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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2025)

Mes chers frères et sœurs !

« Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? ». « Y a-t-il une place pour moi au paradis ? » Cette question est révélatrice de l’angoisse que nous avons de nous perdre, de finir dans le néant de la nuit éternelle. Elle révèle notre peur par rapport à l’au-delà. Jésus y répond par un conseil : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ! » Le verbe « s’efforcer » en grec est « agonizo » et veut dire lutter, combattre. Une des prières pour l’extrême onction exprime cette réalité de combat pour la vie, quand le prêtre dit : « Seigneur, regarde ton serviteur qui mène son dernier combat contre la mort… ». Cette prière exprime bien que nous sommes faits pour la vie et qu’au moment de l’agonie, nous luttons pour la vie et contre la mort.

S’efforcer, c’est combattre, lutter, rester ferme sur notre objectif. Une porte étroite indique un lieu difficile d’accès, une situation compliquée. Nous en faisons l’expérience devant des problèmes qui nous paraissent sans issue. Dans nos épreuves, Jésus nous appelle à la persévérance, au courage, à ne pas baisser les bras ! Persévérer, c’est être tenace et constant, savoir patienter en acceptant même une défaite apparente et momentanée sans dévier de notre objectif de départ. Cela suppose de la discipline et beaucoup de travail. Ce qui est important et essentiel dans la vie ne s’obtient pas en un claquement des doigts mais suppose de la persévérance, du travail, de la patience, essayer, réessayer, reprendre plusieurs fois s’il le faut, sans céder au découragement.

La société nous fait croire parfois que nous pouvons tout obtenir et tout faire « ici et maintenant », « en un instant ». Internet nous connecte au monde à l’instant T. Avec notre microonde, je réchauffe mon repas en deux minute ! Un bip ouvre le portail du parking de ma maison à distance pour ne pas attendre…. De manière inconsciente, prend peu à peu forme en nous l’idée que tout peut être obtenu en un instant… Mais la réalité nous est bien différente ! Nous pouvons abattre un arbre en in instant, détruire une ville par des bombe en quelques minutes mais pour faire pousser un autre arbre, reconstruire une ville, il faudra beaucoup de temps, de travail, d’argent et de patience !

Pour comprendre mes propres peurs et pourquoi je réagis en hurlant lorsque quelqu’un me fait une observation désagréable, pourquoi je boude lorsque quelqu’un me fait une remarque, pourquoi je perds mes moyens devant un concours ou un examen…. tout cela est tellement important et refuse l’illusion « du tout, ici et maintenant ». Le prêtre, l’accompagnateur spirituel, le médecin, le psychologue, le psychiatre, le coach ou conseiller conjugal que je consulte nous dit que pour résoudre ces problématiques de la vie, cela demandera beaucoup de temps, de travail, de séances, de la patience, des larmes même. Ils nous conseillent lors de chercher les causes profondes, nous remettre en question, creuser… Tout cela signifie batailler, s’efforcer et lutter ! Autrement, nous ne nous en sortirions jamais !

Pour faire naitre un enfant, il faut bien neuf mois de travail, d’attente, de joie et parfois de douleur ! Son éducation exige aussi beaucoup discipline et de patience aux parents. Pour que ma foi, je dois faire des efforts, avoir de la constance, me donner une discipline. Je ne vais pas à la messe et ne prie seulement quand cela me convient : je dois parfois lutter contre ma paresse spirituelle, contre la canicule d’été ou m’efforcer de sortir de la chouette en défiant le froid d’hiver pour répondre à l’invitation du Christ. Tout cela est une lutte qui n’est pas facile ! C’est cela la porte étroite dont parle Jésus !

Si dans le couple, mari et la femme ne se parlent sérieusement qu’une fois l’année, le couple ne se construit pas ! Pour consolider son couple, il est important de prendre du temps ensemble, accepter les fragilités de l’autre, être patient avec son conjoint, communiquer et se parler beaucoup et régulièrement, et pas seulement au moment des crises, prendre des vacances ensemble, et sans les enfants, si possible. Si tu ne fais aucun effort pour prendre soin de ton couple, la séparation te coûtera plus cher économique et affectivement !

Une phrase terrible nous a probablement choqué dans l’évangile de ce dimanche. Se retrouver devant Dieu et l’entendre nous dire : «Je ne sais pas d’où vous êtes », ou alors, « Je ne connais pas qui vous êtes » est quelque chose de terrifiant. Cette phrase est une mise en garde ! Dieu ne nous condamne jamais et ne peut à jamais nous fermer son cœur ! Cependant, il y a un problème ! Nous passons parfois notre vie à porter de masques, à nous faire passer pour qui ne nous sommes pas, à soigner notre image, l’apparence au lieu de vivre en vérité devant Dieu et les autres, à jouer des rôles comme si la vie était une pièce de théâtre ! Nous sommes parfois esclaves d’une culture où l’image et les apparences sont plus importantes que la réalité. Conséquence : on se cache, on ment à soi-même et aux autres !

Nous donnons l’image d’être des bons cathos alors que nous passons notre vie à voir médiums, marabouts, magnétiseurs et nécromanciens ! Je passe pour l’époux, le père modèle alors qu’à la maison je suis violent avec l’épouse et les enfants. En communauté, je donne l’apparence d’être saint pendant que je répands du venin par mes critique et mes médisances sur les autres. Je porte des fragilités en moi, et pour les cacher, je deviens un tyran pour les autres, imposant mes opinions sur tout, « je sais tout et j’ai réponse à tout »,  incapable d’écouter une idée différente de la mienne… Ce sont là nos contradictions que Jésus dénonce !

 Ne nous étonnons pas que plus tard, il nous dise : « Eloigne-toi de moi car je ne te connais pas ! Tu as tellement passé ta vie sur terre à te cacher à moi et à me montrer une image qui ne correspondait pas à la vérité de ta vie ! » Cette réponse sera à la hauteur de l’hypocrisie de notre vie terrestre. « Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.’ Il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice. » Tous nos mérites, nos décorations ecclésiastiques, publiques, politiques, la belle réputation basée sur les apparences et le mensonge ne serviront à rien. Nous récolterons ce que nous aurons semé pendant notre vie terrestre !

Cet évangile est un appel à la conversion. Il n’est jamais tard de revenir à la vérité et se montrer à Dieu et aux hommes tels que nous sommes. Revenons au Seigneur de tout notre cœur ! Revenons au Christ qui est Lumière et Vérité de notre vie. Seigneur, toi qui nous nourris en cette vie, donne-nous de vivre, dès ici-bas, tournés vers l’éternité que tu promets. Amen.

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2025)2025-08-23T16:00:48+02:00

Homélie du Père Joseph du XX° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2025)

Chers frères et sœurs !

Psychologiquement, quand on a passé la fête l’Assomption, le 15 août, on sent déjà la fin des vacances et on commence à préparer la rentrée, même si je sais que beaucoup parmi nous ont déjà fini les vacances. Il est temps pour nous relire nos vacances et de notre été pour voir comment le Seigneur nous a accompagné à travers ce que nous avons vécu et reçu. L’évangile de dimanche dernier nous rappelait que « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » ! Avant la rentrée où nous risquons rapidement d’avoir le nez dans le guidon, relisons notre été pour fixer et redéfinir les priorités et l’essentiel dans nos vies.

 Avec Abraham, dimanche dernier, nous avons appris que croire, c’est faire confiance, accueillir la Parole même quand elle nous brûle et nous bouscule. Avoir la foi, c’est affronter les difficultés en gardant allumée la lumière de l’espérance. Ce dimanche, le Seigneur nous rappelle que l’annonce de l’Evangile, le témoignage de foi est un signe de contradiction. Le monde accepte difficilement l’ingérence divine et préfère souvent les ténèbres à la lumière. Les disciples sont aussi plongés dans ce monde, et sont faits de chair et d’os comme tous les humains. Nous aussi, tout en étant chrétiens, nous ne sommes pas vaccinés contre les contradictions et les peurs. Ce qui nous différencie des autres, c’est la lumière de la foi qui élargit notre cœur et nous rend capable d’aimer. Pour aimer notre monde, nous devons aller à sa rencontre même si c’est toujours un peu plus compliqué de lui témoigner de notre foi aujourd’hui.

