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Homélies des messes

Homélie du père Justin, fête de la Sainte Famille (Année C), Lc 2,41-52

Chers frères et sœurs, les parents de Jésus le cherchent dans la caravane et puis dans Jérusalem et ils sont dans l’angoisse. Mais en réalité cette angoisse est déjà présente au préalable, en tout cas une angoisse similaire.

Elle est présente dans tout le peuple d’Israël, c’est cette angoisse qui est présente au fond du cœur de tout le peuple quand il monte chaque année au moment de la Pâque pour offrir des sacrifices dans le temple.

Vous vous souvenez que le peuple hébreu est sorti d’Égypte durant la nuit après que l’ange exterminateur est passé dans tout le pays d’Égypte et a fait périr tous les premiers-nés du peuple et du bétail. Mais les hébreux ont été épargnés parce qu’il leur a été commandé de badigeonner la porte de leur maison avec le sang de l’agneau.

Et depuis ils commémorent leur sortie d’Égypte en offrant un agneau au moment de la Pâque. Ils le font pour rappeler les hauts faits du Seigneur, pour exprimer leur reconnaissance, mais ils le font aussi pour continuer à éloigner le fléau de Dieu loin de leur propre famille – ils le font avec un fond d’angoisse.

Est-ce que Dieu ne va pas emporter mon enfant si je ne le fais pas ? l’angoisse dans le fond de leur cœur est toujours présente, elle peut même être le moteur principal de leur pèlerinage…

Par la suite, cette angoisse est conjurée par des rites, par un calendrier, par des sacrifices, par une routine et finalement par de l’indifférence. Il est paradoxal que l’on passe ainsi de l’angoisse à l’indifférence, mais c’est ce qui se passe souvent.

L’Évangile nous fait percevoir cette routine, il nous dit que les parents de Jésus se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque, que lorsqu’il eut douze ans ils montèrent comme c’était leur coutume, et une fois les jours écoulés ils s’en retournaient – une fois les jours écoulés, pas avant, pas après, tout est bien réglé…

A l’adolescent Jésus cette angoisse doublée de routine et d’indifférence ne va pas du tout. Comme tout adolescent qui se respecte il va mettre en crise cette belle construction. Il n’accepte pas que l’on soit en rapport avec Dieu à travers la peur, la routine ou l’indifférence.

Je disais comme tout adolescent qui se respecte, parce que d’une manière ou d’une autre – chaque histoire est différente – mais d’une manière ou d’une autre c’est ce qui arrive dans chaque famille. C’est-à-dire que les parents disposent leur vie comme il leur semble meilleur, ils construisent un cadre dans lequel ils vont pouvoir faire face à leurs responsabilités et aider leurs enfants à grandir.

Mais il y a aussi des choses qu’ils laissent derrière eux, des peurs par exemple qu’ils ne veulent pas voir, ou bien des évènements de leur histoire auxquels ils ne veulent plus penser, des sacrifices qu’ils ont fait pour leur famille. Tout ça est derrière.

Et puis l’enfant tout d’abord voit ses parents comme des dieux, coupés de la réalité. Mais quand il grandit il les voit dans la vérité et avec ce qu’ils ont placé par devers eux, il les voit dans leur fragilité et cela les humanise – ils doivent accepter cela.

Les enfants un jour proche ou lointain seront reconnaissants pour tout ce qui leur a été donné, mais dans un premier temps ils mettent en crise le cadre qui leur est donné, ils en voient toutes les failles.

L’adolescent Jésus entend s’occuper des affaires de son Père, il entend nous faire découvrir qui est vraiment ce Dieu, il entend nous le faire connaitre comme un père pour nous, comme une mère, pas comme un être de peur.

Siméon l’avait prédit à Marie, Un glaive te transpercera l’âme pour que soient révélées les pensées de beaucoup de cœurs. Les cœurs sont dans la peur et dans l’indifférence par rapport à Dieu, c’est l’union intime de nombreux croyants et d’athées qui adorent et nient en réalité un même Dieu effrayant.

Quand nous irons en pèlerinage durant ce jubilé nous ne le ferons pas parce que nous craignons Dieu, ses représailles si nous ne le faisons pas. Nous le ferons comme dans ce temps de Noël pour aller à la source de la grâce, pour recevoir toujours dans notre vie cette nouveauté. Et ce pèlerinage que nous ferons est une image du pèlerinage de notre vie où nous sentons et reconnaissons nos propres limites.

Là aussi il y a une justice un peu surprenante, Marie et Joseph sont certainement ceux qui ont le moins en eux cette peur de Dieu et cette indifférence, et ce sont eux qui sont frappés par cet enseignement. Mais en même ils sont les membres à part entière de leur peuple et dans une certaine mesure ils connaissent cette peur, cette routine et cette indifférence envers Dieu.

Il est juste d’avoir des modèles, mais nous devons nous garder de trop idéaliser la sainte famille de Nazareth. Si nous exagérons cette idéalisation la sainte Famille devient abstraite, elle nous ne dit plus rien, nous la déshumanisons et nous nous déshumanisons – cela est très fréquent dans la foi chrétienne.

L’Évangile nous montre les limites de Marie et Joseph, ils ne comprennent pas les paroles que leur dit Jésus. Ils sont humains, ils sont limités et ils grandissent eux aussi.

L’enfant Jésus nous l’accueillons comme un enfant dans notre vie, durant cette période de Noël, c’est merveilleux. Mais nous devons savoir que cet enfant va grandir, il va devenir adolescent et nous mettre en crise. Il faut que nous acceptions cette crise quand elle se produira.

Si nous acceptons de reconnaitre nos limites, si nous recevons son enseignement, alors l’enfant Jésus rentrera avec nous dans la paix, il grandira dans notre vie en sagesse, en taille et en grâce et nous fera grandir avec lui.

Homélie du père Justin, fête de la Sainte Famille (Année C), Lc 2,41-522024-12-29T17:30:28+01:00

Homélie du père Justin, IV dimanche de l’Avent, Lc 1,39-45

Chers frères et sœurs, Marie se rend en hâte auprès de sa parente Elisabeth pour lui venir en aide. Elle vient d’apprendre qu’Elisabeth était enceinte et qu’elle en était à son sixième mois de grossesse.

Vous vous souvenez qu’Elisabeth quand elle s’est aperçue qu’elle était enceinte s’est cachée. L’Évangile nous dit qu’elle s’est cachée pendant cinq mois, donc jusqu’à la venue de Marie…

On peut penser qu’elle s’est cachée parce qu’elle n’était pas certaine de pouvoir porter l’enfant jusqu’à son terme, elle a vécu cinq mois dans cette inquiétude… Elisabeth a peut-être soixante ans, peut-être soixante-dix ou plus nous ne le savons pas, mais dans tous les cas il est naturel qu’elle ait craint de ne pas être capable de porter l’enfant jusqu’à son terme…

Et Marie a l’intuition de cela. Certes elle vient aider Elisabeth pour les derniers mois parce qu’elle sera fatiguée, et puis parce qu’elle aura besoin de son aide au moment de l’accouchement. Mais elle a aussi eu l’intuition qu’Elisabeth avait besoin de soutien spirituel, de soutien moral, et pour toutes ces raisons elle se rend auprès de sa parente – en hâte…

Nous devons nous rappeler un peu mieux de la situation d’Elisabeth. Vous vous rappelez que Zacharie n’a pas cru dans l’annonce de l’ange, dans le temple, dans le Saint des Saints. Il n’a pas cru et l’ange lui a dit Je suis l’ange Gabriel qui est toujours auprès de Dieu, et puisque tu n’as pas cru à ma parole alors tu deviendras muet.

