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Homélies des messes

Homélie du Père Joseph du Jour de Noël (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Dans un monde où nous rêvons de paix, et où nous voyons la guerre de déchainer comme en Ethiopie, des morts, des massacres chaque nuit dans certaines régions du monde comme mon Kivu natal, dans un monde où le risque attentat est permanent… nous aurions voulu accueillir un Dieu fort, défenseur des faibles, présence qui sécurise nos vies exposées aux périls de toute sorte.

Dans un monde où nous observons et subissons un dérèglement climatique sans précédent, où nous voyons la planète de détruire, où inondations et sécheresse apparaissent dans des coins jadis improbables, où des gens meurent de famine, de soif et de froid, nous aurions besoin d’un Dieu Créateur du ciel et de la terre, impeccable horloger qui régule cet univers que nous n’arrivons plus à contrôler ni à maitriser.

Dans un monde où un virus sème la terreur et paralyse tout depuis deux ans maintenant, où nous ne savons plus à quel saint se vouer, où les variants se multiplient à côté d’autres maladies beaucoup plus graves encore dont nous souffrons et beaucoup souffrent autour de nous, nous aurions besoin d’un Dieu qui assainit l’atmosphère, un thaumaturge et médecin qui nous prescrits des médicaments miracles qui nous sortent de nos tâtonnements et nous libère de cette angoisse quasi permanente depuis deux ans.

Dans une Eglise qui n’a pas encore compris qu’il est temps d’en finir avec quelques jeux de pouvoir, éclaboussée par des crimes adieux d’un très petit nombre de ses membres, mais crimes qui  blessent beaucoup trop de victimes et défigurent le visage du Corps Mystique du Christ, dans une Eglise qui devraient ouvrir largement les portes au monde avec des attitudes d’écoute et de miséricorde, au lieu de se replier sur elle-même, nous aurions besoin d’un Dieu Réformateur qui secoue chaque baptisé, chaque prêtre, chaque évêque jusqu’au pape, bref, nous aurions besoin d’un Dieu-Maître qui nous secoue une fois pour toute en mettant fin à la  récréation ambiante.

Au milieu du chaos ambiant, il faudrait un Dieu, comme au commencement, qui fasse un peu d’ordre en remettant chaque chose à sa place.  Au contraire, pour revenir au « comme il était au commencement », l’évangile de ce jour nous dit que Dieu est le Verbe, la Parole, une Parole qui crée et ordonne les choses, certes, mais qui le fait « en se faisant chair ». C’est le message du prologue selon saint Jean que nous venons d’écouter. Le Verbe se fait chair, c’est-à-dire, prend la faiblesse totale, limite, mortalité, élément tellement humain qu’on ne trouve pas plus faible que la chair ! Jésus lui-même dira plus tard à ses disciples au Jardin de Gethsémani que la « chair et faible mais que l’esprit est ardent ! »

Celui qui semblait être le Dieu tout-puissant par sa force, Créateur et Seigneur de l’univers, le Dieu de l’Exode qui fait taire le pharaon, celui qui fait traverser les Hébreux la Mer Rouge à pied-sec, le Dieu de l’histoire et des armées, le Dieu immortel se fait chair et vient habiter parmi les hommes ! Ce Dieu-là ne résout pas nos problèmes de départ. Nous aurions aimé qu’il se révèle et se manifeste d’une manière un peu plus forte ! Pourquoi ne vient-il pas une fois pour toute arranger les choses et mettre un terme au chaos ambiant au lieu de laisser tous ces hommes et femmes politiques nous proposer chacun, à sa sauce, une solution-miracle qui ne fonctionne d’ailleurs presque jamais. Dieu aurait pu venir sur les nuées des cieux pour instaurer et proclamer son Règle, un règne de paix, de justice, sans égoïsme ni racisme de tout genre !  Cela aurait plus efficace et imposerait à tous de croire en lui !

Au contraire, « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ». Par con incarnation, Dieu s’affaiblit, il se vide de sa puissance, pour devenir faible comme nous et partager nos fragilités. Et c’est là que Dieu nous surprend ! A Noël, Dieu nous dit que nous ne sommes pas seuls. Notre chair n’est plus abandonnée à elle-même. Quelqu’un en prend soin, quelqu’un se fait proche, quelqu’un se fait tellement notre égal pour nous rendre totalement ses égaux : en prenant notre humanité en Jésus, Dieu désirait que nous devenions vraiment semblables à lui.  Le message de Noël est qu’en Jésus, Dieu a choisi de se faire semblable à nous et d’habiter parmi nous, au milieu de nous, pour que nous devenions semblables à lui. Ainsi, nous pouvons alors lui demander de venir prendre place au milieu de nous, au milieu de nos proches, au sein nos familles réunies pour les fêtes, de prendre cette place à table qu’on garde pour l’inconnu ou l’étranger ! Parce que Dieu a choisi d’assumer notre faiblesse, nous pouvons en toute confiance lui demander de nous sauver des faiblesses et fragilités.

Jésus, Fils de Marie, Fils de David, fils adoptif de Joseph, viens sauver notre humanité. Soulage la solitude de tant de personnes âgées isolées dans domicile ou dans nos maisons de retraite, ceux qui risquent de n’entendre un Joyeux Noël que celui de la Radio ou de la présentation du journal télévisé. Sauve-nous aujourd’hui de nos disputesentre voisins et encore entre parents lors de nos retrouvailles. Fais-nous échanger des vœux de joie, de bonheur, avec un sourire sincère et non feint. Enfant-Jésus, donne l’Amour à ceux qui sont en maque d’amour, du travail à ceux qui sont au chômage. Jésus, toi qui as assumé véritablement un corps humain, pose ta main et viens guérir nos corps et ceux de nos proches qui souffrent de tant de maladie graves et moins grave.

En ce jour de Noël, apprend-nous à supporter l’ingratitude de nos enfants ! Aide-nous à les laisser libres dans leurs choix de vie. Apprends-nous à écouter avec patience les lamentations, les récriminations de nos parents ou grands-parents âgés, à ne pas boucher nos oreilles quand ils nous font la litanie des maux et maladies vraies ou supposés dont ils souffrent et qui les rends toujours aigris.

Jésus, aide-nous à construire une société qui s’occupe vraiment de nous, à avoir des politiques qui ne se moquent pas de nous chaque fois que nous réclamons nos droits. Apprends-nous à ne pas barricader nos portes, surtout celles de nos cœurs, à ceux qui sont différents de nous, par leur religion, la couleur de leur peau, leur culture, sensibilité liturgique, pastorale ou politique ! Ne permets pas que nous soyons comme ceux qui ont refusé de t’accueillir dans leur maisons et auberges cette nuit-là à Bethléem, obligeant ta mère à te donner naissance dans une étable. Apprends-nous à ne pas rester scandalisé par une Eglise pécheresse qui refuse de se réformer, mais donne-nous le courage et la grâce de la changer de l’intérieur, en nous convertissant d’abord nous-même, afin que ton Eglise ne soit pas cette communauté monolithique et exclusive, mais une véritable ouverte à tous, missionnaire et heureuse d’annoncer chaque jour la joie que tu nous apporte depuis que tu as pris chair et habité parmi nous. Amen !

 

Homélie du Père Joseph du Jour de Noël (2021)2021-12-24T11:41:55+01:00

Homélie du Père Joseph de la Veillée de Noël (2021)

Mes chers frères et sœurs, chers enfants !

Quelle joie de célébrer ensemble noël au Phare ! Ca fait tellement de bien. Ce soir, je voudrais méditer avec vous 4 points que l’évangile de la veillée de Noël nous propose de contempler : le contexte historique du premier noël à Bethléem, la mangeoire, l’ange et les bergers.

Le contexte historique du premier noël est. Comme nous l’avons entendu dans l’évangile, Jésus naît pendant que César Auguste décide de faire un recenser ses sujets sur lesquels il impose son pouvoir pour fixer et augmenterdes impôts ! On parle beaucoup des impôts au cours de cette période préélectorale en France. Eric Zemmour, Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Yannick Jado, Melançon, Marine Le Pen, Christiane Taubira… bref, chaque candidat parle des taxes et des impôts dans son programme ! L’empereur César Auguste veut compter ses soldats, policiers, gendarmes, les fonctionnaires sur toute l’étendue de son empire… Le hasard historique fait que pendant que César Auguste mesure son pouvoir et veut imposer son poids dans l’histoire, c’est au à ce moment-là même que Jésus va naître pour donner un autre sens de l’histoire de l’humanité. Chrétien ou pas, que vous soyez de gauche ou de droite, quelle que soit votre religion et sensibilité politique, nous savons tous combien ce premier Noël va définitivement marquer l’histoire de l’humanité : nous regardons l’histoire et comptons les années avant et après Jésus Christ !

