Frères et sœurs,Imaginez que cette nuit, Dieu vous apparaisse et vous dise exactement ce qu’il a dit à Salomon : « Demande ce que je dois te donner. »Que demanderions-nous ?La santé ? Une longue vie ? La réussite de nos enfants ? La sécurité matérielle ? La fin de nos soucis ? Peut-être même… de gagner au loto !
Salomon, lui, ne demande ni la richesse, ni la puissance, ni la disparition de ses ennemis. Il demande quelque chose de plus précieux : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache discerner le bien et le mal. »
Il ne demande pas d’abord que Dieu change les circonstances de sa vie. Il demande que Dieu change son cœur. Et l’Évangile nous présente un homme qui découvre un trésor et un négociant qui trouve une perle de grande valeur. Tous deux comprennent soudain qu’ils ont trouvé ce qui vaut tout.
La question de ce dimanche est donc simple, mais décisive :Qu’est-ce qui, dans ma vie, vaut vraiment tout ? Pour y répondre, retenons trois verbes : DISCERNER – CHOISIR – TRANSFORMER.
- DISCERNER : reconnaître ce qui a vraiment de la valeur
Salomon demande un cœur attentif. Dans le langage biblique, il demande littéralement un cœur qui écoute.
Nous vivons dans une société qui nous apprend à calculer, à comparer, à acheter, à produire… mais qui ne nous apprend pas toujours à discerner. Nous avons des téléphones de plus en plus intelligents, mais parfois des cœurs de plus en plus distraits. Nous savons rapidement combien coûte une chose, mais nous ne savons plus toujours ce qu’elle vaut.
Discerner, c’est se demander :
- Est-il plus important d’avoir raison ou de sauver une relation ?
- Est-il plus important de gagner davantage ou de rester disponible pour sa famille ?
- Est-il plus important de soigner mon image ou de garder une conscience droite ?
- Est-il plus important d’accumuler des biens ou de devenir moi-même quelqu’un de bien ?
On peut réussir son agenda et manquer sa vie. On peut avoir les mains pleines et le cœur vide. Le psaume nous fait dire : « Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent. »
Voilà la vraie sagesse : reconnaître que tout ce qui brille n’est pas de l’or et que ce qui ne fait pas de bruit — la foi, la fidélité, le pardon, la famille, une conscience en paix — constitue souvent le véritable trésor.
Seigneur, donne-nous un cœur qui sache reconnaître l’essentiel.
- CHOISIR : donner la priorité au trésor découvert
Dans l’Évangile, l’homme qui découvre le trésor ne reste pas à le contempler. Le négociant qui trouve la perle ne prend pas seulement une photographie pour la montrer à ses amis ! Tous deux prennent une décision : « Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède. » Remarquons bien ces trois mots : dans sa joie.
Ils ne vendent pas tout parce qu’ils détestent ce qu’ils possèdent, mais parce qu’ils ont trouvé quelque chose de plus grand. L’Évangile n’est pas d’abord une histoire de privation ; il est l’histoire d’une préférence.
Quand on a trouvé le Christ, le sacrifice change de nom : il devient un choix d’amour.
Charles de Foucauld avait longtemps cherché son bonheur dans les plaisirs, l’aventure et la gloire. Mais lorsqu’il redécouvrit Dieu, il écrivit : « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui. »
Il avait trouvé la perle. Et lorsqu’on trouve la perle, on ne demande plus : « Quel est le minimum que je dois donner à Dieu ? » On demande : « Comment pourrais-je encore retenir quelque chose pour moi ? »
Frères et sœurs, le véritable trésor n’est pas simplement ce que nous possédons. Le véritable trésor, c’est Celui à qui nous acceptons d’appartenir.
Si le Christ est vraiment notre trésor, cela doit se voir dans notre manière d’utiliser notre temps, notre argent, nos talents ; dans notre fidélité, notre capacité à pardonner et notre attention aux plus pauvres.
- TRANSFORMER : laisser Dieu tout faire contribuer à notre bien
Saint Paul affirme : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien. »
Attention : saint Paul ne dit pas que tout ce qui nous arrive est bon. La maladie n’est pas bonne. La trahison n’est pas bonne. Le deuil, l’échec, l’injustice ne sont pas bons.
Mais il affirme quelque chose d’extraordinaire : entre les mains de Dieu, même ce qui nous a blessés peut devenir un chemin de transformation.
Dieu ne veut pas toujours supprimer immédiatement nos épreuves ; il veut parfois les traverser avec nous et nous rendre, au cœur même de ces épreuves, davantage semblables à son Fils.
L’Évangile parle enfin du filet dans lequel il faut trier ce qui est bon et rejeter ce qui ne vaut rien. Ce tri commence aujourd’hui dans notre cœur : rejeter le mensonge, la rancune, la jalousie, les attachements qui nous emprisonnent ; garder la vérité, la bonté, la fidélité et tout ce qui nous rapproche de Dieu.
La sainteté, c’est permettre à Dieu de faire le tri en nous, afin que rien ne nous fasse perdre le véritable trésor.
Frères et sœurs, trois questions peuvent nous accompagner cette semaine :
Qu’est-ce que je demande vraiment à Dieu ?
Quel est le trésor pour lequel je suis prêt à choisir ?
Que dois-je laisser Dieu transformer en moi ?
Dans quelques instants, à l’Eucharistie, nous ne recevrons pas une chose, mais une Personne. Nous recevrons le Christ, le trésor caché sous l’apparence du pain, la perle précieuse offerte gratuitement à notre pauvreté.
Il y a quelques année j’ai lu un texte anonyme qui est resté gravé en moi !
L‘argent n‘achète pas tout:
L’argent peut acheter une maison……… mais pas un foyer.
L’argent peut acheter un lit…………mais pas le sommeil.
L’argent peut acheter une horloge…………..mais le temps.
L’argent peut acheter une position…mais pas le respect.
L’argent peut acheter du sang….. mais pas la vie.
L’argent peut acheter le plaisir……mais pas l’amour.
L’argent peut acheter un spectacle…… mais pas la joie.
L’argent peut acheter un esclave….. mais pas un ami.
L’argent peut acheter une femme… mais pas une épouse.
L’argent peut acheter des aliments,… mais pas l’appétit.
L’argent peut acheter des médicaments,….mais pas la santé.
L’argent peut acheter des diplômes,….mais pas la culture.
L’argent peut acheter des gardes du corps,…. mais pas la sécurité.
L’argent peut acheter des livres,…. mais pas l’intelligence.
L’argent peut acheter des tranquillisants,…. mais pas la paix.
L’argent peut acheter des indulgences,…. mais pas le pardon.
L’argent peut acheter la terre,….. mais pas le ciel.
Anonyme !
Demandons alors la grâce de Salomon : Seigneur, donne-nous un cœur qui écoute, un cœur qui discerne,un cœur qui choisit,un cœur qui se laisse transformer.Car celui qui t’a trouvé peut encore traverser des épreuves,
mais il ne peut plus dire qu’il lui manque l’essentiel. Amen.