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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du XVII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs

J’espère que pendant ces vacances d’été, vous avez reçu de la famille, des amis, ou que vous êtes allés passer ou passez un peu de temps avec eux ! J’espère que vous trouvez un peu de temps pour jouer, surtout avec les enfants qi risquez de s’ennuyer si les repas sont trop longs et prennent tout l’après-midi ou toute la soirée. Jouer ensemble, avec ses enfants, ses petits-enfants, les cousins fait du bien. Et permet de tisser les liens. Parmi les jeux possibles, il y a celui qu’on appelle le jeu de la chasse au trésor !  L’évangile de ce dimanche parle du trésor. Notre vie une vraie chasse au trésor ! Pendant cette chasse, nous avons tous les règles du jeu qu’il nous suivre, avec lesquelles il faut éviter de tricher si nous voulons être heureux et en harmonie avec les autres. Le bonheur est le trésor que nous recherchons tous depuis notre naissance, et ce trésor qu’est le bonheur ne peut ni se vendre ni s’acheter !

Certainement que quelques experts publicitaires ou en communication vont essayer de vous vendre le bonheur, nous le faire acheter ! A quel prix en plus ! Ces experts nous diront que que pour être heureux, nous avons besoin de la voiture la plus puissante, la plus grande, un physique d’athlète, avec un salaire de millionnaire, signer un méga contrat à la Messe ou Kyllian Mbapé…. Nous pouvons tomber dans le piège de ces vendeurs d’illusions.

Saint Matthieu écrit cet évangile 30 ans après avoir tout laissé pour suivre Jésus. Il était convaincu d’avoir trouvé en Jésus celui qui allait combler sa soif de bonheur. Ce collecteur d’impôt a trouvé en Jésus de Nazareth un trésor plus beau que son bureau et sa caisse remplie d’impôt dans laquelle il pouvait piocher, tricher et voler sans rendre compte à personne. Un matin, Jésus est arrivé, il a croisé son regard et lui a demandé de tout laisser pour le suivre. Matthieu a tout quitté depuis et plus rien ne compte plus que Jésus devenu désormais son tout, sa perle rare, le trésor de sa vie.

Et nous alors, quelle la perle de notre vie ? Quel est notre trésor ? Qu’est-ce qui fonde notre bonheur aujourd’hui ! Nous cherchons tous le bonheur, mais sur quoi le fondons-nous ?

 Pour nous aider, contemplons le roi Salomon. En le regardant avec nos yeux et les paramètres humains et sociaux de 2023, nous dirions que Salomon était comblé, le plus heureux des hommes : plus de 600 femmes et trois cents concubines ! Un bon record ! On se demande comment il faisait ! Il est jeune et beau, puissant héritier d’un grand royaume. Il a le pouvoir, gouverne le peuple d’Israël et a fait construire le grand temple de Jérusalem, dont les murs sont devenus mur de lamentations. Ce temple était le signe de la présence de Dieu et fierté de tout le peuple d’Israël, comme nos églises qui, comme jadis, symbolisaient le cœur dans chacune de nos communes et était la fiertéde nos villages.

 La richesse, le pouvoir, ses nombreuses femmes et concubines n’ont pas fait du roi Salomon un homme pleinement heureux ! Il est conscient d’être très jeune et d’avoir beaucoup de limite. Il a conscience d’avoir besoin d’aide ! Il parait que les jeunes qui arrivent dans nos entreprises aujourd’hui arrivent avec des gros sabots et pensent ne pas avoir besoin d’aide des anciens, les seniors, avec leur méthode à l’ancienne. Ces jeunes croient tout savoir et veulent resolutionner les entreprises.  Ils peuvent se mettre à l’école de Salomon qui a besoin du don de conseil et de sagesse.  Celle-ci lui permettra de gouverner avec justice et amour, pour ne pas écraser les administrés, servir le pauvre, le petit, l’étranger, la veuve et l’orphelin…. Pour lui, gouverner avec sagesse sera la source du bonheur.

Et nous, alors ! Si nous étions à la place de Salomon, qu’aurions-nous demandé au Seigneur ? : la santé, la richesse, gagner au loto, un gros contrat, l’amour, la sérénité, la mort de nos ennemis, la mort de Poutine…Salomon nous invite à demander autre chose : la sagesse pour orienter notre vie pour nous indiquer le véritable bonheur et montrer comment l’atteindre, au lieu de nous perdre dans les illusions de bonheurs publicitaires sur nos écrans.

Aujourd’hui encore, comme trois derniers dimanches, Jésus nous parle en paraboles, en utilisant des images qui rendent son message accessible à tout le monde. Il parle du Royaume de Dieu de manière simple, accessible, concrète. C’est une leçon pour nous chrétiens qui avons du mal à parler de Dieu simplement au lieu utiliser des grands mots, des concepts, des grandes idées théologiques… au lieu de parler simplement de Dieu, pour le rendre accessible à tous, en utilisant le langage commun et simple. Nous sommes devenus des grands intellectuels de Dieu, au lieu d’êtredes témoins concrets et crédibles par une vie simple et vraiment chrétienne.

Jésus nous enseigne en trois paraboles comment chercher le Royaume de Dieu, symbole du vrai bonheur. La première et la dernière nous parlent d’un trésor qui, une fois trouvé, change notre vie. Un homme creuse un champ et trouve un trésor.  Sachant la grande valeur du trésor, il recouvre le trésor et achète le champ. Un collectionneur des perles, comme les collectionneurs de diamants et d’or d’Anvers en Belgique, qui trouve une perle précieuse, extraordinaire et qui fait tout pour l’acheter. L’idée fondamentale dans ces paraboles est la même : la vie est une recherche, et Dieu seul sait ce qui peut remplir notre cœur de bonheur.

Nous aussi, cherchons Dieu car Il se laisse trouver. Nous pouvons trouver Dieu sans l’avoir vraiment cherché, comme celui qui trouve un trésor par hasard, en cultivant la terre. Tant mieux pour vous.  C’est une chance qui peut nous arriver à travers les rencontres, quelques manifestations extraordinaires, un miracle, quelques visions ou révélations qui nous tombent dessus. Rappelons-nous cependant que, de manière ordinaire et commune, notre rencontre avec Dieu est l’aboutissement d’une longue et laborieuse recherche qui peut durer toute notre vie. Quelle est la place de Dieu parmi ces nombreuses choses qui sont l’objet de notre recherche au quotidien ?

 Au cœur de cet été, Jésus se propose à notre quête personnelle pour combler notre cœur de bonheur ! Dieu n’est jamais jaloux ni ennemi de notre bonheur, de notre réalisation personnelle. Il veut fondamentalement notre bonheur ! Il est notre vrai Bonheur. Nous nous enfermons dans cette idée morale d’un Dieu des interdits, du permis et du défendu, des lois et des devoirs… Et pourtant, le désir profond de Dieu est de nous combler de bonheur ! Que cette eucharistie nous donne le goût de chercher Dieu sans nous lasser, lui qui est la Source du vrai Bonheur. Amen.

Homélie du Père Joseph du XVII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)2023-08-02T15:45:55+02:00

Homélie du Père Joseph du XV° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs !

Nous vivons dans un monde où tout le monde veut parler. Ceux qui parlent plus fort pensent avoir toujours raisons. Nous n’avons qu’à voir dans les manifestations politiques : des minorités très insignifiantes mais qui écrasent les autres et crient plus fort, convaincus d’avoir plus raison que cette extragrande majorité silencieuse qui ne dit rien. En Eglise, certains veulent faire entendre leurs voix, réclament des droits,exigent des réformes, critiquent, militent pour deschangements dorientations, de discipline ecclésiale, la modernisation de l’Eglise…

Dans le diocèse, on a vu lors des dernières nominations des paroissiens qui ont écrit à l’évêque, qui ont fait des pétitions pour que leur curé ne change pas de paroisse. D’autres crient déjà très fort pour exiger de la prochaine assemblée ordinaire du synode sur la synodalité des grands changements et qui le font en se servant de la voix médias et des réseaux sociaux. Dans les communautés paroissialescomme dans les familles, il y en a qui gueulent toujours plus fort que les autres et tout le monde doit se taire quand ils parlent, et ceux-là croient qu’ils ont toujours raison. Vous verrez avec ces réunions de famille pendant ces vacances d’été : il y en aura parmi vous qui parleront sans arrêt, sans laisser les autres en placer une, avec une logorrhée, victimes d’une sorte de « diarrhée verbale » car ils ne peuvent se taire un instant pour écouter les autres.

Inutile de penser de qui je parle ! Ne cherchez pas le coupable ! Je ne parle pas du voisin, de la voisine, la belle-sœur ou le beau-frère… Essayons de voir si cela ne nous concerne pas d’abord personnellement, chacun à son niveau, nous souffrons de ce déficit d’écoute en monopolisant la parole. Parfois, nous parlons fort et mal des autres, nous répandons du venin par nos critiques méchantes, nos calomnies qui causent des blessures énormes.que nous regrettons après….. Dans cette culture de la parole, très peu de gens veulent vraiment écouter.