César Auguste pense guider l’histoire mais il vit dans l’illusion car c’est ce petit bébé qui vient de naitre en pleine nuit, dans un dépouillement total, avec ses pleurs de bébé affamé, allaité du lait maternel de la Vierge Marie, ce bébé avec ses petits sourires sans malice ni hypocrisie, c’est lui, l’Enfant-Jésus qui donne une nouvelle orientation à l’histoire de l’humanité. Comme la naissance d’un nouveau-né pour un jeune couple donne un nouveau cap et une nouvelle orientation pour la vie de famille, de même, la naissance de Jésus change forcément l’histoire de l’humanité, et surtout, notre petite histoire personnelle si nous acceptions qu’il naisse dans notre vie personnelle.

En ces jours de fête de Noël, rappelle-toi que Dieu a un grand rêve pour toi. Jésus rêve de naître dans ta propre histoire. Il veut donner sens à ta vie, te libérer de tes illusions de pouvoir, de joie, de bonheur. Il rêve de te libérer de tes angoisses pour faire jaillir la vraie joie, pour que ta vie soit plus joyeuse et pour que cette joie contagieuse se répande dans ta famille, auprès des amis et proches qui célèbrent avec toi ce soir, demain et pendant ces temps de fête. N’oublie pas qu’avant tous les cadeaux, le plus beaux des cadeaux que Jésus te demande d’offrir à ta famille, tes proches et aux amis, autour du sapin, de la table… ou alors, autour de la crèche, c’est ta Joie et ton Amour, surtout en cette période angoissante que nous traversons.

Le deuxième que je voudrais méditer, c’est la mangeoire ! Contrairement à l’opinion communément répandue, la mangeoire est la partie la plus sûre et la plus chaude d’une étable ! Aujourd’hui, la mangeoire, ce lieu où naquit Jésus est moins idéalisé, et en parle avec un peu de tristesse. On aime redire que Jésus est né dans un endroit très froid… ! Cela renforce le côté doloriste de certains chrétiens qui aiment rappeler que la souffrance est très importante dans la foi chrétienne, et que nous devons accepter nos souffrances, oubliant que Jésus est venu nous libérer et nous sauver de toutes nos souffrances. En réalité, lors du premier Noël, dans cette étable où Marie et Joseph sont accueillis, le petit Jésus naît dans la partie la plus sûre et la plus chaude. Qu’y a-t-il dans une mangeoire ? De la nourriturepour les animaux !

En fait, nous oublions parfois que Jésus est né dans une mangeoire pour les animaux parce qu’il veut devenir lui-même nourriture pour chacun de nous.  Cet enfant qui vient de naître de la Vierge Marie, plus tard, il nourrira les foules affamées. Aujourd’hui, Jésus se donne en nourriture pour chacun et chacune, une nourriture qui fait grandir en nous la vie éternelle. Qui mange ma chair et boit mon sang vivra par moi. Ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson. Que cette mangeoire de Bethléem nous rappelle que Jésus est la vraie nourriture dont nous avons besoin pour vivre de la vraie Vie.

Malheureusement, très souvent, nous pensons que nous n’avons pas besoin d’être nourris par Jésus, parce que nos vies sont déjà remplies par tant de choses, comme ceux qui ceux qui vont se remplir le ventre de chips, cacahuètes, coca-cola au moment de l’apéro au point de manquer de place pour le bon plat et le bon vin qui est servi ensuite pendant le repas. En cette fête de Noël, regardons de quoi sont remplies nos vies, de quelles nourritures et boissons sont remplies nos âmes !  S’il vous plaît, à l’occasion de ces fêtes, et parce qu’on prend des bonnes résolutions pour l’année nouvelle, je vous conseille fortement de vous offrir personnellement cadeau de vous laisser nourrir un peu plus chaque jour par Jésus lui-même, en lui laissant un peu plus d’espace dans notre cœur affamé et assoiffé de joie, d’amour et de bonheur !

Le troisième élément, c’est l’ange et puis les autres anges : « il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu » L’ange, c’est le messager de la bonne nouvelle. L’ange fait irruption dans la vie des bergers endormis pour leur annoncer une bonne nouvelle, et chanter la gloire de Dieu au Ciel et la paix aux hommes sur la terre. Très souvent, j’entends des amoureux, des époux, des parents, des gens s’appelant mutuellement « mon ange », comme une sorte de refrain ! Pouvons-nous nous engager dans nos familles, dans nos communautés, dans notre vie de couple, auprès de nos amis… de devenir des anges les uns pour les autres, c’est-à-dire qu’au lieu d’être ces pessimistes lourds qui dépriment, découragent, pourrissent l’ambiance, qui voient toujours et d’abord les mauvaises nouvelles ou le mauvais côté des choses… nous pouvons devenir des messagers de joie, d’espérance, des gens qui prennent soin les uns de autres, qui rassurent par leur optimisme et leur joie. Commençons dès aujourd’hui, quand nous allons nous retrouver en famille !

Le dernier élément, mais pas le moindre, ces sont les bergers. Méprisés dans la culture et la religion juives à cause de leur style de vie qui ne leur permettait pas de respecter les règles et prescriptions de la Loi de Moïse.  Les bergers sont tellement en contact avec les animaux qu’ils n’étaient presque « jamais en état de pureté légale et religieuse ». Ils étaient ainsi classés au bas de l’échelle religieuse juive. Ceux qui étaient méprisés dans la religion juive sont devenus les premiers destinataires et bénéficiaires du message de Joie de Noël et de la naissance de Jésus, le sauveur du monde. Jésus dira plus tard aux pharisiens et aux scribes qu’il est venu pour les pauvres, pécheurs, les malades, les exclus…. En ce jour de Noël, que chacun de nous regarde autour pour voir l’exclu de la communauté, de la famille, de la fratrie, du quartier… celui que personne ne veut inviter, celui qui ne recevra aucun cadeau parce personne ne pense à lui…  A nous de lui montrer un peu plus d’attention, de tendresse, pour qu’il soit comme ces bergers exclus de tous, mais premiers bénéficiaires de la Bonne Nouvelle de Noël portée par les anges.

Puisse l’Enfant-Jésus naître dans nos cœurs, nos familles, notre communauté, dans l’Eglise en cheminement synodal et dans notre monde pour nous rassasier de sa douce présence, comme dans la nuit du premier Noël à Bethléem. Joyeux Noël à vous tous ! Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la Veillée de Noël (2021)2021-12-24T11:42:01+01:00

Homélie du Père Joseph du IV° Dimanche de l’Avent, année C (2021)

Mes chers et sœurs !

Au temps de Jésus, en Israël, tout le monde, attendait le messie. Mais, personne alors n’aurait pu s’imaginer que le messie puisse venir d’un petit village paumé comme Nazareth ! Rien de bon ne pouvait provenir de ce petit village de Galilée, et moins encore, un prophète ! Ce mépris pour Nazareth est exprimé clairement dans la discussion entre les premiers disciples de Jésus, Philippe et Nathanaël (Barthelemy), qui étaient alors disciples de Jean le Baptiste : « Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël répliqua : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe répond : « Viens, et vois. » (Jn 1, 45-46).

On le verra aussi dans la discussion entre Nicodème et les pharisiens qui veulent arrêter Jésus mais n’y arrivent pas à cause de la foule. « Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » (Jn 7, 48-52)

Le Messie attendu devait être quelqu’un de puissant, apportant un changement à la fois politique, miliaire et spirituel. Il était absurde, inaudible et invraisemblable de l’imaginer d’humble condition, née d’une femme très humble et être soumis aux soins d’une famille pauvre. Le peuple avait déjà oublié, comme nous le rappelait le père Cyprien Comte jeudi soir lors de notre conférence de l’Avent, que le prophète Michée avait déjà explicitement affirmé que le Messie serait de condition extrêmement humbles, au point naître, non pas à Nazareth, mais dans un coin plus perdu encore de la Judée, un village presque invisible sur la carte géographique et absents des références toponymiques : « Et toi, Bethléem Ephrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre » (Michée 5, 1, 3)

Bethléem, une petite bourgade perdue devient le centre de l’histoire du salut. Un solitaire logement de fortune, la mangeoire d’une ferme devient le symbole que nous avons tous dans nos maisons, la crèche de Noël qui rappelle ce lieu humble qui vit naître le roi de l’univers. Le temps de l’Avent montre comment Dieu transforme et donne une valeur inestimable aux petites choses, comme il exalte ce qui est communément méprisé. C’est cela que Marie chante dans le Magnificat : « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !  Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.  Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » (Lc1, 48-52).

Bethléem, un village insignifiant et abandonné, devient un lieu de pèlerinage où vont converger à la fois les bergers, les anges ainsi que les rois mages. Marie et Joseph, jusque-là ignorés des villageois qui n’ont pas voulu les accueillir dans leurs maisons et ou auberges, deviennent le centre de l’attention de tous parce que leur enfant, Jésus-Seigneur, les rend objets d’une admirable attention. Dieu est grand, non pas parce qu’il est impérieux et imposant, mais parce qu’il est capable de se faire petit sans réserve et qu’il donne grandeur et valeur inestimable aux choses petites et insignifiantes en apparence.

