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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du XXIV° dimanche, année A (2020)

Construire une communauté des pécheurs pardonnés !

Certains diront que notre week-end de rentrée est loupé ! La messe au PHARE de Tournefeuille a été annulée à cause de la situation sanitaire en cours. Les 4 prêtres  ne peuvent célébrer la messe avec vous, parce que l’un est en vacances et les trois autres, Cas-Contact au Covid19 (nous avons été en contact avec quelqu’un testé positif au Covid19 : l’ayant su, nous avons effectué le testé qui est négatif pour tous les trois, mais nous devons rester isolés pendant 7 jours), et toutes les activités revus, des SGDF et des Scouts et Guides d’Europe qui ont dû changer d’organisation….! Je voudrais pourtant vous donner un programme qui risque de vous choquer dans sa formulation : « Je voudrais qu’en cette année qui commence, nous construisons ensemble et soyons une communauté des pécheurs » dans nos 5 paroisses ! Fabriquons et essayons d’être une communauté des pécheurs ! Dieu nous appelle à la sainteté, mais je vous invite d’abord à nous reconnaitre ensemble comme communauté des pécheurs, seule condition pour accueillir la grâce et l’appel à la sainteté.

Cette année, je vous invite dans nos familles, les équipes, groupes et mouvements …à nous aider mutuellement à avoir une approche véritablement chrétienne du péché et du pardon : convertir ceux qui sont déjà chrétiens à la vraie logique de l’évangile, et convertir les athées à la nouveauté de la Foi en Jésus. Cela veut dire que nous devons dépasser ces multiples visions superficielles, moralisantes et culpabilisantes du pardon et de la foi chrétienne, dans une société qui confond bonté et lâcheté, le pardon à une émotion immédiate et débonnaire.

Cette année, je vous invite à vivre le pardon et la miséricorde de Dieu parmi nous.  Seule la découverte de la miséricorde de Dieu nous permettra de guérir de ces plaies qui nous qui peuvent nous diviser et nous éloigner les uns des autres en repoussant l’autre parce que différent dans sa sensibilité spirituelle, liturgique, pastorale, sa couleur de peau, sa paroisse, son engagement politique ou ecclésial. Apprenons à nous accueillir dans le pardon et la miséricorde parce que nous sommes les enfants d’un même Père Miséricordieux.

Que veut dire pardonner ? Peut-on tout pardonner ? Et si l’autre abuse de mon pardon ?  Doit-on tout pardonner ? Jusqu’à quel point peut-on pardonner ? Combien de fois faut-il pardonner une offense ? Voilà des questions que nous nous posons pour limiter le pardon… Mais sachons-le bien, ces questions sont déjà présentes dans la Bible !

La réponse est « toujours, pardonner toujours ! » Quand le pardon est enraciné dans le cœur miséricordieux de Jésus, il est donné toujours parce que c’est Jésus qui pardonne toujours en nous et par nous, quand le pardon est demandé de manière sincère ! Au temps de Jésus, les rabbins suggéraient de pardonner jusqu’à trois fois une offense subite pour manifester la clémence et la miséricorde. Simon Pierre, pense devenir un héros en proposant de pardonner 7 fois ! Pardonner 7 fois, c’est énorme ! Pensez un peu à votre voisine votre collègue, ou à l’autre paroissien que vous n’aimez pas beaucoup, et vous croyez qu’il ou qu’elle ne vous aime pas, vous en êtes convaincu d’ailleurs…  à qui vous avez à peine pardonné ses critiques méchantes… et qui 10 minutes plus tard, va  cracher sur vous dans l’autre groupe…. ! Vous le lui pardonnez vraiment ? Non, n’exagérons pas ! N’abusons pas du pardon. Mais voici la réponse de Jésus ! A cette collègue qui vous déteste et vous tue par ses paroles et son regard, Jésus ne vous demande pas de pardonner, comme Pierre, 7 fois seulement…mais bien soixante-dix-sept fois sept fois… c’est-à-dire toujours pardonner !

