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Homélies des messes

Homélie du Père Clément pour la solennité du Christ roi de l’univers, année B (2024)

Chers frères et sœurs,
En ce dernier dimanche de l’année liturgique, la Solennité du Christ Roi de l’Univers vient donner tout son sens à notre parcours de foi. Tout au long de l’année, nous avons suivi Jésus depuis l’Avent, célébrant sa naissance, méditant ses enseignements, contemplant sa passion, sa mort et sa résurrection. Aujourd’hui, nous le proclamons Roi de l’Univers, affirmant que toute l’histoire converge vers lui. Cette fête nous rappelle que le Christ est le centre et le but de toute la création. Comme le dit saint Paul : « Tout est créé par lui et pour lui » (Col 1,16). En reconnaissant sa royauté, nous sommes invités à aligner nos vies sur les valeurs de son Royaume : l’amour, la vérité, la justice et la paix. C’est une invitation à renouveler notre engagement à le suivre et à le laisser régner dans nos cœurs, afin de préparer l’avènement de son Royaume sur terre.
1. Un Royaume qui ne passe pas (Dn 7,13-14)
Dans la vision de Daniel, le “Fils d’homme” reçoit un pouvoir éternel et un royaume indestructible. Ce royaume contraste avec les empires humains souvent marqués par la guerre et l’injustice. Jésus, en tant que Roi-Serviteur, nous enseigne que son règne repose sur l’humilité et le don de soi. Comme un roi légendaire disait à ses soldats : « Vous êtes mes serviteurs, mais je suis votre esclave », Jésus s’abaisse pour élever l’humanité.
2. Le Christ, témoin fidèle (Ap 1,5-8)
Jésus, le “témoin fidèle”, révèle le visage d’un Dieu qui aime jusqu’à la croix. Son règne transforme les cœurs et nous appelle à devenir “un peuple de prêtres” (Ap 1,6), témoins de sa justice et de son amour. Nous sommes invités à vivre selon les valeurs de ce Royaume et à le placer au centre de nos vies.
3. Mon Royaume n’est pas de ce monde (Jn 18,33-37)
Jésus affirme une royauté basée sur la vérité. Être citoyen de ce Royaume exige fidélité et courage. Comme ce chrétien persécuté déclarait : « Mon Roi est le Christ », nous sommes appelés à témoigner de la vérité, même face à l’opposition. La vraie royauté consiste à faire de Jésus le centre de notre vie et à vivre selon ses valeurs de paix et de justice.
Concrètement……….
La fête du Christ Roi clôt l’année liturgique en nous rappelant que tout converge vers lui. Proclamer Jésus comme Roi implique :
1. Faire de Jésus le centre de nos priorités, au-dessus des “royaumes” terrestres.
2. Vivre selon les valeurs de son Royaume : justice, amour, vérité, et paix.
3. Témoigner de sa royauté par nos actes et nos choix.
Tournons nos cœurs vers lui avec la prière de saint Ignace :
« Seigneur, prends tout ce que j’ai, tout ce que je suis. Règne sur mon cœur aujourd’hui et pour l’éternité. »
Que le Christ, Roi de l’Univers, règne dans nos vies et illumine le monde par son amour.

Homélie du Père Clément pour la solennité du Christ roi de l’univers, année B (2024)2024-11-26T11:19:43+01:00

Homélie du Père Justin pour la Solennité du Christ roi de l’univers, Gv 18,33b-37 

Chers frères et sœurs, peut-être avez-vous entendu parler du philosophe-roi, ou du roi-philosophe, qui est une idée de l’Antiquité, chère à Platon. C’est une idée qui a eu une importante postérité jusqu’à nos jours…

Selon cette idée c’est le philosophe qui doit gouverner parce qu’il contemple la vérité en esprit, le bien et la justice, et ensuite il peut agir, les mettre en pratique. Ou bien le roi doit pour le moins apprendre à philosopher et dès lors il peut mieux gouverner.

Et l’Évangile de Jean est adressé à des juifs, surtout à Alexandrie, qui sont fascinés par la pensée grecque et ont remplacé Moïse par Platon – pire, quand ils parlent de Moise en réalité ils pensent à Platon, ils interprètent toute l’Écriture à la lumière de Platon.

L’Évangéliste s’inscrit en faux envers cette perspective du philosophe-roi ou du roi-philosophe. Dans cet échange entre Jésus et Pilate, qui est un échange assez long, vous vous en souvenez certainement, Pilate dit : Qu’est-ce que la vérité ? il le dit avec mauvaise humeur, avec impatience. L’évangéliste enseigne que le souverain n’est pas un philosophe, il n’a pas un rapport contemplatif, philosophique avec la vérité.

Cependant en contrepartie il a un rapport avec la vérité et un rapport important, parce qu’il a des responsabilités. En l’occurrence Pilate doit décider d’ôter ou non la vie à un homme, il doit en outre chercher à éviter une insurrection, il doit penser aux conséquences politiques de ses décisions.

Il doit déterminer des actions importantes, il a besoin de discerner, de distinguer le vrai du faux dans ce qu’on lui dit, donc il a un rapport important avec la vérité. Et on le voit, en effet, Pilate saisit ce qui est important. On lui dit que Jésus est un malfaiteur, qu’il faut le mettre à mort – et lui il conclut qu’il est le roi des Juifs.

Il comprend qu’il s’agit d’une rivalité de pouvoir, que si c’est personnes-là lui disent cela de Jésus c’est pour une question de rivalité. C’est tout cela que Pilate comprend et il le comprend tellement bien qu’il fera écrire sur la croix, en trois langues, que Jésus est le roi des Juifs pour bien marquer la vérité qu’il a perçue.

Ce que je dis de cette façon, ce que dit l’Évangéliste, c’est un scandale pour l’intellectualisme de Platon et de ses adeptes – et pour beaucoup de gouvernants – pour lesquels il faut d’abord comprendre avant d’agir, savoir avant de prendre des responsabilités.

L’Évangile dit le contraire. D’abord on vit, on prend des responsabilités, dès lors par voie de conséquence on va comprendre, juger, agir, connaitre toujours mieux la vérité. La vérité est une personne qui nous accompagne, avec qui nous sommes en dialogue comme Pilate avec Jésus.

Nous avons tous bien entendu un rapport à la vérité parce que nous sommes des personnes, nous sommes créés à image de Dieu, nous sommes souverains dans notre propre vie et donc nous prenons des responsabilités, des décisions qui ont toutes leur importance.

Mais nous devons surtout nous demander en quoi consistent ces responsabilités que nous devons prendre.

Est-ce cela prendre pleinement nos responsabilités : décider ou non d’ôter la vie à une personne ? Le Seigneur nous répond et nous enseigne par ces paroles : Mon royaume n’est pas de ce monde. Dans mon royaume on ne se demande pas si on va ôter la vie à une personne ou à une autre.

Quand le Seigneur dit que son royaume n’est pas de ce monde, nous ne devons pas imaginer que le Seigneur pourrait appeler des anges pour venir le sauver. Ce n’est pas suffisant come différence, il n’y a pas des anges qui pourraient venir blesser ou tuer des soldats romains pour libérer Jésus et ainsi le sauver, mais que lui décide de ne pas les appeler. Non ce n’est pas suffisant comme différence.