A une semaine de Noël, c’est le message que je vous donne: la joie de la fête de Noël ne dépendra pas du prix des cadeaux que vous allez vous échanger dans vos familles, avec vous amis, ni de la durée et la quantité de votre repas de Noël, ni des bouteilles de champagne que vous allez finir. Ce qui redonnera à Noël tout son sens, c’est l’amour avec lequel nous allez vous retrouver, les sentiments de joie simple, de pardon accordé, de réconciliation possible, de bienveillance décidée, d’orgueil maitrisé… Tels sont les cadeaux que Jésus nous apporte et qu’il nous demande de partager avec nos proches, comme nous le contemplons dans le mystère joyeux de la Visitation, la rencontre entre Marie et Elisabeth. On y voit transparaitre la joie partagée, la foi exprimée, l’humilité non feinte, la reconnaissance et la mise en valeur de l’autre !

Marie et Elisabeth partagent la joie de se retrouver, toutes deux reconnaissantes d’être destinataires d’une grâce extraordinaire à travers les enfants qu’elles portent, Jésus et Jean-Baptiste qui exultent de joie quand leurs mères se rencontrent. Est-ce que nous grands-parents et parents auront la même joie avec nos enfants heureux de se retrouver à Noël après tant d’éloignement dû aux conditions sanitaires ?  J’imagine, malgré l’attention qu’on nous appelle à avoir pendant les fêtes à cause de la Covid, votre famille se retrouver : les petits enfants qui vont crier, courir dans tous les sens, chanter à tue-tête dans la maison familiale ou celle que vous avez louer en campagne pour vous réunir. Peut-être que ces cris et remue-ménage vont déranger certains parmi vous, surtout les grands ou arrière-grands-parents ?  Mais, n’est-ce pas cela la manifestation de la vie lors de nos retrouvailles joyeuses en famille.

C’est comme à la messe le dimanche.  Chaque eucharistie est comme une visitation. Nous nous retrouvons dans la joie, et les bruits, les cris, les pleurs, les courses, le remue-ménage des bébés et enfants sont le signe que l’Eglise est vraiment une famille rassemblée. Quand on parle de famille réunie dans la joie, il y a toujours cette possibilité que les enfants fassent un peu ou beaucoup de bruit. Je ne dis pas que le bruit des enfants est toujours agréable pendant la messe ! Mais leur bruit est signe de la vie et réjouissons-nous d’avoir ces enfants parmi nous ! En fait, si nous n’acceptons pas les tout-petits dans nos messes à causes de leurs bruits, cris et pleurs, nous risquons de ne plus jamais les revoir, et d’exclure de nombreuses familles de nos assemblées dominicales. Alors, comme Jésus et Jean-Baptiste qui se réjouissent lors de la rencontre de Marie et Elisabeth, soyons heureux de nous retrouver à la messe, dans la diversité de nos âges et sensibilités, avec la vie manifestée dans les bruits et cris des enfants.

La rencontre de Marie et Elisabeth me fait penser à un autre point. Ces deux femmes vivent en des lieux éloignés. Elisabeth vivant dans une région montagneuse, est plus âgée, à tel point qu’on pensait qu’elle était stérile à cause de son âge avancé. En plus, elle est enceinte ! Son âge et le fait qu’elle soit enceinte ne lui permettent pas de se déplacer, surtout pour de longue distance. Alors, c’est Marie, plus jeune, plus en forme qui se déplace et va rendre visite à Elisabeth. En plus, Marie reste avec Elisabeth pendant quelques mois pour pouvoir l’aider pendant ce temps où elle est fatiguée et attend l’accouchement.

Ceci me fait penser à nos familles ! En fait, les personnes âgées que sont nos parents et grands-parents ont naturellement du mal à se déplacer, à faire de grands voyages pour aller voir les enfants et petits-enfants. C’est aux plus jeunes dans nos familles de prendre l’initiative pour aller à la rencontre des plus âgés et d’aller les aider.  Si nous ne pouvons pas nous déplacer pour aller à leur rencontre, n’oublions pas de manifester notre présence auprès de nos parents et grands-parents d’une manière ou d’une autre : une carte envoyée, un coup de téléphone… J’ai pu rencontrer ces derniers jours des personnes âgées vivant déjà l’angoisse terrible de la solitude des fêtes. Puissent les plus jeunes parmi nous imiter Marie qui rend visite à Elisabeth, plus fragile, plus âgés en lui apportant joie et soutien fatigué ! Puisse la joie de la visitation entre Marie, Elisabeth et leurs deux enfants rejaillir sur nos retrouvailles familiales pendant ces grandes fêtes qui approchent. Amen.

Homélie du Père Joseph du IV° Dimanche de l’Avent, année C (2021)2021-12-19T15:11:57+01:00

Homélie du Père Joseph du II° Dimanche de l’Avent, année C (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Au cours de la première du mandat de Joe Biden aux Etats-Unis d’Amérique, quelques jours après la déclaration d’Eric Zemour comme candidat aux élections présidentielles en France, Vladimir Putin était le président de la Fédération de la Russie, Angela Merkel venait de terminer son long mandat de chancelière en Allemagne, Boris Johson, premier ministre Outre-Manche, et France, Emmanuel Macron, le jeune président de la République, mettait en place une stratégie pour affronter la cinquième vague de la Conv19, après l’apparition d’un nouveau variant appelé Omicron. Dans l’Eglise Catholique, le pape François appelait les fidèles à vivre un « Synode sur la synodalité » alors que l’archevêque de Toulouse attendait son successeur, alors qu’à l’église de Tournefeuille, au cours de la messe de dimanche, toute la communauté paroissiale était heureuse d’accueillir des adultes faisant leur entrée en catéchuménat.

Des détails historiques, des précisions de l’actualité semblables à ce qui nous est décrit dans l’évangile de ce deuxième dimanche de l’Avent. « L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. »

Saint Luc soucieux des précisions historiques, nous situe le personnage et le message du précurseur Jean-Baptiste dont la mission est de préparer le peuple d’Israël à la venue du Messie. Le premier enseignement de ces détails précis est celui-ci : le Christ Jésus n’est pas le produit d’une fantaisie, un mythe ! En Jésus, Dieu s’est réellement fait homme, et il est venu au monde dans un lieu et un temps précis de l’histoire de l’humanité, pour une mission bien précise que tout l’évangile s’efforce de raconter.

Ces précisions historiques ont un autre objectif. Toutes les autorités politiques et religieuses mentionnées se situent dans une région, une religion et un peuple qui attendait un Messie, c’est-à-dire Israël. Mais la mention de l’empereur romain représenté par le gouverneur de Judée Ponce Pilate, veut nous rappeler que l’avènement du Messie dépasse la simple Judée et le peuple d’Israël pour embrasser l’histoire universelle de l’humanité connue à cette époque.

Les Juifs étaient convaincus que le Messie devait venir seulement pour eux, le Peuple élu. Le prophète Jean-Baptiste corrige cette vision, en s’appuyant sur l’un des grands prophètes de l’histoire juive, Isaïe qui affirme que par le Messie attendu par Israël : « tout homme verra le salut de Dieu » Chaque humain, et pas seulement les Juifs. Le salut apporté Jésus, le Fils de Marie, l’Immaculée Conception que nous fêtons mercredi 8 décembre, ce Jésus dont nous préparons l’accueil en cette période liturgique de l’Avent, vient sauver tout être humain, sans distinction ni de race, de culture, de condition sociale… L’évangile affirme ainsi, dès le début de la vie publique de Jésus, que par son incarnation, en devenant homme semblable à nous, c’est toute l’humanité qu’il vient sauver et que chacun peut bénéficier de la grâce du salut du Christ.

Cependant rappelons-nous que le salut ne peut nous atteindre comme la pluie ou le soleil. Ceux-ci ne dépendent ni de notre volonté ni de notre liberté. Qu’on le veuille ou pas, quand il neige, il pleut ou il fait beau dans une région, c’est tout le monde qui en bénéficie. Qu’on soit de gauche ou de droite, croyant ou athée, nous sommes tous de la même façon bénéficiaires ou victimes des conditions climatiques. En ce qui concerne le salut, les choses sont très différentes : Jésus ne nous impose jamais le salut. S’il veut nous sauver, Jésus ne peut pas le faire sans notre liberté et notre adhésion. Dieu veut nous sauver, mais il ne peut pas le faire sans nous et contre nous car il respecte profondément les êtres libres que nous sommes et dont il attend accueil, adhésion et acceptation des grâces qu’Il nous apporte avec l’avènement de Noël. Nous pouvons, en toute liberté, accueillir ou refuser le salut qu’il nous apporte. L’entrée en catéchuménat, demander officiellement le baptême, surtout pour les adultes, est la manifestation de cette liberté qui accueille le salut apporté par le Christ.

