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Homélies des messes

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Fete de la Ste Famille 2025

 

En ce dimanche après Noël, l’Église ne nous fait pas sortir du mystère de Noël. Elle nous y enfonce davantage.

Car Noël, ce n’est pas seulement Dieu dans une crèche. Noël, c’est Dieu dans une famille. Et quelle famille ! Une jeune mère déroutée, un père inquiet mais fidèle, un enfant menacé dès sa naissance.

L’Évangile est clair : « Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, de nuit… »

  • La Sainte Famille ne commence pas dans le confort, mais dans la fragilité, la peur, l’incertitude.
  • « La Sainte Famille n’est pas une famille idéale, c’est une famille réelle, visitée par Dieu. »

Et c’est précisément pour cela qu’elle nous rejoint aujourd’hui.

  1. La famille aujourd’hui : un lieu fragile… mais irremplaçable

Aujourd’hui, parler de la famille demande beaucoup de délicatesse. Pour certains, la famille est une bénédiction. Pour d’autres, une blessure. Pour beaucoup, un combat quotidien.

Familles fatiguées…Familles éclatées…Familles recomposées…Familles monoparentales…Familles qui tiennent bon malgré tout.

  • Un couple disait :« Nous n’avons pas été sauvés par des solutions miracles, mais par la décision quotidienne de ne pas lâcher. »
  • La famille aujourd’hui est fragile, mais elle reste le premier lieu où l’on apprend à aimer.

Et l’Église ne vient pas juger les familles. Elle vient les soutenir, les bénir, les relever.

Alors, en ce jour de la Sainte Famille, nous ne venons pas demander à Dieu des familles parfaites. Nous venons Lui demander des grâces concrètes pour tenir dans la durée.

Je vous propose de les retenir à travers 5 verbes simples, 5 grâces essentielles à demander aujourd’hui pour nos familles.

Les 5 grâces à demander pour nos familles aujourd’hui :

  1. TENIR – la grâce de la persévérance

La Sainte Famille fuit en Égypte. Elle aurait pu se décourager.
Elle tient.  Première grâce : tenir quand tout vacille.
Tenir quand la fatigue s’installe. Tenir quand la communication devient difficile. Tenir quand l’amour semble s’user.

« Une famille ne tient pas parce que tout va bien, mais parce que quelqu’un décide de rester. »

Seigneur, donne à nos familles la grâce de tenir, même quand c’est lourd.

  1. AIMER – la grâce de l’amour concret

Saint Paul est très réaliste :« Supportez vous les uns les autres, pardonnez vous. » Deuxième grâce : aimer en vérité.
Pas aimer en paroles. Mais aimer en actes. Aimer en recommençant.

  • Une maman disait :« Le jour où j’ai cessé de vouloir une famille parfaite, la paix est entrée chez nous. »
  • Aimer, dans une famille, c’est souvent recommencer.
  1. PARLER – la grâce d’une parole qui construit

Combien de familles souffrent de paroles trop dures ou de silences trop lourds…Joseph parle peu, mais il écoute Dieu et agit avec justesse. Troisième grâce : parler sans blesser, se taire sans mépriser.

« Ce qui détruit une famille, ce n’est pas le désaccord, c’est la manière de se parler. »

Seigneur, mets dans nos familles des paroles qui relèvent.

  1. TRANSMETTRE – la grâce de la fidélité

Le livre du Siracide nous rappelle l’importance du respect, de la mémoire, de la transmission. Quatrième grâce : transmettre la vie, les valeurs, la foi, même imparfaitement. « On n’hérite pas d’une foi parfaite, mais d’un témoignage. »

Seigneur, aide les parents à transmettre sans écraser, et les enfants à recevoir sans rejeter.

  1. CONFIER – la grâce de mettre Dieu au cœur de la maison

Le Psaume nous l’a dit : « Heureux qui craint le Seigneur. »  Cinquième grâce, la plus décisive : confier sa famille à Dieu. Pas par de grands discours, mais par une prière simple, un signe de croix, une confiance quotidienne.

  • « Quand Dieu entre dans une famille, les problèmes ne disparaissent pas,mais la paix commence à circuler. »

Conclusion – Une bénédiction pour aujourd’hui

En ce jour de la Sainte Famille, Seigneur, nous te demandons pour nos familles :

👉 Tenir – Aimer – Parler – Transmettre – Confier.

Pas des familles parfaites, mais des familles habitées par ton amour.

Et que la Sainte Famille de Nazareth garde nos maisons et nous apprenne à aimer… au cœur même de nos fragilités. AMEN !

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Fete de la Ste Famille 20252025-12-29T10:03:20+01:00

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Messe du Jour de Noël

« Aujourd’hui, Dieu est entré dans notre quotidien »

Frères et sœurs,

Noël n’est pas d’abord une date sur le calendrier, ni une parenthèse de douceur au cœur de l’hiver.
Noël est un événement, et même plus encore :un choc d’amour, le bouleversement silencieux par lequel Dieu change la manière d’être Dieu…pour changer la manière d’être homme. L’Évangile ne dit pas : « Autrefois, il vous est né un Sauveur » mais : « Aujourd’hui » (Lc 2,11).

Aujourd’hui, Dieu n’est pas ailleurs.

Aujourd’hui, Dieu n’est pas au-dessus.
Aujourd’hui, Dieu est , dans la chair fragile d’un enfant.

  1. Noël : Dieu choisit la petitesse

Le premier scandale de Noël, c’est celui-ci : Dieu n’a pas peur d’être petit. Il ne vient pas avec des éclairs, il ne s’impose pas par la force, il ne crie pas pour se faire entendre.

Il vient dans le silence, dans la dépendance, dans la fragilité d’un nouveau-né.Saint Augustin l’exprimait avec une force saisissante : « Celui qui tient l’univers dans sa main a eu besoin des bras d’une mère. »

Frères et sœurs,
ce mystère n’est pas une poésie… c’est une révélation. Dieu nous dit ainsi : « N’aie pas honte de ta fragilité.N’aie pas peur de tes pauvretés.C’est là que je viens demeurer. »

  1. Un témoignage : quand Noël convertit un cœur

Un prêtre racontait l’histoire d’un homme, cadre supérieur, éloigné de l’Église depuis plus de vingt ans. Il venait à la messe de Noël uniquement pour faire plaisir à sa mère. Ce soir-là, en regardant la crèche, il a été frappé par une pensée toute simple : « Si Dieu est capable de se faire aussi petit…alors peut-être qu’il peut encore m’aimer, moi. » Il dira plus tard : « Ce n’est pas un sermon qui m’a touché, c’est un enfant couché sur de la paille. J’ai compris que Dieu ne me jugeait pas de haut, mais qu’il me regardait d’en bas, avec tendresse. ».Ce fut le début d’un chemin de conversion. Noël a ce pouvoir-là : non pas d’éblouir, mais de désarmer.

  1. Noël : Dieu entre dans notre “aujourd’hui”

Frères et sœurs, Noël ne nie pas nos réalités : les familles blessées, les solitudes, les deuils, les angoisses économiques, les guerres, les cœurs fatigués.  Dieu ne nous sauve pas de l’extérieur, il nous sauve en entrant dedans.

Je ne sais pas si vous entendu parler une fois de Dietrich Bonhoeffer, il était un théologien, pasteur et résistant allemand au nazisme, né le 4 février 1906 à Breslau (aujourd’hui Wrocław, en Pologne) et mort exécuté le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg, en Allemagne. Il écrivait, depuis sa prison : « Dieu ne vient pas supprimer la souffrance, mais la remplir de sa présence. » Voilà le cœur de Noël : Dieu n’enlève pas la nuit, il y allume une lumière.

