enfant ne demande pas si la maman et le papa ont toujours été une seule chair et un seul esprit : il désire seulement que ses parents l’aiment, et si ses parents s’aiment, c’est encore mieux pour lui et pour toute la société.  En rendant grâce pour la bonne nouvelle du mariage et de la famille, nous prions aussi pour eux qui sont éprouvés et blessés dans leur vie de couple.  Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXVII° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)2024-10-31T10:12:12+01:00

Homélie du Père Joseph du XXIV° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !

Jésus se trouve dans un moment de calme et d’intimité avec ses disciples. Ils sont loin des dérangements et des bruits. C’est dans ces moment d’intimité qu’il est possible de poser les questions importantes, celles qui touche le cœur, pas celles que nous pouvons poser devant la télé, entre deux coups de téléphone, entre deux épisodes de votre série préférée ou à la mi-temps d’un match de foot ou de rugby. Certaines questions exigent d’être posées dans un cœur à cœur, en toute intimité avec un ami, son enfant, ses parents, son amoureux !

Au cours de ce cœur à cœur, Jésus pose une question décisive dont dépendra tout le reste : la foi, les choix, la vie… ! Il ne s’agit pas de faire un sondage d’opinion auquel les réponses sont multiples, prenant Jésus pour Jean-Baptiste, Elie ou un autre prophète passé. La question de Jésus exige une réponse qui vient du coeur « Et vous, que dites-vous ! » Parlez-moi de vous, pas des autres ! La question commence par « Et vous ! » Ne vous contentez pas d’une foi par oui dire, par tradition. « Et vous qui avez abandonné vos barques, avez tout quitté pour me suivre, vous qui avez cheminé avec moi depuis trois ans, que j’ai choisis un à un… qui suis-je pour vous ? »

Cette question est le cœur de foi chrétienne : qui est Jésus pour toi ? Jésus ne cherche pas des paroles mais des personnes, pas des définitions de soi mais une implication de soi. Qu’est-ce qui a changé en toi lorsque je t’ai rencontré ? C’est comme les questions que se posent les amoureux : « quelle place ai-je vraiment dans ta vie, combien je compte pour toi ? » et à l’autre de répondre : « tu es ma vie, mon trésor, mon oxygène, mon homme, la femme de ma vie, mon amour… »  A ce type de question, tu ne répondras pas par ce que les gens racontent de votre relation mais ce que tu penses et vis au plus profond de toi. De même, Jésus n’a pas besoin de l’opinion de Pierre pour avoir des informations, pour savoir s’il est plus fort des prophètes d’avant, mais pour savoir si Pierre lui a réellement ouvert son propre cœur.

Le Christ est vivant seulement s’il est vivant en nous. Notre cœur peut être le berceau ou le tombeau de Dieu, berceau qui prend soin de la vie et voit grandir Dieu dans notre maison, ou alors la tombe où Dieu en nous. Le Christ n’est pas ce que je dis de lui mais ce que je vis concrètement de lui. Il n’est pas mes paroles, mais ce que de lui rend ma vie ardente. La réponse à la question de Jésus exige l’implication personne, comme l’apôtre Thomas qui, huit jours après la résurrection, s’était mis à genou devant le Ressuscité en disant : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Ce « mon » n’indique pas la possession, mais la passion, non pas une appropriation mais l’appartenance. Mon Seigneur ! Mon, comme ma respiration sans laquelle je ne peux vivre, comme mon cœur sans lequel je suis sans vie !

La réponse est collégiale, collective, unanime dans le contenu exprimé par Pierre au nom de tous : « Tu es le Christ », ça veut dire, tu es le Messie, le Consacré, l’Oint, l’Envoyé du Père. Après avoir accueilli cet acte de foi des apôtres, Jésus peut maintenant s’ouvrir librement à ses disciples, leur parler sans métaphore de ce qui l’attend, c’est-à-dire, de sa passion et sa mort en croix prochaine. Il ne pouvait pas le confier à ses disciples s’il n’avait pas préalablement reçu cet acte de foi et cette confiance de leur part. On ne peut s’ouvrir, confier les secrets de sa vie à des gens en qui l’on n’a pas confiance. Dieu ne peut se révéler véritablement à nous, toucher notre cœur, nous faire faire une expérience profonde de sa présence et de son action que s’il voit que notre foi n’est pas que de façade ou par oui dire. Après l’acte de foi des disciples, Jésus « commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite
 » Voilà le Kérygme, l’essentiel de la foi chrétienne.

De même que l’amour est éprouvé, purifié pour grandir, de même la foi est éprouvée, purifiée par les événements parfois douloureux de la vie.  La foi professée par Pierre au nom de tous doit être purifiée dans son cœur, comme nous l’indique la suite de l’évangile. Devant la bouleversante révélation de l’identité du Christ, « Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. » Un disciple qui fait la leçon à son Maître ! C’est absurde alors et toujours. Jésus ne veut pas laisser les disciples dans cette confusion sur sa propre mission. Il faut qu’il clarifie bien les choses. L’évangile nous dit : « Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » En fait, Jésus veut se rassurer que tout le monde comprenne son message pendant qu’il s’adresse à Pierre.  C’est l’occasion pour lui de faire une catéchèse et faire comprendre au mieux ce que signifie pour lui être véritablement son disciple.

Jésus convoque alors la foule et ses disciples et utilise ce langage tellement explicite pour demander une véritable adhésion à sa personne et à sa mission. « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive signifie. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. » Suivre Jésus, c’est prendre la croix, c’est donner sa vie pour les autres, c’ouvrir pour s’ouvrir à l’amour, à la joie du don.