Le salut, c’est comme un cadeau ! Parce que la période de Noël est propice aux cadeaux, je peux me permettre de faire cette analogie, bien qu’imparfaite parce que le cadeau dont je parle n’a pas de prix. Quand on donne un cadeau, celui qui le reçoit, tend les mains pour le recevoir, et si c’est possible, faire une bise (attention aux mesures barrières !), verser quelques larmes de joie…. Il remercie ensuite, surtout s’il est heureux et que le cadeau lui fait plaisir. Mais on peut aussi refuser un cadeau. Il m’est arrivé re refuser le cadeau de quelqu’un parce que j’avais compris qu’il voulait m’attraper en se servant d’un cadeau. Hier on m’a parlé d’un collègue qui, pour son pot de départ, avait refusé le cadeau que les autres lui avait offert parce que ce cadeau-là lui rappelait trop son boulot….alors qu’il voulait vraiment tourner la page et ne plus penser à ce boulot dans lequel il n’était pas très heureux. Quand on attend un ami, un parent, on prépare sa maison, le repas….Ce sont là des signes qui montrent notre joie d’accueillir librement un cadeau, un ami…

En reprenant les paroles du prophète Isaïe, Jean-Baptiste proclame : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Le temps de l’Avent est une invitation à la conversion : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers, Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis »

L’Avent est un appel à la conversion pour accueillir comme il se doit l’hôte extraordinaire qui vient nous visiter. Il s’agit de quitter l’égoïsme, notre tiédeur, le mensonge, élargir et aplanir son cœur pour faire place au Christ et à nos frères et sœurs. Jésus, vraie lumière, vient illuminer notre vie pour la libérer de toutes ses ténèbres et zones d’ombres. Qui parmi nous pourrait honnêtement dire, en se regardant à travers pure lumière du Christ que sa vie est parfaite et qu’il n’a rien à se reprocher, rien à convertir dans sa vie ? Personne ! Surtout pas celui qui vous parle. C’est dans ce sens que Jean Baptiste nous appelle à vivre l’Avent comme un temps de conversion.

Préparer la route au Seigneur, c’est se convertir notre cœur et mener une vie qui soit authentiquement chrétienne dans sa substance et par sa force de témoignage. Préparer le chemin du Seigneur, c’est construire des ponts de paix, de joie, de réconciliation dans nos familles en cette période où nous préparons les fêtes familiales, s’accueillir mutuellement dans nos familles, nos communautés et nos milieux professionnels. Seigneur, donne-nous de t’accueillir en nous, de Te laisser les habiter pour nos coeur convertir par ta présence. Amen.

Homélie du Père Joseph du II° Dimanche de l’Avent, année C (2021)2021-12-05T11:34:55+01:00

Homélie du Père Joseph du I° Dimanche de l’Avent, année C (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Nous commençons cette nouvelle année liturgique, avec ce premier dimanche de l’Avent dans une ambiance de peur et de psychose générale qui me rappelle celle dans laquelle nous étions en février-mars 2020 lorsque la pandémie a commencé. Il y avait une ambiance de fin du monde. Toute la journée, à la radio, à la TV, dans les journaux, il y avait cette morbide litanie des statistiques des contaminations et des morts dans chaque pays, comme si on voulait savoir où il y avait eu plus de morts. Confinés, on avait peur de mettre son nez dehors, peur de croiser quelqu’un, comme si toute rencontre était susceptible de nous transmettre le virus !  Confinés, nous avions cependant le temps d’être en famille, de lire, de prier, d’écouter la parole de Dieu… Mais globalement, c’était la psychose et ça sentait presque la fin du monde. Au début de l’Avent, l’évangile que saint Luc nous propose me fait penser à cette ambiance morbide de fin du monde du début de la pandémie, parce que nous vivons presque la même chose. Malgré la vaccination, il y a une montée fulgurante du nombre de contaminations, les hôpitaux qui sont saturés, le manque de lits, la peur d’être confinés, et surtout, un nouveau variant « Omicron » venu d’Afrique du Sud et beaucoup plus contagieux… ! On se demande alors comment nous allons nous en sortir ? Est-ce que la troisième dose suffira ! Bref, psychose et peur encore une fois !

La communauté chrétienne à laquelle saint Luc écrit cet évangile vit aussi dans une ambiance de psychose et de peur. C’est une communauté fragile, dans un contexte de guerre, de lutte de pouvoir, de migrations, de misère dans l’Empire Romain. C’est ce que nous vivons aussi plus ou moins, avec notre litanie de mauvaises nouvelles, de lamentations, de violence, d’incompréhension croissante, de problèmes mondiaux non résolus, de crise écologique, de difficulté et baisse de pouvoir d’achat, de tension entre les puissances, même entre les voisins comme la France et le Royaume Uni, avec la Manche qui devient aussi un vaste cimetière pour les migrants, la montée de cette pandémie qui a mis en lumière nos illusions…. Bref, rien de nouveau sous le soleil. La communauté primitive a vécu, à sa mesure, ces difficultés que nous vivons aujourd’hui.

Pourtant, au cœur de ces difficultés et de ces événements douleureux, Jésus nous appelle à l’espérance. Tel est le message du temps de l’Avent : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ». Saint Luc, s’adressant à une communauté en souffrance, ne veut cependant pas céder au pessimisme. Pour lui, il faut se bouger, relever la tête, ne pas baisser les bras ! Oui, la vie est un combat et on ne peut l’emporter que si on décide de se battre et de ne pas céder à la tentation du défaitisme ni endosser toujours le rôle des victimes. Devant le chaos, les épreuves, les souffrances qui nous entourent, le message du temps de l’Avent est un appel à être des hommes et femmes d’espérance, des acteurs d’un monde meilleur.

Jésus ne nous demande pas d’être les derniers défenseurs de la foi dans un monde en perte de vitesse. Il nous appelle simplement à nous mettre debout, à nous relever, à redresser la tête, c’est-à-dire, à être pro-actifs, non pas passifs, à nous bouger, à voir ce qui germe de beau dans notre monde, autour de nous, à percevoir la lumière de Noël qui est déjà présente dans notre monde, dans l’Eglise, dans nos familles, en dépit des situations éprouvantes et ténébreuses que nous traversons. C’est cela le mystère de l’histoire : un paradoxe mêlant événements éprouvants et des merveilles, comme l’être humain qui est modelé à partir de la boue mais qui porte en soi le souffle de Dieu, ce qui nous appelle à regarder l’histoire au-delà des apparences, des événements. Nous devons agir, ne pas rester les bras croisés.

Jésus nous donne aussi un autre conseil pendant ce temps de l’Avent : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie ». Evitons de surcharger notre vie ! Allons vers Noël le cœur léger, tenons notre pensée et notre âme au-dessus du chaos ambiant. Ne dilapidons pas le temps, les émotions. Le peu que nous avons, que nous portons dans notre cœur, ne le dissipons pas, mais orientons toute notre vie vers la venue de Celui qui vient nous sauver.

Le temps de l’Avent, avec l’approche de Noël et des fêtes de fin d’année porte en soi un risque : faire simplement la fête ! Jésus parle de beuverie. Il y en a qui ne vont penser simplement qu’aux bouteilles de champagne, de vin blanc que nous allons associer au foie gras, aux lumières excessives qui nous empêchent de contempler les belles petites lumières autour de nous ! Quand je vois ou écoute les publicités, je suis impressionné par tout le « bonheur » qui nous est proposé par le marketing : Black Friday, les soldes de Noël… bref, tous ceux qui veulent nous vendre un bonheur à acheter dans les commerces ou sur internet ! L’Avent est un temps d’éveil, de lucidité ! Ne permettons pas à toutes ces sollicitations matérielles d’occuper totalement notre cœur. Nous devons laisser de l’espace à celui qui vient nous sauver, à Jésus qui se fait l’un de nous et qui a besoin que nous l’attendions dans la vraie joie et non pas dans les illusions de joie.

Nous avons un mois pour nous préparer à Noël, pour accorder un peu d’espace au Seigneur, conscients que Noël est la fête de ce Dieu qui veut entrer dans notre vie et naître dans nos choix quotidiens. Veiller signifie ne pas dormir, rester attentif et lucide, toujours sur le qui-vive pour ne pas être pris à l’improviste. Nous devons garder notre cœur éveillé. Le temps de l’Avent n’est-ce pas un temps pour contempler quelques grandes figures qui nous accompagnent et nous préparent à Noël :

Le prophète Isaïe qui exprime l’espérance messianique et annonce la naissance de l’Emmanuel.  Isaïe incarne à la fois la préparation de Dieu et les désirs de l’humanité.

Jean-Baptiste annonce la venue proche du Messie et invite à un baptême de conversion pour s’y préparer. Il est le précurseur. Dès son enfance, puis adulte, il désigne Jésus. L’Avent est un temps de conversion, rabaisser les montagnes en nous, ajuster les sentiers de notre cœur à Dieu et aux autres, rendre droite notre vie.

