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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du XXX° dimanche, année A (2020)

Montre l’amour de Dieu débordant en toi  et par toi en aimant ton prochain comme toi-même

Mes chers frères et sœurs !

Dimanche dernier, en nous disant de « rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », Jésus nous rappelait ce qu’est la vraie laïcité. Une semaine plus tard, il vient nous rappeler le primat de l’amour sur la Loi : l’amour envers Dieu et celui envers notre prochain au cœur de notre vie personnelle, familiale et ecclésiale.

L’amour de Dieu et celui du prochain sont deux commandements qu’on ne peut séparer. L’amour de Dieu n’est pas seulement le paradigme ou le modèle de l’amour du prochain. L’amour de Dieu est la raison, l’origine, la sourceet le fondement de l’amour du prochain. Le chrétien devrait dire « J’aime mon prochain, quel qu’il soit, parce que j’aime Jésus-Christ ». D’ailleurs, je ne peux aimer le prochain que parce que je me sais aimé par le Christ. Pour aimer les autres, il faut se savoir aimé d’abord. Quelqu’un qui se croit mal aimé saura difficilement aimer les autres. Même les psys nous le disent. Convaincu d’être aimé de Dieu de manière inconditionnelle, je peux alors aimer moi aussi, car l’amour du Christ déborde en moi pour jaillir sur les autres. C’est le syllogisme logique de l’amour chrétien. Si l’amour du Christ n’était pas la source de notre amour, nous serions dans l’habituelle distinction-séparation entre les gens que nous pouvons ou devons aimer et ceux que nous ne sommes pas obligés d’aimer et qui ne méritent pas notre amour. Vous savez mieux que moi que nous avons humainement dix mille raisons objectives et subjectives de haïr certaines personnes.

Pense un peu à ton frère, ta sœur qui t’a arnaqué lors du partage de l’héritage après les décès de vos parents. Comment l’aimer franchement alors qu’il s’était octroyé la part du lion, en profitant d’un moment de faiblesse des parents encore malades, pour faire signer un testament qui ne t’accordait presque rien. Quand nous visitons les familles en deuil, nous rencontrons souvent ces déchirements. Un fourbe-rusé comme celui-là, il n’est pas possible humainement de l’aimer. En ce moment de crise d’emploi et de restructuration dans nos entreprises, pense à ce collège qui t’a piqué le poste que tu occupais depuis plus de 10 ans, un poste où tu n’as pas failli, que tu méritais objectivement, mais qui lui a été donné simplement parce qu’il ou elle était fils ou fille de, parachuté, protégé ou pistonné par quelqu’un là-haut dans la hiérarchie à qui il ou elle se vendait. Devant un tel ou une telle collègue, il est naturellement humain de ressentir dégoût et antipathie. Pense à ton curé, à ce prêtre de ta paroisse dont tu penses, à tort ou à raison, qu’il déconstruit de que tu as construit pendant des décennies et dont tu désapprouve les la vision pastorale, ou l’autre dont la soutane te donne presque mal au ventre ! Pense à ton voisin de l’appartement d’au-dessus qui, parce qu’il ne peut plus sortir le soir à cause du couvre-feu, fait la fête, met la musique la musique, toute la nuit au point de t’empêcher de fermer l’œil après le vendredi soir après une semaine de fatigue et de stresse…et est tellement gonflé qu’il ne lui est jamais venue l’idée de s’excuser après de toi.  Pense à ton voisin retraité qui tond la pelouse exactement au moment où ton bébé de quelques mois doit faire sa sieste…. Je m’arrête là, vous laissant le soin de poursuivre cette litanie des personnes que nous trouvons objectivement, subjectivement, humainementdétestables. Et pourtant mes amis, les raisons qui nous poussent à aimer ne sont pas d’abord et seulement humaines : c’est l’amour du Christ pour moi et mon amour pour le Christ qui suscite et soutient tout type d’amour vrai dans ma vie de chaque jour.

Heureusement qu’Il nous aime Lui, le premier ! Et nous alors ? Sommes-nous vraiment convaincus que l’amour de Dieu est premier qu’il est plus grand que tout autre amour, et que cet Amour suscite et soutient notre amour dans nos différentes relations amoureuses ? Saint Jean nous dit que Dieu est Amour. Et pourtant, saint Jean connaît aussi les pièges de l’amour, les contradictions et l’hypocrisie de la grande rhétorique de l’amour, une rhétorique tellement facile qu’on l’entend à temps et à contretemps, qui dit à la fois l’amour et son contraire. C’est ainsi qu’il nous met en garde en disant : « Si quelqu’un dit : « j’aime Dieu », mais qu’il hait son frère, celui-là est un menteur. Celui qui n’aime pas son propre frère qu’il voit ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas (1Jn4, 20). Et encore il nous dit, « mes enfants, aimez-vous, non pas avec des discours et des paroles, mais en actes et en vérité ».

Aimer Dieu et aimer son prochain est un binôme inséparable. L’amour envers Dieu et celui envers le prochain sont ordonnés l’un à l’autre. Le premier fonde le second, et le second confirme ou dément le premier. Un amour pur envers Dieu est un concept abstrait, et pire encore, c’est une illusion. Je connais un homme qui se prend pour un vrai mystique, mais qui est incapable de dire à quelqu’un « je t’aime ». Ce mystique amoureux absolu de Dieu soutient qu’on ne peut dire « je t’aime » qu’à Dieu seul, car les amours humains rendent esclaves et seul l’amour envers Dieu libère. Ce monsieur convaincu d’aimer Dieu de manière absolue, de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces a choisi la voie absolue : la vie contemplative.

Malheureusement pour lui, même dans les monastères, il y a aussi des frères à aimer, qui valident ou invalident, vérifient la crédibilité-vérité de notre amour envers Dieu. Et du coup, notre ami a pérégriné dans une dizaine des monastères sans y trouver son bonheur. Il a fini dans un séminaire diocésain et est devenu prêtre dans une paroisse de campagne, avec une dizaine de clochers, et là encore, il a du mal, il est malheureux parce qu’il n’a toujours pas compris que tout l’amour qu’il prétend avoir pour Dieu, le Seigneur lui demande d’en témoigner auprès de ses paroissiens, qui ne sont, disons-le franchement, pas toujours sympathiques envers lui ! Aux dernières nouvelles….il est allé voir son évêque et lui demande de décharger du ministère car il veut quitter le sacerdoce pour se marier ! Il pense avoir rencontré l’amour…mais j’ai peur qu’il oublie que là aussi, l’amour envers Dieu sera incarné dans l’amour qu’il devra témoigner à cette femme (qui n’est pas un ange tombé du ciel) et des enfants (parfois insupportables pas toujours mignons).