Jérémie, prophète inquiet et persécuté, nous est présenté comme modèle à imiter dans la première lecture. Il passe sa vie à convaincre le roi de Juda et tout Jérusalem à ne pas s’opposer à la naissante puissance babylonienne. Confiants en leur diplomatie et du soutien de l’empire assyrien et de l’Egypte, le roi et son entourage n’ont pas voulu écouter les conseils et messages du prophète Jérémie. Ils ont commencé à le persécuter jusqu’à la condamnation à mort où il est sauvé in extremis « Alors ils se saisirent de Jérémie et le jetèrent dans la citerne de Melkias, fils du roi, dans la cour de garde. On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne il n’y avait pas d’eau, mais de la boue, et Jérémie enfonça dans la boue. »

Un prophète qui annonce la paix se voit persécuté. Il appelle au bien et c’est le mal qui s’abat sur lui. Les prévisions annoncées par Jérémie se sont avérées. Jérusalem est tombé entre les mains de Nabuchodonosor et sous la domination babylonienne, et ce fut le début de la déportation de plus de 8 milles chefs de familles. Jérémie n’avait pas été écouté ! Être prophète, c’est aimer les personnes auxquelles nous annonçons l’évangile, c’est dire la vérité aux autres, même quand ils ne veulent pas l’entendre, avec le risque d’être incompris même par les personnes que nous aimons.

Après la chute de Jérusalem aux mains des Romains et la destruction du Temple de Jérusalem par le général Titus, les premiers chrétiens seront excommuniés du judaïsme ! De là est née la persécution de l’Eglise naissante. Aujourd’hui encore, beaucoup font l’expérience de cette contradiction quand ils embrassent la foi chrétienne. Alors qu’ils entrent dans la nouvelle famille des enfants des Dieu, la communauté des baptisés, pas toujours accueillante, ces nouveaux convertis souffrent parfois d’exclusion de la part de leur propre famille naturelle et culturelle.

Pendant que nous sommes encore en été, je vous conseille un film à voir : « Le Prophète » qui nous décrit l’histoire d’un jeune musulman qui se convertit au christianisme et comment il est exclu, rejeté et persécuté par sa propre famille. Mais il n’est pas besoin de chercher un chrétien converti de l’Islam pour vivre et voir le déchainement de la persécution. Il nous suffit de regarder dans nos propres familles. Sans aller jusqu’à ces excès, chacun de nous a un jour constaté le changement d’attitude des frères et sœurs, des collègues… qui se sont parfois moqués de vous parce que vous êtes chrétiens, surtout dans certains milieux professionnels. Tel est notre sort : être chrétien, c’est subir parfois le même sort que notre Maître et Seigneur. Il a été persécuté jusqu’à mourir, et c’est normal que les chrétiens soient aussi persécutés ! La croix fait partie de l’ADN du christianisme.

Jésus rappelle qu’il est le feu ! Il apporte un feu qui brûle ce qui en nous dépérit. Il est venu apporter un feu qui illumine, réchauffe et consume le mal en nous. Mais, on a parfois l’impression que ce feu a cessé de bruler dans nos cœurs et nos communautés. Si le fait d’être chrétien se mesure à l’intensité du feu qui brûle en nous, alors les pompiers de la foi n’ont plus beaucoup de travail car nous ne brûlons plus tellement du feu de Dieu ! Il faudrait notre foi redevienne plus brulante. Nous sommes devenus tièdes et le monde ne voit plus le feu du Christ bruler en nous. Nous brulons d’envie et d’amour pour tant de choses, des gadgets, pour des personnes, pour telle équipe de foot, de rugby ou telle star… mais, y a-t-il encore un peu de feu qui brûle en nous pour le Christ ?

Vous est-il arrivé de ne penser qu’à lui, de témoigner de ce feu qui brûle en vous pour lui à votre collègue de travail ? Vous arrive-t-il de défendre le Christ dans un débat, quand il est injurié, moqué, comme cela arrive souvent dans les médias ? Je suis heureux impressionné par les nouveaux convertis, recommençants, les enfants et les adolescents qui sont moins timorés aujourd’hui qu’il y a quelques années et plus portés à témoigner à parler de leur foi. Les musulmans et les juifs montent plus facilement au créneau quand leur religion est méprisée ou discriminée… mais rares sont les chrétiens qui osent monter au créneau quand on se moque de Jésus. Dans un de ses sketch, le comédien Gad Elmaleh invite les cathos à être fier de leur belle religion et d’en témoigner. Parfois même, dès qu’un chrétien essaye de défendre publiquement sa foi, d’autres chrétiens le qualifient de fanatique et d’extrémiste. Si personne ne s’est jamais moqué de vous pour vos convictions chrétiennes, c’est un très mauvais signe !

Quand saint Ignace de Loyola, le fondateur de la compagnie de Jésus envoie ses douze compagnons annoncer l’Evangile jusqu’aux extrémités du monde connu jusqu’alors, il leur dit le jour de leur départ : « Allez, et incendiez le monde ! » Oui, être chrétien, c’est chercher à brûler d’amour pour Jésus et pour le prochain. Rallumons notre ardeur pour le Seigneur ! Que le saint Esprit fasse bruler en nous son feu dans l’Eglise et dans le monde. Amen

Homélie du Père Joseph du XX° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2025)2025-08-18T22:46:01+02:00

Homélie du Père Joseph de l’Assomption, année C (2025)

Mes chers frères et sœurs !

Dans ce contexte, que j’espère très favorable et moins stressant, l’Eglise nous invite à célébrer l’Assomption Sainte Vierge Marie. Contempler la Vierge Marie emportée au Ciel, glorifiée dans son corps et son âme, rejoignant ainsi son Fils et notre Seigneur, glorifié avant elle et qui est assis à la droite du Père, nous rappelle notre vocation et notre véritable patrie. L’Assomption de la sainte Vierge nous fait entrevoir ce qui nous attend un jour : la glorification de nos pauvres corps mortels.

 L’Eglise exalte et vénère la Vierge Marie sous divers titres et dans de multiples dévotions. Parmi les icônes à travers lesquelles la nous vénérons, celle d’Assomption est parmi les plus significatives parce qu’elle exprime l’œuvre, la bienveillance, la générosité du Seigneur envers la sainte Vierge, et par conséquent, envers nous aussi, si nous laissons le Seigneur prendre toute sa place et naître dans nos cœurs comme la sainte Vierge Marie le fit après l’Annonce de l’Ange Gabriel.

Attention cependant, et surtout ne comprenez pas de travers mon propos. J’aime beaucoup la Vierge Marie qui a une grande place dans ma vie d’homme, de baptisé et de prêtre. Et j’espère de tout mon cœur qu’il en est ainsi pour chacun de nous. Il nous faut lui accorder toute la place qu’elle mérite dans notre vie ! S’attacher à Jésus nous attache forcement aussi à sa sainte Mère. On ne peut pas aimer Jésus et refuser de s’attacher à sa Mère ! Comme disait saint Jean-Paul II, un chrétien est forcément un être marial !

 Cependant, ne faisons pas de la Vierge Marie une divinité. On nous le reproche parfois. La sainte Vierge ne fait pas partie de la Trinité sainte. La tentation de la diviniser existe dans beaucoup de dévotions.  Je suis parfois choqué d’entendre certains propos que certains fidèles peuvent tenir sur la sainte Vierge. Une dame avait dit que je n’avais pas la foi parce que j’avais refusé de faire dire un chapelet au cours de l’adoration eucharistique. Pour elle le rosaire était plus important que l’adoration eucharistique et la présence réelle du Christ dans l’eucharistie ! Il y a eu et il y aura encore des déviations dans nos dévotions envers la sainte Vierge Marie. On l’a beaucoup reproché aux catholiques dans le passé et aujourd’hui encore, et ces accusations ne sont pas toujours gratuites et sans fondement. Rappelons-nous toujours que la sainte Vierge Marie veut que nous la considérions pour qui elle est vraiment : une simple petite paysanne comparable à toutes les autres jeunes filles de Nazareth, une fille normale, pas du tout extraordinaire, de pauvre culture, une humble juive vivant simplement mais profondément sa foi en Dieu.