L’autre figure est Marie qui accepte de porter en elle Jésus et d’être sa mère. Elle est le symbole de l’habitation de Dieu en nous. Quels moyens mettons-nous en œuvre pour que Jésus naisse dans nos vies, dans nos cœurs, dans nos familles ?

Saint Joseph accepte d’aimer et de prendre soin d’un enfant et d’une épouse qui lui sont confiés par Dieu. Puissions-nous aussi prendre soin de ceux qui nous entourent dans nos familles pendant ce temps de l’Avent. Nous pouvons aussi contempler d’autres visages, Elisabeth qui se réjouit avec Marie : comment allons-nous partager la joie de Noël avec les autres ?

Les chrétiens se préparent à Noël en n’oubliant pas l’aspect spirituel et liturgique. Au point de vue pratique, il y a bien des manières pour un chrétien de préparer Noël. On installe la crèche chez soi et souvent on achète de nouveaux santons. On achète aussi un arbre que l’on place près de la crèche. On met sur sa porte une couronne d’accueil.

Comment préparer Noël spirituellement ? C’est l’occasion d’un réveil, une période que l’on vit dans l’espérance d’un nouveau départ, par la prière personnelle, l’écoute de la Parole de Dieu, comme Marie ! La fidélité à la messe dominicale nous prédispose à la venue du Sauveur. N’oublions pas le sacrement de pardon et réconciliation qui permet de faire un petit ou un grand ménage dans notre cœur, car en définitive, c’est notre cœur qui est appelé à devenir la demeure, la crèche où Jésus veut naître chaque jour.  Belle route vers Noël ! Amen.

Homélie du Père Joseph du I° Dimanche de l’Avent, année C (2021)2021-12-05T11:29:28+01:00

Homélie du Père Joseph du Christ-Roi de l’Univers, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Je reviens d’une semaine de retraite à l’abbaye d’En Calcat. Vendredi soir à mon retour, il a fallu me replonger un peu dans l’actualité de ce qui se passe dans le monde : la peur de la montée du nombre des contaminations Covid en France et dans le monde (Je ne sais plus combien des vagues il faudra pour s’en sortir !), l’Autriche va être reconfinée totalement, et pas seulement ceux qui ne sont pas vaccinés ! Les médias et certains réseaux ecclésiaux rappellent encore la plaie et la blessure profonde de tout le mal commis par les agressions sexuelles révélées dans le rapport de la CIASE, et le besoin de réparation. Mardi dernier, un kamikaze a fait sauter une bombe en pleine ville de Kampala en Ouganda, un attentat a été revendiqué par l’Etat Islamique maintenant à la conquête de l’Afrique orientale et centrale. La reprise d’une forte activité du volcan de Nyiragongo à Goma depuis trois jours nous inquiète… ! Nous vivons une période pré-électorale qui n’apporte pas plus sérénité que des polémiques… !

La Russie a détruit avec un missile un de ses satellites près de la Station Spatiale Internationale, ce qui en rajoute à la guerre et méfiance déjà importante entre les Etats-Unis, la Russie, Joe Biden qui appelle au boycott des jeux olympique d’hier en Chine. La Biélorussie de Loukachenko qui provoque la Pologne avec les réfugiés, situation qui divise les pays de l’UE… Voilà l’actualité que nous traversons. On pourrait poursuivre la litanie des mauvaises nouvelles, mais je m’abstiens de vous déprimer ! Et au cœur de cette litanie angoissante, l’Eglise nous invite à tourner notre cœur vers la lumière du Christ, Roi de l’Univers et Prince de la Paix.

Un véritable contraste aujourd’hui ! D’un côté la peur, l’angoisse des événements que traverse le monde, et peut-être même que nous traversons au niveau personnel, et de l’autre, la liturgie qui nous appelle à célébrer le Christ, roi humilié, sans armée, couronné d’épines et qui se laisse clouer en croix. D’un côté, il y a toute cette peur, angoisse que nous subissons et que nous ne vivons pas toujours dans l’amour, de l’autre, une violence, subie elle aussi, mais vécue par amour pour nous, tel que le Christ nous le montre.

Parler du Christ-Roi, c’est souligner la pauvreté de notre langage qui associe cet attribut à des figures que nous appelons rois, reines, empereurs, princes, comtes, comtesses, duchesses…. Dans un langage plus moderne, nous les appelons chefs d’Etat, de gouvernement…ceux qui décident ou qui ont parfois du mal à décider et malheureusement, parfois ils décident de manière arbitraire et avec violence du destin, de l’avenir du monde de l’humanité, de la planète comme nous le rappelle le flop de la récente COP 26 qui s’est tenue à Glasgow en Ecosse.

Notre vocabulaire est tellement pauvre, incapable de trouver un concept adéquat qui exprime la signification de cette solennité qui qualifie une souveraineté qui transcende le temps et l’espace, les limites de la géographie et de l’histoire, un pouvoir qui ne s’impose pas… mais qui se propose et s’accueille dans la liberté. Ces jeunes qui font leur première communion aujourd’hui, ces enfants du primaire qui demandent le baptême, ou les adultes catéchumènes, futurs baptisés qui sont au Christ-Roi ce dimanche, ou alors ces adultes en chemin vers la communion et le sacrement de confirmation… sont témoins de cette liberté qui accueille l’amour du Christ Roi de l’Univers. Le pouvoir du Christ-Roi ne réduit d’aucune manière notre liberté. Le Christ ne nous instrumentalise pour ses propres fins, comme nous le faisons parfois consciemment ou inconsciemment, dans nos relations. Le pouvoir du Christ se donne, pour le bien et le salut de l’humanité.

La royauté du Christ est différente de n’importe quel régime politique. Cette différence vient du Christ qui, s’il a porté une couronne royale, celle-ci a été une couronne d’épines, accompagnée de moqueries, d’humiliations : Jésus, trainé comme un criminel, condamné…se proclame Roi devant Ponce Pilate, le représentant de l’empereur. Pilate a humainement et politiquement pouvoir de vie et de mort sur Jésus, mais Jésus, en se qualifiant roi, lui lance ouvertement un défi à deux titres.

Il lui dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Cela signifie que Pilate et ses pairs politiques ne devraient pas s’inquiéter du pouvoir de Jésus. Son pouvoir n’est pas temporel. Le règne du Christ transcende tout pouvoir politique : Jésus n’a pas de parti comme on en voit se déployer en cette période de pré-campagne électorale.  Le règne de Jésus n’a pas d’espace, ni de territoire et ne se mêle pas de politique ni d’économie. Son Règne ne connaît pas de différences sociales ni raciales. Le roi que nous célébrons n’a pas d’armée ni de frontières territoriales à protéger en construisant des murs pour arrêter les migrations ou les invasions.

Le défi du Christ à Pilate se poursuit par une deuxième affirmation : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité ». La vérité que Jésus est venue révéler, c’est que Dieu est un Père qui aime tous ses enfants sans exception. Le Christ est venu nous révéler un Père qui offre à tous ses enfants la possibilité d’être tous ensemble heureux avec Lui. Jésus en a témoigné en donnant sa vie pour le salut de tous les hommes. Ses bras ouverts en croix témoignent de cet amour infini qui se donne et embrasse tous les hommes et toutes les femmes qu’il attire à lui, pour les conduire tous au Père. Recevoir la communion, surtout pour la première fois comme Dimitri et Clara, demander le baptême comme ces 9 enfants, demander la confirmation comme ces adultes que nous accompagnons, cela signifie ouvrir ses propres bras pour ses jeter dans les bras ouverts du Christ qui nous conduit au Père. C’est dans embrassade que nous trouvons notre bonheur.

La fête du Christ-Roi invite à vivre ce que Jésus nous enseigne. Le monde va mal parce que nous ne vivons plus et ne témoignons pas suffisamment de l’enseignement du Christ. Notre monde souffre d’un grand déficit des témoins de la vérité de l’évangile annoncée et vécue par le Christ. Plus nous nous éloignons du Christ, plus le monde ira mal… Plus nous accueillons son enseignement, plus disparaitront la violence, les guerres, la haine et plus s’édifieront la justice et l’amour. Adhérer au règne du Christ, c’est faire que le monde actuel soit « déjà » le paradis, un lieu où tous nous vivons et témoignons de la justice, de l’amour, du partage… malgré nos limites et nos fragilités.

Nous croyons en un Dieu qui aime, pardonne.  Humilié et crucifié, il demande pourtant pardon pour ceux qui le crucifient. Insulté, il ne rend pas l’insulte. Il subit le mal sans maudire des oppresseurs…. Le Christ, Roi de l’Univers nous appelle à témoigner de son amour, de sa miséricorde, de sa justice… dans ce monde parfois dur et perdu. Par notre communion profonde au Christ, le monde deviendra un règne d’Amour, en attendant que le Christ vienne lui-même l’accomplir en plénitude. Donne-nous Seigneur, Roi de l’Univers, la grâce de construire ton Royaume autour de nous, dans nos familles, notre communauté, notre pays, dans l’Eglise et dans ce monde. Amen.