Là il faut bien réaliser qu’il y a un éloge très grand de la religion hébraïque. Zacharie est un prêtre, il entre dans le Saint des Saints, il est très proche de Dieu comme Gabriel est très proche de Dieu, le peuple est en prière pendant ce temps, il y a comme un effet de miroir entre Zacharie et l’ange, entre le peuple en prière et la cour céleste.

La religion hébraïque est tellement élevée que la situation de Zacharie avec le peuple est comme un reflet de la situation de Gabriel avec les autres anges. Il y a un tel effet de miroir que l’ange lui dit Tu ne crois pas à ma parole donc tu pers la parole. Il y a un grand éloge et en même temps une grande limite. Zacharie ne croit pas. Malgré la grandeur de cette religion, le fruit, le résultat est celui de l’incrédulité.

Et dans le même temps Elisabeth est enceinte, ou peu de temps après. La grossesse d’Elisabeth est l’image d’une foi nouvelle, il s’agit d’une façon nouvelle d’être en relation avec Dieu.

Ce que nous expérimentons, et ce qui commence avec Elisabeth, c’est quelque chose qui nait et qui grandit au milieu de nous, qui est déposé en nous et qui participe de la vie de Dieu et de notre vie, dont nous avons la responsabilité.

Ce n’est plus une religion avec un ensemble de rites, de sacrifices, de prophéties. C’est une réalité qui est sous le signe du fils de Dieu fait homme qui grandit dans notre sein et dans notre vie comme il a grandi dans le sein de Marie et dans sa vie. Comme lui nous sommes rois, prêtres et prophètes.

C’est nouveau et Elisabeth croit – on peut difficilement imaginer que Zacharie et Elisabeth aient un enfant comme annoncé par l’ange et en même temps qu’aucun des deux n’aient cru… Donc Elisabeth croit, mais en même temps sa foi est fragile, elle a besoin de soutien.

Et Marie se rend en hâte auprès d’elle pour lui communiquer la bénédiction et la vie dont elle a besoin, la vie intérieure.

Un salut est une bénédiction, toujours, les paroles qui accompagnent un salut sont le développement d’une bénédiction. Quand nous nous saluons les uns les autres nous nous bénissons. Marie porte dans son sein la plénitude de la bénédiction qui est le Fils éternel de Dieu fait homme.

Peut-être lui dit-elle Bénie sois-tu et le fruit de ton sein et ensuite Elisabeth répète les mêmes paroles comme nous faisons habituellement quand nous nous saluons, nous échangeons les mêmes paroles et bénédictions. Ou bien peut-être lui dit-elle Réjouis toi le Seigneur est avec toi en reprenant la salutation de l’ange, puisqu’à présent le Seigneur est présent dans le sein de Marie…

L’enfant dans le sein d’Elisabeth tressaille de joie et elle est remplie de l’Esprit Saint. Nous trouvons un nouveau jeu de miroir. Ce n’est plus le jeu de miroir entre l’ange et Zacharie dans le temple, c’est un jeu de miroir entre Elisabeth et Marie, où Marie porte le Fils de Dieu et où Jean Baptiste et Elisabeth sont remplis de l’Esprit Saint. Ce que vit Elisabeth est tellement proche de ce que vit Marie qu’elle reconnait en elle la mère de son Seigneur.

Marie en hâte vient auprès d’Elisabeth et nous enseigne que notre foi ne peut pas être vécue en dehors de la charité, et qu’avant tout nous avons besoin de recevoir un soutien dans la foi.

Elisabeth reçoit ce soutien de Jésus, de Marie, et nous voyons ensuite – ou nous verrons – qu’Elisabeth et Zacharie vont se soutenir l’un l’autre. Elisabeth donne comme nom à son fils Jean en pensant que Zacharie va la soutenir et en effet Zacharie la soutient et confirme le nom.

Donc on voit que la foi d’Elisabeth a grandi et s’est renforcée. Elle a foi en Dieu, elle a foi dans ce qui grandit en elle et en dehors d’elle et elle a foi dans le soutien qu’elle va recevoir de l’extérieur.

Nous aussi, pour nous préparer à accueillir le Seigneur dans notre vie et à le faire grandir, nous sommes appelés à nous soutenir, à donner, et à croire que nous recevrons le soutien dont nous avons besoin.

C’est notre vertu de l’espérance, notre foi vécue comme naissance du Fils de Dieu en nous qui nous fait croitre dans l’espérance et la charité.

Homélie du père Justin, IV dimanche de l’Avent, Lc 1,39-452024-12-22T16:55:33+01:00

Homélie du Père Joseph du IVe dimanche de l’Avent, année C (2024)