 Mais la générosité de Dieu est infinie envers cette fille de Nazareth parce qu’elle est choisie pour être la Mère du Verbe incarné, du Dieu conçu dans la chair pour partager notre humanité. Pour cela, la Vierge Marie a dû adhérer librement à ce projet de Dieu. Ses parents Anne et Joachim l’avaient déjà préparée, à travers l’éducation reçue en famille. Ils lui avaient appris à écouter Yahvé et à chercher toujours sa Volonté.  La sainte Vierge a dû pour cela mettre une croix sur ce qu’elle pouvait avoir comme projets personnels, accepter d’être exposée à quelques critiques, être pointée du doigt, mettre sa vie en danger en courant le risque de la lapidation selon la Loi de Moïse. Accueillir la volonté de Dieu, prendre une décision importante dans notre vie exige toujours des renoncements qui coûtent plus ou moins.

Pour nous aujourd’hui, il est tout à fait normal de croire que la sainte Vierge a conçu par la force du saint Esprit. Tout ceci est acquis et intégré dans notre foi aujourd’hui et l’Eglise ne cesse de nous l’enseigner depuis plus de deux mille ans. Mais imaginez un moment les habitants de Nazareth qui retrouvent la petite jeune Marie, que tout le monde prenait pour très sage, enceinte avant le mariage. Mettez-vous à la place des parents qui devaient en souffrir car raillés par tout le monde à cause de leur fille qui fait la honte de Nazareth. Pensez aux commérages des jeunes filles et femmes du village qui parlent toujours un peu trop, rependant des rumeurs infondées des voix qu’elles sont les seules à entendre, couvrant la petite vérité par d’énormes et nombreux mensonges et calomnies.… Mettez-vous à la place de saint Joseph, un jeune fiancé qui construisait la maison familiale en attendant le jour du mariage. Tout le monde à Nazareth voyait de grandes cornes qui avaient poussé sur sa tête de saint Joseph !

La suite des événements dans la vie de la Vierge Marie n’a pas du tout été facile : un accouchement dans des conditions éprouvantes et précaires, un hébergement de fortune au milieu des bêtes, la persécution d’Hérode, la fuite en Egypte où la sainte famille va s’installer comme refugiés. Je pense aux paroles dures de Jésus, alors adolescent âgés de 12ans quand il se perd pendant trois jours à Jérusalem et qui répond à ses parents : « pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous que je devais être au service de mon Père ». Je pense à la présence de Vierge Marie parmi les disciples avec les écueils, les tensions et les refus d’Israël, le chemin de croix de Jésus avec cette terrible page de sa rencontre avec sa Mère, le regard souffrant et sa présence silencieuse au pied de la Croix pendant que Jésus expirait, les dernières paroles de Jésus à Marie et à Jean avant de mourir (« Fils voici ta Mère et Femme voici ton fils ») ! Non, la sainte Vierge n’a pas eu une vie facile.

La vie de la Vierge Marie interroge la nôtre aujourd’hui. Elle nous ressemble dans les hauts et les bas de notre vie. Comme elle, nous pouvons nous aussi être toujours dans la grâce de Dieu si nous Le laissons, malgré nos fragilités et nos faiblesses, habiter nos cœurs pour y naitre. La vierge Marie est une femme normale et ordinaire parce qu’elle fait partie de notre humanité, semblable à chacun de nous dans ce qui fait le quotidien de notre vie. Elle est extraordinaire et merveilleuse simplement par la grâce de Dieu qui l’a touchée et qui as accompli en elle et par elle ses merveilles pour toute l’humanité que nous formons.

Ce qui est arrivé à la sainte Vierge dans le mystère de l’Assomption nous montre bien que pour nous aussi, les portes du salut et de la gloire nous sont grandement ouvertes après notre pèlerinage en ce monde. Notre vie peut traverser joies et souffrances, des hauts et des bas en ce monde, mais notre vocation est de partager, comme la sainte Vierge, la glorification de son Fils.

Si avec la sainte Vierge nous laissons Jésus naître dans nos cœurs, si avec elle nous prenons soin de Jésus chaque jour à travers nos frères et sœurs, si avec elle nous écoutons vraiment la Parole de Dieu et  la méditons dans notre cœur, si avec elle nous savons apporter la Bonne Nouvelle aux autres comme elle l’a fait avec Elisabeth, si avec elle nous accompagnons Jésus sur son chemin de croix, à travers nos propres croix et celles des autres, si avec Marie nous accueillons le Saint Esprit comme au Cénacle, alors, avec la Vierge Marie et par sa prière, nous partagerons la gloire de son Fils, Lui qui s’est fait homme pour que nous  partagions sa divinité. Marie, Mère du Seigneur et Notre-Mère, nous te confions nos familles qui se retrouvent pendant cet été et ceux que nous avons la joie de trouver actuellement. Nous confions à ta prière ceux qui souffrent autour de nous. Apprends-nous à chanter avec toi le Magnificat, quoi qu’il arrive dans notre vie. Amen.

Homélie du Père Joseph de l’Assomption, année C (2025)2025-08-18T22:44:05+02:00

Homélie du Père Joseph du XIX° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2025)

Mes cher frères et sœurs !

Au cœur de l’été, avec la canicule, les incendies et dans un contexte national et international un peu incertain et préoccupant…le Seigneur vient nous rassurer et rallumer en nous espérance, en cette année jubilaire. « Sois sans crainte, petit troupeau ! Votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ! », nous dit Jésus.  Ne cherchez pas à assurer vos arrières par vous-même, mais faites confiance à votre Père !

Confiance ! Espérance !  De mon expérience de vie personnelle, depuis mon enfance, j’ai reçu un cadeau du Seigneur, et c’est un moteur qui me porte dans tout ce que je fais, et si je peux vous en donner un témoignage, c’est la grâce de la confiance en Dieu, quelles que soient les adversités et épreuves que j’ai pu ou peux traverser dans ma vie personnelle comme dans mon ministère de prêtre. Dieu est toujours de notre côté, quoiqu’il arrive !  Il peut y avoir des tempêtes, des vents contraires et très violents, des ouragans, voire même des Tsunami, mais il y a certitude gravée au fond de mon coeur : le Seigneur est bon ! Il est toujours là pour moi, pour nous quoi qu’il arrive! Alors, confiance ! même si certaines épreuves semblent parfois désespérantes, surtout lorsqu’elles durent dans le temps. Demandons la grâce de la confiance, comme notre père dans la foi Abraham et Sara qui ont été bénis parce qu’ils ont fait confiance et ont obéi à la parole de Dieu malgré l’épreuve qu’ils traversaient de ne pas avoir une descendance. Obéir à Dieu, faire acte de foi devant Dieu et lui faire confiance est toujours source de bénédiction « Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays, qu’il devait recevoir en héritage…. Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesse »

La confiance est une vertu qui se construit au fur et à mesure, à travers une expérience relationnelle. L’histoire du salut nous fait faire l’expérience de l’amour d’un Dieu qui, en Jésus, nous a aimé jusqu’à donner sa vie pour nous. En Jésus, Dieu nous aime d’un amour libre et libérateur, un amour vital et vivifiant, concret et quotidien.  Nous sommes confiants parce que Dieu a fait de nous les héritiers du Royaume ! L’expérience mondaine nous dit que la vie appartient aux plus forts, aux plus riches, ceux qui peuvent écraser les autres, leur imposant des taxes douanières à leur guise et sans concertation, ceux qui peuvent menacer et intimider les autres à longueur des journées. Dans les béatitudes du Royaume cependant, Jésus confie le Royaume aux artisans de paix et aux doux : « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

Nous avons confiance parce que le Père a voulu faire de nous des héritiers du Royaume, cohéritiers avec le Christ de ce royaume dont nous hériterons pleinement après notre pèlerinage ici-bas. Attention cependant ! Le chrétien ne rêve pas d’un règne à venir utopique !  Le Règne dont nous héritons est déjà présent ici et maintenant si nous accueillons Jésus comme Maître et Seigneur en le laissant aux manettes au quotidien. C’est cela la confiance !