Et pourquoi ? « C’est injuste de toujours pardonner », disons-nous pour justifier nos rancœurs ! Nous pardonnons parce que le Seigneur nous invite à passer de l’attitude de Juge à celui de l’accusé et du condamné ! Dans la foi chrétienne, nous sommes tous pécheurs, mais tous pardonnés par une telle largesse et générosité de Dieu que nous ne pouvons pas ne pas pardonner. La petite dette que nous avons envers nos frères, ou que nos frères ont envers nous n’est rien par rapport à la dette infinie que nous avons envers Dieu. Mais Lui, de sa croix, avant de mourir s’adresse au Père, en disant : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » alors qu’on lui ôte la vie, Il a effacé toutes nos dettes ! Telle est la raison du pardon vraiment chrétien : je suis appelé à pardonner à ceux qui nous offense parce que les premiers nous avons été pardonnés.

En fait, je ne dois pas pardonner à l’autre pour qu’il devienne meilleur, ou pour qu’il se convertisse, ou pour qu’il devienne plus tendre, plus aimant. D’ailleurs, parfois même, l’autre ne se rend même pas compte d’avoir été pardonné en méprisant ce geste qui pourtant m’a coûté des heures de prière et beaucoup de travail sur soi. Je ne pardonne pas pour que l’autre change, mais un chrétien pardonne d’abord parce qu’il a besoin de changer. Le pardon me met dans une situation nouvelle, différente en me rendant semblable à ce Dieu qui fait tomber la pluie sur les justes et les injustes, et qui nous appelle à être parfaits comme lui-même est parfaits.

Un chrétien ne pardonne pas parce qu’il est meilleur. Le pardon n’est pas une amnésie, l’oubli total de l’offense subie. Bien au contraire, je pardonne parce que je fais le choix de pardonner. Te revoir, toi qui m’as blessé, rouvre en moi la plaie de la blessure, je suis vraiment mal comme une plaie ouverte… mais je choisis la voie de la liberté. Pour les gens qui ont eu la vie détruite par la méchanceté d’autrui, ne pas souhaiter la mort de leurs ennemis est déjà énorme….  Faut-il encore souhaiter leur conversion. !

N’attendons jamais un pardon parfait, angélique, extraordinaire…. Nous pardonnons comme nous pouvons, au meilleur de nos capacités et de nos forces spirituelles et psychologiques…. Prions pour avoir cette grâce de savoir pardonner et demander pardon. Nous pardonnons parce que nous sommes pardonnés par le Seigneur, parce que le pardon nous rend extraordinairement libres. Et si l’autre considère le pardon comme une faiblesse ? C’est un risque à prendre, un risque que Jésus a pris en pardonnant à ceux qui le crucifiaient. Et pourtant, ce paradoxe transforme les cœurs, peut-être pas tous les cœurs, mais beaucoup de cœurs sont transfigurés par le pardon inconditionnel qu’ils reçoivent.

En cette année 2020-2021 qui s’ouvre, vivions comme des filles et fils pécheurs, mais aimés et pardonnés. Apprenons à pardonner pour savoir nous accueillir, en communauté ecclésiale, comme des êtres fragiles, imparfaits, mais riches et enrichis de cette miséricorde infinie de Dieu qui nous appelle à aimer et à pardonner comme Lui, sans calculs. Les familles, groupes, services, les équipes, paroisses…seront transfigurés complètement s’ils vivent vraiment le pardon reçu et donné. Prendre conscience de son péché, fabriquer des pécheurs conscients… est la première étape pour comprendre la logique du pardon que nous sommes appelés à donner, toujours, sans compter, pour ressembler à notre Père des Cieux. C’est le chemin de la sainteté !  Belle rentrée paroissiale…. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXIV° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:37:53+01:00

Homélie du Père Joseph du XXIII° Dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Nous sommes dans une société traditionnellement et formellement chrétienne (On parle des racines chrétiennes de la France), mais avouons que ce ne sont plus les valeurs chrétiennes et de l’Evangile qui orientent et éclairent nos vies au quotidien et nos choix de sociétés. Nous vivons un grand déficit des valeurs chrétiennes, voire même humaines tout simplement dans nos sociétés.