L’amour envers Dieu doit s’incarner car Dieu le premier, pour montrer son amour pour nous, a embrassé notre humanité. Celui qui veut se passer de l’amour des autres se condamne forcement à la tristesse et à une vie sans saveur. Nous avons été créés comme êtres de relations et c’est dans dans la relation que nous nous réalisons. Cela vaut aussi pour les prêtres, religieux et religieuses ! J’ai été interpellé par le fait que quand vous regardez la vie de certains prêtres, religieux ou religieuses, vous avez parfois l’impression de voir des gens sans cœur, incapables d’éprouver un minimum d’affection, d’avoir de masses de pierre devant vous. Le pape François avait dit aux religieuses lors d’une audience qu’elles ne devaient pas donner l’impression d’être tristes comme des vieilles filles aigries par la vie, mais d’être heureuses comme des mères grâce à leur maternité spirituelle de leur cœur.

Cet évangile fait penser au chap 25 de Matthieu dans lequel le Christ nous parle de sa venue dans la gloire pour le jugement dernier : Jésus dit aux uns et aux autres : « Ce que vous avez fait ou n’avez pas fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ou à moi non plus vous ne l’avez fait ». C’est concrètement que nous manifestons notre amour ou non-amour envers Dieu.

L’incarnation du Christ nous dit que Dieu a pris chair pour révéler son amour, un amour qui souffre, pleure, rit…, a connu la fatigue, a supporté les déceptions, la fuite des disciples, la trahison de Judas, le reniement de Pierre, a souffert des calculs pervers de la politique et de la religion, l’ambiguïté des alliances, la violence physique et morale…. Mais cet Amour-Dieu s’est donné jusqu’au bout ! Notre amour pour Dieu doit prendre corps, s’incarner à travers les visages donnés dans l’entourage familial, ecclésial, professionnel. Notre amour est appelé aussi à se donner jusqu’au bout, même si les conditions humaines familiales, professionnelles, sociales, ecclésiales y sont parfois défavorables. L’effort spirituel que je vous propose pour la semaine : de penser à la personne (une seule) que nous détestons le plus (nous en avons tous) et faire un geste d’amour envers elle : un appel, un mail, un texto, une salutation ou petit sourire au travail ! Si cela nous coûte le Seigneur nous y aidera ! Ce n’est seulement par ces petits ou grands efforts que nous apprenons à aimer en vérité. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXX° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:36:55+01:00

Homélie du Père Joseph du XXIX° dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Le prophète Isaïe nous rappelle une donnée fondamentale de notre foi : l’existence d’un seul Dieu et Seigneur Universel devant lequel chaque humain doit révérence et obéissance totale en se soumettant à sa volonté « que ta volonté soit faite sur terre comme au ciel disons dans le Notre Père ». Nous devons absolument observer la volonté de Dieu même quand celle-ci s’oppose à certaines opinions et lois sociales. C’est là que les choses se compliquent car elles posent la question du rapport entre la religion et la politique, débat qui existe depuis toujours, et dont on a beaucoup parlé en France ces derniers temps les mesures anti-Covid par exemple, les dernières lois bioéthiques, la close de conscience pour les médecins…. Il s’agit ici d’une question très difficile du rapport entre foi, conscience, religion et la loi civile ou politique. C’est sûr que nous sommes appelés à respecter la loi, mais nous savons aussi que parfois nous sommes confrontées à des lois qui ne sont pas morales. Ce n’est pas parce qu’une loi a été voté au parlement que celle-ci devient moralement acceptable. Il est inutile de vous donner des exemples, tellement ils sont nombreux.

L’évangile de ce dimanche nous rappelle que même Jésus a été mis face à ce même débat, comme nous pouvons le voir à travers la question qui lui est posée : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » Pas facile de répondre à cette question pour Jésus : certains ont commencé contester son autorité comme messie, nous sommes sous la e domination romaine, avec l’empereur Tiber, qui exige à tous les citoyens de 14 à 65 ans de son empire de payer un impôt annuel qui était aussi une sorte de reconnaissance de la divinité de l’empereur. Cet impôt ne plaît pas à certains groupes nationalistes en Israël qui, au nom de l’Unique Dieu d’Israël à qui tous doivent obéissance et respect, faisaient de la résistance pour se libérer de la domination de l’empire Romain. Parmi ces résistants nationalistes, il y a les Zélotes, mais en réalité, c’est tout me peuple d’Israël qui désirait s’émanciper et tout appui aux colons était mal vu par le peuple. C’est pour cette raison que les publicains (collecteurs d’impôts) étaient considérés comme des collabos et pécheurs publics.

« Est-il permis oui ou non de payer l’impôt de César ? » Si Jésus avait dit oui, il est permis de payer cet impôt, il aurait vu de déchainer sur lui la colère de tout le peuple qui l’auraient accusé de nier l’autorité exclusive Dieu d’Israël. Si au contraire il avait répondu par « non, il n’est pas permis de payer cet impôt, alors il aurait été considéré comme un rebelle, un opposant, un résistant à l’autorité de l’empereur.  Dans tous les cas, Jésus était bien piégé. Dans sa réponse : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. », Jésus expose le principe fondamental du rapport chrétien par rapport à l’autorité civile ou politique. La foi chrétienne ne dispense pas de l’obéissance aux autorités auxquelles elle reconnait l’autonome légitimité dans leur domaine.

C’est le principe exposé par saint Paul dans sa lettre aux Romains : « Que chacun soit soumis aux autorités supérieures, car il n’y a d’autorité qu’en dépendance de Dieu, et celles qui existent sont établies sous la dépendance de Dieu ; si bien qu’en se dressant contre l’autorité, on est contre l’ordre des choses établi par Dieu. Car elle est au service de Dieu : en faisant justice, elle montre la colère de Dieu envers celui qui fait le mal.  C’est donc une nécessité d’être soumis, non seulement pour éviter la colère, mais encore pour obéir à la conscience. C’est pour cette raison aussi que vous payez des impôts : ceux qui les perçoivent sont des ministres de Dieu quand ils s’appliquent à cette tâche. Rendez à chacun ce qui lui est dû : à celui-ci l’impôt, à un autre la taxe, à celui-ci le respect, à un autre l’honneur. » (Rm 13, 1-7)

Tout est clair et limpide. Notre prof de la Pensée Sociale de l’Eglise nous disait qu’un bon chrétien, quand signe sa fiche d’impôt, il doit le faire avec sourire car, il rend service à son pays et à ses frères et sœurs. C’est la justice distributive qui fait que nous avons un bon système social en France. Je sais qu’il n’est pas parfait, mais il est pas mal… Nous ne nous en rendons parfois compte que quand nous en sommes bénéficiaires, lorsque nous sommes malades par exemple. Un ami âgé de 40 ans, père de deux enfants doit faire de la dialyse 5 jours par semaine. Il m’a récemment avoué être impressionné par tout le coût de ses soins pris intégralement en charge par la Sécu ! Je prie qu’il s’en sorte en trouvant un donneur de rein. Combien parmi nous, comme moi-même, nous rendons compte à quoi servent nos impôts que quand nous sommes vraiment malades ou en difficulté ? De même, le Denier que vous donnez à l’Eglise ici sur l’ensemble paroissial est un geste de Solidarité (et un devoir) qui permet à toute l’Eglise qui est de Toulouse de vivre, cela permettant aux paroisses plus riches de porter et soutenir aussi l’action des paroisses plus pauvres car tout ça dans la même caisse de solidarité. Il nous faut donc payer nos impôts et obéir aux lois de la République.