On le voit dans la question qui occupe Pilate : mettre à mort ou ne pas mettre à mort Jésus, c’est de la médiocrité et on voit où mène la médiocrité. Pilate devra accepter de condamner Jésus à mort contre sa propre volonté et contre ce qu’il a compris du jeu de pouvoir qui est en cours…

Mon royaume n’est pas de ce monde nous dit le Seigneur – il y a un jeu de mots en grec : il n’est pas de cet ordre, il n’est pas de cette nature. Dans mon royaume on donne la vie, on sauve la vie, on donne sa vie, on est au service de la vie – toujours – il n’y a jamais d’exception, il ne peut pas en être autrement. Et il en est ainsi de toute éternité.

Le Seigneur dit qu’il est né et qu’il est venu dans le monde pour témoigner de la vérité. Il est le Fils éternel de Dieu parce que Dieu est le vivant et veut donner la vie autour de lui – là c’est la plus pure tradition biblique, c’est Moïse qui reprend ses droits, Dieu est le vivant qui donne la vie en abondance et te commande de ne pas tuer.

Et puis il est venu dans le monde pour nous donner cette vie, il s’est uni à toute la création. Dans sa naissance, sa vie, sa mort, sa résurrection au sein de ce monde il occupe le centre de chaque réalité, il est vraiment le roi de l’univers, qui donne et redonne la vie.

Si on considère la politique, où est-ce que je vais trouver le Christ dans la politique ? Si je regarde attentivement sans préconceptions, sans faire de violence aux choses, sans idéologie je vais trouver le Christ au centre de la politique. Il s’agit de mettre tout en œuvre pour que chacun puisse se développer pleinement et être heureux. Et si je regarde l’économie je vais me dire Mais où je vais trouver le Christ là-dedans ? et je le trouve au centre, sans forcer, dans la destination universelle de tous les biens.

Si on accueille pleinement notre responsabilité envers la vie alors nous sommes pleinement en relation avec la vérité et nous ne subissons plus les évènements, nous ne sommes plus entrainés par eux à faire le contraire de ce que nous voudrions. Le Christ est avec nous toujours, en nous, il nous guide toujours. Il est véritablement le roi de l’univers.

Homélie du Père Justin pour la Solennité du Christ roi de l’univers, Gv 18,33b-37 2024-11-26T11:21:27+01:00

Homélie du Père Joseph pour la solennité du Christ roi de l’univers, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !
Aujourd’hui encore c’est-à-dire fin 2024, il existe encore plus 45 monarchies ! Elles assument diverses formes. De royaumes comme celui du Maroc, des Emirat comme les Emirats Arabes Unis, des sultanats comme celui de Brunei, des principautés comme de Monaco, et même un empire, celui du Japon ! Nous avons des grands-duchés comme le Luxembourg. Il y a même un Etat-Cité unique en son genre : le Vatican qui fait du pape un Chef d’Etat. Jadis, ces régimes monarchiques avaient un pouvoir absolu, mais aujourd’hui, beaucoup sont devenus des monarchies constitutionnelles ou parlementaires, le monarque ayant souvent rôle symbolique. La reine Elisabeth, véritable icône pour de nombreuses générations a laissé place au roi Charles III au Royaume-Uni, avec un pouvoir symbolique, culturelle et économique sur plus de 54 nations du Commonwealth dont font partie désormais certains Etats de la France Afrique en voie de disparition comme le Gabon et le Togo.
Outre ces monarchies, il existe d’autres type de royaume et ou d’empire : digital, médiatiques, des plateformes sociales, les multinationales technologiques qui gouvernent, contrôlent et soumettent nos vies au quotidien. Et, il y a aussi des dominations symboliques : les marchés financiers qui font trembler les Etats par les notations, les idéologies dominantes qu’on n’a même pas droit de critiquer de peur de se faire condamner, lyncher médiatiquement ou juridiquement, les « stars » qui régnant sur le monde de la culture, du spectacle, du sport…
Dans ce contexte, l’Eglise célèbre pourtant aujourd’hui la solennité du Christ-Roi de l’Univers, instituée par le pape Pie XI en 1925 en réponse aux totalitarismes de l’après la Première Guerre Mondiale. L’intention du pape Pie XI était claire : rappeler que l’unique vrai Souverain de l’univers est le Christ. J’ose même dire que celui qui introduit cette fête, ce n’est pas tant le pape Pie XI, mais bien, avant lui, le Ponce Pilate quand il présente Jésus de Nazareth comme Roi des Juifs, avec cette inscription accrochée au-dessus de la croix où est suspendu Jésus au Golgotha en trois langues (le grec, le latin et le l’araméen) que tout le monde pouvait comprendre à cette époque. Jésus se proclame Roi mais il précise immédiatement de quelle royauté il s’agit. « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici » Quand Pilate lui demande « tu es roi ? », Jésus fait une distinction entre le règne temporel (dis-tu cela de toi-même) et le règne spirituel (roi des juifs au sens messianique !). Il définit clairement quelle est sa mission : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. »
Mais qu’est-ce qu’est la vérité ? C’est la grande question qui nous est posée ! Dans une époque comme la nôtre où le relativisme et le fonctionnalisme refusent tout concept de vérité absolue, le message de Jésus nous interpelle. Dans un monde de « fake-news », des influenceurs, des manipulations médiatiques, des réseaux sociaux où la vérité compte pas grand-chose, Jésus nous invite à chercher la Vérité et à en témoigner.
Ponce Pilate avait commencé un bout de chemin de dialogue et était sur le point d’être conquis par ce que disait Jésus, au point de vouloir le libérer : « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation ! » L’épouse de Pilate a même essayé de l’aider à mieux comprendre ce qui se passait. Cependant, quand Jésus est accusé d’être ennemi de l’empereur César, Pilate voit le danger de perdre ses chances de faire carrière en Palestine. Au lieu de choisir d’être l’ami de la Vérité, Pilate a choisi d’être l’ami de César, du mensonge et se lave les mains.
Nous aussi, parfois nous préférons choisir l’esprit du monde, du mensonge, nous compromettre la vérité pour sauvegarder nos intérêts personnels dans le domaine politique, économique, professionnel, affectif et même religieux. Parfois nous nous trouvons devant des choix comme celui de Pilate : choisir entre celui qui a le pouvoir politique, économique, médiatique, voire religieux, et l’amitié avec Jésus, la Vérité, l’Amour ? Comme Pilate, nous nous lavons les mains, préférant ne pas choisir mais oubliant que ne pas choisir, c’est aussi faire un choix : celui de nous éloigner de la Vérité.
J’ai rencontré il y a quelques mois jeune converti, un néophyte qui s’est trouvé pendant longtemps devant un dilemme similaire à celui de Pilate. Il travaillait pour un homme politique français dont il était le négrier, c’est-à-dire qu’il lui écrivait ses discours et interventions publiques. Il a dû démissionner parce qu’il ne supportait plus d’être l’ami du mensonge. Il m’a dit : « A un certain moment, ta conscience t’interdit de faire des choses auxquelles tu ne crois pas. Tu écris des discours pour dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, tout en sachant au fond de toi que c’est faux, du mensonge et de la manipulation, et tu le fais quand même. A un certain moment, ta conscience te dit stop, ça suffit ! »
Tous ces règnes, royaumes, monarchies, empires, régimes et puissances politiques que nous avons mentionné ont disparu et disparaitront un jour. La grande histoire nous montre tous ces impérialismes qui se sont écroulés. On voit bien qu’aujourd’hui les enjeux géopolitiques et puissances sont en pleines mutation. Nous avons vu des puissances naître et disparaitre, pour laisser place à de nouvelles qui ont aussi disparus à leur tour etc… Nous voyons toutes les célébrités dans le sport, les médias, le monde politique et économiques décliner pour laisser place à d’autres qui déclineront. Et il suffit de très peu pour voir une star tomber du piédestal, perdre de son influence et de sa superbe.
Jésus au contraire, est un roi éternel et son Règne est éternel parce que c’est lui le vrai Roi, non seulement de Rome et du monde, mais de l’Univers visible et invisible. Pilate a posé à Jésus la mauvaise question. Au lieu de lui demander « qu’est-ce que la vérité », il aurait dû demander « qui est la vérité ? ». La vérité n’est pas une chose, mais quelqu’un. Jésus a dit en effet, « Je suis la Vérité et la Vie ». Pilate aurait dû se laver, non pas les mains mais les yeux pour voir la Vérité debout devant lui, la Vérité que la foule manipulée par le mensonge voulait crucifier comme aujourd’hui encore. Pilate a voulu rester ami de César pour quelques années au lieu de choisir d’être l’ami de Jésus pour l’éternité.
Comme Pilate, de qui voulons-nous être l’ami ? Qui gouverne nos vies ? Qui est le souverain devant qui nous nous prosternons, à qui nous obéissons aveuglement au quotidien ? Le Christ ou le monde ? La Vérité ou le mensonge ? L’Amour ou la haine ? La vie éternelle ou négocier quelques années en ce monde ? Jésus, Roi de l’Univers, sois le maître de ma vie, de notre vie. Avec et à l’invitation frère universel, Charles de Foucault, nous nous abandonnons à toi Jésus, Roi Souverain, fais de nous ce qu’il te plaira. Nous nous abandonnons entre tes mains, Roi de l’Univers parce que nous aimes sans mesure ! Amen

