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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de Carême, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs, chers amis appelés au baptême.

Il y a des jours ou des périodes de notre vie où nous sommes presque plongés dans la nuit. Je ne parle pas de cette nuit arrive avec le couvre-feu, après une journée de travail, nuit qui peut être intense, douce, reposante avec les anges qui nous bercent ! Je parle ici de la nuit intérieure de l’esprit, celle de l’âme, de la conscience. Un état dans lequel les ténèbres obscurcissent nos choix, nos décisions, notre parcours de vie. C’est la nuit qui arrive à travers une épreuve, une maladie, un deuil, un échec, une erreur…. Nous pouvons alors faire semblant, faire comme si tout allait bien… mais les gens finissent par s’en apercevoir. Dans un monde des ténèbres et d’obscurité, on s’habitue rapidement à l’absence de la lumière. Combien des gens aujourd’hui sont dans la nuit de l’âme sans en avoir conscience, parce qu’ils ne savent plus ce que veut dire voir et vivre dans la lumière.

Ce dimanche et votre scrutin est une étape importante dans ce temps de purification, de conversion, de retour à l’essentiel, de vivification qu’est le carême. Vous êtes sur le chemin qui vous conduit au baptême (c’est bientôt). Pour nous autres baptisés récents ou de depuis très longtemps, votre cheminement nous invite à redécouvrir la grandeur de notre baptême (« France, fille ainée de l’Eglise, qu’as-tu fait de ton baptême ? » est la grande question que Jean Paul II avait posé aux Français !)  L’Evangile d’aujourd’hui nous parle de l’illumination. Nous sommes assoiffés et le Christ est l’Eau vive comme nous l’avons vue dimanche dernier lors du premier scrutin avec la Samaritaine. Aujourd’hui, pour le deuxième scrutin, l’évangile nous rappelle que nous sommes tous un peu, beaucoup des aveugles, aveuglés par les ténèbres de nos péchés, par le monde, mais que le Christ est notre Lumière comme nous le chanterons en allumant le cierge pascal dans quelques jours !

A travers l’épisode de l’aveugle-né, saint Jean tente de nous décrire en quoi consiste la conversion, l’accueil de l’Evangile, la rencontre avec Jésus dans notre vie : c’est une réelle et vraie illumination. C’est comme celui qui est dans une chambre obscure depuis toute une vie, et d’un coup, à l’improviste, quelqu’un défonce la porte de cette chambre ou de la cave où l’on était prisonnier pour laisser entrer la lumière. Pensez à un otage des djihadistes, enfermé dans un bunker, dans une cave, et qui, sans s’y attendre, est libéré par les GIGN ou les Forces Spéciales ! Imaginez-vous le contraste ! L’otage est ébloui par cette lumière qui lui change la vie et lui fait voir les choses différemment.

C’est l’expérience que fait de l’aveugle-né : mendiant, jugé pécheur, lui et ses parents, dans la logique sans pitié de ceux qui le regardaient. Cet homme est habitué à vivre et à composer avec les ténèbres, le jugement et les critiques des autres ! C’est comme nous aussi, quand nous sommes suspendus aux paroles, critiques et remarquesdes autres, en faisant toujours attention à nous à avoir le look, l’image et à nous comporter comme voudraient les autres parce que nous voulons mériter leur attention, leur respect, leur approbation. Chrétiens catholiques, nous n’en sommes pas épargnés.

Heureusement que Jésus passe et remarque cet aveugle-né auquel personne ne prêtait plus attention. Comme avec David pris au milieu de sens frères les plus beaux, Dieu ne regarde pas ce que à quoi nous humains mettons l’accent. Jésus voit le cœur et voit au-delà des apparences.  Ensuite, Jésus commence une liturgie des gestes simples et primitifs : « il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. » Heureusement qu’il n’y avait pas la Covid à ce moment-là ! Imaginez aujourd’hui que je vous touche avec mes doigts dont j’ai mouillé avec ma propre salive ! Vous auriez déjà appelé l’ARS d’Occitanie je crois !

Ces gestes sont signes du baptême qui purifie. L’illumination, la conversion advient progressivement, mais elle a commencé d’abord par une rencontre. L’être humain est aveugle, mais Dieu nous voit, où que nous soyons, qui que nous soyons et il veut nous rencontrer. Quand Dieu nous voit, comme quand Jésus a vu Zachée caché dans un arbre, comme il a vu le publicain Mathieu penché à son bureau de collecteur d’impôts, comme quand il vu Saul, devenu Paul sur le chemin de Damas… cela provoque un changement radical dans notre vie, une inexorable et puissante conversion, tellement puissante que les gens autour risquent de ne plus nous reconnaitre, comme ces gens qui ne reconnaissent plus cet homme qui était pourtant à cet endroit chaque jour pour mendier. Lorsque nous devenons disciples et amis de Jésus, inexorablement, nous ne sommes plus le même qu’avant, méconnaissable pour certains, parfois même pour les plus proches. Parfois nous-mêmes ne nous reconnaissons plus, tellement notre vie a pris une autre signification ! J’ai déjà entendu des gens dire : « je m’étonne moi-même de celui ou celle que je suis devenu depuis le jour de ma conversion ! »

Et pourtant, au lieu de danser, de rendre grâce, de se réjouir pour ce qui est arrivé à l’aveugle-né, les purs ou puritains de la Loi ont des objections.  Devenus insensibles aux émotions et sentiments positifs, leurs cœurs sont devenus durs comme des pierres. Ils se sont octroyé le rôle des défenseurs de Dieu, comme si Dieu avait besoin qu’on le défende. Alors ils enquêtent, interrogent, demandent et menacent ! Pour avoir fait ce miracle le jour du sabbat, Jésus est un imposteur, un pécheur qui transgresse la Loi de Moïse qui interdit travailler le jour du sabbat. Or, il est impossible qu’un imposteur, un pécheur fasse un miracle. Conclusion logique, ce miracle n’a pas eu lieu et cette guérison est bien un coup monté, un mensonge.

Ces juifs, pharisiens et docteurs de la Loi ont enfermé Dieu dans une logique absurde et sans cœur.  Ne sommes-nous pas parfois comme eux quand nous refusons que Dieu ait de la fantaisie, quand Dieu agit avec humour et pas toujours selon nos normes ? Autour de l’aveugle-né, la guerre est dure, et au milieu, il y a la plus terrible des armes de destruction massive : le sens de culpabilité.  Un aveugle-né, un handicap de naissance, est pour eux la conséquence pour eux de la faute quelqu’un. Si ce n’est pas lui, cela doit être la faute des parents qui, dévorés et nourris de sens de culpabilité depuis des décennies, sont terrorisés au point de ne pas prendre la défense de leur propre fils ! Imaginez un enfant abandonné même par ses propres parents à cause de la peur.  La querelle est dure, les questions fusent, toutes philosophico-théologiques et compliquées les unes que les autres sur l’origine du mal. Dieu n’entre pas dans ce jeu ! Il n’est pas l’auteur du mal et ne veut trouver aucun responsable coupable ! Le seul désir de Dieu est seulement faire une création nouvelle, faire de l’aveugle-né une nouvelle création !

Entre-temps, Jésus a disparu. Il laisse grandir l’aveugle-né qui maintenant y voit très bien et est déjà personne nouvelle. Non plus la victime du sens de culpabilité, mais un homme nouveau, libre, vivant, debout, et capable de se défendre, d’argumenter. Lisez la Bible, lisez la Loi de Moïse, je vous prie ! Il argumente et se met au même niveau que les docteurs de la Loi, répond, presque en se moquant d’ailleurs ! « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » Eux qui croient de tout savoir ne savent même pas expliquer comment un pécheur peut guérir un aveugle ! Alors, qui est vraiment aveugle dans cet épisode ? Ce sont bien ceux qui ne veulent pas quitter leur logique absurde malgré toutes les explications et les faits. Dans la vie parfois, devant les résistances de quelqu’un qui est aveuglé qui ne veut pas comprendre, tellement bourré par une idéologie, il vaut mieux ne pas discuter pour ne pas se torturer la tête et le coeur !

A la fin, on voit bien que c’est l’aveugle qui est libre et dans la lumière pendant que les autres restent fermés dans les ténèbres de leur logique. A présent, ayant retrouvé la vue, l’aveugle guéri a tous les éléments pour comprendre. Il est libre, il y voit, n’est plus opprimé par le jugement des autres, surtout ce ceux qui se considéraient pieux et gardiens d’une religion pure. Le Seigneur nous rejoint toujours. Il prend l’initiative, nous suit…si nous le désirons vraiment. Il nous donne sa lumière et nous libère de nos aveuglements. Mon frère, ma sœur qui te prépares au baptême, toi qui es baptisé depuis bien longtemps, de quels aveuglements veux-tu être libéré par Jésus ? Il est notre Lumière qui brise les ténèbres du mal et de la Mort au matin de Pâques ? Présente-lui ta vie avec tes handicaps, tes aveuglements pour qu’il te libère et te donne sa lumière. Amen.

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de Carême, année B (2021)2021-03-14T13:57:10+01:00

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de Carême, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

La Parole de Dieu, l’Eglise et la liturgie nous rappellent que le Carême est un temps de désert et de solitude. Cette année, cela tombe très mal car nous en avons tous un peu marre de la solitude, de cette solitude imposée par la Covid19 depuis plus et d’autres solitudes négatives. La solitude de nos personnes âgées dans leurs maisons de retraite ou leur appartement, des malades dans leurs lits d’hôpital, solitude d’être coupé de ses collègues de boulot à cause du confinement ou du télétravail, solitude pesante de tous ces jeunes étudiants qui dépriment parce que coupés socialement, obligés à suivre les cours derrière un écran… et toute cette solitude qui était déjà, avant le Covid19 la grande pauvreté de nos sociétés occidentales. Cette solitude-là est négative, pesante et mortifère. Nous aimerions tellement en être libérés.

Cependant, il y a un autre désert, une solitude positive. Quand nous nous retrouvons, pour l’avoir choisi, voulu et désiré, tout seul, en silence, loin de la foule, des bruits, de nos portables et tablettes. Ce désert intérieur positif nous permet de nous poser et méditer, prier et réfléchir, dans un monastère, une église, dans la nature ou dans notre maison. Cette solitude-là est une occasion favorable pour regarder notre vie en vérité, nous interroger sur qui nous sommes, sur le sens de notre vie, de notre profession, sur notre vocation dans le monde et dans l’histoire de l’humanité. Elle nous permet aussi d’écouter Dieu, de lui poser des questions, de le laisser se révéler à nous, de découvrir quelle place Dieu a réellement dans notre vie.

J’espère que pendant ce temps de Carême, chacun de nous prendra un peu de temps de solitude, de désert pour se poser certaines questions essentielles. Quelle est place dans l’histoire ? Suis-je un petit détail de rien du tout, une présence inutile, perdu au milieu de plus de plus 7 milliards d’individus « hyperconnectés », mais parfois déconnectés des uns des autres sur notre planète…? Quelle valeur peut avoir ma petite vie personnelle quand je me rends compte qu’elle dépend des décisions politiques et économiques qui me dépassent. J’ai pris personnellement conscience que je ne suis pas indispensable, que je peux disparaitre à tout moment, tomber malade, choper ce fichu virus, sans que cela affecte la marche normale du monde et de l’histoire….