Homélie du Père Joseph du Christ-Roi de l’Univers, année B (2021)2021-11-21T15:28:51+01:00

Homélie du Père Joseph du XXXIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs !

Ce dimanche est l’avant dernier de l’année liturgique. La semaine prochaine, ce sera la fête du Christ-Roi de l’Univers.  L’Evangile aborde une de ces thématiques parmi les plus difficiles de la théologie qu’on appelle « l’eschatologie » qui traite des choses ultimes, les fins dernières, celles qui s’accompliront à la fin de l’histoire présente.  Dans cet évangile Jésus est de quelques disciples : Pierre, Jacques, Jean et André qui étaient en train de s’émerveiller et d’admirer la beauté, la grandeur et la structure archéologique du temple de Jérusalem. C’est l’occasion pour Jésus de leur annoncer la prochaine destruction du temple : « Comme Jésus sortait du Temple, un de ses disciples lui dit : « Maître, regarde : quelles belles pierres ! quelles constructions ! » Mais Jésus lui dit : « Tu vois ces grandes constructions ? Il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. »  Et comme il s’était assis au mont des Oliviers, en face du Temple, Pierre, Jacques, Jean et André l’interrogeaient à l’écart : « Dis-nous quand cela arrivera et quel sera le signe donné lorsque tout cela va se terminer. » (Mc13,1-4).

C’est l’introduction de tous les faits annonçant une série des catastrophes tels que l’avènement de faux prophètes, les tremblements de terre, les étoiles et la lune qui tombent du ciel, le soleil qui s’obscurcit ….ainsi que la persécution des chrétiens. Historiquement, le temple est réellement détruit en l’an 70 après JC par le général romain Tutus tandis que la persécution des chrétiens commence avec l’empereur Néron au tout début du christianisme.

Au lieu de nous faire, Jésus explique que tous ces événements objectivement terrifiants marquent l’épilogue de notre histoire et sa Parousie, c’est-à-dire le retour de Jésus dans la gloire annoncée d’avance par le prophète Daniel dans la première lecture : « En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui se tient auprès des fils de ton peuple. Car ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci » (Dn12,1). Le langage est à la fois fascinant et bouleversant. Jésus annonce son retour à la fin des temps comme étant sa victoire définitive sur le mal et sur la mort, ainsi que le Jugement Dernier comme nous soulignons dans le Crédo : « Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. »

Ce qui provoque notre la joie (alors que cet évangile pourrait littéralement nous terroriser), c’est cette perspective que Jésus vient réaliser réellement un jugement, mais pas à la manière des hommes. Chacun sera l’objet de la miséricorde et de l’amour de Jésus venant réconcilier l’humanité avec le Père. Il a racheté le monde en s’offrant lui-même comme victime pour nous libérer de l’esclavage du péché et de la mort éternelle.

Ce qui se produira définitivement à la fin des temps est donc déjà réalisé et est présent en germes dans notre vie présente :  par l’incarnation, Dieu a rencontré chaque humain. En Jésus, humanité et divinité se rencontrent réellement. Le Christ nous a sauvé par sa croix et sa résurrection mais chaque fois que nous célébrons les sacrements, en particulier l’eucharistie, notre humanité s’unit et à la divinité du Christ qui nous sauve. Nous disons à l’anamnèse « Jésus est venu, il vient et il viendra encore ».  Lors de sa Parousie, nous rencontrerons définitivement le même Jésus que nous avions déjà rencontré et qui nous sauve déjà à travers notre foi. Aujourd’hui, nous le connaissions seulement de manière confuse, imparfaite, mais nous attendons de le rencontrer tel qu’il est : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn3,2). Saint Paul le dit par d’autres mots : « Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. » (1Co13,12)

Cette rencontre finale avec le Christ constitue notre libération définitive du mal et de la mort en entrant dans la Vie éternelle avec Dieu. Dans la vie présente, nous exerçons la foi, nous cultivons l’espérance et l’Amour, mais ce jour-là, nous serons pleinement dans l’Amour car nous verrons Dieu tel qu’il est.

Attention cependant ! Dit comme ça, nous risquons de chanter : « nous irons tous au paradis ! » Je l’espère pour chacun de nous ! Mais, nous savons bien que les choses ne sont pas aussi simples que ça ! La volonté de Dieu, c’est que nous vivions tous au paradis avec lui. Au Dernier Jour, nous serons effectivement jugés, dans un jugement fait avec et dans la Miséricorde de celui qui a donné sa vie pour nous sur la Croix. Mais Jésus ne pourra pas nous sauver contre notre propre liberté : le salut est un don gratuit de Dieu, mais nous sommes aussi malheureusement capables, par notre liberté de refuser le salut donne par Dieu.

Pensons par exemple aux deux larrons qui sont condamnés avec Jésus : « L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !  Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »  Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc 23, 39-43).

Dans ce récit, nous voyons comment l’exercice de la liberté est la condition de salut ou de condamnation. Un des deux larrons refuse jusqu’au bout le salut de Dieu tandis que l’autre se reconnait pécheur et s’abandonne à l’Amour du Christ. L’Enfer en effet, c’est une auto-condamnation, une auto-exclusion libre, le refus libre du salut qui nous est donné dans le Christ Jésus. Dieu ne peut pas nous obliger à aller au paradis !

Cela commence ici et maintenant ! C’est dans la vie présente que nous devons accueillir le salut en vivant dans l’Amour. Saint Jean rappelle que celui qui vit dans l’Amour demeure en Dieu et celui qui refuse de croire se condamne déjà : « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises » (Jn3, 17-19)

Rappelons-nous cependant qu’à la fin de temps, Jésus ne viendra pas comme Dieu vengeur, rancunier et sévère sans miséricorde. L’attente du jugement dernier ne doit pas être quelque chose de traumatisant, d’angoissant, de terrifiant pour les chrétiens. Bien au contraire, elle nous invite à vivre pleinement le temps présent dans l’espérance, conscients que Jésus est déjà présent, qu’il nous donne gratuitement le salut que nous pouvons librement accueillir ou refuser. Que cette eucharistie nous donne de nous ouvrir, de désirer, d’accueillir le salut donné par le Christ. Nous sommes pèlerins en ce monde mais appelés à partager éternellement la vie divine avec le Christ vainqueur du mal et de la mort. Amen.

Homélie du Père Joseph du XXXIII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-11-14T15:02:00+01:00

Homélie du Père Joseph du XXXII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs,

Nous pouvons nous imaginer la scène : nous sommes dans le temple de Jérusalem, le cœur de la ville, comme nos églises, jadis en France (ou encore aujourd’hui j’espère) étaient au cœur des villes. Jésus est assis et discute avec nous. Dimanche dernier, le thème de la discussion était le plus grand commandement : l’amour de Dieu et celui du prochain. Aujourd’hui, Jésus poursuit son enseignement en abordant une autre thématique : la simplicité et la générosité.

Comme tout le monde, Jésus regarde l’assemblée réunie dans le temple et remarque une chose : une catégorie des gens qui sont comme dans une sorte de défilé de mode, certains voulant, on dirait, faire remarquer qui est le plus riche, qui est le mieux habillé, les chaussures ou habits de marque, qui porte les habits les plus couteux… : dans cette catégorie, il y a des prêtres, des scribes, des docteurs de la Loi qui sont en réalité victime de la « la mondanité ». Ils vont au temple, pas tellement pour Dieu mais pour leur gloire et les honneurs dans une exhibition mondaine de leurs richesses, leurs vêtements, leurs titres. Ce « défilé mondain » dans le temple permet à Jésus de nous adresser un enseignement : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners ».

Ces scribes, avec leur amour démesuré pour les plus habits couteux me font penser à ces gens qui passent leur temps à faire du shopping et dépensent seulement pour le plaisir (je sais que ça crée des tensions dans les couples !),  gens qui n’acceptent pas de ne pas avoir le dernier vêtement à la mode, le dernier IPhone qui vous coûte une plombe alors que l’autre fonctionne encore… J’en profite au passage pour  rappeler  que dimanche prochain, 14 novembre est la 5è Journée Mondiale des pauvres, voulu depuis 2017 par le pape François. C’est l’occasion de penser aux plus pauvres, en apportant toutes ces choses dont vous ne vous servez pas pour les mettre au service des pauvres, en faisant la collecte des habits, téléphones, ordinateurs, jouets, électroménager aux bénéfices des pauvres accompagnés le Secours Catholique. Vous pouvez les apporter à la messe dimanche prochain, et cela fera des heureux, en particulier au moment où nous commençons à penser aux cadeaux de Noël !