Mais Jésus ajoute aussi : « rendez à Dieu ce qui est à Dieu » et là, les choses sont plus compliquées car il ne s’agit pas d’un parallèle entre César et Dieu. Le changement est radical. Dieu est celui en qui nous recevons l’être, la vie, l’agir, Celui qui nous donne d’exister et à qui nous devons tout. « Qu’as-tu que n’aies reçu du Seigneur ? Et si tu as tout reçu du Seigneur, pourquoi en tirer orgueil ? Notre relation avec le pouvoir public est celui du donner et recevoir, donner et avoir. C’est Ségolène Royal qui parlait du donnant-donnant. L’Etat garantit une société où règne, dans la mesure du possible, un certain ordre, la justice sociale, la liberté, le transport, la santé, l’éducation… et en retour, l’Etat attend de nous les citoyens certains devoirs, payer nos impôts, porter le masque en période de Covid…

Une relation donnant-donnant, donner-recevoir est simplement impossible avec Dieu. Il y a quelques jours, Jésus nous rappelait le premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toutes tes forces » Au Seigneur nous devons tout donner, tout ce que nous avons et plus encore, tout ce que nous sommes parce que vous vient de lui et tout lui appartient. Avec lui, nous ne pouvons pas entrer dans une relation mercantile, un marchandage servile. « Seigneur, je ferai ceci pour toi si tu fais cela pour moi », cela me arche pas. Jésus nous dit que nous ne sommes pas ses serviteurs ni des esclaves, mais ses amis. Si nous pouvons donner ou retirer le pouvoir à l’autorité politique par les urnes et le vote, nous ne pouvons rien donner ni retirer à Dieu car tout lui appartient et nous n’avons aucun pouvoir sur lui. C’est pour cela que nous le louons, pour notre bien, simplement pour nous rapprocher de lui

Et pourtant, très souvent, nous nous comportons avec Dieu avec des calculs, quelques petits chantages, comme le fils ainé de la parabole du fils prodigue : « Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” » Ce fils a donne à son père obéissance, respect, service comme on le fait à l’empereur, sans amour. Les citoyens de l’empire romain obéissaient à l’empereur et lui versait les impôts tout en le détestant, comme nous parfois parce qu’il nous arrive d’obéir à l’Etat sans l’aimer vraiment.

Mais Dieu lui est notre Père, il nous aime, nous donne tout et attend de nous une relation vraiment filiale, dans une joie et confiance totale. Puisse cette eucharistie nous faire grandir dans cette relation filiale, confiante et joyeuseavec Dieu de qui nous tenons la vie, le mouvement et l’être. Amen.

Homélie du Père Joseph du XXIX° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:37:07+01:00

Homélie du Père Joseph du XXVII° dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Ce weekend, au cœur de cette année Laudato Si, nous célébrons la clôture d’un mois dédié à la prière pour la création, avec la fête de saint François d’Assise, le saint patron des « Ecolos » que nous sommes tous appelés à être, de part notre foi ! Dans la profession de Foi de l’Eglise, exprimée dans le Symbole de Nicée-Constantinople, nous disons que nous croyons en « Dieu Créateur du ciel et de la terre, de l’Univers visible et invisible ». Ce Dieu Créateur nous parle de ses créatures visibles, des hommes et femmes avec leurs trajectoires parfois fascinantes, parfois tristes ! Des malheurs comme le Déluge, des guerres, des maladies, la destruction de la création, accidentelle ou du fait de notre responsabilité, mais aussi des défis à relever, défis d’une foi qui s’engage, défis de prendre soin les uns des autres,non pas dans un anthropocentrisme égoïste, mais un soin cosmique qui annonce aussi la Bonne nouvelle à toute la création. Jésus Ressuscité envoie ses disciples en disant : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. » (Mc16, 15-16).

La foi de notre baptême nous engage dans une triple mission : sacerdotale, prophétique et royale (prêtre, prophète et roi). Qu’est-ce que cela veut dire : que la fonction sacerdotale nous invite à prier ! Un chrétien qui ne nourrit pas sa vie par la prière est comme une voiture, électrique, hybride, à essence ou diesel… peu importe, mais une voiture qui n’a pas de batterie ou du carburant, d’huile moteur nécessaire et qui finit par casser son moteur qu’est notre âme. La foi nous engage à prier, pour nous-même évidemment, mais pas seulement ! Nous devons prier pour et avec les autres humains, devenir des intercesseurs pour et avec les hommes et femmes qui habitent la même planète que nous. Nous ne pouvons pas  prétendre aimer la création si nous méprisons l’humain de sa conception à sa mort,  ou si nous n’aimons que certains humains et pas les autres, ceux des pays du Sud sont ou peuvent être des victimes innocentes de nos choix de vie. C’est cela l’Ecologie humaine intégrale que le pape François nous invite à vivre. Être chrétien, c’est aussi prier pour toutes les autres créatures…même les moustiques, les araignées, les serpents, toutes ces bestioles qui nous font peur, qui nous piquent : le récit de la création dans Genèse nous dit que « Dieu vit tout ce qu’il avait fait, c’était très bon ! »

La foi de notre baptême fait de nous des prophètes ! Le prophète annonce et témoigne. Il rassure, console, encourage, réconforte. Parfois il doit dénoncer le mal. Il annonce la Bonne nouvelle à toute la création et loue Dieu pour la beauté harmonieuse de ses créatures. Saint François d’Assise s’adressait à toutes les créatures, comme par exemple, quand il prêche la Bonne Nouvelle aux oiseaux : « Mes frères les oiseaux, vous avez bien sujet de louer votre créateur et de l’aimer toujours ; Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler et tout ce dont vous avez besoin pour vivre. De toutes les créatures de Dieu, c’est vous qui avez meilleure grâce ; il vous a dévolu pour champ l’espace et sa simplicité ; Vous n’avez ni à semer, ni à moissonner ; il vous donne le vivre et le couvert sans que vous ayez à vous en inquiéter. »

Être prophète c’est annoncer la Bonne nouvelle, celle de la conversion du cœur pour passer du mal au bien, du vieil homme à l’homme nouveau, la bonne nouvelle de la vraie conversion écologique, une écologie pleine d’espérance, pas celle pessimiste et déprimante de l’effondrement de la création mais de son relèvement progressif, pas d’une écologie égoïste, toujours punitive et culpabilisante, car Jésus nous montre toujours la route à suivre, nous accompagne sur ce chemin qui est long et difficile. Nous pouvons y arriver si nous acceptons de nous mettre en route. Notre foi invite à être témoin, prophète et messager de la nécessité de prendre soin de la maison commune que nous habitons tous. Nous ne pouvons pas y arriver d’un coup, par un claquement des doigts : la pédagogie de Dieu est graduelle et progressive. L’important est de nous lancer, de commencer, à petit pas, chacun à son rythme jusqu’au jour où nous retrouverons cette harmonie céleste quand le Seigneur restaurera toute la création, comme dit le prophète Isaïe :

« Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. » (Is 11, 3-9) Nous sommes loin la haine et des meurtres de cet évangile des vignerons homicides, haine et violence dont nous sommes à la fois responsables et victimes vis-à-vis des frères et sœurs humains et de toute la création.