Dans sa solitude et son désert, Abraham a trouvé sa vocation en découvrant, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, que Dieu est l’Absolu à qui il doit tout sacrifier, fut-ce notre enfant unique Isaac. Pour nous aujourd’hui, l’idée même de sacrifier notre enfant à Dieu est abominable, mais tous les peuples voisins d’Israël, païens et polythéistes, faisaient des sacrifices humains pour faire plaisir à leurs dieux. Abraham pense aussi la même chose de son Dieu mais il se trompe car notre Dieu n’est semblable aux dieux païens.  Dieu nous dit dans la première lecture qu’il n’a pas besoin de sacrifier notre vie, qu’il a horreur des sacrifices humains. Au lieu de sacrifier notre vie, Dieu sacrifie sa propre vie pour sauver la nôtre. C’est un sévère avertissement pour nous : le Dieu d’Abraham déteste ceux qui tuent, et plus encore ceux qui tuent en son nom. Aujourd’hui encore, il y en a qui pensent que Dieu nous demande des sacrifices insupportables. Nous nous trompons. C’est important de le souligner au cœur du carême : le Seigneur Jésus n’a pas plaisir et n’a pas besoin de nos sacrifices !  Comme nous le dit le psalmiste, le sacrifice qui plait à Dieu est un esprit brisé, un cœur contrit, conscient de ses péchés pour accepter d’être sauvé par Dieu.

Comme Abraham qui se trompait sur l’identité de Dieu, les apôtres prétendaient aussi connaître Jésus, mais ils se trompaient sur qui il était vraiment ! Pour eux, avant la transfiguration, Jésus était celui qui faisait des miracles, nourrissait les foules, enseignait avec autorité, faisait marcher les boiteux, purifiait les lépreux…. bref, un Jésus que nous aimons bien parce qu’il répond présent à nos appels, il comble nos désirs et nos demandes, mais un Jésus dont on peut facilement se passer quand on a rien à lui demander, comme on oublie un ballet dans un placard jusqu’à ce que vienne le jour du ménage….Nous pouvons être disciples depuis toujours, suivre Jésus comme, prêtres, religieuses, laïcs engagés dans l’Eglise…sans connaitre le vraiment. Ce dimanche, Jésus nous invite à monter avec lui sur le Tabor, pour entendre son Père nous révéler son identité profonde.

Sur le mont Tabor, les disciples contemplent la beauté de Jésus, entouré de Moïse et Elie, c’est-à-dire, la Loi et les prophètes autour de lui, et la voix du Père révélant son identité : il est le Messie : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Pierre veut construire trois tentes mais, Elie et Moïse ont disparu. Jésus demande à ses disciples de quitter la montagne de la transfiguration car il doit monter sur une autre montagne qui se présenter devant Lui.

Cette nouvelle montagne s’appelle le Calvaire ou Golgota, couverte des pierres que les Romains utilisaient pour crucifier les condamnés à mort. Avec Pierre, Jacques et Jean, nous réalisons que dans la vie chrétienne, il n’y a pas de Tabor sans le Golgota, et inversement, il n’y a pas de Golgota sans Tabor. Dans la vie, la joie, la beauté, le bonheur demandent à un peu de travail, des efforts, des sacrifices. De même, toute douleur, toute souffrance portée avec amour comme Jésus au Calvaire conduit à la vraie lumière de la Résurrection, car le récit de la transfiguration anticipe la gloire de la résurrection ! Jésus transfigure et donne sens à nos vies, Il les rend belles et éclatantes même quand elles paraissent comme des petits détails inutiles aux yeux du monde. Pour cela, nous devons choisir parfois la solitude et le silence du Tabor avec Jésus pour voir ces transfigurations quotidiennes, (parfois tellement simples) qu’il nous donne de contempler, de gouter dans nos vies, tellement petites mais combien merveilleuses et belles aux ses yeux de Dieu, même si parfois nos vies sont lourdes, douloureuses et éprouvantes comme au Calvaire.

Seul le Fils Bien-Aimé du Père nous redit que chacun de nous est un enfant bien-aimé du Père quand nous nous s’enracinons dans son Cœur transpercé, quand nous écoutons sa Parole, comme nous y invite le Père : « celui-ci est min fils bien-aimé, écoutez-le !). Jésus nous révèle notre vocation et notre identité profonde, nous indique ce à quoi le Père nous appelle personnellement au milieu de ces milliards d’êtres humains vivant sur cette planète qui a besoin d’être sauvegardée. Pour Jésus, ma petite vie n’est pas un détail, un point perdu de l’histoire du monde. Grâce et par son Fils Unique Jésus, le Père appelle chacun de nous par son prénom et me dit que je suis unique à ses yeux, que j’ai une valeur infinie pour lui ! Dans et par le baptême, chacun de nous devient le préféré, l’enfant bien-aimé du Père.

Cette conscience d’être infiniment aimé de Dieu, quoiqu’il arrive, nous guérit de l’angoisse existentielle et de la tentation de penser que notre vie ne vaut rien ! Pour le Seigneur, personne ne pourra prendre ma place, car je suis irremplaçable et unique à ses yeux. Cela veut dire que je dois prendre ma vie au sérieux et l’enraciner dans le Cœur Sacré de Jésus. Lorsque Jésus est au centre de notre vie, quand nous sommes présents à Lui, parce que Lui est toujours présent à nous, alors nous découvrirons que nos vies, sont belles ont de la valeur et que la vie est tellement belle malgré nos fragilités, nos failles et nos calvaires.

Disciples du Christ transfiguré sur le Tabor, à la suite de Pierre, Jacques et Jean, le temps du carême nous invite à vivre en beauté les relations qui nous unissent en nous appuyant sur Jésus qui veut nous transfigurer chaque jour. Témoignons, en toute simplicité mais en vérité que Jésus comble et donne sens à notre vie. Alors, comme le dit Emmanuel Mounier, ce grand philosophe chrétien et Français, nous vivrons un tragique optimisme : tragique parce que le temps sont difficiles et que notre vie est parfois éprouvante ( c’est le cas de le dire avec ce que nous vivons depuis un an !), mais toujours optimistes parce que nous savons fermement que Jésus est la beauté, le Visage du Père et qu’Il rend belle chacune de nos vies, parce qu’Il nous a aimés jusqu’au bout, en donnant totalement sa vie afin qu’elle transfigure et resplendisse dans celle de chacun de nous. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de Carême, année B (2021)2021-03-01T20:14:52+01:00

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de Carême, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

En ce premier dimanche de Carême où la liturgie de la Parole, et plus particulièrement l’Evangile nous parle des tentations, je voudrais vous faire une confidence en vous parlant de certaines de mes propres tentations. Oui, dans ma vie quotidienne, je me bats sans cesse contre certaines tentations. Attention, je ne vais pas vus déballer toutes mes tentations ! La litanie serait très longue, comme ces amis qui me disent que pour les confesser, je dois prendre toute une journée, tellement ils ont péché et ça fait tellement longtemps qu’ils ne se sont pas confessés ! Pour faire court, je vous parlerai seulement d’une seule de ces tentations contre lesquelles je dois me battre très régulièrement. Si vous êtes honnêtes, vous savez que vous avez tous une grande tentation que vous devez trainer comme un boulet dans votre vie quotidienne :« Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » avait dit Jésus aux bourreaux de la femme adultère ! Et vous, que celui qui n’a jamais eu ou n’a pas de tentation soit le premier à me jeter la première pierre…!

Certains parmi vous s’attendent déjà à la bombe de l’année ! Quel va être le scoop de Carême ! Qu’est-ce que le père Joseph va nous sortir !!! Quel scandale qui risque de nous éclabousser et blesser une Eglise déjà défigurée par les péchés de ses enfants, de ses ministres ?  En effet, cette tentation dont je souffre va vous éclabousser vous aussi ! La grande tentation, dont je souffre régulièrement, prêtre de mon état, c’est celle vouloir choisir dans la Parole de Dieu seulement ce qui me convient. C’est tellement gros que j’en ai fait l’amère expérience ce weekend quand j’ai commencé à préparer l’homélie de ce dimanche.

En effet, en prenant mon Missel de dimanche, pour la préparation, je savais déjà, par expérience de quelques années de ministère, que chaque année, le premier dimanche du Carême nous donne de contempler les tentations de Jésus au désert. Mais quand j’ai ouvert la Parole de Dieu, j’ai remarqué que certains détails importants que je connaissais par cœur et auxquels je tiens beaucoup ne se trouvaient pas dans l’évangile de Marc qui nous accompagne pendant cette année B, cet évangile tellement bref qu’il ne donne pas beaucoup de détails. Et pourtant, j’aime les détails dans la Parole de Dieu, et ne pas retrouver ces détails auxquels je tiens m’a un peu déstabilisé…. Le Seigneur me rappelle là qu’il faut que je lâche prise pour le laisser parler Lui, car dans la Bible, c’est Dieu qui nous parle, comme il veut, comme cela lui convient, pour notre bien, même si nous sommes parfois tentés de faire le tri dans la Bible pour ne retenir que ce qui nous convient et va dans notre sens.

Les trois évangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc) nous parlent tous des tentations de Jésus dans le désert, quand il y est emporté par l’Esprit après son baptême. Nous connaissons par cœur les détails donnés par saints Luc et Matthieu. Mais saint Marc a oublié de donner ces détails ! Certains ont accusé Marc d’être paresseux ou de vouloir aller trop vite ! Au lieu de nous expliquer les choses, il nous donne un résumé minimal : dans son évangile, toutes les tentations de Jésus au désert sont résumées en un seul verset « Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan ! »   Rien sur le contenu des tentations !

Quel contraste avec Luc et Matthieu ! Ceux-ci nous font une véritable mise en scène.  On dirait même qu’ils voudraient nous faire vivre le film sur les tentations, avec une mise en scène comme la comédie musicale de Pascal Obispo « Jésus, de Nazareth à Jérusalem » à laquelle j’ai eu la joie, invité par des paroissiens, il y a quelques années, au Zénith de Toulouse. Chez saints Luc et Matthieu, nous trouvons de très beaux détails qui nourrissent notre imaginaire, détails qui nous émeuvent et nous parlent. Le dialogue entre Jésus et Satan, ce Diable convaincant, pertinent, fin connaisseur des Ecritures, meilleur que tous ces prêtres et ces cathos qui ne retiennent rien de la Parole de Dieu seulement parce que nous ne la lisons pas suffisamment !