Transposons cela dans notre vie spirituelle. Combien des chrétiens parlent beaucoup à Dieu, sans arrêt, dans leur prière sans jamais prendre le temps de l’écouter…Nous verbalisons tellement nos prières que nous « récitons », que nous « disons ». Nous récitons le bréviaire, le chapelet, nous lisons et récitons des prières déjà prêtes depuis des générations… Parfois, nous disons ces prières machinalement, en toute vitesse : un rosaire récité à la va vite en 30 minutes, tous les mystères compris. Pourquoi ? Simplement parce que nous vivons la prière comme un devoir à accomplir, et non plus un dialogue qui implique écoute,silence, intériorité et expression verbale

Notre Eglise souffre du déficit des chrétiens en quête d’intériorité, qui prient dans le silence, qui écoutent d’abord ce que Dieu veut nous dire. Ecouter d’abord la Parole de Dieu avant de lui parler, telle est la grande leçon de la liturgie de la Parole de ce dimanche « Ainsi parle le Seigneur : La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission »

Isaïe rappelle l’efficacité de la Parole de Dieu qui produit des fruits en abondance mais à une seule condition : se laisser toucher par elle. Comme la pluie qui inonde et féconde la terre à la seule condition que ce ne soit pas des cailloux ou de la pierre. La parole de Dieu produit en nous des fruits de bonté et de sainteté si nous la laissons toucher notre coeur. C’est aussi la signification de la parabole du Semeur. La Parole de Dieu produit toujours de fruits dans notre vie si elle touche notre cœur, (et seulement après notre intelligence). C’est le cœur, siège de la vie et des sentiments qui, une fois touché par la Parole de Dieu, lui permet d’avoir un impact existentiel, nous donnant la joie, l’espérance, le courage, l’amour, la conversion.

Le baptisé se nourrit de la Parole de Dieu pour la mettre en pratique. Ecouter sa Parole sans la mettre en pratique, c’est comme construire sur du sable alors qu’écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique est comme construire sa maison sur un roc inébranlable qui la fait tenir intacte au milieu des intempéries, des vents et tempêtes que sont les douleurs, les épreuves et des joies qui risquent de nous distraire et étouffer cette Parole de Dieu….

Quand Jésus raconte la Parabole du Semeur dans l’Evangile selon saint Matthieu, il traverse un moment de crise et difficile. Il a l’impression que ses paroles n’ont plus d’impact dans la vie des gens. Il lui semble vivre un échec dans sa prédication parce les gens sont préoccupés par autre chose que du Royaume de Dieu : leur centre d’intérêt est ailleurs… Mais Jésus ne se décourage pas. Il parle, il enseigne, il sème… et ne se préoccupe pas des résultats immédiats….

 Il en va de même de notre vie de foi et notre mission. Des prêtres, des catéchistes, préparateurs au mariage ou au baptême, des chrétiens engagés dans différents services se demandent parfois à quoi ils servent devant le peu de résultat, le manque de foi des gens que nous rencontrons : les enfants du catéchisme qu’on ne voit pas forcément à la messe, les fiancés disparaissent après leur mariage, pour réapparaitre après la naissance du premier enfant pour demander son baptême, et pour ensuite disparaître, en attendant le deuxième enfant…. D’où le découragement des prêtres et des laïcs engagés dans l’Eglise !

Ce découragement vient parfois de notre orgueil : nouspensons que tout dépend de nous ! Nous ne sommes pas les maîtres de la moisson. Nous semons mais c’est Dieu qui est leMaître, le Semeur qui sème en se servant de nous. Tout le reste dépend de Dieu et des conditions psychologiques,familiales, sociales, matérielles, les distractions, les angoisses, les ronces, les cailloux, les mauvaises herbes… dans notre vie et celle des gens que nous préparons. Un enfant du KT qui ne peut entendre parler de Dieu dans sa famille ou dont les parents ne vont pas à la messe aura du mal à y venir seul ou prier par lui-même. Donc au KT, essayons de lui permettre d’avoir une vie de prière. J’avais rencontré, lors d’un camp scout il y a quelques année un chef un gars vraiment bien et de très bonne volonté qui m’a avoué qu’il venait de vivre la toute première messe de sa vie. Il avait 20 ans. Il m’a ensuite assommé de question sur la messe, la Bible ! Un louveteau dont les parents sont musulmans, a voulu que je le bénisse pendant la messe ! Quelle grâce ! De petites choses de ce type nous booste et nous invite à ne jamais se décourager parce que Dieu est à l’œuvre dans les cœurs, et se servant de chacun de nous, à travers ce que nous proposons et offrons.

Mais nous rencontrons aussi parfois des terrains durs, des vrais cailloux où il nous semble que rien ne pourra jamais pousser. Tout cela nous dépasse et nous ne pourrons jamais avoir un contrôle sur ces aspects de la vie des gens.Cependant, il nous faut quand même semer, avec confiance, générosité et espérance qui nous nous permettent de voir quelques fruits dans la vie des gens….

Que le Seigneur nous aide à voir les fruits de sa présencedans nos vies, dans l’Eglise et dans le monde. Que le Seigneur nous apprenne à savoir ouvrir nos yeux pour voir les signes, les germes et les fruits de sa Parole et de son Royaume déjà présent, mais pas encore pleinement accompli.

Homélie du Père Joseph du XV° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)2023-07-16T11:32:12+02:00

Homélie du Père Joseph du XIV° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs !

L’actualité est troublante et angoissante dans le monde et dans notre pays. Nous venons de traverser une période d’émeutes dans plusieurs villes de France, on parle de 400 villes touchées en France, avec des dégâts énormes, des blessures, les tensions, des récupération politiques et polémiques. Je n’entrerai pas dans l’analyse des causes et conséquences de ce des émeutes. J’en reste au fait, au phénomène : ces émeutes nous font peur et nous inquiètent. La guerre est toujours aux portes de lEurope avec cette guerre entre l’Ukraine et la Russie s’enlise, un vrai faux coup d’Etat loupé à Moscou avec Prigogine et la milice Wagner… A la veille du départ en vacances, beaucoup sont inquiets. La peur, la peur et encore la peur !  Bref, dans un contexte aussi peu brillant et peu serein, nous courons le risque du découragement, d’entrer dans l’habituelle tentation de nous plaindre, de baisser les bras !

Jésus a vécu la même chose. Le contexte de l’évangile de ce dimanche est une période trouble, décourageante etéprouvante pour Jésus. Son cousin et précurseur Jean-Baptiste a été arrêté par Hérode et Hérodiade. L’adhésion populaire à son message attendu des juifs s’avère un vrai fiasco : ces derniers ont plutôt manifesté une grande hostilitéet une grande méfiance. Bref, pour Jésus, les choses vont très mal et sa mission prend une tournure malheureuse. Jésus voitse profiler à l’horizon un grand échec. Cela nous arrive aussi ! Ce sentiment d’échec et de découragement que nous pouvons vivre aussi dans l’Eglise, fatiguée de ramer à contre-courant, combattue de l’intérieure et à l’extérieure, honteuse et blessée de nombreux scandales, faisant parfois semblant que tout va bien en assumant un christianisme qui ne fait plus devrais disciples missionnaires mais qui se contente des habitudes, la routine sans se remettre en question.

Alors, que faire ? Certains dans l’Eglise crient à la victimisation et se protège par une sorte de fermeture idéologique, par un retour au passé, à la tradition, avec une certaine rigidité, l’enfermement dans les normes théologique, canoniques, liturgiques pour se protéger des attaques ! Ou alors, on s’agite, on panique en voulant faire de l’Eglise de Dieu une association démocratique qui décide à main levéequi s’accommode à la culture ambiante, embrassant toutes les mutations sociales en vogue qui sont loin de faire grandir l’humanité et de respecter la vie et la dignité humaine. Ces deux tendances de fermeture ou de démocratie associative à outrance ne sauveront pas l’Eglise et je ne crois que cela soitla volonté du Christ.

Dans un contexte de grand découragement, Jésus lui au lieu de se lamenter et de se plaindre, au contraire il fait de la louange. « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Jésus loue le Père parce que son rejet et le refus de son message de la part des religieux, des théologiens, des experts de la foi a permis aux plus petits, auxderniers, aux gens simples, aux paumés de la vie d’accueillir le Christ. C’est un renversement de logique. Aujourd’huiencore, parfois nous nous battons et nous divisons dans desdébats théologiques dans l’Eglise, nous exigeons des réformes liturgiques disciplinaires! Lorsque je rencontre les convertis ou nouveaux convertis qui demandent le baptême, la communion ou la confirmation, je trouve une fraicheur, loin des polémiques, une joie toute simple et intense d’avoir tout simplement été touché par le Christ. Ce sont ces gens-là qui sont l’objet de la louange du Christ dans l’évangile de ce dimanche. Dieu offre son alliance, son amitié, sa disponibilité et sa présence à tous, mais très peu de gens l’accueillent parce qu’ils posent des objections rationnelles et refusent ainsi de s’approcher de Lui parce que leur tête, leur intelligence abarricadé le cœur à l’Amour qui leur est donné. A trop réfléchir on ferme la porte à l’Amour.