En cette rentrée après les grandes vacances dont vous avez bien profité, j’espère), la Parole de Dieu met en lumière deux valeurs chrétiennes fondamentales à vivre et pratiquer au cours de cette année que nous venons de commencer. Il s’agit du pardon et de la correction fraternelle, valeurs que mêmes nous, bons catholiques pratiquants, sommes aussi loin de les vivre comme le préconise l’Evangile. (suite…)

Homélie du Père Joseph du XXIII° Dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:18+01:00

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Depuis que l’Eglise est né, l’iconographie nous a déjà présenté des milliers des visages de Dieu, des millions de représentations du Christ. Je me souviens, enfant au fin fond de l’Afrique, de mes découvertes du visage du Christ dans les églises. Cela m’intriguait de voir ce Jésus très bel homme, un blond aux yeux bleus, représenté, tantôt en croix, tantôt bébé dans la crèche ou dans les bras de Marie, de Joseph, enseignant les foules, Bon Berger portant une brebis sur ses épaules… Plus tard, je l’ai découvert Pantocrator, tout en majesté nous bénissant, ou encore le Jésus du Sacré Cœur ou de la Divine Miséricorde avec son cœur transpercé nous envoyant des rayons de lumière.

Plus tard, au cours de mes études de théologie, dans le cours christologie, j’ai appris que le Christ devait prendre le visage de chaque culture, de chaque peuple pour se l’approprier, car en lui Dieu s’est vraiment incarné et prend le visage, la couleur de peau, la culture, le langage des hommes et femmes qu’il est venu sauver ! Plus encore, chacun de nous, selon notre propre histoire et expérience spirituelle, nous nous construisons notre propre représentation du Christ.

Aujourd’hui, en dépit de la sécularisation, les gens continuent à parler et s’intéressent à Jésus de Nazareth. Pour certains, il s’agit du Jésus dont on nous a parlé notre première catéchiste à l’Eveil à la Foi ou en CE2, CM, en aumônerie, dans l’Action Catholique ou dans la Pastorale Etudiante. D’autres gens parlent de Jésus en nourrissant à son égard une méfiance certaine parce qu’ils l’associent à la religieuse très sévère, parfois même méchante connue à l’école primaire, au collège ou au pensionnat, ou alors aux mauvais souvenirs de leur curé d’enfance qui prêchait un Jésus, certes bon, mais tellement sévère à tel point que sa justice de justicier prenait le dessus sur son Amour infini. Aujourd’hui, il serait bon que chacun de nous s’interroge sur sa propre représentation du Christ ! (suite…)

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:27+01:00

Homélie du Père Joseph du XXII° Dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

L’apôtre Pierre nous accompagne depuis les deux derniers dimanches. Nous l’avons rencontré dans ses douteslors de la marche sur le lac, lors sa profession de Foi à Césarée de Philippe, reconnaissant que Jésus est le Messie.  Aujourd’hui, nous constatons qu’il est totalement à côté de la plaque sur sa vision du Christ, du Messie. Pour Simon Pierre, comme pour les Juifs, le messie devait être fort, glorieux, identifié au nouveau grand roi, avec la mission de restaurer la gloire d’Israël en le libérant des dominateurs Romains.

Jésus explique aujourd’hui ce que veut dire pour lui être le messie et en quoi consiste sa mission. Être messie veut dire : aucune gloire, aucun pouvoir, aucun compromis ni de compromission ! Le Messie veut vivre à fond la mission que le Père lui a confiée et y rester fidèle.  Jésus explique que son choix est radical, et qu’il est plutôt disposé à mourir, en donnant sa vie sur la croix.