Eh oui, c’est dramatique et triste, mais c’est la réalité : les enquêtes prouvent que par rapport aux autres confessions chrétiennes, et les protestants en particuliers, les fidèles catholiques sont ceux qui lisent le moins la Parole de Dieu. Bref, saints Luc et Matthieu nous présentent une scène dramatique, des éléments et détails scénographiques spatio-temporels qui ne laissent pas indifférents : d’abord le désert, puis le haut du temple de Jérusalem, puis au sommet d’une montagne, avec toute leur symbolique dans la Bible. Et puis, la défaite de Satan, avec la promesse de revenir encore le moment venu, plus armé et plus convaincant pour faire sa revanche… au Jardin de Gethsémani.

Dans la discussion entre Jésus et Satan, Luc et Matthieu nous soulignent cette connaissance impressionnante de la Parole de Dieu par cœur, par Satan, et la résistance de Jésus qui puise ses réponses lui aussi dans la Parole de Dieu. Ces deux textes nous laissent des versets qui sont restés comme des slogans, de devises, tels quel, « l’homme de vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu », « Jette toi car il est écrit que Dieu enverra ses anges qui te porteront sur leurs mains de peur que ton pied ne heurte une pierre » « Tu ne mettras pas à l’épreuve le seigneur ton Dieu. » Tout ceci est absent de l’évangile selon saint Marc que nous venons d’écouter en ce premier dimanche de Carême de l’année B. D’où la tentation très forte de penser, comme il m’est souvent arrivé, que le récit raconté par saint Marc nous dit et nous apprend très peu de choses sur Jésus et les tentations qu’il a affrontées au désert et dans sa vie, tentations que nous devons affronter, nous aussi, dans notre quotidien.

Telle est la grande tentation que je dois combattre avec vous : celle de penser que certains passages de la Bible sont peu utiles, très peu intéressants et moins incisifs. Du coup, nous sommes parfois tentés d’aller chercher des récits à notre image et à notre ressemblance, ceux qui nous conviennent et qui nous font plaisir. Je me rappelle encore en automne d’une réunion que nous avions entre Cléophas, aumôniers et responsables des Scouts et Guides de France de plusieurs Territoires de France, en Visio sur Zoom pour parler de conversion écologique ou d’écologie intégrale dans le mouvement. Au cours de la réunion quelqu’un, de Haut de France, prend la parole (Dieu merci je ne connais pas) dit qu’il fallait bruler la Bible, et en particulier l’Ancien Testament car la Bible est contre l’écologie, d’après lui. Imaginez-vous le choc ! Il fallait se maîtriser pour ne pas montrer ma colère ! Nous étions tous choqués ! Ou bien ce monsieur ne lisait pas bien la Bible, ou bien pour lui l’écologie est simplement une idéologie. Il s’est rendu compte de l’énormité de ses propos qu’il a quitté la réunion sans dire au revoir. C’est tellement facile derrière un écran !

Bref, quand on prend la Parole de Dieu, on s’adresse parfois à Dieu comme à sa secrétaire en lui demandant un texte à relire, à valider, à corriger avant de l’expédier… mais avec la forme et le fond que nous avons presque décidés au préalable… Je me rappelle d’une préparation de la veillée pascale dans une paroisse où une dame de l’équipe liturgique voulait enlever la lecture du livre de l’Exode relatant la « traversée de la Mer Rouge » parce que ce texte lui paraissait trop violent, aux antipodes de l’image qu’il se faisait de Dieu !

Cette tentation de faire le tri dans la Parole de Dieu est l’une que nous sommes appelés à combattre pendant ce temps de Carême où l’Eglise nous appelle à accueillir la Parole de Dieu telle qu’elle nous est donnée chaque jour ! Ce n’est pas nous qui la choisissons. Elle n’est pas à notre mesure, ni à notre image. Par et à travers elle, c’est Dieu lui-même qui nous parle et qui nous appelle à la conversion. Je vous propose, par exemple, en ce temps de Carême, comme le fait déjà un paroissien qui s’en est ouverte à moi, à prendre les 4 évangiles pour en faire une lecture continue, en nous arrêtant un peu plus sur les pages les plus ardues, les plus difficiles, celles qui nous semblent les plus déplaisantes et plus dures à méditer…. Le Carême nous invite à écouter ce que Dieu nous dit, même si cela ne nous fait pas plaisir et ne nous convient pas. Luttons contre la tentation de « nous faire un Dieu à notre image et à notre ressemblance », un Dieu que nous maîtrisons et que nous arrivons à contrôler, à mettre à notre service.

En ce temps de Carême où nous sommes appelés à lutter contre toutes les formes des tentations, luttons contre celles qui nous poussent à utiliser Dieu à nos fins humaines et égoïstes pour lui imposer notre domination. Luttons contre celle de nous approprier la Parole de Dieu et de ne l’écouter que quand elle nous convient sans nous heurter, quand elle ne nous trouble pas, quand elle ne nous appelle pas à la conversion, quand elle ne brime pas nos penchants mauvais, quand elle ne recadre pas notre orgueil, notre toute-puissance et notre besoin d’indépendance vis-à-vis de Dieu et des autres. En ce temps de Carême, je recommande à prière de toute la communauté paroissiale pour les 90 catéchumènes du diocèse de Toulouse, dont 6 de notre ensemble paroissial (Béatrice, Gelareh, Laurent, Luc, Paux-Alexis et Ombeline) qui vont vivre l’Appel Décisif cet après-midi à la Basilique Sainte Germaine de Pibrac, afin que la Parole de Dieu puisse les transfigurer, les convertir vraiment, pour qu’ils ressuscitent avec Jésus, le soir de Pâques, à travers le sacrement du baptême ! Amen

 

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de Carême, année B (2021)2021-02-22T19:01:57+01:00

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de l’Avent, année B (2020)

Mes chers frères et sœurs !

La fête de Noël arrive à grands pas ! Nous y sommes dans 4 jours ! ! Personnellement, je suis content de l’organisation. Sur tout notre ensemble paroissial, tout est prêt. Nous aurons 9 messes pour la veillée de Noël le 24 et 5 messes pour la nativité, le 25. Je voudrais remercier toutes les personnes qui, dans ce contexte compliqué, se sont mobilisé pour que tout soit bien organisé. Nombreux parmi nous sont tristes à cause du contexte, la famille qu’il ne pourront pas voir, alors que nous savons tous combien Noël est la fête familiale par excellence ici en France. Et pourtant, rien ne doit nous ôter la joie de Noël. Matériellement, c’est un peu la confusion, le bazard…. Mais là n’est pas l’essentiel de Noël.

La seule question qui en vaille vraiment la peine est celle de savoir si nous voulons de ce Dieu qui se révèle à nous à Noël à travers la naissance d’un petit enfant né de Marie à Bethléem ? Désirons-nous nous mettre en jeu, nous réveiller, nous réjouir, nous émerveiller devant cet Enfant-Dieu que nous attendons ?  Quoique nous vivions, quelles que soient les épreuves actuelles, Dieu continue à naître aujourd’hui encore dans nos vies, nos familles, nos communautés. Il vient nous visiter chaque jour ! Il nous provoque et, comme un mendiant, le Seigneur demande notre accueil et notre hospitalité. Il vient et frappe aux portes de notre cœur, fait irruption dans notre quotidien, au milieu de nos vies éprouvées et angoissées, au cœur de nos mouvements, migrations et déplacements dans un monde qui est devenu un grand village ! Dieu vient à notre rencontre dans et à travers l’Eglise que nous formons, en dépit de ses limites et faiblesses évidentes, mais qui sait se révéler comme une Mère qui donne la Vie, soutient l’espérance de ses enfants et sait se mettre à leur service, surtout quand les choses sont difficiles. Voici notre Dieu vient et veut naître, d’ici quatre jours, dans le cœur de chacun de nous. Mais, sommes-nous prêts pour l’accueillir comme Marie ?

Marie de Nazareth a été touchée par le Seigneur. Nous ne savons pas comment mais l’évangile nous dit qu’elle a eu la certitude d’une théophanie ou manifestation, de l’irruption de Dieu dans sa vie par la voix de l’archange Gabriel, l’archange messager de la Bonne Nouvelle de la part de Dieu.  Marie n’a pas rêvé, elle ne s’est pas faite des illusions. Elle a réellement fait une profonde expérience intérieure : celle de la rencontre avec Dieu à travers l’ange Gabriel.  En effet, Dieu se révèle toujours et se laisse trouver par ceux qui le cherchent en vérité ! La foi chrétienne est toujours une rencontre réelle et personnelle avec Dieu.

Dans l’évangile de l’annonciation que nous écoutons en ce quatrième dimanche de l’Avent, Marie comprend trois choses à travers la salutation de l’ange Gabriel.

D’abord qu’elle doit se réjouir ! Marie est invitée à entrer dans la joie du Seigneur. Même pour nous, Noël est une invitation à la Joie véritable. C’est l’invitation que Dieu nous a lancé depuis le Gaudete que nous avons célébré dimanche dernier. Malgré le contexte, Noël doit être un moment de joie véritable pour chacun de nous car à travers cette fête, Dieu nous manifeste son Amour en venant partager notre destin humain, pour nous transmettre un destin divin. Si nous sommes inquiets, angoissés à l’approche de Noël, profitons de ces quelques jours qui nous restent pour demander au Seigneur un cadeau, une grâce, celle de la Joie véritable à transmettre et à partager à Noël.

Ensuite, Marie comprend qu’elle est pleine de grâce, qu’elle est privilégiée. Nous aussi, Noël est porteur d’un privilège tout particulier :  grâce de Dieu nous est donnée si nous vivons Noël comme une expérience spirituelle, et non pas seulement comme un temps fête où nous devons manger, boire, offrir ou recevoir un cadeau, quel que soit le nombre limité que nous serons. Mangeons, buvons, recevons, donnons, partageons des cadeaux, mais n’oublions pas la grâce qu’apporte Noël pour chaque chrétien : Dieu qui s’incarne par amour pour nous pour que nous puissions partager sa vie nous aussi ! Tel est le privilège extraordinaire que seuls les chrétiens sont bénéficiaires par la foi. Nous sommes objets de la grâce de Dieu parce qu’Il précède et suscite lui-même notre conversion, il accompagne notre quête pour nous permettre de Le rencontrer réellement au moment favorable, en orientant nos décisions, surtout les plus difficiles.

Enfin, Marie a compris que le Seigneur est avec elle ! « Le Seigneur est avec toi » lui dit l’ange Gabriel à Marie. Noël n’est rien d’autre que la naissance d’Emmanuel, Dieu-avec-nous, Dieu-parmi-nous ! Ce même Dieu qui s’est penché sur Marie le fait encore chaque jour sur chacun de nous pour nous remplir de sa grâce et nous donner la joie parfaite, cette joie que nous avons contemplée à travers les diverses annonciations que nous allons écouter dans les lectures que la liturgie nous propose dans cette semaine avant Noël ! Cependant, il y a une condition à cette joie : nous vider, nous dépouiller de nous-même pour laisser que Dieu nous remplisse lui-même de sa présence. La salutation de l’ange est une invitation à la joie, car la foi chrétienne est fondée dans le fait de se savoir en compagnie de Dieu. C’est parce que Dieu est avec nous, quoiqu’il arrive, que nous sommes appelés à être toujours dans la joie et la confiance.

