Chers Frères et sœurs, aujourd’hui nous fêtons Marie, Mère de l’Église. Marie dans le baptême est véritablement notre mère et nous sommes ses fils.
Notre foi catholique est basée sur l’Écriture et sur la Tradition. Et l’Écriture comme la Tradition nous disent que dans le baptême nous sommes fils de Dieu.
L’’évangile de Jean dans son Prologue nous dit Il leur a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu. Et la première lettre de Jean aussi nous le rappelle expressément Nous sommes fils de Dieu, nous le sommes réellement. Et la Tradition nous le dit aussi.
La Tradition c’est-à-dire ce qui nous a été transmis et qui remonte à Jésus et aux premiers disciples, aux apôtres. C’est cela qui représente la Tradition proprement dite – beaucoup de choses ensuite sont appelées Tradition d’une façon abusive parce qu’elles ne remontent pas aux premiers temps de l’Église.
La Tradition nous enseigne que nous sommes fils de Dieu, et elle nous enseigne aussi que nous sommes fils de Marie dans le baptême.
C’est une réalité, une réalité spirituelle mais une réalité, pas moins et même davantage que ce que nous voyons – ce qui est spirituel est plus réel, même si notre nature ne nous permet pas de l’apprécier suffisamment.
La Tradition nous l’enseigne et à sa suite les théologiens, par a + b + c, comme font toujours les théologiens, mais ils nous le confirment à partir de raisonnements saintement inspirés.
Par la grâce du baptême nous devenons fils de Dieu mais aussi fils de Marie. Cependant beaucoup de confessions chrétiennes non catholiques le nient parce que cela n’apparait pas dans l’Écriture, dans l’Évangile.
Quand le Seigneur dit à Marie Voici ton fils, ces confessions chrétiennes considèrent que Jésus a confié sa mère au disciple et que cela concerne seulement ce disciple et aucun autre. Il voulait la confier avant son départ, et il l’a confiée au disciple qu’il aimait tout particulièrement…
Mais est-il bien vrai que cela n’apparait pas dans l’Évangile, que Marie est la Mère de tous les disciples et ainsi la Mère de l’Église ?…
Déjà le Seigneur le dit avec une grande solennité, c’est le moment le plus solennel de tout l’Évangile. Jésus avant de mourir en croix dit à sa mère Voici ton fils. Et il ajoute en parlant au disciple Voici ta mère. C’est très fort…
Mais il y a plus important que cela. Nous lisons au début de cette page de l’Évangile que se tenaient au pied de la croix sa mère et deux autres femmes. Et puis aussitôt après l’Évangile nous dit que Jésus voit à côté de sa mère le disciple qu’il aimait…
Mais pourquoi l’Évangile nous dit-il ensuite seulement que Jésus voit le disciple à côté de sa mère ? C’est étrange, dans un premier temps le disciple n’apparait pas, alors qu’il était là…
Quand est-ce que nous voyons des femmes, avec la mère au milieu, et ensuite non plus seulement trois femmes mais aussi un homme à côté de la mère ? C’est au moment d’une naissance.
Quand il y a un accouchement, il y a la mère avec des femmes à ses côtés, et ensuite on revient et à côté de la mère il y a le nouveau-né.
C’est ce que nous dit l’Évangile à sa façon, il nous dit qu’il s’agit d’une véritable naissance, que le disciple est réellement né de nouveau à ce moment-là. Il nous dit que ce n’est pas une adoption…
C’est formidable une adoption, qu’une femme accueille un enfant et l’aime comme son propre enfant, c’est merveilleux, en vertu de l’amour elle devient vraiment sa mère et lui son fils.
Mais là le disciple n’est pas adopté, nous dit l’Évangile, il nait de nouveau. Et si lui nait de nouveau alors tous les disciples aussi naissent de nouveau au pied de la croix – ce serait étrange si un seul disciple renaissait, ce serait un évangile gnostique.
Et d’ailleurs c’est la façon habituelle de procéder de l’Évangile de Jean. Il nous donne à voir des cas particuliers à travers lesquels nous sommes tous concernés – par exemple il parle d’une seule guérison sur tout un chapitre, celle d’un aveugle de naissance, mais cette guérison nous rejoint tous.
Dans le baptême nous devenons vraiment fils de Dieu mais aussi fils de Marie. C’est ce que la Tradition déjà nous enseigne, mais c’est aussi ce que nous dit l’Évangile.
Qu’est-ce que cela change que l’Évangile aussi nous le dise expressément ?
C’est plus fort que quand quelqu’un nous le dit après qu’un autre le lui a dit etc… Là, c’est la parole même de Dieu qui nous le révèle et à travers un évènement concret. Nous pouvons l’accueillir plus en profondeur dans notre cœur.
Marie est notre Mère, elle nous a transmis son patrimoine génétique spirituel, si je peux dire, il est en nous, il fait un avec nous, comme l’Esprit Saint depuis notre baptême.
Il ne s’agit pas d’une parole extérieure qui appellerait de nous une imitation superficielle ou convenue de Marie. Il s’agit d’être nous-mêmes avec ce qui nous a été donné, et qui continue de nous être donné, pour grandir en âge, en sagesse et en grâce.
Nous pouvons accueillir Marie chez nous, comme le dit l’Évangile à propos de ce premier disciple, nous pouvons nous laisser accompagner et éduquer par elle tous les jours de notre vie, prier avec elle et en elle.