Enfin par le baptême, nous participons à la fonction royale du Christ Serviteur qui touche et se laisse toucher par les lépreux, les pauvres, les exclus, les marginaux. Nous ne servons pas parce que nous sommes chrétiens !  Il y a des non-chrétiens qui s’engagent dans le service et qui le font bien mieux que nous, de manière professionnelle même.  Le chrétien lui se met au service de ses frères et sœurs, et toute la création parce qu’il sait qu’à travers ce service, il imite le Christ serviteur et grandit en humanité, dans l’Amour, l’Espérance et la Foi. Saint François d’Assise décrit comment la rencontre avec les lépreux a changé sa vie. Dans son Testament 1-3, il raconte : « Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignais de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde. »

De même que la foi qui n’est pas nourrie par la prière dépérit, de même, celle qui ne se met pas au service des autres et de la création, celle qui ne s’engage pas risque petit à petit de s’éteindre et  perdre sa vigueur. Engageons-nous pour rendre notre monde plus habitable, plus fraternel, plus juste, plus solidaire, pour construire déjà ici-bas le Royaume de Dieu. Le Ciel est certes un don de Dieu mais c’est ici et maintenant, par notre liberté engagée et servante que nous le construisons, le préparons en prenant soin de toute la créature qui nous invite à louer le Créateur, comme saint François d’Assise.

Les lectures de ce dimanche nous parlent beaucoup de la Vigne et des vignerons, dans la première lecture, le psaume et l’évangile. N’oublions jamais que c’est Dieu le Père qui est le Vigneron et notre monde est sa vigne. Jésus nous le dit dans l’évangile selon saint Jean : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 1-5)

Puissent nos engagements pour la Création, pour un monde plus solidaire, dans l’Eglise, dans la société, nous enraciner et nous attacher comme des sarments, en Jésus qui est la Vigne car sans Lui, nous ne pourrons rien faire ! Amen

 

Homélie du Père Joseph du XXVII° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:37:15+01:00

Homélie du Père Joseph du XXVI° dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

L’évangile de dimanche nous a un peu choqué avec cette logique de Dieu racontée dans la parabole du Maître de la Vigne qui donne le même salaire aux gens sans tenir compte de la durée de leur travail. Cela a été perçu par nous comme une injustice de Dieu comme ces juifs déportés à Babylone qui se plaignent de payer pour les péchés de leurs pères. Souvent, nous aussi, devant certaines situations, surtout difficiles, nous nous plaignons contre Dieu que nous trouvons injuste parce que nous le tenons pour responsable : d’une maladie grave, surtout quand cela touche  les enfants, de la mort d’un proche, surtout quand il est parti très jeune, de la guerre, de la faim dans la monde… : nous accusons d’être le responsable, et donc le coupable de toutes ces situations difficile. Du coup, nous refusons de lui ouvrir notre cœur. Nous lui disons NON et refusons d’entrer dans sa logique. Le prophète Ezéchiel, exilé et prisonnier des Babyloniens invite ses frères déportés, et nous aussi, à assumer, accepter et accueillir la logique de Dieu   qui est tellement différente de la nôtre « Vous dites : ‘La conduite du Seigneur n’est pas la bonne’. Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? »  En creusant un peu, en méditant l’évangile de dimanche dernier, nous nous rendons compte que ce qui nous paraissait comme étant une injustice de la part de Dieu était simplement la manifestation de notre colère, notre révolte, notre mal-être.

Mes amis, il n’y a rien à faire : si nous voulons suivre le Dieu des chrétiens, Celui qui Jésus est venu nous révéler, le Dieu trinitaire qui est la spécificité de la foi chrétienne que nous avons choisi pour nos enfants qui seront bientôt baptisés,  que vous vous engagez à approfondir avec cette année de préparation à la communion et à la confirmation pour les adultes, il nous faut changer de perspective et accueillir la logique de Dieu qui nous appelle à une foi authentique et vraie. Jésus déteste le péché mais l’évangile nous dit qu’il y a une chose que Jésus déteste plus que le péché, une chose tellement diffuse parmi nous chrétiens, d’hier et d’aujourd’hui : cette chose s’appelle l’hypocrisie.

Au temps de Jésus, il y avait des catégories des juifs qui étaient des professionnels de l’hypocrisie : scribes, pharisiens, docteur de la Loi, anciens, grands-prêtres. Ils étaient toujours impeccables !  De l’extérieur, ils étaient parfaits. Aucun faux pas par rapport à la Loi, aux rites. Leur hypocrisie m’a fait penser à un ministre des finances qui décide de mener la guerre contre l’évasion fiscale, et qui traque tous les tricheurs qui vont planquer leur compte très loin, dans les paradis fiscaux, en Suisse, aux Iles Caïmans, au Panama. Il est tellement zélé et déterminé que personne ne peut penser une seule seconde que ce même ministre a planqué quelques millions dans une banque Suisse…. A l’extérieur, dans ses paroles, son apparence physique, il était irréprochable, mais en réalité, c’est un grand hypocrite.

L’hypocrisie des hommes, notre hypocrisie, la mienne comme la vôtre, est le thème de la Parole de Dieu d’aujourd’hui. En moi comme en chacun de nous ici, il y a une dose plus ou moins grande d’hypocrisie. Cette tentation nous guette tous, surtout dans notre société où il faut soigner son image, lisser son image devant les autres et se faire passer même pour qui on n’est pas en réalité ! L’hypocrisie abime notre relation aux autres et surtout avec Dieu. C’est le comble parce que, nous pouvons tout cacher aux autres mais on ne peut rien cacher à Dieu qui nous connait plus que nous-même. Raison pour laquelle nous devons rester humble et en vérité devant Dieu qui nous connait dans tous les petits détails de notre être.

La relation hypocrite avec Dieu est décrite ici par cette parabole du vigneron qui envoie ses deux enfants à sa vigne. Le fils aîné dit oui à la demande de son père d’aller à la vigne. Waou ! Quel garçon modèle et parfait.  Les amis du vigneron qui ont assisté à la scène ont certainement dit au monsieur : « tu dois être fière de ton fils ! Quel héritier tu as ! bravo ! » Parfois, vous recevez des félicitations sur votre enfant qui, en dehors de la maison est sage comme une statue, impeccable alors qu’à la maison c’est vous l’appelez parfois « la calamité de la famille » Le fils aîné a dit oui mais n’est pas allé à la vigne. La parabole de nous dit pas qu’il a changé d’idée parce, sur le chemin, il a rencontré des copains qui l’ont incité à aller jouer au foot, ou un contre-temps qui a fait qu’il a oublié sa mission ! Non, aucune excuse ! Le fils aîné a dit oui mais il n’avait aucunement l’intention d’y obéir et cela dès le départ.