Marie est perturbée ! Comment de ne pas être perturbé par cette irruption, visite imprévue et improvisée de Dieu dans sa vie ? Marie est perturbée, presque angoissée mais l’ange la rassure : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu », et ajoute qu’elle sera bientôt mère ! Mais pas seulement ! En effet, l’ange dit à Marie que son enfant n’est pas comme les autres enfants : « Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie a bien compris ! L’enfant que l’ange lui annonce est bien le Messie ! C’est énorme ! L’ange ne se rend pas compte qu’elle est en train de parler d’une chose inconcevable à cette jeune femme vierge. Quelqu’un disait que les anges devraient prendre des cours en techniques de communication et des leçons basiques de psychologie humainepour s’adresser à nous de la part de Dieu, et atténuer ainsi le choc de leur message qui chamboule nos vies.

Dieu fait irruption dans la vie de Marie pour la rendre féconde, pour faire en elle et à travers elle des choses extraordinaires, pour faire naître en elle un enfant qui sera la source de bénédiction pour toute l’humanité ! Ce que Dieu a fait en Marie, il veut le faire aussi en moi et pour chacun de nous aujourd’hui. Marie, comme fille d’Israël, sait que tout le peuple attend un libérateur, un sauveur, un nouveau David qui redonnera courage et gloire au peuple élu de Dieu… Marie se rend compte que tout cela est en train de se réaliser en ce moment, en elle, pour elle et par elle. C’est cela qui perturbe encore plus Marie ! Ce serait tellement beaucoup si chacun de nous permettait à Dieu de changer le monde, de le rendre meilleur, de le sauver à travers notre joie, notre Espérance et notre vie engagée dans le monde et dans l’Eglise.

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme » Ce sont les premières paroles de Marie dans l’évangile ! Jusque-là, nous imaginons Marie toute tremblante, timide et intimidée… mais les choses sont différentes. Dans l’Annonciation, Marie tient tête à l’ange Gabriel. Elle réagit avec fermeté, déterminationet lucidité ! Les premières paroles de Marie sont une demande de précision, d’explications complémentaires pour mieux comprendre ce qui se passe ! Marie est une femme croyante, intelligente, posée, qui aime les choses bien concrètes et claires, les pieds à terre ! Ainsi, elle interroge le messager de Dieu !  C’est comme cela que doit réagir un chrétien. La foi est un don de Dieu. Ce n’est pas notre intelligence qui fait naître la foi en nous mais la foi que nous recevons de Dieu interroge ensuite notre intelligence pour mieux comprendre, mieux en témoigner et pouvoir en rendre compte dans la société. Le Dieu en qui nous croyons, Celui qui s’incarne à Noël est un Dieu qui nous ne nous traite pas comme des esclaves ! Il est notre Père et nous sommes ses enfants, ses amis et Il écoute nos questions et questionnements.

L’ange doit ainsi expliquer un peu plus les choses à Marie qui sait que pour avoir un enfant, il faut connaître un homme ! Alors, comment cela va se produire sans relation sexuelle ?  L’ange Gabriel essaye de donner quelques explications mais tout cela est peu concret pour Marie. Pourtant, Marie donne son oui librement ! Elle sait que sa vie ne lui appartient pas, qu’elle est toute donnée. Sa réponse est précise et directe ! Sa disponibilité est toute donnée à Dieu sans demi-mesure ! Marie a donné un oui généreux pour que puisse naître le Seigneur. Puissions-nous aussi donner notre oui afin que ce Noël soit une occasion de laisser naître Dieu dans nos cœurs. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du IV° dimanche de l’Avent, année B (2020)2020-12-21T17:42:20+01:00

Homélie du Père Joseph du III° dimanche de l’Avent, année B (2020)

Mes chers frères et sœurs,

Noël approche, mais le contexte est difficile ! Si chaque année, à l’approche de Noël, on parle beaucoup de courses, shopping, de cadeaux, des repas familiaux… cette année, nous voyons que tout cela est mis à mal par la crise sanitaire, avec la montée récente des tests positifs, et les dernières mesures gouvernementales. Pas de besoin de polémiquer entre le Black Friday que certains voulaient voir remplacé par le Green Friday, l’espérance de se retrouver en famille qui se heurte à la jauge de 6 personnes, en évitant d’embrasser les grands-parents ! Beaucoup hésitent encore à aller voir les grands-parents, ou ceux-ci leur ont demandé de ne pas venir… pour ne pas les mettre en danger.  Au niveau ecclésial, nous espérions un Noël célébré sans trop contraintes et jauge, mais là aussi, nous devons faire avec les mesures actuelles. Je pense aussi à ceux parmi nous qui sont inquiets pour leur vie professionnelle, le boulot perdu ou qu’ils risquent de perdre d’ici janvier.  Tout cela nous inquiète à 10 jours de Noël.

Alors, comment garder la joie ? Comment se réjouir et donner de la joie autour de nous dans ce contexte ? C’est pourtant l’appel de la Parole de Dieu de ce troisième dimanche de l’Avent appelé aussi le « Gaudete ». En effet, la liturgie nous appelle à vaincre la peur, le pessimisme, les inquiétudes et la méfiance…qui nous empêcheraient d’entrer déjà dans la joie de Noël : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. » nous dit Isaïe dans la première lecture. Le Psaume du jour reprend le cantique d’action de grâce de Marie qu’on appelle le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! ». Dans la deuxième lecture, saint Paul nous dit : « Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus »

Pour entrer dans la joie de Noël, déjà aujourd’hui, en dépit du contexte, demandons au Seigneur d’ouvrir nos yeux, nos oreilles pour voir sa présence et tout ce qu’il accomplit en nous et à travers nous, à travers ces hommes et femmes qui, aujourd’hui encore, sont des témoignages vivants qu’un monde meilleur, plus fraternel, plus juste, plus solidaire est possible. Soyons dans la joie de contempler autour de nous des gens qui ont envie de partager. Je pense en particulier à des organisations comme le CCFD pour lequel nous faisons la quête ce dimanche.  Des gens partagent et accueillent, parce qu’en accueillant les autres, nous accueillons Jésus qui pris notre humanité avec ses souffrances. Quelle joie d’appeler un paroissien ce jeudi matin et de l’entendre dire : «  non, je ne suis pas au travail, mais au Resto du Cœur pour donner un coup de main ! ». Des parents,  animateurs d’aumônerie, adultes et jeunes de notre ensemble paroissial qui, il y a quelques jours ont passé la journée dans les commerces pour la collecte de la  Banque Alimentaire ! ». D’autres  qui font des maraudes avec les jeunes de notre ensemble paroissial… Cette semaine, avec deux paroissiens, nous avons passé presque des heures à essayer trouver un logement pour une famille d’immigrée, 5 enfant dont l’ainé à 6 ans et les trois derniers, des triplets, ont deux à peine, mais qui sont expulsés de l’appart city om ils étaient logés et qui risquent, en pleine hiver et pendant la crise sanitaire, de se retrouver dans la rue ! Et le soir, une animatrice d’aumônerie qui me dit : « Père Joseph, cette famille peut venir chez moi mardi. Certes c’est temporaire, mais il ne faut pas les laisser dehors en pleine hiver ! » et dans la foulée, une autre paroissienne qui proposer d’accueillir cette famille pour un mois. Nous avons appris que 20 étudiants ont demandé le baptême à la paroisse étudiante depuis la rentrée. Des adultes et des jeunes, de plus en plus nombreux retrouvent ou reviennent à la foi, demandant le baptême, la communion ou la confirmation sur notre ensemble paroissial.  Je pense aussi à tous ces engagements pastoraux, associatifs, dans les groupes et mouvements que beaucoup autour de nous déploient pour que la vie continue !

Tous ces exemples sont source de joie qui va au-delà du climat maussade que nous traversons, et nous montrent que Jésus est venu nous transmettre la joie d’une vie pleine et heureuse de la part de son Père, une joie qu’aucune situation malheureuse ne devrait nous voler. Ne vous laissez pas voler votre joie d’être aimé par Dieu, en Jésus, dirait le pape François. C’est pour cela que nous devons avoir un regard qui sache voir plus loin, au-delà de l’immédiat, de l’ici et maintenant, pour réaliser que notre monde peut changer et qu’il est d’ailleurs en train de changer par cette prise de conscience collective que l’incarnation de Dieu à Noël est source de joie parce que Jésus se fait l’un de nous pour nous transmettre la vie en plénitude.

Se réjouir n’est pas d’abord une émotion, mais un geste de volonté. Nous pouvons être dans la joie, même au cœur de nos épreuves.  La joie chrétienne n’est pas la joie passagère de nos moments de bonheur paisible, d’excitation physique ou émotionnelle, l’entrain de nos satisfactions, la joie fragile selon les saisons de l’âme ! Pour la foi chrétienne, la joie n’est pas l’ennemi de la souffrance et des drames de la vie ! La preuve, c’est que nous croyons en un Dieu qui est passé par le drame du rejet et de la mort en croix. La joie chrétienne n’est pas une joie passagère comme le retour du soleil après l’orage ou du printemps après l’hiver, mais une joie inaltérable, joie du disciple qui croit au Christ vivant et qui reçoit de lui une vie capable de traverser même la mort. Dans ce que nous vivons aujourd’hui, dans nos épreuves, dans les secousses du monde, il nous faut garder cette joie profonde, la joie d’être frères et sœurs du Christ dans nos épreuves, la joie de l’amour indéfectible du Père. Jésus nous a dit que rien ne peut nous arracher de sa main ni de la main du Père.

C’est l’espérance qui fonde cette joie qui me permet de vivre la douleur actuelle avec confiance. Cela se nourrit dans la prière. C’est dans le cœur de Jésus que nous puisons la joie véritable. Il nous dit en effet que si nous croyons en lui et suivons ses commandements nous serons dans la joie, et notre joie sera parfaite !  Saint Paul le dit aussi aux Thessaloniciens. Il s’agit ici d’une prière qui n’est pas l’insistante demande que Dieu résolve nos problèmes, mais l’abandon confiant en Celui qui peut me donner la force d’affronter toute sorte de nuit et de douleur. « Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance ». Il est encore possible de grandir dans l’action de grâce, dans prière de joie et de louange, en dépit de nos épreuves. Dommage que le confinement nous ait privé de notre soirée de louange pendant le temps de l’Avent, mais j’espère nos maisons sont de lieux de louange et de cette joie d’être infiniment aimés de Lui.  Le Christ peut apporter cette joie dans nos cœurs si nous le désirons, en laissant que l’intériorité reprenne toute sa place dans notre vie personnelle, car seule âme qui cultive l’intériorité et la prière grandit dans la joie douce que donne le Saint Esprit qui souffle sur nous comme une brise légère et se laisser habiter par la joie de Dieu, au cœur de nos vies tourmentées, en reconnaissant nos limites.