  1. Un second témoignage : la foi retrouvée dans la nuit

Une femme racontait son premier Noël après la perte de son mari. Tout lui semblait vide, artificiel, presque insupportable. Elle est entrée dans une église tard le soir. Personne. Juste une crèche. Et cette phrase a jailli en elle : « Lui aussi est né dans la nuit. »Elle dira ensuite : « J’ai compris que Dieu ne me demandait pas d’aller bien, mais simplement de lui faire une place, comme Marie et Joseph l’ont fait, sans comprendre. »

Frères et sœurs, Noël ne supprime pas la croix…mais il lui donne un sens.

  1. Noël aujourd’hui : et si Dieu frappait à notre porte ?

Le mystère de Noël nous pose une question simple et redoutable : où Dieu peut-il naître aujourd’hui ?

– Peut-être dans une relation à réconcilier.
– Peut-être dans un pardon à offrir.
– Peut-être dans une foi fragile mais sincère.
– Peut-être dans une pauvreté assumée.

Charles Péguy écrivait : « Le chrétien est celui qui croit que Dieu a assez aimé le monde pour s’y faire enfant. »

Conclusion

Frères et sœurs, ce que nous célébrons aujourd’hui, ce n’est pas un souvenir attendrissant,
c’est une présence vivante. Aujourd’hui, Dieu choisit encore de naître là où on ne l’attend pas.

Alors, en quittant cette église, emportons cette certitude simple et bouleversante :  Si Dieu a osé devenir petit pour nous rejoindre, alors aucune de nos nuits n’est perdue, aucune de nos pauvretés n’est inutile,
aucune de nos vies n’est trop abîmée pour être sauvée.

Aujourd’hui vous est né un Sauveur. Aujourd’hui encore. Pour vous. Pour nous.

Homélie du P. Clément M.BONOU pour la Messe du Jour de Noël2025-12-26T12:29:26+01:00

IVe Dimanche de l’Avent

Frères et sœurs,
nous sommes au dernier pas avant Noël. Encore un souffle… et Dieu vient.
Non pas comme une idée, ni comme un souvenir, mais comme une présence.
Un nom résume tout ce que nous allons célébrer : Emmanuel – Dieu avec nous. Pas Dieu au-dessus de nous.
Pas Dieu loin de nous.  Dieu avec nous.

Et la Parole de ce jour nous apprend comment Dieu se rend proche, et avec qui Il choisit de collaborer.

  1. Un Dieu qui s’approche sans bruit

La première lecture d’Isaïe annonce un signe inattendu : « Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils, on l’appellera Emmanuel. »

Le signe de Dieu n’est ni un prodige éclatant, ni une démonstration de force.
C’est une naissance.
C’est une fragilité.
C’est un enfant confié à des mains humaines.

Un auteur spirituel écrit :« Dieu n’est pas venu supprimer nos fragilités ; Il est venu les habiter. »

À Noël, Dieu ne règle pas tous les problèmes du monde,mais Il vient les porter de l’intérieur.
Il n’enlève pas la nuit, Il y allume une lumière.

Combien de personnes, aujourd’hui, portent une vie compliquée :une maladie, un deuil, une décision lourde, une situation familiale tendue…Noël ne dit pas : “Tout ira bien”,mais il dit : “Tu ne seras jamais seul.”

  1. Un Dieu qui a un projet de vie… même quand tout vacille

Dans l’Évangile, nous découvrons saint Joseph.Un homme juste, discret, profondément humain.

Joseph avait un projet simple : aimer Marie, fonder un foyer, vivre fidèlement.
Et voilà que tout bascule.Il ne comprend pas.Il souffre.Il pourrait partir.

Et pourtant…au cœur de la nuit, Dieu lui parle en songe.

Saint Bernard disait :« Joseph a cru contre toute évidence, et c’est cela qui a fait de lui un juste. »

Joseph nous ressemble.
Nous aussi, nous avons parfois l’impression que la vie nous échappe. Que nos plans s’effondrent.
Que Dieu se tait.Mais l’Évangile nous dit aujourd’hui :
👉 Dieu travaille même quand nous ne comprenons pas encore.

Un témoignage vrai :Un père de famille confiait après une grave épreuve professionnelle :« J’ai compris après coup que ce qui me semblait un échec était en fait un détour par lequel Dieu me sauvait. »

Joseph n’a pas tout compris.Mais il a fait confiance.Et cette confiance a ouvert la porte au salut du monde.

  1. Un Dieu qui collabore avec l’homme

C’est peut-être la plus grande surprise de Noël :Dieu ne sauve pas le monde sans nous.

Il a besoin du oui de Marie.
Il a besoin de la fidélité silencieuse de Joseph.Il a besoin de mains pour porter l’enfant,
d’un toit pour l’abriter, d’un cœur pour l’aimer.

Le psaume nous le rappelait :« Qu’il entre, le Roi de gloire ! » Mais la porte, c’est nous qui l’ouvrons.

Une religieuse disait avec simplicité :« Dieu frappe doucement, car Il ne veut entrer que là où Il est désiré. »

Joseph se leva, prit chez lui Marie, et accueillit l’enfant. C’est ce geste simple qui a changé l’histoire.

Je voudrai finir avec un témoignage que vous connaissez peut être…C’est celui d’André Frossard :« Dieu existe. Je L’ai rencontré. »

André Frossard n’était pas seulement loin de Dieu : il était athée convaincu, matérialiste, indifférent à toute foi.Fils d’un dirigeant communiste, il se disait lui-même :« athée comme on respire ».

Rien, absolument rien, ne le disposait à croire. Un jour de 1935, à Paris, presque par hasard, il entre dans une petite chapelle — la chapelle des Filles de l’Adoration, simplement pour attendre un ami.

Il ne prie pas. Il ne cherche rien. Il n’attend rien. Et là, en quelques secondes, tout bascule.

Sans vision, sans voix, sans émotion excessive, mais avec une certitude absolue, écrasante, lumineuse,
il est saisi par la présence de Dieu.

Il dira plus tard, avec une sobriété bouleversante :« Je suis entré dans la chapelle athée.J’en suis sorti catholique.Dieu existe.Je L’ai rencontré. »

Et cette phrase, essentielle:« Ce n’est pas moi qui ai trouvé Dieu.C’est Dieu qui m’a trouvé. »

Pourquoi ce témoignage touche au cœur de Noël

Ce qui bouleverse chez André Frossard, ce n’est pas une quête religieuse intense,c’est la proximité inattendue de Dieu.

Dieu ne l’attendait pas au bout d’un raisonnement, mais dans une chapelle silencieuse.
Dieu ne s’est pas imposé,  Il s’est rendu présent.

Comme à Noël. Frossard découvrira que Dieu n’est pas une idée à défendre, mais une présence à accueillir.

Il écrira encore : « Dieu n’est pas lointain. Il est si proche qu’Il peut nous surprendre. »

Lien direct avec saint Joseph et l’Évangile du jour

Joseph, lui aussi, n’a pas compris d’abord. Mais Dieu s’est rendu proche, dans la nuit, dans le silence, dans un songe.

Comme Frossard, Joseph n’a pas tout expliqué,  il a accueilli.

Et c’est ainsi que Dieu a pu entrer dans l’histoire.