L’attitude de l’aîné est purement extérieure. La demande du papa ne l’a pas dérangé : « oui, cause toujours ! ». C’est comme notre foi qui est parfois de façade, extérieure, superficielle, faite seulement des rites mais sans réelle conversion. Dieu le sait, il le voit de toute façon, lui qui scrute et sonde les cœurs. C’est à lui de juger de la vérité de nos actes de piété car lui sait tout chose.

Ensuite nous avons le jeune frère qui refuse d’obéir à son père ! Il a dit non ! Les parents, vous pensez à votre enfant est dans sa phase du « non, non » ! Vous navez pas fini de lui parler qu’il a déjà dit non, sans savoir ce que vous voulez lui dire.  Sa réponse est d’bord et déjà négative ! Combien des « non » sont la manifestation d’un mal-être, une demande voilée d’explication, d’éclaircissement, d’un dialogue.  Combien des gens se déclarent athées, qui disaient non à Dieu en le rejetant, mais, quand on creuse un peu, en discutant, en écoutant, on découvre que ce non était en réalité autre chose que la négation de Dieu, mais de l’Eglise, du prêtre parfois méchant, de la religieuse qui nous tiraient les oreilles, de la grand-mère ou des parents cathos, des blessures de cette tante Michelle tellement méchante qui va à la messe chaque jour, son chapelet sous la main, en prière tout le temps, qui tellement odieuse !

Disons non à une foi hypocrisie. Non à un Dieu incompréhensible qui se désintéresse de l’être humain car le vrai Dieu s’est fait l’un de nous. Non aux hommes et femmes d’Eglise qui oublient que Dieu est Amour et miséricorde.  Certains athées disent non parce qu’ils n’ont pas rencontré le vrai Dieu. Ils en entendent parler à la télé et dans la Dépêche. Une fois qu’ils ont rencontré le vrai Dieu, celui que Jésus est venu nous révéler certains non deviennent des « oui » inattendus et généreux comme le frère cadet de cette parabole : c’est la conversion !

La conclusion de Jésus est brulante : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Ces paroles sont une injure pour les grands prêtres et aux anciens qui l’écoutaient, et qui se considéraient comme parfaits, les seuls à mériter le Ciel qu’ils prenaient pour leur bien exclusif. Ils ont refusé de se convertir, de prier Dieu en vérité en sortant de l’hypocrisie des rites et de la Loi de Moïse, pour accueillir le commandement nouveau de l’Amour de Dieu et du prochain. Rappelez-vous de la parabole du bon-samaritain : ceux qui passent sans toucher le blessé le font pour respecter la Loi et les rites. Ils bénissaient Dieu des lèvres, mais leurs cœurs étaient loin de Dieu. Ils ne ressentaient aucun besoin de se convertir. Jésus leur dit que ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin mais les malades.  Jésus est venu pour sauver les pécheurs. Les scribes, les pharisiens, ceux d’hier et d’aujourd’hui n’ont pas besoin de pardon ni de conversion. Et de ce fait, ils ont dit non à Jésus. Les prostituées, comme la femme pécheresse, la Samaritaine, les publicains comme Zachée, comme Matthieu ont entendu sa Parole, accueilli l’appel à la conversion et ont suivi Jésus.

Frères et sœurs, nous qui nous considérons parfois comme les ouvriers de la première heure et bien-aimés du Père, que la Parole de Dieu convertisse nos cœurs pour que nos « oui » à Dieu soient des oui vrais et authentique, même si dire oui à Dieu peut être parfois couteux et pensant. Que le saint Esprit nous donne la force, la grâce d’être en vérité avec Dieu, et avec nos frères et sœurs, en dépit de nos fragilités. Amen.

 

 

Homélie du Père Joseph du XXVI° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:37:25+01:00

Homélie du Père Joseph du XXV° dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Encore une fois, Dieu vient nous déranger dans nos logiques en déconstruisant ce que nous appelons la « Justice sociale » et « le Droit du travail ». Ce thème risque d’être déstabilisant, voire même choquant surtout dans notre région toulousaine car je sais combien parmi nous en cette période sont confrontés aux questions professionnelles, l’incertitude d’en de pouvoir garder son travail, le problème de chômage, voir même celui pouvoir décider du licenciement de ses employés pour les patrons.

Cette parabole parle de travail, de salaire, de durée de travail, des primes d’encouragement, de signe de reconnaissance au travail, le salaire minimum. Au temps de Jésus, le droit du travail fixait le salaire minimum à 1 pièce d’argent. C’est la raison pour laquelle le patron de la parabole ne donne pas moins d’une pièce à tous les ouvriers. Mais tous ces thèmes du droit de travail et de justice sociale, le Seigneur nous les fait voir sous une autre perspective pour nous inviter à aller au-delà du droit purement humain, au-delà des revendications syndicales purement économiques. La vraie thématique de la parabole c’est la « bonté » de Dieu.  Reprenant son employé « râleur », le patron répond : « Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? »

Au milieu des critiques et revendications syndicales des ouvriers contre le propriétaire de la Vigne, – ce qui est humainement justifié- le Seigneur vient nous apprendre ce que veut dire la « justice du cœur du Dieu », toujours liée à la bonté, l’amour et la compassion : trois éléments qui sont au coeur de l’agir de Dieu pour chacun de nous. Dieu n’est pas un juge ni un DRH. Dans une série sur Netflix décrivant la vie d’un grand Cabinet d’avocats à New York, Harvey, un grand du barreau, impitoyable qui n’a jamais perdu un seul procès, s’adressant à Mike Ross, son tout jeune assistant, très intelligent, sans diplôme mais qui se fait passer pour un diplômé de Havard, il lui dit : « un avocat, un juge n’a pas à être bon, à agir avec son cœur ou à regarder le cœur de l’autre, à avoir de la compassion. Son job est de défendre pour gagner, de juger en regardant le droit, en profitant même des failles du Droit ». Un RH est aussi parfois obligé à faire des choses contre son cœur et ses valeurs, mais seulement selon ce que dit le Droit et la politique de l’entreprise. Ma sœur qui est RH fait des cauchemars nuit et jour depuis le confinement parce qu’elle ne peut assumer, dans son cœur, décisions qu’elle est obligée de prendre actuellement. C’est cela l’humanité, c’est le monde dans lequel nous vivons, avec ses imperfections.