Pour cela, nous devons connaitre qui nous sommes vraiment, connaitre notre identité profonde, notre vocation, trouver ce à quoi Dieu nous appelle, au lieu de porter des masques (je ne parle pas des masques antiCovid, même si j’espère et prie que nous en soyons libérés le plus vite possible !). Porter un masque, pour moi ici, c’est cette tentation que nous avons à mener une vie théâtrale, dans laquelle nous jouons des rôles qui ne nous appartiennent pas vraiment. Nous devons trouver notre voie, chercher la vérité de notre vie et reconnaitre nos limites comme Jean-Baptiste qui reçoit la visite des envoyés du sanhédrin. Ceux-ci l’interrogent sur sa mission et son identité. Jean est tellement vrai, loin de la culture de l’image, des apparences qu’il n’a pas peur de ces autorités religieuses. Tellement humble, il refuse de profiter de sa notoriété pour gonfler son rôle et sa mission.

« Qui es-tu », lui demandent-ils ? Jean est clair ! « Je ne suis pas le Christ ». Ceux qui l’interrogent auraient bien voulu qu’il réponde par l’affirmative. Jean-Baptiste refuse de prendre la place du Christ, de se faire passer pour Dieu, de céder à la plus sournoise des tentations, ce délire de toute-puissance qui est en chacun de nous et qui naît de notre orgueil…. Jean-Baptiste veut garder son identité de précurseur, de témoin. Lui aussi, comme les autres pénitents au Jourdain est un homme en recherche de Dieu. Jean nous donne un conseil : reconnaitre ses limites est une source de joie ! Quand j’accepte ma vie, qui je suis, je suis heureux. Mais dès que je commence à désirer la vie des autres, je deviens jaloux, rancunier, voleur, menteur, et du coup, je deviens triste… C’est en accueillant nos limites et nos fragilités que nous pouvons accueillir ce Dieu qui naît à Noël et qui nous apporte la vraie joie.

Qui es-tu alors ? Qui sommes-nous au fond ? La logique du monde nous dit que nous sommes ce que nous produisons, ce que nous consommons, ce que nous donnons à voir en public, le salaire que nous gagnons chaque mois, la voiture que nous conduisons…. Jean-Baptiste nous rappelle au contraire que la joie n’est pas dans tout cela, que cette logique est illusoire et mensongère, qu’elle nous éloigne de la vraie joie. Jean-Baptiste a découvert ses limites, ce vide qui le rend capable d’attendre lui aussi le messie. Alors, qui es-tu ? Es-tu un mystique, un provocateur, un guru ? Non, Jean-Baptiste n’est pas tout cela. Il est une voix ! Voix qui témoigne, voix qui interpelle, voix qui appelle à l’accueil du messie, à la conversion, à la joie véritable ! Puissions-nous aussi être, en cette période de l’Avent, des voix qui appellent vraiment à vivre Noël autrement, dans la Joie, dans la Foi. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du III° dimanche de l’Avent, année B (2020)2020-12-15T18:33:03+01:00

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de l’Avent, année B (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Continuons, dans nos maisons et dans nos communautés, à préparer la naissance de Jésus, et surtout, n’oublions pas ce qui est le cœur de Noël : en Jésus veut naitre dans la vie de chacun de nous.  Nous sommes en chemin, en attente, et sur ce chemin, les évangiles (que vous allez recevoir tout à l’heure, vous les catéchumènes) nous présentent plusieurs visages qui nous accompagnent pendant le temps de l’Avent. Aujourd’hui, je voudrais en mentionner deux. D’abord, un visage féminin et maternel, celui de Vierge Marie, l’incontournable icône à contempler pendant le temps de l’Avent pour sa confiance, son accueil de la Parole dans son cœur, dans son sein. Il y aussi un autre visage, masculin, plus virile, celui de Jean-Baptiste que l’évangile de ce dimanche nous présente. On ne peut parler vivre l’Avent sans penser à Jean-Baptiste, l’humble Précurseur qui nous invite à préparer nos cœurs, à aplanir la route, rendre droits les sentiers, abaisser en nous ces nombreuses montagnes qui risquent d’empêcher la rencontre avec le Messie qui vient. Il est sec, transparent, sans mystère et ne se laisse pas séduire par la tentation de se faire passer pour le Messie.

Le visage de Jean-Baptiste est un appel à la conversion pour nous ! Il nous invite à regarder la vérité sur les choses qui nous entourent, nous angoissent, nous préoccupent mais surtout vérité sur nous-même, sur notre vie, sur notre foi appelée à se purifier pour se conformer chaque jour à Jésus que nous voulons suivre pour devenir ses disciples. Cela va s’adresse en particulier à ces 5 catéchumènes qui, à travers ce rite de l’entrée en catéchuménat de ce dimanche 6 décembre, font officiellement leur demande à l’Eglise pour devenir chrétiens. Demander le baptême, devenir chrétien, signifie pour nous creuser en nous le désir de se rapprocher davantage de Jésus qui fait de nous des créatures nouvelles, au lieu de rester dans la routine d’une vie passée, avec les casseroles et blessures que nous trainons parfois.  Pour Jean-Baptiste, le message est simple : en acceptant son baptême de conversion, le peuple se met en marche pour cheminer avec Dieu qui veut nous sauver en nous faisant découvrir son Amour qui renouvelle en profondeur notre vie personnelle.

La figure de Jean-Baptiste est très austère. Il porte un « vêtement de poils de chameaux, une ceinture autour des reins et mangeant des sauterelles et du miel sauvages ».  Je voudrais m’arrêter un peu sur l’habillement et le régime alimentaire de Jean-Baptiste parce que si saint Marc le souligne, c’est pour nous transmettre un message. D’abord son vêtement de poil de chameaux ! Heureusement que le mouvement Extinction Rébellion, n’existait pas encore à l’époque de Jean-Baptiste ! Le poil de chameau !  Dans la conception sémitique de l’époque, on pensait que le chameau était l’unique animal capable de traverser le désert sans perdre d’orientation et sans mourir. Un animal intelligent et très résistant aux aléas du désert qui est le symbole de la faim, de la soif, des dangers, et donc d’une mort possible.  Notre Seigneur a traversé le désert de la mort et en est sorti vainqueur par son Amour et il est vivant pour toujours.  Saint Marc, comme un bon catéchiste (on dit que l’évangile de Marc est celui du catéchiste par sa simplicité et sa pédagogie), en mentionnant cet habillement de poil de chameau, invite les chrétiens à chercher à revêtir le Christ, dans notre manière de vivre, de penser et d’agir. Devenir chrétien, c’est se revêtir de l’Evangile, de l’Amour de Dieu pour nous, embrasser la logique du bien. Nous nous revêtons du Christ qui nous permet de traverser notre quotidien marqué malheureusement par des épreuves de toute sorte, des dangers, des tentations. Saint Paul nous rappelle que rien ne peut nous séparer de l’Amour de Dieu en Jésus qui est mort pour nous ! Pendant ce temps de l’Avent, et ce cheminement vers le baptême, ouvrons au Christ notre coeur pour vivre de son Amour.

Saint Marc nous dit ensuite que Jean-Baptiste portait une ceinture autour de rein. Pendant l’Exode, le peuple hébreu était appelé à nouer son habit d’une ceinture, (comme quand on noue son aube par un cordon) pour pouvoir marcher librement, pour ne pas piétiner son habit, ne pas glisser et tomber, et surtout pour parcourir plus rapidement le chemin vers la Terre Promise. Nous sommes appelés, surtout en ce temps de l’Avent, à aller de l’avant, à avancer, à nous empresser pour entrer dans la plénitude de vie qui nous attend. Pour cela, mettons en place des mécanismes humains et spirituels pour ne pas tomber en glissant sur les distractions, les tentations, les épreuves…qui risquent de ralentir notre marche ou de nous faire changer de destination ou de direction. Cela veut dire que nous devons être attentif à garder le cap, être déterminé à ne suivre que Jésus jusqu’au bout : c’est le choix que font les catéchumènes dès l’entrée en catéchuménat (et le jour du baptême) en renonçant au mal et à d’autres divinités qui pourraient nous détourner de Jésus.

Jean Baptiste se nourrit de miel sauvage. Du miel, même sauvage, c’est quand même du miel ! Dans toute la Bible, le miel est le symbole de la Parole de Dieu.  En soulignant le régime alimentaire de Jean-Baptiste, l’évangéliste-catéchiste saint Marc nous rappelle que pour marcher à la rencontre et à la suite de Jésus, nous devons nous nourrir de la Parole de Dieu. Rappelez-vous que lors des tentations au désert, le diable avait demandé à Jésus en lui demandant de transformer les pierres en pains pour nourrir son corps affamé des 40 jours de jeûne. Jésus lui avait rétorqué que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». En ce temps de l’Avent où spontanément nous sommes appelés à nourrir et vêtir nos corps (achats et fête de Noël), n’oublions de nourrir notre âme par la Parole de Dieu et par la prière. La Parole de Dieu, écoutée, priée, méditée est une nourriture qui fortifie l’âme, une lampe, une lumière sur notre route et nous aide y voir où le Malin veut nous tenter dans notre quotidien. Pendant  l’Avent, tout votre cheminement vers le baptême, et pas que, ouvrons les Evangiles, la Parole de Dieu pour s’en nourrir.

Le temps de l’Avent est un temps d’attente du Sauveur qui vient combler nos vies et étancher ces soifs, petites et grandes que nous ressentons en nous. En ce temps d’Avent, apprenons à discerner nos désirs les plus profonds pour les présenter à Jésus Sauveur. Mais, rappelons-nous aussi que le Sauveur ne vient pas que pour moi, mais pour toute l’humanité. Noël n’aura vraiment tout son sens que si je me soucie des faims et soifs des hommes et femmes qui nous entourent, et si nous faisons de notre mieux pour qu’aucun être humain, et plus particulièrement les plus pauvres les personnes malades, isolées….ne puissent penser que Noël, c’est la fête de certains seulement, et pas de tous. Non, Noël est bien la fête de toute l’humanité, même des non-chrétiens car à Noël, Dieu embrasse notre condition humaine pour nous faire partager sa divinité. Ainsi, pendant l’attente de l’Avent, ouvrons nos yeux pour voir, nos oreilles pour entendre les cris de nos frères et sœurs qui ont besoin d’être sauvés des différentes prisons, de la solitude, de l’isolement, de la pauvreté, du froid, de la maladie, de différentes addictions, de la peur de perdre sa famille, son travail…. Attendre un Dieu solidaire qui a accepté de partager notre humanité par amour nous invite à vivre une attente, un avent plus solidaire, plus fraternel avec le monde qui nous entoure.

Dans l’évangile de ce jour, Jean-Baptiste prêche un baptême de conversion. Très souvent, nous prenons des résolutions pendant le Carême. Au cœur de l’Avent, le message principal du Baptiste est la conversion. Pour cela, il nous montre une attitude : l’humilité et simplicité. « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint » Jean-Baptiste reconnait humblement qu’il n’est pas le messie. Une leçon pour nous, pour notre monde tellement orgueilleux qu’il veut prendre la place du Créateur. C’est aussi l’humilité de Marie, l’humble servante du Seigneur. C’est cette même humilité simple que nous allons retrouver dans la crèche de Noël.