« Dieu ne s’impose pas. Mais Il se rend proche.Et quand on Lui ouvre, plus rien n’est jamais comme avant. »

Conclusion – À l’approche de Noël

Frères et sœurs, à quelques jours de Noël, la question n’est pas : “Tout est-il prêt ?”
mais :  Y a-t-il une place pour Dieu dans ma vie aujourd’hui ?

  • Dans mes doutes : Emmanuel
  • Dans mes combats : Emmanuel
  • Dans mes décisions à prendre : Emmanuel

Comme Joseph, osons faire confiance, même quand le chemin n’est pas clair.

Et laissons naître en nous, non pas un Dieu lointain, mais un Dieu proche, un Dieu avec nous, un Dieu pour nous. « Dieu vient… mais seulement là où on Lui ouvre. » Amen.

IVe Dimanche de l’Avent2025-12-21T18:17:50+01:00

3e Dimanche de l’ Avent – GAUDETE

3e DIMANCHE DE L’AVENT GAUDETE

« Réjouissez-vous : le Seigneur est proche ! »

 Pourquoi ce dimanche est différent

Frères et sœurs, ce dimanche n’est pas un dimanche comme les autres.

La liturgie fait une pause dans la sobriété de l’Avent.
Le violet s’éclaire, le rose apparaît. L’Église nous dit :« Arrête-toi un instant… relève la tête… réjouis-toi ! »

Le nom « Gaudete » provient du premier mot latin de l’introït de la messe de ce jour : « Gaudete in Domino semper: iterum dico, gaudete », qui se traduit par « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je le dis, réjouissez-vous » (Philippiens 4:4). Ce verset, tiré des paroles de saint Paul, résume l’esprit de cette journée : une invitation à la joie au coeur de l’attente.

Le Dimanche de Gaudete est célébré le troisième dimanche de l’Avent et marque un changement dans le ton de la saison liturgique. Alors que les deux premiers dimanches de l’Avent ont un caractère plus pénitentiel et préparatoire, ce dimanche offre un moment de répit, une occasion de se réjouir de la proximité de Noël.

⚠️ Attention : ce n’est pas la joie parce que tout va bien, mais la joie parce que le Seigneur est proche.

👉 La joie chrétienne n’est pas le but de l’Avent, elle en est déjà le fruit.

  1. REGARDER – La joie naît quand j’ouvre les yeux

Jean-Baptiste est en prison. Il doute. Il souffre. Il questionne Dieu.

« Es-tu celui qui doit venir ? »

Et Jésus ne répond pas par une théorie, mais par des signes concrets : « Les aveugles voient, les boiteux marchent… »

🔑 1ʳᵉ clé de la vraie joie chrétienne : SAVOIR REGARDER

La joie commence quand je cesse de regarder seulement ce qui va mal,
et que j’apprends à reconnaître ce que Dieu fait déjà.

Isaïe l’avait annoncé :« Le désert fleurira. »

Une personne gravement éprouvée disait :« Rien n’a changé autour de moi,mais quelque chose a changé en moi :j’ai compris que Dieu ne m’avait pas abandonné.Et cette certitude est devenue ma joie. »

👉 La joie chrétienne n’est pas l’absence d’épreuve, mais la présence de Dieu dans l’épreuve.

🟡 Phrase à marteler : « La joie commence quand j’ouvre les yeux sur ce que Dieu fait déjà. »

  1. ATTENDRE – La joie grandit dans la patience

Saint Jacques nous ramène à la réalité : « Prenez patience… le Seigneur est proche. »

La joie se perd souvent dans l’impatience :

  • vouloir que tout change vite
  • vouloir des réponses immédiates
  • vouloir un Dieu à notre rythme

🔑 2ᵉ clé de la vraie joie chrétienne : FAIRE CONFIANCE AU TEMPS DE DIEU

Le paysan ne voit pas la graine pousser, mais il sait qu’elle pousse.

📌 Témoignage :Un homme disait après des années de prière infructueuse :« J’ai retrouvé la joie le jour où j’ai cessé d’exiger
et où j’ai commencé à faire confiance. »

👉 La joie ne vient pas quand tout est résolu, mais quand je remets ma vie entre les mains de Dieu.

🟠  « La joie grandit quand je fais confiance au rythme de Dieu. »

  1. CHOISIR – La joie est un acte de foi

Jésus conclut par une phrase forte : « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi. »

Autrement dit : 👉 heureux celui qui continue à croire, même quand Dieu ne correspond pas à ses attentes.

🔑 3ᵉ clé de la vraie joie chrétienne : LA JOIE EST UN CHOIX

La joie chrétienne n’est pas une émotion passagère, c’est une décision intérieure.

📌 Témoignage des saints

Sainte Thérèse de Lisieux, dans la souffrance, écrivait : « Tout est grâce. »

Saint Paul affirme : « Réjouissez-vous dans le Seigneur en toute circonstance. »

👉 Ma joie ne dépend pas de ce que je vis, mais de Celui en qui je crois.

🟢 Phrase finale à faire résonner : « La vraie joie est une foi qui tient bon. »

Conclusion – Les implications concrètes

Frères et sœurs, le dimanche Gaudete nous confie une mission :

👉 Ne pas garder la joie pour soi
👉 La laisser éclairer nos familles, nos communautés, notre monde

Applications Pratiques du Dimanche de Gaudete

  1. Cultiver la Gratitude : Prenez un moment pour réfléchir aux bénédictions dans votre vie. La gratitude est une porte vers la véritable joie. Faites une liste des choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant et offrez une prière d’action de grâce.
  2. Apporter de la Joie aux Autres : Partagez la joie de l’Avent avec ceux qui vous entourent. Cela peut passer par des gestes simples comme offrir un sourire, écouter quelqu’un qui a besoin de parler, ou faire preuve de générosité envers les plus démunis.
  3. Renforcer l’Espérance : Face aux défis, souvenez-vous des paroles de saint Paul : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. » Consacrez du temps à la prière et à la lecture des Écritures pour renouveler votre espérance en les promesses de Dieu.
  4. Préparer Votre Coeur : Profitez de ce moment pour examiner votre relation avec Dieu. Si possible, participez au sacrement de la Réconciliation. La joie d’un cœur réconcilié avec Dieu est un don spécial de l’Avent.
  5. Refléter la Lumière du Christ : Comme la bougie rose de la couronne de l’Avent, soyez un reflet de la lumière du Christ dans le monde. Dans votre foyer, votre communauté et votre lieu de travail, cherchez à être un témoignage vivant de la joie chrétienne.

Un Dernier Appel à la Joie

Le Dimanche de Gaudete est bien plus qu’un jour spécial dans le calendrier liturgique. C’est une invitation à vivre l’Avent avec un coeur rempli d’espérance et de joie. Il nous rappelle que, même dans l’attente, il y a des raisons de célébrer, car le Seigneur est proche.

En cette période de l’année, où les lumières et les décorations peuvent occulter le véritable sens de Noël, le Dimanche de Gaudete nous appelle à allumer la lumière intérieure de la foi et à la partager avec le monde. Que cette joie profonde nous accompagne non seulement pendant l’Avent, mais tout au long de notre vie chrétienne.

Prière:Seigneur Jésus,
donne-nous ta joie,
non pas celle qui dépend des circonstances,
mais celle qui naît de ta présence.
Fais de nous, en ce temps de l’Avent,
des témoins joyeux de ton Évangile. Amen.