Faisons un petit examen de conscience, en vérité ! Qu’est-ce qui compte, ce qui vaut vraiment la peine de vivre pour nous ? Où investissons-nous le plus d’énergie, le plus de temps, le plus des ressources dans notre vie au quotidien ? Quelle est le moteur de notre vie ? Quelle place accordons-nous à Dieu ? Est-il seulement ce petit détail de notre agenda déjà rempli au quotidien ou bien sa présence est-elle le moteur qui fait bouger notre vie, notre regard sur le monde, nos rapports avec autres ? Notre réponse à ces questions montrera qui ou quoi est le moteur. De notre vie. Notre existence ici-bas est une parenthèse, sérieuse soit-elle, mais c’est une attente du Règne glorieux de Dieu comme nous le professons « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin ! ».

 En attendant la parousie du Seigneur, ici et maintenant, Dieu a fait de nous les gestionnaires et les administrateurs de son Royaume. Dans cette optique, nos familles, groupes, mouvements et communautés ecclésiales sont appelés à être des petites entités ou portions du Royaume de Dieu, signes d’une humanité nouvelle, joyeuse, réconciliée et fraternelle, prophétie d’un monde nouveau qui donne envie. Mais est-ce vraiment le cas ? Même si nous n’en sommes ni capables ni dignes, et en dépit de nos manques et fragilités, Dieu lui nous montre sa confiance quand il fait de nous les gestionnaires de son Royaume.

A nos mains fragiles, nos esprits parfois tordues et nos cœurs orgueilleux, Dieu a confié la gestion de son plus beau trésor. Oui, le Royaume de Dieu est là où deux ou trois personnes sont réunies au nom de Dieu. Il est présent là où l’on s’engage afin que toute personne puisse mener une vie digne, là où l’on accompagne avec amour toutes les victimes de la haine et de la violence, là où l’on accueille un frère, une sœur en humanité qui est désespéré. Il est présent là où l’on s’engage aux côtés des pauvres, des petits, des malades, là où l’on s’efforce à vivre selon l’Evangile.

« Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées ! » Soyez prêts, nous avertit Jésus. Prêts à veiller, prêts à mettre en cause certaines certitudes du monde présents parce que nous sommes faits pour le Royaume à venir mais qui a déjà été inauguré avec l’incarnation de Dieu en Jésus. Le chrétien est conscient du « déjà » et du « pas encore » du Royaume de Dieu. Nous avons tous, j’espère, déjà fait la belle et splendide expérience de tomber vraiment amoureux, d’aimer et se sentir aimé. Nous savons aussi cependant qu’aucune de ces expériences affectives humaines est capable de combler notre cœur de manière définitive, parce que nous avons soif d’un amour infini et définitif que seul Dieu peut donner. Nous avons déjà vécu une expérience spirituelle profonde de conversion qui a radicalement changé notre vie, et pourtant aujourd’hui encore, il nous arrive de douter, en particulier lorsque nous traversons des épreuves. Telle est la dialectique saine, sainte et belle « du déjà et du pas encore » du Règne de Dieu.

« Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées », c’est-à-dire, avec la foi et la charité, ces deux vertus théologales qui soutiennent l’espérance au cours de notre pèlerinage terrestre dont le terminus est le Royaume définitif.  En cette année du Jubilé, demandons au Seigneur la grâce de l’Espérance et de la confiance pour devenir, là où nous sommes et dans tout ce que nous faisons, des artisans de la construction de son Règne à venir. Amen.

Homélie du Père Joseph du XIX° Dimanche du Temps Ordinaire, année C (2025)2025-08-18T22:44:18+02:00

Homélie du Père Justin, XX dimanche du TO, Année C, Lc 12,49-53

Chers frères et sœurs, cet enseignement du Seigneur dans l’Évangile que nous avons proclamé correspond à la conclusion d’un enseignement qui regarde ceux qui ont des responsabilités dans l’Église – mais qui n’est pas responsable dans l’Église ? responsable dans l’église domestique, dans la paroisse, dans le diocèse ?…

Quelques versets auparavant, Pierre demande au Seigneur Ce que tu dis, tu le dis pour nous ou pour tous ? le Seigneur lui répond en comparant les disciples en général à des serviteurs qui attendent leur patron, et ceux qui ont des responsabilités il les compare à des intendants qui ont sous leurs ordres les serviteurs. Et il dit Si l’intendant voit que son patron tarde à venir, alors il se met à frapper les serviteurs, dès lors quand son patron rentrera il recevra de nombreux coups.

Donc le Seigneur dit clairement que cela n’est pas bien que l’intendant se mette à frapper les serviteurs… Et c’est là juste après ces paroles que le Seigneur dit ce que nous avons à peine entendu Je suis venu jeter un feu sur la terre…

Voyez comme ces paroles sont fortes et importantes, le feu c’est l’Esprit Saint, c’est la grâce, c’est la vie divine. Tandis que nous, nous sommes bien entendu faits de terre, de poussière, nous sommes des créatures. Et le feu est jeté sur la terre, la vie divine est jetée dans notre vie.

Il faut bien comprendre ce que dit le Seigneur, il est en train de dire que du moment que le feu est jeté sur la terre c’est inévitable qu’il y ait des problèmes, comme il le dit ensuite, des divisions, des contrastes, des luttes.

Par exemple ce qui va se passer c’est que certains intendants, certains responsables dans l’Église, vont se croire tout-puissants, ils vont perdre la notion des réalités et des autres surtout – et ils vont les frapper. Le feu jeté sur la terre ça a comme effet chez certains de ne se reconnaitre aucune limite…

Le Seigneur n’est pas du tout en train de dire C’est très bien, vous pouvez être violents les uns envers les autres, les intendants peuvent user de violence sur les serviteurs, puisque de toute façon c’est obligé, le feu jeté sur la terre cela va provoquer presque forcément des luttes, des problèmes de toute sorte…

Non il est en train de dire Vous qui avez des responsabilités – vous à plus forte raison – vous devez savoir que vous êtes de la terre, que vous êtes faibles, que vous êtes limités, que vous êtes fragiles, que vous n’êtes pas tout-puissants. Si vous le savez, alors vous vous ferez aider. Quand vous aurez une décision importante à prendre, vous consulterez les autres réellement, d’une façon élargie, alors vous saurez comment vivre ce feu dans votre vie et ce feu va pouvoir vous éclairer et vous transformer en lui-même.

Mais si vous vous cachez à vous-mêmes votre faiblesse native, ça ne va pas fonctionner, vous tomberez, vous détruirez et vous serez détruits. Saint Paul dit la même chose, il dit que nous recevons la vie de la grâce dans des vases fragiles, dans les vases d’argile que nous sommes.

Toutes les paroles de Jésus sont très fortes…

Il continue en disant qu’il doit recevoir un baptême – pour ses contemporains c’est très clair, il s’agit d’être immergé dans de l’eau, c’est le premier sens de la parole. Lui qui est du côté du feu qu’il nous envoie, il va être immergé dans l’eau, donc son baptême c’est une mort bien sûr, mais pas n’importe quelle mort, c’est sa divinité qui meurt, sa vie divine va mourir – c’est presque fou. Et c’est en effet ce qui va se passer. Durant sa Passion sa divinité va être cachée, il va prendre sur lui tous nos péchés et il ne sera plus en présence de Dieu – c’est le grand mystère de la Passion de notre Seigneur.

Par ses paroles nous voyons que notre Seigneur est divisé, il ressent la joie et la tristesse à la fois, la hâte et l’angoisse, il est Dieu et il renonce aux privilèges de sa divinité – il est bel et bien divisé. C’est très surprenant.

Mais notre Seigneur est divisé pour nous apporter une paix profonde, une véritable sérénité que personne d’autre ne peut nous apporter. Il ne nous apporte pas la paix que le monde nous propose, la paix du pacificateur, la paix du plus fort, avec un vainqueur et un vaincu comme nous le voyons dans le monde notamment en ce moment. Non le Seigneur nous apporte une autre paix, que seul lui peut nous donner, une paix bien plus profonde.

Il est divisé pour être proche de chacun d’entre nous sans exception. Il est proche de celui qui se sanctifie et qui se laisse transformer par l’Esprit Saint. Mais il est proche aussi du pécheur endurci qui ne se soucie pas de se sanctifier – il a connu la Passion et la Résurrection pour cela, pour être avec chacun d’entre nous.