 

 

Homélie du Père Joseph pour la solennité du Christ roi de l’univers, année B (2024)2024-11-26T11:12:54+01:00

Homélie du Père Clément du XXXIII° dimanche du TO, année B (2024)

Espérance au cœur des temps difficiles
« Non abbiate paura! Aprite, anzi, spalancate le porte a Cristo! »
En français, cela se traduit par :
« N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez grand les portes au Christ ! »
Cette phrase célèbre a été prononcée par Jean-Paul II lors de son discours inaugural en tant que pape, le 22 octobre 1978. Elle incarne son appel à la foi et à la confiance en Dieu, encourageant les fidèles à laisser le Christ entrer pleinement dans leur vie.
Chers frères et sœurs en Christ, en ce 33e dimanche du Temps Ordinaire, l’Église nous invite à contempler les signes des temps, non pas dans la peur, mais dans l’espérance. C’est une invitation à comprendre la fin des choses non pas comme une menace, mais comme une transition vers une plénitude promise par Dieu. En ce dimanche où nous célébrons aussi la Journée mondiale des pauvres et le soutien du Secours Catholique, nous sommes appelés à vivre l’évangile de l’espérance en actes concrets.
1. Première Lecture (Dn 12, 1-3) : La promesse de la résurrection
Le prophète Daniel nous présente une vision saisissante de la fin des temps, où l’archange Michel veille sur le peuple de Dieu dans une période de grande détresse. Mais au cœur de ce tableau inquiétant jaillit une promesse : « Ceux qui auront conduit la multitude vers la justice brilleront comme des étoiles, pour toujours et à jamais ». Cette promesse de la résurrection, de la vie éternelle, est un puissant rappel que Dieu n’abandonne jamais son peuple, même dans les moments de grande souffrance.
Nous, chrétiens, sommes invités à être porteurs de cette lumière et à apporter l’espérance aux autres, surtout aux plus pauvres et marginalisés, qui vivent souvent dans une détresse profonde. Comme l’archange Michel, nous sommes appelés à être des protecteurs de ceux qui n’ont pas de voix, de ceux qui sont oubliés.
2. Psaume 15 : Confiance et fidélité envers Dieu
Le psaume responsorial nous encourage à placer notre confiance en Dieu : « Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge ». Cette confiance n’est pas naïve ; elle est le fruit d’une relation intime et fidèle avec le Seigneur. Dans un monde où l’incertitude règne, où la fragilité humaine se révèle chaque jour, Dieu reste notre roc, notre héritage.
En cette Journée mondiale des pauvres, le psalmiste nous rappelle que la véritable richesse est de se reposer en Dieu et de partager cette confiance avec les autres. Le soutien que nous apportons aux plus démunis, par le biais d’initiatives comme le Secours Catholique, est un témoignage vivant de cette foi mise en action.
3. Deuxième Lecture (He 10, 11-14.18) : Le sacrifice parfait de Jésus
La lettre aux Hébreux nous parle de l’unique sacrifice du Christ, offert une fois pour toutes pour le pardon des péchés. Ce sacrifice parfait ouvre pour nous un chemin vers la sainteté et nous rappelle que notre salut est déjà accompli. Notre rôle est de persévérer dans la foi et d’incarner cette grâce dans nos vies quotidiennes.
C’est ici que l’appel à l’action prend tout son sens. Dans un monde où beaucoup souffrent, où l’injustice et la pauvreté défigurent l’humanité, nous devons être les mains et le cœur de Jésus.
• Histoire de la petite Laetitia avec sa maitresse de catéchisme…
Offrons-nous à notre tour en sacrifice spirituel en prenant soin des pauvres et en soutenant les initiatives qui cherchent à redonner dignité et espoir aux plus faibles.
4. Évangile (Mc 13, 24-32) : Le retour glorieux du Fils de l’homme
L’Évangile de Marc nous plonge dans un discours eschatologique sur la fin des temps. Les signes célestes, les troubles, et l’annonce du retour glorieux du Fils de l’homme peuvent sembler effrayants. Mais Jésus nous invite à lire ces signes avec discernement et espérance : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas ».
Cette espérance eschatologique doit nous inspirer à vivre dès aujourd’hui dans la lumière de l’Évangile. Nos actions en faveur des pauvres et des marginalisés sont des signes de cette espérance. Chaque geste de solidarité, chaque mot de soutien, chaque acte de justice est une anticipation du royaume de Dieu.
Conclusion : Appel à l’action et à l’espérance
Frères et sœurs, en ce 33e dimanche du Temps Ordinaire et cette Journée mondiale des pauvres, rappelons-nous que l’espérance chrétienne n’est pas passive. Elle nous pousse à agir, à être des témoins de la résurrection et de la vie nouvelle. Soutenons ceux qui ont besoin de nous, car en eux, c’est le Christ que nous servons.
Permettez moi de finir avec 2 petits textes que j’ai trouvé beau et Magnifiques. Le premier est d’un homme politique français et le second est de Mère Téresa de Calcuta :

• Seigneur, donne-moi de voir
Seigneur, Donne-moi de voir les choses à faire Sans oublier les personnes à aimer,
Et de voir les personnes à aimer
Sans oublier les choses à faire.
Donne-moi de voir les vrais besoins des autres. C’est si difficile de ne pas vouloir à la place des autres, de ne pas répondre à la place des autres,
De ne pas décider à la place des autres.
C’est si difficile, Seigneur, de ne pas prendre ses désirs pour les désirs des autres,
Et de comprendre les désirs des autres
Quand ils sont si différents des nôtres.
Seigneur, donne-moi de voir
Ce que Tu attends de moi parmi les autres,
Enracine au plus profond de moi cette certitude :
On ne fait pas le bonheur des autres sans eux.
Seigneur, Apprends-moi
A faire les choses en aimant les personnes,
Apprends-moi à aimer les personnes pour ne trouver ma joie qu’en faisant quelque chose pour elles, et pour qu’un jour elles sachent
Que Toi seul, Seigneur, es l’Amour.
Norbert Ségard (1922-1981)/Il était un physicien et homme politique français, reconnu pour ses contributions significatives dans le domaine de l’éducation et des télécommunications. Député du Nord en 1973 et ministre de la Recherche en 1980.
• Exhortation en forme de prière de Ste Mère Térèsa de Calcuta.