Mes chers et sœurs !
Au temps de Jésus, Israël attendait le messie. Mais, personne alors n’aurait pu s’imaginer qu’il vienne d’un village paumé comme Nazareth ! Rien de bon ne pouvait provenir de ce petit village de Galilée, et moins encore, un prophète ! Ce mépris pour Nazareth est exprimé clairement dans la discussion entre les premiers disciples de Jésus, Philippe et Nathanaël (Barthelemy), qui étaient alors disciples de Jean-Baptiste : « Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël répliqua : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1, 45-46).
Ce mépris pour la Galilée sera souligné dans la discussion entre Nicodème et les pharisiens qui voulaient s’en prendre à Jésus. « Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » (Jn 7, 48-52)
Le Messie attendu devait être puissant et fort, ne dépendant d’aucune motion de censure qui le fasse tomber. Ce messie devait apporter un changement politique, militaire et spirituel. Il était absurde, inaudible et invraisemblable de l’imaginer d’humble condition. Le peuple avait déjà oublié, que le prophète Michée avait déjà explicitement affirmé que le Messie serait de conditions extrêmement humbles, au point naître, non pas à Nazareth, mais dans un coin plus perdu encore de la Judée, un village presque invisible et difficilement référençable sur la carte géographique : « Et toi, Bethléem Ephrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre » (Michée 5, 1, 3)
A Noël, Bethléem deviendra pourtant le centre de l’histoire du salut. Un solitaire logement de fortune, la mangeoire d’une ferme devient le symbole que nous avons tous dans nos maisons, la crèche de Noël qui rappelle ce lieu humble qui vit naître le roi de l’univers. Le temps de l’Avent montre comment Dieu transforme et donne une valeur inestimable aux petites choses, comme il exalte ce qui est communément méprisé. C’est cela que Marie chante dans le Magnificat.
A noël, Bethléem, devient un lieu de pèlerinage où vont converger à la fois les bergers, les anges ainsi que les rois mages. Marie et Joseph, jusque-là ignorés des villageois qui n’ont pas voulu les accueillir dans leurs maisons et ou auberges, deviennent le centre de l’attention de tous parce que leur enfant, Jésus-Seigneur, les rend objets d’une admirable attention. Dieu est grand, non pas parce qu’il est impérieux et imposant, mais parce qu’il est capable de se faire petit et qu’il donne grandeur et valeur inestimable aux choses petites et insignifiantes que nous faisons avec amour.
En quelques versets, cet évangile qui présente la rencontre de Marie avec Elisabeth donne les attitudes qui seront entre nous les plus beaux des cadeaux de Noël : un mouvement d’attente, de joie et d’accueil. C’est ce mouvement qui envoie Marie vers sa cousine Elisabeth déjà fatiguée par la grossesse qu’elle porte depuis 6 mois. La Vierge Marie vient rendre service et soutenir Elisabeth, sa cousine plus âgée et déjà affaiblie par la grossesse qu’elle porte. Attention : lors de vos rencontres à Noël, de grâce, ne mettez pas les pieds sous la table, mais rendez service aux parents ou à ceux qui vous accueillent et qui organisent ces fêtes de fin d’année. Je rencontre déjà quelques parents qui se plaignent des enfants que viennent mais qui ne foutent rien, qui attendent que tout leur soit préparé. Et moi je voudrais remercier déjà tous ceux qui s’impliquent dans les différents services afin que nous vivions de belles célébrations et liturgies de Noël dans nos communautés.
Marie et Elisabeth partagent la joie de se retrouver, toutes deux reconnaissantes d’être destinataires d’une grâce extraordinaire à travers leurs enfants. Aurons-nous la même joie de nous retrouver prochainement dans nos familles à l’occasion de ces fêtes ? Oui, il appartient à chacun de nous d’être artisan et messager de joie dans nos familles. J’imagine votre famille se retrouver : les petits enfants qui vont crier, courir dans tous les sens, chanter à tue-tête dans la maison familiale ou celle que vous avez louer en campagne pour vous réunir. Peut-être que ces cris et remue-ménage vont déranger certains parmi vous, surtout les grands ou arrière-grands-parents ? Mais, n’est-ce pas cela la manifestation de la vie lors de nos retrouvailles joyeuses en famille.
C’est comme à la messe le dimanche. Chaque eucharistie est comme une visitation. Nous venons rencontrer le Seigneur qui nous invite et qui se donne à nous sur les deux tables, celle de la Parole et du pain et du vain. Nous venons lui partager nos joies et nos peines. Nous nous faisons mutuellement une visitation : je sais qu’il y a des gens qui ne se voient qu’à la messe dominicale et qui sont heureux de se voir. En tout cas, moi je suis très heureux de retrouver les paroissiens le dimanche. Nous nous retrouvons dans la joie, et parfois les bruits, les cris, les pleurs, les courses, le remue-ménage des bébés et enfants sont le signe que l’Eglise est vraiment une famille rassemblée. C’est dans ce sens que notre évêque nous appelle à construire dans nos paroisses une Eglise-famille de Dieu. Quand on parle de famille réunie dans la joie, il y a toujours cette possibilité que les enfants fassent un peu ou beaucoup de bruit. Je ne dis pas que le bruit des enfants est toujours agréable, mais leur bruit est signe de la vie et réjouissons-nous d’avoir ces enfants parmi nous !
La visite de Marie à Elisabeth me fait penser …une démarche que l’Eglise nous invite vivre au cours de cette année du Jubilé : Il s’agit d’aller vers, de faire un pèlerinage vers soi-même, vers l’autres et vers Dieu. Le pape François nous invite à être de pèlerins de l’Espérance. Comme Marie et Elisabeth célébrant la Joie de la naissance de Jésus et de Jean-Baptiste, nous aussi, dans ce monde qui désespère, témoignons de l’Espérance chrétienne qui ne déçoit jamais. Espérer de soi-même, espérer des autres et surtout espérer en Dieu ! Il ne s’agit pas de l’espoir qui est toujours fragile. Notre Espérance s’enracine dans l’amour Dieu répandu en nos cœurs par le saint Esprit qui nous a été donné.
C’est pour cela que je vous invite à vivre et suivre les propositions jubilaires qui nous sont proposées cette année 2025 et dont vous trouverez le programme dans le livret « vivre le pèlerinage ». A la basilique saint Pierre de Rome, le pape François ouvrira la porte sainte le 24 décembre, tandis que dans le diocèse, ce sera le dimanche 5 janvier. Nous vous invitons à participer à toutes ces propositions qui n’ont d’autres finaliser que de nous faire grandir dans l’amour, la foi et surtout l’Espérance chrétienne, cette petite sœur des trois vertus théologales qu’on oublie souvent ! Sur l’ensemble paroissial, nous vous proposerons, entre autres, des conférences sur l’Espérance, une fois par mois le jeudi soir. Nous vous proposons aussi un pèlerinage paroissial à Rome du 11 au 15 octobre 2025 à Rome suivant le parcours du Jubilé proposé par le pape. Et j’espère que nous seront très nombreux. Aussi, à chaque messe, et dans nos maisons, seul ou en famille, reprenons très souvent la prière du Jubilé qui nous est proposée.
Que le Vierge Marie, pèlerine auprès d’Elisabeth pour lui partager sa joie, nous obtienne la grâce d’être nous aussi, des témoins et « Pèlerins d’Espérance » pendant cette année du Jubilé et autour des fêtes qui approchent. Amen.

 

Homélie du Père Joseph du IVe dimanche de l’Avent, année C (2024)2024-12-30T15:28:59+01:00

Homélie du Père Clément du IIIe dimanche de l’Avent, année C (2024)

La vraie joie vient de Dieu
Frères et sœurs bien-aimés,
En ce troisième dimanche de l’Avent, marqué par la joie, l’Église nous invite à nous réjouir. Mais qu’est-ce que la vraie joie, et où peut-on la trouver ? Trop souvent, nous cherchons la joie dans des choses éphémères : les plaisirs passagers, les possessions matérielles, ou les réussites sociales. Pourtant, cette quête laisse de nombreux cœurs insatisfaits. La vraie joie, celle qui ne déçoit pas, vient de Dieu. Elle jaillit d’une rencontre personnelle avec Lui, et transforme la vie.
Une joie qui se nourrit de la confiance
Saint Paul, dans la lettre aux Philippiens, nous exhorte : « Soyez dans la joie, le Seigneur est proche ». Il ajoute : « Ne soyez inquiets de rien, mais en toute circonstance, priez et suppliez dans l’action de grâce ».
La joie chrétienne n’est pas l’absence de problèmes, mais la certitude que Dieu marche avec nous. Cette confiance transforme nos craintes en prière et notre prière en paix. Le cantique d’Isaïe que nous avons chanté tout à l’heure comme psaume responsorial proclame : « Voici le Dieu de mon salut, j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. »
Chers amis, n’est-ce pas là un message d’actualité ? Face à tant de défis – économiques, sanitaires ou personnels – nous sommes invités à regarder au-delà de nos inquiétudes, à lever les yeux vers le Christ. Comme le disait Sainte Mère Teresa : « La joie est une prière, la joie est une force. Elle est la preuve que nous croyons à la présence de Dieu. »

Je voudrais partager avec vous l’histoire de deux hommes célèbres, qui ont découvert cette vérité à travers leur propre cheminement.

1. La joie recherchée dans le succès : l’exemple de Léon Tolstoï
Prenons d’abord Léon Tolstoï, l’auteur russe mondialement connu pour ses chefs-d’œuvre Guerre et Paix et Anna Karénine. À 50 ans, après avoir atteint gloire, richesse, et reconnaissance, Tolstoï plonge dans une crise existentielle profonde. Il écrit dans son journal : « J’avais tout pour être heureux, mais je ne savais plus pourquoi je vivais. Une question me hantait jour et nuit : pourquoi continuer à vivre si tout finit par la mort ? »
Tolstoï chercha des réponses dans la philosophie, mais rien ne le satisfaisait. Un jour, il se tourna vers les paysans de son domaine, ces hommes et femmes simples qui travaillaient la terre. Il observa leur foi profonde, leur prière quotidienne, et leur paix intérieure. Cela le bouleversa. En se tournant vers Dieu et en adoptant une vie plus humble, il trouva une joie durable. Il déclara : « La vraie joie ne vient pas de ce que l’on possède, mais de ce que l’on est en Dieu. »

2. La joie trouvée dans la conversion : le témoignage de Saint Augustin
Un autre exemple, plus ancien mais tout aussi puissant, est celui de Saint Augustin. Ce grand intellectuel du IVe siècle cherchait la joie dans les plaisirs de la chair, les honneurs, et la philosophie. Mais au lieu de trouver le bonheur, il se sentait de plus en plus vide. Dans ses Confessions, il écrit : « Mon cœur était inquiet, jusqu’à ce qu’il repose en toi, Seigneur. »
Ce fut la prière fervente de sa mère, Sainte Monique, et la prédication de Saint Ambroise qui l’amenèrent à découvrir que la vraie joie se trouve dans une vie donnée à Dieu. Quand Augustin finit par se convertir, il s’écria : « « Tard je t’ai aimée, beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée ! …tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c’est là que je te cherchais ; … Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi.»
Voilà une belle prière de St Augustin quand il a découvert Dieu. La source de la vraie JOIE. Oui, Sa joie devint contagieuse, et son témoignage continue d’inspirer les âmes à travers les siècles.