Les derniers, les exclus, les perdants, les tout-petits s’émerveillent de Dieu. Jésus s’en réjouit en rendant grâce. Demandons à Jésus de nous donner la capacité de voir dans les échecs une opportunité. Croire, croire, croire encore, comme Jésus sait le faire, qu’à travers les péripéties parfois contradictoires, Dieu sait ouvrir de nouveaux chemins du salut. Nous pleurons parfois sur une fenêtre qui nous est fermée au lieu de nous réjouir et nous émerveiller sur la grande porte qui s’ouvre…tout simplement parce que nous avons les yeux braqués sur la fenêtre fermée. Dieu nous aime, et il nous aime de manière définitive. Nous autres, à cause de notre liberté et de notre intelligence, nous pouvons choisir de nous compliquer la vie, nous enfermer dans des raisonnements logiques qui créent en nous méfiance et préjugés ! La vie n’est pas toujours comme nous l’attendons et Dieu veut que nous laissions de la place à l’inattendu, l’imprévu qui porte toujours cette force de nous émerveiller avec Jésus dans cet évangile. Maintenant que vous avez fait le programme des vacances, que tout est calé, préciser le programme de chaque journée, voire le menu de chaque repas, ayant prévu de faire ceci, cela, tel jour, à telle heure, à telle endroit… je vous conseille de laisser aussi un peu de place à l’imprévu, l’inattendu, à la fantaisie pour en profiter vraiment et pouvoir louer Dieu.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ! » Jésus insiste ! Allons à lui, rassemblons-nous autour de lui, apprenons de lui, devenons ses disciples. Apprenons de lui à faire confiance au Père, à nous abandonner, à croire, à lire l’histoire et la vie, notre histoire et notre vie avec un regard autre, le regard de Dieu. Allons à lui si nous sommes fatigués et opprimés, insatisfaits, déçus de la vie, non pas pour former un club des perdants et des gens aigris qui se lamentent et se plaignentensemble, incapables d’affronter le monde et qui finissent par s’enfermer sur eux-mêmes. Non, allons au Christ parce que la fatigue intérieure et l’angoisse nous éloignent de l’essentiel. Approchons-nous du Christ pour apprendre sa logique, embraser ses attitudes, sa mentalité. Apprenons à aimer, à s’aimer, à l’aimer, à nous laisser aimer.

Ne laissons pas dominer et s’installer en nous et entre-nous la logique de la chair, comme écrit saint Paul, c’est-à-dire, cette logique mondaine, hédoniste, narcissique, cynique qui porte notre monde au suicide. Accordons un peu de place au SaintEsprit, au spirituel, à l’âme, à l’intériorité, à la prière, à la méditation, au silence. L’été peut être pour nous une chance de nous approcher un peu plus du Christ, en prenant un peu plus de temps chaque jour pour prier parce que nous sommes moins pris par le travail. Puissions, pendant cet été, nous émerveiller, louer le Seigneur et profite de cette trêve pour nous approcher vraiment du Christ, lui qui est doux et humble de cœur. Amen

Homélie du Père Joseph du XIV° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)2023-07-09T11:26:28+02:00

Homélie du Père Joseph du XIII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs !

Dans le sport, on nous répète qu’il faut être fair-play : « Il faut savoir perdre ! On ne peut toujours gagner ! » Cette expression sportive est surtout utilisée par les vainqueurs pour humilier encore les vaincus, devenus en plus « mauvais perdants », doublement humiliés : vaincus et mauvais perdants…. Nous pouvons penser au Manager du Stade Rochelais lors de la finale du Top14 emportée par le Stade Toulousain : Ce manager a osé mépriser le Stade Toulousain, même s’il s’en est excusé plus tard. C’est difficile de perdre, surtout quand notre victoire était probable et presque certaine. Quand on est sur le point de réussir, perdre fait très mal. Nous savons pourtant qu’apprendre à « savoir perdre », accepter de ne pas toujours gagner est une loi fondamentale de la nature, de la vie humaine et de la croissance spirituelle !

Dans la tradition biblique, nous rencontrons un binôme contradictoire repris plusieurs fois sous différentes modalités : « perdre et gagner », « perdre et trouver », « mourir et ressusciter ». Par exemple, Marie et Joseph perdent leur fils adolescent Jésus âgé de 12 ans, lors d’un pèlerinage à Jérusalem et le retrouvent trois jours plus tard au Temple au milieu des docteurs de la Loi. Dans la parabole du fils prodigue, le père dit : « mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ». Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous dit : « Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. »

Dans notre culture moderne, nous acceptons de moins en moins les échecs, la perte de quelque-chose auquel nous tenons, et pire encore de quelqu’un que nous aimons… Perdre son amoureuse ou son amoureux est dramatique et déprimant. La peur de perdre notre travail nous angoisse. Sans sous-estimer ces épreuves, reconnaissons que savoir perdre est décisif et indispensable dans un processus de croissance et de maturation humaine et spirituelle.

Nous ne pouvons pas toujours tout maitriser, tout contrôler toujours et partout ! Il y aura certainement quelque chose qui nous échappe dans la vie ! Dans la vie, nous ne pouvons pas tout garder ou tout conserver ! Pensons un seul instant à la possibilité de garder tout de notre vie depuis notre naissance ! Pour que nous ayons de belles dents, il faut d’abord en perdre quelques-unes pour que d’autres plus belles et plus fortes puissent pousser ! Il est naturellement impossible, mais combien bénéfique de ne pas garder nos cheveux de bébé…

En cette fin d’année pastorale par exemple, perdre un prêtre pourrait être très difficile, pour une communauté, mais peut aussi être bénéfique et stimulant car cela permet d’en accueillir un nouveau, peut-être même deux, même si nous ne savons ni quand ni comment ! Confiance !! Je pense à toutes les questions que certains se posent de voir le père René repartir dans son pays et qui se demandent s’il sera remplacé ! Je l’espère de tout mon cœur et j’y travaille aussi. Par fatigue ou après discernement, on peut aussi « perdre » certains bénévoles dans certaines équipes qui souhaitent arrêter ou changer de mission après de longues années : cette perte apparente pourrait décourager… mais cela permet de gagner de nouveaux bénévoles qui apportent des idées nouvelles, un nouvel élan missionnaire…..Nous devons continuellement perdre quelque chose pour que quelque chose de nouveau puisse naître, croître, mûrir… En fin de compte, ces pertes naturelles et progressives sont au service de la vie car elles nous rendent plus grands, plus forts et meilleurs même si chaque perte, spécialement dans le domaine relationnel a le goût amère de l’abandon et provoque des déchirements, la solitude.

Revenons à la Parole de Dieu ! Dans la Bible, le verbe « perdre » comporte une signification très riche. Dans l’évangile d’aujourd’hui, « perdre sa vie » signifie en réalité « donner sa vie », comme Jésus l’a donnée par amour pour nous, se donner soi-même. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » nous dit-il. Donner dans une pure gratuité, sans rien attendre, donner par et avec plaisir comme on dit dans notre région toulousaine. Or, donner sans calcul, sans rien attendre est un autre grand déficit de notre époque !

Nous avons de plus en plus de mal à donner sans calcul ! Notre culture souffre d’un déficit de la gratuité du don, de ce don qui n’attend pas de celui qui reçoit un minimum de scrupule de nous devoir quelque chose, de nous renvoyer l’ascenseur à une occasion donnée. Nous avons naturellement besoin de signe de reconnaissance, de gratification.

L’évangile de ce dimanche nous invite à faire le contraire, à entrer dans une nouveauté radicale, un renouveau total dans notre mode de penser pour discerner la volonté de Dieu, ce Dieu qui est Bon et qui nous appelle à être bons et parfaits comme lui, même si cela parait paradoxal humainement. Avec et grâce à Jésus, comme dit Paul dans la deuxième lecture, nous pouvons aussi grandir dans une vie radicalement nouvelle : si nous sommes dans le Christ, nous sommes des créatures nouvelles, faire mourir le vieil-homme en nous pour laisser naitre l’homme nouveau. Cela suppose que nous acceptions de perdre notre vie, de porter cette croix scandaleuse qui nous pèse et nous humilie parfois, ces épreuves qui nous font désespérer de notre capacité de repartir, de rebondir de nouveau, de sortir de nos peurs et de nos échecs.