3e Dimanche de l’ Avent – GAUDETE2025-12-20T15:57:36+01:00

Homélie du Père Justin, Solennité du Christ roi de l’univers, Année C, Lc 23,35-43

Chers frères et sœurs, l’Évangile nous dit que le peuple était là à regarder, le peuple qui une heure ou deux auparavant criait Crucifie-le, maintenant a commencé à se repentir et ne crie plus.

Il observe. Il ne s’agit pas de voyeurisme, mais d’apprentissage, le peuple recueille l’enseignement que le Seigneur lui donne, comme il l’a toujours fait, ou plutôt l’enseignement que cette scène lui donne dans son ensemble.

Tous sont tournés vers le Seigneur et tous parlent du salut, les uns en raillant les autres non, mais tous parlent du salut. Là nous voyons que notre Seigneur est vraiment le roi de l’univers, le roi par excellence, tous regardent vers lui et attendent de lui le salut.

Traditionnellement, on attend d’un roi qu’il nous apporte la justice et la paix : de Jésus on n’attend rien de moins que le salut. Et le Seigneur dit au bon larron Aujourd’hui tu seras avec moi au paradis…

Au temps où Jésus enseigne et où l’Évangile a été composé, dans l’Antiquité, on pense que les morts séjournent sous terre. Et beaucoup de peuples antiques, notamment les Grecs – et l’Évangile de Luc est adressé plus particulièrement à des personnes de culture grecque – pensent que dans un endroit reculé du séjour des morts se trouvent aussi le séjour des bienheureux.

Nous, nous nous représentons le paradis au ciel, ce qui est juste théologiquement, puisque le paradis cela signifie être avec Dieu. Mais au temps de l’Évangile la théologie chrétienne n’est pas encore développée et le peuple qui reçoit cette annonce pense à un paradis qui se trouve sous terre…

La question qui se pose pour les peuples de l’Antiquité c’est : comment traverser le royaume des morts pour rejoindre le séjour des bienheureux ? Et la réponse leur était donnée par des mystères, les plus connus sont les mystères d’Éleusis, c’est-à-dire à travers une initiation assez compliquée.

D’abord il faut rappeler que c’était inimaginable qu’un criminel entre dans le séjour des bienheureux, mais dans tous les cas il fallait une initiation pour y entrer.

Pour être initié il fallait voir différents tableaux comme au théâtre à travers lesquels on découvrait comment traverser le séjour des morts, comment éviter les pièges, il y avait des monstres surnaturels auxquels on échappait grâce à des formules secrètes, on y apprenait qu’il y avait des divinités dont il fallait connaitre les noms secrets pour pouvoir passer etc…

Donc c’était surtout très compliqué et réservé à des initiés. Avec le Seigneur c’est entièrement différent, il ne s’agit pas d’initiation secrète, ni de parcours compliqué avec des pièges, de formules secrètes… C’est dans le dialogue du Seigneur avec le bon larron que le peuple en observant apprend comment entrer dans le Royaume de Dieu.

D’abord le bon larron dit à son compagnon Tu ne crains pas le Seigneur !

La première chose c’est craindre le Seigneur, reconnaitre que Dieu est l’unique, le Très-Haut, que lui seul a créé toute chose, qu’il est le seul saint, le seul à être vraiment juste, le seul bon, le seul à qui il faut toujours chercher à plaire.

Ensuite le bon larron dit à son compagnon Pour nous c’est juste si nous sommes punis… Donc il reconnait qu’il est pécheur, qu’il a fauté, c’est la deuxième chose.

Et puis il dit à Jésus Souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume… Il lui demande la grâce d’entrer dans son royaume, il la demande à Jésus comme un don gratuit, il ne considère pas qu’il mérite d’y entrer.

C’est seulement trois choses simples dans leur principe, ce sont trois choses seulement et en même temps elles n’en forment qu’une : c’est par l’humilité que nous entrons dans le paradis.

Reconnaitre Dieu, nous reconnaitre pécheurs, demander à Jésus la grâce d’entrer dans le royaume : avoir cette humilité. Cet Évangile est plein d’espérance, le royaume est accessible à tous, c’est même un criminel qui y entre le premier !

Et puis c’est un Évangile plein d’espérance aussi pour un autre motif.

Parce que le contexte des mystères pour connaitre le chemin qui mène au séjour des bienheureux est très important. Pensez-y, du moment que le contexte de l’Évangile est celui des mystères qui nous révèlent ce qui se passe après la mort et comment aller jusqu’au séjour des bienheureux, cela signifie que cet enseignement de l’Évangile vaut pour notre vie mais aussi et surtout pour notre mort.

Cela signifie qu’une fois que nous sommes morts, nous pouvons encore faire ce qui nous a été enseigné : reconnaitre Dieu, nous reconnaitre pécheurs et demander humblement à Jésus de nous donner la grâce d’entrer dans son Royaume. Le Seigneur nous donne et nous redonne la chance d’être accueilli dans son royaume !

Cette page de l’Évangile est pleine d’espérance, cependant elle contient aussi quelque chose d’inquiétant.

Tous ils regardent vers Jésus, tous parlent du salut, il n’y a rien qui les séparent du salut si ce n’est une seule chose qui est l’orgueil : l’orgueil suffit à boucher complètement le passage, à nous rendre entièrement sourds et aveugles à la Grâce.

Qu’est-ce que le larron malveillant a à perdre en acceptant le salut qui vient de Jésus ? et pourtant il est seulement occupé à l’insulter.

Mais c’est tout de même l’espoir qui l’emporte, les chefs après l’avoir raillé ont pu se convertir, comme les soldats. Nous savons par la tradition qu’un soldat s’est converti, celui qui a transpercé le côté de Jésus, un soldat du nom de Longius – nous trouvons sa statue dans la Basilique Saint-Pierre de Rome.

L’Évangile de Jean nous dit Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé, ils regarderont vers – littéralement cela signifie : Ils se convertiront. Nous gardons l’espoir que la grâce de la conversion soit accueillie par chacun, nous prions le Christ roi de l’univers pour cela.

Comme nous dans notre jeunesse nous avons pu nous moquer du Seigneur ou de ses disciples, et le Seigneur nous a donné la grâce de le connaitre personnellement et de nous reconnaitre pécheurs. Demandons cette grâce pour chacun, pour toute la famille humaine, pour notre monde qui est tellement en quête de salut…

Homélie du Père Justin, Solennité du Christ roi de l’univers, Année C, Lc 23,35-432025-11-23T19:41:40+01:00

Homélie du Père Justin, XXVIII Dimanche du TO, Année C, Lc 17,11-19

Chers frères et sœurs, l’Évangile que nous avons proclamé est assez révélateur, il est un peu comme un test. Dans le sens où nous avons une tendance en nous qui n’est pas très consciente et que cet Evangile révèle.

Il s’agit d’une tendance à voir Dieu comme quelqu’un qui est occupé à nous récompenser ou à nous punir, à nous faire des reproches, qui nous attend au tournant, un peu comme un père fouettard – en exagérant.

Et ce qui va avec cette première tendance, c’est notre tendance à penser que nous méritons les dons que nous recevons, que certains d’entre nous ont des mérites et d’autres pas ou que certains sont préférés par rapport à d’autres…

C’est le ressort de beaucoup de situations et de récits dans l’Ancien Testament, et cet Évangile nous prend un peu sur le fait de penser de cette manière.