3. L’Évangile : une invitation à découvrir la vraie joie
Ces histoires résonnent avec l’Évangile de ce dimanche, où les foules demandent à Jean-Baptiste : « Que devons-nous faire ? » Jean répond avec des conseils concrets : partager avec les pauvres, pratiquer la justice, vivre honnêtement. Mais surtout, il annonce Celui qui doit venir : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi… Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » La vraie joie ne vient pas seulement de nos actes, mais de notre relation avec le Christ.
La joie chrétienne, frères et sœurs, naît d’une rencontre personnelle avec Jésus, qui nous révèle le visage aimant de Dieu. Elle ne dépend pas des circonstances extérieures, mais d’une certitude intérieure : « Le Seigneur est proche », comme le rappelle saint Paul dans la deuxième lecture (Ph 4,4-7). Cette joie ne supprime pas les épreuves, mais elle les transforme, car elle repose sur une promesse inébranlable : Dieu est avec nous, et son amour est plus fort que tout.
Il m’est venu à l’esprit la belle expérience d’un entrepreneur kenyan devenu philanthrope, Charles MULLY. Orphelin, il a grandi dans une extrême pauvreté, mais a fini par bâtir un empire financier. Pourtant, à l’apogée de sa richesse, il entendit l’appel de Dieu : « Laisse tout et viens en aide aux enfants des rues. » Contre toute attente, il liquida son entreprise et ouvrit un foyer pour des milliers d’enfants abandonnés.
Ses amis pensaient qu’il était fou, mais Charles témoigne aujourd’hui que c’est là qu’il a trouvé la vraie joie. Il dit souvent : « La richesse peut remplir vos poches, mais seule la foi en Dieu remplit votre cœur. » Cette joie, il l’expérimente chaque jour en voyant des vies transformées par l’amour de Dieu.

5. Trois clés pour cultiver la vraie joie
À l’image de Tolstoï, Augustin et Charles Mully, comment pouvons-nous accueillir cette vraie joie ?
Chercher Dieu dans la prière : Comme le dit Mère Teresa, « La joie est le filet avec lequel on pêche les âmes. » C’est dans la prière que nous apprenons à voir notre vie à travers le regard de Dieu.
• Vivre la charité : La joie grandit lorsqu’on partage avec les autres. Jean-Baptiste nous rappelle que la générosité est une voie directe vers le cœur de Dieu.
• Rendre grâce : Être reconnaissant même dans les épreuves change notre perspective. Comme Saint Paul l’écrit : « En toute circonstance, priez, suppliez, rendez grâce. »en claire, Voir les choses sous le regard de Dieu.

La joie, une lumière pour le monde
Frères et sœurs, ce dimanche « Gaudete » nous rappelle que la joie est un don de Dieu, mais aussi une mission. Elle est le fruit de notre rencontre avec le Christ, et elle nous est donnée pour éclairer le monde. En cette période de l’Avent, préparons nos cœurs pour accueillir cette joie. Comme l’a dit le Pape François : « Le chrétien est une personne joyeuse, car il sait que Jésus marche avec lui, qu’il l’aime et qu’il ne l’abandonnera jamais. »
Que cette joie, profonde et contagieuse, soit notre force dans l’attente du Sauveur. Amen.

Homélie du Père Clément du IIIe dimanche de l’Avent, année C (2024)2024-12-17T09:20:43+01:00

Homélie du père Justin, III Dimanche de l’Avent (Année C), Lc 3,10-18

Chers frères et sœurs, en ce temps de l’Avent particulièrement nous écoutons la prédication de Jean le Baptiste. Jean le Baptiste est celui qui nous annonce la venue du Sauveur, du Prince de la paix.

L’enfant Jésus dans la crèche est le Prince de la paix. Et Jean le Baptiste nous l’annonce en prêchant la justice, c’est la justice qui obtient la paix.

Il nous dit Celui qui a deux tuniques, qu’il en donne à celui qui n’en a pas. Aux collecteurs d’impôts il demande de ne rien exiger au-delà de ce qui est fixé par l’occupant romain. Aux soldats il demande de ne pas user de violence pour augmenter leurs revenus.

Cependant l’Évangile nous dit que le peuple était dans l’attente, et le terme qui est employé dans la langue de l’Évangile parle aussi d’inquiétude, il s’agit d’une attente inquiète. Pourquoi le peuple est-il dans l’attente ? et pourquoi est-il inquiet ?

Le peuple a soif de justice, toutes les personnes qui écoutent Jean le Baptiste ont soif de justice. Certaines attendent un Messie de type nationaliste qui va renverser l’empire romain et dominer sur toutes les nations. Ce sont des cas extrêmes, les cœurs de ces personnes ne sont pas très bien préparés, mais tous de toute manière espèrent la justice. Et ils sentent confusément que ce que dit Jean le Baptiste n’est pas suffisant.

Il faut reconnaitre en effet que ce n’est pas très exaltant. Donner ce qu’on a de superflu, c’est bien, mais est-ce que nous ne sommes pas appelés à faire davantage pour notre monde ? Demander comme taxe ce que l’occupant romain a fixé, cela laisse dans l’ombre beaucoup de questions… Est-ce qu’il faut collaborer avec l’occupant romain, est-ce qu’il faut réagir contre l’occupation et comment ?

De même pour les soldats – les soldats à l’époque sont des hommes de main payés par l’un ou payés par l’autre. Leurs actions sont souvent violentes et pour le moins ils jouent un rôle d’intimidation. Est-ce qu’ils ne doivent pas changer de métier ou pour le moins considérer pour le compte de qui il est acceptable de travailler ?

Toutes ces questions et bien d’autres restent en suspens…

Et Jean le Baptiste répond à l’attente et à l’inquiétude de la foule. Il dit Après moi il y en a un qui vient qui est plus fort et plus grand que moi. Lui, Jean, baptise dans l’eau – son baptême est très important, il nous libère du péché, mais il utilise un élément que tous peuvent utiliser…

Celui qui arrive après moi utilise un élément que lui seul peut utiliser qui est le souffle saint – l’Esprit Saint – et le feu. Jean le Baptiste répond aux attentes de la foule avec une image qu’il est très important de bien comprendre, et qui est très belle. Il dit que celui qui arrive est comme un vanneur…

Le vanneur avec sa pelle jette en l’air des grains de blé qui sont recouverts d’une sorte de paille. Comme ils sont projetés il se forme un fort courant d’air, les grains montent et la paille qui les recouvre est enlevée et emportée au loin tandis que le grain de blé retombe à pic, tout droit, sur le sol au pied du vanneur.

Jean le Baptiste avec cette image est en train de nous dire que le Seigneur qui vient va nous exalter nous-mêmes, il ne va pas seulement nous parler de choses exaltantes, mais il va nous-mêmes nous exalter. Il va nous élever dans les hauteurs avec la puissance de l’Esprit Saint… Et en même temps nous allons retomber, c’est-à-dire que nous allons nous humilier. A chaque fois que le Seigneur nous exalte, nous, nous devons nous humilier, alors nous serons purifiés et sanctifiés.