« Dieu seul peut donner »
Dieu seul peut donner la foi, mais tu peux donner ton témoignage.
Dieu seul peut donner l’espérance, mais tu peux rendre confiance à tes frères.
Dieu seul peut donner l’amour, mais tu peux apprendre à l’autre à aimer.
Dieu seul peut donner la paix, mais tu peux semer l’union.
Dieu seul peut donner la force, mais tu peux soutenir un découragé.
Dieu seul est le chemin, mais tu peux l’indiquer aux autres.
Dieu seul est la lumière, mais tu peux la faire briller aux yeux de tous.
Dieu seul est la vie, mais tu peux rendre aux autres le désir de vivre.
Dieu seul peut faire ce qui paraît impossible, mais tu pourras faire le possible.
Dieu seul se suffit à lui-même, mais il préfère compter sur toi.
Cette prière de Mère Térèsa inspire la réflexion sur notre rôle en tant que chrétiens pour répandre l’amour et la lumière de Dieu dans le monde.

Que cette parole de Dieu nous fortifie, et que nos actions, motivées par la charité, rendent gloire à Dieu et apportent un peu plus de lumière dans un monde qui en a tant besoin. AMEN !

 

Homélie du Père Clément du XXXIII° dimanche du TO, année B (2024)2024-11-19T14:38:11+01:00

Homélie du père Justin du XXXIII dimanche du TO, 17 novembre 2024, Année B

Chers frères et sœurs, nous risquons parfois d’être gagnés par le désespoir, surtout quand nous manquons de foi, d’espérance, de charité. Nous nous mettons à imaginer que l’histoire est une suite de catastrophes, de calamités – notre histoire personnelle, l’histoire de notre pays ou l’histoire universelle.
Et si nous nous enfonçons dans ce désespoir, nous nous mettons à penser que le Seigneur à la fin des temps viendra faire justice avec des actes violents, avec des cataclysmes, qu’il viendra régler des comptes… Certains risquent même de penser que le salut est réservé pour un petit nombre de personnes, un petit groupe de privilégiés qui seront sauvés tandis que le reste périra. Alors ou bien ils désespèrent d’appartenir à ce petit groupe, ou bien au contraire – ce qui n’est guère mieux – ils imaginent qu’eux-mêmes appartiennent à ce petit groupe.
Au début de ce discours dont nous avons entendu seulement une partie, la dernière partie, le Seigneur répond à quatre de ses disciples qui lui demandent quand la fin des temps adviendra. Ils sont quatre à l’interroger, ce sont les quatre que Jésus a appelés en premier, au début de l’Évangile : Pierre, Jacques, Jean et André qui étaient dans les barques – vous vous en souvenez.
Peut-être pensent-ils : Nous sommes les premiers à avoir été choisis donc nous sommes les apôtres les plus importants, le Seigneur va nous donner des révélations à nous et pas aux autres.
Le Seigneur dans son discours va corriger cette pensée, ce comportement. Et à la fin du discours il dira : Ce que je vous dis à vous je le dis à tous. Donc il y a autour de ce discours de Jésus, et en réalité dans toute l’histoire du peuple de Dieu, une atmosphère de catastrophisme et d’élitisme que Jésus entend corriger.
Dans son discours, Jésus ne cache pas que l’histoire est pleine d’évènements violents et de souffrance, il ne cache pas la vérité. On le voit aussi dans le crucifix. Le Seigneur se présente en paroles et en actes avec la croix, toujours, mais nous savons en même temps qu’il a vaincu la mort, donc nous voyons la croix comme un signe de victoire sur la mort et sur tous les maux.
De même dans ce discours, on y trouve certes beaucoup de calamités, mais celles-ci sont toujours dépassées par l’annonce d’une bonne nouvelle, d’un heureux évènement. Précisément si vous l’entendez dans son entier, vous verrez qu’il y a de façon répétée dans ce discours l’évocation de plusieurs évènements dramatiques, mais à chaque fois conclus par un évènement heureux, positif, et qui dépasse infiniment ce qui précède de négatif.
Par exemple le Seigneur dit que les nations se dresseront les unes contre les autres, les royaumes contre les royaumes, qu’il y aura des tremblements de terre et des famines. Cependant le Seigneur conclut en disant que ce sont les débuts des douleurs de l’enfantement. Il y a un enfantement, donc il y a un évènement infiniment plus heureux que toutes les douleurs qui l’ont précédé, au point qu’il les efface toutes.
Quand le Seigneur parle d’un enfantement, nous pouvons comprendre avec certitude qu’il y aura un renouvellement intégral de toute la création, une transfiguration de toute la création.
Et puis par exemple il y a aussi dans ce discours l’annonce d’un évènement catastrophique pour toute l’humanité où le Seigneur nous dit que tous devront fuir pour ne pas périr. Cependant là aussi la conclusion est ce qu’il y a de plus important, il conclut en disant que Dieu a abrégé ce temps particulièrement éprouvant pour permettre à l’humanité de survivre.
Donc nous voyons à travers ces exemples que l’œuvre du Seigneur n’est jamais une œuvre de destruction. Ce qui domine c’est la création et la recréation, la miséricorde, la transfiguration du monde que nous connaissons, même si cela comprend des bouleversements.
Et puis il y a une autre de ces conclusions positives que nous avons entendue tout à l’heure et que nous n’avons pas pu reconnaitre comme positive… C’est quand le Seigneur nous dit que le soleil s’obscurcira, que la lune ne donnera plus sa lumière, que les étoiles tomberont du ciel. En réalité il s’agit là aussi comme pour les précédentes d’une conclusion positive, parce que si vous lisez les versets qui précèdent, vous verrez que le Seigneur parle des faux prophètes, de ceux qui essaient de nous abuser en opérant des signes et des prodiges. Et dans le temps où parle Jésus, les faux prophètes que font-ils ? ils utilisent les astres, les planètes, les comètes, la lune etc… les phénomènes célestes et atmosphériques comme des signes pour leurs fausses prophéties.
Donc quand le Seigneur nous dit que le soleil s’obscurcira, que la lune perdra sa lumière, que les étoiles tomberont du ciel – que ce soit au sens propre ou au sens figuré – cela signifie que les faux prophètes perdront leurs moyens, leur crédit, leur capacité de nuire. Alors le Seigneur viendra sur les nuées avec grande puissance et gloire, et il réunira les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel.
Le Seigneur corrige le catastrophisme, il corrige aussi l’élitisme. Les élus ne sont pas dans un lieu à part du reste de l’humanité. Le Seigneur le dit : On essaiera de vous abuser en disant Voici il est ici, ou bien Voilà il est là, dans un angle ou un autre de la Terre – n’y allez pas…
Le Seigneur ne nous dit pas que les élus sont un petit groupe caché dans un coin qui attend que la catastrophe arrive et emporte le reste de l’humanité, mais il nous dit que les élus seront réunis des quatre vents, des extrémités de la terre à l’extrémité du ciel.
Les élus sont disséminés dans toute l’humanité, répartis sur toute la surface de la terre et du ciel, ils sont associés à toute l’humanité sans exception, solidaires de toute la famille humaine dans tous les aspects de son existence. Ils connaissent des tribulations en union de prière avec le Christ et ils demandent le salut de leurs oppresseurs, ils sont sauvés oui mais ils le sont avec le désir de sauver autrui avec eux. Les élus sont appelés élus parce qu’ils sont les fils et les filles dans le Fils, ils ont part à sa mission, à son œuvre qui consiste avant tout à demeurer solidaire de toute la famille humaine.
Quand le Seigneur viendra, les faux prophètes auront perdu tous leurs moyens, il viendra avec grande puissance – il n’y aura aucun contraste à sa puissance – et il ne peut y avoir aucune espèce de contraste à sa puissance. Il viendra dans la douceur et la miséricorde.
Quoi de plus doux que cette image du figuier, quand ses rameaux deviennent tendres, que ses feuilles apparaissent, nous savons que l’été est proche, en juin il donne déjà des fruits et trois fois plus en août… Il y aura une histoire de grâce encore avec la venue du Seigneur, comme pour les fruits du figuier qui vont en augmentant.
Là où le Seigneur manifeste le plus fortement sa solidarité avec nous tous, c’est quand il dit que seul le Père connait le jour de sa venue, lui-même, le Fils, ne le connait pas. Cette affirmation est une épine dans le pied des théologiens depuis 2000 ans…
Le Seigneur veut partager notre humanité véritablement, et il le fait en choisissant d’ignorer la date de sa venue. Il demeure solidaire avec chacun de nous jusqu’à la fin des temps, solidaire dans l’attente du dernier jour, qu’il attend en même temps que nous et avec nous, pour nous accompagner en tout et toujours.