C’est ce que nous expérimentons lorsque nous sommes persécutés, quand nous sommes victime d’injustice, de calomnie. Nous sentons que le Seigneur est avec nous et nous sentons qu’il est aussi avec celui qui nous persécute – il est avec l’un et avec l’autre. Le Seigneur ne nous donne pas à vivre une guerre sainte avec Lui de notre côté contre l’oppresseur, il est des deux côtés à la fois. Dans un premier temps c’est difficile à accepter, mais quand nous l’acceptons alors nous sommes vraiment avec lui et là nous recevons une paix et une sérénité incomparables.

Chers frères et sœurs, le Seigneur nous demande de méditer cet enseignement qui est très riche pour vivre authentiquement la vie qu’il nous donne de vivre, une vie faite de terre et de feu. Si nous la vivons avec lui, dans l’humilité et la solidarité, alors vraiment l’Esprit Saint pourra nous transformer comme le feu qui transforme en lui-même tout ce qu’il touche, sans nous détruire et sans détruire autrui.

Homélie du Père Justin, XX dimanche du TO, Année C, Lc 12,49-532025-08-17T12:17:55+02:00

Homélie du Père Joseph, XVIIIe dimanche du TO, année C

Mes chers frères et sœurs !

Faisons une petite enquête ! Qui parmi nous ici présents n’a jamais eu des soucis en lien avec l’argent ? (moi très souvent) Nous tous, même les plus fortunés parmi nous, nous avons tous probablement été confrontés un jour à la question de la gestion, le manque, les conflits et tension en lien avec l’argent ou les biens matériels. Être en conflit à cause de l’argent, de l’héritage ou des biens matériels… est une réalité dont nous faisons l’expérience très souvent malheureusement dans nos familles.

Combien d’amitiés cassées, des liens familiaux transformés en haine viscérale à cause de l’argent, pour quelques mètres-carré d’appartement, des meubles ou de la vaisselle laissés par les défunts parents ? Comme c’est horrible de voir que la douleur du deuil amplifiée par la haine et les querelles entre les enfants, lors des funérailles ! Pensons à la guerre que se font certains époux, quand malheureusement survient le divorce, pour le partage des biens matériels.

En famille comme avec les amis, il faut qu’il y ait de la justice et de l’équité, avant de les transformer en solidarité ! On ne peut pas, au nom de l’amitié, accepter de subir l’injustice de quelques membres de famille. Il y dans toutes les communautés quelques durs qui pensent qu’ils peuvent écraser tout le monde. Parfois, il nous faut mettre les pieds dans les plats pour leur dire que ça suffit et ne pas laisser certains écraser les autres. Essayons cependant de résoudre ces conflits directement, à l’amiable, en évitant dans la mesure du possible d’y mêler les juges et avocats.

Dans l’évangile, Jésus refuse d’être le médiateur dans un conflit d’héritage. Il refuse de se mêler à cette affaire pour nous laisser « discerner par nous-même ce qui est juste ». Nous ne pouvons pas demander sans arrêt à Dieu de faire à notre place ce que nous sommes capables de faire par nous-même. Avec Dieu, nous sommes parfois comme ces gamins qui doivent toujours faire recours aux parents ou à la maitresse pour résoudre leurs petits différends et querelles sur l’usage des jouets ou le partage du goûter. Je viens de passer une semaine dans les Pouilles avec des amis et leurs deux enfants. J’ai été impressionné par la capacité qu’ont les enfants à s’embêter et demander l’intervention des parents. Parfois même, c’est celui qui embête le premier qui crie et pleure plus fort que l’autre… et puis, ils peuvent passer de la querelle, des larmes à la grande joie en l’intervalle de quelques secondes ! J’ai compris que parfois, quand les enfants vous sollicitent dans leurs querelles, faire la sourde oreille, comme si l’on n’avait rien entendu, peut- être la meilleure solution et ça passe quelques minutes après !

Jésus refuse parce qu’il nous fait confiance : nous sommes suffisamment intelligents pour prendre soin les uns des autres, pour savoir que l’injustice cause des guerres et des conflits, que laisser mourir de famine et de soif des enfants à Gaza ne peut qu’amplifier les rancoeurs et la haine, qu’exploiter indéfiniment la planète conduit à sa destruction et à notre disparition…. Dieu est le Créateur de tout ce qui existe, mais la gestion de la création est confiée à notre responsabilité. Il suffit juste du bon sens pour comprendre ce qui est bon pour l’économie, la justice, la paix, la solidarité : il suffit de voir la réalité, d’écouter notre cœur, suivre notre conscience éclairée.

Jésus sait que derrière cette demande de médiation, il y a un conflit autour de l’argent. Il en profite alors pour faire une petite catéchèse sur la richesse. En France, et dans les milieux catho en particulier, nous avons une pudeur presque naturelle à parler d’argent, considéré parfois comme quelque chose d’un « peu dangereux », « un peu sale », « un peu ambiguë ». Nous sommes embarrassés et gênés pour parler d’argent, de notre salaire….  Comme c’est compliqué au curé de parler de la quête, de faire un appel au don, une relance du Denier de l’Eglise… Trop facile de suspecter celui qui est riche et l’accuser presque spontanément d’être malhonnête comme ceux qui pensent que tous les patrons de « pourris ».

Ce n’est pas cela le message de cette parabole. Jésus ne dit pas que la richesse est sale ou impure. Il prévient simplement que la richesse peut être dangereuse. Il suffit de regarder ce « pauvre-homme-riche » de la parabole. C’est un grand travailleur. Il n’est pas décrit comme malhonnête ! Il veut profiter tranquillement du fruit de son labeur. Je pense que c’est normal qu’un retraité se fasse plaisir et profite un peu après des années de dur labeur. La mort annoncée de cet homme n’est pas une punition, mais un événement possible, toujours dans l’ordre des choses parce que toutes les créatures finissent naturellement par mourir. Pourquoi va-t-il mourir ? Quelles sont les causes de sa mort annoncée ? Trop de stress, trop de travail, trop de cigarette, d’alcool, de drogue, trop de pollution, la maladie, une fusillade, un accident de voiture ! Peu importe la cause. Il faut simplement y penser. La mort n’est pas une punition de Dieu.

Jésus nous avertit : la richesse promet ce qu’elle ne peut jamais donner. C’est illusoire de penser que les biens matériels peuvent combler notre cœur ! La sagesse de Qohéleth nous prévient : « En effet, que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? Tous ses jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n’a pas de repos. Cela aussi n’est que vanité. » Alors, inutile de chercher à accumuler des richesses terrestres, mais, comme dit Jésus, cherchons d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste nous sera donné en surcroit.  Saint Paul nous invite à changer profondément de stratégie et de priorité : « Frères, si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.  Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. »

Vouloir combler la soif profonde de notre cœur par les biens matériels, peut être comparable à celui a tellement soif au risque de s’abreuver d’eau insalubre.  Dans notre cœur il y a une soif d’absolu qu’aucune richesse ne peut combler. A nous de discerner ce qui est vraiment essentiel et nous rappeler que nous sommes pèlerins, que la richesse est parfois trompeuse, que celui qui a reçu de la Providence un peu de richesse s’en serve pour accumuler un peu de trésors au Ciel en aidant les frères et sœurs pauvres, comme dit cette bénédiction finale du mariage: « Soyez dans le monde des témoins de l’amour de Dieu : Ouvrez votre porte aux malheureux et aux pauvres qui vous recevront un jour avec reconnaissance dans la maison du Père ».

Au lieu de nous faire une leçon de morale sur la richesse ou la pauvreté, Jésus fait appel à notre conscience ! Au lieu de nous culpabiliser, Jésus nous rappelle que le matériel est marqué par la finitude et le côté précaire… Seule la vie éternelle demeure. Que le Saint Esprit nous aide à comprendre que notre cœur n’a pas besoin d’être rempli par les biens matériels mais par l’Amour : celui qui nous vient de Dieu et celui de nos frères et sœurs pèlerins et passagers avec nous ici-bas, tous enfants du même Père qui nous appelle ensemble au salut et bonheur de la vie éternelle qui sont la seule vraie richesse impérissable. Amen.

 

Homélie du Père Joseph, XVIIIe dimanche du TO, année C2025-08-01T14:30:12+02:00

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C

Seigneur, apprends-nous à prier… et à persévérer avec confiance !

