« N’ayez pas peur ! Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux »
Il y a des paroles de Jésus qui reviennent comme un refrain dans l’Évangile. Aujourd’hui, ce refrain est répété trois fois :« Ne craignez pas ! »
Nous vivons pourtant dans un monde où les raisons d’avoir peur ne manquent pas : peur de l’avenir, peur de la maladie, peur de perdre son travail, peur pour ses enfants, peur de vieillir, peur de l’échec, peur du regard des autres, peur de ne plus être aimé, peur de témoigner de sa foi.
Et en cette fête des pères, beaucoup de pères de famille connaissent aussi ces inquiétudes : Serai-je capable de protéger ma famille ? Pourrai-je assurer l’avenir de mes enfants ? Ai-je été un bon père ?
Face à toutes ces peurs, Jésus ne dit pas : « Il n’y a pas de danger », mais : « N’ayez pas peur, car vous n’êtes jamais seuls. » Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à accueillir trois certitudes.
- DIEU CONNAÎT NOS COMBATS
Dans la première lecture, le prophète Jérémie traverse une véritable nuit.Il est rejeté, critiqué, espionné.« Tous mes amis guettent mes faux pas. »
Qui parmi nous n’a jamais connu cela ?Une parole déformée…Une trahison…Une mise à l’écart…Une injustice au travail…Des tensions familiales…L’impression d’être incompris même quand on veut faire le bien.Jérémie aurait pu abandonner.Mais il ajoute aussitôt :« Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable. »Voilà le secret des croyants.La foi ne supprime pas les épreuves.Elle nous donne une présence.Elle ne retire pas la croix.Elle nous empêche de la porter seuls.
Un vieux prêtre racontait qu’après cinquante années de ministère, on lui demanda :— « Quel est le plus grand miracle que vous ayez vu ? » Il répondit : — « Ce ne sont pas les guérisons extraordinaires. Le plus grand miracle, c’est d’avoir vu des hommes et des femmes continuer à aimer alors qu’ils avaient toutes les raisons de se décourager. » Oui, Dieu connaît nos combats.Il ne détourne jamais son regard de ses enfants.
- DIEU VEILLE SUR CHACUN DE NOUS
L’Évangile d’aujourd’hui est d’une tendresse bouleversante.Jésus parle des moineaux.À son époque, c’étaient les oiseaux les moins chers du marché.Et pourtant Jésus affirme :« Pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »Autrement dit :Tu n’es pas un numéro dans l’univers.Tu n’es pas un dossier parmi des millions.Tu n’es pas un oubli de Dieu.Tu es quelqu’un d’unique.Tu portes un nom.Tu portes une histoire.Tu portes des blessures que Dieu connaît.Il connaît même ce que nous cachons derrière nos sourires.
Un enfant demandait un jour à sa mère :— « Maman, est-ce que Dieu pense à moi ? »Elle répondit :— « Mon fils, si Dieu a pris le temps de dessiner chaque flocon de neige différemment, comment pourrait-il t’oublier ? »
Combien de personnes vivent aujourd’hui avec le sentiment de ne compter pour personne !Des personnes âgées dans les maisons de retraite.Des malades isolés.Des jeunes qui doutent de leur valeur.Des parents épuisés.Des pères qui portent silencieusement le poids des responsabilités. Jésus leur dit :« Tu as du prix à mes yeux. »
En cette fête des pères, nous rendons grâce pour ces hommes qui ont essayé, parfois maladroitement, d’aimer, de travailler, de se sacrifier, de transmettre des valeurs.Tous les pères n’ont pas été parfaits.Certains ont été absents.D’autres ont été blessants.D’autres encore nous ont quittés trop tôt.
Mais aujourd’hui, Jésus nous révèle qu’au-delà de toutes les images humaines de la paternité, il existe un Père qui ne déçoit jamais.Un Père qui attend.Un Père qui relève.Un Père qui pardonne.Un Père qui veille.
- DIEU ATTEND DE NOUS UN COURAGE NOUVEAU
Enfin Jésus déclare :« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père. »
Être chrétien aujourd’hui demande du courage.Pas forcément le courage du martyre sanglant.Mais le courage du témoignage quotidien.Le courage d’affirmer des convictions dans un monde qui préfère souvent le silence.
Le courage de défendre une personne moquée.Le courage de demander pardon.Le courage de prier en famille.Le courage d’accompagner un proche malade.Le courage de continuer à espérer quand tout semble fermé.Le courage de venir à la messe alors que beaucoup considèrent cela comme inutile.
Un jeune étudiant racontait :« J’avais honte de faire le signe de croix avant de manger à la cantine. Puis un jour j’ai pensé : si Jésus n’a pas eu honte de mourir pour moi, pourquoi aurais-je honte de montrer que je crois en lui ? »Les saints n’étaient pas des personnes sans peur.Ils étaient des personnes qui avaient décidé que leur confiance en Dieu serait plus grande que leurs peurs.
Conclusion/Frères et sœurs, retenons aujourd’hui ces trois verbes :
Croire : Dieu connaît nos combats.
Espérer : Dieu veille sur chacun de nous.
Témoigner : Dieu attend notre courage.
Alors, même si les vents contraires soufflent sur notre vie, nous pourrons avancer avec cette certitude :Je ne suis pas abandonné.Je ne suis pas oublié.Je suis attendu, aimé et porté par un Père qui connaît même le nombre de mes cheveux.
En cette fête des pères, prions pour tous les papas : ceux qui sont heureux, ceux qui sont inquiets, ceux qui sont malades, ceux qui sont séparés de leurs enfants, ceux qui ont perdu un enfant, ceux qui nous ont précédés auprès du Seigneur.Et demandons la grâce d’entendre au plus profond de notre cœur cette parole que Jésus nous adresse personnellement :« N’aie pas peur. Tu vaux beaucoup à mes yeux, et je serai toujours avec toi. »Amen.