Quand le Christ parle de la croix, il ne s’agit pas simplement de l’épreuve et de la souffrance que nous subissons. Il ne suffit pas qu’une situation soit douloureuse pour qu’elle se transforme en croix salutaire. C’est seulement quand ces épreuves ne sont pas portées de manière stoïque, mais accueillies, assumées et embrassées qu’elles deviennent occasion de grandir dans l’Amour, dans la Foi et dans l’Espérance.

Ces épreuves deviennent ainsi une présence nouvelle, celle du ressuscité qui marche à nos côtés, portant lui aussi les marques des plaies de la croix, mais vivant à jamais et victorieux du Mal. Jésus ne nous appelle pas seulement à prendre la croix ! Il dit : « celui qui ne prend pas sa croix pour me suivre n’est pas digne de moi ». Nos souffrances ne deviennent véritablement des croix salutaires que quand nous acceptons de les porter en suivant Jésus, c’est-à-dire de les porter dans la Foi.

L’autre nouveauté radicale de la foi chrétienne, c’est ce Dieu qui nous invite à l’aimer plus que nos parents et nos enfants, un contre-courant des lois du cœur qui nous penche naturellement à aimer nos proches, ceux avec qui nous avons des liens de sang….Cela parait paradoxal mais la foi authentiquement chrétienne, n’est-elle pas une folie, un scandale, un aller à contre-courant et au-delà de la logique purement humaine.

Seigneur, en cette fin d’année scolaire et pastorale, apprends-nous à transformer nos croix pastorales, familiales, professionnelles, physiques, celles de l’âme et du corps… en instruments de salut parce que nous les vivons dans la Foi, l’Espérance et l’Amour. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XIII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)2023-07-01T17:47:39+02:00

Homélie du Père Etienne du XII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)

Nous venons à l’Eucharistie pour connaître Dieu et nous connaître nous même à la lumière de Dieu. Aujourd’hui Dieu se montre comme un Père plein d’amour pour ses enfants persécutés. Son amour infini va jusqu’au détail même de nos cheveux. Il connaît nos besoins, nos soucis et nos espoirs, nos joies et nos peines, nos angoisses et nos aspirations. Au-delà des désolations du monde il nous réserve toujours une consolation.

Le monde dans lequel nous vivons nous présente une page sombre de la vie. Partout on pleure, partout on meurt. L’homme vit dans une persécution quotidienne. Notre monde a horreur de la vérité. Il veut plonger tout le monde dans la peur et nous rendre témoin et complice de son mensonge. Comment garder sa joie et sa foi dans un monde qui nous fait peur ? Comment devenir témoin de la vérité du Christ dans ce monde qui nous fait peur ? À l’époque de l’empereur Nerva Trajan, être chrétien était un crime: nomen crimen. Aujourd’hui être chrétien est devenu un motif de persécution. Il existe en France une Association internationale de l’Aide à l’Eglise en détresse: AED. Elle contribue à la formation des prêtres et religieux, à envoyer en mission là où l’Eglise est en détresse. Pourquoi est-elle en détresse ? Parce que les chrétiens y sont persécutés par le simple motif qu’ils confessent le nom de Jésus Christ. Plus de 360 millions de chrétiens ont été « fortement persécutés et discriminés » en raison de leur foi dans le monde en 2022.

Le Seigneur nous dit, j’ai fait de toi la lumière des nations pour que mon salut soit porté jusqu’au bout du monde. Le monde ne supporte pas la vérité, nos amis aiment qu’on les flattent. Or notre mission est de dire la vérité aux hommes. Hier nous avons célébré la naissance de Jean Baptiste. Nous savons comment il fini sa vie, décapité pour la vérité. Aujourd’hui, Jérémie est persécuté par ses amis parce qu’il prévient ses frères sur le malheur qui les attend s’ils ne se convertissent pas. Depuis longtemps les hommes ne supportent pas qu’on leur disent qu’ils ont tort ou qu’ils sont en égarement. Et pourtant notre mission est d’être la lumière du monde. Aujourd’hui comme hier, l’annonce de la parole de Dieu n’est pas tâche facile.

Mais au-delà de cette persécution, nous devons garder confiance en Dieu. Nous devons mettre notre confiance en celui qui nous a appelé des ténèbres à son admirable lumière. La confiance, c’est l’espérance théologale tout imprégnée d’amour; l’abandon à Dieu, c’est la confiance qui a créé une attitude d’âme. L’amour parfait est caractérisé par cette confiance qui nous aide à fixer l’invisible lumière qui se dérobe à notre foi, à croire que Jésus est toujours là même quand tout devient sombre autour de nous. La confiance ouvre la porte de la miséricorde divine. L’espérance nous sauve : spe salvi.

Dans ce combat de la vallée des larmes, Dieu ne nous abandonne jamais. Il est toujours avec nous. Il nous rassure, il nous console. Il nous dit toujours n’ayez pas peur. N’ayez pas peur parce que je suis là. N’ayez pas peur parce j’ai vaincu le monde. N’ayez pas pas peur parce ce combat n’est pas le vôtre, c’est le combat du Seigneur. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persecute ; réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse car vos noms sont inscrits dans le Royaume de Dieu.

Chers frères et soeurs, le grand démon contre lequel nous devons lutter c’est la PEUR. Une maxime des Bashi dit: ENAMA ERHAHA MOBA. C’est-à-dire, quand on a peur on ne peut rien faire. Luttons vigoureusement contre le découragement, contre la déception, ayons un goût du risque. Never give up. Qui ne risque rien n’a rien. Soyons comme le petit oiseau dans l’hiver, il supporte le froid avec ferme confiance que le soleil est là et il ne bouge bas. L’hiver passera, et il verra le soleil. Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit par apparaître.


Père Etienne

Homélie du Père Etienne du XII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)2023-06-29T21:37:50+02:00

Homélie du Père Joseph du XII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs !

Nous nous souvenons tous encore de ce grand cri, comme une très forte invitation, lancée par celui qui n’était encore qu’un pape depuis quelques jours, et que nous vénérons aujourd’hui comme saint, le saint pape Jean-Paul II au début de son pontificat. Il lança alors : « N’ayez pas peur ! ». Le monde entier fut surpris par cette exhortation inattendue qui suffit à elle seule pour marquer et manifester la vigoureuse personnalité du tout nouveau pape : un homme déjà éprouvé par la vie, par des expériences très dures dans sa vie et histoire personnelles, dans son pays natal, la Pologne qui a tant souffert des guerres et totalitarisme, comme le communisme….

Pendant tout son pontificat, saint Jean-Paul II n’a pas été épargné par des épreuves. On pense en particulier à cet attentat dont il fut miraculeusement sauvé, et miracle que beaucoup attribuent à la prière de la sainte Vierge Marie. Saint Jean Paul II a aussi été éprouvé par des turbulences internes au sein même de l’Eglise et par cette maladie qu’il a enduré courageusement jusqu’à la mort… Dans tout cela, il a été un grand témoin de courage, d’optimisme et de confiance.

Alors, quand il dit « N’ayez pas peur ! », ces paroles ne sont pas une simple formule, un petit refrain de campagne électorale. Il s’agit du cri d’un cœur qui croit profondément. Quand le tout nouveau pape Jean-Paul II lance cet appel à toute l’Eglise et au monde entier, il ne fait que reprendre les paroles de Jésus dont il venait d’être élu Vicaire sur la Terre. Dans l’évangile de ce XII° dimanche, par trois fois, le Seigneur nous invite à ne pas avoir peur : « Ne craignez pas les hommes », « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme », « Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux ».

Cette invitation est d’actualité aujourd’hui encore ! Sans chercher quelles étaient les raisons historiques qui avaient poussé le pape à lancer cet appel, nous pouvons voir comment, par rapport à la situation du monde à cette époque, il y a presque 50 ans, l’actualité du monde d’aujourd’hui alimente nos peurs et fait de nous de grands pessimistes. On nous parle de choc de culture ! Le terrorisme peut arriver partout dans le monde. La guerre entre la Russie et l’Ukraine, les tensions entre les puissances, la menace nucléaire et toutes les autres questions sociétales, personnelles, ecclésiales qui peuvent nous inquiéter.

