Chers paroissiens, chers amis,
Novembre arrive avec ses journées qui raccourcissent, ses feuilles qui tombent, ses cimetières qui se fleurissent et ses souvenirs qui remontent à la surface. Un mois chargé d’émotion, de nostalgie, parfois de tristesse. Mais pour nous, chrétiens, novembre n’est pas le mois de la mort : c’est le mois où notre foi nous apprend à regarder la mort à la lumière de la Vie.
Le 1er novembre, nous célébrons la Toussaint ; le 2 novembre, nous faisons mémoire de tous les fidèles défunts. Deux célébrations intimement liées, comme les deux faces d’une même espérance. La Toussaint nous montre le ciel qui nous attend ; la commémoration des défunts nous rappelle ceux qui nous ont précédés sur ce chemin.
La Toussaint est la fête de cette immense foule de saints, connus ou inconnus, qui ont pris l’Évangile au sérieux. Des hommes et des femmes ordinaires qui ont aimé, servi, pardonné et espéré, parfois au milieu de grandes épreuves. Elle nous rappelle que la sainteté n’est pas réservée à quelques êtres extraordinaires : elle est la vocation de tous les baptisés. Nos familles, nos engagements et même nos fragilités peuvent devenir des chemins de sainteté.
Et puis vient le 2 novembre. Avec lui, les visages de ceux que nous avons aimés et qui nous ont quittés : un père, une mère, un conjoint, un enfant, un ami… Derrière chaque tombe, il y a une histoire, une affection, parfois une blessure encore vive. L’absence peut peser lourd, même après de longues années.
Mais la mort n’a pas le dernier mot ! Jésus nous l’assure : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25). Saint Paul nous invite à ne pas être abattus « comme les autres, qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4,13). L’espérance chrétienne ne supprime pas nos larmes ; elle leur donne un horizon. Nous pleurons parce que nous avons aimé. Nous espérons parce que nous croyons que l’amour de Dieu est plus fort que la mort.
Voilà pourquoi prier pour nos défunts est un si beau geste de foi et de charité. Durant ce mois, je voudrais inviter chacun à participer à la messe pour les défunts, à offrir une intention de prière, à visiter un cimetière, à fleurir une tombe. Mais pensons aussi aux vivants : aux familles endeuillées, aux personnes seules, à ceux dont la blessure demeure. Un appel, une visite, une présence fraternelle peuvent apporter tant de réconfort !
Honorer nos morts, c’est aussi prendre davantage soin des vivants.
Le dimanche 22 novembre, nous célébrerons la solennité du Christ Roi de l’Univers, qui vient couronner notre année liturgique. Quelle belle conclusion ! Au terme de notre cheminement, l’Église nous rappelle que le dernier mot de l’histoire appartient au Christ, vainqueur du péché et de la mort. Mais sa royauté n’est pas domination : elle est amour et service. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Reconnaître le Christ comme Roi, c’est lui donner la première place dans notre cœur et le reconnaître dans le visage de nos frères.
Et déjà, le dimanche 29 novembre, nous entrerons dans le temps de l’Avent, ouvrant une nouvelle année liturgique. Nos regards se tourneront vers Noël. Les familles commenceront à préparer les crèches, les décorations, les rencontres et les célébrations. Mais au milieu de tous ces préparatifs, gardons l’essentiel : Noël ne se prépare pas seulement dans nos maisons, mais d’abord dans nos cœurs. L’Avent nous invite à réveiller notre foi, à renouveler notre prière, à nous réconcilier, à partager et à faire une place au Seigneur qui vient.
Ainsi, de la Toussaint à l’Avent, novembre nous conduit sur un magnifique chemin d’espérance : contempler le ciel avec les saints, prier pour nos défunts, reconnaître la royauté du Christ et préparer sa venue.
Chers amis, faisons de novembre un mois de mémoire reconnaissante, de charité fraternelle et d’espérance vivante ! Que le souvenir de nos défunts nous rende plus attentifs aux vivants, que l’exemple des saints nous encourage et que l’attente de Noël renouvelle notre désir de Dieu.
Gardons nos défunts dans notre prière, les saints comme compagnons de route, le Christ ressuscité comme notre espérance et nos cœurs ouverts à Celui qui vient !
Bon et saint mois de novembre à tous !