Dieu a un fonctionnement différent ! Et c’est normal parce qu’il est Dieu, Lui. Il est un Père plein d’amour, de bonté, de miséricorde et de compassion pour nous. Remarquez bien que dans notre vie, chaque fois que nous laissons nos tripes prendre le dessus sur notre raison, chaque fois que nous écoutons plus nos tripes, notre cœur plutôt que le Droit et raison logique, nous faisons des choses qui sont socialement, rationnellement et juridiquement anormales. C’est ainsi que Dieu agit envers nous, avec son cœur, ses tripes. Isaïe nous dit dans la première lecture que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées ! Les voies du Seigneur sont humainement impénétrables, insondables. Certaines paroles de Jésus resteront toujours humainement incompréhensibles et incomprises aussi longtemps que nous n’entrerons pas dans la logique de son cœur, dans sa justice compatissante et miséricordieuse.

Humainement, nous sommes choqués par le patron de la parabole. Il est tout à fait logique et humainementjuste que chacun de nous ici se sente solidaire des ouvriers de la première heure qui ont enduré tout le poids du travail, avec la chaleur et la fatigue. Il n’est pas humainement juste de donner le même salaire à ceux qui travaillent sans compter les heures, qui ne pensent jamais au RTT, qui passent leurs soirées et même les weekends à répondre aux mails professionnels, qui ne voient plus la famille parce que toujours en voyage à l’étranger ou sur la route, qui doivent être réactifs, mobiles et disponible 24 heures sur 24….  Logiquement, ces gens ne peuvent pas avoir le même traitement que ceux qui ne comptent que les 35 heures légales !

Tout cela n’est pas juste, si l’argent et les lois de l’économie sont nos critères de justice ! Mais si nous entrons dans la logique de Dieu, voici que s’ouvre pour nous une nouvelle perspective. Oui, il y a un contrat entre le patron et les ouvriers ! Mais le contrat de Dieu avec nous est d’un autre ordre. Il est tout à fait spécial parce que Dieu est différent de nous, en nous donnant son Esprit, il nous dit que nous pouvons nous aussi agir comme lui.

Dieu nous appelle à travailler dans sa Vigne qu’est l’Eglise, qu’est le monde, mais Il n’est pas dans une logique de détachement, de distance vis-à-vis de ses ouvriers, comme certains patrons qui n’ont que des relations professionnelles avec leurs employés et pour lesquels ne compte que le travail exigé et réalisé. Dieu aime tellement tous les hommes qu’il se donne soi-même à nous à travers les sacrements. Dieu se donne lui-même comme salaire, mais il s’agit d’un salaire gratuit. Dieu nous sauve gratuitement et sans limite. Le salut, le Bonheur éternel, l’Amour infini, est le salaire que Dieu nous promet, et ce salaire-là, aucun parmi nous ne peut prétendre le mériter ! Dans le domaine de la foi, nous devons sortir de la  méritocratie.  Devant Dieu, nous ne méritons rien, rien du tout, car tout nous est gratuitement donné. La seule condition, qui est à la fois un avantage et un danger, c’est notre liberté de nous ouvrir à lui ou de nous fermer à Dieu, d’accepter ou refuser le don de l’Amour et du salut.

Nous nous sentons peut-être loin de Dieu. Nous n’avons peut-être jamais pensé à lui ni travaillé pour lui. Nous nous considérons peut-être comme ces ouvriers de la cinquième heure mais Dieu veut encore nous embaucher en nous engageant dans le monde, dans l’Eglise. Nous pouvons dire oui au Seigneur et nous mettre à son service, car il n’est jamais tard pour le Seigneur. Il n’est jamais tard pour dire oui au Seigneur, de revenir à lui de tout notre cœur. Jamais tard de recevoir les sacrements, comme le baptême, la confirmation, la communion, quel que soit notre âge. C’est pour cela que je fais la proposition de préparation à la communion et confirmation aux adultes, parents qui ont des enfants au KT, à l’aumônerie, chez les scouts…car Dieu nous attend toujours pour nous embaucher et nous donner la grâce du salut. Nous sentons que notre vie manque de saveur, que nous nous sommes éloignés de l’essentiel, de Dieu, de nos proches ! Il n’est pas tard de revenir sur ses pas, reprendre le cap et accueillir le bonheur simple que Dieu nous donne.

Par rapport au salut que Dieu donne, évitons des comparaisons et des jalousies. Ce qui blesse les ouvriers qui se sont levé tôt et qui ont enduré tout le poids du jour, c’est la comparaison avec ceux qui sont venus tard dans l’après-midi.  Se comparer aux autres crée inévitablement entre-nous des rivalités, des jalousies, voire même des crimes, génère guerre et discorde dans la société, les familles et la communauté. Dieu nous aime chacun d’un amour spécial, pas besoin de nous battre car dans le cœur de Dieu, il y a suffisamment de place pour chacun de ses enfants.

Si tu te prends pour le chrétien infatigable de la première heure, le chrétien exemplaire et modèle qui prétend de Dieu une récompense méritée, alors, tu risques d’être très déçu : devant Dieu nous n’avons aucun droit. Le droit à l’Amour n’existe pas car l’Amour vrai ne se revendique pas ! L’amour se donne et se reçoit gratuitement. Combien de fois j’ai rencontré des chrétiens qui me rappellent toute leur vie donnée et consacrée à Dieu et à l’Eglise, à la communauté, trouvant injuste de ne pas être traité de manière privilégiée…. Non, il n’y pas de privilégiés aux yeux de Dieu.

Si au contraire, avec humilité, tu te ranges parmi les ouvriers de la 5è heure, parmi les serviteurs quelconques, aux côtés des pécheurs comme Marie-Madeleine ou le Bon-larron, si tu arrêtes de regarder tes mérites pour ne compter que sur la bonté et l’amour de Dieu… alors, oui, tu es sur le chemin du bonheur car tu as compris que le salut est un don gratuit. Puisse le Seigneur nous faire découvrir chaque jour la grandeur de son Amour gratuit et infini. Amen.

Homélie du Père Joseph du XXV° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:37:42+01:00

Homélie du Père Joseph du XXIV° dimanche, année A (2020)

Construire une communauté des pécheurs pardonnés !

Certains diront que notre week-end de rentrée est loupé ! La messe au PHARE de Tournefeuille a été annulée à cause de la situation sanitaire en cours. Les 4 prêtres  ne peuvent célébrer la messe avec vous, parce que l’un est en vacances et les trois autres, Cas-Contact au Covid19 (nous avons été en contact avec quelqu’un testé positif au Covid19 : l’ayant su, nous avons effectué le testé qui est négatif pour tous les trois, mais nous devons rester isolés pendant 7 jours), et toutes les activités revus, des SGDF et des Scouts et Guides d’Europe qui ont dû changer d’organisation….! Je voudrais pourtant vous donner un programme qui risque de vous choquer dans sa formulation : « Je voudrais qu’en cette année qui commence, nous construisons ensemble et soyons une communauté des pécheurs » dans nos 5 paroisses ! Fabriquons et essayons d’être une communauté des pécheurs ! Dieu nous appelle à la sainteté, mais je vous invite d’abord à nous reconnaitre ensemble comme communauté des pécheurs, seule condition pour accueillir la grâce et l’appel à la sainteté.