Les injustices de toute sorte nous révoltent, les guerres civiles et économiques, la destruction de la planète, la crise écologique, la crise migratoire, l’arrivée de tous les migrants fuyant guerre et misère de toute sorte, et notre Mer Méditerranée que le pape François comparait à un grand cimetière qui engloutit des centaines de morts chaque semaine… Récemment encore, un bâteau avec des centaines de personnes s’est échoué dans la méditerranée sans aucun secours ! Et avant-hier, quels moyens mis en œuvre pour aller sauver le petit sous-marin, le Titan, avec ses deux touristes de luxe qui allait visiter l’épave du Titanic… Il y a aussi l’incertitude pour l’avenir, la méfiance vis-à-vis des politiques, la crise dans l’Eglise…

Une analyse très attentive de tous ces éléments prouverait que nos peurs parfois sont infondées ! Pourquoi ? Parce que ces peurs sont souvent causées par un bombardement médiatique et un cumul d’informations que nous avons de manière instantanée, en direct… et surtout parce que les médias ont pris désormais l’option de ne donner que les mauvaises nouvelles. Je vous mets au défi de me donner une ou deux bonnes nouvelles données au journal de 20h00 d’hier… Il y a 50 ans encore, les problèmes étaient certainement différents, mais non moins graves que ceux que nous vivons actuellement. La différence réside dans le fait qu’avant nous n’étions pas au courant de tout ce qui se passait dans le monde, et tous les problèmes n’étaient pas condensés et répétés à longueur de journée sur tous les médias et réseaux sociaux pour nous déprimer…. Alors, ne me dites pas, comme de vieux nostalgiques, que tout allait bien dans le passé ! Pensez aux guerres, attentats, maladies et calamités… et autres problèmes que les plus anciens parmi nous ont vécus le siècle dernier et dont nous faisons mémoire chaque année…

Dans ce contexte, se lamenter seulement est stérile. Une attitude responsable devant les problèmes du monde devrait être l’engagement de la part de chacun de nous pour les résoudre.  Pleurer et se lamenter sans s’engager ne sert à rien. Comme le saint pape Jean Paul II qui s’est beaucoup engager pour lutter contre les structures et systèmes du mal, nous aussi, nous devons nous engager. Après cet appel à ne pas avoir peur, le saint pape Jean-Paul II ajouta « Ouvrez largement les portes aux Christ ». Le pape était convaincu que si les hommes et les femmes mettent en pratique les exemples et les enseignements du Christ et essaient de vivre chaque jour de l’Evangile, beaucoup des problèmes qui nous font peur pourraient disparaitre.

Parmi les risques et les terribles situations dont nous nous inquiétons aujourd’hui, la majeure partie n’incluent pas le danger dont parle l’Evangile d’aujourd’hui : l’unique vrai danger d’une vie qui est destinée à finir… avec l’avènement de la mort. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme, craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » Oh la la, c’est horrible ! diront certains. Jésus nous parle de l’enfer, de la Géhenne…

Aujourd’hui, parler de l’Enfer suscite des sourires moqueurs et des critiques, même au sein de l’Eglise… Dans le passé, cela invitait à réfléchir au sens de notre vie et aux choix que nous posons aujourd’hui. On peut mourir dans un accident de route par malheur, non pas parce qu’on est en faute… car nous pouvons, par malheur, croiser sur notre route un chauffard ivre et drogué… Mais, personne de nous ne pourra aller en enfer par malheur, par simple punition de Dieu.

L’avertissement du Christ aujourd’hui est basique pour tout chrétien qui a conscience que notre vie ne finit pas ici-bas, mais que c’est ici-bas que nous devons nous préparer à la vie éternelle en usant de notre liberté, faire le saut de la foi, de la confiance en Dieu qui nous sauve et nous appelle à partager sa vie en plénitude. Dieu ne nous obligera jamais à aller au ciel, mais Dieu veut que chacun de nous, déjà ici-bas, use pleinement de sa liberté en saisissant sa main tendue… Dieu nous sauve par amour, mais il ne peut nous sauver contre notre volonté. Le salut, un don généreux et gratuit de Dieu mais qui suppose d’être accueilli dans la Foi.

Cependant attention ! Etre chrétien en négligeant la vie présente parce que seule compte la vie après la mort serait une grande erreur. Un chrétien qui ne s’intéresse pas au monde présent se trompe terriblement ! La vie éternelle, notre vie future dépend du présent. Elle dépend de comment nous vivons aujourd’hui. D’où l’engagement des chrétiens pour changer notre monde, construire aujourd’hui le royaume de Dieu, faire tout ce qui est dans nos possibilités pour que notre monde soit plus juste, plus sûr, plus solidaire, plus fraternel….C’est seulement dans cette perspective que nous pouvons préparer la vie éternelle pour nous-mêmes et pour les autres. Seigneur, apprends-nous à désirer la vie éternelle et la rechercher dès ici-bas. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XII° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)2023-06-24T16:05:01+02:00

Homélie du Père Joseph du XI° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs !

Le publicain Lévi, qui était collecteur d’impôts pour les Romains est devenu l’apôtre et l’évangéliste saint Matthieu. Un jour, il a rencontré Jésus ! Il a vu dans son regard la possibilité d’une vie nouvelle, une vie différente et libre. La miséricorde de Jésus l’a converti : il a vu cette miséricorde au fond du regard de Jésus qui l’a appelé à quitter sa table de bureau pour le suivre ! Il ne s’attendait pas à ce que Jésus puisse appeler un pécheur public comme lui. Il a découvert que Jésus l’aimait d’un amour infini. Mais trente années sont passées depuis leur première rencontre. Saint Matthieu, avec beaucoup d’émotion, s’est résolu à témoigner par écrit à la communauté chrétienne des juifs convertis de sa propre expérience avec le Christ.

Matthieu n’est pas le seul à avoir fait cette expérience. Il nous raconte que Jésus avait le regard identique sur chaque humain, sur la foule entière. Dieu éprouve pour toute humanité un amour sans limite. Saint Matthieu nous dit que ce jour-là : Jésus fut saisi de compassion envers les foules parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Jésus a de la pitié et de la compassion envers nous parce qu’il nous connaît. Il voit toute l’angoisse et les soucis que nous portons dans nos cœurs, notre besoin infini de donner sens à notre vie, la soif de bonheur enfoui dans nos cœurs. Jésus sait que nous avons du mal à trouver ou donner une réponse à nos inquiétudes les plus profondes. Il sait que nous sommes prêts à vendre notre âme pour être aimé, pour l’amour vrai et le bonheur. C’est cela qui rend semblables et égaux les humains, tout humain, de tout temps et de tout lieu. Mais Jésus voit bien que nous sommes perdus, abattus comme des brebis sans berger, parce que nous n’avons pas toujours les réponses par nous-mêmes !

Toute cette semaine, j’ai entendu parler de l’intelligence artificielle comme si c’était elle qui allait être notre salut, la solution à tous nos problèmes ! Quelle illusion ! C’est signe que nous sommes perdus voulant nous sauver par nous-même ! Nous n’y arrivons pas, et cela accentue notre angoisse existentielle. Du coup le bonheur nous est vendu à très cher prix par le système ! Perdus et désespérés, nous finissons par croire à l’idée séduisante que le bonheur peut s’acheter. Nous comblons alors notre soif de bonheur par tout un tas de choses superficielles et sans consistance. Et Jésus voit en cela que nous sommes perdus.

Qui sait ? Peut-être que Dieu regrette de nous avoir créés libres et raisonnables ! Ce que nous vivons n’était pas son projet initial à Dieu, quand il nous a créés libres ! La liberté est un don compliqué à gérer, une force qui nous dépasse parfois. Elle nous conduit à suivre volontiers l’enchanteur du moment, l’influenceur des réseaux sociaux dont les catéchèses ont remplacé l’Evangile pour beaucoup de gens. C’est la preuve que nous sommes perdus, comme des brebis sans berger ! Alors Jésus a pitié de nous parce qu’il veut notre bonheur.

Pour nous libérer, nous aurions voulu que Jésus se propose lui-même comme solution, lui qui est le Vrai Berger. Mais non ! Pris de compassion, Jésus invente l’Eglise. Comme c’est difficile de parler de l’Eglise aujourd’hui, surtout dans notre pays. Beaucoup parmi nous ont une expérience ecclésiale pauvre, contradictoire et parfois douloureuse. Vous vous êtes déjà confrontés à une Eglise parfois incohérente et sévère. Et pourtant, l’Eglise est la réponse que donne Jésus aujourd’hui : des compagnons de route envoyés ensemble, dans une recherche commune, regardant dans la même direction, des disciples capables ensemble de chercher la plénitude et le sens à la vie.

Je sais qu’il n’est pas toujours facile de comprendre et d’aimer l’Eglise, parfois fragilité, blessée et blessante à cause de trop de contre-témoignages, trop de chrétiens qui vivent sans un minimum d’humanité, trop d’incohérences, d’erreurs passées, récentes (désolé de vous décevoir, futures aussi !!!) pour ne pas être méfiants quand on nous parle de l’Eglise. Et pourtant, Jésus la choisit à travers ces douze apôtres pour commencer à construire le Règne, douze qui sont d’abord avec lui et qui nous conduisent à lui qui est notre Bonheur. La mission de l’Eglise est de conduire au Christ. Aucun Manager n’aurait osé faire ce que Jésus fait : mettre ensemble douze personnes aussi radicalement différentes pour réaliser un projet aussi ambitieux. Parmi eux, il y a des pêcheurs, des gens concrets et pragmatiques habitués à la dureté de la vie ; des intellectuels comme Matthieu ou Jean ; des traditionnalistes comme Jacques, des pécheurs publics et notoires comme ces publicains, des extrémistes partisans de la libération violente come Simon le Zélote, prêts à partir en guerre contre les romains.

