Frères et Sœurs, bonjour.

Aujourd’hui, nous célébrons la dédicace de notre église : nous faisons mémoire du jour où ce bâtiment est devenu une maison de prière. Nous pourrions nous arrêter à la contemplation de cet édifice et nous satisfaire d’avoir construit la maison de Dieu. Mais Salomon nous avertit : « Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins cette Maison que j’ai bâtie ! » . L’église n’est pas une maison que nous offrons à Dieu pour le loger ; c’est une maison que Dieu accepte d’habiter pour nous accueillir. C’est un lieu où nous, les fidèles, nous nous assemblons dans l’unité ; où nous adorons Dieu en esprit et en vérité ; où notre communauté se construit dans la charité. Trois chemins que je voudrais suivre avec vous aujourd’hui : l’unité, l’adoration, la charité.

L’église, lieu de l’unité. L’unité, d’abord, car l’église est le lieu où tout le peuple de Dieu est convoqué chaque dimanche. Comme le rappelle notre évêque Guy dans sa lettre pastorale de cette année, l’unité n’est pas l’uniformité : elle inclut la diversité, l’altérité. Cette unité est la porte d’entrée de notre vision pastorale, élaborée par le Conseil Pastoral Paroissial il y a deux ans : « nous désirons bâtir ensemble une église famille de Dieu, où chacun est accueilli et accompagné personnellement, avec une attention aux plus faibles. » Et il me semble important de le rappeler : notre église, tout en étant la maison des croyants, est ouverte à tous ; elle n’est fermée à personne. Alors, en ce dimanche de la dédicace, je peux vous inviter à demander à Dieu de m’aider à convertir mon regard sur mes prochains, et particulièrement sur les plus vulnérables, pour les aimer comme moi-même. Je peux vous inviter également à demander la grâce de garder un cœur ouvert et généreux, pour accueillir l’autre dans sa différence. Je peux vous inviter aussi à prier pour l’unité des chrétiens.

L’église, lieu où nous adorons Dieu en esprit et en vérité. Pour cela, il nous faut nous nourrir de la Parole de Dieu que nous entendons dans cette église, pour apprendre à connaître Dieu et découvrir la vocation qui est la nôtre pour répondre à son appel. Les sacrements célébrés ici nous édifient en tant que croyants. Je peux vous inviter à rendre grâce pour tous les baptisés, les confirmés, les mariés qui ont reçu ces sacrements dans notre église. Je peux vous inviter à prier particulièrement pour les catéchumènes de notre ensemble paroissial pour qu’ils deviennent eux-aussi des pierres vivantes sur lesquelles Dieu peut construire son Église. Et je peux vous inviter à demander à Dieu de mettre en nos cœurs le désir de le connaître en esprit et en vérité.

L’église, lieu où notre communauté se construit dans la charité. Notre communauté se construit quand chacun prend soin de son frère, de sa sœur, quand chacun se soucie de son prochain. Pour cela, il est nécessaire de se croiser, de se connaître, de se retrouver. Notre église est ce lieu de rencontre. Peut-être pouvons-nous être particulièrement attentifs aujourd’hui à nos frères et sœurs voisins de banc : prendre le temps de les saluer à la fin de cette messe, pour créer ce lien qui fait communauté. Je peux aussi tourner mon regard vers mon proche prochain : mon époux ou mon épouse pour ceux qui sont mariés, mon petit frère ou ma grande sœur, mes collègues, mes voisins… Et faire mémoire qu’eux aussi sont créés à l’image de Dieu. Qu’eux aussi sont aimés de Dieu. Et qu’avec eux je suis invité à construire « une communauté vivante et qui témoigne de la joie de l’évangile qui nous fait vivre et annoncer le Christ à tous » comme nous le rappelle notre vision pastorale.

En préparant cette homélie, j’ai été frappé par l’écho entre les situations dramatiques que notre pays traverse depuis quelques semaines et la période que la France a connue au temps du massacre de la Saint-Barthélemy — Barthélemy étant le saint patron de notre église. Non, ce n’est pas d’hier que notre pays se fracture et se déchire. Cela fait écho aussi à l’attaque d’une église grecque orthodoxe en Jordanie. Je vous invite à prier pour nos frères et sœurs grecs orthodoxes tués ou blessés dans leur église, et pour tous les chrétiens persécutés à travers le monde. Ces situations heurtent de plein fouet l’appel à construire la civilisation de l’amour, lancé par le pape Léon dans son encyclique Magnifica Humanitas. Alors, pour finir, je nous invite à nous demander : comment apporter, chacun dans son propre champ d’action, notre contribution à cette civilisation de l’amour ? Chacun de nous est appelé à alimenter la logique de la paix. Ainsi, nous serons des pierres vivantes sur lesquelles Dieu pourra construire son Royaume. Apportons à Jésus toutes ces graines de paix semées dans notre monde, apportons-lui toutes ces pierres vivantes, et il les multipliera comme il a multiplié les cinq pains et les deux poissons pour construire. Et alors le Royaume de Dieu adviendra !

Amen