Une question qui traverse les siècles

Un jour, les disciples regardent Jésus. Ils ne le voient pas simplement faire des miracles, ni enseigner avec autorité. Non, ils le voient prier. Et là, quelque chose les touche au plus profond :« Seigneur, apprends-nous à prier. ». Comme si cette manière d’être en relation avec Dieu était la source invisible de tout le reste.
C’est la seule chose qu’ils demandent explicitement à apprendre de Jésus : non pas comment prêcher, guérir, convertir… mais comment prier.

Et nous ? Savons-nous encore demander à Dieu, parler avec Lui, persévérer dans la prière comme Abraham, sans nous lasser ?

  1. Apprendre à prier, c’est entrer dans l’intimité du cœur de Dieu

Jésus commence par nous donner le Notre Père. Non pas une formule magique, mais une école de vie spirituelle. Quand tu dis : Notre Père, tu n’es plus seul : tu entres dans une relation filiale avec Dieu… et fraternelle avec les autres. Que ton Nom soit sanctifié… Ce n’est pas ton nom, ni ta volonté qui doit briller, mais la sienne. Donne-nous aujourd’hui… Tu apprends à vivre dans l’aujourd’hui de Dieu, sans t’inquiéter exagérément de demain. Pardonne-nous… car la prière transforme aussi le cœur blessé en cœur capable de miséricorde.

En fait, concrètement :

Quand tu dis Notre Père, tu n’es plus orphelin. Quand tu dis Que ta volonté soit faite, tu déposes ton agenda pour épouser le sien. Quand tu dis Donne-nous aujourd’hui, tu vis l’instant présent dans la confiance. Quand tu dis Pardonne-nous, tu cesses de te cacher, et tu entres dans la vérité de ton cœur blessé, appelé à guérir.

La prière n’est pas d’abord des mots. C’est une relation. C’est l’oxygène de l’âme.

Saint Jean-Marie Vianney disait :« La prière, c’est l’union de l’homme avec Dieu… c’est un doux échange d’amitié. »

  1. Persévérer dans la prière, même quand Dieu semble se taire

Jésus ne s’arrête pas à l’enseignement d’une prière. Il raconte une parabole : celle de l’ami importun. Un homme frappe chez son voisin, en pleine nuit. Il insiste… il dérange. Et à force d’insistance, la porte finit par s’ouvrir.

Quelle image saisissante ! Dieu n’est pas un distributeur automatique de grâce. Mais Il se laisse toucher par l’audace et la persévérance.

🔸       Oui,  Mais prier ne suffit pas. Il faut persévérer. Ne pas lâcher. Même quand Dieu semble silencieux.

Comme Abraham dans la première lecture.Il ose discuter avec Dieu. Il insiste, il négocie presque :« Et s’il y avait 50 justes ? Et 45 ? Et 40 ?… »

Il ne demande rien pour lui. Il plaide pour les autres. Voilà un cœur d’intercesseur. Un cœur qui croit que Dieu peut changer l’histoire, quand un seul homme se tient devant Lui avec foi.

Et puis Jésus raconte cette histoire étrange d’un homme qui frappe à la porte de son ami en pleine nuit, pour demander trois pains.

Et là, Il nous dit :« Demandez… cherchez… frappez… »
Et Il promet :« Votre Père du Ciel donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. »

Thérèse de Lisieux disait :« La prière, c’est un élan du cœur, un simple regard jeté vers le Ciel, un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme dans la joie. »

Et parfois, la prière devient lutte. On n’obtient pas toujours ce qu’on veut… mais si on persévère, on reçoit ce dont on a besoin.

            Un petit témoignage – “Je ne savais plus prier…”

Je pense à un homme que j’ai rencontré dans une paroisse.
Un jour, il m’a dit :« Mon Père, pendant 20 ans, j’ai prié pour que mon fils revienne à la foi. 20 ans ! Et puis un jour, j’ai arrêté. Trop fatigué. Trop de silence.
Mais un matin, j’entends frapper à ma porte. J’ouvre : c’était mon fils. Il me dit :“Papa, je veux te demander pardon. Je vais mal. J’ai besoin de Dieu. Tu m’apprends à prier ?”
J’ai pleuré. Et j’ai compris que même mes prières silencieuses, mes soupirs, mes douleurs… avaient été entendus. »

Frères et sœurs, Dieu n’est pas sourd. Il n’est pas absent. Il est Père. Et Il écoute.

            III. Dieu donne bien plus que ce qu’on ose espérer : son Esprit

Jésus conclut par cette promesse saisissante :« Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

On vient souvent à Dieu avec des demandes matérielles ou affectives. Mais Lui veut nous donner beaucoup plus : son Esprit, sa force, sa vie divine.

Une femme me disait récemment :« Mon mari est parti. Je n’ai plus rien… sauf ma foi. Et aujourd’hui, c’est cela qui me fait tenir. » Elle n’avait pas reçu ce qu’elle attendait… mais elle avait reçu le souffle de Dieu, la consolation du cœur. N’oublions JAMAIS CECI :Dieu ne nous donne pas toujours ce qu’on veut.Mais Il donne toujours ce dont on a besoin.

            Conclusion – Trois clés pour notre vie de prière

  1. Demande humblement à Jésus : « Apprends-moi à prier ! »
  2. Prie avec confiance : Dieu t’écoute, même s’Il semble se taire.
  3. Demande le Saint-Esprit : c’est Lui le vrai Don que ton cœur attend.

Pour finir je voudrais vous dire encore ceci : « La prière, ce n’est pas convaincre Dieu de faire notre volonté,c’est apprendre à accueillir la sienne – et à Lui faire confiance. »

Prière finale

Seigneur Jésus,

Toi qui priais le Père avec le cœur du Fils,
apprends-moi à prier,
non pas pour multiplier les mots,
mais pour t’ouvrir mon cœur.

Quand je me décourage,
mets en moi la foi d’Abraham et la confiance de l’ami de minuit.
Donne-moi la persévérance des saints,
la simplicité des enfants,
et l’audace de ceux qui espèrent contre toute espérance.

Seigneur, apprends-moi à désirer l’Esprit Saint,
plus que les dons… plus que les consolations.
Apprends-moi à aimer ta volonté,
et à dire chaque jour :Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite…

 