Pendant ce temps de l’Avent, demandons de nous convertir à l’humilité et à la simplicité dans ce que nous vivons dans nos maisons et dans nos communautés. Nos célébrations, comme nos rencontres familiales, cette année, n’auront pas la même intensité matérielle que les années précédentes à cause du contexte. Peut-être, dépourvu de cette dimension très solennelle et pompeuse, nous vivrons un Noël sombre mais de grande qualité, la sobriété heureuse dont parle le pape François, la belle simplicité que nous trouvons chez Jean-Baptiste et que nous contemplons dans le visage de la Vierge Marie, de saint Joseph, qui nous accompagnent pendant ce temps de l’Avent.

Homélie du Père Joseph du II° dimanche de l’Avent, année B (2020)2020-12-07T18:43:26+01:00

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de l’Avent, année B (2020)

Attendons Noël en restant éveillés !

Mes chers frères et sœurs !

Avec ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique, que nous espérons sera plus joyeuse que celle que nous avons vécu.   Saint Matthieu nous a accompagné l’an dernier avec son évangile, et cette année, nous cheminerons en compagnie de l’évangile selon saint Marc : le plus court des 4 évangiles, écrit dans un langage simple et pauvre, mais un évangile dense et profond. On l’appelle l »’évangile du catéchiste », car saint Marc, de manière graduelle, pédagogique, progressive et simple nous fait découvrir Jésus et nous met en sa compagniepour que nous puissions mieux Le connaître et L’aimer. En ce premier dimanche de l’Avent, en compagnie de saint Marc, mettons-nous donc en route, pour accueillir Jésus qui vient nous sauver.

L’attente du Messie ne peut être passive : nous devons nous mobiliser, rester dynamique, nous bouger, resteréveillés et en action pour accueillir le Sauveur. Le temps de l’Avent me fait toujours penser à un couple qui attend un bébé : dès que madame sait qu’elle est enceinte, toute la famille est dans la joie et commence déjà à préparer la venue du bébé : ses habits, sa chambre, changer de voiture, arrêter de boire et de fumer peut-être pour la maman, contrôler son hygiène de vie et tout cela par amour pour le bébé qui va naître. Comme nous l’avons proposé aux enfants du KT avec le calendrier de l’Avent, j’invite tout le monde à se mettre en marche, en ce temps de l’Avent en posant concrètementchaque jour un petit geste qui montre que nous avançons dans la joie vers Jésus qui vient nous sauver.

Pour préparer la venue de Jésus et mieux l’accueillir, voici quelques moyens.

D’abord la confiance : faire, avoir confiance, entre en confiance nous permet d’avancer. Il y a des périodes de la vie où la confiance doit être plus forte en nous.  Dans le contexte difficile que nous traversons, avec toutes les incertitudes qui entourent ce temps de l’Avent et Noël, la crise sanitaire et tous les dégâts psycho-socio-économiques…que nous subissons, il nous faut la grâce de la confiance. Confiance en Dieu qui nous accompagne et qui nous a dit qu’il « sera avec « nous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». Dieu ne nous abandonne jamais. Cependant, quelques fois, surtout quand les temps sont durs, nous risquons de l’abandonner en pensant que Dieu ne fait rien, qu’il nous laisser nous débattre tout seul dans notre misère. Beaucoup de psaumes, (comme le psaume 22) expriment ce sentiment d’abandon :  le psalmiste le crie sa misère, le fait de se sentir abandonné par le Seigneur mais tous finissent par un cri de louange et de confiance en Dieu. Oui, nous traversons des épreuves depuis presque une année. Mais le cadeau que nous pourrions à la fois demander et donner au monde qui nous entoure, c’est la grâce de la confiance en Dieu, notre Sauveur. Nous attendons le Messie, Celui qui nous sauve.

La confiance en Dieu doit se manifester à travers la confiance que nous avons envers nous-même. Quand nous sommes éprouvés, nous perdons nos moyens, nous pensons que nous ne sommes plus capables de rien, nous perdons confiance en nous-même. Le Seigneur vient nous demander de nous réveiller, de ne pas baisser les bras, de nous remettre debout. C’est aussi le moment de manifester notre confiance envers les autres, ceux qui sont autour de nous, et je voudrais vous inviter, en ce temps de l’Avent où pullulent des théories du complot, à faire confiance aux autorités qui nous gouvernent, ceux qui nous soignent et qui doivent prendre des décisions par très difficile même si stupidité de certaines de leurs décisions nous incitent à la méfiance.

Ensuite, l’accueil : Le temps de l’avent, c’est se préparer à accueillir le plus beau cadeau. Oui, je sais que tout d’un coup certains pensent aux cadeaux matériels qu’ils pensent donner ou espèrent recevoir à Noël ! Ca va risque d’être compliqué avec le confinement et les restrictions dans les commerces. Le cadeau que nous accueillons ici, c’est Jésus, Dieu fait-homme. Pendant l’avent, je vous invite à vous accueillir les uns les autres comme des cadeaux. Oui, je sais que souvent l’autre qui est en face de vous, celui avec qui vous partagez la vie (conjoints, amis), ceux qui vous ont donné la vie (parents) ou auxquels vous avez donné la vie (les enfants et petits-enfants) sont parfois comme des boulets et vous avez du mal à voir en eux un quelconque cadeau. Ils sont parfois comme ces cadeaux que vous recevez et dont vous n’avez qu’une envie : le revendre sur un de ces sites de vente en ligne le Bon coin ou de particulier à particulier. Mais, accueillir et recevoir l’autre comme un cadeau, n’est-ce pas reconnaitre qu’il est différent et porte en lui des qualités au-delà des défauts ? Le jour du mariage, on reçoit son époux, son épouse. Dans la fécondité, on accueille les enfants que Dieu nous confie. Dans l’Eglise, on reçoit les membres de la communauté, pasteurs ou fidèles laïcs que nous n’avons pas choisis. Même le collègue de travail, le voisin de quartier, nous ne les avons pas choisis : nous nous sommes retrouvés dans la même rue, le même immeuble sans l’avoir voulu.

Alors, nous avons le choix entre nous focaliser sur leurs défauts, ce qui nourrira des tensions et des conflits entre-nous, ou alors voir en eux et à travers eux une parcelle du visage de Dieu fait homme en Jésus. En chaque humain que je rencontre, il y a des traces du visage de Dieu qui s’est fait homme. Alors, je vous conseille, en ce temps de l’Avent, comme nous le recommandait Mgr Le Gall, à voir le bien, à dire le bien et faire le bien envers les personnes de notre famille et ceux que nous rencontrons autour de nous. Comme nous l’avons recommandé aux enfants de l’Eveil à la Foi en leur proposant de préparer un petit gâteau, écrire une carte et l’apporter à un voisin, de même, je vous invite à vous accueillir en posant quelques gestes qui vous rapprochent les uns des autres, au-delà de ce qui pourrait vous éloigner.

L’Avent un temps favorable l’accueil du salut : quatre semaines à vivre, non pas comme une succession des jours et des nuits, mais comme un kaïros, c’est à dire temps favorable et du salut, en compagnie de Marie qui accueille le salut dans son cœur et dans son sein. Comme la Vierge Marie, laissons le Saint Esprit féconder nos cœurs, laissons naître et grandir Jésus chaque jour en nous, dans nos communautés, nos familles, car Jésus veut entrer dans l’histoire personnelle de chacun pour l’habiter et la transfigurer si nous l’accueillons dans la joie.

Enfin, la luttons contre tout découragement. Dans la première lecture, le peuple d’Israël est découragé parce qu’exilé à Babylone. C’est une sorte de pandémie déprimante comme celle que nous subissons. Le peuple a vu toutes ses certitudes et tout ce qui faisait la fierté d’Israël effondrer, comme vous voyons nos certitudes scientifiques et notre système économique s’effondrer depuis un an à cause de la Covid19 ! Le peuple d’Israël n’a plus de roi (lui aussi réduit en esclavage), la ville de Jérusalem et son temple ont été détruits et le peuple vit en exil chez des païens à Babylone. Bref, le peuple a perdu toute sa fierté et toutes ses garanties ! Il ne lui reste qu’une chose : compter seulement, simplement mais fermement sur Dieu, comme nous pouvons le lire dans la première lecture : « Car tu nous as caché ton visage, tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes. Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père.Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main ».

D’une certaine manière, nous pouvons nous comparer au peuple d’Israël qui prend conscience de sa finitudepour se tourner vers le « Dieu qui sauve ». Nous aussi, ce virus nous montre que nous sommes marqués par la finitudeontologique. Notre monde pense parfois pouvoir se sauver lui-même, l’homme pensant par la science, se substituer à Dieu, mais nous nous rendons compte ave ce que nous vivons que nous avons besoin d’être sauvé par Dieu. Puisse la crise que nous traversons purifier notre foi pour reconnaitre que nous avons besoin de Dieu pour être sauver. Nous ne pouvons pas nous sauver nous-même. L’Avent nous rappelle que Dieu vient nous sauver si nous le reconnaissons comme notre seul Rédempteur et Sauveur !

Pour terminer, Jésus nous appelle à veiller : « Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » Nous commençons un mois de réveil intérieur, pour que Noël se réalise dans notre cœur. Jésus est déjà né, évidemment dans ton cœur parce que tu es dans cette église pour célébrer l’eucharistie. Il est né, si tu as déjà décidé de te libérer d’une foi qui est tiède et superficielle. Il est né si tu as pris la résolution, l’engagement de te convertir. Jésus est déjà né en toi, si tu t’es mis à chercher Dieu de tout ton cœur. Rester éveillé, c’est veiller sur les autres, en communauté, dans le quartier, en famille ! Veiller par la Parole de Dieu pendant ces 4 semaines. Veiller dans la prière, autour des crèches mises en place dans nos maisons ! Veiller aux cris des pauvreset des petits. Veiller à cette planète magnifique que Dieu nous a confiée et aux créatures qui nous révèlent le Dieu Créateur. Il ne s’agit pas de passer la nuit sans dormir, mais de ne pas laisser le quotidien et les soucis nous endormir, pour être chaque jour prêt à accueillir dans la joie l’imprévu de Dieu qui vient nous sauver. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du I° dimanche de l’Avent, année B (2020)2020-11-26T19:04:36+01:00

Homélie du Père Joseph du Christ Roi de l’Univers, année A (2020)

Ces œuvres de miséricorde qui nous sanctifient et nous sauvent.

Mes chers frères et sœurs !

Avec la fête du Christ-Roi, nous clôturons l’année liturgique, une année que beaucoup aimeriez vite oublier. Quelqu’un me confiait hier son envie de tourner sans tarder la page et oublier l’année 2020 avec son lot des malheurs. Beaucoup de chrétiens étaient impatients d’en finir aussi avec cette année liturgique dans laquelle nous n’avons même pas pu célébrer les grands mystères de notre foi à cause du confinement : un carême et un temps pascal confinés, des mariages, premières communions, confirmations, profession de foi reportés à cause du confinement.  On a eu beaucoup de chance pour la Toussaint…! Il est donc bien normal de vouloir oublier cette année liturgique.