Cette année, je vous invite dans nos familles, les équipes, groupes et mouvements …à nous aider mutuellement à avoir une approche véritablement chrétienne du péché et du pardon : convertir ceux qui sont déjà chrétiens à la vraie logique de l’évangile, et convertir les athées à la nouveauté de la Foi en Jésus. Cela veut dire que nous devons dépasser ces multiples visions superficielles, moralisantes et culpabilisantes du pardon et de la foi chrétienne, dans une société qui confond bonté et lâcheté, le pardon à une émotion immédiate et débonnaire.

Cette année, je vous invite à vivre le pardon et la miséricorde de Dieu parmi nous.  Seule la découverte de la miséricorde de Dieu nous permettra de guérir de ces plaies qui nous qui peuvent nous diviser et nous éloigner les uns des autres en repoussant l’autre parce que différent dans sa sensibilité spirituelle, liturgique, pastorale, sa couleur de peau, sa paroisse, son engagement politique ou ecclésial. Apprenons à nous accueillir dans le pardon et la miséricorde parce que nous sommes les enfants d’un même Père Miséricordieux.

Que veut dire pardonner ? Peut-on tout pardonner ? Et si l’autre abuse de mon pardon ?  Doit-on tout pardonner ? Jusqu’à quel point peut-on pardonner ? Combien de fois faut-il pardonner une offense ? Voilà des questions que nous nous posons pour limiter le pardon… Mais sachons-le bien, ces questions sont déjà présentes dans la Bible !

La réponse est « toujours, pardonner toujours ! » Quand le pardon est enraciné dans le cœur miséricordieux de Jésus, il est donné toujours parce que c’est Jésus qui pardonne toujours en nous et par nous, quand le pardon est demandé de manière sincère ! Au temps de Jésus, les rabbins suggéraient de pardonner jusqu’à trois fois une offense subite pour manifester la clémence et la miséricorde. Simon Pierre, pense devenir un héros en proposant de pardonner 7 fois ! Pardonner 7 fois, c’est énorme ! Pensez un peu à votre voisine votre collègue, ou à l’autre paroissien que vous n’aimez pas beaucoup, et vous croyez qu’il ou qu’elle ne vous aime pas, vous en êtes convaincu d’ailleurs…  à qui vous avez à peine pardonné ses critiques méchantes… et qui 10 minutes plus tard, va  cracher sur vous dans l’autre groupe…. ! Vous le lui pardonnez vraiment ? Non, n’exagérons pas ! N’abusons pas du pardon. Mais voici la réponse de Jésus ! A cette collègue qui vous déteste et vous tue par ses paroles et son regard, Jésus ne vous demande pas de pardonner, comme Pierre, 7 fois seulement…mais bien soixante-dix-sept fois sept fois… c’est-à-dire toujours pardonner !

Et pourquoi ? « C’est injuste de toujours pardonner », disons-nous pour justifier nos rancœurs ! Nous pardonnons parce que le Seigneur nous invite à passer de l’attitude de Juge à celui de l’accusé et du condamné ! Dans la foi chrétienne, nous sommes tous pécheurs, mais tous pardonnés par une telle largesse et générosité de Dieu que nous ne pouvons pas ne pas pardonner. La petite dette que nous avons envers nos frères, ou que nos frères ont envers nous n’est rien par rapport à la dette infinie que nous avons envers Dieu. Mais Lui, de sa croix, avant de mourir s’adresse au Père, en disant : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » alors qu’on lui ôte la vie, Il a effacé toutes nos dettes ! Telle est la raison du pardon vraiment chrétien : je suis appelé à pardonner à ceux qui nous offense parce que les premiers nous avons été pardonnés.

En fait, je ne dois pas pardonner à l’autre pour qu’il devienne meilleur, ou pour qu’il se convertisse, ou pour qu’il devienne plus tendre, plus aimant. D’ailleurs, parfois même, l’autre ne se rend même pas compte d’avoir été pardonné en méprisant ce geste qui pourtant m’a coûté des heures de prière et beaucoup de travail sur soi. Je ne pardonne pas pour que l’autre change, mais un chrétien pardonne d’abord parce qu’il a besoin de changer. Le pardon me met dans une situation nouvelle, différente en me rendant semblable à ce Dieu qui fait tomber la pluie sur les justes et les injustes, et qui nous appelle à être parfaits comme lui-même est parfaits.

Un chrétien ne pardonne pas parce qu’il est meilleur. Le pardon n’est pas une amnésie, l’oubli total de l’offense subie. Bien au contraire, je pardonne parce que je fais le choix de pardonner. Te revoir, toi qui m’as blessé, rouvre en moi la plaie de la blessure, je suis vraiment mal comme une plaie ouverte… mais je choisis la voie de la liberté. Pour les gens qui ont eu la vie détruite par la méchanceté d’autrui, ne pas souhaiter la mort de leurs ennemis est déjà énorme….  Faut-il encore souhaiter leur conversion. !

N’attendons jamais un pardon parfait, angélique, extraordinaire…. Nous pardonnons comme nous pouvons, au meilleur de nos capacités et de nos forces spirituelles et psychologiques…. Prions pour avoir cette grâce de savoir pardonner et demander pardon. Nous pardonnons parce que nous sommes pardonnés par le Seigneur, parce que le pardon nous rend extraordinairement libres. Et si l’autre considère le pardon comme une faiblesse ? C’est un risque à prendre, un risque que Jésus a pris en pardonnant à ceux qui le crucifiaient. Et pourtant, ce paradoxe transforme les cœurs, peut-être pas tous les cœurs, mais beaucoup de cœurs sont transfigurés par le pardon inconditionnel qu’ils reçoivent.

En cette année 2020-2021 qui s’ouvre, vivions comme des filles et fils pécheurs, mais aimés et pardonnés. Apprenons à pardonner pour savoir nous accueillir, en communauté ecclésiale, comme des êtres fragiles, imparfaits, mais riches et enrichis de cette miséricorde infinie de Dieu qui nous appelle à aimer et à pardonner comme Lui, sans calculs. Les familles, groupes, services, les équipes, paroisses…seront transfigurés complètement s’ils vivent vraiment le pardon reçu et donné. Prendre conscience de son péché, fabriquer des pécheurs conscients… est la première étape pour comprendre la logique du pardon que nous sommes appelés à donner, toujours, sans compter, pour ressembler à notre Père des Cieux. C’est le chemin de la sainteté !  Belle rentrée paroissiale…. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du XXIV° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:37:53+01:00

Homélie du Père Joseph du XXIII° Dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Nous sommes dans une société traditionnellement et formellement chrétienne (On parle des racines chrétiennes de la France), mais avouons que ce ne sont plus les valeurs chrétiennes et de l’Evangile qui orientent et éclairent nos vies au quotidien et nos choix de sociétés. Nous vivons un grand déficit des valeurs chrétiennes, voire même humaines tout simplement dans nos sociétés.