Ce que dit Jean le Baptiste au peuple, à chacun de nous, c’est que du moment que nous serons purifiés et sanctifiés de cette façon, alors notre justice elle-même va grandir en même temps que nous et notre capacité à réaliser cette justice.

L’Évangile nous dit que Jean ainsi annonçait la Bonne nouvelle…

La bonne nouvelle, cela existe déjà en son temps, cela signifie que le nouvel empereur prétend apporter la paix, on prépare les routes pour qu’il rende visite aux villes du royaume. Et on annonce sa venue comme une bonne nouvelle qui a déjà commencé de se réaliser.

Jean le Baptiste nous fait entrer dans ce temps de la grâce ou la Bonne nouvelle est annoncée, ou la paix a commencé d’arriver et où nous sommes appelés à réaliser la justice pour l’accueillir.

Une justice toujours plus grande, qui grandit avec nous, au rythme de la grâce et à notre rythme personnel, en nous purifiant et sanctifiant progressivement et sûrement. Il nous l’assure en disant que la balle, la partie qui nous empêche de nous justifier, cela brûle dans un feu qui ne s’éteint pas, c’est-à-dire qui nous sanctifie véritablement et nous libère véritablement pour pouvoir aimer et agir.

Homélie du père Justin, III Dimanche de l’Avent (Année C), Lc 3,10-182024-12-17T09:20:23+01:00

Homélie du Père Joseph du IIe dimanche de l’Avent, année C (2024)

Mes chers frères et sœurs !
C’était à la fin du mandat de Joe Biden aux Etats-Unis d’Amérique, Donald Trump fraichement réélu, venait de faire sa première visite officielle à Paris, le dimanche 8 décembre, pour la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, reconstruite après l’incendie… La France alors vivait une crise politique, avec un président Macron affaibli, à cause de la dissolution et de la motion de censure qui venait de faire chuter le gouvernement Barnier qui n’avait duré que trois mois…. A l’appel du pape François, l’Eglise Catholique entrait dans l’année Jubilaire comme « pèlerins d’Espérance ». Sur l’ensemble paroissial de Tournefeuille à Tournefeuille….., ce weekend-là, des nombreux adultes faisait leur entrée en catéchuménat pour la joie de toute la communauté paroissiale….
Des nouvelles et détails historiques, des précisions de l’actualité semblables à ce qui nous est décrit par saint Luc dans l’évangile : « L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. »
Saint Luc est soucieux des précisions historiques. Il nous situe le personnage et le message de Jean-Baptiste chargé de préparer Israël à la venue du Messie. Le premier enseignement de ces précisions historiques est celui-ci : le Christ Jésus n’est pas le produit d’une fantaisie, un mythe, une invention ! Qu’on le veuille ou pas, même les plus idéologues des laïcards qui veulent supprimer les calendriers de l’Avent dans les écoles dans notre pays ne peuvent rien au fait que Jésus est un personnage historique ; que même notre calendrier a comme année 0 (point de départ) la naissance de Jésus, avec un avant et un après. En Jésus, Dieu s’est réellement fait homme, il est venu au monde et a vécu dans un lieu et un temps précis de l’histoire, pour une mission que les évangiles racontent.
Ces précisions historiques ont un autre objectif supplémentaire. Toutes les autorités politiques et religieuses mentionnées se situent dans une région, une religion et un peuple qui attendait un Messie. Mais la mention de l’empereur romain représenté par le gouverneur Ponce Pilate, veut nous rappeler que l’avènement du Messie dépasse la simple Judée et le peuple d’Israël : l’avènement du Christ embrasse l’histoire universelle de l’humanité.
Les Juifs étaient convaincus que le Messie devait venir seulement pour eux, le Peuple élu. Jean-Baptiste corrige cette vision, s’appuyant sur le prophète Isaïe qui affirme que « tout homme verra le salut de Dieu » avec le messie attendu par Israël. Le salut apporté par Jésus, le Fils de Marie, l’Immaculée Conception que nous fêtons exceptionnellement le 9 décembre cette année (au lieu du 8 qui tombe un dimanche), ce Jésus dont nous préparons la venue liturgique pendant l’Avent, vient sauver tout être humain, sans distinction ni de race, de culture, de condition sociale…
Cependant rappelons-nous que le salut ne peut nous atteindre comme la pluie ou le soleil qui ne dépendent ni de notre volonté ni de notre liberté. Qu’on soit de gauche ou de droite, croyant ou athée, nous sommes tous de la même façon bénéficiaires ou victimes de la météo ou des conditions climatiques. En ce qui concerne le salut, les choses sont très différentes : Jésus ne nous l’impose jamais. Il veut nous sauver mais ne peut pas le faire sans notre liberté et notre adhésion car il respecte profondément les êtres libres que nous sommes et dont il attend accueil, adhésion libre et acceptation des grâces qu’Il nous apporte avec l’avènement de Noël. Nous pouvons, en toute liberté, accueillir ou refuser le salut qu’il nous apporte. L’entrée en catéchuménat, demander officiellement le baptême, surtout pour les adultes, est la manifestation de cette liberté et conversion qui accueille le salut apporté par le Christ.
C’est comme un cadeau ! Parce que la période de Noël est propice aux cadeaux, je me permets cette analogie, imparfaite certes, parce que le cadeau dont je parle n’a pas de prix. Quand on donne un cadeau, celui qui le reçoit, tend les mains pour le recevoir, et si c’est possible, fait une bise, verse quelques larmes de joie…. Il remercie ensuite, surtout s’il est heureux et que le cadeau lui fait plaisir. Mais on peut aussi refuser un cadeau. Ça m’est déjà arrivé malheureusement parce que j’avais compris que ce cadeau-là était un piège. On m’a raconté l’histoire d’un monsieur qui, pour son pot de départ, a refusé le cadeau offert ses collègues parce que ce cadeau-là lui rappelait trop son boulot…alors qu’il voulait vraiment tourner la page et ne plus penser à ce boulot où il n’était pas très heureux. Nous sommes libres d’accueillir ou de refuser le salut, ce cadeau d’Amour qu’apporte Jésus.
Reprenant les paroles du prophète Isaïe, Jean-Baptiste proclame : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». L’Avent, comme le catéchuménat, est une invitation et un temps de conversion : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers, Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis »
C’est un appel à la conversion pour accueillir comme il se doit l’Hôte, la Lumière d’en-haut qui vient nous visiter. Nous devons quitter l’égoïsme, le mensonge, élargir et aplanir son cœur pour faire place au Christ et à nos frères et sœurs. La vraie lumière vient éclairer notre vie pour la libérer de nos ténèbres et zones d’ombres. Qui parmi nous pourrait honnêtement dire, en se regardant à travers la lumière du Christ, que sa vie est parfaite et qu’il n’a rien à se reprocher, rien à convertir ? Personne ! C’est dans ce sens que Jean Baptiste nous appelle à vivre l’Avent comme un temps de conversion. Nous avons tous besoin de conversion.
Préparer la route au Seigneur, c’est convertir notre cœur et désir devenir meilleur, témoigner de notre foi et de l’amour de Dieu. C’est construire des ponts de paix, de joie, de réconciliation avec notre entourage ecclésial, professionnel et dans nos familles en cette période des fêtes, faire des efforts pour s’accueillir mutuellement malgré nos différences et nos divergences. Seigneur, nous désirons d’accueillir ! Viens Seigneur Jésus ! Viens naître et prendre place dans ma vie, dans nos vies. Amen. »

 

Homélie du Père Joseph du IIe dimanche de l’Avent, année C (2024)2024-12-30T15:30:25+01:00

Homélie du Père Justin du IIème dimanche de l’Avent (année C) Lc 3,1-6

Chers frères et sœurs, l’Évangile que nous avons proclamé nous parle de communion, d’un renouvellement de la communion entre nous. La parole de Dieu est adressée non pas aux puissants de ce monde, à l’empereur romain, à Hérode ou à ses frères, aux grands prêtres – mais à un homme dans le désert, à une voix, et cette voix nous appelle et nous demande d’abaisser ce qui est en hauteur et de relever ce qui est en bas.