Tout Israël est représenté dans ce groupe, l’entière humanité figure dans la diversité des douze. L’Eglise est la communauté des disciples, différents entre eux mais unis dans leur désir commun d’aimer Jésus et appelés ensemble à annoncer l’Evangile avec simplicité et vérité. A notre humanité blessée, fragile et perdue qui a besoin de guide et de Berger, Jésus propose une partie d’humanité, tout aussi fragile et blessée, mais transfigurée par l’Amour qu’est l’Eglise.

La mission des Douze est déconcertante. Ils doivent s’adresser d’abord aux brebis perdues d’Israël. L’invitation actuelle et urgente. L’Eglise a besoin de témoins qui la conduisent au Père ! Les premiers destinataires de l’annonce de l’Evangile sont d’abord les chrétiens. Nous sommes parfois trop catholiques, tellement convaincus d’être de bons cathos que nous avons du mal à être des vrais disciples, tellement convaincus que nous sommes devenus incapables d’écouter l’Evangile, trop enfermés dans un christianisme socio-culturel et refusant la rencontre véritable avec Jésus. Trop des chrétiens qui visitent les églises au cours des voyages et vacances, mais qui ne savent rien sur l’évangile, qui ne connaissent aucune parabole, ont du mal à aller à la messe ! Nous célébrons les fêtes chrétiennes (Noël, la Toussaint…) tout en oubliant le Christ qui est célébré dans ces fêtes ! C’est à nous que l’Eglise est envoyé pour recevoir, encore et encore la bonne nouvelle d’un Dieu proche et concret qui nous appelle au bonheur parce qu’il voit que nous sommes perdus. Les premiers destinataires d’Evangile ne sont pas en dehors de l’Eglise. Il s’agit de nous qui sommes là, appelés à devenir sel de la terre et lumière du monde, comme disait l’évangile de mardi dernier : « De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

J’aime l’Eglise… même si elle n’est pas parfaite parce qu’elle est ce rêve de Dieu que nous sommes appelés à vivre et à réaliser ensemble. Il ne s’agit pas de cette Eglise caricaturée par Mediapart, tel journal et réseaux sociaux ! Il s’agit de la communauté des gens pardonnés qui se reconnaissent fils et filles de Dieu, et donc frères et sœurs ! Il ne s’agit pas de ces gens parfaits qui deviennent insupportables, mais de gens différents comme les Douze apôtres, qui cherchent cependant tous à suivre Jésus. Des compagnons de route, des gens ordinaires, inconstants, imparfaits, qui doutent, comme vous et moi mais qui cheminent en prenant soin les uns des autres et qui rendent présent le Bon Berger par leurs gestes et leurs paroles qu’ils recherchent continuellement à réformer et convertir. Puisse cette eucharistie nous aider à cheminer ensemble, à faire ensemble Eglise, conduits par le Christ et au service de notre monde, à la suite des douze apôtres. Amen.

Homélie du Père Joseph du XI° dimanche du Temps Ordinaire, année A (2023)2023-06-18T09:34:40+02:00

Homélie du Père Joseph du Saint Sacrement, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs

Après la fête de la Sainte Trinité, nous contemplons un autre mystère tellement grand, mais tellement familier à tel point que nous risquons de le sous-estimer ! Toute chose que nous vivons au quotidien, qui devient familier court le danger de devenir banal. Parce que nous le vivons chaque dimanche, ou même chaque jour (parce qu’il y a des gens qui vont à la messe même chaque jour !), nous courons le risque de banaliser la messe et tout ce que nous y vivons. Prions pour que le Saint Esprit nous aide à comprendre et accueillir le mystère que nous célébrons dans chaque messe : la présence réelle du Christ de l’eucharistie, c’est-à-dire celle du pain et du vin consacré. C’est cette réalité extraordinaire que nous célébrons dans chaque messe, un repas répété avec fidélité au Christ qui a dit, lors de la Dernière Cène, la première eucharistie : « Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude : faites-ceci en mémoire de moi ».

Malheureusement, cet acte répété souvent risque de devenir banal, trop familier, posé par pure habitude et perdre sa saveur et sa profondeur. Prions et faisons attention pour que l’eucharistie ne devienne jamais pour nous, pour notre communauté un geste mécanique, routinier et banal. La messe est toujours cette rencontre joyeuse avec ce Jésus, Fils de Dieu, qui se donne, de manière spéciale mais réelle dans le Pain et le Vin qui, après la consécration, deviennent « réellement corps et sang du Christ ». C’est l’extraordinaire miracle de la messe ! Dans l’eucharistie, c’est Jésus lui-même qui se rend présent et se donne à nous dans le pain rompu et le vin consacrés par un prêtre. C’est parce que Jésus est réellement présent au moment de la consécration que l’Eglise invite les fidèles à se mettre à genoux, dans la mesure du possible.

Le Concile Vatican II rappelle que l’eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne. Notre vie chrétienne, reçue dans le baptême, puise sa force et sa vitalité dans l’eucharistie. C’est cette force vitale qui soutient notre vie dans le monde pour rendre témoignage du Christ vivant en nous et faire ainsi de nouveaux disciples qui viennent se nourrir et s’abreuver à la même source. L’eucharistie, la modalité par excellence où Jésus se donne à nous au quotidien. Si tel est le cas, je me suis toujours demandé pourquoi les fidèles ne participent pas massivement aux messes ! Parmi les excuses ou les raisons, j’entends des gens qui trouvent que les messes sont ennuyeuses ! (les enfants), que les assemblées ne sont pas toujours sympathiques et accueillantes ( les étrangers, les jeunes parents qui ont des enfants qui courent partout et qui se font regarder de travers par quelques mamies qui n’aiment pas des bruits d’enfants à la messe), que les homélies sont trop longues et pas toujours de bonne qualité, (je pense aux intellos qui critiquent tout le temps les homélies des prêtres ! Ce serait intéressant de faire les homélies à tour de rôle pour que chacun de vous se mette un peu à notre place !), que les chants ne sont pas assez joyeux, (Dieu merci nous avons la chance d’avoir Lèv aujourd’hui et des bons animateurs et musiciens dans nos paroisses le dimanche !) ou d’autres raisons telles que le repos dominical après une semaine chargée et stressante….

Toutes ces excuses sont compréhensibles, mais insuffisantes par rapport à ce qui se joue à la messe qui est le lieu où Jésus lui-même se donne, indépendamment des chants, de l’assemblée, de l’homélie, de l’accueil des assemblées habituelles…. Pour me faire l’avocat de ceux qui ne viennent pas pour ces raisons évoquées, rappelons-nous toujours que c’est parce que ce qui se joue à la messe est tellement important qu’il nous faut soigner, préparer, célébrer avec joie, par la beauté de nos chants et nos gestes. Notre participation active doit être à la hauteur de Dieu qui se donne dans la messe…

Au désert, le peuple Hébreu qui mourrait de famine avait été nourri avec la manne et la caille tombé. Quand le peuple mourrait de soif, il a été abreuvé par l’eau de Massa et Mériba ! Cela manifestait la présence de Dieu qui prend soin de son peuple. Nous sommes le peuple de la Nouvelle Alliance nourri par le corps du Christ et abreuvé par son sang. La vraie nourriture qu’est la chair du Christ, la vraie boisson qu’est le sang du Christ nous nourrissent et nous abreuvent pour avancer, grandir en vue de la fécondité de la vie chrétienne en nous. Rappelons-nous toujours qu’un chrétien qui ne se nourrit pas de l’eucharistie court le risque de voir mourir sa vie baptismale. De même qu’un corps qui ne se nourrit pas risque de mourir, de même, une âme chrétienne qui n’est pas nourrie par l’eucharistie risque de dépérir.

Il m’arrive très souvent de rencontrer des fiancés venus demander le mariage à l’église, des parents qui demandent le baptême pour leur enfant dire : « j’ai la foi, mais je n’ai pas besoin ou je ne sens pas le besoin d’aller à la messe ! ». C’est là que je pense à l’anorexie spirituelle : la personne malade d’anorexie ne sent pas le besoin de manger ayant perdu toute envie de manger… Son corps privé de nourriture est amaigri et dépérit petit à petit, mais la personne ne s’en rend pas compte.… Il suffit alors de manger un peu pour avoir encore un peu de force et de vigueur. De même, sans s’en rendre compte, des chrétiens baptisés sont devenus des « anorexiques spirituels » parce qu’ils ont perdu l’envie et le besoin de participer à l’eucharistie, se privant ainsi de ce qui ressource et requinque la vie chrétienne.