En cette rentrée après les grandes vacances dont vous avez bien profité, j’espère), la Parole de Dieu met en lumière deux valeurs chrétiennes fondamentales à vivre et pratiquer au cours de cette année que nous venons de commencer. Il s’agit du pardon et de la correction fraternelle, valeurs que mêmes nous, bons catholiques pratiquants, sommes aussi loin de les vivre comme le préconise l’Evangile. (suite…)

Homélie du Père Joseph du XXIII° Dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:18+01:00

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Depuis que l’Eglise est né, l’iconographie nous a déjà présenté des milliers des visages de Dieu, des millions de représentations du Christ. Je me souviens, enfant au fin fond de l’Afrique, de mes découvertes du visage du Christ dans les églises. Cela m’intriguait de voir ce Jésus très bel homme, un blond aux yeux bleus, représenté, tantôt en croix, tantôt bébé dans la crèche ou dans les bras de Marie, de Joseph, enseignant les foules, Bon Berger portant une brebis sur ses épaules… Plus tard, je l’ai découvert Pantocrator, tout en majesté nous bénissant, ou encore le Jésus du Sacré Cœur ou de la Divine Miséricorde avec son cœur transpercé nous envoyant des rayons de lumière.

Plus tard, au cours de mes études de théologie, dans le cours christologie, j’ai appris que le Christ devait prendre le visage de chaque culture, de chaque peuple pour se l’approprier, car en lui Dieu s’est vraiment incarné et prend le visage, la couleur de peau, la culture, le langage des hommes et femmes qu’il est venu sauver ! Plus encore, chacun de nous, selon notre propre histoire et expérience spirituelle, nous nous construisons notre propre représentation du Christ.

Aujourd’hui, en dépit de la sécularisation, les gens continuent à parler et s’intéressent à Jésus de Nazareth. Pour certains, il s’agit du Jésus dont on nous a parlé notre première catéchiste à l’Eveil à la Foi ou en CE2, CM, en aumônerie, dans l’Action Catholique ou dans la Pastorale Etudiante. D’autres gens parlent de Jésus en nourrissant à son égard une méfiance certaine parce qu’ils l’associent à la religieuse très sévère, parfois même méchante connue à l’école primaire, au collège ou au pensionnat, ou alors aux mauvais souvenirs de leur curé d’enfance qui prêchait un Jésus, certes bon, mais tellement sévère à tel point que sa justice de justicier prenait le dessus sur son Amour infini. Aujourd’hui, il serait bon que chacun de nous s’interroge sur sa propre représentation du Christ ! (suite…)

Homélie du Père Joseph du XXI° Dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:27+01:00

Homélie du Père Joseph du XXII° Dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

L’apôtre Pierre nous accompagne depuis les deux derniers dimanches. Nous l’avons rencontré dans ses douteslors de la marche sur le lac, lors sa profession de Foi à Césarée de Philippe, reconnaissant que Jésus est le Messie.  Aujourd’hui, nous constatons qu’il est totalement à côté de la plaque sur sa vision du Christ, du Messie. Pour Simon Pierre, comme pour les Juifs, le messie devait être fort, glorieux, identifié au nouveau grand roi, avec la mission de restaurer la gloire d’Israël en le libérant des dominateurs Romains.

Jésus explique aujourd’hui ce que veut dire pour lui être le messie et en quoi consiste sa mission. Être messie veut dire : aucune gloire, aucun pouvoir, aucun compromis ni de compromission ! Le Messie veut vivre à fond la mission que le Père lui a confiée et y rester fidèle.  Jésus explique que son choix est radical, et qu’il est plutôt disposé à mourir, en donnant sa vie sur la croix.

Ces explications  choquent terriblement les disciples qui sont atterrés. Il y a encore une heure, sur la route, ils faisaient un mini-sommet pour savoir comment ils allaient former le gouvernement, qui devait occuper le poste le plus important, se mettre à gauche ou à droite de Jésus, qui était le plus grand parmi eux. Matignon était déjà pris ! Pierre leur avait fait comprendre que ce poste-là lui appartenait déjà depuis sa profession de foi à Césarée de Philippe. Tous les calculs étaient faits, les accords signés, gouvernement révolutionnaire de combat était presque à pied d’œuvre ! Mais maintenant, Jésus leur parle de douleur, de souffrance et de mort. Ça ne va plus du tout ! Le Messie a certainement perdu le nord et il faut dans l’urgence faire quelque chose pour sauver le pouvoir. (suite…)

Homélie du Père Joseph du XXII° Dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:38+01:00

Homélie du Père Joseph du XX° dimanche, année A (2020)

Mes chers frères et sœurs !

Dimanche dernier, l’évangile avait pour thème : la foi, le peu de foi de Pierre, le premier des apôtres dans une mer agitée par le vent. Hier samedi, nous avons célébré l’Assomption qui nous a fait contempler Marie, exaltée grâce à sa foi ! Aujourd’hui, c’est la foi d’une païenne une Cananéenne que l’Evangile nous nous fait contempler.

Pour comprendre la grandeur de la foi de cette femme, plongeons-nous dans le monde, la culture, la terre et les racines de Jésus : le monde juif, avec sa religion, sa culture et son territoire. La vie de Jésus s’est épanouie entre la Galilée, la Samarie et la Judée, ces frontières considérées comme la Terre Promise donnée par Yahvé au Peuple Elu. Jésus vit et enseigne à l’intérieur de ces frontières, sauf à deux exceptions où nous le voyons à l’étranger, en dehors de son pays natal. Jésus n’est pas beaucoup sorti de la Palestine. Il est comme nombreux de nos compatriotes pour qui en dehors de leur commune, leur quartier, leur église de Saint Simon, Lardenne, Tournefeuille, Plaisance ou La Salvetat… la ville Toulouse, la Haute-Garonne, la France… rien n’est bon. D’où un certain mépris pour les autres paroisses, les autres villes, d’autres régions, d’autres pays, peuples et cultures…. parce qu’ils ne les connaissent pas et pensent qu’ils sont le centre du monde….

Aussi longtemps que nous ne serons pas sortis pour regarder ailleurs, nous penserons toujours être les meilleurs du monde ! ! Dans ma culture on dit que « l’enfant qui n’est jamais sorti de sa maison familiale pense objectivement que sa mère est la meilleure cuisinière du monde ! » Il est important, de voyager (actuellement c’est compliqué avec cette pandémie), de sortir, à aller à la rencontre d’autres gens, d’autres peuples, cultures, d’autres paroisses… et se rendre compte des richesses que les autres peuvent nous apporter… Cela permet aussi de prendre réellement conscience de la chance que nous avons, et cela nous fera moins râler quand le monde ne tourne pas comme nous le voulons ! (suite…)

Homélie du Père Joseph du XX° dimanche, année A (2020)2020-11-01T19:38:49+01:00
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