Le Seigneur nous fait remarquer qu’un seulement sur les dix lépreux est revenu en glorifiant et louant Dieu et nous, nous nous prenons à penser que le Seigneur fait son éloge tandis qu’il ferait des reproches aux neuf autres…

En réalité le Samaritain n’est pas tenu d’obéir à la loi, tandis qu’elle oblige les neuf autres à aller se montrer aux prêtres et Jésus lui-même leur commande d’y aller.

Il est vrai qu’ils pourraient tous faire demi-tour, remercier Jésus et repartir – mais en fait il ne s’agit pas de cela…

Tout d’abord il faut rappeler que le Seigneur est le Fils éternel de Dieu, il est le Fils de toute éternité, de toute éternité il reçoit tout du Père et il le loue, le glorifie et le remercie. Et dans sa vie terrestre de même il a passé son temps à contempler et louer Dieu et son œuvre dans la Création et dans les évènements de chaque jour.

Vous vous souvenez des paroles de Jésus dans l’Évangile : Je te loue Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux intelligents et aux habiles et tu les as révélées aux tout-petits… C’est ce que fait le Seigneur continûment, il loue le Père – et c’est présentement ce qu’il fait maintenant et partage avec nous, la louange, l’émerveillement devant le don du Père.

Quand il nous dit qu’un seul est revenu louer et glorifier Dieu à la différence des neuf autres, il attire notre attention sur le fait qu’un seul sur les dix a reçu le don de la foi.

Il lui dit Ta foi t’a sauvé, c’est-à-dire Tu as reçu le don de la foi qui seul peut sauver, réaliser pleinement votre nature, réaliser ce pour quoi vous êtes faits et que seul Dieu peut vous donner.

Le don de la foi c’est le don d’une relation personnelle avec Dieu, d’une relation de personne à personne qui existe normalement seulement dans la Trinité, entre le Père et le Fils éternels.

Et cette relation il nous est donné à nous de l’avoir, c’est le don de la foi, d’une relation où comme Jésus nous sommes appelés à glorifier et à louer Dieu avant toute chose.

C’est ce que Jésus souligne dans cet Évangile, il nous dit Regardez le don de Dieu, sur les dix un seul a reçu ce don, c’est un don extraordinaire qu’il ne faut pas banaliser, et qui est reçu par cet homme qui se met à son tour à louer Dieu.

C’est tout, le Seigneur nous entraine à la louange à notre tour…

De même dans cette assemblée, si vous êtes venus aujourd’hui c’est parce que vous avez reçu le don de la foi, tandis que votre voisin de palier ou dans votre rue ne l’a pas reçu.

Il n’y a pas de mérite à cela, c’est un don gratuit, mais c’est un don qu’il faut recevoir et là il peut y avoir une différence. Le don il faut vraiment le recevoir, c’est notre rôle, c’est la part que nous avons à jouer.

Si le Seigneur nous bénit, est-ce que nous recevons pleinement cette bénédiction si nous ne bénissons pas à notre tour, est-ce que nous nous la recevons vraiment ? Si Dieu nous pardonne est-ce que nous recevons vraiment son pardon si nous ne pardonnons pas nous-mêmes ?

Il faut vraiment recevoir les dons de Dieux, il n’est pas suffisant qu’il nous les donne.

Si le Seigneur nous donne la foi, le don d’une relation filiale, personnelle avec lui, est-ce que nous le recevons vraiment, à tous les effets, si nous pensons que le Seigneur récompense nos mérites et blâme ceux qui n’ont pas reçu le même don ?

Si nous voulons vraiment recevoir le don de Dieu, alors le Seigneur nous enseigne à nous émerveiller, à louer Dieu à notre tour, à le glorifier et à le remercier.

Glorifions Dieu, remercions-le pour le don qu’il nous a fait, sans nous en attribuer le mérite ni le retirer à qui que ce soit, ainsi nous rendrons témoignage de qui il est véritablement et de ce qu’est vraiment la relation avec Lui.

Homélie du Père Justin, XXVIII Dimanche du TO, Année C, Lc 17,11-192025-10-12T22:06:30+02:00

Homélie du Père Clément du XXVIe dimanche du TO, année C (2025)

Thème : « Ouvrir les yeux et le cœur : écouter le cri de Lazare »

Quand on vit comme si l’autre n’existait pas

Frères et sœurs,
L’Évangile d’aujourd’hui nous raconte une histoire simple, mais qui bouscule : un riche festoie chaque jour, habillé de pourpre et de lin fin… et à sa porte, un pauvre nommé Lazare, couvert d’ulcères, affamé. Le drame ? Le riche ne le voit pas. Il ne voit que lui-même.

Cela me rappelle une phrase de Saint Jean-Paul II :« Le drame de notre temps, ce n’est pas que l’homme ne sache plus qui est Dieu, mais qu’il ne sache plus qui est son frère. »

  1. Les prophètes déjà avertissaient : attention au confort qui endort le cœur

Amos, dans la première lecture, secoue les riches d’Israël :« Couchés sur des lits d’ivoire… mais ils ne s’attristent pas du désastre de Joseph ! »

Frères et sœurs, ne vivons-nous pas souvent ainsi ?

  • On a tout : confort, sécurité, loisirs…
  • Mais le malheur des autres ne nous touche plus.

Je pense à cette fois où un enfant de rue à Cotonou me dit : « Père, les gens passent près de moi… j’ai l’impression d’être invisible. » Quelle phrase terrible ! Se sentir invisible. C’était Lazare qui parlait.

  1. Le message de Jésus : le problème n’est pas la richesse, mais l’indifférence

Jésus ne condamne pas le riche parce qu’il est riche, mais parce qu’il n’a pas vu Lazare.
Et quand la mort arrive, tout change :

  • Lazare est accueilli par Abraham.
  • Le riche se retrouve seul, assoiffé, trop tard pour aimer.

Saint Augustin le dit fort bien :« Le riche n’a pas reconnu Lazare. Mais Dieu, lui, l’a reconnu. »

Un témoignage : à Calcutta, une sœur de Mère Teresa ramassa un mourant couvert de plaies. Il murmura : « J’ai vécu comme un chien, mais je meurs comme un homme aimé. » Une main tendue peut changer une éternité.

III. Pour nous : écouter la Parole, agir aujourd’hui

Abraham répond au riche :« Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! »

Nous aussi, nous avons l’Évangile. Pas besoin d’attendre un signe extraordinaire pour aimer.

  • Les Lazare d’aujourd’hui sont les migrants, les pauvres, les malades, mais aussi les personnes seules, les jeunes en perte de sens.
  • Nous les croisons peut-être tous les jours.

Saint Mère Teresa disait :« Le plus grand malheur n’est pas de mourir de faim, mais de se sentir inutile, rejeté, oublié. »

  1. Trois pas concrets pour la semaine
  1. Regarder : Identifier un Lazare autour de moi. Qui est invisible pour moi ?
  2. Ecouter : Prendre un temps de silence devant Dieu pour accueillir son appel.
  3. Agir : Poser un geste concret, même petit : une visite, un sourire, une aide matérielle…

Souvenons-nous : la charité commence là où l’indifférence s’arrête.

Conclusion : vivre pour l’éternité

Frères et sœurs, le riche a tout perdu parce qu’il n’a pas aimé. Lazare a tout gagné parce qu’il a tout offert, même sa misère.

Saint Paul nous encourage :« Garde le commandement sans faute, jusqu’à la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. » (1Tm 6,14)

Alors aujourd’hui, demandons au Seigneur :

  • Ouvre mes yeux pour voir les Lazare qui m’entourent.
  • Ouvre mes mains pour partager.
  • Ouvre mon cœur pour aimer comme toi.