L’Évangile nous demande de renoncer à la domination des uns sur les autres qui empêche la communion. La domination d’un peuple sur un autre ou d’une personne sur une autre a des effets dans toute la création. Le Seigneur nous demande de répondre à son appel, de travailler dans le temps à la restauration de notre humanité en restaurant la communion entre nous et avec la création, et ce faisant avec le Créateur. Alors toute chair, tous les êtres vivants verront le salut de Dieu.

L’Évangile nous dit que Jean, fils de Zacharie, proclamait un baptême de repentir pour la rémission des péchés. Ce qui blesse la communion c’est ce que nous appelons le péché. Mais qu’est-ce que la rémission des péchés ?

Pour parler de la rémission, du pardon des péchés, nous devons évoquer une séquence historique, comme le fait tout l’Évangile.

L’Évangile nous dit que la rémission des péchés, dans un premier temps, cela consiste dans le fait de laisser nos péchés, de les abandonner. En l’occurrence il s’agit de les laisser dans l’eau du Jourdain, comme dans le baptême de Jean. La parole grecque qui est utilisée signifie à la fois abandonner des fautes et en être pardonnés. La parole dit les deux en même temps, et de fait il faut bien entendu qu’il y ait les deux en même temps. Il faut que j’abandonne le péché pour qu’il puisse m’être pardonné.

Tout comme dans le baptême de Jean je désire être lavé de mes péchés pour vivre une vie nouvelle, pour devenir une personne nouvelle. Je ressens un appel à retourner vers Dieu en changeant de vie. Ça a quelque chose à voir avec l’enfance, je veux redevenir simple et ouvert comme un petit enfant, comme je me souviens d’avoir été. Je viens déposer mes péchés dans les eaux du baptême pour repartir, pour être refait à neuf.

Et puis le second temps de la séquence c’est la rencontre avec Jésus.

Je peux rencontrer Jésus dans son enseignement, ou quand il guérit les malades, ou quand il multiplie la nourriture pour des milliers de personnes. Mais là où je rencontre Jésus avec le plus de force c’est quand je le rencontre dans la crèche, quand je rencontre l’enfant Jésus. C’est la rencontre avec l’enfant Jésus qui me révèle, qui me démontre même que Dieu n’a jamais été en colère contre moi.

Je pensais qu’il était lointain, indifférent ou bien irrité ou déçu…  Et en réalité je m’aperçois en le voyant, en le rencontrant, qu’il m’a pardonné tous mes péchés depuis toujours, sans aucune altération dans ses sentiments pour moi, il m’a toujours aimé d’un amour infini et sans conditions. Il m’a pardonné depuis toujours, il attend seulement que je vienne lui demander son pardon pour me le donner.

Le troisième temps dans la séquence de la rémission des péchés c’est quand Jésus descend dans l’eau de mon baptême et prend sur lui tous mes péchés. Tous mes péchés sont réels et ont des effets réels sur moi et sur les autres, ils sont des blessures infligées à la communion avec chacun et avec Dieu. Le Seigneur les prend sur lui, puisqu’il est homme il peut les prendre sur lui réellement.

Et le quatrième temps c’est le don de l’Esprit Saint qui restaure et même régénère de l’intérieur toute mon humanité, pour pouvoir réparer toutes mes relations et entrer dans la communion. Quand il prend mes péchés il me donne la vie divine, il me donne son Esprit pour être en pleine communion avec lui. Il me donne une vie nouvelle, divine et humaine.

Donc la rémission des péchés qui nous est annoncée au début de l’Évangile c’est une séquence ou l’Esprit Saint nous appelle, opère notre rédemption et nous libère pour entrer dans la communion avec lui, avec chacun et toute la création.

Nous connaissons la rémission des péchés dans le baptême et ensuite dans le sacrement de la réconciliation, qui restaure la grâce de notre baptême. Quand nous nous confessons, c’est une grande fête pour Marie dont nous fêtons l’Immaculée conception demain, elle qui est mère de Dieu et notre mère dans le baptême.

La naissance de Jésus est le plus beau cadeau, mais le cadeau c’est aussi notre renaissance, nous aussi nous sommes l’enfant dans la crèche par le baptême et par la grâce de la confession.

Homélie du Père Justin du IIème dimanche de l’Avent (année C) Lc 3,1-62024-12-08T16:39:47+01:00

Homélie du Père Clément du Ier dimanche de l’Avent, année C (2024)

L’Avent, un temps de triple venue

Frères et sœurs bien-aimés,

Nous entrons aujourd’hui dans le temps de l’Avent, ce moment particulier où l’Église nous invite à veiller et à espérer. Ce temps nous prépare à accueillir le Christ de trois manières : sa venue dans l’humilité à Noël, sa venue dans la gloire à la fin des temps, et sa venue quotidienne dans nos vies. Ces trois venues sont indissociables, et chacune d’elles nous appelle à la vigilance, à l’espérance, et à la conversion. Mais comment vivre cette triple venue ? Comment garder la vigilance intérieure, la paix, et une véritable espérance au milieu des troubles de ce monde ? L’Évangile d’aujourd’hui nous offre une clé précieuse pour vivre pleinement ce temps d’Avent.

I. L’Évangile : Lever la tête, car votre rédemption approche

L’Évangile de ce jour nous parle de signes apocalyptiques : des bouleversements dans le ciel et sur la terre, des temps d’angoisse pour les nations. Mais Jésus, loin de nous pousser à la peur, nous dit : « Relevez la tête, car votre rédemption approche. »

Une vigilance face aux troubles du monde/ Nous vivons dans un monde où les « signes » sont multiples : crises climatiques, pandémies, guerres, divisions. Mais ces bouleversements ne doivent pas nous plonger dans l’angoisse. Jésus nous rappelle que, même au milieu des tempêtes, Dieu est à l’œuvre. Notre vigilance ne doit pas être une peur paralysante, mais une confiance active.

Un jour, un homme visitait une cathédrale en pleine construction. Il s’approcha d’un ouvrier qui posait une pierre et lui demanda ce qu’il faisait. L’ouvrier répondit : « Je construis une cathédrale qui glorifiera Dieu. » Cet homme voyait au-delà des débris et du chaos du chantier. De même, face aux troubles du monde, nous sommes invités à voir l’œuvre de Dieu qui construit quelque chose de plus grand.

Le pape Benoît XVI disait : « Le chrétien n’est pas un prophète de malheur, mais un témoin d’espérance. »

II. Les venues quotidiennes de Dieu dans nos vies

Jésus ne vient pas seulement à Noël ou à la fin des temps. Il vient chaque jour dans nos vies, souvent de manière discrète.

Dans la prière : Quand nous ouvrons notre cœur à Dieu, il vient habiter en nous.
Dans les sacrements : L’Eucharistie est cette rencontre intime où le Christ se donne à nous.
Dans les autres : Dans les pauvres, les malades, ceux qui croisent notre chemin.
o Une religieuse racontait qu’un jour, alors qu’elle servait dans un hospice, un homme mourant lui demanda de lui lire l’Évangile. Elle lut : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire. » (Mt 25,35). L’homme lui répondit : « Sœur, aujourd’hui, j’ai rencontré Jésus. Vous l’avez fait pour moi. » Dieu vient à nous à travers les gestes simples d’amour et d’attention.