Homélie du père Justin du XXXIII dimanche du TO, 17 novembre 2024, Année B2024-11-19T16:32:08+01:00

Homélie du Père Clément pour la Messe de l’Armistice et la Saint Martin de Tours -11 Nov. 2024

Chers frères et sœurs, chers invités, autorités de notre commune, services de sécurité, anciens combattants, et membres des associations civiles,
Nous sommes réunis aujourd’hui dans cette église de Plaisance du Touch pour commémorer un moment crucial de l’histoire de la France : l’Armistice du 11 novembre 1918. Ce jour marque la fin d’un conflit dévastateur, la Première Guerre mondiale, qui a coûté la vie à des millions de personnes. Nous célébrons également la mémoire de Saint Martin de Tours, un homme dont la vie est un exemple lumineux de charité et de paix.
I. L’Appel au Service et au Sacrifice/ L’Évangile selon saint Matthieu nous rapporte les paroles de Jésus : « En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Ce message nous interpelle sur notre capacité à voir le visage du Christ en chaque personne, surtout les plus vulnérables.
Saint Martin de Tours illustre magnifiquement cet enseignement. Soldat de l’armée romaine, il rencontra un jour un pauvre homme transi de froid. N’ayant rien à lui donner, il découpa son manteau en deux et en donna une moitié au mendiant. Cette nuit-là, il eut une vision du Christ lui disant : « Martin, encore catéchumène, m’a couvert de ce vêtement. » Cet acte de compassion est devenu un symbole universel de charité.
Le pape Benoît XVI a dit : « La véritable révolution consiste seulement à se tourner vers Dieu, qui est la mesure du juste et du bien. » Nos anciens combattants, par leur sacrifice, ont œuvré pour une cause qui les dépassait, celle de la paix et de la justice.
II. Le Service du Prochain : Une Voie Vers la Paix/ La paix n’est pas simplement l’absence de guerre, mais un effort constant pour promouvoir le bien commun. Comme le disait le pape Jean-Paul II : « La paix est un bien indivisible. Ou elle est le bien de tous, ou elle ne l’est pas. »
En cette journée, nous sommes appelés à réfléchir sur notre rôle dans la construction d’un monde plus juste. Mère Teresa nous rappelle : « Si nous n’avons pas de paix, c’est parce que nous avons oublié que nous nous appartenons les uns aux autres. » Chaque geste de solidarité, chaque action de justice contribue à édifier cette paix durable.
J’ai été très émus, il y a quelques mois en février dernier quand j’étais sur l’ile de la Corse, en participant à la commémoration du naufrage de la Sémillante au large de Bonifacio. J’y avais accompagné mon évêque d’alors, le Card. François Bustillo. Vous savez….La Sémillante était une frégate de la marine française du XIXe siècle. Dans son voyage depuis l’arsenal de Toulon vers la Crimée, durant la guerre de Crimée, elle fait naufrage au large des îles Lavezzi. Outre son état-major (de huit officiers), son équipage compte 293 hommes. À son bord, a pris place un détachement de plus de 400 militaires de l’armée (infanterie, artillerie) avec un matériel important (canons, mortiers, munitions, vivres…).Il n’y eut aucun survivant sur les 773 hommes à bord de la Sémillante. 560 corps reposent dans les deux cimetières de l’île, ….. Les autres corps ne seront pas retrouvés.
Pourquoi j’évoque ce fait qui m’a marqué en Février dernier sur l’ile de la Corse où j’ai travaillé pendant plus de 2 ans ?
Parce que je me souviens d’une phrase du bref discours du Maire de la ville de Bonifacio quand il disait : « Ceux qui décident de la guerre, ne sont pas ceux qui meurent à la guerre… ».
Nous commémorons ce jour ceux qui sont morts pour la patrie, prions pour que Dieu nous donne des décideurs dignes.
III. Témoins de Paix dans la Société Actuelle/ Les défis de notre époque, marquée par des tensions sociales, économiques et politiques, nécessitent un engagement renouvelé et constant pour la paix. L’Évangile que nous avons entendu nous rappelle que la mesure de notre foi et de notre humanité se manifeste dans l’attention que nous portons aux autres, en particulier aux plus petits.
Mais comment pouvons-nous, concrètement, être témoins de cette paix dans notre monde actuel ?
D’abord, la paix commence dans notre propre cœur. Comme le disait Saint François d’Assise, grand artisan de la paix : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l’amour ; là où est l’offense, que je mette le pardon. » Ces paroles sont un appel à agir à partir de nous-mêmes pour influencer positivement notre entourage. Elles nous rappellent que chacun de nous a la capacité de semer la paix, non par de grands gestes, mais par de petites actions au quotidien qui contribuent à transformer nos communautés.
Nous pouvons également tirer des leçons de l’exemple des anciens combattants, hommes et femmes qui ont sacrifié leur confort, et parfois leur vie, pour un idéal plus grand : celui de la liberté et de la dignité humaine. Leur expérience nous enseigne que la paix n’est pas un acquis mais un combat de tous les jours, à mener par le dialogue, le respect et la réconciliation. Comme l’a exprimé le pape François dans Fratelli Tutti : « La paix sociale est laborieuse, artisanale. Elle prend son origine du cœur même de l’homme. »
Enfin, il est essentiel de se souvenir que la paix véritable implique le courage de prendre position contre l’injustice et de tendre la main aux opprimés. Comme l’a dit Martin Luther King Jr. : « La paix n’est pas seulement un but lointain que nous recherchons, mais un moyen par lequel nous atteignons ce but. » Ce message rejoint l’appel évangélique à être non seulement des spectateurs mais des acteurs engagés, qui refusent l’indifférence face aux souffrances des autres.
Une Exhortation pour l’Engagement/ En ce jour de mémoire, honorons le passé en construisant activement l’avenir. Comme le déclarait le pape Benoît XV en 1915, en pleine guerre : « Que les armes tombent des mains et que les cœurs s’ouvrent au dialogue. » C’est un appel toujours actuel.
Puissions-nous tous, à l’exemple de Saint Martin, être des porteurs de paix, non seulement dans les moments de commémoration comme celui-ci, mais chaque jour de notre vie. Que nos actes soient l’écho de cet amour fraternel et que nos choix servent la construction d’un monde où la paix et la dignité de chaque être humain soient respectées et honorées.
Permettez-moi de conclure avec une prière de Saint Jean XXIII, un ardent promoteur de la paix :
« Seigneur Jésus-Christ, qui êtes appelé le Prince de la Paix, qui êtes vous-même notre paix et notre réconciliation, qui tant de fois avez dit : “La paix soit avec vous”, faites que tous les hommes témoignent de la vérité, de la justice et de l’amour fraternel. Éclairez les esprits des responsables des nations afin que, avec le soin qu’ils doivent avoir du bien-être de leurs peuples, ils garantissent et défendent le grand don de la paix. Éloignez de nos cœurs tout ce qui pourrait mettre en péril la paix, affermissez nos volontés pour construire des relations de justice et d’amour qui garantissent la paix. Amen. »