Prière finale

Seigneur Jésus,
Apprends-nous à voir, à écouter et à aimer.
Ne permets pas que nous passions à côté des Lazare de notre vie.
Fais de nous des témoins de ta tendresse,
pour qu’au soir de notre vie,
nous soyons reconnus comme tes amis
et accueillis dans ta maison éternelle.
Amen.

 

Homélie du Père Clément du XXVIe dimanche du TO, année C (2025)2025-09-30T09:31:32+02:00

Homélie du Père Justin, XXV dimanche du TO, année C, Lc 16,1-13

Chers frères et sœurs, dans l’Évangile que nous avons proclamé le Seigneur nous enseigne le sens et la valeur des richesses.

Les richesses servent avant tout à nous mettre en relation les uns avec les autres. Et surtout elles servent dans ces relations à nous apercevoir que nous sommes égaux, que nous sommes semblables.

Nous nous apercevons de la façon la plus concrète, la plus incontournable, que nous sommes les mêmes. Nous avons les mêmes nécessités, les mêmes désirs dans une très large mesure, et aussi de ce fait les mêmes peurs, les mêmes inquiétudes.

Quand cet économe s’aperçoit qu’il va perdre sa gérance et qu’il va se retrouver sans ressources il a peur. Il a peur de la même peur que nous avons tous, nous retrouver à faire un travail qui soit au-delà de nos forces, ou bien nous retrouver à devoir mendier pour survivre.

Et en même temps qu’il s’aperçoit de sa propre détresse, il s’aperçoit aussi que les débiteurs de son maître sont dans la même détresse que lui. Eux aussi ils sont menacés de ruine, s’ils ne peuvent pas payer leurs dettes on va leur prélever leurs biens les plus essentiels, leur maison ou leur champ. Il s’aperçoit de sa communauté de nature et de sort avec eux.

Les richesses sont là pour cela, pour nous mettre en relation les uns avec les autres, nous découvrir semblables, nous rapprocher.

Même le patron de cet homme qui jusque-là le voyait comme un serviteur, une personne distante de lui, très différente, à présent s’aperçoit lui aussi qu’ils sont pareils. Dans l’Antiquité il y avait peu de protection légale pour les biens donc on se protégeait avec un réseau de clientèle c’est-à-dire des sortes d’obligés avec qui on échangeait des faveurs et qui nous protégeaient. C’est ce que l’économe fait aussi à présent, il échange des faveurs contre des faveurs pour assurer sa position et son avenir – alors le patron se reconnait en lui.

Ce n’est pas la question de savoir si c’est bien moralement, mais ce que dit la parabole c’est que les richesses nous permettent d’entrer en relation et nous reconnaitre semblables les uns aux autres…

Chers frères et sœurs dans cet Évangile le Seigneur nous enseigne à ne pas mépriser les richesses de ce monde. Les richesses sont bonnes profondément et ont une influence positive sur nous. Ce ne sont pas les richesses qui sont mauvaises en elles-mêmes mais comment nous les regardons et ce que nous en faisons.

Les richesses sont bonnes en elles-mêmes et elles sont même une préfiguration des biens du monde futur. D’une façon mystérieuse mais réelle les biens de ce monde préfigurent les biens du monde à venir. Je ne sais pas vous dire quels sont les biens du monde futur, mais je sais dans l’Évangile et dans le Seigneur que le Seigneur ne détruit rien, il ne détruit pas le monde présent pour construire le monde futur. Il recrée, il transforme et transfigure, mais ne détruit rien.

Les biens de ce monde préfigurent le monde futur à plus forte raison si nous les partageons. Quand nous partageons les biens de ce monde nous réalisons une ébauche du royaume de notre Seigneur.

Le Seigneur insiste pour nous enseigner à ne pas mépriser les biens de ce monde – c’est la conclusion de son enseignement. Ce n’est pas normal du tout de haïr les richesses de ce monde, c’est le signe d’un désordre très grave. Il dit que ceux qui ont deux maitres, Dieu et l’argent, aiment l’un et haïssent l’autre – c’est très surprenant, on s’attendrait à ce qu’il dise qu’ils aiment les deux et sont divisés… Non il dit quelque chose de plus fort et de plus profond, ils ont deux maitres, antagonistes, donc il y a une si forte contradiction en eux qu’ils vont résoudre le problème en aimant l’un et en haïssant l’autre.

Par exemple un religieux – je prends l’exemple d’un religieux parce que c’est plus frappant – il se promène pieds nus, il refuse de se chauffer l’hiver, il ne prend pas de médicaments quand il est malade – il aime Dieu et il déteste les richesses… Et puis vous le retrouvez 10 ans après en possession de plusieurs comptes en banque cachés à droite à gauche. Est-ce que quelque chose a changé dans sa vie, dans son cœur ? pas véritablement, il a toujours été profondément divisé et désordonné dans ses affections.

Vous connaissez peut-être la parole de saint François quand il dit Mon Dieu et mon tout, il appelle Dieu son tout, tout ce qu’il possède.

Cela ne signifie pas que saint François dit à Dieu Tu me suffis et je méprise tout le reste – parce qu’alors saint François serait devenu un être asocial et violent. Cela signifie au contraire qu’il aime tout en Dieu, qu’il reconnait le don de Dieu dans chaque bien, dans chaque richesse, qu’il aime Dieu bien entendu au-delà de tout, tout comme aussi il aime chaque chose sans exception en Dieu.

Le Seigneur aime le monde et l’embrasse – il suffit de regarder sa croix – il l’embrasse pour le sauver. Il nous enseigne nous aussi à aimer le monde, à l’embrasser, à lui porter l’amour qui vient de Dieu, la justice, la paix, la miséricorde dont il a tant besoin pour exister et se réaliser.

Homélie du Père Justin, XXV dimanche du TO, année C, Lc 16,1-132025-09-21T17:15:53+02:00

Homélie du Père Justin, XXIII dimanche du TO, Année C, Lc 14,25-33

Chers frères et sœurs, comme il est difficile pour notre Seigneur d’annoncer son Royaume – je ne dis pas pour nous les prêtres ou pour vous, ça n’est pas de cela que je parle. Mais vraiment comme c’est difficile pour notre Seigneur lui-même d’annoncer son Royaume au milieu de nous. C’est un Royaume qui commence à croître dans ce monde-ci et qui sera parfait et accompli seulement dans le monde futur.

L’Évangile que nous avons proclamé aujourd’hui est la suite de l’Évangile de dimanche dernier, ou à peu près parce qu’il y a une parabole que nous n’avons pas proclamée. Entre l’Évangile de dimanche dernier et ce dimanche aujourd’hui il y a une parabole que nous n’avons pas entendue, qui a été « coupée ».

C’est une parabole un peut difficile, déroutante, où un roi force les gens de toute condition à venir et remplir la salle de noces, avec même une certaine violence…

Vous en souvenez la semaine dernière le Seigneur était invité parmi des notables et il observait qu’ils recherchaient les meilleures places. Le Seigneur leur dit à chacun Ne te préoccupe pas des honneurs qui te sont rendus, laisse les autres y penser pour toi – déjà que ça n’a pas beaucoup de sens que de s’honorer soi-même mais surtout les autres y penseront mieux que toi à t’honorer.

Et puis il ajoute Quand tu invites chez toi à dîner, invite des pauvres, des infirmes, des malheureux, parce qu’ils ne pourront pas te le rendre, et c’est ton Père qui est au Ciel que te le rendra. Toi et tes calculs tout ça laisse-le de côté et laisse-Lui le soin de te récompenser.