Ces explications  choquent terriblement les disciples qui sont atterrés. Il y a encore une heure, sur la route, ils faisaient un mini-sommet pour savoir comment ils allaient former le gouvernement, qui devait occuper le poste le plus important, se mettre à gauche ou à droite de Jésus, qui était le plus grand parmi eux. Matignon était déjà pris ! Pierre leur avait fait comprendre que ce poste-là lui appartenait déjà depuis sa profession de foi à Césarée de Philippe. Tous les calculs étaient faits, les accords signés, gouvernement révolutionnaire de combat était presque à pied d’œuvre ! Mais maintenant, Jésus leur parle de douleur, de souffrance et de mort. Ça ne va plus du tout ! Le Messie a certainement perdu le nord et il faut dans l’urgence faire quelque chose pour sauver le pouvoir. (suite…)

Homélie du Père Joseph du XXII° Dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:38+01:00

Homélie du Père Joseph du XX° dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Dimanche dernier, l’évangile avait pour thème : la foi, le peu de foi de Pierre, le premier des apôtres dans une mer agitée par le vent. Hier samedi, nous avons célébré l’Assomption qui nous a fait contempler Marie, exaltée grâce à sa foi ! Aujourd’hui, c’est la foi d’une païenne une Cananéenne que l’Evangile nous nous fait contempler.

Pour comprendre la grandeur de la foi de cette femme, plongeons-nous dans le monde, la culture, la terre et les racines de Jésus : le monde juif, avec sa religion, sa culture et son territoire. La vie de Jésus s’est épanouie entre la Galilée, la Samarie et la Judée, ces frontières considérées comme la Terre Promise donnée par Yahvé au Peuple Elu. Jésus vit et enseigne à l’intérieur de ces frontières, sauf à deux exceptions où nous le voyons à l’étranger, en dehors de son pays natal. Jésus n’est pas beaucoup sorti de la Palestine. Il est comme nombreux de nos compatriotes pour qui en dehors de leur commune, leur quartier, leur église de Saint Simon, Lardenne, Tournefeuille, Plaisance ou La Salvetat… la ville Toulouse, la Haute-Garonne, la France… rien n’est bon. D’où un certain mépris pour les autres paroisses, les autres villes, d’autres régions, d’autres pays, peuples et cultures…. parce qu’ils ne les connaissent pas et pensent qu’ils sont le centre du monde….

Aussi longtemps que nous ne serons pas sortis pour regarder ailleurs, nous penserons toujours être les meilleurs du monde ! ! Dans ma culture on dit que « l’enfant qui n’est jamais sorti de sa maison familiale pense objectivement que sa mère est la meilleure cuisinière du monde ! » Il est important, de voyager (actuellement c’est compliqué avec cette pandémie), de sortir, à aller à la rencontre d’autres gens, d’autres peuples, cultures, d’autres paroisses… et se rendre compte des richesses que les autres peuvent nous apporter… Cela permet aussi de prendre réellement conscience de la chance que nous avons, et cela nous fera moins râler quand le monde ne tourne pas comme nous le voulons ! (suite…)

Homélie du Père Joseph du XX° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:49+01:00

Homélie du Père Joseph du XIX° dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

La situation actuelle du monde pourrait nous laisser sans espoir : une pandémie qui refuse de disparaitre et qui fait d’énormes dégâts, plongeant le monde dans une crise économique sans précédent. Les puissances mondiales se méfient les unes des autres, entre la Chine, les USA, l’Europe, la Russie !  On vit dans l’incertitude de la rentrée qui devrait avoir lieu dans quelques jours ! …. A tout cela il faut ajouter l’actualité parfois éprouvante de notre vie personnelle, professionnelle familiale, relationnelle, ecclésiale…  Ce sont de la violence et des tempêtes nous  font  peur  et qui nous font crier, comme les disciples dans la barque, sur la mer agitée « C’est un fantôme ! » Telle est l’actualité de la parole de Dieu de ce XIX dimanche ordinaire. (suite…)

Homélie du Père Joseph du XIX° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:59+01:00
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