 

Homélie du Père Clément pour la Messe de l’Armistice et la Saint Martin de Tours -11 Nov. 20242024-11-14T10:39:59+01:00

Homélie du Père Justin du XXXII° dimanche du TO, année B (2024)

Chers frères et sœurs, le Seigneur nous dit Gardez-vous des scribes, c’est-à-dire des faux maîtres, gardez-vous de leur fausseté. Ils sont des faux consacrés. Normalement ils devraient être consacrés à l’étude de la Loi, de la Parole de Dieu. Et puis par voie de conséquence à l’enseignement, et puis par voie de conséquence à la pratique de la loi, et donc au conseil. Ils vont se retrouver aussi à accompagner, à aider les personnes qui en ont besoin, comme typiquement les veuves par exemple.

Dans une société patriarcale une femme a peu de poids, elle n’a pas d’existence juridique, elle dépend pour toutes ses décisions d’un père, d’un mari ou d’un fils, si elle a un fils. Sinon elle est seulement une ombre, une veuve est une ombre qui a besoin du secours des scribes pour exister, pour participer à la vie commune.  Et ils peuvent en profiter, ils peuvent dévorer ses économies, sa maison…

Gardez-vous d’eux nous dit le Seigneur ils sont faux et leur fausseté a des conséquences sur vous et dans votre vie, elle peut en avoir de très importantes.

Il y a tout d’abord ceux qui vont perdre tout espoir au contact de cette fausseté – parce que cette fausseté est accompagnée du succès, du succès social, cela peut provoquer une perte d’espoir chez les personnes et celles-ci vont entrer dans la même fausseté comme s’il s’agissait de la seule voie possible.

C’est ce que nous voyons avec les riches dont nous parle aujourd’hui l’Évangile, ceux qui d’une façon ostentatoire font tomber de nombreuses pièces de monnaie dans le trésor du temple, en faisant retentir les pièces dans le tronc. Leur piété est fausse mais surtout elle vient des scribes, elle est fille des scribes, ces riches en l’occurrence se comportent pour l’essentiel comme les scribes. ils vivent dans le monde de l’apparence.

Et puis il y a une autre conséquence possible, c’est ce que nous voyons avec le cas de cette veuve, nous pouvons nous faire dévorer. C’est-à-dire que cette veuve jette tout ce qu’elle a, deux petites pièces de monnaie, et elle le fait pour exister, pour participer au culte public, pour y être, pour en être – c’est le seul moyen qu’elle voit pour ne pas être en reste, pour ne pas être en faute.

Le Seigneur n’est pas du tout en train de nous dire qu’il faut faire comme cette veuve et jeter dans le trésor du temple tout ce que nous possédons. Le temple du reste sera détruit quelques années plus tard, nous le savons – et Jésus dans l’Évangile de Marc, dans les versets qui suivent immédiatement cet épisode, annonce clairement la destruction du temple, qui est une institution qu’il a de nombreuses fois critiqué.

Le Seigneur n’attend pas de nous que nous donnions tout ce que nous possédons, dans la quête par exemple. La quête est très importante bien entendu, mais tout à l’heure la quête va être passée, notamment la quête digitale, il ne s’agit pas de vider votre compte en banque… Ça n’est pas ce que veut le Seigneur et ça n’est pas ce que veut l’Église. Le Seigneur n’est pas un vampire, l’Église n’est pas un vampire qui cherche à sucer toutes vos substances.

Le Seigneur a de la considération, du respect pour cette femme, mais il en a aussi pour les scribes et pour les riches, et il nous enseigne à ne pas vivre dans le règne de l’apparence, comme font les scribes, mais dans la vérité.

Dans cette page de l’Évangile, dans les versets qui précèdent, le Seigneur nous parle explicitement de l’Esprit Saint, et il parle de l’Esprit Saint comme d’un maître. Cette page de l’Évangile est très importante, le Seigneur nous explique ce que signifie avoir l’Esprit Saint pour maître.

Cet enseignement est comme un testament de la part du Seigneur, il s’agit de son dernier enseignement public, ensuite il parlera en privé à ses disciples et peu après il connaîtra sa Passion. Et dans ce dernier enseignement public, le Seigneur nous enseigne comment nous pouvons avoir véritablement comme maître l’Esprit Saint.

Nous le voyons à partir du comportement du Seigneur, il est assis et il regarde chacun – l’Évangile nous dit littéralement qu’il contemple. La parole grecque utilisée signifie regarder avec respect, avec considération en s’attendant à être édifiés. Et le Seigneur regarde de cette façon chacun, il regarde les scribes, les riches, les pauvres avec la même considération et en s’attendant à être édifié et enseigné.

Si nous voulons que l’Esprit Saint soit notre maître le Seigneur nous enseigne à regarder chacun sans exception avec la même considération. Encore mieux si nous aimons Dieu de toutes nos forces et chaque personne comme nous-mêmes, alors là véritablement l’Esprit Saint prend possession de toute notre vie. Mais si nous avons de la considération pour chacun sans exception, que nous le regardons et nous l’écoutons, alors l’Esprit déjà commence à être notre maître véritablement. C’est garanti…

Mais justement le Seigneur nous met en garde, il y a un danger, il y a un écueil. Ce sont les faux maîtres, les faux apôtres, les faux consacrés. Eux ils cherchent à capter votre considération, la considération que vous devez à chacun ils vont vouloir la capter pour eux seuls. Eux qui n’ont pas même donné le superflu, ils vont capter votre considération et vous allez insensiblement les imiter ou bien vous allez vous faire dévorer.

Ils sont devenus experts à ce jeu de captation, à se faire passer comme plus importants, plus pieux, plus spirituels que les autres. On leur donne notre argent et on leur donne nos maisons – cela arrive – c’est comme cela qu’ils vous dévorent et dévorent ce qui revient à vos enfants.