Homélie du Père Clément, XVIIe dimanche du TO, année C2025-07-31T09:04:51+02:00

Homélie du Père Jean-Marie, XVIIe dimanche du TO, année C

La prière comme l’âme de la vie chrétienne
La Parole de Dieu de ce dimanche nous invite à la prière pour nous-mêmes et pour les autres. Comme l’homme qui ne mange plus meurt lentement à cause de la faim, ainsi le chrétien qui ne prie plus meurt lentement. La prière est l’âme de la vie spirituelle. Qu’est-ce que la prière ? Sainte Thérèse d’Avila la définit comme « un commerce d’amitié avec Celui qui nous aime, Celui dont nous savons aimés ». Dieu est toujours celui qui nous aime et veut notre bien.
Dans l’Évangile, Jésus enseigne à ses disciples comment prier. En effet, le disciple n’a pas demandé à Jésus de leur enseigner une prière à réciter, mais plutôt de leur apprendre à prier ». Ainsi, la prière du « Notre Père » est une prière avec laquelle on apprend à prier, mieux encore, c’est une école de prière. Elle contient les caractéristiques d’une bonne prière chrétienne. Je voudrais en souligner deux : : 1. La prière du « Notre Père » commence par des paroles de louange à Dieu et ensuite par des demandes pour la vie quotidienne. Ce qui signifie qu’une bonne prière doit commencer par s’intéresser à Dieu avant de penser à nous-mêmes. Comme dans une relation amicale, si nous voulons parler comme Thérèse d’Avila, lorsque je rencontre mon ami ou mon amie, je commence par demander de ses nouvelles : comment va ta santé, ta famille, le travail, … Voici les trois premières invocations du  » « Père » : « Que ton nom soit sanctifié », « que ton règne vienne” ; « Que ta volonté soit faite. » Celles-ci nous montrent comment nous devons commencer nos prières communautaires comme celles personnelles. Louer Dieu d’abord pour ce qu’il est.
Chers frères et soeurs, si Dieu est notre ami, il serait injuste de le considérer comme une station-service où l’on va quand on a besoin du carburant. Mais quand la voiture est à pleine, nous passons sans penser qu’il y a cette station. Non, chers frères et soeurs, une conception erronée de la prière est de penser que la prière est seulement pour les pauvres matériellement parlant afin de demander l’aide de Dieu. D’une part, oui, la prière est pour les pauvres et devant Dieu nous sommes les pauvres du Seigneur (les anawim). Nous sommes tous pauvres devant Dieu, en fait nous sommes appelés à être pauvres en esprit, c’est-à-dire des gens qui savent qu’ils n’ont rien sans la main du Seigneur. D’autre part, nous ne pouvons pas réduire la prière à une litanie de demandes, mais comme deux coeurs qui s’aiment, c’est un dialogue, une confiance mutuelle. Comme il serait beau que notre prière devienne cette confiance, ce dialogue avec Celui qui nous aime profondément avec nos difficultés, nos misères et nos faiblesses.
2. La deuxième caractéristique que je voudrais souligner est l’utilisation de la première personne du pluriel. Dans le modèle de prière que Jésus nous donne, il y a toujours la première personne du pluriel, le « nous » et non « je » : « Notre Père », « donne-nous chaque jour », « pardonne-nous, … ». Ce qui signifie
que la bonne prière est avant tout communautaire. Ne pensons pas à nous-mêmes, mais pensons et portons les nécessités de tous pour notre bien aussi. Le bien des autres contribue à la construction d’un monde meilleur. Par conséquent, l’insécurité de la Russie et de l’Ukraine ; d’Israël et de la Palestine, l’insécurité des iraniens et des libanais qui sont bombardés, des congolais, des soudanais tués chaque jour comme des mouches, doit nous interpeller et émouvoir nos coeurs ici en France ; la misère de certains pays du monde nous touche aussi ici : tant de jeunes qui périssent dans notre mer à la recherche de bien-être ne nous laissent pas indifférents. C’est pourquoi la prière chrétienne est vraiment communautaire, elle porte la communauté dans son coeur. Et après avoir prié, le chrétien sort pour faire quelque chose, pour se transformer et chercher à changer le visage du monde. Le modèle de la prière pour la communauté est Abraham dans la première lecture. Il intercède pour les villes de Sodome et Gomorrhe, deux villes païennes. Insiste sans se lasser devant Dieu. Sa prière exprime la confiance devant Dieu et la préoccupation pour les autres.
Aujourd’hui, demandons la grâce de Dieu pour que notre prière nous rapproche de Lui, nous transforme et nous ouvre aux besoins de toute l’humanité souffrante. Amen

Homélie du Père Jean-Marie, XVIIe dimanche du TO, année C2025-07-28T14:20:28+02:00

Homélie du Père Clément, XVIe dimanche du TO, année C

« Accueillir Dieu… et se laisser accueillir par Lui »

Frères et sœurs bien-aimés,

Il est parfois plus facile d’agir que de s’asseoir. Plus rassurant de tout organiser que d’ouvrir son cœur. Plus confortable de faire… que d’être.

Et pourtant, l’Évangile d’aujourd’hui nous déplace. Il nous emmène à Béthanie, dans cette maison chaleureuse où Marthe et Marie accueillent Jésus. Et à travers elles, c’est chacun de nous que le Seigneur vient visiter.

  1. Accueillir : non pas seulement faire entrer, mais se laisser rejoindre

Marthe et Marie ont toutes les deux un immense désir de bien faire. Marthe s’active, Marie s’assied. L’une prépare, l’autre écoute. Mais Jésus ne vient pas distribuer des bons points : il vient révéler un cœur.

Ce qu’il dit à Marthe – « tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses » – ce n’est pas un reproche dur, mais un appel tendre :Marthe, et si tu me laissais t’aimer ?

Car c’est cela, au fond, la clé de l’accueil véritable. Ce n’est pas d’abord notre générosité. C’est notre capacité à nous laisser aimer, enseigner, transformer.

Marie choisit la « meilleure part » parce qu’elle s’ouvre à la Présence, elle fait silence, elle s’émerveille. Et elle nous montre que la foi commence par l’écoute, pas par le faire.

Sainte Thérèse de Lisieux écrivait :« Jésus n’a pas besoin de nos œuvres, mais de notre amour. »

  1. Une hospitalité qui devient rencontre : Abraham sous le chêne de Mambré

La première lecture éclaire merveilleusement cette scène. Abraham, figure de l’hospitalité biblique, accueille trois étrangers. Il se donne du mal, il court, il fait préparer un vrai festin.

Mais soudain, tout bascule : ce ne sont plus trois simples visiteurs… c’est le Seigneur qui est là. Et dans l’accueil offert, c’est une promesse qui se déploie : « L’an prochain, tu auras un fils. »

Ce récit nous rappelle que Dieu vient souvent dans les visages inattendus. Il se cache dans les pauvres, dans les étrangers, dans les frères en recherche. Et quand nous ouvrons notre porte, c’est notre propre vie qu’il transforme.

Un proverbe éthiopien dit :« L’étranger que tu accueilles est le messager du ciel que tu ne reconnais pas encore. »

  1. Témoignage : « J’étais venu pour aider, j’ai été évangélisé »

Permettez-moi un témoignage. Une jeune bénévole est partie en mission dans un foyer d’accueil pour sans-abris. Elle voulait donner du temps, faire le bien.
Mais ce qu’elle a vécu l’a bouleversée. Elle raconte :« Un soir, un homme m’a dit : « Je te remercie pour ton sourire. Tu es la première depuis longtemps à m’avoir regardé comme un homme et non comme un déchet. » J’étais venue pour aider… et c’est moi qui ai été relevée. »

Elle a compris, ce jour-là, que l’accueil vrai n’est pas seulement horizontal. Il est aussi sacré. Quand nous accueillons l’autre, c’est le Christ que nous accueillons – et souvent, c’est Lui qui nous relève à travers lui.

  1. Une parole de Paul pour aller plus loin : « Le Christ en vous »

Dans la 2e lecture, Paul nous révèle ce mystère fou : « Le Christ est en vous, espérance de la gloire. »

Ce n’est pas un Jésus extérieur, distant, réservé aux lieux sacrés. Il est en nous. Il désire demeurer en nos maisons, en nos âmes, dans notre quotidien. Et ce Christ intérieur, il faut lui faire de la place.

Marthe nous dit : « Sers le Seigneur avec tout ton cœur. »
Marie nous dit : « Écoute le Seigneur avec tout ton cœur. »
Et Jésus répond : « Fais les deux… mais commence par me laisser t’aimer. »

 Conclusion : Accueillir Dieu, c’est le laisser faire en nous ce que nous ne pourrions jamais faire seuls

En ce dimanche, frères et sœurs, Jésus vient frapper à la porte de notre vie.

Il ne cherche pas une maison parfaite. Il cherche un cœur ouvert.
Il ne vient pas pour être impressionné, mais pour nous transformer.

Alors que nous soyons aujourd’hui Marthe ou Marie, que notre cœur soit agité ou disponible, que nous soyons à bout ou pleins de zèle… faisons une chose simple :Arrêtons-nous. Écoutons. Et laissons-nous aimer.

 « Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10,42)
Et si c’était aussi la part que le Seigneur nous invite à choisir aujourd’hui ?

  • « Marthe, sois bénie pour tes bons services ; lorsque tu arriveras à la patrie céleste, tout cela n’existera plus là-bas : il n’y aura là-bas que ce que Marie a choisi » (Saint Augustin)

🌿 Méditation – « La meilleure part »

Il y a tant à faire.
Tant à organiser, à prévoir, à réussir.
Mais Jésus ne nous félicite pas d’abord pour ce que nous accomplissons…
Il nous invite à choisir la meilleure part.

Et cette part, c’est Lui.

C’est ce moment de silence où il parle à notre cœur.
Ce regard posé sur un frère en détresse.
Ce souffle intérieur qui nous dit : « Laisse-toi aimer. »

Quand nous cessons un instant de courir,
le Christ entre.
Et c’est alors qu’il commence en nous l’œuvre que nous ne pouvions pas faire seuls.

Choisir la meilleure part,
c’est lui faire de la place.

 

 

Homélie du Père Clément, XVIe dimanche du TO, année C2025-07-31T09:05:08+02:00

Homélie du Père Joseph, XVIe dimanche du TO, année C

Mes chers frères et sœurs !