Dans la deuxième lecture, saint Jacques nous aide à comprendre cette vocation au service et au don dans la foi. Il nous appelle à passer du « dire » au « faire », des discours au témoignage concret, de la théorie à la pratique qui se fait charité et disponibilité envers les autres. Un chanteur Congolais rappelle que l’amour n’existe pas et qu’il n’y a que des preuves d’amour ! Une chose est de dire qu’on aime, qu’on est croyant,  une autre est de prouver son amour et sa foi  par des actes.  Ainsi, saint Jacques nous écrit : « Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte.  En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres.  Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. ». Cela veut dire que le croyant doit agir en conformité de ce qu’il croit. Nous ne pouvons pas nous contenter seulement de proclamer, annoncer et enseigner. Il est nécessaire d’agir et œuvrer pour le bien des autres pour être crédible.

En cette période de rentrée paroissiale, avec cette nouvelle année pastorale, personnellement comme communauté, nous pouvons nous interroger sur la vérité de notre foi, notre adhésion au Christ : est-elle authentique ou superficielle, de façade, surtout lorsque nous sommes tentés de faire le tri, sélectionnant ce qui nous convient dans la foi, dans les exigences de l’évangile ou de la doctrine, rejetant ce qui ne nous convient pas, comme a essayé de le faire Pierre dans l’évangile au point de se faire traiter de Satan par Jésus. Demandons-nous aussi si notre foi est simplement théorique ou opérante, en parole ou agissant en acte.  Demandons la grâce d’une foi authentique, concrète et agissante.

 

Homélie du Père Joseph du XXIV° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)2024-10-31T10:11:43+01:00

Edito : Se lancer, s’accueillir et rendre grâce !

Une nouvelle année pastorale a déjà commencé ! Comment sera-t-elle ?  Nul ne le sait ! Elle sera certainement ce que le Seigneur aura voulu, parce qu’il est Celui qui conduit son Eglise par son Esprit, mais aussi ce que chacun de nous voudra qu’elle soit par le don de soi-même, par son engagement, ses services à la communauté et notre abandon personnel et communautaire au souffle du saint Esprit.

Alors, lançons-nous dans l’Espérance, comme nous y a invités Mgr de Kerimel lors de la Journée Diocésaine à Lourdes. Celui qui espère ne se trompe jamais. C’est pour cela que je nous invite tous à nous lancer dans la confiance, sans se laisser bousculer par différentes peurs ou par le poids des habitudes ! Nous nous réjouissons que notre archevêque vienne personnellement lancer notre année pastorale lors de la messe qu’il présidera le 22 septembre à 10h30 au Phare de Tournefeuille. J’espère que nous serons très nombreux, non seulement pour l’accueillir mais aussi pour commencer l’année dans la dynamique d’un élan joyeux et missionnaire. J’appelle tous les fidèles et les membres tous les groupes, associations, équipes et services à venir à ce temps fort de notre ensemble paroissial.

La rentrée paroissiale du 22 septembre sera aussi l’occasion d’accueillir les personnes nouvellement arrivées dans nos paroisses. La santé d’une communauté dépend aussi de sa capacité à savoir accueillir. Si nous n’accueillons personne dans l’Eglise ou au sein de notre communauté, nous nous condamnons à la mort et à la disparition. Les nouveaux nous renouvellent ! Alors, soyons heureux d’accueillir une nouvelle communauté religieuse. Après les Sœurs de la Résurrection, notre ensemble paroissial est heureux d’accueillir une nouvelle communauté : les Franciscains de l’Immaculée.

Ils arrivent à trois et vont résider au presbytère de Plaisance-du-Touch. Le 22 septembre, il y aura les frères Justin et Clément.  Un troisième arrivera plus tard. Pour les accueillir, il faut quelques travaux d’aménagement intérieur dans le presbytère. Il faudra aussi des meubles et du matériel pour la cuisine et du linge pour la literie. Je sais que je peux compter sur vous pour équiper le presbytère. Aussi, je fais appel au don ou au prêt d’une voiture : les frères ont chacun un permis de conduire mais n’ont pas de voiture. Alors, j’en appelle à votre générosité. Si vous avez une voiture que vous pouvez donner ou prêter pour quelques mois, cela facilitera leur arrivée et leur implication pastorale et missionnaire. N’hésitez à vous manifester auprès du secrétariat paroissial. Je vous en remercie infiniment.

Le 22 septembre, avec le Père Vital MUDIMBE, nous allons rendre grâce pour cette année entière qu’il aura passée parmi nous. Nous rendons grâce pour sa présence et toute ce qu’il a permis de recevoir du Seigneur par son ministère et son amitié.  Nous pourrons lui dire au revoir et lui offrir un cadeau pour l’accompagner sur l’ensemble paroissial de Saint Nicolas-Sacré Cœur où il est envoyé à partir du 1er octobre. Une collecte va être faite dans nos paroisses les weekends des 8 et 15 septembre.

Après la messe au Phare, nous nous retrouverons, autour notre archevêque, avec les frères Franciscains Justin et Clément, le père Vital pour un temps convivial autour d’un repas partagé apporté par chacun. Pour une meilleure organisation, nous vous invitons dès à présent à vous inscrire sur les fiches placées dans les 5 églises. Elles seront retirées après les messes du 15 septembre. Belle année pastorale, qui sera aussi une année jubilaire !

Edito : Se lancer, s’accueillir et rendre grâce !2024-09-10T10:07:10+02:00
Aller en haut