Mais, aujourd’hui, comme on le fait le 31 décembre, en fin d’année civile, je vous invite à faire une relecture de cette année liturgique confinée pour y voir, malgré tout, les grâces vécues et reçues du Seigneur. Alors, cette fête du Christ Roi de l’Univers, loin de nourrir en nous quelques nostalgies monarchiques (il parait qu’il y a beaucoup de nostalgiques de la monarchie en France), cette fête nous invite humblement, à rendre grâce à Jésus notre Roi qui conduit notre vie et nous invite à travailler pour que son règne advienne ! Cette image du Christ Roi de l’Univers, -pour certains, un peu vieillotte, – veut réaffirmer une donnée importante de la foi chrétienne : Jésus, ce charpentier de Nazareth, ce juif marginal qui a vécu il y a un peu plus de deux mille ans, condamné, couronnée d’épines et mort en croix, c’est vraiment Lui le Vrai Roi de l’Univers, l’Alpha et l’Oméga, celui qui donne sens à notre vie et à l’histoire de l’humanité. Ses bras ouverts en croix, attirant à lui tous les hommes, nous invite à lever les yeux vers lui, mais les pieds solidement enracinés dans notre histoire présente. C’est dans cette tension dialectique entre les yeux levés vers ce Roi Crucifié qui nous ouvre ses bras et nos engagements concrets dans ce monde, que nous trouvons le Salut.

Nous sommes déjà suffisamment angoissés par le contexte que nous traversons. Et comme si cela ne suffisait pas, l’évangile de ce dimanche vient en rajouter un peu à cette angoisse déjà lourde ! Nous n’aimons pas contempler ce Dieu Juge implacable qui nous fait peur que saint Matthieu décrit.  Cette semaine, j’ai rencontré un paroissien qui prend de l’âge et qui réalise qu’il n’en a plus pour très longtemps ici-bas. Lui qui n’avait pas peur de la mort, depuis quelques mois, il a peur du jugement de Dieu. Il a beaucoup pleuré en pensant à sa vie passée qu’il regrette évidemment, chacun de nous. Nous avons partagé avec lui le Psaume 50 dans lequel le roi David se reconnait son péché et demande pardon à Dieu.

Qu’on le veuille ou pas, cet évangile nous parle du Jugement Dernier, une donnée de la foi chrétienne que nous avons parfois tendance à oublier parce que,- comme disait un jour, lors d’un enseignement, Mgr Olivier de Germay, l’archevêque nommé de Lyon-  nous désirons professer la foi en un Dieu non pas Juge implacable et dur, mais un Dieu plein d’amour et de tendresse… au point de le prendre pour un « Baba cool » qui nous nous fait aucun reproche, un Dieu tellement cool au point de nous caresser dans le sens du poil.  La preuve, quand nous célébrons les funérailles : cet évangile est parmi ceux qui sont proposés dans le lectionnaire des funérailles.  Mais, curieusement presque toutes les familles aiment s’arrêter à la première partie et n’aiment pas lire la deuxième partie qui nous dérange en mettant en lumière le côté obscur de notre vie, de la vie du défunt.

La clef de lecture de cet évangile, c’est ce qu’on appelle l’option préférentielle pour les plus pauvres. Jésus, Bon Berger et Roi de l’univers accueille les brebis qui l’ont reconnu à travers le visage du plus pauvre, du plus faible, du persécuté, de l’affamé, l’assoiffé, l’étranger, du prisonnier. Dans la Bible, il y a sans cesse la valorisation de tous ces gestes de compassion envers les petits, les faibles et les pauvres. Jésus dit explicitement que c’est de lui dont nous prenons soin en étant attentifs aux petits. Le Seigneur s’identifie à la personne écrasée par la vie. Le message de Matthieu est clair : notre rencontre avec Dieu, la foi véritablement chrétienne change notre mode de voir les autres et de vivre avec eux. Dieu est présent dans le visage défiguré de nos frères et sœurs blessés. Réalisez d’ailleurs que Jésus ne parle pas de « bons pauvres », « des pauvres gentils » ou des prisonniers innocents victimes d’une erreur judiciaire ou du prisonnier meurtrier,  de  l’étranger que nous choisissons et l’ autre que nous souhaitons inconsciemment voir se noyer dans la Méditerranée. Même dans le pauvre qui a tout perdu à cause de sa propre faute parce qu’il a trop dilapidé sa richesse ou dans le prisonnier meurtrier condamné à perpétuité, nous pouvons toujours reconnaitre quelques traces du visage de Dieu.

Dans la deuxième partie de cet évangile, celle que nous n’aimons pas entendre… Jésus rappelle que celui qui ne le reconnait pas dans le pauvre, l’étranger, le malade, l’assoiffé et l’affamé sera jeté dans le feu de la Géhenne ! Oh, pardon, de vous avoir choqué en parlant de la Géhenne, de l’Enfer ! Il parait que beaucoup de chrétiens ne croient pas que l’Enfer existe ! Si, l’Enfer existe vraiment. Jésus nous en prévient… même si sa volonté est qu’aucun de nous ne puisse y ailler : « Or la volonté de mon Père, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a confié, mais que je les ressuscite tous au dernier jour ». Si nous refusons librement, de croire en Dieu, de L’aimer et Le reconnaître, à travers nos frères et sœurs, l’enfer est le terminus vers lequel nous nous dirigeons si nous ne changeons pas de cap.

Que va-t-il donc se produire à la fin des temps quand Jésus viendra juger les vivants et les morts, comme nous le disons dans le Credo ? Cela est écrit noir sur blanc dans l’évangile ! Mettons de côté ce petit tableau comptable Excel sur lequel nous avons mentionné seulement le compte du nombre des messes célébrées ou vécues, même pendant le confinement, derrière notre écran, les heures de prières, les pèlerinages, des confessions, les adorations, les soirées de louanges, les rosaires…. Tout cela est bien et nécessaire pour notre salut, mais Jésus nous dit que cela reste insuffisant. Le Seigneur- Roi de l’Univers et Juge nous demandera si pendant notre vie, nous l’avons reconnu dans le pauvre, le faible, la personne fragile, la personne âgée abandonnée, isolée dans une maison senior ou dans son appartement, le parent insupportable, l’étranger qui, de surcroit, n’est pas de votre religion… Oui, vous l’avez bien compris : le Jugement Dernier se fera sur ce que nous aurons fait pendant notre pèlerinage terrestre.

La foi chrétienne est concrète et transforme notre vie, pas seulement des paroles et des concepts théologiques ou spirituels. La prière véritable contamine et irrigue notre vie, elle nous convertit en nous incitant à faire le bien autour de nous. La célébration eucharistique ne s’arrête pas à la sortie d’une église, mais elle se poursuit par le témoignage d’une vie donnée qui glorifie Jésus dans le quotidien de nos familles confinées, les voisins qui attendent une attention de notre part, les collègues de travail que nous n’aimons pas toujours, les membres de la communauté paroissiale qui nous manquent en ce temps de confinement…

Alors, oui, la prière, les sacrements dont nous sommes privés actuellement…sont moyens de sanctification et de salut. Cependant, dans l’évangile de ce jour, Jésus  nous invite à prendre conscience que par le baptême, nous sommes serviteurs de nos frères et sœurs, qu’à travers le témoignage d’une vie au service des autres, que l’Eglise qualifie « d’œuvres de miséricordes corporelles » que sont donner à manger aux affamés, donner à boire aux assoiffés,  vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts… nous travaillons aussi à notre sanctification et à notre salut.

Si nous savons porter notre foi de l’intérieur d’une église à la vie en société, de l’intérieur à l’extérieur du cœur, en reconnaissant le visage du Christ contemplé et adoré dans l’eucharistie dans les visages de nos frères et sœurs en humanité, alors, oui nous serons sauvés ! La royauté du Christ, Roi de l’Univers se manifeste dans nos gestes concretsà travers lesquels nous le construisons déjà ici et maintenant, en vivant notre vocation de baptisé car, à travers le baptême, nous qui partageons la dignité de Jésus de Roi et Serviteur. Cette royauté du Christ grandit chaque fois que nous savons aimer nos frères en étant des miroirs de la miséricorde et témoins crédibles de sa compassion. Alors, mes frères et sœurs, tout en priant en disant que « ton Règne vienne », vivons aussi de telle sorte que la royauté du Christ se réalise concrètement à travers notre propre vie. Amen.

Homélie du Père Joseph du Christ Roi de l’Univers, année A (2020)2020-11-23T19:10:40+01:00

Homélie du Père René du XXXIII° dimanche, année A (2020)

Homélie du Père René du XXXIII° dimanche du temps ordinaire, année A

Nous sommes à une semaine de la fin de l’année liturgique. Les textes nous donnent de méditer sur notre vie chrétienne, notre être fille et fils de Dieu. Notre foi a-t-elle été une recherche, un désir de Dieu, une ouverture de nous-mêmes qui nous remet en route chaque jour? L’apôtre Paul dans la 2è lect, nous demande de rester éveillés dans l’espérance du Royaume. Se servant d’image apocalyptique,( les douleurs d’une femme enceinte, le voleur qui vient dans la nuit ) Paul incite les Thessaloniciens à la vigilance car la venue du Seigneur sera subite et inévitable. Eux les fils de la lumière, ils ne doivent pas se laisser surprendre et doivent se démarquer de ceux qui, étant dans les ténèbres restent inconscients.

La parabole des talents est un hommage à la liberté humaine. Ces talents symbolisent les qualités personnelles que nous avons reçues et les responsabilités qui nous ont été confiées : notre famille, nos voisins, les gens avec qui nous vivons, notre monde et son environnement. Dieu nous fait confiance et nous demande d’utiliser les dons reçus pour le bien de notre univers. Il donne à chacun selon ses capacités, autrement dit, il n’attend pas au-delà du possible, il ne met  aucun serviteur en situation d’échec a priori. L’important donc n’est pas la quantité que chacun a reçu en don, qualité ou biens, mais le fait qu’il la reçu et qu’il doit en vivre. La justice ne consiste pas à donner à tous la même chose, mais à chacun ce dont il à besoin ou qu’il est capable d’assumer. C’est pourquoi, il nous faut résister à la tentation de nous comparer aux autres. Il ne s’agit pas ici des talents des autres mais des talents que Dieu m’a confiés. Saint Paul nous dit: «Il y a diversité de dons, à l’un est donnée une parole de sagesse, à un autre une parole de science, à un autre la capacité de se rapprocher des personnes seules, à un autre de l’empathie pour les handicapés, etc.» Le corps a plusieurs membres mais il forme un tout et tous les membres sont importants bien qu’ils soient différents (cf.1Cor12, 4-12). Selon mes capacités, j’ai reçu  donc un certain nombre de talents comme ses serviteurs. Les deux premiers serviteurs présentent au maitre des talents supplémentaires qu’ils ont gagnés. Ils ont augmentés les talents par leurs efforts, leur savoir faire et leur dévouement à la pensée du Maitre.