Revenons aux scribes ! Jésus nous met en garde contre ces scribes qui, en voulant les premières places veulent symboliquement prendre la place de Dieu.  Ces derniers n’aiment ni Dieu ni le prochain. Il y a quelque chose de plus pernicieux encore dans leur comportement : ces scribe sont avides de richesses, qu’ils  obtiennent en plus en utilisant des méthodes illégales et peu recommandables : « Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. », c’est-à-dire qu’ils volent et exploitent les personnes les plus vulnérables et sans défense alors que, dans la Bible, qu’ils connaissent très bien, Dieu nous invite à défendre et à prendre soin de la veuve et l’orphelin. Les scribes et pharisiens ont un double visage : ils passent beaucoup de temps en prière pour donner l’impression qu’ils sont des gens très religieux, tout en exploitant les pauvres…le comble de l’hypocrisie.

Le deuxième enseignement de Jésus est une expérience que tout le monde peut reconnaitre : la générosité des gens pauvres. Il y a quelques années, un été, je suis parti en vacances au Congo en amenant au Congo un groupe d’amis qui ont passé 15 jours à Bukavu, au milieu des gens devenus pauvres à cause de cette guerre qui dure depuis 1996. Parmi les choses qui les ont impressionnés, c’est l’accueil généreux de ces gens pauvres qui sont capables de secouer ciel et terre pour mieux accueillir ces visiteurs venus de loin : la table était toujours ouverte… Tous ceux qui voyagent un peu dans ces pays que nous qualifions de pauvres ou Tiers-Monde ou pays du Sud, peuvent témoigner de la générosité des gens.

Mais, pas besoin d’aller en Asie, en Afrique, en Amérique latine pour faire l’expérience de la générositédes gens pauvres. Il suffit de regarder autour de nous, dans nos familles, nos quartiers et communautés ! Nous le voyons à travers le témoignage de ces deux veuves, celle de la première lecture qui partage ce qui lui restait avec le prophète Elie et celle que Jésus nous présente comme modèle dans l’évangile : « Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie. Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Je n’ai pas l’habitude de parler d’argent, mais parce que l’évangile s’y prête aujourd’hui, je vais me lâcher par quelques exemples. J’en fais l’expérience comme curé de paroisse : des gens simples, vivant d’énormes difficultés économiques, très petits salaires ou de petites retraites, mais qui sont des exemples de générosité pour les voisins, pour les associations humanitaires et solidaires ! Ces gens soutiennent l’Eglise non seulement par leur présence physique mais par leur générosité au Denier du Culte ou à la quête pendant la messe… !

Au sein de notre communauté paroissiale, je voudrais remercier toutes ces personnes généreuses qui, par leur présence pastorale, leur engagement et leur soutien, font vivre la paroisse qui ne peut pas vivre que du Saint Esprit ! J’avoue cependant que quand je regarde la liste des Donateurs au Denier du Culte dans nos 5 paroisses, je me demande comment se fait-il que beaucoup de paroissiens, surtout parmi les pratiquants de la messe dominicale, ne donnent pas toujours au Denier de l’Eglise. Parfois, il arrive à Lucette ou Marie-Claude de me montrer les pièces jaunes, des boutons et les pièces des cadis d’Auchan dans la quête. Il y en a d’autres, qui, en venant à la messe, s’assurent d’avoir bien pris quelques pièces jaunes, une pièce de 50 centimes ou d’1 euro pour la donner à la quête…pour ne pas donner plus !

Un ami me parlait du caractère radin de sa grand-mère : un jour, elle a donné au Denier et au lieu de mettre 20 euros, elle s’est trompée mettant un zéro de plus…. Quand elle s’en est rendu compte, elle est allée faire une réclamation auprès du curé pour qu’on lui rende son chèque… Mais le chèque était déjà encaissé. Je pense à ce couple de fiancés qui avait dépensé pour le mariage 14 000 euros et qui avaient trouvé que c’est quand même cher payer de donner 300 euros à la paroisse …. Dans l’ancienne paroisse où j’étais, la comptable avait reçu d’une jeune femme, un chèque de 5000 euros de Denier. Elle était tellement choquée qu’elle m’a appelé pour me demander si je connaissais cette jeune femme : la comptable pensait que la généreuse donatrice avait mis un 0 de trop, car pas habituée à voir une somme pareille au Denier. J’ai pris quand même la précaution de demander à la dame si c’est bien 5000 euros qu’elle avait voulu donner au Denier… Un comédien disait, pour faire réfléchir les gens qui accumulent au lieu d’être généreux et de partager qu’on ne voit jamais un coffre-fort ou un déménageur accompagner le défunt au cimetière ni pour ses funérailles. N’oubliez de donner au Denier du Culte : il ne nous reste qu’un mois et demi avant la clôture de l’année fiscale.

J’arrête de parler d’argent pour revenir à la veuve de l’évangile. Notre vie est faite pour être donnée généreusement dans le mariage, en famille, avec nos frères et sœurs les plus démunis, les plus fragiles. Que Jésus, qui s’est fait pauvre en devenant semblable à nous dans son incarnation nous donne de nous enrichir chaque jour de la seule richesse qui vaille la peine : l’Amour. Ce qui restera de nous, après notre passage en ce monde, c’est l’amour dont nous aurons été témoins au milieu de nos frères et sœurs…

 

Homélie du Père Joseph du XXXII° Dimanche du Temps Ordinaire, année B (2021)2021-11-07T15:37:00+01:00

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs

Il est tellement naturel et normal que la commémoration de nos fidèles défunts provoque en nous deuil, souffrance et larmes. Hier après la messe et dans l’après-midi et aujourd’hui, nous sommes allés au cimetière pour fleurir les tombes, prier et honorer nos défunts. En faisant un tour dans nos cimetières ce weekend, j’ai été impressionné par leur beauté en cette période : des fleurs partout ! Si on pouvait les fleurir aussi souvent, et pas seulement à cette occasion.  Nous ne pouvons pas mettre en parenthèse l’amour de nos défunts, car la communion des saints nous unit à jamais grâce à Jésus qui est leur et notre Vie par sa mort et sa résurrection.

En dépit de la foi et de l’espérance chrétienne qui nous animent, la célébration des fidèles défunts est toujours une épreuve. Elle nous fait revivre, dans une certaine mesure le deuil, la douleur de la perte et de la séparation d’avec les personnes que nous aimons. Nous revivons le deuil des souvenirs vécus et laissés, le sens de culpabilité, comme ces parents qui ont perdu leur fils qui s’est suicidé, ou ce proche mort dans un accident de circulation alors qu’on était ensemble dans la voiture… ou simplement parce que nous nous posons la question de ce que nous avions ou pas fait envers nos proches décédés, pendant leur maladie, deuil des joies que nous leur avons données ou qu’ils nous ont procurées pendant leur vie.

Pourtant, malgré la douleur, notre foi chrétienne nous rappelle, à cette occasion que nous sommes tous des citoyens du ciel car nous sommes disciples du Ressuscité, qui est monté au Ciel à l’Ascension. Il nous y a précédés et nous y attend, Lui qui siège à la droite du Père. Notre corps peut bien se reposer dans cette terre d’où nous avons étés tirés, dans cette boue que Dieu a utilisée pour nous modeler avant de nous donner le souffle de Vie… mais nous sommes appelés à vivre avec le Christ, Dieu fait homme, mort sur la croix mais ressuscité, c’est-à-dire, toujours et éternellement vivant. C’est cette espérance dans une joie et vie éternelles, même pour nos pauvres corps mortels, qui nous permet de recommander nos défunts au Christ Ressuscité, aujourd’hui, et chaque fois que nous prions pour eux, ou que nous demandons de messes pour eux.

La réalité de la mort nous fait prendre conscience d’une évidence :  l’être humain, même le chrétien, n’aime pas quitter ce monde quand les choses vont très bien pour lui. Nous nous accrochons à ce bonheur que le monde nous offre. Pourtant, il suffit que les choses tournent mal, par exemple à cause d’une maladie grave, une souffrance physique ou morale, une rupture amoureuse, la perte du travail, une grosse déception… pour désirer précipiter notre mort, quitter ce monde que nous qualifions parfois « d’enfer sur terre » ! Nous désirons alors anticiper notre rencontre avec le Seigneur. Une paroissienne, à quelques jours de sa mort, lors d’une confession pourquoi il fallait tant souffrir pour rencontrer le Seigneur. Cette dame avait hâte de mourir, pour mettre fin à ses souffrances, et aussi en profiter pour poser directement et en face à Jésus les questions auxquelles elle n’a pas pu trouver de réponse pendant sa vie terrestre….

On ne peut minimiser le poids de la douleur liée à l’âge, la maladie, la solitude…. Même Jésus a ressenti de l’angoisse pendant sa passion avec son poids de tristesse, de solitude, d’abandon devant la mort. Rappelons-nous qu’il a même demandé au Père d’éloigner de lui le calice de la douleur et de la passion, même s’il est abandonné à faire la volonté du Père jusqu’au bout.