Au chaîne de Mambré, Abraham a reçu la visite de Yahvé. A Bethanie, Marthe et Marie, les sœurs de Lazare reçurent Jésus dans leur maison. Et nous alors, pourquoi Dieu ne nous rend-t-il plus visite aujourd’hui ?  Oui, bien sûr que Dieu nous rend visite plus souvent qu’on s’imagine mais sans nous en rendre compte. Nous refusons de l’accueillir parce que nos cœurs sont fermés ou parce que nous ne savons plus le reconnaitre.

C’est l’histoire d’une famille très catho de la paroisse qui, au cours de la prière familiale du soir, reçoit de Jésus la promesse de lui rendre visite. Le jour et l’heure sont bien fixés.  A la date prévue, toute la famille s’est bien endimanchée, mettant chacun son plus bel habit. Le ménage a été bien fait, les enfants ont bien rangé chacun sa chambre pas une seule petite poussière sur les meubles ! La famille a sorti la vaisselle des jours de fêtes et au menu, une grande cuisine.  L’arrivée de Jésus est prévue vers 19h00, l’heure habituelle de l’apéro. Vers 18h30 quelqu’un sonne ! La maîtresse de maison se précipite pour ouvrir ! Mais, déception ! C’est un SDF, étranger de surcroit, qui dont le passage risque de gêner le visiteur de marque attendu par la famille. La maitresse de maison lui file vite fait une pièce de 2 euros, le suppliant de déguerpir et de ne pas trainer dans la rue. Le SDF remercie et s’en va sans se faire supplier.

Jésus semble être en retard. Il a peut-être oublié de noter la date sur son agenda. La famille attend en vain jusque tard dans la nuit. Déçue et résignée, ils dînent sans le visiteur attendu. Avant de se coucher, comme chaque soir, toute la famille se rassemble pour la prière !  Au cours de la prière, la maîtresse de maison prend son courage en main en avouant la déception pour cette visite promise mais pas honorée. Jésus ne cache pas son étonnement et rappelle à la maîtresse son arrivée à 18h30.  « Mais non, c’était un clochard qui a sonné ! Nous lui avons même donné deux euros pour qu’il s’achète un sandwich ! » Et Jésus leur dit : oui, j’étais ce clochard.

Dans le diocèse de Bukavu, nous avons eu la chance d’avoir un archevêque qui a marqué par sa simplicité de vie. Il n’était jamais en soutane, très rarement en clergyman et ne soignait guère son habillement et ni son aspect extérieur. Plusieurs fois on l’a confondu avec le veilleur de nuit (la sentinelle) à cause de son habillement (son long manteau pas toujours propre !) et son apparence. Lors de ses visites surprises aux communautés et paroisses, il s’est fait refouler par les veilleurs de nuits ou les cuisiniers à cause de son habillement. Mgr Christophe Muzihirwa a été assassiné par les Rwandais en octobre 1996 et son procès en béatification est en cours !

Dieu nous rend souvent visite mais nous ne l’accueillons pas, parce que nous avons du mal à le reconnaitre surtout en période d’épreuve. Dans la première lecture, Abraham nous apprend à ne pas laisser nos épreuves fermer notre cœur au Seigneur qui nous visite.  Dieu lui avait promis une descendance, mais dix longues années sont passées, et le fils promis n’était toujours pas arrivé. Alors, Abraham est assis, résigné, à l’ombre du chêne de Mambré, accepte quand même d’accueillir le Seigneur et cela sera source de nouvelle bénédiction pour lui.

Les textes de ce dimanche nous rappellent l’importance de l’hospitalité. Être chrétien, c’est prendre conscience que Dieu est présent dans notre vie, qu’il nous rend visite à travers les hommes et les femmes que nous côtoyons. Dieu nous visite et nous parle à travers nos frères et soeurs. Le Seigneur nous invite ainsi à être attentifs, à l’écoute et à prendre soin les uns des autres. Comme Abraham qui accueille avec joie ces trois personnages que la tradition identifie avec les trois personnes de la sainte Trinité, accueillons, nous aussi le Christ dans notre maison, nos familles. Ouvrir notre cœur, notre maison, en particulier aux étrangers et aux pauvres, c’est accueillir le Seigneur : « J’étais un étranger, vous m’avez accueilli, j’avais faim, vous m’avez habillé, j’avais faim, vous m’avez donné à manger… Chaque fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » dit Jésus dans l’évangile selon saint Mt. Par notre hospitalité, nous accueillons le Christ comme Marie et Marthe de Béthanie.

L’évangile nous fait contempler Jésus accueilli chez ses amis, dans une famille, une maison où Jésus « devient en quelque sorte un homme normal » : loin des foules, des apôtres, des scribes et pharisiens, où personne ne le surveille et où il peut être naturel ! Cet accueil à Béthanie me fait penser parfois à ces familles où un prêtre est accueilli, invité ou à l’improviste, quelle que soit l’heure, pour se poser, en short, bermuda, décontracté en chemise hawaï, pour prendre un café, une bière, un verre de vin, manger simplement, rire, même pleurer ou craquer sans avoir honte d’être un homme normal, discuter de tout et de rien librement, sans se prendre la tête, sans être interrogé sur la dernière crise théologico-pastorale, le dernier scandale dans l’Eglise, la dernière nomination polémique dans le diocèse, la récente élection controversée de la présidente des SGDF …Bref, toutes ces maisons où le prêtre peut prendre un petit bol d’air frais, amical et fraternel sans prise de tête…A Béthanie, Jésus oublie les tensions et les intrigues de Jérusalem. Il peut parler librement, se sent vraiment accueilli, met de côté ses fonctions de rabbi, oubliant les accusations de Jérusalem pour, pendant une soirée, retrouver le plaisir simple et profond de l’amitié et de la complicité.

Jésus veut que nous ayons ce même type de relation simple avec lui et que nous ayons les mêmes relations simples entre nous. Parfois nos relations familiales, amicales, professionnelles et ecclésiales sont compliquées.  Nous avons du mal à aller simplement les uns vers les autres. Nous nous posons mille questions avant de dire bonjour, de lancer une invitation au voisin, à cette personne avec qui nous sommes dans le même groupe, mouvement, service ! Tout devient compliqué alors que le vrai bonheur se fait dans la simplicité et sans prise de tête.

Ecoute et activité, contemplation et action est un autre enseignement de la visite de Jésus chez Marthe et Marie à Béthanie. Marie écoute le Seigneur, assise à ses pieds, tandis que Marthe se charge de la logistique pour un meilleur accueil. Ces deux sœurs représentent deux dimensions de la vie intérieure que nous avons tendance à opposer, alors qu’elles se complètent et s’enrichissent mutuellement : la prière et l’action. La prière nous envoie forcement à agir et notre action, pour être féconde, doit trouver sa source et sa force dans la prière.  C’est la devise donnée par saint Benoit aux moines dans sa Règne « Ora et labora » (prière et travail). Dans un monastère ou abbaye, la vie est rythmée par la prière et le travail.

Marie représente la nécessité d’écouter la Parole de Dieu et de s’en abreuver au quotidien. Dans nos vies tellement mouvementées et stressantes, offrons-nous de pauses spirituelles pour écouter et parler au Seigneur. Quant à Marthe, elle réalise la béatitude de l’hospitalité, d’un amour qui se fait concret. L’écoute de la Parole de Dieu est importante, mais si la prière ne change pas concrètement notre vie, elle reste stérile. Par son action, Marthe nourrit le Christ que Marie adore. Une prière réellement authentique débouche sur le service des frères. Si notre charité, notre activité, notre apostolat ne trouvent pas leur source et leur accomplissement dans la prière, ils deviennent stériles et asséchants.

Accueillir Jésus dans nos maison, c’est prendre le temps de prier en famille, lire simplement l’évangile du jour, réciter simplement un Pater, un Ave Maria ensemble, regarder un film sur la foi, choisir de temps en temps de parler de Dieu en famille… Puisse l’exemple d’Abraham, Marthe et Marie inspirer nos rencontres en cette période d’été où nous avons la chance d’accueillir ou de rendre visite aux familles et aux amis, afin que nos rencontres emplies de joie et de simplicité renforcent en profondeurs nos relations. Amen

 

Homélie du Père Joseph, XVIe dimanche du TO, année C2025-07-18T09:24:39+02:00
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