Les biens sont toujours les biens de l’Église, les dons que l’on fait doivent toujours être pour l’Église, avec transparence, sans aucune ambiguïté, et l’Église n’oublie pas ses enfants et donne à ses apôtres ce qui leur revient et bien davantage, elle se charge elle-même de gérer les biens et de les donner en abondance à ses prêtres et à ses consacrés, ne vous inquiétez pas…

Homélie du Père Justin du XXXII° dimanche du TO, année B (2024)2024-11-18T15:05:29+01:00

Homélie du Père Joseph du XXXII° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !
Imaginons la scène décrite dans l’évangile : nous sommes temple de Jérusalem, le cœur de la ville. Jésus assis, discute avec nous. Dimanche dernier, il nous parlait du plus grand commandement : l’amour de Dieu et celui du prochain. Aujourd’hui, l’objet de la discussion est la simplicité et la générosité.
Jésus regarde l’assemblée présente et remarque une catégorie des gens qui sont au temple comme dans défilé de mode, la fashion Week : ils font remarquer qui est le plus riche, le mieux habillé ! Au Congo, on parlerait de concours de sapologie ! Dans ce groupe, il y a des prêtres, des scribes, des docteurs de la Loi, tous mondains les uns que les autres. Ils vont au temple, pas tellement pour Dieu mais pour leur gloire et les honneurs, dans une exhibition outrancière de leurs richesses, leurs vêtements, leurs titres. « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners ».
Ces scribes, avec leur passion démesurée pour les plus habits couteux me font penser à ces gens qui passent leur temps à faire du shopping et dépensent sans compter seulement pour le plaisir (je sais que ça crée des tensions dans les couples !). Ça fait tellement des conflits dans certains couples ! Bientôt le Black Friday, n’est-ce pas ! Il y a des gens qui ne supportent pas de ne pas avoir le dernier vêtement à la mode, le dernier iPhone alors que l’autre fonctionne encore…
Jésus nous met en garde contre ces scribes qui, cherchant les premières places, veulent symboliquement prendre aussi la place de Dieu. Il y a quelque chose de plus vicieux encore dans leur comportement : avides de richesses, ils les obtiennent en utilisant des méthodes illégales et malhonnêtes : « Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. ». Ils volent et exploitent les personnes les plus vulnérables. Ils ont un double visage : ils passent beaucoup de temps en prière pour donner l’impression d’être très religieux tout en exploitant les pauvres : le comble de l’hypocrisie.
Le deuxième enseignement de Jésus est une expérience que nous reconnaissons tous : la générosité des gens pauvres. Il y a quelques années, je suis parti en vacances au Congo avec un groupe d’amis qui ont passé 15 jours à Bukavu, au milieu des gens pauvres, qui sont devenus très pauvres encore à cause d’une guerre qui dure depuis maintenant 30 ans. Parmi les choses qui ont impressionnés mes invités, c’est l’accueil généreux de ces gens pauvres, capables de secouer ciel et terre pour mieux accueillir ces visiteurs venus de loin : la table était toujours ouverte… Tous ceux qui voyagent un peu dans ces pays pauvres ou du Sud témoignent souvent de la générosité des populations pauvres.
Mais, pas besoin d’aller dans les pays du Sud pour faire l’expérience de la générosité des gens pauvres. Regardons simplement autour de nous, dans nos familles, nos quartiers et communautés ! C’est le témoignage de ces deux veuves, celle de la première lecture très généreuse avec le prophète Elie et celle de l’évangile que Jésus nous présente comme modèle : « Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie. Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Dans mon ministère de prêtre, je me rends compte des gens simples, sans grandes ressources, avec de très petits salaires ou de petites retraites, mais qui sont des exemples de générosité pour les voisins, pour les associations humanitaires et solidaires ! Ils soutiennent l’Eglise non seulement par leur présence, leurs engagements mais aussi par leur générosité au Denier du Culte, à la quête pendant la messe… !
Je profite de cette occasion pour parler d’une Mère très pauvre qu’est l’Eglise. D’abord, pour remercier ces personnes généreuses qui, par leur engagement et leur soutien pastoral, font vivre nos paroisses qui ne peuvent pas vivre que du Saint Esprit ! Mais quand je regarde la liste des Donateurs au Denier du Culte dans nos 5 paroisses pourtant « huppées », je suis très inquiet et me demande comment se fait-il qu’il n’y ait que trop peu des paroissiens, même parmi les pratiquants de la messe de dimanche, qui sont donateurs au Denier. Vous savez, parfois, nous avons même des pièces jaunes, des boutons dans le panier de la quête. Certains, en venant à la messe, s’assurent d’avoir bien pris quelques pièces jaunes, une pièce de 50 centimes pour la quête…pour ne pas donner plus !
L’Eglise est pauvre et vraiment a besoin de vous, de votre générosité et ne peut remplir sa mission sans votre générosité. Je pense aux plus jeunes qui ont entre 18 et 50 ans ! C’est la tranche d’âge qui donne le moins au Denier. L’Eglise a besoin de vous ! Nous sommes en fin d’années civile ! Pensez au Denier de l’Eglise qui est déductible des impôts : il ne nous reste qu’un mois et demi avant la clôture de l’année fiscale.
Arrêtons de parler d’argent et revenons à l’évangile et demandons à Jésus de nous enrichir de la seule richesse qui compte : l’Amour. Ce qui restera de nous, après notre passage en ce monde, c’est la richesse d’amour généreux dont nous aurons été témoins au milieu de nos frères et sœurs.

Homélie du Père Joseph du XXXII° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)2024-11-08T14:56:30+01:00