Le troisième serviteur a été incapable d’apprécier la confiance et l’estime que le maître avait à son égard. Il s’est enfermé en lui-même et il a fini par prendre peur.

Il est sanctionné parce que, par crainte de faire mal, il n’a rien fait, par crainte de se tromper et de ne pas réussir, il est resté paralysé. Il a enterré son talent et raté l’examen. L’attitude de se troisième serviteur nous donne de nous interroger. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ? Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum ? Jésus nous révèle que Dieu est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en œuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.

La femme vaillante, dont la première lecture fait l’éloge, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle « travaille avec entrain », dans le même temps « elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux ».  Comme elle, la spécificité chrétienne réside dans le fait d’être fils ou fille de la lumière et de ne pas rester endormi dans les ténèbres. Il nous revient donc d’être vigilant, éveillé et attentif. Attentif à soi, aux autres et à Dieu ; éveillé à notre dimension intérieure où réside Celui qui vit en nous et vigilant aux appels de Dieu et de nos contemporains au travers des rencontres et des évènements de notre vie. Voilà ce qui nous spécifie en tant que chrétien : être porteur de talents. Nous sommes nés pour rendre manifeste la lumière de Dieu qui est en nous. Elle n’est pas réservée à quelques-uns ; elle est en chacun. En ce jour, nous pensons à tous les bénévoles du Secours Catholique qui comme la femme vaillante, donnent le meilleur d’eux-mêmes pour aller à la rencontre des pauvres et des exclus.

Chacun de nous est invité par cette parabole à se réveiller, pour agir dès maintenant pour le bien de l’humanité ; chacun à notre façon et selon notre capacité pour apporter à ce monde la lumière dont il a tant besoin.

Ouvre mon cœur Seigneur, à ton Amour, aux autres, au monde entier. Amen !

Homélie du Père René du XXXIII° dimanche, année A (2020)2020-11-26T19:02:32+01:00

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année A (2020)

Tous les Saints

Mes chers frères et sœur !

Dimanche dernier, Jésus nous rappelait que pour avoir en héritage la vie éternelle, il nous faut observer le plus commandement résumé dans ce binôme : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même. A l’occasion de la fête de tous les saints, Jésus nous invite de nouveau à contempler cet Amour qui rend heureux, et qui fait de nous des saints. Sans amour pour Dieu et pour le prochain, il est impossible d’être vraiment heureux. Sans amour, la sainteté est quelque chose d’impossible.  Dans un contexte où nous  nous faisons du souci pour notre santé physique, où tout est mis en œuvre pour préserver la santé du corps avec toutes ces mesures sanitaires que nous observons depuis des mois, et que nous devons observer par amour pour nous-même et pour le prochain, on dirait à loi suprême de la santé du corps , – quelque chose de très important et dont nous devons prendre soin car le Seigneur lui-même nous le montre quand il guérit toute sorte de maladie et d’infirmité-,  la fête de la Toussaint, au début de ce nouveau confinement nous invite, nous qui voulons avoir des corps SAINS, à chercher aussi à devenir des SAINTS, c’est-à-dire, à  désirer la SAINTETE. Comme je l’ai écrit dans l’édito du Trait d’Union, nous devons soigner, prendre soin de notre vie terrestre dont les nombre d’années dure, comme dit le psalmiste, 80 ans pour les plus vigoureux !

Les maladies qui conduisent à la mort du corps, nous en avons déjà eu, nous en pâtissons aujourd’hui et elles nous font terriblement peur, certaines beaucoup plus de la Covid19, nous aurons encore ces maladies qui nous inquièteront dans l’avenir….et qui certainement conduiront la mort du corps. La vie terrestre est passagère….mais, la fête de la Toussaint nous rappelle que nous sommes appelés et faits pour la Vie éternelle, mais cela, nous l’oublions parfois. En fait, nous mettons en œuvre tellement de choses, faisons beaucoup d’efforts et des sacrifices pour prendre soin du corps, appelé pourtant à dépérir un jour…. mais nous oublions malheureusement souvent à prendre soin de notre âme grâce à laquelle nous sommes appelés à la sainteté, à la vie éternelle en communiant, dès à présent, à la vie divine agissant en nous à travers les sacrements et beaucoup de nourritures spirituelles dont nous serons privés de nouveau avec ce confinement.

C’est ici et maintenant que nous devons cultiver la sainteté, dans notre vie ordinaire, de baptisé, dans la famille, la communauté ecclésiale, professionnelle, associative. « Soyez saints, soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait », nous dit Jésus. La sainteté se vit ici, sur terre, pendant notre pèlerinage, jour après jour. Elle est ensuite reconnue, tôt ou tard, par l’Eglise, lors d’une béatification ou canonisation. Combien des saints vivent autour de nous, mais que nous ne voyions pas, parce qu’ils mènent une vie tellement simple, avec un amour simple, sans fanfare ni trompette. Nous les méprisons même parfois ! Ce sont les « saints du voisinage, ceux de la porte d’à côté », comme le dit le pape François.  Ce n’est pas la reconnaissance publique qui compte pour celui qui veut incarner l’esprit des béatitudes. Un saint ne cherche pas de le démontrer, le prouver, comme ces hypocrites, Pharisiens, Scribes et Docteurs de la Loi contre lesquels Jésus s’est tellement mis en colère. Bien agir, bien parler, prier, rendre service, aller à la messe… dans le seul but de donner un bel et bon exemple ne conduit pas à la sainteté, car la vraie sainteté n’est pas ostentatoire ni hypocrite. Elle se vit naturellement, simplement, sans tambour ni amplificateur. Un jour où l’autre, cette sainteté évidente portera ses fruits car ce sont les autres qui en témoigneront, et nous serons déjà morts, physiquement, mais vivants, dans le cœur des gens et surtout dans le Cœur du Seigneur. Vous n’avez qu’à regarder ce qui est dit, parfois de manière exagérée, lors des célébrations des funérailles : que d’éloges lors des hommages au défunt. On souligne ce qu’il a fait de bien, pour demander au Seigneur de le regarder avec bonté et miséricorde afin de leur donner la vie éternelle.

En effet, les béatitudes sont comme les clichés négatifs de la société et de la mentalité humaine dans sa réalité ordinaire. Dans les béatitudes, le noir devient le blanc et le blanc devient le noir.   Ce qui est pour le monde, pour la société un vrai et réel échec, les béatitudes le célèbrent comment une victoire : « Heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent, heureux les persécutés » : ça ne marche pas humainement !  Ce qui est considéré humainement comme étant une bénédiction, les béatitudes nous disent qu’il s’agit là d’un malheur, une malédiction. Un vrai contrepied à notre mentalité actuelle, comme quand Marie dit, dans le Magnificat : « Dieu élève les humbles, renverse les puissants, il comble des biens les affamés, mais renvoie les riches les mains vides ». Tout ceci est tellement humainement faux, mais il s’agit bien de la vérité de Dieu, et c’est en cela que réside la sainteté.

Nous disons souvent : « le monde appartient aux plus malins, aux plus rusés, aux puissants, aux pourris, aux plus riches, ceux qui savent profiter des faiblesses des autres, qui les écrasent dans les compétitions, ceux qui savent faire les coups bas aux autres, ceux qui rendent le mal pour le mal, de manière sournoise ».  La société nous donne l’impression que c’est cela le bonheur, la réussite. Et de fait, l’inculquons parfois à nos enfants.

A travers ces béatitudes, le Seigneur nous dit la Vérité que la société ne veut et ne peut comprendre, parce qu’humainement paradoxale et scandaleuse : « le monde appartient aux faibles, à ceux qui ne profitent pas des situations, le monde appartient aux gens honnêtes, aux gens simples, les pauvres de l’évangile, aux persécutés….» Et ce n’est pas parce que le monde ne veut pas l’entendre que cela n’est pas vrai.  Notre monde est rempli des gens médiocres, des vendeurs de paroles… mais qui ont la côte, ces experts que nous voyons sur tous les plateaux de télé pour nous asséner des vérités que nous devons gober, avaler, et parfois, entre eux, ils se contredisent, se battent, ont du mal à reconnaitre qu’ils se sont trompés, comme on peut le voir à travers les recommandations et mesures prises depuis que nous souffrons de cette pandémie. Pour beaucoup dans la société, ces gens-là ont réussi et sont mis sur le piédestal, ce sont les icônes du monde. Mais, la fête de la Toussaint nous présente d’autres icônes, qui ont passé par la voie de la faiblesse, de la souffrance, de la mort, comme Jésus qui meurt en croix, abandonné, humilié, mais qui a aimé, jusqu’au bout.

Oui, désirer être saint, dans notre quotidien, c’est aussi accepter de vivre en contradiction avec l’esprit du monde. Je ne vous demande pas de quitter le monde, mais d’être dans le monde des lumières, de toutes petites lumières,  sans prétention ni orgueil, qui vivent l’esprit des béatitudes, la pauvreté du cœur qui s’oppose la mentalité tellement actuelle de vouloir, comme Adam et Eve, prendre la place de Dieu au lieu d’accepter  de dépendre et de tout recevoir de  Lui, la pureté de cœur, qui s’oppose à la luxure et au plaisir tellement exalté par le monde, un chrétien désireux de sainteté prône la non-violence et la culture de  paix, dans cette période violente où on peut égorger un prof dans la rue, des chrétiens dans une église, comme le père Jacques Amel, ces trois chrétiens tué jeudi dans la basilique Notre-Dame à Nice,   tirer une balle sur un prêtre pendant qu’il ouvre ou ferme la porte de l’église, comme cela s’est fait ce samedi 31 octobre à Lyon. Il vit la douceur comme Jésus « doux et humble de cœur » dans une société où la douceur est devenu une faiblesse, la miséricorde, la tendresse, pardonner, quand la société considère ces vertus comme des arguments des faibles.

Les saints ont tous un jour été pris pour des fous. Aujourd’hui, nous les vénérons dans leur ensemble, ceux qui figurent officiellement sur le calendrier liturgique, et ceux, plus nombreux, connus seulement par le Seigneur, et que nous croisons probablement, dans nos familles, dans nos communautés, qui vivent simplement leur foi, qu’on qualifie de manière caricaturale de simples gens ou gens simples, ceux qui croient, donnent, pleurent, construisent un monde meilleur sans faire de publicité. Ce sont ces saints que nous célébrons aujourd’hui et c’est leur soutien que nous implorons en cette période douloureuse et triste.

Que Dieu nous garde tous en bonne santé physique ! Demandons, surtout pendant ce temps de confinement, de creuser en nous le désir de la santé de l’âme, de la sainteté à laquelle il nous appelle depuis notre baptême. Demandons aux saints que nous connaissons, dont nous portons le prénom, ceux pour lesquels nous avons une vénération particulière…de nous venir en aide, nous qui sommes encore pèlerins ici-bas, pour partager un jour leur gloire, au ciel, pour l’éternité. Amen.

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année A (2020)2020-11-01T19:41:12+01:00
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