Dans la deuxième lecture, saint Paul s’adresse à une communauté secouée par les divisions à cause des personnalités fortes et de leurs conditions sociales très différentes, exactement comme notre communauté paroissiale. Saint Paul leur rappelle que l’eucharistie fonde et cimente la communion et l’unité entre eux malgré leurs différences. Aujourd’hui encore, dans certaines communautés, groupes, services … les membres sont divisés à cause de leurs fortes personnalités, leur responsabilité, les petites jalousies et querelles de pouvoir, les appartenances politiques… ! Tout cela n’a plus de place quand nous célébrons l’eucharistie parce que c’est Jésus qui nous réunit. Nous communions à son corps pour être en communion entre nous. L’eucharistie appelle et construit l’unité, invite à remettre le Christ au centre de notre vie communautaire. L’Eglise n’est pas un club de gens parfaits et intelligents…mais une communauté de gens différents appelés et réunis autour du Christ, et qui sont nourris par le même pain et abreuvés à la même coupe. L’eucharistie devient ainsi le catalyseur de notre unité et de notre communion, malgré nos différences réelles.

C’est le sens de la fête du Corps et du Sang du Christ. La question n’est pas la langue, la formulation, le rite, de forme liturgiquemais la foi. C’est vrai qu’il serait mille fois mieux si nos assemblées étaient plus accueillantes, plus joyeuses, nos chants plus beaux, nos églises propres, nos homélies brillantes.… Mais, ne nous faisons pas d’illusions ! Beaucoup ne viennent pas à la messe surtout parce qu’il leur manque la grâce de la foi que c’est Jésus lui-même qui est réellement présent et qui se donne à nous dans le pain et le vin consacrés. Que cette eucharistie nous obtienne la grâce de la fraîcheur de foi et d’une passion amoureuse pour l’eucharistie. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du Saint Sacrement, année A (2023)2023-06-09T21:46:52+02:00

Homélie du Père Joseph de la Sainte Trinité, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs !

Après la Pentecôte, nous célébrons la solennité de la sainte Trinité. Celle-ci, avec l’Incarnation de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, constituent les deux mystères centraux de la foi chrétienne. La Trinité n’est pas une doctrine abstraite et éloignée de la vie. C’est un mystère qui nous rappelle que le Dieu chrétien n’est pas un dieu-spray, un Dieu qui s’évapore, mais bien au contraire, il s’agit d’un Dieu bien concret qui s’appelle Amour. Il ne s’agit pas de l’amour sentimental, émotif, mais de l’Amour du Père qui est à la Source de toute vie, l’Amour du Fils mort et ressuscité, l’Amour du Saint Esprit qui renouvelle nos vies. Ce Dieu Unique qui nous appelle à entrer dans cet Amour infini pour en témoigner autour de nous.

L’expression « Trinité » ne se trouve nulle part dans la Bible. Sa réalité existe pourtant dans la Bible. Nous croyons en un seul Dieu en trois Personnes. C’est le monothéisme trinitaire, propre aux chrétiens : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Ce n’est pas une invention du prêtre, du pape, d’un théologien ni de l’Eglise.  C’est un mystère révélé par Dieu lui-même. Par l’incarnation de Jésus, Dieu nous parle de lui de manière compréhensible, concrète, en utilisant nos paroles, notre langage qui nous sont parvenus à travers l’Evangile.

Jésus a dit de lui-même qu’il est non seulement le Fils de Dieu, mais qu’il est Dieu lui-même. Il le montre par ses enseignements, ses paroles, ses signes, les miracles et prodiges, par le pardon des péchés, en ressuscitant les morts jusqu’à sa propre résurrection après sa mort sur la croix. Tout cela se fait au nom du Père et dans l’Esprit. L’évangile nous dit même que c’est la revendication de sa propre divinité qui a été le motif principal de la condamnation à mort de Jésus : « toi qui n’es qu’un homme, tu te fais l’égal de Dieu » (Jn10, 33). Jésus nous a parlé de Dieu Père, qui est le principe de tout. Il nous a parlé d’une troisième Personne divine, le saint Esprit, envoyé d’auprès du Père. La personne du saint Esprit sanctifie et conduit l’Eglise et chaque baptisé.

C’est la foi de notre baptême, un mystère que nous accueillons par et dans la foi, loin des spéculations théologiques et philosophiques. Il reste cependant une grande question : S’ils sont trois personnes, comment font-ils pour être un seul Dieu ? D’abord, nous devons croire que Dieu est unique, un seul parce qu’il est une unité profonde : « Ces trois personnes sont un seul Dieu et non trois dieux, puisque ces trois sont Un seul Dieu, c’est-à-dire une seule substance, une seule essence, une seule nature, une seule divinité. Par cette unité, le Père est tout dans le Fils, tout dans le Saint Esprit ; le Fils est tout dans le Père, tout dans le Saint Esprit ; et le saint Esprit est tout dans le Père et tout dans le Fils, comme nous enseigne l’Eglise à travers les différents conciles. »

Mais comment font-ils pour être un seul Dieu ? Dieu dépasse infiniment nos représentations et catégories spatio-temporelles. Dieu Trinité est un être relationnel, doté d’intelligence, de volonté et capable d’aimer, donc, de se donner et accueillir totalement l’autre, de vivre pour l’autre. Dieu est Amour. Dans la Trinité, chaque personne divine vit pour l’autre, elles s’aiment tellement au point d’être une seule substance, et c’est cela le grand calcul mathématique pour la trinité. Il ne s’agit pas d’ajout, d’addition qui ferait trois dieux mais bien de multiplication d’un qui fait toujours un : Un multiplié par un multiplié par un fait un !

Dans son essence, le Dieu chrétien est l’Amour qui se donne et se reçoit. Le Père est le Don infini, le Fils se reçoit totalement du Père et se donne à lui. Ce mouvement se réalise par le Saint Esprit qui se reçoit du Père et du Fils, et en même temps se donne à son tour. Quelqu’un disait que la relation trinitaire, par analogie dans le mariage est : l’Amant, l’Aimé et l’Amour. Chacun des époux est l’amant qui se donne à l’autre, l’aimé qui se reçoit de l’autre et c’est l’Amour qui facilite ce don de soi et cette réception de soi de l’autre. L’amour humain devrait être une analogie de l’amour trinitaire.

L’amour vrai comporte toujours une distinction et une communion de personnes, dans une réciprocité de don et d’accueil. Saint Augustin dit que « quand tu vois le vrai amour, tu vois la Trinité sainte ».  Les trois Personnes Divines sont distinctes, sans changement, sans fusion ni confusion. Aujourd’hui, se repend l’idée que quand on est fusionnel on est plus amoureux, comme me le disent les fiancés qui affirment, pour manifester la solidité de leur amour : « entre nous, c’est la fusion ! Notre amour est vraiment fusionnel ! ». Or, dans une fusion, il a disparition, il y a confusion.  Il y a même le risque que cela se fasse au détriment de l’autre ! Vous êtes tellement fusionnels que votre identité s’est dissolue, a disparu.

Le livre de la Genèse dit que Dieu nous crée à son image et sa ressemblance. C’est-à-dire, pas dans la solitude, mais dans la relation et la communion. Si tel est le visage de Dieu, quelles en sont les conséquences existentielles dans mon quotidien ? Si Dieu est communion, c’est en lui que nous avons été baptisés, ce la veut que nous sommes appelés à vivre en communion avec lui et avec les autres.

Cela veut dire que l’individualisme et la solitude sont insupportables parce qu’inconcevables dans une logique de communion et de relation. Beaucoup d’humains se jouent leur vie comme un jeu solitaire, coupés de Dieu et des autres ! Résultat, ils n’arrivent jamais à la plénitude de la vie parce que l’être humain est fait pour être en relation avec Dieu et avec les autres.  Jean-Paul Sartres dit que l’Enfer c’est les autres, Jésus nous dit au contraire que notre bonheur est dans la relation, dans communion, dans le don de soi aux autres, dans la réception de l’amour qui nous est donné par Dieu et par ceux qui nous entourent. L’être humain se construit dans sa capacité à se laisser aimer par Dieu et à donner de l’amour autour de soi.

La fête de la Sainte Trinité rappelle que Dieu a un rêve pour nous, pour la famille humaine et ecclésiale : nous garder dans sa communion et voir cette communion se déployer et grandir entre nous sur la terre. L’Eglise, Corps du Christ et familles des enfants de Dieu se bâtit et se reçoit de la communion trinitaire. Notre bonheur se trouve dans notre capacité à se laisser aimer par Dieu pour se donner aux autres, pour témoigner de cet Amour autour de nous et entre nous. Cela se fait grâce à l’œuvre du saint Esprit. Demandons à l’Esprit saint de nous façonner à l’image de Dieu, nous plonger dans la communion bienheureuse du Père et du Fils. Nous sommes le temple et la demeure de la Sainte Trinité par le baptême ! Que cette eucharistie conforme notre vie à ce Dieu d’Amour qui nous unit et nous rassemble dans cette même foi dans laquelle nous avons été baptisés au nom du Père, et du Fils et du saint Esprit. Amen.