Et là-dessus il y a un convive qui lui dit, littéralement Bienheureux quiconque entrera dans le Royaume de Dieu…

Cette réflexion ne plait pas du tout à Jésus et l’inquiète, elle lui fait découvrir comme un pan de l’avenir. Ce ne sont pas des anonymes qui entrent dans le Royaume de Dieu, mais à chaque fois une personne, connue du Seigneur, aimée infiniment. On entre dans le Royaume de Dieu par une relation d’amitié avec le Seigneur et même d’amour – on n’est jamais un anonyme, un « quiconque » un « qui que ce soit ».

Certes dans son Royaume nous serons des milliards, des milliards de milliards, nous avons même le droit de l’espérer et nous devons l’espérer, tous peut-être nous nous retrouverons dans le Royaume de Dieu et l’Enfer sera vide – mais dans tous les cas c’est une personne à chaque fois connue par le Seigneur par son nom qui entre dans Son Royaume.

Quand le Seigneur nous dit Faites entrer les pauvres, les malades, certains comprennent que ce sont des anonymes, parce qu’ils voient les pauvres comme des personnes sans nom, sans titres, sans identité.

Le Seigneur donne cette parabole pour dire Le Royaume de Dieu se développe en ce monde, et dans son principe il est beau et saint, mais en même temps il s’accompagne de dérives, il se développe avec nos défauts, nos faiblesses, nos erreurs d’interprétation, parfois notre violence – comme ce roi qui croit bien faire en forçant les invités à pénétrer dans la salle des noces parce qu’il ne voit en eux que des anonymes.

Combien de personnes dans l’histoire l’Église ont commis, ou commettent cette erreur, cherchent à faire du remplissage, à faire du chiffre, à sauver des masses, ou soi-disant à les sauver ?

Ces derniers jours nous avons fêté la mémoire liturgique de Mère Teresa de Calcutta. Elle a été canonisée il y a peu d’années. Vous connaissez tous sa vie. Elle est allée en Inde et est venue en aide à des personnes, notamment à des agonisants, qui étaient abandonnés de tous, des particuliers comme des autorités.

Elle leur a donné un toit, elle les a lavés, elle les a nourris, elle leur a donné les soins médicaux élémentaires… Elle a fait véritablement une grande oeuvre et une oeuvre de charité. Mais il semble bien, je dis bien il semble et je ne le dis pas pour la critiquer durement, mais il semble qu’elle ne se soit pas intéressée à la personne elle-même, à connaitre son nom, à parler avec elle pour savoir ce qu’elle aime, ce qu’elle pense, ce qu’elle désire, quelle est son histoire…

Le Royaume de Dieu commence à croître véritablement dans ce monde et en même temps il s’accompagne de nos faiblesses, de nos limites.

A chaque fois que vous voyez de la violence dans une parabole de Jésus vous pouvez vous demander s’il n’est pas en train d’annoncer son Royaume tout en avertissant qu’il y aura des dérives qui vont l’accompagner. Son Royaume commence à grandir dans ce monde avec tout ce que cela implique. Alors vous voyez ce n’est pas simple pour notre Seigneur d’annoncer son Royaume…

Et finalement nous arrivons à l’Évangile d’aujourd’hui – à mon avis ce long préambule était nécessaire. Et là vous voyez ce qui se passe dans l’Évangile d’aujourd’hui, le Seigneur se tourne vers les foules, vers chacun d’entre nous et il met les points sur les i.

Le Seigneur s’exprime avant et après avec des paraboles, et il continuera à le faire – mais là il s’arrête de parler en parabole et nous parle d’une façon directe. Et il nous dit en face Celui qui ne me préfère pas à son père, à sa mère, à sa femme, à ses enfants, à ses frères et sœurs ne peut pas être mon disciple.

Le Seigneur nous dit que pour être son disciple il faut le préférer à tout ce que nous aimons, le préférer à la prunelle de nos yeux, le préférer à nos enfants. C’est-à-dire que par exemple il y aura des persécutions, on menacera votre famille, et à ce moment-là est-ce que vous renierez le Seigneur ? le Seigneur dit Non, si vous êtes mes disciples, quelle que soit la persécution, quelle que soit la menace vous ne me renierez pas.

Mais pas seulement cela, il y a des personnes qui mettent l’Église au service de leurs intérêts personnels, et certes ce n’est pas la même chose qu’aimer par exemple nos enfants plus que le Seigneur et instrumentaliser l’Église pour qu’elle serve nos intérêts – mais où est la frontière, quand est-ce qu’on passe de l’un à l’autre ?

Donc le Seigneur nous dit Voilà mon Royaume commence à grandir parmi vous et il s’accompagne de dérives parfois, parce que vous êtes faibles, mais ce Royaume pour le faire croître il faut le purifier de ses dérives et toutes elles commencent parce qu’on préfère notre propre vie au Seigneur.

Et puis il nous demande de porter notre Croix chaque jour. La Croix c’est la honte, on peut mourir physiquement mais on peut aussi s’en prendre à notre vie sociale, nous faire mourir socialement – c’est cela la Croix principalement, la mort sociale. En tant que disciples nous serons calomniés, nous subirons l’injustice, nos gestes et nos paroles serons déformés – il faudra que nous ayons le cœur bien accroché pour demeurer fidèles au Christ !

Chers frères et sœurs, si nous suivons le Seigneur c’est parce que nous avons compris, parce que nous savons que nous sommes infiniment précieux à ses yeux, et que tous les sacrifices que nous accomplissons nous les déposons dans les mains du Seigneur où les choses et les êtres que nous aimons le plus sont infiniment mieux protégés que tout ce que nous pourrions faire par nous-mêmes. Tour ce que nous aimons il nous le rendra au centuple, déjà sur cette Terre et dans la Vie future définitivement.

Confions-nous au Seigneur et suivons-le en lui donnant généreusement toute notre vie – alors nous serons les annonciateurs de son Royaume.

Le Seigneur avec ses paroles nous donne la liberté intérieure. Nous pourrions dire Mais l’humilité est le plus important, c’est plus que la liberté… Mais justement le Pape Léon dans l’angélus de dimanche dernier nous l’a enseigné : l’humilité c’est la liberté envers soi-même, savoir se priver d’un bien personnel en regardant plus loin vers le Seigneur et la voie où il nous a précédé et nous attend, c’est cela la liberté.

Je vous invite à lire et à méditer, en plus de l’Évangile les catéchèses et les interventions du Saint Père qui sont très profondes et très belles, dans les Audiences générales et dans les angélus notamment – pour bien commencer et continuer cette nouvelle année pastorale !

Homélie du Père Justin, XXIII dimanche du TO, Année C, Lc 14,25-332025-09-07T18:20:46+02:00

Homélie du Père Joseph du XXIIe dimanche du TO

Mes chers frères et sœurs, chers paroissiens et chers amis !

Ca y est ! Pour vous et pour moi-même, c’est une nouvelle étape ! Le Seigneur veut l’écrire pour nous avec nous. Il est bien l’auteur de tout ce que nous faisons même si parfois nous nous comportons comme ces invités qui pensent que les premières places leur reviennent. Vivre les événements dans la foi, c’est apprendre chaque jour que c’est au Seigneur que revient la première place. C’est donc naturellement à lui que va notre action de grâce, notre gratitude et notre louange car il est Bon pour nous. Rendons toute grâce au Seigneur pour ses bienfaits envers nous, en particulier, pour ce qu’il a fait pour nous et à travers nous depuis ces 6 années où j’ai eu la grande joie d’être votre curé.