Saint Jean-Paul II disait : « Le Christ se cache dans les pauvres, mais il ne se cache pas pour ne pas être trouvé. »

III. Comment vivre l’Avent dans la vigilance et la paix

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous exhorte à grandir dans l’amour et à vivre pour plaire à Dieu. Cela nous donne des clés pour bien vivre ce temps d’Avent.

1. La prière fervente/La prière nous garde éveillés et centrés sur l’essentiel. Prenons chaque jour un temps pour méditer la Parole de Dieu et dialoguer avec Lui.
2. La sobriété/L’Avent est un temps pour alléger nos vies, éviter que « notre cœur ne s’alourdisse » par les soucis de ce monde. Vivons avec simplicité.
3. La charité active/Posons des gestes concrets d’amour et de solidarité : visiter une personne seule, pardonner, ou aider quelqu’un dans le besoin.
*Lors d’une tempête, des passagers étaient pris de panique sur un bateau. Mais un petit garçon jouait tranquillement. Quelqu’un lui demanda : « Pourquoi n’as-tu pas peur ? » Il répondit : « Parce que c’est mon père qui pilote le bateau. » De même, notre vigilance est nourrie par la confiance en Dieu, qui pilote notre vie, même au milieu des tempêtes.

Sainte Thérèse d’Avila disait : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie. Tout passe, Dieu seul suffit. »

IV. Préparer Noël en vivant les venues de Dieu

L’Avent est aussi un temps pour préparer Noël, non pas seulement extérieurement, mais dans notre cœur.

Comment préparer une crèche intérieure pour accueillir Jésus ?
Faites un examen de conscience. Quelles sont les « pièces encombrées » de ma vie qui empêchent le Christ d’y entrer ?
– Recevez le sacrement de réconciliation. Débarrassons-nous de tout ce qui alourdit notre cœur.
– Approfondissez votre relation avec Dieu. Lisez un passage d’Évangile chaque jour et demandez : « Seigneur, que veux-tu me dire aujourd’hui ? »
– Partagez la joie de l’Avent. La joie se multiplie quand elle est partagée. Soyez porteurs de cette lumière dans vos familles et vos communautés.
Saint François d’Assise disait : « Ce que vous êtes est un cadeau de Dieu pour vous. Ce que vous devenez est votre cadeau à Dieu. »
Pour conclure…Relever la tête avec espérance
Frères et sœurs, l’Avent est un temps pour relever la tête, pour ouvrir notre cœur à celui qui vient. Chaque jour est une opportunité pour accueillir le Christ. Comme l’affirme le psaume : « Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme. »
Eh bien ! Levons les yeux, redressons notre cœur, et préparons-nous à célébrer un Noël où Jésus naîtra non seulement dans une crèche, mais dans nos vies. Amen.
P. Clément M.

Homélie du Père Clément du Ier dimanche de l’Avent, année C (2024)2024-12-11T09:59:03+01:00

Homélie du père Justin du 1er dimanche de l’Avent, Année C, Lc 21, 25-28.34-36

Chers frères et sœurs, l’Évangile que nous avons proclamé nous rappelle que nous sommes dans l’attente du Seigneur. Il nous l’annonce lui-même : il reviendra dans la puissance avec une grande gloire. Lui est Dieu en personne, il est le Créateur et le Rédempteur, il a tout en créé en six jours, il a tout recréé en trois jours par sa mort et sa résurrection, et il reviendra en un jour. Sa puissance s’exprime progressivement dans notre histoire et à son retour elle sera pleinement manifestée.

Elle sera pleinement manifestée à son retour et donc il ne pourra y avoir aucun contraste à sa gloire et à sa puissance au moment de sa venue. Dans l’attente de ce jour nous sommes appelés à vivre dans la foi, dans l’espérance et la charité.

Nous vivons dans la foi mais peut-on véritablement vivre dans l’espérance et la charité si nous imaginons que l’histoire – notre histoire personnelle et universelle – consiste à traverser une mer de douleurs et de calamités dans l’attente de sa venue ?

Le Seigneur nous le dit au début de son discours – dont nous avons à présent entendu seulement ce qui correspond à la fin – il y aura des guerres et des désordres, mais ce ne sera pas encore la fin. Si on vous dit : Le temps est proche, ne les croyez pas ne marchez pas derrière eux, ce n’est pas encore la fin.

Le fonds de commerce du Seigneur n’est pas la peur, l’angoisse, la détresse, sa venue n’est pas annoncée par des catastrophes. Ce sont les faux messies qui à l’occasion des guerres nous disent que la fin est proche.

Alors quel sera le signe annonciateur de sa venue ? le Seigneur nous le dit dans l’évangile que nous avons proclamé aujourd’hui. Mais pour le comprendre il faut le replacer dans son contexte.

Nous avons proclamé l’évangile de Luc, il s’agit de l’évangile que nous proclamerons particulièrement durant toute cette nouvelle année liturgique. Luc est grec d’origine et il a suivi saint Paul dans sa mission auprès des païens, auprès de peuples de culture grecque principalement. Et son évangile en est marqué, il est adressé particulièrement à des personnes de culture, de mentalité grecque. Comme chaque évangile il naît dans un contexte et avec une adresse qui lui est particulière, d’où les légères différences d’expression d’un évangile à l’autre – légères mais qui ont leur importance.

Quel est le contexte donc ? tout simplement celui de la magie. La magie est la réalité la plus répandue dans le monde grec, en lien à la fois avec la médecine, qu’elle détourne, la religion et l’astrologie qu’elle détourne également. La magie prétend gouverner sur les éléments de la nature à partir d’un culte – à cette époque solaire, le soleil est considéré comme un dieu – et surtout à travers l’invocation d’esprits, nous dirions aujourd’hui de démons.

Cette volonté de domination cependant n’appartient pas seulement à l’Antiquité mais nous la retrouvons jusqu’à aujourd’hui. Volonté de domination qui s’exprime à travers l’usage que nous faisons de la science et de la technologie. Nous voulons dominer les uns sur les autres, les nations les unes sur les autres, et surtout sur la nature dans son ensemble et l’exploiter.

Quand le Seigneur annonce des signes dans le soleil, la lune, les étoiles, que les nations et les personnes seront dans la frayeur à cause du tumulte des flots, que les puissances célestes seront ébranlées, tout cela signifie que les forces qui sont celles de la magie à son époque vont être ébranlées, que ces forces qui ne peuvent pas nous sauver vont perdre leur pouvoir d’illusion et que les personnes qui ont mis leur confiance dans ces forces seront désemparées parce que tout leur semblera incontrôlable.

Et de même de nos jours nous le voyons, comme à chaque époque certainement, qu’en réalité notre illusion de pouvoir tout contrôler se révèle à chaque fois pour ce qu’elle est, une volonté de domination qui ne porte qu’à la frustration.

Ce qui annonce la venue du Seigneur ce ne sont pas à proprement parler des catastrophes mais cette perte de puissance et de capacité à illusionner des forces qui ne peuvent nous donner le salut. Elles se dressent les unes après les autres mais les unes après les autres elles perdent leur pouvoir. C’est cela qui est pour nous un signe d’espérance et qui nous annonce la venue du Seigneur, jusqu’à ce que toutes ces illusions soient définitivement perdues.

Donc nous vivons dans la foi et dans l’espérance si nous savons lire les signes qui nous entourent, les signes de notre temps, si nous savons les interpréter.

Et le Seigneur nous enseigne aussi à vivre dans la charité. Il nous avertit que nos contemporains qui n’ont pas la même espérance attendent le salut de cette domination sur chaque chose, pour eux il s’agit du salut. Et quand ils sont désillusionnés, souvent ils cherchent une nouvelle illusion ou bien ils sombrent dans l’alcoolisme, ou d’autres addictions, per le sentiment d’impuissance et de frustration qui les domine.