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !
L’anniversaire d’un proche, d’un ami, un membre de notre famille est toujours une occasion spéciale pour lui dire et nous montrer combien nous l’aimons, combien nous tenons à lui. Le cadeau que nous lui offrons à cette occasion est une petite démonstration de l’amour et l’affection que nous avons envers lui. Ainsi, ce jour, qui est la commémoration des fidèles défunts, est une occasion spéciale pour montrer et dire à nos proches qui ont quitté ce monde avant nous que nous les aimons encore. Même s’ils sont partis depuis très longtemps ou il y a peu de temps, leur présence et l’amour que nous leur portons garde en nos coeurs, et surtout dans le cœur de Dieu, une marque indélébile. L’amour ne meurt jamais ! L’amour est plus fort que la mort !
La commémoration des fidèles défunts est, dans cette perspective, une fête de l’amour : l’amour partagé dans le passé, quand ils étaient encore pèlerins sur terre avec nous, mais aussi l’amour qui reste malgré l’absence physique causée par la séparation de la mort. Pour les chrétiens, la commémoration des fidèles défunts est la fête de l’amour parce que nous aimons nos morts et croyons aussi qu’ils sont plongés dans la vie éternelle, comme le rappelle Jésus dans l’évangile selon saint Jean : « Or la volonté de mon Père, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés mais que je les ressuscité tous au dernier jour ! »
Même si ce jour est abusivement appelé parfois, « le jour des morts », en réalité, c’est le jour des vivants : nous ne célébrons pas le souvenir des personnes qui ont disparu pour toujours, mais nous faisons mémoire des vivants, mais qui vivent dans une autre dimension. C’est cela que nous appelons « la communion des saints ». Quand nous parlons de nos défunts, rappelons-nous toujours que ce sont leurs corps qui ont disparu, mais que leurs âmes continuent à vivre.
La douleur que nous ressentons pour leur éloignement révèle la « beauté collatérale de la mort ». C’est le signe qu’il y a eu l’amour et que cet amour demeure. S’il n’y avait pas cette douleur, la souffrance et la tristesse, cela aurait signifié qu’il n’y a jamais eu d’amour entre nos défunts et nous. Mais, nous souffrons, nous sommes tristes parce que nous sentons au fond de nous cette absence, ce manque de d’amour que nous avons jadis reçu et partagé avec nos proches qui sont auprès du Père. Tel est le destin paradoxal de l’amour : celui de provoquer la tristesse au moment de la séparation, et le caractère inéluctable de cette tristesse est la condition même de l’amour. Refuser d’aimer pour ne pas souffrir, c’est la chose la plus triste que nous puissions faire. Ne peut aimer que celui qui souffre. Celui qui n’aime rien et personne ne peut savoir ce qu’est la douleur, et ne peut savoir ce qu’est l’amour.
C’est la beauté paradoxale de la mort. Non seulement elle révèle la dimension de notre amour, mais encore, elle révèle la grandeur de notre foi. Jésus a vaincu la mort. C’est le cœur de la foi chrétienne. La mort n’a pas le dernier mot. Un jour, nous nous retrouverons auprès du Père avec ceux qui nous ont précédé dans la mort. S’il n’en était pas ainsi, la vie aurait été le plus grand mensonge, une farce et un théâtre de l’absurde. Parce que nous savons qu’il existe la nouvelle et vraie vie future remplie de sens et de beauté parce qu’illuminée par la présence du Christ ressuscité, Vainqueur de la mort par sa mort et sa résurrection.
Notre participation à la messe de ce jour, la visite et le recueillement dans les cimetières, les intentions de messes que nous demandons pour les défunts ainsi que notre prière pour eux sont le plus cadeau que nous puissions leur offrir. En faisant ainsi, c’est comme si nous disions à chacun de nos défunts : « Non, nous ne t’oublions pas ! Nous continuons à t’aimer et à te recommander aux soins du Père Céleste qui t’aime d’un amour infini ». A travers la communion des saints, nous sentirons la douceur de chacun d’eux nous dire, en réponse : « Moi non plus, je ne vous oublie pas et je continue à t’aimer ». Seigneur, Consolateur des affligés, prends soin de nos défunts, en attendant le jour glorieux où nous nous reverrons avec eux auprès de toi, après notre pèlerinage sur la terre. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année B (2024)2024-11-04T13:45:30+01:00

Homélie du Père Joseph du XXXI° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)

Mes chers frères et sœurs !

Dans la tradition religieuse juive, on recite chaque jour une prière appelée le « Shema Israël ! », c’est-à-dire « Ecoute Israël ».  C’est comme le crédo pour les catholiques ! Cette prière est donnée dans la première lecture et l’évangile de ce dimanche : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur.  Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé ; tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front, tu les inscriras à l’entrée de ta maison et aux portes de ta ville » (Dt 6, 4-9). Ce texte est le sujet de l’échange entre Jésus et un scribe dans l’évangile.

En étudiants la Torah, c’est-à-dire la Loi de Moïse, constituée par les 5 premiers livres de la Bible, appelée aussi le Pentateuque, les spécialistes juifs en avaient tiré plus de 600 préceptes plus ou moins importants les uns que les autres. Dans ce code de la Loi, les Dix Commandements donnés à Moïse étaient les plus importants. Pouvez-vous retenir 600 préceptes et s’en rappeler dans son comportement quotidien ? Ces préceptes sont pourtant le trésor législatif et religieux des juifs à l’époque de Jésus.

Etant donné la difficulté d’assumer et hiérarchiser ces 600 préceptes, le scribe de l’évangile de ce dimanche veut aller à l’essentiel. Il voudrait observer fidèlement l’essentiel et la substance de la Loi. C’est pour cette raison qu’il demande à Jésus quel est le principal commandement. Jésus lui répond en citant le « Shema Israël » qui souligne que le premier devoir du croyant est d’aimer Dieu de toute son âme, son cœur, son esprit et ses forces.

Mais Jésus ne s’arrête pas là ! Il ajoute immédiatement quelque chose qui ne lui est pas demandé, un deuxième commandement : « Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Par ce complément de réponse, Jésus rappelle le lien étroit et indissociable entre l’amour de Dieu et celui du prochain. C’est le cœur de morale chrétienne ! Chaque être humain est appelé à aimer Dieu, comme réponse à l’amour que Lui, le premier, a reversé et déverse dans cesse en nous.

            Aimer Dieu signifie le respecter, l’honorer, faire sa volonté, en particulier en aimant ceux que Lui-même aime, c’est-à-dire, tous ses enfants, nos prochains, nos frères et sœurs dont il est à la fois le Créateur et le Père. « Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection » (1Jn 4, 10-12)

Celui qui n’aime pas son prochain ne peut pas prétendre aimer Dieu. C’est l’amour du prochain rend crédible notre amour pour Dieu.  Sans l’amour du prochain, notre foi, notre amour pour Dieu reste finalement quelque chose de purement conceptuel et cérébral. C’est cela que souligne saint Jean : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. » (1Jn 4, 20-21).

Je revois encore une scène qui m’a maqué il y a quelques années : un enfant de 5 ans qui, lors d’une messe, était heureux donner le geste de paix à ses voisins. Il s’est retourné, grand sourire aux lèvres, pour donner la paix autour de lui… Quelle fut sa déception de voir le paroissien qui était à sa droite refuser de lui serrer. Vous savez pourquoi ?  Pour le paroissien, au moment du geste de la paix, le Christ est déjà présent dans le pain et le vain consacré…. et qu’il ne fallait plus faire du bruit,  mais se mettre à genou, aimer et adorer le Seigneur présent sur l’autel. C’est cela la contradiction entre penser aimer Dieu et manquer d’amour pour son prochain, un petit enfant qui découvre encore la dimension ecclésiale de l’eucharistie.

Celui qui n’aime pas le prochain ne peut en réalité aimer Dieu, et celui qui n’aime pas Dieu ne trouvera jamais les motivations les plus fortes pour aimer le prochain. Quand Dieu nous remplit d’amour, cet amour déborde et doit se déverse sur ceux qui nous entourent. C’est un binôme que nous sommes appelés à tenir.

Mais alors, en quoi consiste l’amour du prochain ? Cela ne signifie pas tout accepter, tout avaler, mais tirer l’autre vers le haut et chercher son salut et non pas le garder dans ce qui risque de le perdre. Aimer le prochain, c’est aussi vivre les béatitudes entendues à la Toussaint : être pauvre de cœur, être doux, être artisan de paix… Aimer, c’est aussi incarner certaines paraboles, comme celle du Bon Samaritain, le Jugement dernier dans l’évangile de Mt : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». L’amour est concret !

Pour aimer l’autre, il faut le connaitre. Alors, cherchons à connaitre le Seigneur un peu plus chaque jour pour mieux l’aimer. Pour aimer le prochain, il nous faut nous approcher de lui, comme le bon samaritain qui se penche sur le mourant tombé entre les mains des brigands.  Seigneur, donne-nous de chercher à te connaitre pour mieux t’aimer et aimer en vérité notre prochain. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXXI° dimanche du Temps Ordinaire, année B (2024)2024-10-31T10:02:19+01:00
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