C’est la mort de Jésus en croix qui donne toute sa signification à la mort de tout homme vivant en ce monde. Dans la foi chrétienne, on ne peut pas parler de la mort en la séparant de la résurrection. L’espérance chrétienne devant la mort est fondée dans la Résurrection. Saint Paul nous dit que « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine serait notre foi et nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes ». La mort n’aura jamais le dernier mot sur notre vie. Mort, où est ta victoire ? Le Christ t’a vaincu, car, comme nous le rappelle encore saint Paul « même la mort ne peut nous séparer de l’Amour du Christ ! ».

Au moment où nous commémorons les fidèles défunts, rappelons-nous, de manière indélébile de cette grâce extraordinaire qu’est l’espérance chrétienne : savoir que même la mort ne peut me séparer de l’Amour de ce Dieuqui nous a créés, nous a faits devenir ses enfants en Jésus, dans la foi et par le baptême. Dieu notre Père nous attend près de lui après notre pèlerinage ici-bas !  Jésus nous dit que la volonté de son Père, c’est qu’il ne perde aucun de ses enfants, mais qu’il les ressuscite tous pour la Vie éternelle.

Redisons au Christ, malgré la douleur du deuil, notre foi et notre espérance. C’est à lui que nous remettons, pleins de confiance, nos chers défunts pour que ces derniers contemplent son Visage de Lumière, en attendant de les retrouver un jour ! Prenons un petit moment de silence pendant lequel chacun de nous va recommander, dans son cœur, les défunts pour lesquels il venu prier aujourd’hui. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la commémoration des fidèles défunts, année B (2021)2021-11-02T19:13:25+01:00

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année B (2021)

Mes chers frères et sœurs,

Si vous êtes des habitués des épîtres de saint Paul, vous avez certainement remarqué que saint Paul s’adresse souvent aux saints. Par exemple, il s’adresse aux « saints qui habitent à Ephèse » au début de sa lettre aux Ephésiens, ou aux « frères sanctifiés » par la foi en Jésus Christ dans la Lettre aux Colossiens. C’est comme s’il écrivait aux saints qui sont à Saint Simon, à Lardenne, à Plaisance, à Tournefeuille, à La Salvetat  Saint Gilles….En fait, quand saint Paul écrit à ces communautés qu’il qualifie « communautés des saints », il n’écrit pas à ces personnages particuliers qui sont sur des piédestaux, que nous  invoquons dans la litanies, ces saints que nous vénérons et dont on peut voir les statuts dans nos églises, dont nous contemplons les images, les sculptures, les icônes de piété, comme la Vierge Marie, saint Joseph, sainte Bernadette, Germaine de Pibrac, Exupère, Ignace, Thérèse d’Avila, de Lisieux ou Mère Teresa de Calculta….

Dans l’Eglise naissante, le terme « saint » était utilisé pour indiquer quelqu’un qui a reçu le baptême et qui vit de l’évangile du Christ avec ses frères et sœurs chrétiens. Tout simplement, un saint, dans l’Eglise naissante, c’est un chrétien, un baptisé qui s’efforce de vivre de l’évangile, qui cherche à imiter le Christ qu’il choisit comme Modèle et Sauveur ! Bref, un saint, pour au début de l’Eglise, c’est chaque vrai chrétien, c’est nous tous qui avons été « choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. » (Eph 1, 4-5). Cela veut dire que pour les premiers chrétiens comme ceux aujourd’hui, nous les chrétiens du troisième millénaire, l’objectif à atteindre, le but final, c’est la perfection, c’est-à-dire, la sainteté, à chercher, à nourrir, à cultiver sans beaucoup de rhétorique mais en vérité, par une vie vraiment conforme à l’Evangile.

La sainteté est la vocation commune à tous les baptisés, au-delà des dons et des charismes de chacun. Elle est un exercice permanent qui se réalise à travers l’Amour vécu concrètement, fondé dans la Foi et soutenu par l’Espérance. La sainteté n’est pas une idéologie, ni un ensemble des théories, ni d’abord une décision humaine volontariste… Elle est d’abord un appel de Dieu qui est le seul Saint, notre Père qui est aux cieux, et dont Jésus son Fils unique nous appelle en disant, à la fin de son discours sur les béatitudes : « vous donc, soyez parfaits (soyez saints) comme votre Père céleste est parfait » (Mt5, 48).

La fête de tous les saints nous rappelle que depuis les premiers disciples jusqu’au plus récent des baptisés, nous devons tous viser et désirer la sainteté. L’évangile des béatitudes est un appel de Jésus qui nous dit que si nous les vivons en vérité, nous sommes sûrs et certains de parvenir à la sainteté qui consiste en une vie pleinement et éternellement bienheureuse avec Dieu. C’est cela que décrit l’Apocalypse : « voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main ». Il s’agit donc d’une foule immense dont nous pouvons faire partie. Il s’agit d’abord des saints les plus connus presque 200, dont on célèbre fêtes et mémoires au cours d’une année liturgique, et tous les autres, un peu plus de 13 000, qui ont été reconnus saints et canonisés par l’Eglise Catholique. Ceux-ci qui vont des contemporains de Jésus à saint Paul VI et Mgr Oscar Roméro, le plus jeune saint Carlo Acutis, le saint patron des réseaux sociaux, ou alors saint Charles de Foucault, le frère universel dont la célébration de la canonisation n’a pas eu lieu à cause de la Covid19….

Mais les saints dont il s’agit aujourd’hui, c’est aussi ces innombrables hommes et femmes cachés et perdusdans les méandres de l’histoire humaine, ces saints inconnus des hommes, même de l’Eglise, mais dont les prénoms sont éternellement gravés de manière indélébiles dans le cœur de Dieu. Tout en ayant été marqués par le péché, comme chacun de nous, ces saints inconnus ont demandé pardon, se sont convertis, ils ont été bénéficiaires et témoins de la Miséricorde de Dieu. Il y en a eu probablement dans nos familles, parmi nos amis, nos parents, nos voisins, ces saints de « la porte d’à côté » dont parle le pape François, des membres de nos paroisses, de notre mouvement, un voisin, une voisine de banc à la messe, à la prière, que j’ai croisé au supermarché, lors d’un pèlerinage, celui avec qui j’ai marché, prié, partagé un repas ou même un apéro, avec qui j’ai chanté à la chorale ou partagé la même profession, le même bureau…

Ces saints inconnus sont ceux que nous avons aimés, respectés et admirés, et auxquels nous penserons aussi demain parce qu’ils ne sont plus de ce monde. Parce que nous ne sommes pas encore sûrs de leur condition actuelle (ils pourraient en effet être au purgatoire où ils se préparent à la rencontre définitive avec Dieu), nous prierons pour eux demain pour les aider un peu par nos prières et les messes que nous faisons célébrer au cours de l’année pour les recommander à Dieu. C’est le sens de commémoration des fidèles défunts que nous célébrerons demain, au lendemain de la Toussaint. Tout ceci nourrit ce désir de les revoir un jour devant la face de Dieu.

Savez-vous pourquoi l’Eglise a-t-elle canonisé et continue à canoniser des saints ? La réponse est le fait que l’Eglise veut offrir à chacun de ses enfants des intercesseurs sûrs auprès de Dieu, et des modèles dans la vie de tous les jours. Un saint nous est donné pour nous porter dans la prière et pour que nous essayions de l’imiter. En canonisant un saint, l’Eglise montre à chaque baptisé qu’il est possible de vivre l’évangile dans les conditions les plus diverses de la vie. Les saints sont des signes et des manifestations de la bonté de Dieu qui appelle tous les humains, en dépit de leurs péchés et fragilités, à partager sa sainteté et sa vie éternellement. Les saints sont des signes de la justice de Dieu qui ne fait pas de différences entre les personnes : les saints sont des hommes et des femmes, des riches et des pauvres, des puissants et des esclaves, des vieux et des jeunes, de prêtres, des religieuses, des époux, des célibataires, des parents… bref, de gens de tous âges, toute culture, toute condition sociale, toute langue, de tous les continents… bref, sans discrimination aucune : malgré leur différence, ils ont tous en commun d’avoir suivi et imité Jésus.

Les saints que nous célébrons sont le signe du projet que Dieu veut réaliser pour l’humanité : dans leur variété, les saints redisent que la sainteté n’est pas une utopie, mais bien une possibilité pour chaque humain, en tout temps et en tout lieu. Si nous parlons de globalisation et de mondialisation au niveau économique et culturel, la fête de la Toussaint nous rappelle la globalisation de la sainteté qui peut être atteinte par tous sans discrimination : toute l’humanité est appelée à connaitre Jésus qui donne à chacun la grâce de partager sa vie en plénitude, et c’est cela qui est la sainteté, le Vrai Bonheur. Puissions-nous aspirer et désirer ce bonheur infini pour nous-mêmes et pour nos frères et sœurs. Amen.

 

Homélie du Père Joseph de la Toussaint, année B (2021)2021-10-31T19:49:14+01:00
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