Le Seigneur nous enseigne à prendre conscience de la détresse de chacun, d’en comprendre les causes, pour témoigner devant chacun d’une autre voie que celle de la domination. Il nous enseigne à prier en tout temps pour savoir vivre véritablement dans la foi, dans l’espérance et la charité en sachant reconnaitre les signes de sa venue pour se mettre au service de la création et du bien de chaque personne et ainsi l’annoncer véritablement.

Homélie du père Justin du 1er dimanche de l’Avent, Année C, Lc 21, 25-28.34-362024-12-02T08:53:03+01:00

Homélie du Père Joseph du Ier dimanche de l’Avent, année C (2024)

Mes chers frères et sœurs !
Nous venons de commencer une nouvelle année liturgique, avec ce premier dimanche de l’Avent, mais c’est dans une ambiance lourde. On parle de crise politique, avec le risque d’une motion de censure. Le premier ministre Barnier s’y prépare déjà, paraît-il. Mais, il y a aussi une crise financière et économique, avec la dette publique qui se creuse, le déficit est de plus de 6 points…! La menace des grèves, avec le risque d’être bloqués dans les gares pour les grandes fêtes, ou sur les routes à cause de tracteurs des agriculteurs en colère ! Certains médias parlent en boucle à longueur de journée de crise sécuritaire, migratoire, de crise d’autorité….
Au niveau géopolitique, nous nous résignons à voir un Donald Trump imprévisible, remobilisé plus que jamais par sa brillante récente élection, à la tête de la première puissance du monde, et tous ceux qui l’injuriaient en le traitant de fou hier sont bien obligés de s’approcher de lui et négocier dans leurs petits souliers. La guerre en Ukraine, au Proche Orient, en RD Congo, au Sud-Soudan… avec des centaines des morts au quotidien est toujours là. Poutine menace en sortant son arsenal nucléaire… Pendant que vous vous préparez au sacrement du mariage, on rabâche et rappelle les statistiques des séparations croissantes dans notre société, et la structure familiale en crise et menacée par des d’idéologies. Ajoutez ensuite nos soucis personnels, professionnels… Bref, une situation pas du tout rassurante !
La communauté à laquelle écrit saint Luc vit aussi dans une ambiance de psychose. Cette communauté est fragilisée par un contexte de guerre, de lutte de pouvoir, des migrations, de misère dans l’empire romain. C’est ce que nous vivons aussi plus ou moins, avec notre litanie mauvaises nouvelles, de lamentations, de violence, des problèmes non résolus, de crise écologique… Bref, rien de nouveau sous le soleil. La communauté primitive a vécu, à sa mesure, les difficultés que nous vivons aujourd’hui.
Au cœur de ces difficultés, Jésus nous appelle pourtant à l’espérance. C’est le message principal de l’Avent : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ». Saint Luc, s’adressant à une communauté en souffrance, ne veut cependant pas céder au pessimisme et à une pensée collective déprimante. Pour lui, il faut se bouger, relever la tête, tenir bon, ne pas baisser les bras ! La vie, le mariage, le sacerdoce, le boulot… tout cela est un combat permanent, et on ne peut l’emporter que si on se décide se battre, ne pas céder à la tentation du défaitisme ni endosser toujours le rôle des victimes. Devant le chaos, les épreuves, les souffrances, le message de l’Avent un appel à être témoins et acteur d’espérance, d’un monde nouveau et meilleur. Dans une société où tout concourt à affirmer que le mariage ne vaut rien, où les taux de séparation ne cessent d’augmenter, c’est là que vous, les fiancés, l’équipe de préparation et vous tous mariés devant le Seigneur, c’est là que Dieu vous invite à témoigner de la beauté et de la grandeur de l’Amour et du mariage !
Jésus ne nous demande d’être les derniers défenseurs de la foi dans un monde en perte de vitesse mais simplement à nous mettre debout, relever et redresser la tête, c’est-à-dire, à être pro-actifs, non pas passifs, et voir déjà ce qui germe de beau dans notre monde, autour de nous, dans notre vie personnelle, celle de votre couple, à percevoir la lumière de Noël déjà présente en dépits des situations difficiles que nous traversons. C’est cela le mystère de l’histoire : un paradoxe mêlant à la fois événements éprouvants et merveilleux, comme l’être humain qui est modelé de terre mais portant le souffle de Dieu.
Jésus nous donne aussi un autre conseil pendant l’Avent : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie ». Ne surchargeons pas nos vies ! Allons vers noël le cœur léger, la pensée et l’âme au-dessus du chaos ambiant. Ne dilapidons pas notre temps, les émotions. Le peu que nous avons, ne le dissipons pas, mais orientons toute notre vie vers la venue de Christ qui vient nous sauver.
L’approche de Noël et des fêtes de fin d’année porte en soi le risque de faire simplement la fête ! Jésus parle bien de beuverie et l’ivresse. Attention à ne penser simplement qu’aux bouteilles de champagne, de vin blanc associées au foie gras, aux lumières éblouissantes et excessives qui nous empêchent de contempler les petites lumières du quotidien. Je suis impressionné par tout le « bonheur, le côté féerique » qui nous est proposé par le marketing : Black Friday, les soldes de Noël… bref, du bonheur à vendre et à acheter ! L’Avent est appel à l’éveil et la lucidité : que toutes ces sollicitations matérielles n’occupent totalement notre cœur, mais laissons un peu d’espace à Jésus qui vient nous sauver et nous donner la vraie joie !
L’Avent nous invite à contempler quelques belles figures qui nous préparent à Noël :
Le prophète Isaïe qui exprime l’espérance messianique et annonce la naissance de l’Emmanuel. Isaïe incarne à la fois la préparation de Dieu et les désirs de l’humanité.
Jean-Baptiste, le précurseur qui annonce la venue proche du messie et invite à la conversion. L’Avent est un temps pour nous convertir, rabaisser les montagnes, l’orgueil qui écrase l’autre, au travail, dans la vie de couple, ajuster les sentiers de notre cœur pour mieux communiquer et laisser venir Dieu et aux autres, rendre droite notre vie….
La figure de la Vierge Marie qui accepte de porter Jésus et d’être sa mère, symbole de l’habitation de Dieu en nous. Quels moyens mettons-nous en œuvre pour que Jésus naisse dans notre vie personnelle, familiale, celle de notre couple ? Il est temps de donner un peu de place à Dieu dans notre vie.
Saint Joseph accepte d’aimer et de prendre soin d’un enfant et une épouse qui lui sont confiés par Dieu. Il est le saint patron des époux et des pères de famille. Il nous invite à prendre soin de ceux de nos familles. Sainte Elisabeth se réjouit avec Marie et nous invite à être messager de la joie de Noël autour de nous.
N’oublions pas la dimension liturgique et spirituelle de l’Avent : faire un petit coin prière en installant la crèche chez soi, et s’y arrêter pour y dire un « Notre Père », un « Je vous salue Marie », seul ou en famille. C’est aussi l’occasion d’un réveil spirituel : un nouveau départ par la prière personnelle, la lecture de la Parole de Dieu, la fidélité à la messe dominicale, le sacrement de pardon et réconciliation qui permet de faire un petit ou un grand ménage dans notre cœur, car en définitive, c’est notre cœur qui est appelé à devenir la demeure, le temple, la crèche où Jésus veut naître chaque jour. Belle route vers Noël ! Amen.

 

Homélie du Père Joseph du Ier dimanche de l’Avent, année C (2024)2024-12-10T11:06:27+01:00
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