Homélie du Père Joseph de la Sainte Trinité, année A (2023)2023-06-02T21:37:10+02:00

Homélie du Père Joseph de la Pentecôte, année A (2023)

Mes chers frères et sœurs !

Nous voici au terme du temps pascal. Depuis le dimanche de Pâques, 50 jours se sont écoulés Pour les Hébreux, 50 jours après la Pâque juive, on célébrait le don de la Torah. Dans l’Antiquité, 50 était le nombre de la plénitude des temps. C’est ainsi que dans l’empire Romain, à l’âge de 50 ans, on était dispensé du service militaire. Pour les Hébreux, tous les 50 ans on célébrait le Jubilée ! La Pentecôte indique aussi qu’un temps est fini. Ceci veut dire qu’avec la fête de la Pentecôte, le temps du Jésus historique et des apparitions est terminé pour laisser place au temps de l’Eglise. Ceci veut dire que notre temps a commencé avec la Pentecôte.

Mais que s’est-il passé à la Pentecôte ? Jésus était déjà monté au ciel depuis 9 jours, c’est-à-dire à l’Ascension. Il avait demandé aux disciples de poursuivre ce qu’il avait commencé, c’est-à-dire, l’annonce de la bonne nouvelle d’un Dieu qui aime à la folie et gratuitement chaque être humain. Mais les disciples étaient découragés, déçus et ils avaient peur. Ils se demandaient : « Et maintenant, qu’allons-nous faire ? », une grande équation, comme celles devant lesquelles nous nous retrouvons parfois ! Nous avons alors besoin d’une aide, d’un bon coup de main du Seigneur. Quand tout nous semble bouché, sans issue nous avons besoin de son Amour, besoin de l’Esprit Saint. La Pentecôte est une invitation à faire confiance à Jésus qui nous dit : « Maintenant sortez ! N’ayez pas peur, vous avez la force d’y arriver, vous avez tout ce qu’il vous faut pour ce job, pour cette mission, pour cet engagement ! Mon Esprit vous a été donné et est avec vous, en vous ! »

Vous êtes probablement en train de vous remémorer quelques traces du catéchisme, de la préparation à la confirmation, pour y trouver quelques informations sur cet illustre inconnu qu’est le Saint Esprit. Vous pouvez trouver quelques belles définitions, de beaux concepts, mais rappelez-vous toujours que le Saint Esprit veut surtout être reconnu pour ce qu’il fait, pour son œuvre, son action et non pas par ce que nous pouvons dire de lui. Le Saint Esprit n’est pas une chose à expliquer, à conceptualiser, mais une personne à aimer, une présence qui se donne, comme une expérience d’amour à vivre. L’amour ne se définit pas, ne se conceptualise pas. Il s’agit d’une expérience à vivre !

Le jour de la Pentecôte, les apôtres font un saut de qualité. Matériellement et physiquement, Jésus était désormais absent, invisible, assis à la droite du Père, mais spirituellement les disciples l’avaient en eux parce qu’avant de s’en aller il leur avait dit « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ! » La Pentecôte nous invite à passer du matériel, du physique au spirituel. Qui a reçu le Saint Esprit dans son cœur vit selon l’Esprit mais tout reste matériel, physique et charnel pour celui veut vivre selon la chair et qui n’élève pas son cœur ! Attention ! Spirituel ne signifie pas ici « être désincarné », « être hors du monde ». Quand on dit qu’une personne est spirituelle, on pense à un moine enfermé, un ermite qui ne vit que de la prière 24 heures sur 24. Quelqu’un de spirituel n’est pas celui qui prie beaucoup ou qui fait des choses religieuses, qui passe ses journées dans les églises ou qui enchaine pèlerinage sur pèlerinage à longueur de l’année. La personne spirituelle est celle qui vit selon l’Esprit qui habite profondément dans son cœur, qui sait qu’il est tout le temps en compagnie de Dieu.

Mère Teresa disait un jour à un journaliste qui essayait de la titiller sur sa foi : « voyez, Dieu, moi je le vois clairement. Il est en cet homme qui souffre ou en celui-là, qui est allongé sur le lit, abandonné de tous ! Dieu est en moi ! Dieu est en vous ! Si vous ne voulez pas le reconnaître, ce n’est pas mon affaire parce que pour moi la chose est tellement évidente. » Tout est matière, matériel ou esprit. Ça dépend de comment tu vois ou veux voir les choses. Par exemple, sur l’autel après la consécration, celui que n’a pas la foi va voir un simple pain de blé, de la matière, mais spirituellement, la foi me fait voir Jésus qui est réellement présent dans le pain consacré. Un nouveau jour peut être vu simplement comme un jour de travail, parfois pénible à vivre ou alors spirituellement, ce nouveau jour peut devenir une nouvelle opportunité pour aimer et être aimé.

Ma vie peut être terriblement et affreusement matérielle ou merveilleusement spirituelle : tout dépend de notre cœur. Avec la Pentecôte, la présence même de Dieu prend une perspective nouvelle. Dieu n’est plus présent « devant nous », comme dans l’AT, ou « Dieu avec nous », « l’Emmanuel » comme dans le NT avec l’incarnation de Jésus, mais Dieu « est en nous ». Avec la venue et le don du Saint Esprit, Dieu est en nous ! Nous devenons la « maison de Dieu », le « temple du Saint Esprit » depuis le baptême. Avec la présence du Saint Esprit, nous ne faisons plus les choses « pour Dieu » mais nous pouvons réaliser « les œuvres de Dieu » car il habite et agit en nous et par nous. Depuis la Pentecôte, l’amour n’est plus un devoir, une obligation. Nous ne « devons plus aimer » comme dans l’AT, mais nous « pouvons aimer » comme Dieu, car la présence du Saint Esprit en nous nous rend capables d’aimer.

Cela veut dire que nous devons être dociles à la présence du Saint Esprit en nous. Pour cela, nous pouvons regarder les attitudes des apôtres à la Pentecôte. « Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble. » Les Actes des Apôtres précisent bien que les disciples étaient réunis. L’Esprit Saint ne va pas là où sont les divisions. Si nous voulons recevoir le Saint Esprit, soyons unis entre-nous, reconnaissant que notre propre destin est lié à celui du frère, de la sœur qui est à côté de nous. C’est le « nous » qui nous sauvera ! Notre monde et le Malin chercheront toujours à nous diviser mais le Saint Esprit vient nous unir, nous rappeler que nous formons une seule et même famille humaine, une seule famille ecclésiale. Plus nous serons unis, plus le Saint Esprit accomplira des merveilles pour nous et en nous. « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères » disait la première lecture de dimanche dernier. En attendant le Saint Esprit, les disciples vivaient dans la concorde et la prière, avec la Vierge Marie. Il est temps que nous redevenions des hommes et femmes qui prient vraiment, mettant la prière au centre de leur vie. Prier ne signifie pas dire ou réciter une prière. Prier signifie laisser murir, laisser parler et écouter le Saint Esprit qui est déjà présent en nous et qui ne réclame rien d’autre que de le laisser agir et se manifester. Cela veut dire parfois apprendre à faire silence, apprendre à écouter !

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus » Souvent, pour beaucoup de catholiques, la présence de la Vierge Marie dans notre vie est une présence dévotionnelle, je dirais même, de la « déco » ! Je pense que Marie est présente dans ma vie seulement parce que je porte sur moi une médaille de la Vierge qui m’a été offerte à mon baptême. La présence de Marie au milieu des apôtres à la Pentecôte rappelle que sa présence dans notre vie doit être décisive. Marie est comme la fissure à travers laquelle le Saint Esprit fait irruption dans ma vie. Avant nous, Marie a accueilli le Saint Esprit qui l’a fécondé pour qu’elle devienne la Mère de Dieu. La Vierge Marie nous prépare, nous soigne, comme une maman, pour que nous recevions et laissions agir le Saint Esprit dans notre cœur comme elle. Sa présence pour les chrétiens doit être concrète, décisive et avoir une incidence existentielle.

Alors, tout ce que le Saint Esprit a opéré en Marie, il peut l’opérer aussi pour nous dans notre vie, dans la vie de l’Eglise. Prions le Saint Esprit pour tous les baptisés de ce weekend de Pentecôte, les enfants qui font la première communion, ceux qui se marient en cette période et tous ces adultes qui reçoivent le sacrement de confirmation en ce weekend de Pentecôte et ces séminaristes qui seront ordonnés prêtres et diacres dans l’Eglise en ce mois de juin.

Le Saint Esprit est à l’origine de la naissance de l’Eglise depuis la Pentecôte. Il la conduit depuis plus de deux mille ans. Son souffle la conduira encore et encore ! Alors, laissons-nous toucher, façonner et modeler par le Saint Esprit qui nous restaure pour redevenir l’image et la ressemblance de Dieu, voulue dès l’origine mais que le péché Originel a abimé.

Homélie du Père Joseph de la Pentecôte, année A (2023)2023-05-31T08:18:35+02:00
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