Contemplons le Seigneur à l’œuvre en nous et parmi nous, en nous appuyant sur sa parole. « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.  Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place ».

Nous sommes tous, consciemment ou inconsciemment, victimes de cette logique, de cette manière d’être et de faire qui nous stresse et nous angoisse au quotidien,  qui nous pousse à viser toujours plus haut, faire des conquêtes, rassembler et amasser les trophées et des médailles, être toujours plus performants, meilleurs compétiteurs, même s’il faut pour cela écraser les autres pour conquérir ces premières places dans la société, au niveau scolaire avec les concours, dans le sport, au travail, la vie de couple, en famille.

Mais il s’agit de la logique du monde. Et comme nous le savons, dans l’Eglise, nous ne sommes pas vaccinés contre cette logique des premières places qui nous empêche de regarder le Seigneur parce que nous passons tout notre temps à nous contempler de manière narcissique et à nous battre pour des places qui nous reviennent plus ou moins, à tort ou à raison. L’évangile de ce dimanche nous invite à évaluer avec justesse la réelle place qui nous revient ?

Cette question de place revient très souvent dans les évangiles. A la veille de sa mort en croix, Jésus disait aux disciples : « Je pars vous préparer une place afin que là où je suis, vous soyez aussi ! Dans la maison de maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures, sinon vous aurais-je je pars vous préparer une place ! »  Dans un autre passage, Jésus rassure les disciples, les invitant à la joie parce que leurs noms sont inscrits au ciel. Parlant de sa venue, il appelle les justes à recevoir en héritage le royaume préparé pour eux depuis la fondation du monde !

C’est cela que nous devons viser et rechercher en premier. Chacun de nous a la place qui lui revient dans le coeur de Dieu. Personne ne peut se substituer à moi, à toi parce que nous sommes chacun unique aux yeux de Dieu et chacun a une place unique la grande histoire de l’humanité. Personne ne prendra la place qui me revient au ciel, notre mission dans l’Eglise étant celle de travailler, de prier, de tout mettre en œuvre de telle sorte que chacun puisse occuper la place préparée pour lui. C’est cela le salut, la vie éternelle qui est le but ultime et la finalité de notre vie.

En attendant, pendant que nous sommes encore pèlerins ici-bas tout l’enjeu est alors de discerner et prendre la place qui nous revient, celle que le Seigneur nous donne et qui est la nôtre dans l’Eglise et dans le monde. Cet exercice n’est pas facile et nécessite l’aide du saint Esprit. Pas de besoin de nous battre pour cela ! Pas besoin de rivalité entre nous ! C’est pourtant une tentation naturellement humaine, une réalité bien présente dans nos cœurs. Nous sommes marqués plus ou moins par l’un des 7 péchés capitaux qui s’appelle l’orgueil par lequel le Malin cherche à nous couper de Dieu Créateur, source de tout bien et de toute vie, et à vouloir prendre sa place, comme on peut le voir à notre époque où l’humain veut remplacer Dieu, et où tous les coups sont permis pour occuper les meilleures et premières places, même s’il faut pour cela faire du mal et écraser les autres.

Alors, en cette messe d’action de grâce, nous sommes invités à nous regarder personnellement, mutuellement et surtout de regarder l’œuvre de Dieu avec humilité. Le curé d’Ars disait en effet que l’humilité est la plus grande des vertus. C’est l’humilité que le Christ nous apprend à travers le mystère son incarnation. De nature divine, il s’est humblement et par amour fait l’un de nous en prenant place parmi nous afin qu’un jour nous prenions notre place au sein de la communion trinitaire.

L’humilité est aussi la vertu que saint Paul nous appelle à vivre dans nos relations ecclésiales : « Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres. » (Phil 2, 3-4). Lors de la première eucharistie dont nous faisons mémoire chaque jour, Christ nous laissé un témoignage d’humilité dans le geste du lavement des pieds le jeudi saint : « Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 12-15). La mort en croix, à la place des pécheurs que nous sommes est le geste d’amour et d’humilité par excellence révélé par le Christ crucifié.

C’est donc avec humilité et plein de reconnaissance envers Dieu et envers vous que je regarde ces 6 années où j’ai essayé d’être au service, en prenant pleinement la place qui me revenait parmi vous comme votre pasteur. Cette mission, je n’ai pu la remplir que grâce à vous, grâce à chacun de vous qui, je le répète encore, êtes la plus grande richesse de l’Eglise. Une communauté sans les fidèles n’existe pas ! Les pasteurs que nous sommes sont au service de la croissance humaine et spirituelle du corps ecclésiale en chacun de ses membres, tous importants, chacun tenant la place qui lui revient dans l’Eglise.

L’une de mes priorités pastorales ces 6 années passées avec vous était de permettre que chacun prenne pleinement sa place au sein de notre communauté ! Dès ma messe d’installation dans cette belle salle du Phare (pour laquelle je remercie monsieur le Maire de Tournefeuille, son conseil et tout le personnel qui nous accompagne avec générosité), en présence de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse à l’époque, je vous l’avais demandé, appelant chacun à prendre sa place au sein de la communauté et à travailler ensemble. Je ne pense pas y avoir toujours réussi, mais j’ai fait de mon mieux, et avec générosité !

J’ai essayé d’aller à votre rencontre, vous appelant à prendre place dans les mouvements, services, groupes !  Je vous ai parfois bousculé et même stressé parfois, mais c’était toujours dans l’objectif de nous permettre de grandir et d’avancer. Lors des célébrations, j’ai essayé de veiller à ce que chacun de nous prenne sa place dans l’assemblée, afin que personne ne soit ou ne se sente exclu, en particulier les nouveaux qui sont de plus en plus nombreux dans nos paroisses.  L’Eglise est une famille et chaque membre doit y trouver sa place. La moisson est abondante et il y a de la place pour tout le monde.

Merci pour les sacrements célébrés avec vous et pour vous. Merci à chacun de vous pour votre place dans la mission que nous avons vécue ensemble ! Je n’aurais rien pu faire sans votre aide, votre soutien, vos conseils, votre générosité et vos prières. Certaines épreuves ont été très lourdes ces 6 dernières années mais j’ai toujours bénéficié de votre soutien. Merci pour les liens d’amitié que nous avons pu tisser ! Merci pour les invitations dans vos maisons, les apéros, les temps conviviaux, les camps d’été et les weekends avec les scouts. Merci pour vos maisons accueillantes et généreuses. Je reviendrai, mais non plus comme votre curé, mais en toute amitié et discrètement comme Nicodème qui allait rencontrer le Seigneur en évitant de faire de vague !

J’aimerais tellement dire un grand merci à chacun de vous personnellement. J’ai tellement reçu et appris de vous et parmi vous pendant 6 ans. J’implore la bénédiction du Seigneur sur votre communauté paroissiale dans cette nouvelle étape avec les franciscains de l’Immaculée. Que le Seigneur pose son regard et sa main sur chacun de vous et sur vos familles. Vous avez tellement de place dans mon cœur ! Je compte sur votre soutien et vos prières. Que le Seigneur vous donne de trouver votre place dans son Cœur Sacré ! Que le saint Esprit vous donne aussi de laisser le Christ prendre pleinement sa place dans vos cœurs. Amen.

 

 

 

 

 

Homélie du Père Joseph du XXIIe dimanche du TO2025-09-05T11:44:06+02:00
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